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Archive pour la catégorie ‘Ecritures’

La bonté généreuse de Dieu

mercredi 29 janvier 2020

Réfléchissant, un jour, sur diverses grâces multiples reçues de la bonté généreuse de Dieu, Gertrude se jugea misérable et indigne de toute faveur, puisqu’elle avait à ce point gaspillé par négligence tant de dons reçus de Dieu qu’elle ne voyait pas qu’elle en eût tiré le moindre fruit ni pour elle en en profitant ou en rendant grâces, ni pour les autres qui, en en prenant conscience, eussent pu y trouver motif d’édification et d’avancement dans la connaissance de Dieu.

Cette lumière la consola : Que le Seigneur, parfois, ne répand pas sur ses saints les grâces pour exiger qu’ils lui rendent de chacune le fruit convenable, car la fragilité humaine y met souvent obstacle. Mais, parce que la bonté et la générosité débordante de Dieu ne connaissent pas de mesure, bien qu’il sache que l’homme ne peut toutes les faire fructifier, il ne s’emploie pourtant pas moins à accumuler les grâces pour assurer au moins à l’homme une accumulation de béatitude éternelle.

Comme il arrive d’ordinaire pour les choses terrestres qu’on donne parfois à un tout petit qui ne sait pas l’utilité qu’il doit en attendre, pour qu’il soit plus tard, une fois adulte, comblé de biens, ainsi le Seigneur, quand il confère à ses élus la grâce en cette vie, leur prépare et assure des biens dont la jouissance éternelle les rendra heureux dans les cieux.

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

 

 

 

 

Que ta volonté s’accomplisse en moi !

mardi 28 janvier 2020

Ne prie pas pour l’accomplissement de tes volontés ; car elles ne correspondent pas nécessairement avec la volonté de Dieu. Mais plutôt, suivant l’enseignement reçu, prie en disant : Que ta volonté s’accomplisse en moi (cf. Mt 6,10) ; et ainsi en toutes choses, demande-lui que sa volonté se fasse, car lui, il veut le bien et l’utilité de ton âme, mais toi, tu ne cherches pas nécessairement cela.

Souvent dans mes prières, j’ai demandé l’accomplissement de ce que j’estimais bon pour moi, et je m’obstinais dans ma requête, violentant sottement la volonté de Dieu, sans m’en remettre à lui pour qu’il ordonnât lui-même ce qu’il savait m’être utile ; et pourtant, la chose reçue, grande fut ensuite ma déception de n’avoir pas demandé plutôt l’accomplissement de la volonté de Dieu, d’avoir demandé de préférence l’accomplissement de mon vouloir, car alors la chose ne fut pas trouvée telle que je me l’étais figurée.

Qu’il a-t-il de bon, si ce n’est Dieu ? Par conséquent, abandonnons lui tout ce qui nous concerne et nous nous en trouverons bien. Car celui qui est bon, est nécessairement aussi pourvoyeur de dons excellents. Ne t’afflige pas si tu ne reçois pas immédiatement de Dieu ce que tu demandes ; c’est qu’il veut te faire encore plus de bien par ta persévérance à demeurer avec lui dans la prière. Quoi, en effet, de plus élevé que de converser avec Dieu et d’être abstrait dans son intimité ? (…) Ne veuille pas que ce qui te concerne s’arrange selon tes idées, mais selon le bon plaisir de Dieu ; alors tu seras sans trouble et plein de reconnaissance dans ta prière.

Évagre le Pontique

 

 

 

 

Son royaume est indivisible et éternel

lundi 27 janvier 2020

« Tout royaume divisé contre lui-même court à la ruine. » Puisqu’on disait qu’il chassait les démons par Béelzéboul, prince des démons, il voulait, par cette parole, montrer que son royaume est indivisible et éternel. C’est à bon droit qu’il a aussi répondu à Pilate : « Mon royaume n’est pas de ce monde » (Jn 18,36). Donc, ceux qui ne mettent pas leur espoir dans le Christ, mais pensent que les démons sont chassés par le prince des démons, ceux-là, dit Jésus, n’appartiennent pas à un royaume éternel (…). Comment, lorsque la foi est déchirée, le royaume divisé peut-il subsister ? (…) Si le royaume de l’Église doit subsister éternellement, c’est parce que sa foi est indivise, son corps unique : « Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous » (Ep 4,5-6).

