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Archive pour le mot-clef ‘St Matthieu’

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,7-13

samedi 11 juin 2022

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.
Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures,
ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture.
Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ.
En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent.
Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. »

 

 

Je suis venu pour accomplir la Loi

mercredi 8 juin 2022

La leçon que nous allons étudier aujourd’hui porte sur un très important passage. Ce passage tire son importance du fait qu’il établit le lien entre l’AT et le NT. Regardons ce passage. Il s’agit de Matthieu 5.17-20. Ici, le Seigneur Jésus fait la déclaration suivante.

Matthieu 5.17. Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
18 En vérité je vous le dis, jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, pas un seul iota, pas un seul trait de lettre de la loi ne passera, jusqu’à ce que tout soit arrivé.
19 Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
20 Car je vous le dis, si votre justice n’est pas supérieure à celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.

Chagall - Le don des tables de la loi

Le maintien de la loi de Dieu

En écoutant ces paroles de Jésus, nous pouvons facilement constater le point sur lequel notre Seigneur veut insister. Jésus dit ici, ‘N’allez surtout pas croire que je sois venu pour supprimer la loi. Je ne suis pas venu pour abroger ce qui est écrit dans la loi.’ Il est important de se remémorer régulièrement cette déclaration de Jésus car il semble qu’on ait tendance à l’oublier. Chaque génération a eu sa part de croyants qui ont voulu enseigner que la loi n’avait plus sa raison d’être. ‘Nous sommes maintenant dans la dispensation de la grâce,’ disent-ils, ‘et nous n’avons plus à nous préoccuper de la loi.’

Ce courant de pensée a eu un impact négatif sur la vie de l’église. Il y a eu une tendance à négliger et à prendre à la légère la loi de Dieu. L’exhortation à observer et à pratiquer tous les commandements de Dieu perdait ainsi beaucoup de son sens. Chacun pouvait marcher selon sa propre justice et sans la loi, il est difficile de dire à quelqu’un qu’il ne marche pas sur le droit chemin. Ainsi, il y avait un risque constant d’abaisser le niveau moral et spirituel de la vie chrétienne.

Qu’on se le dise, même avec la venue de Jésus et la nouvelle alliance qu’il nous apporta, la loi n’a pas disparu. ‘Je ne suis pas venu pour abolir la loi, mais pour l’accomplir.’ Comprenons bien ces paroles de Jésus. Il nous dit, ‘Ne vous imaginez pas que je sois venu pour réduire les exigences morales de la vie chrétienne. La justice du chrétien doit continuer à caractériser sa marche avec Dieu. N’allez surtout par croire qu’on n’a plus à se soucier du péché sous prétexte que la grâce de Dieu est avec nous. On ne peut pas continuer à marcher impunément dans le péché et s’imaginer qu’on ira au paradis.’

Le Seigneur Jésus s’est lié d’amitié avec les publicains et les pécheurs. Mais cela ne veut pas dire qu’il approuvait leur manque de valeur morale. Il n’a pas abaissé les normes de la justice divine afin de les rendre plus accessibles aux pécheurs. Bien au contraire. Son intention était de les sauver. Et pour ce faire, il devait les conduire vers une vie dont la justice devait surpasser celle des scribes et des pharisiens.

Définir la loi

En lisant cette déclaration de Jésus, Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes, il s’avère nécessaire de définir correctement ce que notre Seigneur désigne par ‘loi’. Nous allons décrire le sens de ce mot ‘loi’ en utilisant les propres paroles de Jésus. C’est en Matthieu 22.34-40 que Jésus parle à nouveau de ‘la loi et les prophètes.’ Dans ce fameux passage, nous voyons un scribe questionner Jésus dans l’intention de lui tendre un piège. Il lui demanda, Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? Et voici la réponse de Jésus.

Matthieu 22.37. Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.
38 C’est le premier et le plus grand commandement.
39 Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
40 De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.

L’esprit de la loi peut se résumer à l’intérieur de ces deux commandements. Il s’agit d’aimer le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, toute ton âme, et toute ta pensée. Et aussi d’aimer ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. C’est ici que nous retrouvons la même expression ‘la loi et les prophètes.’ Je ne suis pas venu pour abolir la loi ou les prophètes. En réponse à ce scribe, Jésus affirme que toute la loi, si on la considère du point de vue de son essence, doit être comprise sur la base de ces deux commandements : aimer Dieu de tout son cœur, âme, et pensée, et aimer son prochain comme soi-même.

