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Archive pour le mot-clef ‘eucharistie’

« Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour qu’une telle foule mange à sa faim ? »

mercredi 1 décembre 2021

D’où vient la multiplication des pains ? La réponse se trouve dans l’invitation de Jésus aux disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9,13) — « donner », partager. Qu’est-ce que les disciples partagent ? Le peu qu’ils ont : cinq pains et deux poissons (ibid.). Mais ce sont précisément ces pains et ces poissons qui, dans les mains du Seigneur, rassasient toute la foule. Et ce sont précisément les disciples, égarés devant l’incapacité de leurs moyens, de la pauvreté de ce qu’ils peuvent mettre à disposition, qui font asseoir les gens et qui — confiants dans la parole de Jésus — distribuent les pains et les poissons qui nourrissent la foule. Ceci nous dit que dans l’Église, mais aussi dans la société, un mot-clé dont nous ne devons pas avoir peur est « solidarité », c’est-à-dire savoir mettre à la disposition de Dieu ce que nous avons, nos humbles capacités ; car c’est seulement dans le partage, dans le don, que notre vie sera féconde, qu’elle portera du fruit. Solidarité : un mot mal vu par l’esprit du monde !

[Dans l’eucharistie de] ce soir, encore une fois, le Seigneur distribue pour nous le pain qui est son Corps : il se fait don. Et nous aussi, nous faisons l’expérience de la solidarité de Dieu avec l’homme, une solidarité qui ne s’épuise jamais, une solidarité qui ne finit pas de nous surprendre : Dieu se fait proche de nous. Dans le sacrifice de la croix, il s’abaisse en entrant dans l’obscurité de la mort pour nous donner sa vie, qui vainc le mal, l’égoïsme, la mort. Ce soir aussi, Jésus se donne à nous dans l’eucharistie, partage notre chemin, se fait même nourriture, la vraie nourriture qui soutient notre vie, y compris dans les moments où la route devient difficile, et où les obstacles ralentissent nos pas. Et dans l’eucharistie, le Seigneur nous fait parcourir sa voie, celle du service, du partage, du don. Ce peu que nous avons, ce peu que nous sommes, s’il est partagé, devient richesse, car la puissance de Dieu, qui est celle de l’amour, descend dans notre pauvreté pour la transformer.

Pape François

 

 

 

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » (Jn 6,54)

dimanche 22 août 2021

Celui qui se nourrit du Christ dans l’eucharistie n’a pas besoin d’attendre l’au-delà pour recevoir la vie éternelle : il la possède déjà sur terre, comme prémices de la plénitude à venir, qui concernera l’homme dans sa totalité. Dans l’eucharistie en effet, nous recevons également la garantie de la résurrection des corps à la fin des temps : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6,54). Cette garantie de la résurrection à venir vient du fait que la chair du Fils de l’homme, donnée en nourriture, est son corps dans son état glorieux de Ressuscité. Avec l’eucharistie, on assimile pour ainsi dire le « secret » de la résurrection. C’est pourquoi saint Ignace d’Antioche définit avec justesse le pain eucharistique comme « remède d’immortalité, antidote pour ne pas mourir ».

La tension eschatologique suscitée dans l’eucharistie exprime et affermit la communion avec l’Église du ciel. Ce n’est pas par hasard que, dans les anaphores orientales ou dans les prières eucharistiques latines, on fait mémoire avec vénération de Marie, toujours vierge, Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus Christ, des anges, des saints apôtres, des glorieux martyrs et de tous les saints. C’est un aspect de l’eucharistie qui mérite d’être souligné : en célébrant le sacrifice de l’Agneau, nous nous unissons à la liturgie céleste, nous associant à la multitude immense qui s’écrie : « Le salut est donné par Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l’Agneau » (Ap 7,10). L’eucharistie est vraiment un coin du ciel qui s’ouvre sur la terre. C’est un rayon de la gloire de la Jérusalem céleste, qui traverse les nuages de notre histoire et qui illumine notre chemin.

