ACCUEIL

Archive pour la catégorie ‘Année liturgique’

« C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

mercredi 26 juin 2013

Mes sœurs, comme il est facile de reconnaître parmi vous celles qui ont le véritable amour du prochain et celles qui l’ont à un degré moindre ! Si vous compreniez bien l’importance de cette vertu, vous n’auriez pas d’autre préoccupation. Quand je vois des personnes tout occupées à examiner leur recueillement et si engoncées en elles-mêmes lorsqu’elles le pratiquent qu’elles n’osent pas bouger pour ne pas en détourner leur pensée, de crainte de perdre un peu du goût et de la dévotion qu’elles y trouvent, je me dis qu’elles comprennent bien peu le chemin qui conduit à l’union. Elles s’imaginent que la perfection consiste en ces façons de faire.

Non, mes sœurs, non. Le Seigneur veut des œuvres. Il veut, par exemple, que si vous voyez une malade que vous pouvez soulager, vous laissiez là vos dévotions pour l’assister, que vous lui témoigniez de la compassion, que sa souffrance soit la vôtre, et que, s’il en est besoin, vous jeûniez pour qu’elle ait la nourriture nécessaire. Et tout cela moins par amour d’elle que parce que c’est la volonté de notre Maître. Voilà la véritable union à sa volonté.

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
Le Château intérieur, 5ème demeure, 3, 10-11 (trad. OC, Cerf 1995, p. 1052 rev.)

 

 

« Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux. »

mardi 25 juin 2013

Celui qui tue par des actes terroristes nourrit des sentiments de mépris envers l’humanité, faisant preuve de désespérance face à la vie et à l’avenir : dans cette perspective, tout peut être haï et détruit. Le terroriste pense que la vérité à laquelle il croit ou la souffrance endurée sont tellement absolues qu’il lui est légitime de réagir en détruisant même des vies humaines innocentes… La violence terroriste…est totalement contraire à la foi dans le Christ Seigneur, qui a montré à ses disciples comment prier : « Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient » (Mt 6,12)…

En réalité, le pardon est avant tout un choix personnel, une option du cœur qui va contre l’instinct spontané de rendre le mal pour le mal. Cette option trouve son élément de comparaison dans l’amour de Dieu, qui nous accueille malgré nos péchés, et son modèle suprême est le pardon du Christ qui a prié ainsi sur la croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34).

Le pardon a donc une racine et une mesure divines. Mais cela n’exclut pas que l’on puisse aussi en saisir la valeur à la lumière de considérations fondées sur le bon sens humain. La première de ces considérations concerne l’expérience vécue intérieurement par tout être humain quand il commet le mal. Il se rend compte alors de sa fragilité et il désire que les autres soient indulgents avec lui. Pourquoi donc ne pas agir envers les autres comme chacun voudrait que l’on agisse envers lui-même ? Tout être humain nourrit en lui-même l’espérance de pouvoir recommencer une période de sa vie, et de ne pas demeurer à jamais prisonnier de ses erreurs et de ses fautes. Il rêve de pouvoir à nouveau lever les yeux vers l’avenir, pour découvrir qu’il a encore la possibilité de faire confiance et de s’engager.

Bienheureux Jean-Paul II (1920-2005), pape
Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002, § 6-8 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

 

Nativité de saint Jean Baptiste, solennité

lundi 24 juin 2013
.
J

ean, cousin de Jésus, né de Zacharie et Élisabeth, est appelé « baptiste » car il baptisait dans le Jourdain pour préparer le baptême dans l’Esprit. L’Église, dit saint Augustin, célèbre ordinairement la vie des Saints au jour de leur mort, qui est, à proprement parler, le jour de leur naissance à la vie éternelle. La Nativité de saint Jean-Baptiste a été exemptée de cette règle générale, parce qu’il fut sanctifié avant de naître, dans le sein de sa mère, par la présence de Jésus-Christ, dans la visite que fit la très Sainte Vierge à sainte Élisabeth.