Lorsque nous comprenons la loi de cette manière, nous réalisons avec plus de discernement que certes la loi ne peut pas être abolie. Non seulement ne peut-elle pas être supprimée, mais on peut dire aussi que l’esprit de cette loi constitue l’essence même du christianisme. Si vous mettez la loi à la poubelle, c’est tout le christianisme que vous jetez à la poubelle.

Donc la loi signifie que Dieu nous demande de l’aimer de tout notre être et d’aimer notre prochain comme soi-même. Ceci n’a jamais été aboli. En fait, ces deux commandements sont au centre de l’enseignement de Jésus.

Vous voyez que la vie chrétienne suit la loi du tout ou rien. Souvenez-vous du plus grand commandement, tout ton cœur, toute ton âme, toute ta pensée. Toute ta personne. La Bible ne connaît pas de chrétien à temps partiel. C’est tout ou rien. On marche selon la loi de Dieu ou autrement, on oublie la loi au complet. Il y a ici une exigence qui n’accepte aucun compromis. C’est en ces termes que Dieu décrit le niveau d’engagement du croyant. Et si loi exige l’engagement de toute la personne, la venue de Jésus introduit un christianisme qui n’en demande pas moins. ‘Non seulement je ne suis pas venu pour abroger la loi, mais je suis venu pour l’accomplir.’

Accomplir la loi

pratique-loiLa justice qui était contenue dans la loi, parfois de façon sous-entendue, Jésus va maintenant l’accomplir en la révélant explicitement dans toute sa splendeur. Il veut faire ressortir toutes les nuances de la loi que Dieu avait en tête à l’origine. À cet égard, un théologien (Dr. John Stott) a dit que ‘Jésus accomplit la loi en nous montrant l’aspect radical de la justice de Dieu.’ Et à première vue, il y a de quoi en frémir. Elle est si radicale que si votre justice ne dépasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous ne pourrez pas entrer dans le royaume des cieux.

Prenons l’exemple du 7ième Commandement, Tu ne commettras pas d’adultère. Dans la mentalité de l’AT, l’adultère se définissait strictement par des critères physiques. Ainsi on considérait qu’il y a eu adultère seulement s’il y a eu un rapport sexuel, et donc physique, en dehors des liens du mariage. Maintenant, le Seigneur Jésus reprend ce commandement de l’AT et en dégage tout son sens. Ce que Dieu considère comme étant un adultère ne se limite pas à l’acte sexuel. Quiconque regarde une femme au point de nourrir le désir de coucher avec elle a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur (Matthieu 5.28).

Le Seigneur Jésus est venu accomplir la loi en enseignant l’esprit et la lettre de la loi. Ainsi, en parlant de ce commandement sur l’adultère, il nous dit que le péché ne se manifeste pas toujours sous une forme physique. Il peut exister dans un état qui échappe à la vue et à la connaissance des êtres humains. Mais Dieu peut le voir car son regard pénètre le cœur de l’homme. À partir du moment où vous avez regardé une femme au point de vouloir la retrouver dans votre chambre à coucher, vous avez déjà commis un péché aux yeux de Dieu. Dieu s’attend à ce que notre justice s’exprime tant dans notre comportement qu’au niveau de notre vie intérieure.

Paul et la loi

Les écrits de Paul sur la loi viennent renforcir ce que Jésus a déjà enseigné dans les évangiles. Dans la lettre aux Romains, Paul donne 3 qualificatifs à la loi. Il dit que la loi est sainte (Romains 7.12). La loi est spirituelle (Romains 7.14). Et la loi est bonne (Romains 7.16). Voilà donc trois adjectifs que Paul utilise pour qualifier la loi. La loi est sainte, spirituelle, et bonne. Comment peut-on penser abolir ce que la Bible déclare être sainte, spirituelle, et bonne?

Lorsque Paul affirme que le chrétien n’est plus sous la loi, il faut comprendre qu’il fait allusion à la dispensation de la loi. La dispensation de la loi correspond à l’ancienne alliance. Nous ne sommes plus dans l’ancienne alliance, mais plutôt dans la nouvelle alliance, la dispensation de la grâce. En Romains 6.14, on peut lire, Le péché ne dominera pas sur vous, car vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce. On a ici le contraste de deux dispensations, celle de la loi et celle de la grâce. Donc le fait que le croyant ne soit pas sous la loi ne doit pas nous amener à conclure qu’il ne doit plus tenir compte de la loi. C’est encore Paul qui dit en 1Corinthiens 9.21, …et pourtant je ne suis pas moi-même sans la loi de Dieu, mais sous la loi de Christ… Vous voyez la nuance? Nous ne vivons pas dans la dispensation de la loi, mais nous ne sommes pas non plus sans la loi de Dieu.

