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Archive pour le mot-clef ‘eucharistie’

« Vous ferez cela en mémoire de moi. » (1Co 11,25)

vendredi 10 mai 2019

L’eucharistie est le mémorial de la Pâque du Christ, l’actualisation et l’offrande sacramentelle de son unique sacrifice, dans la liturgie de l’Église qui est son Corps. Dans toutes les prières eucharistiques nous trouvons, après les paroles de l’institution, une prière appelée anamnèse ou mémorial. Dans le sens de l’Écriture Sainte le mémorial n’est pas seulement le souvenir des événements du passé, mais la proclamation des merveilles que Dieu a accomplies pour les hommes. Dans la célébration liturgique de ces événements, ils deviennent d’une certaine façon présents et actuels. C’est de cette manière qu’Israël comprend sa libération d’Égypte : chaque fois qu’est célébrée la Pâque, les événements de l’Exode sont rendus présents à la mémoire des croyants afin qu’ils y conforment leur vie (Ex 13,3.8).

Le mémorial reçoit un sens nouveau dans le Nouveau Testament. Quand l’Église célèbre l’eucharistie, elle fait mémoire de la Pâque du Christ, et celle-ci devient présente : le sacrifice que le Christ a offert une fois pour toutes sur la croix demeure toujours actuel : « Toutes les fois que le sacrifice de la croix par lequel le Christ notre Pâque a été immolé se célèbre sur l’autel, l’œuvre de notre rédemption s’opère » (Vatican II, LG 63).

Parce qu’elle est mémorial de la Pâque du Christ, l’eucharistie est aussi un sacrifice. Le caractère sacrificiel de l’eucharistie est manifesté dans les paroles mêmes de l’institution : « Ceci est mon corps qui va être donné pour vous » et « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui va être versé pour vous » (Lc 22,19-20). Dans l’eucharistie le Christ donne ce corps même qu’il a livré pour nous sur la croix, le sang même qu’il a « répandu pour une multitude en rémission des péchés » (Mt 26,28). L’eucharistie est donc un sacrifice parce qu’elle ‘représente’ (rend présent) le sacrifice de la croix, parce qu’elle en est le ‘mémorial’ et parce qu’elle en ‘applique’ le fruit.

Catéchisme de l’Église catholique

 

 

 

« C’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. »

mardi 7 mai 2019

« Chantez au Seigneur un cantique nouveau ! » (Ps 95,1) Nouveau est le cantique, pour s’accorder aux réalités nouvelles ; Paul l’a écrit : « Si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle ; le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau a été fait » (2Co 5,17). Ceux qui étaient Israélites par le sang ont été libérés de la tyrannie des Égyptiens grâce au médiateur de ce temps-là, le très sage Moïse ; ils ont été libérés de la corvée des briques, des sueurs inutiles des tâches terrestres…, de la cruauté des surveillants, de la dureté inhumaine de Pharaon. Ils ont traversé la mer ; dans le désert, ils ont mangé la manne ; ils ont bu l’eau jaillie du rocher ; ils ont passé le Jourdain à pied sec ; ils ont été introduits dans la Terre de la promesse.

Or, pour nous, tout cela s’est renouvelé, et le monde nouveau est incomparablement meilleur que l’ancien. Nous avons été libérés d’un esclavage, non terrestre, mais spirituel ; nous avons été délivrés non plus des tâches de cette terre, mais de la souillure des plaisirs charnels. Nous avons échappé non aux contremaîtres égyptiens ou au tyran impie et impitoyable, homme comme nous, mais aux démons malins et impurs qui incitent à pécher, et au chef de leur engeance, Satan.

Nous avons traversé les flots de la vie présente, comme une mer, avec son tumulte et ses folles agitations. Nous avons mangé la manne spirituelle, le pain descendu du ciel, qui donne la vie au monde. Nous avons bu l’eau jaillie du rocher, en faisant nos délices des eaux vives du Christ. Nous avons traversé le Jourdain grâce au saint baptême que nous avons été jugés dignes de recevoir. Nous sommes entrés dans la Terre promise aux saints et préparée pour eux, cette terre dont le Seigneur fait mémoire en disant : « Bienheureux les doux, car ils recevront la terre en héritage » (Mt 5,4).

Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

 

 

 

« Reste avec nous ! »

mercredi 24 avril 2019

Aux disciples d’Emmaüs qui demandaient à Jésus de rester « avec » eux, ce dernier a répondu par un don beaucoup plus grand : il a trouvé le moyen de demeurer « en » eux par le sacrement de l’eucharistie. Recevoir l’eucharistie, c’est entrer en communion profonde avec Jésus. « Demeurez en moi, comme moi en vous » (Jn 15,4). Cette relation d’union intime et mutuelle nous permet d’anticiper, en quelque manière, le ciel sur la terre. N’est-ce pas là le plus grand désir de l’homme ? N’est-ce pas cela que Dieu s’est proposé en réalisant dans l’histoire son dessein de salut ? Il a mis dans le cœur de l’homme la faim de sa Parole (cf Am 8,11), une faim qui sera assouvie uniquement dans l’union totale avec lui. La communion eucharistique nous est donnée pour « nous rassasier » de Dieu sur cette terre, dans l’attente que cette faim soit totalement comblée au ciel.

Mais cette intimité spéciale, qui se réalise dans la communion eucharistique, ne peut pas être comprise d’une manière appropriée, ni pleinement vécue, hors de la communion ecclésiale… L’Église est le Corps du Christ : on chemine « avec le Christ » (v. 15) dans la mesure où on est en relation avec son Corps. Le Christ pourvoit à la création et à la promotion de cette unité grâce à l’effusion de l’Esprit Saint ; et lui-même ne cesse de la promouvoir à travers sa présence eucharistique. En effet, c’est précisément l’unique pain eucharistique qui fait de nous un seul Corps. L’apôtre Paul l’affirme : « Puisqu’il n’y qu’un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » (1Co 10,17).

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

 

« Je suis le pain de vie : celui qui vient à moi n’aura jamais faim. » (Jn 6, 35)

mardi 8 janvier 2019

« Le Christ Jésus qui est mort, qui est ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous » (Rm 8,34) est présent de multiples manières à son Église : dans sa Parole, dans la prière de son Église, « là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom » (Mt 18,20), dans les pauvres, les malades, les prisonniers (Mt 25,31s), dans ses sacrements dont il est l’auteur, dans le sacrifice de la messe et en la personne du ministre. Mais « au plus haut point [il est présent] sous les espèces eucharistiques » (Vatican II SC 7).

Le mode de présence du Christ sous les espèces eucharistiques est unique… Dans le très saint sacrement de l’eucharistie sont « contenus vraiment, réellement et substantiellement le corps et le sang conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus Christ… » (Concile de Trente). « Cette présence, on la nomme ‘réelle’, non à titre exclusif, comme si les autres présences n’étaient pas ‘réelles’, mais par excellence parce qu’elle est substantielle, et que par elle le Christ, Dieu et homme, se rend présent tout entier » (saint Paul VI)… Le culte de l’Eucharistie … « L’Église catholique a rendu et continue de rendre ce culte d’adoration qui est dû au sacrement de l’eucharistie non seulement durant la messe, mais aussi en dehors de sa célébration : en conservant avec le plus grand soin les hosties consacrées, en les présentant aux fidèles pour qu’ils les vénèrent avec solennité, en les portant en procession » (saint Paul VI)…

Il est hautement convenable que le Christ ait voulu rester présent à son Église de cette façon unique. Puisque le Christ allait quitter les siens sous sa forme visible…, il voulait que nous ayons le mémorial de l’amour dont il nous a aimés « jusqu’à la fin » (Jn 13,1), jusqu’au don de sa vie. En effet, dans sa présence eucharistique il reste mystérieusement au milieu de nous comme celui qui nous a aimés et qui s’est livré pour nous (Ga 2,20)…, sous les signes qui expriment et communiquent cet amour.

