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Archive pour la catégorie ‘Ecritures’

« Les aveugles voient…, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »

dimanche 14 décembre 2025

 « Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Dirons-nous que c’est là l’œuvre d’une humanité pareille à la nôtre que de pouvoir baptiser dans l’Esprit Saint et le feu ? Comment cela pourrait-il être ? Et pourtant, parlant d’un homme qui ne s’est pas encore présenté, Jean déclare que celui-ci baptise « dans le feu et l’Esprit Saint ». Non pas, comme le ferait un serviteur quelconque, en insufflant aux baptisés un Esprit qui n’est pas le sien, mais comme quelqu’un qui est Dieu par nature, qui donne avec une puissance souveraine ce qui vient de lui et lui appartient en propre. C’est grâce à cela que l’empreinte divine s’imprime en nous.

En effet, en Christ Jésus, nous sommes transformés comme à l’image divine ; non que notre corps soit modelé de nouveau, mais nous recevons le Saint Esprit, entrant en possession du Christ lui-même, au point de pouvoir crier désormais dans notre joie : « Mon âme exulte dans le Seigneur, car il m’a revêtu de salut et d’allégresse » (1S 2,1). L’apôtre Paul dit en effet : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27).

Est-ce donc en un homme que nous avons été baptisés ? Silence, toi qui n’est qu’un homme ; veux-tu rabattre jusqu’à terre notre espérance ? Nous avons été baptisés en un Dieu fait homme ; il libère des peines et des fautes tous ceux qui croient en lui. « Repentez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ… Vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2,38). Il délie ceux qui s’attachent à lui… ; il fait sourdre en nous sa propre nature… L’Esprit appartient en propre au Fils, qui est devenu un homme semblable à nous. Car il est lui-même la vie de tout ce qui existe.

Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

« Il marchera devant le Seigneur avec l’esprit et la puissance d’Elie. » (Lc 1,17)

samedi 13 décembre 2025

« Pourquoi donc les scribes, c’est-à-dire les docteurs de la Loi, disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne d’abord ? » Le Seigneur leur répond : « Élie est déjà venu, et ils lui ont fait souffrir tout ce qu’ils ont voulu, et si vous voulez le comprendre, c’est Jean le Baptiste. » Ainsi notre Seigneur Jésus Christ dit expressément : « Élie est déjà venu » et qu’il s’agit de Jean Baptiste. Mais quand on interroge Jean, il déclare qu’il n’est pas plus Élie qu’il n’est le Christ (Jn 1,20s)… Pourquoi donc affirme-t-il : « Je ne suis pas Élie » tandis que le Seigneur dit à ses disciples qu’il est Élie ? Notre Seigneur voulait parler symboliquement de son avènement à venir et dire que Jean était venu dans l’esprit d’Élie. Ce que Jean a été pour le premier avènement, Élie le sera pour le second. Il y a deux avènements pour le Juge, il y a aussi deux précurseurs. Le juge est le même dans les deux avènements, mais il y a deux précurseurs… Le juge devait d’abord venir pour être jugé ; il a envoyé devant lui un premier précurseur, et il l’a appelé Élie, parce qu’Élie sera pour le second avènement ce que Jean a été pour le premier.

Considérez, frères bien-aimés, combien cette explication est fondée sur la vérité. Au moment où Jean a été conçu…le Saint Esprit avait fait cette prédiction qui devait s’accomplir en lui : « Il sera le précurseur du Très-Haut, dans l’esprit et la puissance d’Élie » (Lc 1,17)… Qui pourra comprendre ces choses ? Celui qui aura imité l’humilité du précurseur et connu la majesté du juge. Personne n’a été plus humble que ce saint précurseur. Cette humilité de Jean constitue son plus grand mérite ; il aurait pu tromper les hommes, passer pour le Christ, être regardé comme le Christ, tant était grandes sa grâce et sa vertu, et cependant il déclare ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. —Es-tu Élie ? —Je ne suis pas Élie. »