Par ailleurs, Paul parle de l’accomplissement de la loi à plusieurs endroits dans ses lettres. Prenons par exemple Romains 13.10 où il écrit (et je cite), …l’amour est donc l’accomplissement de la loi. Il répète la même chose en des termes presque similaires en Galates 5.14. Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Toute la loi trouve son accomplissement dans cette seule parole : aimer. Vous voyez que Paul ne fait que reprendre ce que Jésus a déjà enseigné, à savoir que la loi doit être comprise selon ce qui constitue son essence. Et l’essence de la loi est contenue dans un seul commandement, celui d’aimer. Aimer Dieu et aimer son prochain.

Paul nous demande d’aimer car en obéissant à ce commandement, nous accomplissons la loi. Il n’a jamais dit que la loi n’existait plus. Certes, il affirme que nous ne sommes pas justifiés par les œuvres de la loi. Mais c’est une toute autre question. Bien que notre justification ne provienne pas des œuvres de la loi, nous ne sommes pas sans la loi de Dieu. La loi nous aide à aimer selon la volonté de Dieu.

Le plus petit et le plus grand

Regardez maintenant le v. 19. Matthieu 5.19.

Matthieu 5.19. Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.

Il y a deux types d’individus qui sont mis en contraste dans ce verset. Il y a d’abord celui qui viole les commandements, plus précisément celui qui défait les ordonnances de Dieu. Le mot grec traduit ici par le verbe ‘violer’ se retrouve en Jean 1.27 où Jean le Baptiste avoue qu’il n’est pas digne de délier la courroie de la sandale de Jésus. Délier, défaire, desserrer, relâcher la pratique des commandements, c’est ce qu’on entend par ‘violer’ l’un de ces plus petits commandements. Celui-là est appelé le plus petit. L’autre type d’individu est celui qui obéit aux préceptes divins en les enseignant et en les mettant en pratique. Celui-là est appelé grand dans le royaume des cieux.

Quelle leçon retire-t-on de ce verset? Nous apprenons par ce passage que dans le royaume des cieux, tous ne sont pas considérés sur le même pied d’égalité. Il existe une différence dans la grandeur spirituelle de chacun. Certains brillent comme le soleil. D’autres dégagent une lumière plutôt faible. Qu’est-ce qui fait la différence? Comment mesure-t-on la qualité d’une personne sur le plan spirituel? Réfléchissez bien à cette question. Vous serez déclarés ‘grands’ ou ‘petits’ dans le royaume des cieux selon votre obéissance aux commandements. Le degré d’observance de la loi de Dieu constitue la mesure de la spiritualité de quelqu’un. Voilà une leçon qui a des conséquences pratiques immédiates.

Il se peut que cette conclusion vous offusque un peu. J’entends déjà certains dirent, ‘Pourquoi ambitionner pour être le plus grand? Faire partie du royaume des cieux me suffit amplement. Je suis déjà sauvé et je me contente du don gratuit de Dieu.’ C’est ce que j’appelle faire preuve d’une fausse modestie spirituelle. Les Saintes Écritures n’enseignent pas ce genre d’humilité, si on peut appeler cela de l’humilité. Regardez l’intensité de Paul. Paul cherchait avec vigueur à être le plus grand, et non pas le plus petit. En 1Corinthiens 9, il écrit que plusieurs font la course mais qu’un seul gagne le prix. Et Paul était de ceux qui voulaient remporter le prix. Courez de manière à l’obtenir, écrit-il dans sa lettre. On ne peut certainement pas appeler cela de la modestie. Il y a dans cette exhortation une intensité spirituelle qui ne cachait pas ses ambitions. Paul ne pouvait pas se contenter que d’être sauvé. Il était déterminé à courir de manière à gagner la couronne impérissable. Il voulait engager toutes ses énergies pour plaire à Jésus. C’est ainsi que s’exprimait la grandeur spirituelle de cet homme.

Je pense que si on est honnête avec soi-même, on doit reconnaître qu’il y a dans le cœur de chacun un désir implicite à être grand, à être le meilleur. Et il n’y a rien de mal à cela. Par contre, la motivation qui nous pousse à rechercher ce qui est grand peut être soit de nature charnelle ou spirituelle. Savez-vous ce qui motive un croyant à vouloir grandir spirituellement plutôt que de se contenter simplement de faire partie de la famille de Dieu? L’intensité de son amour pour Dieu fait toute la différence. Je veux aimer Dieu de tout mon cœur. Je suis disposé à accomplir tout ce qu’il me demande afin de lui plaire. C’est pourquoi je cherche à obéir aux ordonnances de Dieu.