Catéchisme de l’Église catholique

 

 

 

Dans l’Église, le Christ nous appelle à la conversion

mercredi 19 septembre 2018

L’Église vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice. Dans ce cadre, la méditation constante de la parole de Dieu, et surtout la participation consciente et réfléchie à l’eucharistie et au sacrement de pénitence ou de réconciliation ont une grande signification. L’eucharistie nous rapproche toujours de cet « amour plus fort que la mort » (Ct 8,6) : en effet « chaque fois que nous mangeons ce pain et que nous buvons cette coupe », non seulement « nous annonçons la mort » du Rédempteur, mais aussi « nous proclamons sa résurrection, dans l’attente de sa venue dans la gloire » (Missel romain; cf 1Co 11,26). La liturgie eucharistique, célébrée en mémoire de celui qui, dans sa mission messianique, nous a révélé le Père par sa parole et par sa croix atteste l’amour inépuisable en vertu duquel il désire toujours s’unir à nous et ne faire qu’un avec nous, allant à la rencontre de tous les cœurs humains. C’est le sacrement de la pénitence ou de la réconciliation qui « aplanit la route » (Lc 3,3; Is 40,3) de chacun, même quand il est accablé par de lourdes fautes. Dans ce sacrement, tout homme peut expérimenter de manière unique la miséricorde, c’est-à-dire l’amour qui est plus fort que le péché.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

 

 

 

 

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. »

dimanche 19 août 2018

Dans la messe, la re-présentation sacramentelle du sacrifice du Christ couronné par sa résurrection implique une présence tout à fait spéciale que — pour reprendre les mots de Paul VI — « on nomme ‘réelle’, non à titre exclusif, comme si les autres présences n’étaient pas ‘réelles’, mais par antonomase parce qu’elle est substantielle, et que par elle le Christ, Homme-Dieu, se rend présent tout entier. » Ainsi la doctrine toujours valable du Concile de Trente est proposée de nouveau : « Par la consécration du pain et du vin s’opère le changement de toute la substance du pain en la substance du corps du Christ notre Seigneur et de toute la substance du vin en la substance de son sang. Ce changement, l’Église catholique l’a justement et exactement appelé transsubstantiation. » L’eucharistie est vraiment « mysterium fidei », mystère de la foi, qui dépasse notre intelligence et qui ne peut être accueilli que dans la foi, comme l’ont souvent rappelé les catéchèses patristiques sur ce divin sacrement. Saint Cyrille de Jérusalem exhorte : « Ne t’attache donc pas au pain et au vin comme à des éléments naturels, car selon la déclaration du Maître, ils sont corps et sang. Il est vrai que c’est ce que te suggèrent les sens ; mais que la foi te rassure »… Devant ce mystère d’amour, la raison humaine fait l’expérience de toute sa finitude. On voit alors pourquoi, au long des siècles, cette vérité a conduit la théologie à faire de sérieux efforts de compréhension. Ce sont des efforts louables, d’autant plus utiles et pénétrants qu’ils ont permis de conjuguer l’exercice critique de la pensée avec la foi vécue de l’Église… Il y a tout de même la limite indiquée par Paul VI : « Toute explication théologique…doit maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang du Seigneur Jésus, si dignes d’adoration, qui sont réellement présents devant nous. »

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

 

 

 

 

Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

dimanche 3 juin 2018

Pour avoir une idée de notre dignité, il faut nous rappeler souvent le ciel, le calvaire et l’enfer. Si nous comprenions ce que c’est qu’être enfant de Dieu, nous ne pourrions pas faire le mal, nous serions comme des anges sur la terre. Être enfant de Dieu, quelle dignité !

Lorsque les anges se furent révoltés contre Dieu, ce Dieu si bon, voyant qu’ils ne pouvaient jouir du bonheur pour lequel Il les avait créés, fit l’homme et ce petit monde que nous voyons pour nourrir son corps. Mais il fallait bien aussi nourrir son âme ; et comme rien de créé ne peut nourrir l’âme qui est un esprit, Dieu voulut se donner Lui-même pour nourriture.

Mais le grand malheur est qu’on néglige de recourir à cette divine Nourriture, pour traverser le désert de cette vie. Comme une personne qui meurt de faim à côté d’une table bien servie, il y en a qui restent cinquante, soixante ans sans nourrir leur âme.

Si les chrétiens pouvaient comprendre ce langage de notre Seigneur qui leur dit : « Malgré ta misère, Je veux voir de près cette belle âme que J’ai créée pour Moi. Je l’ai faite si grande qu’il n’y a que Moi qui puisse la remplir. Je l’ai faite si pure qu’il n’y a que mon Corps qui puisse la nourrir. »

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
Esprit du Curé d’Ars dans ses Catéchismes, ses Sermons, ses Conversations (Abbé Monnin, Éds Tequi 2007, p. 57-58, rev.)