Saint Augustin (354-430)

« La sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »

vendredi 12 décembre 2025

« L’oreille ne sait-elle pas juger des paroles et le palais de la saveur des mets ? » (Jb 12,11 Vg) Il n’échappe sans doute à personne que les cinq sens de notre corps, la vue l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher, en tout ce qu’ils sentent et distinguent tirent du cerveau leur pouvoir de distinguer et de sentir. Et si le sens du cerveau est le juge unique qui préside en nous, c’est cependant grâce aux organes qui leur sont propres qu’il distingue les cinq sens, Dieu opérant cette merveille : l’œil n’entend pas, l’oreille ne voit pas, la bouche ne sent pas, les narines ne goûtent pas et les mains n’ont pas d’odorat. Enfin, si l’ordonnance de ces activité relève uniquement du sens du cerveau, il reste que chacun des sens ne peut exercer que l’activité qu’il a reçue par l’ordonnance même de l’architecte souverain.

De ces considérations physiologiques et extérieures il faut donc tirer des conclusions intérieures et spirituelles : nous devons dépasser ce qui en nous se manifeste au monde pour aller à ce qui en nous est secret et nous échappe à nous-mêmes. Il faut, en effet, observer que si la sagesse est une par elle-même, elle réside dans les individus à des degrés divers ; elle accorde tel pouvoir à l’un, tel autre à l’autre, et, à la manière du cerveau, elle fait de nos personnes en quelque sorte des sens spécialisés, si bien que, sans jamais être dissemblable à elle-même, par notre entremise cependant elle agit, en des sens variés et des œuvres dissemblables, l’un recevant le don de sagesse, l’autre de science, l’un possédant les diversités des langues, l’autre le charisme des guérisons.

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

« Tous les prophètes, ainsi que la Loi, ont parlé jusqu’à Jean. »

jeudi 11 décembre 2025

Comme le propriétaire dans l’évangile de saint Luc fait trois visites au figuier stérile (Lc 13,6), ainsi la sainte Mère Église marque chaque année l’avènement du Seigneur par une période distincte de trois semaines. « Le Fils de l’homme vient en effet chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10). Il est venu avant la Loi, car par la raison naturelle il a fait connaître ce que chacun devait faire ou suivre (Rm 1,20). Il est venu sous la Loi car, par les exemples des patriarches et la voix des prophètes, il a confirmé à la descendance d’Abraham les décrets de la Loi. Il est venu une troisième fois après la Loi, par la grâce, pour appeler les païens, afin que « de l’Orient à l’Occident les enfants apprennent à louer le nom du Seigneur » (Ps 112,1-3), ces enfants que jusqu’à la fin du monde il ne cesse d’appeler à la louange de sa gloire…

En effet, tout ce qui est contenu dans les livres saints annonce par des paroles, révèle par des faits et établit par des exemples l’avènement de Jésus Christ notre Seigneur… Par des préfigurations vraies et manifestes, par le sommeil d’Adam, par le déluge de Noé, par la justification d’Abraham, par la naissance d’Isaac, par la servitude de Jacob, dans ces patriarches c’est lui qui engendre, lave, sanctifie, choisit ou rachète l’Église. En un mot, l’ensemble des prophéties, ce dévoilement progressif du plan secret de Dieu, nous a été donné pour connaître son incarnation à venir… Chaque personnage, chaque époque, chaque fait projette comme dans un miroir l’image de son avènement, de sa prédication, de sa Passion, de sa résurrection et de notre rassemblement dans l’Église… À commencer par Adam, point de départ de notre connaissance du genre humain, nous trouvons annoncé dès l’origine du monde ce qui reçoit dans le Seigneur son achèvement total.