Je prie le Seigneur qu’à l’intérieur de nos églises, tous et chacun se soucient de viser haut dans le royaume des cieux, offrant rien de moins que le meilleur de soi-même à Dieu.

Les pharisiens

fr-evangile-illustre-2015-06-10Continuons maintenant à regarder les paroles de Jésus dans ce passage. Le Seigneur Jésus déclare que non seulement la grandeur spirituelle d’un disciple est déterminée par une justice qui se conforme à la loi, mais son admission dans le royaume de Dieu ne peut être permise sans une conformité à la loi qui soit supérieure à celle des scribes et des pharisiens. C’est pourquoi Jésus dit au v. 20, …si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Nous avons dans ce verset une comparaison de la justice dans le royaume des cieux et celle qui caractérise les spécialistes de la loi et les pharisiens.

En parlant des pharisiens, je me vois dans l’obligation d’apporter certaines précisions. On a une tendance spontanée à considérer négativement les pharisiens. Ils sont les méchants de l’histoire biblique. Ils représentent le summum de la malveillance spirituelle. Ils n’ont rien de bon à montrer sur le plan de la piété. Ce sont tous des hypocrites qui prétendent connaître la loi mais au fond, on sait bien qu’ils ne l’appliquent pas pour eux-mêmes. Si je vous demandais de penser à des mots décrivant la personnalité du pharisien, il y a fort à parier qu’on retrouverait des mots comme orgueilleux, hypocrite, légaliste, tatillon, porté à la critique, absence d’autocritique, et ainsi de suite.

Vous savez, plus je réfléchis sur la question des pharisiens, plus je m’étonne de l’importance que la Bible leur accorde quant au nombre de versets qui se rapportent à ces chefs religieux. Et plus j’ai la conviction qu’il y a quelque chose de fondamentalement erronée dans cette façon de percevoir les pharisiens. Il y a des choses que vous devez savoir à propos de ces dirigeants religieux, des choses qu’on semble vouloir garder sous silence. Et si vous me permettez, j’aimerais briser ce silence afin d’équilibrer ce que je perçois comme étant une distorsion de l’image du pharisien. J’espère que par mes commentaires, vous allez vous dégager de cette notion que les pharisiens ne soient qu’une bande d’hypocrites ne méritant que la réprobation de Dieu.

Les pharisiens sont apparus à une époque où on voulait remettre en question la loi de Dieu. L’influence grandissante de l’hellénisme, i.e. de la civilisation grecque, mettait en péril le judaïsme. De plus en plus de Juifs se laissaient séduire par les coutumes grecques. Certains Juifs fidèles se sont organisés pour former des partis de résistance afin de contrer cette menace pour la foi juive. Les pharisiens étaient de ceux qui défendaient le plus farouchement l’observation de la loi. D’ailleurs, le mot ‘pharisien’ tire son origine d’un mot hébreu qui signifie ‘séparé’. Les pharisiens se caractérisaient par leur séparation du monde, de la masse humaine. De quelle façon les pharisiens se sont-ils séparés? Par un dévouement entier à la loi de Dieu. Les pharisiens cherchaient résolument à appliquer la loi à tous les détails de la vie quotidienne. Il n’y avait aucun doute que l’obéissance à la loi représentait la plus importante priorité de leur vie.

Les pharisiens formaient un groupe religieux que le peuple respectait au plus haut point et qu’on appréciait à cause de leur droiture. Si on voulait chercher des exemples vivants de droiture, c’était sur les pharisiens qu’on portait les regards. L’historien juif Josèphe écrivait au sujet des pharisiens qu’ils tentaient par tous les moyens de plaire à Dieu. Tout pharisien avait en tête comme priorité l’enseignement de la loi et son application à tous les aspects de la vie des gens afin qu’ils mènent une vie juste en dépit des fortes pressions culturelles et politiques de leur époque.