La naissance de saint Jean-Baptiste fut une grande joie pour la terre, puisqu’elle lui annonçait l’approche de sa Rédemption. La puissance divine était intervenue d’une manière extraordinaire dans la naissance de quelques prophètes, de Samuel et de Jérémie, par exemple; mais elle éclata bien davantage dans celle du saint Précurseur, que la dignité de son ministère futur et le degré éminent de grâce et de sainteté auquel il était élevé rendaient, selon la parole de Jésus-Christ lui-même, bien supérieur à tous les patriarches et à tous les prophètes.

Le message d’un Ange à Zacharie pour lui annoncer la naissance de Jean-Baptiste, la maternité d’Élisabeth à un âge très avancé, le mutisme subit de Zacharie depuis l’annonce de l’Ange jusqu’à la circoncision de l’enfant, et sa guérison miraculeuse, qui lui permit d’entonner le beau cantique Benedictus : tout est merveilleux dans l’apparition du Précurseur, qui allait montrer bientôt le Sauveur promis et attendu depuis quatre mille ans.

Parmi les récits évangéliques, il en est peu d’aussi intéressants ni d’aussi touchants que celui de la naissance de saint Jean-Baptiste. Les miracles s’ajoutaient aux miracles autour du berceau de l’enfant ; les habitants du voisinage furent saisis d’une crainte respectueuse, et le bruit de ces merveilles se répandit dans toutes les montagnes de la Judée, de sorte que tous se disaient les uns aux autres : « Que pensez-vous de l’avenir de cet enfant ? »

Saint Jean-Baptiste occupe dans l’histoire de l’humanité une place incomparable : il sert de trait d’union entre les deux mondes, il résume en lui tout l’Ancien Testament et prépare le Nouveau ; il ferme la mission des prophètes et ouvre celle des Apôtres. « Prophète, apôtre, docteur, solitaire, vierge, martyr, il est plus que tout cela, parce qu’il est tout cela en même temps. Il réunit tous les titres à la sainteté, et, rassemblant en lui seul tout ce qui constitue les différentes classes des saints, il forme au milieu d’eux une classe particulière. » (La Luzerne)

Le culte de saint Jean-Baptiste a toujours joui d’une immense popularité. Sa fête a été souvent célébrée par des feux de joie. Il est patron de nombreuses paroisses, de nombreuses confréries et des Canadiens français.

 
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

« Qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. »

dimanche 23 juin 2013

Le poids de la croix dont le Christ s’est chargé n’est rien d’autre que la déchéance humaine, avec le cortège des péchés et des souffrances dont est frappée l’humanité. Le sens du chemin de croix est de libérer le monde de ce fardeau… L’union au Christ étant notre bonheur, et la progression vers cette union notre bénédiction sur cette terre, l’amour de la croix n’est nullement en contradiction avec la joie d’être enfant de Dieu. Aider à porter la croix du Christ donne une joie pure et profonde. Ceux à qui sont données cette possibilité et cette force — les bâtisseurs du Royaume de Dieu — sont les plus authentiques enfants de Dieu. Une prédilection pour le chemin de croix ne signifie pas non plus un regret de voir le Vendredi Saint passé et accomplie l’œuvre de rédemption : seuls des êtres sauvés, des enfants de la grâce peuvent porter la croix du Christ. Seule son union au Chef divin confère à la souffrance humaine une force pénitentielle…

Se tenir debout et avancer sur les sentiers rudes et boueux de cette terre tout en trônant avec le Christ à la droite du Père ; rire et pleurer avec les enfants du monde et chanter sans cesse les louanges du Seigneur avec le chœur des anges, telle est la vie du chrétien jusqu’à ce que se lève le matin de l’éternité.

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
« L’Amour de la croix », méditation du 24/11/1934 (trad. La Crèche et la croix, Ad Solem, 1995, p. 56 rev.)

 

 

 

LITANIES DU SACRÉ-CŒUR

samedi 22 juin 2013

Voici les Litanies du Sacré-Cœur,
telles que proposées par la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris.
À découvrir ou redécouvrir !