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

« Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »

dimanche 8 août 2021

« La nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus » (1Co 11,23) a institué le sacrifice eucharistique de son corps et de son sang. (…) L’Église a reçu l’eucharistie du Christ son Seigneur non comme un don, aussi précieux qu’il soit parmi bien d’autres, mais comme le don par excellence, car il est le don de lui-même, de sa personne dans sa sainte humanité, et de son œuvre de salut. Celle-ci ne reste pas enfermée dans le passé, puisque « tout ce que le Christ est, et tout ce qu’il a fait et souffert pour tous les hommes, participe de l’éternité divine et surplombe ainsi tous les temps » (CEC 1085).

Quand l’Église célèbre l’eucharistie, mémorial de la mort et de la résurrection de son Seigneur, cet événement central du salut est rendu réellement présent et ainsi « s’opère l’œuvre de notre rédemption » (Vatican II LG 3). Ce sacrifice est tellement décisif pour le salut du genre humain que Jésus Christ ne l’a accompli et n’est retourné vers le Père qu’après nous avoir laissé le moyen d’y participer comme si nous y avions été présents. Tout fidèle peut ainsi y prendre part et en goûter les fruits d’une manière inépuisable. Telle est la foi dont les générations chrétiennes ont vécu au long des siècles. Cette foi, le magistère de l’Église l’a continuellement rappelée avec une joyeuse gratitude pour ce don inestimable. Je désire encore une fois redire cette vérité, en me mettant avec vous, chers frères et sœurs, en adoration devant ce Mystère : Mystère immense, Mystère de miséricorde. Qu’est-ce que Jésus pouvait faire de plus pour nous ? Dans l’eucharistie, il nous montre vraiment un amour qui va « jusqu’au bout » (Jn 13,1), un amour qui ne connaît pas de mesure.

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

La multiplication des pains

dimanche 25 juillet 2021

Au désert, notre Seigneur a multiplié le pain, et à Cana il a changé l’eau en vin. Il a habitué ainsi la bouche de ses disciples à son pain et à son vin, jusqu’au temps où il leur donnerait son corps et son sang. Il leur a fait goûter un pain et un vin transitoires pour exciter en eux le désir de son corps et de son sang vivifiants. Il leur a donné ces petites choses généreusement, pour qu’ils sachent que son don suprême serait gratuit. Il les leur a données gratuitement, bien qu’ils auraient pu les lui acheter, afin qu’ils sachent qu’on ne leur demanderait pas de payer une chose inestimable : car, s’ils pouvaient payer le prix du pain et du vin, ils ne pourraient pas payer son corps et son sang.

Non seulement il nous a comblés gratuitement de ses dons, mais encore il nous a traités avec affection. Car il nous a donné ces petites choses gratuitement pour nous attirer, afin que nous venions à lui et recevions gratuitement ce bien si grand qu’est l’eucharistie. Ces petites portions de pain et de vin qu’il a données étaient douces à la bouche, mais le don de son corps et de son sang est utile à l’esprit. Il nous a attirés par ces aliments agréables au palais afin de nous entraîner vers ce qui donne la vie à nos âmes. (…)

L’œuvre du Seigneur atteint tout : en un clin d’œil, il a multiplié un peu de pain. Ce que les hommes font et transforment en dix mois de travail, ses dix doigts l’ont fait en un instant. (…) D’une petite quantité de pain est née une multitude de pains ; il en a été comme lors de la première bénédiction : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre » (Gn 1,28).

Saint Éphrem (v. 306-373)

 

 

« Mes paroles sont esprit et vie. »

samedi 24 avril 2021

« Prenez et mangez, dit Jésus, ceci est mon corps qui est rompu pour vous » (cf 1Co 11,24). Pourquoi les disciples n’ont-ils pas été troublés en entendant ces mots ? C’est parce que le Christ leur avait déjà dit beaucoup de grandes choses à ce sujet (Jn 6). (…) Faisons pleinement confiance à Dieu, nous aussi. Ne lui faisons pas d’objections, même si ce qu’il dit paraît contraire à nos raisonnements et à ce que nous voyons. Que sa parole soit plutôt maîtresse de notre raison et de notre vue elle-même. Ayons cette attitude face aux mystères sacrés : n’y voyons pas seulement ce qui tombe sous nos sens, mais tenons surtout compte des paroles du Seigneur. Sa parole ne peut pas nous tromper, alors que nos sens nous égarent facilement ; elle n’est jamais prise en défaut, mais eux défaillent très souvent. Lorsque le Verbe dit : « Ceci est mon corps », fions-nous à lui, croyons et contemplons-le avec les yeux de l’esprit. (…)