 

 

Le vrai pain venu du ciel

vendredi 20 avril 2018

Les juifs disent : « Nos pères ont mangé la manne dans le désert ». Le Sauveur aurait pu leur répondre : « Je viens de faire un plus grand miracle que celui de Moïse : moi, je n’ai eu besoin ni de bâton, ni de prière (cf Ex 9,23; 17,9s) ; j’ai tout fait par moi-même, par ma propre autorité. Vous rappelez le prodige de la manne ; moi, ne vous ai-je pas donné du pain en abondance ? » Mais ce n’était pas le temps alors de parler de cette manière. Jésus ne pensait qu’à une chose : les attirer à lui pour qu’ils lui demandent une nourriture spirituelle… : « Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel ; c’est mon Père qui donne le vrai pain du ciel »…

Ce pain que le Père donne, Jésus Christ l’appelle le pain véritable. Non que le miracle de la manne ait été faux ; mais la manne était une préfiguration d’un pain supérieur et plus merveilleux… : « Le pain de Dieu, c’est le pain qui est descendu du ciel et qui donne la vie au monde » — au monde entier et non seulement aux juifs. Ce pain n’est pas seulement une nourriture mais une vie, une vie différente de celle-ci, une vie complètement autre : ce pain donne la vraie vie… Jésus est lui-même ce pain parce qu’il est le Verbe, la Parole de Dieu, de même qu’ici, en nos églises, il devient le pain du ciel par la descente du Saint Esprit.

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
Homélies sur l’évangile de Jean, n°45

 

 

 

 

 

« Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »

jeudi 19 avril 2018

Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où il était livré, institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang pour perpétuer le sacrifice de la croix au long des siècles, jusqu’à ce qu’il vienne, et en outre pour confier à l’Église, son Épouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection : sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet pascal dans lequel le Christ est mangé, l’âme est comblée de grâce, et le gage de la gloire future nous est donné.

C’est pourquoi l’Église a le souci d’obtenir que les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers ou muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent consciemment, pieusement et activement à l’action sacrée, soient formés par la parole de Dieu, se restaurent à la table du Corps du Seigneur, et rendent grâce à Dieu. Qu’en offrant la victime sans tache, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi ensemble avec lui, ils apprennent à s’offrir eux-mêmes et, de jour en jour, soient consommés par la médiation du Christ dans l’unité avec Dieu et entre eux pour que, finalement, « Dieu soit tout en tous » (1Co 15,28).

Concile Vatican II
Constitution sur la Sainte Liturgie « Sacrosanctum Concilium », § 47-48

 

 

« Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim. »

mercredi 18 avril 2018

Le problème économique est l’inconnu terrible de notre époque tourmentée. Le problème du pain quotidien, du bien-être, c’est l’incertitude angoissante qui nous opprime au milieu des foules agitées et insatisfaites, et parfois, hélas, affamées. C’est pour nous un devoir d’unir nos efforts, de faire les sacrifices nécessaires selon la doctrine catholique issue de l’Evangile et les instructions claires et solennelles de l’Église, pour contribuer à la recherche d’une solution équitable pour tous. Mais c’est en vain que nous nous efforcerons de remplir les estomacs de pain et de satisfaire les autres désirs parfois effrénés, si l’on ne parvient pas à nourrir les âmes du pain de vie, vrai, substantiel, divin ; à les nourrir de ce Christ dont elles ont faim et grâce auquel, seulement, on pourra reprendre le chemin « jusqu’à la montagne du Seigneur » (1R 19,8).

C’est en vain que nous demanderons aux économistes et aux législateurs de nouvelles formes de vie sociale si l’on soustrait aux yeux du peuple le doux et maternel sourire de Marie dont les bras sont ouverts pour accueillir tous ses fils. Sur son sein, l’orgueil s’abaisse, les cœurs s’apaisent dans la sainte poésie de la paix chrétienne et de l’amour. Conjuguons nos efforts afin que l’on ne sépare jamais du cœur de l’homme ce que Dieu, dans la doctrine catholique et dans l’histoire du monde, a si merveilleusement uni : l’eucharistie et la Vierge.

Saint Jean XXIII (1881-1963), pape
OR 20/09/59