Ô Dieu, notre Père des deux, PRENDS PITIÉ DE NOUS
Ô Dieu, Fils Rédempteur du monde,
Ô Dieu, Esprit Saint,
Ô Dieu, unique Trinité Sainte,

Cœur du Christ, Fils du Père éternel, NOUS T’ADORONS
Cœur du Christ formé par le Saint Esprit
dans le sein de la Vierge Marie,
Cœur du Christ, uni substantiellement au Verbe de Dieu,
Cœur du Christ, Temple saint de Dieu,
Cœur du Christ, Tabernacle du Très-Haut,
Cœur du Christ, en qui réside la plénitude de la divinité,
Cœur du Christ, Fournaise ardente de charité,
Cœur du Christ, avide de faire la volonté du Père,
Cœur du Christ, en qui le Père se complaît,
Cœur du Christ, Sanctuaire de la justice et de l’amour,

Cœur du Christ, blessé par ceux que tu voulais sauver, NOUS T’ADORONS
Cœur du Christ, abandonné par tes amis,
Cœur du Christ, broyé à cause de nos péchés,
Cœur du Christ, agonisant jusqu’à la sueur de sang,
Cœur du Christ, obéissant jusqu’à la mort,
Cœur du Christ, dont le sacrifice nous sauve,
Cœur du Christ, ouvert par la lance,
Cœur du Christ, dont l’Esprit d’Amour se répand sur nous,

Cœur du Christ ressuscité et source de notre vie, NOUS T’ADORONS
Cœur du Christ par qui nous est communiqué l’Esprit,
Cœur du Christ, Source de lumière et de tout Amour,
Cœur du Christ, en qui tous les cœurs se rencontrent,
Cœur du Christ, Bienveillant pour ceux qui t’invoquent,
Cœur du Christ, Salut de ceux qui espèrent en toi,

Unis à ceux qui ne te connaissent pas, NOUS TE PRIONS
Unis à ceux qui te cherchent avec droiture,
Unis à ceux qui ont perdu confiance en toi,
Unis à ceux que la souffrance a éloigné de toi,
Unis à tous les peuples de la terre,
avec le Saint Père, les évêques, les prêtres,
les consacrés et tous les chrétiens.

.
Jésus, doux et humble de cœur,
rends notre cœur semblable au tien.

 

 

 

 

Lumière du coeur

vendredi 21 juin 2013

Ouvrez votre cœur, pour distribuer à tous l’élan d’Amour et de Paix que vous devez offrir à autrui.

N’ayez peur ni du gel, ni de la torridité des hommes mais au contraire, gardez-vous de toutes les dépressions humaines et suivez sans jamais faiblir la lumière de votre cœur, car bientôt sera déposée en vous et en d’autres hommes, la langue de feu, celle qui donne la force dans la connaissance, de traverser toutes les épreuves humaines.

Marie Mère des hommes – janvier 1995

Le juste chemin

jeudi 20 juin 2013

Mes enfants,

Il vous faut prendre le temps de contempler et d’aimer le Cœur Sacré de mon Fils. Au travers de cette vision et de ce ressentiment de souffrance, vous comprendrez le juste chemin de votre vie, vie d’amour et de dévotion pour que ce Cœur sanglant se cicatrise de toutes les peines humaines qui Lui sont infligées.

Mes enfants, il faut que vous compreniez l’étroite relation dont vous disposez, par l’Esprit Saint, auprès de mon Fils. Il supporte le poids de vos doutes et de vos incertitudes pour les transformer en un élan d’Amour et de Paix pour vos frères de chaque jour.

Mes enfants, sur le chemin qui est le vôtre et qui doit vous conduire à l’union avec la Trinité, sachez vous ouvrir à Sa volonté pour faire exploser au monde entier la joie de la connaissance éternelle.

Marie Mère des hommes – octobre 1999

Sources vives

mercredi 19 juin 2013
.
Notre monde moderne a faim et soif de bonheur. Il a faim de pain, il a encore plus faim et soif de Dieu.
Des millions d’âmes attendent de nous le pain vivant de la doctrine pour boire aux sources vives que l’Esprit Saint fait jaillir du sein de son Eglise.
.
.

Père Eugène-Marie de l’Enfant-Jésus, carmélite, (1894-1967) in « Vie »

 

 

 

.