Combien de gens disent aujourd’hui : « Je voudrais voir le Christ en personne, son visage, ses vêtements, ses chaussures ». Eh bien, dans l’eucharistie c’est lui que tu vois, que tu touches, lui que tu reçois ! Tu désirais voir ses vêtements ; et c’est lui-même qui se donne à toi non seulement pour le voir, mais pour le toucher, le manger, l’accueillir dans ton cœur. Que personne donc ne s’approche avec indifférence ou avec mollesse ; mais que tous viennent à lui animés d’un amour brûlant.

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

 

 

« Ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. »

jeudi 22 avril 2021

Le bon Jésus, voyant combien son secours nous était nécessaire, a cherché un moyen admirable où paraît bien l’excès de son amour pour nous. Voilà pourquoi il a fait en son nom et au nom de tous ses frères cette prière : « Donne-nous aujourd’hui, Seigneur, notre pain de ce jour » (Mt 6,11). (…) Il a senti qu’il devait réveiller notre amour en nous mettant le sien sous les yeux, et non pas un jour seulement, mais tous les jours. Voilà pourquoi il a dû prendre le parti de demeurer au milieu de nous. (…)

Je ne peux pas m’empêcher d’admirer comment cette demande est la seule où il répète les mêmes paroles. Car tout d’abord il prie pour qu’on nous donne ce pain chaque jour ; puis il ajoute : « Donne-le nous aujourd’hui ». C’est comme s’il disait à son Père que, ayant été une fois livré à mort pour nous, et étant désormais notre bien, il ne nous l’enlève pas, mais le laisse nous servir tous les jours, jusqu’à la fin du monde. (…) S’il dit « notre pain de chaque jour », c’est, à mon avis, parce que non seulement nous le possédons sur la terre, mais parce que nous le possèderons aussi au ciel, si nous savons profiter de sa compagnie. (…) Quand il dit « aujourd’hui », c’est, ce me semble, pour signifier un jour, c’est-à-dire la durée du monde ; car le monde ne dure vraiment qu’un jour. (…)

Le Fils, en effet, a dit au Père éternel : « Puisqu’il ne s’agit que d’un jour, permettez-moi de le passer dans la servitude ». Dieu le Père nous l’a donné et l’a envoyé en ce monde par sa seule volonté. Le Fils à son tour, par sa volonté propre, ne veut pas nous abandonner, mais s’établir au milieu de nous pour la plus grande gloire de ses amis et la confusion de ses ennemis. Il ne fait cette nouvelle demande que pour aujourd’hui ; le Père éternel nous a donné ce pain sacré, et c’est pour toujours, je le répète, qu’il nous a donné cet aliment de l’humanité du Sauveur, notre soutien, notre vraie manne. Dans ce très saint sacrement, notre âme trouvera tous les goûts et toutes les consolations qu’elle pourra souhaiter (cf Sg 16,20). Et s’il n’y a pas de faute de notre part, nous sommes assurés de ne pas mourir de faim.

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

 

 

Deuxième dimanche de Pâques – Dimanche de la miséricorde

dimanche 11 avril 2021

misericordeAu terme de l’octave pascale – toute la semaine n’est considérée que comme un seul jour célébrant « la fête des fêtes » (saint Augustin) -, le deuxième dimanche de Pâques inaugure l’octave de dimanches qui mène jusqu’à la Pentecôte, comme aussi un jour unique de fête, un « grand dimanche » (saint Athanase) d’allégresse, manifestée par la flamme du cierge pascal qui brûle près de l’ambon.

Le dimanche de la Divine Miséricorde a porté de nombreux noms :
* Ce fut le dimanche in albis (« en blanc ») car, ce jour-là, les baptisés de Pâques revêtent pour la dernière fois le vêtement blanc de leur naissance nouvelle.
* Ce fut le dimanche de Quasimodo, du premier mot latin de l’antienne d’ouverture de la messe : « Comme des enfants nouveau-nés ont soif du lait qui les nourrit, soyez avides du lait pur de la Parole, afin qu’il vous fasse grandir pour le salut, alléluia ! »
* Et, depuis le 30 avril 2000, le pape Jean-Paul II a demandé qu’il soit fêté comme le
« dimanche de la Divine Miséricorde », selon la demande faite par le Christ à sœur Faustine Kowalska, canonisée ce jour-là : « Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques, ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde » (1931).