Cette ardeur religieuse les conduisait souvent à faire plus que ce que la loi demandait. Dans la parabole du pharisien et le publicain, en Luc 18.12, le pharisien disait, Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. Les pharisiens consacraient 2 jours par semaine au jeûne, habituellement le lundi et le jeudi. La loi n’en demandait pas autant. Saviez-vous que la pratique du jeûne n’est pas prescrite dans la loi sauf pour une seule occasion dans l’année, au jour des expiations. En dehors de cette journée très solennelle, il n’y avait rien dans la loi qui commande l’abstention de nourriture. Je donne la dîme de tout ce que je possède. Encore une fois, c’est aller au-delà de ce que la loi demande. Dans l’AT, il y avait certaines exemptions à la dîme. La loi ne demandait pas le paiement de la dîme sur toute chose. Or, certains pharisiens allaient aussi loin que de donner la dîme de tout ce qu’ils possédaient. Remarquez que cela représente plus que de payer 10% de ses revenus.

Si Jésus s’est conduit très durement envers les pharisiens, ce n’est pas parce qu’ils étaient si loin de la vérité. Au contraire, ils étaient très proches de la vérité mais pas tout à fait là encore. Voyez-vous, c’est souvent à ceux qui sont proches de nous que l’on prend la peine de parler ouvertement. Et parfois, cela signifie qu’il faut parler avec une choquante franchise.

L’erreur des pharisiens

Qu’est-ce qui fait donc défaut dans la justice des pharisiens pour inciter Jésus à dire, …si votre justice n’est pas supérieure à celle … des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux? Afin de donner une réponse simple et directe à cette question, je vais tout simplement vous citer un verset. Il s’agit de Matthieu 23.23. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qu’il y a de plus important dans la loi : le droit, la miséricorde et la fidélité; c’est là ce qu’il fallait pratiquer sans laisser de côté le reste.

Jésus n’a pas accusé les pharisiens de manquer de piété. Il leur a dit que leur justice était hypocrite. Dans ce 23ième chapitre de Matthieu, Jésus répétait constamment qu’ils étaient des hypocrites. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Et dans le contexte de ce passage, être hypocrite veut dire accorder la priorité aux actes extérieurs de la loi au détriment des dispositions intérieures du cœur. Justice, miséricorde, fidélité, amour.

Il y a une importante leçon à retenir de tout cela. Il est possible d’être tellement préoccupé à appliquer la loi dans les moindres détails, qu’on en arrive à oublier l’esprit de la loi. On perd de vue les principes moraux et spirituels de la loi. L’essence de la loi, on s’en souviendra, trouve sa définition dans l’acte d’aimer. Et vous savez, cette leçon ne regarde pas que les pharisiens. Elle nous concerne aussi en tant que chrétiens.

Le pharisien en nous

Laissez-moi vous dire ceci. Il y a beaucoup de pharisiens dans nos églises aujourd’hui. Il y a beaucoup d’hypocrites qui fréquentent nos églises. Vous pensez que je suis trop dur? J’aimerais vous poser les questions suivantes.

1. Pourquoi y a-t-il des gens qui connaissent toutes les bonnes réponses sur le plan théologique mais qui ne semblent pas marcher dans la droiture?
2. Pourquoi avons-nous tant de difficulté à nous débarrasser d’une tradition d’église quand elle semble être devenue un fardeau pour l’application d’un enseignement biblique?
3. Pourquoi y a-t-il de ces gens qui, malgré leur zèle à rechercher la justice, ne peuvent accepter que leur propre justice?
4. Pourquoi y a-t-il des gens qui, prêchant la liberté que nous avons en Christ, ne cessent d’ajouter des règles de conduite à la vie chrétienne?
5. Pourquoi y a-t-il parfois une telle contradiction entre l’image publique du chrétien et sa vie privée?

Vous savez quoi? Vous et moi, jusqu’à une certaine mesure, nous sommes tous des pharisiens. Nous avons tous une tendance au pharisaïsme. Quiconque ne reconnaît pas cela vit sa foi dans l’illusion. Voyez-vous, l’exemple des pharisiens constitue l’un des meilleurs miroirs qui se trouvent dans la Bible pour refléter la véritable condition spirituelle de notre cœur. C’est pourquoi un juste point de vue des pharisiens peut contribuer à notre croissance spirituelle. Cela nous amène constamment à reconnaître notre faillite spirituelle et notre dépendance en Dieu pour améliorer notre sort.

Car en effet, qui peut vraiment surpasser la justice des pharisiens? Qui peut déclarer que sa justice est supérieure à celle des pharisiens? C’est tout simplement impossible. Impossible.
Mais vous connaissez la bonne nouvelle? Est-ce que vous savez ce que Dieu nous annonce dans sa Parole? Fermez vos yeux et écoutez son message pour nous.