L’amour des ennemis

mardi 18 juin 2013

Il se trouve dans la communauté une sœur qui a le talent de me déplaire en toutes choses ; ses manières, ses paroles, son caractère me semblaient très désagréables. Cependant c’est une sainte religieuse qui doit être très agréable au bon Dieu ; aussi ne voulant pas céder à l’antipathie naturelle que j’éprouvais, je me suis dit que la charité ne devait pas consister dans les sentiments, mais dans les œuvres. Alors je me suis appliquée à faire pour cette sœur ce que j’aurais fait pour la personne que j’aime le plus. À chaque fois que je la rencontrais je priais le bon Dieu pour elle, lui offrant toutes ses vertus et ses mérites. Je sentais bien que cela faisait plaisir à Jésus, car il n’est pas d’artiste qui n’aime à recevoir des louanges de ses œuvres, et Jésus, l’artiste des âmes, est heureux lorsqu’on ne s’arrête pas à l’extérieur mais que, pénétrant jusqu’au sanctuaire intime qu’il s’est choisi pour demeure, on en admire la beauté.

Je ne me contentais pas de prier beaucoup pour la sœur qui me donnait tant de combats, je tâchais de lui rendre tous les services possibles et quand j’avais la tentation de lui répondre d’une façon désagréable, je me contentais de lui faire mon plus aimable sourire et je tâchais de détourner la conversation… Souvent aussi…, ayant quelques rapports d’emploi avec cette sœur, lorsque mes combats étaient trop violents, je m’enfuyais comme un déserteur. Comme elle ignorait absolument ce que je sentais pour elle, jamais elle n’a soupçonné les motifs de ma conduite et demeure persuadée que son caractère m’est agréable. Un jour à la récréation, elle me dit à peu près ces paroles d’un air très content : « Voudriez-vous me dire, ma sœur Thérèse de l’Enfant Jésus, ce qui vous attire tant vers moi, à chaque fois que vous me regardez, je vous vois sourire ? » Ah, ce qui m’attirait, c’était Jésus caché au fond de son âme. Jésus qui rend doux ce qu’il y a de plus amer.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
Manuscrit autobiographique C 13 v°-14 r°

 

 

 

« Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

dimanche 16 juin 2013

« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades » (Mt 9,12). Montre donc au médecin ta blessure, de façon à pouvoir être guéri. Même si tu ne la montres pas, il la connaît, mais il exige de toi que tu lui fasses entendre ta voix. Nettoie tes plaies avec tes larmes. C’est ainsi que cette femme dont parle l’Évangile s’est débarrassée de son péché et de la mauvaise odeur de son égarement ; c’est ainsi qu’elle s’est purifiée de sa faute, en lavant les pieds de Jésus avec ses larmes.

Puisses-tu me réserver à moi aussi, Jésus, le soin de laver tes pieds, que tu as salis tandis que tu marchais en moi !… Mais où trouverai-je l’eau vive avec laquelle je pourrai laver tes pieds ? Si je n’ai pas d’eau, j’ai mes larmes. Fais qu’en lavant tes pieds avec elles, je puisse me purifier moi-même ! Comment faire en sorte que tu dises de moi : « Ses nombreux péchés lui sont remis, parce qu’il a beaucoup aimé » ? J’avoue que ma dette est considérable et qu’il m’a été « remis davantage », à moi qui ai été arraché au bruit des querelles de la place publique et aux responsabilités du gouvernement pour être appelé au sacerdoce. Je crains, par conséquent, d’être considéré comme un ingrat si j’aime moins, alors qu’il m’a été remis davantage.

Je ne peux pas comparer à n’importe qui cette femme qui, à juste titre, a été préférée au pharisien Simon qui recevait le Seigneur à déjeuner. Cependant, à tous ceux qui veulent mériter le pardon, elle dispense un enseignement en baisant les pieds du Christ, en les lavant avec ses larmes, en les essuyant avec ses cheveux, en les oignant avec du parfum… Si nous ne pouvons pas l’égaler, le Seigneur Jésus sait venir en aide aux faibles. Là où il n’y a personne qui sache préparer un repas, amener du parfum, apporter avec soi une fontaine d’eau vive (Jn 4,10), il vient lui-même.

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
La Pénitence, II, 8 ; SC 179 (trad. SC p. 175)