Saint Hilaire (v. 315-367)

« Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur. »

mercredi 10 décembre 2025

La lumière de l’aurore précède le soleil, et l’avant-coureur de toute humilité, c’est la douceur. Écoutons donc la Lumière nous dire dans quel ordre elle les a disposées : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,29). Aussi, avant de contempler le soleil, nous devons être éclairés par l’aurore ; alors, nous pourrons soutenir la vue du soleil. Car il est impossible, tout à fait impossible, de regarder le soleil avant d’avoir connu cette lumière, comme nous l’enseigne la place respective de chacune des deux vertus, dans la parole du Seigneur.

La douceur est un état immuable de l’intellect, qui demeure toujours le même aussi bien dans les honneurs que dans les humiliations. La douceur, c’est, quand nous sommes tourmentés par le prochain, de prier pour lui sans être sensibles à ses procédés, et sincèrement. La douceur est un roc qui domine la mer de l’irascibilité, et sur lequel se brisent toutes les vagues qui y déferlent sans jamais l’ébranler. La douceur est le soutien de la patience, la porte, ou plutôt la mère, de la charité, le fondement de la discrétion ; il est écrit en effet : « Le Seigneur enseignera sa voie aux doux » (Ps 24,9 LXX). Elle procure le pardon des péchés, elle donne la confiance dans la prière, elle est la demeure de l’Esprit Saint : « Sur qui jetterai-je les yeux, sinon sur celui qui est doux et paisible ? » (Is 66,2 LXX)

La douceur est la collaboratrice de l’obéissance, le guide de la communauté fraternelle, le frein du furieux, l’obstacle du colérique, une source de joie, l’imitation du Christ, une qualité propre aux anges, l’entrave des démons, un bouclier contre l’amertume. Dans les cœurs doux, le Seigneur se repose ; mais l’âme agitée est le siège du diable.

Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650)

« Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »

mardi 9 décembre 2025

Viens, Seigneur Jésus, cherche ton serviteur ; cherche ta brebis fatiguée ; viens, berger… Pendant que tu t’attardes sur les montagnes, voilà que ta brebis erre : laisse donc les quatre-vingt-dix-neuf autres qui sont tiennes et viens chercher l’unique qui s’est égarée. Viens, sans te faire aider, sans te faire annoncer ; c’est toi maintenant que j’attends. Ne prends pas de fouet, prends ton amour ; viens avec la douceur de ton Esprit. N’hésite pas à laisser sur les montagnes ces quatre-vingt-dix-neuf brebis qui sont tiennes ; sur les sommets où tu les as mises, les loups n’ont pas d’accès… Viens à moi, qui me suis égaré loin des troupeaux d’en haut, car tu m’avais mis là-haut moi aussi, mais les loups de la nuit m’ont fait quitter tes bergeries.

Cherche-moi, Seigneur, puisque ma prière te cherche. Cherche-moi, trouve-moi, relève-moi, porte-moi ! Celui que tu cherches, tu peux le trouver, celui que tu trouves, daigne le relever, et celui que tu relèves, pose-le sur tes épaules. Ce fardeau de ton amour n’est jamais trop lourd pour toi… Viens donc, Seigneur, car s’il est vrai que j’erre, « je n’ai pas oublié ta parole » (Ps 118,16), et je garde l’espoir du remède. Viens, Seigneur, tu es seul à pouvoir encore appeler ta brebis perdue, et aux autres que tu vas laisser, tu ne feras aucune peine : elles aussi seront contentes de voir revenir le pécheur. Viens, il y aura le salut sur la terre et il y aura la joie dans le ciel (Lc 15,7).

N’envoie pas tes serviteurs, n’envoie pas de mercenaires (Jn 10,12), viens chercher ta brebis toi-même. Relève-moi dans cette chair qui est tombée avec Adam. Reconnais en moi par ce geste, non l’enfant d’Ève mais le fils de Marie, vierge pure, vierge par grâce, sans aucun soupçon de péché. Puis porte-moi jusque sur ta croix : elle est le salut de ceux qui errent, le seul repos de ceux qui sont fatigués, l’unique vie de tous ceux qui meurent.