Dieu nous dit :  » Je ne t’ai jamais demandé de vivre la vie chrétienne en te fiant sur tes propres forces. Même avec toute la volonté du monde, aucun effort humain ne peut suffire à réformer le cœur de l’homme. Tu peux l’essayer en dépensant toutes tes énergies. Tu essuieras un échec. Tu dois laisser Jésus remplir ton cœur avec le Saint Esprit. Car la vie chrétienne doit être vécue avec la puissance de mon Esprit. Cède le contrôle de ta vie aux mains du Saint Esprit. Cherche à me connaître davantage chaque jour au travers de la souffrance, de mort et de la résurrection de mon Fils bien-aimé. À mesure que tu seras rempli de l’Esprit et que tu t’approcheras de moi, tu sentiras la présence de ma puissance. Elle te transformera d’une manière qui aurait été impossible avec tes propres forces. Puis ta vie brillera d’une justice qui dépassera celle de tous les pharisiens. Et alors, tu seras déclaré grand dans mon royaume. « 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.
www.entretienschretiens.com

 

 

Saint Matthieu, un des quatre évangélistes

mardi 21 septembre 2021

Il ne peut pas y avoir un plus grand ni un plus petit nombre d’évangiles. En effet, puisqu’il existe quatre régions du monde dans lequel nous sommes et quatre vents principaux, et puisque d’autre part, l’Église est répandue sur toute la terre et qu’elle a pour « colonne et pour soutien » (1Tm 3,15) l’Évangile et l’Esprit de vie, il est naturel qu’elle ait quatre colonnes qui soufflent l’immortalité de tout côté et rendent la vie aux hommes. Le Verbe, artisan de l’univers, qui siège sur les Chérubins et qui soutient toutes choses (Ps 79,2 ; He 1,3), lorsqu’il s’est manifesté aux hommes, nous a donné un Évangile à quatre formes, maintenu cependant par un unique Esprit. David, implorant sa venue, disait : « Toi qui sièges sur les Chérubins, montre-toi » (Ps 79,2). Car les Chérubins ont quatre figures (Ez 1,6), et leurs figures sont les images de l’activité du Fils de Dieu.

« Le premier de ces vivants, est-il écrit, est semblable à un lion » (Ap 4,7), ce qui caractérise la puissance, la prééminence et la royauté du Fils de Dieu ; « le second est semblable à un jeune taureau », ce qui manifeste sa fonction de sacrificateur et de prêtre ; « le troisième a un visage pareil à celui d’un homme », ce qui évoque clairement sa venue humaine ; « le quatrième est semblable à un aigle qui vole », ce qui indique le don de l’Esprit volant sur l’Église. Les évangiles selon Jean, Luc, Matthieu et Marc seront donc eux aussi en accord avec ces vivants sur lesquels siège le Christ Jésus. (…)

Les mêmes traits se retrouvent aussi dans le Verbe de Dieu lui-même : aux patriarches qui existèrent avant Moïse il parlait selon sa divinité et sa gloire ; aux hommes qui vécurent sous la Loi il assignait une fonction sacerdotale et ministérielle ; ensuite, pour nous, il se fit homme ; enfin, il envoya le don de l’Esprit sur toute la terre, nous abritant ainsi sous ses propres ailes (Ps 16,8). (…) Ils sont donc futiles, ignorants, et présomptueux ceux qui rejettent la forme sous laquelle se présente l’Évangile et qui introduisent soit un plus grand, soit un plus petit nombre de figures d’Évangile que celles que nous avons dites.

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

 

 

 

L’esprit de propriété ou la pauvreté dans l’Esprit ?

mardi 17 août 2021

SAINT-JEAN-DE-LA-CROIXN’ayez pas d’autre désir que celui d’entrer seulement par amour du Christ dans le détachement, le vide et la pauvreté par rapport à tout ce qui existe sur la terre. Vous n’éprouverez pas d’autres besoins que ceux auxquels vous aurez ainsi soumis votre cœur. Le pauvre en esprit (Mt 5,3) n’est jamais plus heureux que lorsqu’il se trouve dans l’indigence ; celui dont le cœur ne désire rien est toujours à l’aise.

Les pauvres dans l’Esprit donnent avec une grande générosité tout ce qu’ils possèdent. Leur plaisir est de savoir s’en passer en l’offrant par amour pour Dieu et pour le prochain (Mt 22,37s)… Non seulement les biens, les joies et les plaisirs de ce monde nous encombrent et nous retardent dans la voie vers Dieu, mais les joies et les consolations spirituelles sont elles-mêmes un obstacle à notre marche en avant si nous les recevons ou les recherchons avec un esprit de propriété.