La liturgie y résonne encore tout entière de l’alléluia pascal, cette acclamation de la liturgie hébraïque qui loue joyeusement le Seigneur et retentit, dans l’Apocalypse, comme le chant des rachetés par le sang de l’Agneau. Et toutes les lectures concourent à « raviver dans les cœurs le mystère pascal » (prière après la communion).

Le psaume 117, chanté dans le Grand Hallel de la Pâque juive, est repris comme un chant de victoire et, plus encore, comme un rappel de la mort-résurrection du Christ :
« La pierre rejetée des bâtisseurs est devenue la tête d’angle…
Voici le jour que fit le Seigneur : qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! »
(Ps 117 -118-, 22-24) (…)

Mais la célébration de ce dimanche est dominée par la figure de l’apôtre Thomas et l’expérience du Ressuscité qu’il connut « huit jours plus tard » (Jean 21, 26). À travers Thomas, c’est à tous ses disciples que le Seigneur apporte sa paix et qu’il demande :
« Cesse d’être incrédule, sois croyant » (Jean 21, 27). Par-delà l’apôtre Thomas, c’est à nous que s’adresse directement cette béatitude, la dernière de l’Évangile : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » (Jean 21, 29)

« L’incrédulité de Thomas vient au secours de notre foi », chante l’hymne de l’Office de la Résurrection. Ainsi la première lecture, tirée du livre des Actes des Apôtres qui, pendant tout le temps pascal, relate les débuts de l’Église, décrit la première communauté de Jérusalem, ceux qui déjà sont rassemblés au nom du Seigneur et croient sans l’avoir vu. Fondés sur la Parole, l’amour fraternel et l’Eucharistie, ils représentent l’archétype de toute communauté chrétienne, la communion réalisée de tous ceux qui se sont reconnus frères dans le frère aîné et, en lui, fils d’un même Père. N’y a-t-il pas déjà là une anticipation du bonheur céleste ouvert par la Résurrection du Christ ?

 

Miserere

 

Et je m’immerge encore en Ton immense Amour
Cet océan de Paix et de Miséricorde
Mon âme enténébrée requiert ton secours
Les grâces abondantes que Ton coeur m’accorde

Et je me plonge encore en ces eaux bienfaisantes
Issues de ton côté où a percé la lance
Tu as vaincu la mort la vie est plus puissante
Je ne suis plus que joie, charité, espérance

Et je m’inonde encore en ton immense amour
Toi qui pour nous sauver as pris notre nature
Rejoins l’humanité pour nous porter secours
Apocalypse ultime des premières écritures

Ton coeur qui bat pour nous à l’unisson du monde
Saigne encore à ce jour de l’incompréhension
Du mystère Pascal et de la précieuse onde
Qui purifient la terre les corps et les nations

F.B.

 

 

 

 

Le Christ vient dans les sacrements, notamment dans l’eucharistie

mercredi 2 décembre 2020

Le second avènement du Christ, notre époux, a lieu tous les jours dans les hommes bons, et cela souvent et à plusieurs reprises, avec des grâces et des dons nouveaux, chez tous ceux qui s’ajustent à lui selon qu’ils le peuvent. Nous ne voulons pas parler ici de la première conversion de l’homme ni de la première grâce qui lui a été donnée lorsqu’il s’est converti du péché à la vertu. Mais nous parlons de leur accroissement, jour après jour, grâce à de nouveaux dons et à de nouvelles vertus, ainsi que de l’avènement présent du Christ, notre époux, dans notre âme, quotidiennement. (…)

Il y a (…) un avènement du Christ, notre époux, qui est de tous les jours et qui consiste dans un accroissement de grâces et de nouveaux dons, lorsque quelqu’un reçoit quelque sacrement, avec un cœur humble et libre de tout ce qui lui serait un empêchement. Il reçoit alors de nouveaux dons et un accroissement de grâce, en raison de son humilité et grâce à l’activité cachée du Christ à l’intérieur des sacrements. (…) Voilà le deuxième avènement du Christ, notre époux, qui se présente à nous maintenant, et cela tous les jours. Il nous faut le considérer d’un cœur rempli de désir, pour qu’il s’accomplisse en nous. Car il nous est nécessaire, si nous voulons tenir debout ou progresser dans la vie éternelle.

Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381)

 

 

 

L’eucharistie : le don que donne le Christ/Époux à l’Église/Épouse

samedi 4 juillet 2020

Dans l’eucharistie s’exprime avant tout sacramentellement l’acte rédempteur du Christ-Époux envers l’Église-Épouse. (…) Le Concile Vatican II a renouvelé dans l’Église la conscience de l’universalité du sacerdoce. Dans la Nouvelle Alliance, il n’y a qu’un seul sacrifice et un seul prêtre, le Christ. Tous les baptisés, les hommes comme les femmes, participent à ce sacerdoce unique, car ils doivent « offrir leur personne et leur vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu » (Rm 12,1), porter témoignage du Christ sur toute la surface de la terre, et « rendre compte devant tous ceux qui le demandent de l’espérance qui est en eux » d’une vie éternelle (1P 3,15). (…) Tous les membres de l’Église (…) participent non seulement à la mission sacerdotale, mais encore à la mission prophétique et royale du Christ Messie.

Cette participation entraîne en outre l’union organique de l’Église, comme Peuple de Dieu, avec le Christ. Le « grand mystère » évoqué par la lettre aux Éphésiens (5,32) s’y exprime en même temps : l’Épouse unie à son Époux, unie parce qu’elle vit de sa vie, unie parce qu’elle participe à sa triple mission (…), unie de manière à répondre par un don désintéressé de soi au don inexprimable de l’amour de l’Époux, le Rédempteur du monde. Cela concerne toute l’Église, les femmes comme les hommes, et évidemment cela concerne aussi ceux qui participent au sacerdoce ministériel, qui est par nature un service. Dans le cadre du « grand mystère » du Christ et de l’Église, tous sont appelés à répondre — comme une épouse — par le don de leur vie au don inexprimable de l’amour du Christ qui seul est, comme Rédempteur du monde, l’Époux de l’Église

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

 

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. »

vendredi 1 mai 2020

Frères très chers, étanchez votre soif aux eaux de la source divine dont nous désirons vous parler : étanchez-la, mais ne l’éteignez pas ; buvez, mais ne soyez pas rassasiés. La source vivante, la source de vie nous appelle et nous dit : « Celui qui a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jn 7,37). Comprenez ce que vous buvez. Que le prophète vous le dise et qu’elle vous le dise la source elle-même : « Parole du Seigneur, ils m’ont abandonnée, moi la source d’eau vive » (Jr 2,13). C’est donc le Seigneur lui-même notre Dieu, Jésus Christ, qui est cette source de vie et c’est pourquoi il nous invite à venir à lui pour que nous le buvions. Il le boit celui qui aime, il le boit celui qui se nourrit de la Parole de Dieu… Buvons donc à la source que d’autres ont abandonnée.

Pour que nous mangions de ce pain, pour que nous buvions à cette source (…), il se dit « le pain vivant qui donne la vie au monde » (Jn 6,51) et que nous devons manger. (…) Voyez d’où coule cette source, voyez aussi d’où descend ce pain : c’est le même, en effet, qui est pain et source, le Fils Unique, notre Dieu, le Christ Seigneur, dont nous devons sans cesse avoir faim.

Notre amour nous le donne en nourriture, notre désir nous le fait manger ; rassasiés, nous le désirons encore. Allons à lui comme à une fontaine et buvons-le toujours dans l’excès de notre amour, buvons-le toujours dans un désir toujours nouveau, prenons notre joie dans la douceur de son amour. Le Seigneur est doux et bon. Nous le mangeons et le buvons, sans cesser d’avoir faim et soif de lui, car nous ne saurions épuiser cette nourriture et cette boisson. Nous mangeons de ce pain, nous ne l’épuisons pas ; nous buvons à cette source, elle ne tarit pas. Ce pain est éternel, cette source coule sans fin.

Saint Colomban (563-615)