Quelle folie sacrilège ! Alors que le Fils de Dieu a pris chair pour écraser les esprits impurs et arracher son butin au prince du monde, alors qu’il a donné aussi aux hommes le pouvoir de détruire l’esprit du mal, en partageant ses dépouilles — ce qui est la marque du vainqueur —, certains appellent à leur aide la puissance du diable. Et pourtant, [comme le dit Luc], c’est « le doigt de Dieu » (Lc 11,20) ou, comme le dit Matthieu, « l’Esprit de Dieu » (Mt 12,28) qui chasse les démons. On comprend par-là que le Royaume de Dieu est indivisible comme un corps est indivisible puisque le Christ est la droite de Dieu et que l’Esprit semble être comparable à son doigt. « Car en lui, dans son propre corps, habite toute la plénitude de la divinité » (Col 2,9).

Saint Ambroise (v. 340-397)

 

 

 

« Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée. »

dimanche 26 janvier 2020

lumière

Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur plein de douceur ; fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de toi, lumière éternelle, une lumière indéfectible. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde. Veuille donc, Jésus, je t’en prie, allumer ma lampe à ta propre lumière, et qu’ainsi, à cette clarté, m’apparaisse le Saint des saints où toi, Prêtre éternel des temps éternels, tu fais ton entrée sous les portiques de ce temple immense (He 9,11s). Qu’à ta lumière je ne cesse de te voir, de tendre vers toi mon regard et mon désir. Alors, dans mon cœur, je ne verrai que toi seul, et en ta présence ma lampe sera toujours allumée et ardente.

Fais-nous la grâce…, puisque nous frappons à  ta porte, de te manifester à nous, Sauveur plein d’amour. Te comprenant mieux, puissions-nous n’avoir d’amour que pour toi, toi seul. Sois, nuit et jour, notre seul désir, notre seule méditation, notre pensée continuelle. Daigne répandre en nous assez de ton amour pour que nous aimions Dieu comme il convient. Remplis-nous de ton amour…, pour que nous ne sachions plus rien aimer sinon toi, qui es éternel. Alors les grandes eaux du ciel, de la terre et de la mer ne pourront éteindre en nous une si grande charité, selon cette parole du Cantique des cantiques : « Les grandes eaux n’ont pas pu éteindre l’amour » (8,7). Qu’en nous se réalise, en partie tout au moins, ce progrès de l’amour par ta grâce, Seigneur Jésus.

Saint Colomban (563-615), moine, fondateur de monastères
12e Instruction spirituelle, 2-3 (trad. bréviaire 28e mar.)

 

 

 

 

La conversion de saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » (Ga 2,20)

samedi 25 janvier 2020

La rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas a littéralement révolutionné la vie de Paul. (…) Il est donc important que nous nous rendions compte combien Jésus Christ peut avoir une incidence dans la vie d’un homme et donc aussi dans la nôtre (…) : comment se passe la rencontre d’un être humain avec le Christ ? Et en quoi consiste le rapport qui en découle ? (…) Paul nous aide à comprendre la valeur absolument fondamentale et irremplaçable de la foi. Voici ce qu’il écrit dans la lettre aux Romains : « Nous estimons que l’homme devient juste par la foi, indépendamment des actes prescrits par la Loi de Moïse » (3,28). Et également dans la lettre aux Galates : « Ce n’est pas en observant la Loi que l’homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ » (2,16). (…) « Être justifiés » veut dire être rendus justes, c’est-à-dire être accueillis par la justice miséricordieuse de Dieu et entrer en communion avec lui. Et par conséquent pouvoir établir un rapport bien plus authentique avec tous nos frères. Et cela sur la base d’un pardon total de nos péchés. Eh bien, Paul dit avec toute la clarté possible que cette condition de vie ne dépend pas de nos éventuelles œuvres bonnes, mais d’une pure grâce de Dieu : « Il nous donne d’être des justes par sa seule grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus » (Rm 3,24).

Par ces mots, saint Paul exprime le contenu fondamental de sa conversion, la direction nouvelle de sa vie résultant de sa rencontre avec le Christ ressuscité. Avant sa conversion, Paul n’avait pas été un homme loin de Dieu et de sa Loi ; au contraire il était un juif observant, d’une observance fidèle jusqu’au fanatisme. Mais à la lumière de sa rencontre avec le Christ, il a compris que par cela il avait cherché à se construire lui-même, à construire sa propre justice, et que toute cette justice était vécue pour lui-même. Il a compris qu’une nouvelle orientation de sa vie était absolument nécessaire. Et cette nouvelle orientation, nous la trouvons exprimée dans ses paroles : « Ma vie aujourd’hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi » (Ga 2, 20). Paul, donc, ne vit plus pour lui-même, pour sa propre justice. Il vit du Christ et avec le Christ.

Benoît XVI

 

 

 

 

« Il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer prêcher. »

vendredi 24 janvier 2020

Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1Tm 2,4), c’est-à-dire du Christ Jésus. Il faut donc que le Christ soit annoncé à tous les peuples et à tous les hommes et qu’ainsi la Révélation parvienne jusqu’aux extrémités du monde (…). « Le Christ Seigneur en qui s’achève toute la Révélation du Dieu très haut, ayant accompli lui-même et proclamé de sa propre bouche l’Évangile d’abord promis par les prophètes, ordonna à ses apôtres de le prêcher à tous comme la source de toute vérité salutaire et de toute règle morale en leur communiquant les dons divins. »

La transmission de l’Évangile, selon l’ordre du Seigneur, s’est faite de deux manières : oralement « par les apôtres, qui, dans la prédication orale, dans les exemples et les institutions transmirent, soit ce qu’ils avaient appris de la bouche du Christ en vivant avec lui et en le voyant agir, soit ce qu’ils tenaient des suggestions du Saint-Esprit » ; et par écrit « par ces apôtres et par des hommes de leur entourage, qui, sous l’inspiration du même Esprit Saint, consignèrent par écrit le message de salut ».

« Pour que l’Évangile soit toujours gardé intact et vivant dans l’Église, les apôtres laissèrent comme successeurs les évêques, auxquels ils “transmirent leur propre charge d’enseignement”. » En effet, « la prédication apostolique, qui se trouve spécialement exprimée dans les livres inspirés, devait être conservée par une succession ininterrompue jusqu’à la consommation des temps ». Cette transmission vivante, accomplie dans l’Esprit Saint, est appelée la Tradition en tant que distincte de la Sainte Écriture, quoique étroitement liée à elle. Pour elle, « l’Église perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit ». « L’enseignement des saints Pères atteste la présence vivifiante de cette Tradition, dont les richesses passent dans la pratique et la vie de l’Église qui croit et qui prie. » Ainsi, la communication que le Père a faite de lui-même par son Verbe dans l’Esprit Saint demeure présente et agissante dans l’Église.

Catéchisme de l’Église catholique

(Références : Concile Vatican II : Dei Verbum, § 7–8)

 

 

« Tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. »

jeudi 23 janvier 2020

Aussi longtemps que nous vivrons, quand en notre folie nous tournons notre regard vers ce qui est réprouvé, notre Seigneur Dieu nous touche avec tendresse et nous appelle avec une grande joie, en disant en notre âme : « Laisse là ce que tu aimes, mon enfant très cher. Tourne-toi vers moi ; je suis tout ce que tu veux. Réjouis-toi dans ton sauveur et dans ton salut. » Je suis sûre que l’âme perspicace par la grâce verra et sentira que notre Seigneur opère ainsi en nous. Car si cette œuvre concerne l’humanité en général, tout homme en particulier n’en est pas exclu. (…)

Qui plus est, Dieu a éclairé spécialement mon intelligence et m’a enseigné sur la façon dont il opère les miracles : « On sait que j’ai accompli déjà ici-bas beaucoup de miracles, éclatants et merveilleux, glorieux et grands. Ce que j’ai fait alors, je le fais encore continuellement, et je le ferai dans les temps à venir. » Nous savons que tout miracle est précédé par des souffrances, des angoisses, des tribulations. C’est pour que nous prenions conscience de notre faiblesse et des sottises que nous commettons à cause de notre péché et, par là, pour que nous devenions humbles et criions à Dieu, implorant son secours et sa grâce. Les miracles surgissent ensuite ; ils proviennent de la haute puissance, sagesse et bonté de Dieu et révèlent sa force et les joies du ciel, autant que cela est possible en cette vie passagère. Ainsi notre foi se fortifie et notre espérance grandit dans l’amour. Voilà pourquoi il plaît à Dieu d’être connu et glorifié par des miracles. Il veut que nous ne soyons pas accablés par la tristesse et les tempêtes qui s’abattent sur nous ; il en est toujours ainsi avant les miracles !

Julienne de Norwich (1342-après 1416)

 

 

 

 

« Navré de l’endurcissement de leur cœur »

mercredi 22 janvier 2020

C’est lui l’agneau sans voix, c’est lui l’agneau égorgé, lui qui est né de Marie, l’agnelle gracieuse. C’est lui qui a été tiré du troupeau et mené à la mort, tué le soir, enseveli de nuit (…), pour ressusciter d’entre les morts et ressusciter l’homme du fond de son tombeau.

Il a donc été mis à mort. Et mis à mort où ? Au cœur de Jérusalem. Pourquoi ? Parce qu’il avait guéri leurs boiteux, purifié leurs lépreux, ramené leurs aveugles à la lumière, et ressuscité leurs morts (Lc 7,22). Voilà pourquoi il a souffert. Il est écrit dans la Loi et les prophètes : « Ils m’ont rendu le mal pour le bien ; mon âme est à l’abandon. Ils ont médité le mal contre moi, en disant : ‘Ligotons le juste, car il nous est odieux’ » (Ps 37,21; cf. Jr 11,19).

Pourquoi as-tu commis ce crime sans nom ? Tu as déshonoré celui qui t’avait honoré, tu as humilié celui qui t’avait exalté, tu as renié celui qui t’avait reconnu, tu as rejeté celui qui t’avait appelé, tu as tué celui qui te vivifiait. (…) Il fallait qu’il souffre, mais non par toi. Il fallait qu’il soit humilié, mais non par toi. Il fallait qu’il soit jugé, mais non par toi. Il fallait qu’il soit crucifié, mais non par ta main. Voici les paroles que tu aurais dû crier à Dieu : « Ô Maître, s’il faut que ton Fils souffre, si telle est ta volonté, qu’il souffre, mais non par moi ».

Méliton de Sardes

 

 

 

« Un repos, celui du septième jour, est réservé au peuple de Dieu. » (He 4,9)

mardi 21 janvier 2020

Le sabbat n’a pas été établi comme une épreuve permettant un discernement entre la vie et la mort, entre justice et péché, ainsi que d’autres préceptes par lesquels « l’homme trouve la vie » (Lv 18,5) ou la mort s’il ne les observe pas. Non, le sabbat, en son temps, a été donné au peuple en vue du repos ; avec les hommes, les bêtes devaient cesser le travail (Ex 23,12). (…)

Si le sabbat n’avait pas été institué pour le repos de tout être qui exerce un travail corporel, les créatures qui ne travaillent pas auraient dû, dès l’origine, elles aussi, observer le sabbat afin d’être justifiées. Au contraire, nous voyons, sans répit, le soleil s’avancer, la lune parcourir son orbite, les étoiles poursuivre leur course, les vents souffler, les nuages voguer dans le ciel, les oiseaux voler, les ruisseaux sourdre des sources, les vagues s’agiter, les éclairs tomber et illuminer la création, le tonnerre éclater violemment en son temps, les arbres porter leurs fruits, et chaque créature grandir et se fortifier. Nous ne voyons en vérité aucun être se reposer le jour du sabbat, sauf les hommes et les bêtes de somme qui sont soumis à la loi du travail.

À aucun des justes de l’Ancien Testament le sabbat n’a été donné pour qu’il y trouve la vie… Mais la fidélité au sabbat a été prescrite afin que se reposent serviteurs, servantes, mercenaires, étrangers, bêtes de somme, afin que puissent se refaire ceux qui sont accablés par leur travail. Car Dieu a soin de toute sa création, des bêtes de somme comme des bêtes féroces, des oiseaux comme des animaux sauvages. Écoute maintenant quel est le sabbat qui plaît à Dieu. Isaïe l’a dit : « Voici mon repos : faites reposer celui qui est fatigué » (28,12). (…) Nous donc, gardons fidèlement le sabbat de Dieu ; faisons ce qui plaît à son cœur. Nous entrerons ainsi dans le sabbat du grand repos où ciel et terre se reposeront, où toute créature est recréée.

Aphraate (?-v. 345)

 

 

 

 

L’Église, Épouse du Christ

lundi 20 janvier 2020

Les paroles de la lettre aux Éphésiens ont une importance fondamentale : « Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église : il s’est livré pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d’eau qu’une parole accompagne, car il voulait se la présenter à lui-même toute resplendissante, sans tache ni ride (…). “L’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair” : ce mystère est de grande portée, je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église » (5,25-32; Gn 2,24). (…)

Le mystère pascal révèle pleinement l’amour sponsal de Dieu. Le Christ est l’Époux parce qu’« il s’est livré lui-même » : son corps a été livré, son sang a été versé (Lc 22,19.20). C’est ainsi qu’il « aima jusqu’à la fin » (Jn 13,1). Le don désintéressé que comprend le sacrifice de la croix fait ressortir d’une manière décisive le sens sponsal de l’amour de Dieu. Le Christ est l’Époux de l’Église, comme rédempteur du monde. L’eucharistie rend présent et réalise à nouveau sacramentellement l’acte rédempteur du Christ qui crée l’Église, son corps. À ce corps, le Christ est uni comme l’époux à l’épouse. Tout cela est dit dans la lettre aux Éphésiens. Dans le « grand mystère » du Christ et de l’Église se trouve introduite l’éternelle « unité des deux » constituée dès le commencement entre l’homme et la femme.

Saint Jean-Paul II (1920-2005)