Saint Jean de la Croix (1542-1591), carme, docteur de l’Église
Avis et maximes, n°355-357, 362, éd. de 1693 (trad. P. Grégoire de saint Joseph, Oeuvres, Seuil 1945, p. 1233 rev.)

 

paysage

 

Fête de saint Matthieu, apôtre et évangéliste

lundi 21 septembre 2020

Matthieu le publicain est nourri (…) « du pain de vie et d’intelligence » (Si 15,3) ; et de cette intelligence, il fait au Seigneur Jésus un grand festin dans sa maison, car il a reçu en partage une grâce abondante, en conformité avec son nom [qui veut dire « don du Seigneur »]. Un présage de ce festin de grâce fut préparé par Dieu : appelé lorsqu’il était assis à son bureau, (…) « il suivit le Seigneur et lui fit un grand festin dans sa maison » (Lc 5,29). Il lui fit donc un festin, et un grand  ; un festin royal, dirions-nous.

Matthieu est en effet l’évangéliste qui nous montre le Christ roi par sa famille et par ses actes. Dès le début de son ouvrage, il déclare : « Livre de la généalogie de Jésus Christ, Fils de David » (Mt 1,1). Ensuite il décrit comment le nouveau-né est adoré par les mages au titre de roi des Juifs ; puis, tissant tout le reste de sa narration de gestes royaux et de paraboles du règne, il termine enfin sur ces mots dits par ce roi déjà couronné de la gloire de la résurrection : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (28,18). Si tu examines bien l’ensemble de sa rédaction, tu reconnaîtras donc que tout entière elle respire les mystères du Royaume de Dieu. Rien d’étonnant à cela ; Matthieu avait été publicain, il se rappelait avoir été appelé du service public du royaume de péché à la liberté du Royaume de Dieu, du Royaume de justice. En homme qui n’était pas ingrat envers le grand Roi qui l’avait libéré, il servit donc fidèlement les lois de son Royaume

Rupert de Deutz (v. 1075-1130)

 

 

 

La sollicitude du Bon Pasteur

lundi 4 mai 2020

Le bon Pasteur, (…) dans la parabole du berger et de la centième brebis perdue, cherchée avec tant de soin, enfin retrouvée et rapportée joyeusement sur ses épaules, montre en une tendre image, quels sont les soins de sa sollicitude et quelle est sa clémence pour les brebis perdues : sa parole formelle le déclare expressément : « Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10,11), ce qui est vraiment l’accomplissement de la prophétie : « Il paîtra son troupeau comme un berger » (Is 40,11).

Dans ce but, supportant travaux, soucis et faim, pièges des pharisiens et périls de toute espèce, annonçant le royaume de Dieu, parcourant les cités et les bourgades, passant les nuits dans la veille en oraison et, sans être arrêté par le murmure ou le scandale des pharisiens, se montrant affable aux publicains, Il affirma « qu’Il était venu en ce monde pour les malades » (Mt 9,12), et témoigna aux pénitents une affection paternelle, leur montrant large ouvert le sein de la miséricorde divine.

Évoquons les témoins de ces choses et citons aux yeux de tous : Matthieu, Zachée, la pécheresse prosternée à ses pieds et la femme surprise en adultère. Comme Matthieu, deviens le parfait disciple de ce pasteur si bon ; comme Zachée, donne-lui l’hospitalité ; comme la pécheresse, oins de parfum et arrose de larmes ses pieds, essuie-les de tes cheveux et caresse-les de tes baisers, afin de pouvoir entendre la sentence d’absolution, avec la femme présentée à son jugement : « Personne ne t’a condamnée ? Moi non plus, je ne te condamnerai point. Va et ne pèche plus » (Jn 8,10-11).

Saint Bonaventure (1221-1274)

 

 

 

Fête de saint Matthieu, apôtre et évangéliste

samedi 21 septembre 2019

« Jésus vit un homme assis au bureau de la douane ; son nom était Matthieu. Il lui dit : ‘ Suis-moi. ‘ » Il l’a vu non pas tant avec les yeux du corps qu’avec le regard intérieur de sa miséricorde… Il a vu le publicain, et parce qu’il l’a vu d’un regard qui prend pitié et qui choisit, « il lui dit : ‘ Suis-moi ‘ », c’est-à-dire imite-moi. En lui demandant de le suivre, il l’invitait moins à marcher derrière lui qu’à vivre comme lui ; car « celui qui déclare demeurer dans le Christ doit marcher dans la voie où lui, Jésus, a marché » (1Jn 2,6)…