Saint Ambroise (v. 340-397)

« Guérissant toute maladie et toute infirmité »

samedi 6 décembre 2025

Frères, vous connaissez celui qui vient ; considérez maintenant d’où il vient et où il va. Il vient du cœur de Dieu le Père dans le sein d’une Vierge Mère. Il vient des hauteurs du ciel dans les régions inférieures de la terre. Quoi donc ? Ne nous faut-il pas vivre sur cette terre ? Oui, s’il y demeure lui-même ; car où serons-nous bien sans lui ? « Qu’y a-t-il pour moi au ciel, qu’ai-je voulu sur la terre, sinon toi, le Dieu de mon cœur, mon partage à jamais ? » (Ps 72,25-26)…

Mais il fallait qu’un grand intérêt soit en cause pour qu’une majesté si haute daigne descendre de si loin en un séjour si indigne d’elle. Oui, il y avait là un grand intérêt en jeu, puisque là, la miséricorde, la bonté, la charité se sont manifestées dans une large et abondante mesure. Pourquoi en effet Jésus Christ est-il venu ? … Ses paroles et ses œuvres nous le montrent clairement : il est venu en toute hâte des montagnes pour chercher la centième brebis, celle qui était perdue, pour faire éclater sa miséricorde à l’égard des enfants des hommes.

 Il est venu pour nous. Admirable condescendance du Dieu qui cherche ! Admirable dignité de l’homme ainsi cherché ! L’homme peut s’en glorifier sans folie : non que de lui-même il soit quelque chose, mais celui qui l’a fait l’a estimé à un si haut prix ! En comparaison de cette gloire, les richesses et la gloire du monde et tout ce que l’on peut y ambitionner ne sont rien. Qu’est-ce que l’homme, Seigneur, pour que tu l’élèves ainsi et que tu y attaches ton cœur ?

C’était à nous à aller vers Jésus Christ… Or un double obstacle nous arrêtait : nos yeux étaient bien malades, et Dieu habite la lumière inaccessible (1Tm 6,16). Paralytiques gisant sur notre grabat, nous étions incapables d’atteindre la demeure si élevée de Dieu. C’est pourquoi le très bon Sauveur et doux médecin des âmes est descendu de là-haut où il habite. Il a adouci pour nos yeux malades l’éclat de sa lumière.

Saint Bernard (1091-1153)

« Leurs yeux s’ouvrirent. »

vendredi 5 décembre 2025

 « Notre Dieu viendra manifestement, et il ne se taira pas » (Ps 49,3 Vulg). En effet, le Seigneur Christ, notre Dieu, le Fils de Dieu, est venu de façon cachée dans son premier avènement ; il viendra de façon manifeste dans son second. Quand il est venu caché, il n’a été connu que de ses serviteurs ; quand il viendra manifestement, il sera connu des bons et des mauvais. Quand il est venu caché, c’était pour être jugé ; quand il viendra manifestement, ce sera pour être le juge. Autrefois, il était jugé, il s’est tu, et le prophète avait prédit ce silence : « Comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche » (Is 53,7), mais « notre Dieu viendra manifestement, et il ne se taira pas »…

Maintenant ce qu’on appelle bonheur de ce monde, les méchants le possèdent aussi ; et ce qu’on appelle le malheur de ce monde les bons le possèdent aussi. Si des hommes ne croient qu’aux réalités présentes et ne croient pas aux réalités futures, c’est parce qu’ils observent que les biens et les maux de ce monde présent appartiennent indistinctement aux bons et aux mauvais. S’ils ambitionnent les richesses, ils voient qu’elles appartiennent aux pires des hommes aussi bien qu’aux bons. S’ils ont horreur de la pauvreté et des misères de cette vie, ils voient qu’elles font souffrir non seulement les mauvais, mais aussi les bons, et ils disent dans leur cœur : « Dieu ne voit pas » (Ps 93,7), il ne dirige pas les affaires humaines. Il nous laisse totalement rouler au hasard dans l’abîme profond de ce monde, et il ne nous montre en rien sa providence. Et s’ils méprisent les préceptes de Dieu, c’est parce qu’ils ne voient pas son jugement se manifester…

Saint Augustin (354-430)

Entrer dans le Royaume en faisant la volonté du Père

jeudi 4 décembre 2025

Un jour où Gertrude priait pour [la santé de leur Mère] avec le désir de connaître dans quelle situation elle se trouvait, le Seigneur répondit : « C’est avec une joie incomparable que j’ai attendu ce jour pour conduire dans la solitude celle que je me suis choisie, afin de lui parler au cœur (cf. Os 2,16). Je n’ai pas été déçu dans mon attente (cf. Ps 77,30) : elle répond toujours selon mon parfait bon plaisir et m’obéit en tout pour ma plus douce joie. » Ce qui signifie : la maladie est cette solitude où le Seigneur parle au cœur et non à l’oreille de sa bien-aimée. (…)

Ces paroles que le Seigneur dit à son élue sont les épreuves et les préoccupations de son cœur : la malade songe qu’elle est inutile, qu’elle perd son temps sans résultat, que les autres travaillent pour elle, et cela en pure perte puisque le bien de la santé ne s’ensuivra peut-être jamais. A tout cela elle répond d’une manière conforme au bon plaisir divin, gardant la patience en son cœur, désirant que la volonté de Dieu s’accomplisse parfaitement en elle. (…)

Et le Seigneur ajouta : « Mon élue se soumet à moi pour ma plus grande joie lorsqu’elle ne cherche pas à se soustraire aux incommodités de la maladie. (…) Or, plus je fais peser sur elle l’infirmité et la fatigue, plus aussi elle m’est docile en acceptant patiemment et avec discrétion pour le plaisir de mon très doux de mon Cœur, les soulagements et ménagements nécessaires à son corps. Et ceci est une pierre de plus à sa couronne, car parfois elle ne le fait pas sans peine. Qu’elle reprenne courage cependant en se rappelant que grâce à ma bienveillance et à ma tendresse « tout coopère au bien de ceux qui aiment » (cf. Rm 8,28)

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

Dieu nous a tout offert en son Fils

mardi 2 décembre 2025

Avec bonté et douceur, comme un roi qui enverrait le roi, son fils, Dieu a envoyé Dieu, le Verbe, parmi les hommes. Il l’a envoyé pour les sauver par la persuasion, et non par la violence, car il n’y a pas de violence en Dieu. Il l’a envoyé pour appeler, et non pour accuser ; il l’a envoyé pour aimer, et non pour juger. (…)

Nul d’entre les hommes ne l’a vu ni connu ; c’est lui-même qui s’est manifesté. Et il s’est manifesté par la foi à qui seule est accordée la vision de Dieu. Le Maître et le Créateur de l’univers, Dieu, qui a fait toutes choses et les a disposées avec ordre, s’est montré non seulement plein d’amour pour les hommes, mais patient. Lui, il a toujours été, il est et il restera le même : secourable, bon, doux, véridique ; et lui seul est bon.

Pourtant lorsqu’il eut conçu son grand et ineffable dessein, il n’en fit part qu’à son Fils unique. Tant qu’il maintenait dans le mystère et réservait le plan de sa sagesse, il semblait nous négliger et ne pas se soucier de nous. Mais quand il eut révélé par son Fils bien-aimé et manifesté ce qu’il avait préparé depuis le commencement, il nous offrit tout en même temps : et la participation à ses bienfaits, et la vision, et l’intelligence. Qui de nous aurait jamais pu s’y attendre ?

La Lettre à Diognète (v. 200)