Matthieu « se leva et le suivit ». Rien d’étonnant que le publicain, au premier appel du Seigneur, si empreint d’autorité, ait abandonné sa recherche de profits terrestres et que, délaissant les biens de ce monde, il ait choisi celui qu’il voyait dépourvu de toute richesse. C’est que le Seigneur qui l’appelait extérieurement par sa parole le touchait au plus intime de son âme, en y répandant la lumière de la grâce spirituelle. Cette lumière devait faire comprendre à Matthieu que celui qui l’appelait à quitter les biens matériels sur la terre était en mesure de lui donner un trésor impérissable dans le ciel (cf Mt 6,20)…

« Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples » : la conversion d’un seul publicain a ouvert la voie de la pénitence et du pardon à beaucoup de publicains et de pécheurs… Quel beau présage ! Au moment de sa conversion, celui qui devait être plus tard apôtre et enseignant parmi les païens entraîne à sa suite tout un groupe de pécheurs sur le chemin du salut !

Saint Bède le Vénérable (v. 673-735)

 

 

 

 

Fête de saint Matthieu, apôtre et évangéliste

vendredi 21 septembre 2018

Notre Seigneur a choisi Matthieu, le collecteur d’impôts, pour encourager ses collègues à venir avec lui. Il a vu des pécheurs, il les a appelés et les a fait asseoir auprès de lui. Quel spectacle admirable : les anges sont debout et tremblants, alors que les publicains, assis, se réjouissent. Les anges sont frappés de crainte à cause de la grandeur du Seigneur, et les pécheurs mangent et boivent avec lui. Les scribes suffoquent de haine et de dépit, et les publicains exultent à cause de sa miséricorde. Les cieux ont vu ce spectacle et ont été dans l’admiration ; les enfers l’ont vu et sont devenus fous. Satan l’a vu et s’est enragé ; la mort l’a vu et a dépéri ; les scribes l’ont vu et en ont été très troublés. Il y avait de la joie dans les cieux et de l’allégresse chez les anges parce que les rebelles avaient été convaincus, les récalcitrants s’étaient assagis et les pécheurs amendés, et parce que ces publicains avaient été justifiés. Comme notre Seigneur n’a pas renoncé à l’ignominie de la croix malgré les exhortations de ses amis (Mt 16,22), il n’a pas renoncé à la compagnie des publicains malgré les moqueries de ses ennemis. Il a méprisé la moquerie et dédaigné la louange, faisant ainsi tout ce qui est le mieux pour les hommes.

Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église

 

 

 

« Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs. »

vendredi 6 juillet 2018

Pourquoi Jésus n’a-t-il pas appelé Matthieu en même temps que Pierre, Jean et les autres ? De même qu’il est venu sur terre quand il a senti que les hommes étaient disposés à lui obéir, de même il a appelé Matthieu quand il a su qu’il le suivrait. C’est pour la même raison qu’il s’est attaché Paul seulement après la Résurrection (Ac 9). Car, sondant les cœurs, pénétrant au plus intime de l’âme de chacun, il savait bien à quel moment chacun était disposé à le suivre. Si Matthieu n’a pas été appelé au commencement, c’est qu’il avait encore le cœur trop dur ; mais après les nombreux miracles, quand la renommée de Jésus avait grandi, il était plus disposé à écouter le Maître, et Jésus le savait.

Il convient aussi d’admirer la vertu de cet apôtre, qui ne dissimule pas sa vie passée… Son métier était honteux, sans conscience ; les profits qu’il en tirait n’avaient aucune excuse. Malgré tout cela, Jésus l’a appelé. Il ne rougit pas d’appeler un publicain, comme il n’a pas rougi de parler à une prostituée et lui a même permis de baiser ses pieds et de les arroser de larmes (Lc 7,36s). Car s’il est venu, ce n’est pas seulement pour soigner les corps, mais encore pour guérir les âmes. C’est ce qu’il venait de faire pour le paralytique ; après avoir clairement montré qu’il a la puissance de pardonner les péchés, il vient vers Matthieu, afin que les gens ne soient plus étonnés de le voir choisir un publicain comme disciple.

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
Homélies sur saint Matthieu, 30, 1-2 (trad. Véricel, Les Pères commentent, p.104)

 

 

 

Chaire de saint Pierre, apôtre, fête

jeudi 22 février 2018

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-19.

le don des clefs

 

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »

Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »