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Archive pour le mot-clef ‘prochain’

Ennemis

mardi 14 juin 2022

Je cherche la paix dans un monde complètement divisé et agressif, et je suis sûre de ne pas être la seule. « Prier ne nous empêche pas de voir le monde, mais transforme notre vision du monde. » Thomas Merton
Très peu de personnes prennent le temps de respirer profondément avant de parler quand elles se sentent très anxieuses. Il ne s’agit pas de s’arrêter quelques secondes, mais plusieurs heures. Afin de pouvoir souffler et réfléchir avant de répondre aux autres comme le ferait le Christ, nous devons prier. Plus nous sommes angoissés, plus nous devons prendre le temps de le faire. Si nous priions tous ne serait-ce que trente minutes par jour, cela changerait le monde.
Prenez un café avec quelqu’un qui a des opinions différentes des vôtres
« Si vous voulez obtenir la paix, ne parlez pas à vos amis. Parlez à vos ennemis. » Sainte Mère Teresa de Calcutta
La plupart d’entre nous connaissons et aimons au moins une personne (espérons que ce soit plus) qui ne partage pas les mêmes opinions que nous en matière de politique et de religion, voire dont les idées nous choquent. Invitez cette personne à sortir. Parlez-lui. Écoutez-la. Vous ne serez peut-être pas d’accord avec tout, mais vous en sortirez plus compréhensif et plus compatissant. C’est cela dont notre monde à besoin.
Soyez la « lumière du monde » (Mt 5, 14)
« Les ténèbres ne peuvent pas chasser les ténèbres, seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine, seul l’amour le peut ». Martin Luther King
Nous sommes appelés à tout faire dans la chrétienté. « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt 5, 44).
Ces ordres bibliques restent vrais, que nous commentions anonymement quelque chose sur Internet ou que nous répondions à un proche dont nous ne partageons pas les opinions le jour de Noël. Soyez la lumière, virtuellement ou dans la vie réelle — que ce soit en défendant les plus vulnérables, en faisant du bénévolat pour une cause qui vous tient à coeur, ou simplement en faisant rire quelqu’un.
Demandez à Dieu de vous dévoiler d’où viennent vos blessures
« Il s’approcha de la victime, versa de l’huile et du vin sur ses plaies et lui fit un bandage. » (Luc 10, 34)
Nous avons tous des blessures qui affectent notre façon d’agir au quotidien, face à nos proches et aux internautes. Lorsque je réagis à quelque chose avec angoisse, peur ou colère, j’en demande la raison à Dieu. Souvent, il me rappelle un événement de mon passé qui a eu un impact sur ma façon d’interagir avec les autres. Savoir d’où cela vient n’empêche pas ma réaction, mais cela l’apaise. Puis je demande à Dieu d’imbiber mes blessures d’huile et de vin, et de les panser comme l’a fait le bon samaritain pour l’homme blessé sur le bord de la route. Priez : « Bon Samaritain, puisses-tu guérir les blessures de mon coeur, pour que je puisse moi-même guérir les autres ». Personne n’est blessé au point de ne pas pouvoir recevoir le toucher curatif de Dieu.
Trouvez le temps pour le silence. « Le silence est un élément crucial de la communication. En son absence, les mots riches de contenus ne peuvent pas exister. Dans le silence, nous parvenons mieux à nous écoutez et à nous comprendre ; des idées naissent et s’approfondissent. » Pape Benoit XVI
En tant qu’êtres humains, le silence nous est essentiel pour acquérir de la profondeur et pouvoir entendre la voix de Dieu. Qu’est-ce que cela signifie dans notre monde médiatique ? Cela signifie que nous avons parfois besoin de faire un peu de place pour le silence dans nos vies, et prendre de la distance par rapport à tout ce qui nous distrait.

Thérésa Noble
« Trouver la paix au milieu du chaos »
aleteia.org 01/12/2016

 

 

Aimer Dieu et son prochain

vendredi 20 mai 2022

Plus on est uni au prochain, plus on est uni à Dieu. Pour que vous compreniez le sens de cette parole, je vais vous donner une image tirée des Pères : Supposez un cercle tracé sur la terre, c’est-à-dire une ligne tirée en rond avec un compas, et un centre. On appelle précisément centre le milieu du cercle. Appliquez votre esprit à ce que je vous dis. Imaginez que ce cercle c’est le monde, le centre Dieu, et les rayons les différentes voies ou manières de vivre des hommes. Quand les saints, désirant approcher de Dieu, marchent vers le milieu du cercle, dans la mesure où ils pénètrent à l’intérieur, ils se rapprochent les uns des autres en même temps que de Dieu. Plus ils s’approchent de Dieu, plus ils se rapprochent les uns des autres ; et plus ils se rapprochent les uns des autres, plus ils s’approchent de Dieu.

Et vous comprenez qu’il en est de même en sens inverse, quand on se détourne de Dieu pour se retirer vers l’extérieur : il est évident alors que, plus on s’éloigne de Dieu, plus on s’éloigne les uns des autres, et que plus on s’éloigne les uns des autres, plus on s’éloigne aussi de Dieu.

Telle est la nature de la charité. Dans la mesure où nous sommes à l’extérieur et que nous n’aimons pas Dieu, dans la même mesure nous avons chacun de l’éloignement à l’égard du prochain. Mais si nous aimons Dieu, autant nous approchons de Dieu par la charité pour lui, autant nous communions à la charité du prochain ; et autant nous sommes unis au prochain, autant nous le sommes à Dieu.

Dorothée de Gaza (v. 500-?)

 

 

Les deux commandements

vendredi 21 août 2020

Lorsqu’on a demandé au Maître quel était le plus grand des commandements, il répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ta force. Il n’est pas de plus grand commandement ». Je le crois, puisqu’il concerne l’être essentiel et premier, Dieu notre Père, par qui tout a été fait, tout demeure, et à qui reviendront tous ceux qui seront sauvés. C’est lui qui nous a aimés le premier, qui nous a fait naître ; il serait sacrilège de penser qu’il existe un être plus ancien et plus sage. Notre reconnaissance est infime comparée à ses immenses bienfaits, mais nous ne pouvons lui en offrir d’autre témoignage, lui qui est parfait et qui n’a besoin de rien. Aimons notre Père de toute notre force et de toute notre ferveur et nous acquerrons l’immortalité. Plus on aime Dieu, plus notre nature se mêle et se confond avec la sienne.

Le deuxième commandement, dit Jésus, ne le cède en rien au premier : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (…) Lorsque le docteur de la Loi demande à Jésus : « Et quel est mon prochain ? » (Lc 10,29), celui-ci ne lui répond pas par la définition juive du prochain qui désigne le parent, le concitoyen, le prosélyte, le circoncis, l’homme enfin qui vit sous la même loi ; mais il raconte l’histoire d’un voyageur qui descendait de Jérusalem à Jéricho. Blessé par des larrons (…), cet homme avait été soigné par un Samaritain, qui s’était « montré son prochain » (v. 36).

Et qui est davantage mon prochain que le Sauveur ? Qui nous a pris davantage en pitié lorsque les puissances des ténèbres nous avaient abandonnés et blessés de coups ? (…) Seul Jésus a su guérir nos plaies et extirper les maux enracinés en nos cœurs. (…) C’est pourquoi nous devons l’aimer autant que Dieu. Et aimer le Christ Jésus c’est accomplir sa volonté et garder ses commandements

Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215)

 

 

 

« Lequel des trois (…) a été le prochain de l’homme tombé entre les mains des bandits ? »

lundi 7 octobre 2019

La parabole du bon Samaritain permet de faire deux grandes clarifications. Tandis que le concept de « prochain » se référait jusqu’alors essentiellement aux membres de la même nation et aux étrangers qui s’étaient établis dans la terre d’Israël, et donc à la communauté solidaire d’un pays et d’un peuple, cette limitation est désormais abolie. Celui qui a besoin de moi et que je peux aider, celui-là est mon prochain.

Le concept de prochain est universalisé et reste cependant concret. Bien qu’il soit étendu à tous les hommes, il ne se réduit pas à l’expression d’un amour générique et abstrait, qui en lui-même engage peu, mais il requiert mon engagement concret ici et maintenant. Cela demeure une tâche de l’Église d’interpréter toujours de nouveau le lien entre éloignement et proximité pour la vie pratique de ses membres.

Il convient particulièrement de rappeler ici la grande parabole du Jugement dernier (Mt 25,31-46), dans laquelle l’amour devient le critère pour la décision définitive concernant la valeur ou la non-valeur d’une vie humaine. Jésus s’identifie à ceux qui sont dans le besoin : les affamés, les assoiffés, les étrangers, ceux qui sont nus, les malades, les personnes qui sont en prison. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (v. 40). L’amour de Dieu et l’amour du prochain se fondent l’un dans l’autre.

Benoît XVI

 

 

 

 

 

« Par sa croix, en sa personne, il a tué la haine » (Ep 2,16)

vendredi 15 mars 2019

Le Christ a donné sa vie pour toi et tu continues à détester celui qui est un serviteur comme toi ? Comment peux-tu t’avancer vers la table de la paix ? Ton Maître n’a pas hésité à endurer pour toi toutes les souffrances, et tu refuses même de renoncer à ta colère ?… « Un tel m’a gravement offensé, dis-tu, il a été tant de fois injuste envers moi, il m’a même menacé de mort ! » Qu’est-ce que cela ? Il ne t’a pas encore crucifié comme ses ennemis ont crucifié le Seigneur.

Si tu ne pardonnes pas les offenses de ton prochain, ton Père qui est dans les cieux ne te pardonnera pas non plus tes fautes (Mt 6,15). Que dit ta conscience quand tu prononces ces paroles : « Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié » et ce qui suit ? Le Christ n’a pas fait de différence : il l’a versé son sang aussi pour ceux qui ont versé le sien. Pourrais-tu faire quelque chose de semblable ? Lorsque tu refuses de pardonner à ton ennemi, c’est à toi que tu causes du tort, pas à lui… ; ce que tu prépares, c’est un châtiment pour toi-même au jour du jugement…

Écoute ce que dit le Seigneur : « Lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande »… Car le Fils de l’homme est venu dans le monde pour réconcilier l’humanité avec son Père. Comme Paul le dit : « Maintenant Dieu a réconcilié avec lui toutes choses » (Col 1,22) ; « par la croix, en sa personne, il a tué la haine » (Ep 2,16).

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

 

 

« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

mardi 19 juin 2018

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi… » La Loi, en effet, exigeait l’amour du prochain et laissait la liberté de haïr l’ennemi. La foi prescrit d’aimer ses ennemis. Par le sentiment universel de la charité elle brise les mouvements de violence qui sont dans l’esprit de l’homme, non seulement en empêchant la colère de se venger, mais encore en l’apaisant jusqu’à nous faire aimer celui qui a tort. Aimer ceux qui vous aiment appartient aux païens, et tout le monde a de l’affection pour ceux qui nous en donnent. Le Christ nous appelle donc à vivre en enfants de Dieu, et à imiter Celui qui, par l’avènement de son Christ, accorde aux bons comme aux coupables le soleil et la pluie dans les sacrements du baptême et de l’Esprit. Ainsi il nous forme à la vie parfaite par ce lien d’une bonté envers tous, en nous appelant à imiter un Père dans le ciel qui est parfait.

Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
Sur Matthieu, IV, 27 (trad. SC 254, p. 149 rev.)

 

 

 

Extraire le précieux du vil ou aimer son prochain

vendredi 4 mai 2018

Il est des hommes qui, par charité spirituelle, se chargent des fardeaux des autres au-delà de leurs propres forces, se souvenant de cette parole : « Personne n’a plus grande charité que celui qui livre sa vie pour ceux qu’il aime (Jn 15, 13) ».

Et il en est d’autres qui, bien qu’ils aient sans doute reçu de Dieu la force de porter la responsabilité des autres, ne prennent pas volontiers sur eux cette charge pour le salut de leurs frères. Ceux-ci, je les plains, car ils ne possèdent pas la charité.

Quant aux premiers, je leur applique cette parole : « Celui qui extrait le précieux du vil sera comme ma bouche (Jr 15,19) », et : « Comme tu as fait, il te sera fait (Abd 1,15) ».

J’ai vu un malade guérir par sa foi l’infirmité d’un autre malade, en usant envers Dieu d’une louable impudence en faveur de celui-ci et en donnant son âme pour l’âme de son frère, en toute humilité ; et en le guérissant, il s’était guéri lui-même. Et j’en ai vu un qui agissait de même, mais par orgueil, et qui entendit cette réprimande : « Médecin, guéris-toi toi-même (Lc 4, 23) ».

Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650), moine au Mont Sinaï
L’Échelle sainte (trad. Bellefontaine 1993, coll. Spiritualité orientale n°24, p. 323-325 – Lettre au Pasteur)

 

 

 

L’amour vrai

vendredi 9 mars 2018

Il y a certains amours qui semblent extrêmement grands et parfaits aux yeux des créatures, qui devant Dieu se trouveront petits et de nulle valeur. La raison est que ces amitiés ne sont point fondées en la vraie charité, qui est envers Dieu, mais seulement en certaines ententes et inclinations naturelles.

Au contraire, il y en a d’autres qui semblent extrêmement minces et vides aux yeux du monde, qui devant Dieu se trouveront pleines et fort excellentes parce qu’elles se font seulement pour Dieu et en Dieu, sans mélange de notre propre intérêt. Les actes de charité que nous faisons envers ceux que nous aimons de cette sorte sont mille fois plus parfaits, d’autant que tout est purement pour Dieu, mais les services et autres aides que nous faisons à ceux que nous aimons par inclination sont beaucoup moindres en mérite, à cause de la grande complaisance et satisfaction que nous avons à les faire, et que, pour l’ordinaire, nous les faisons plus par ce mouvement que pour l’amour de Dieu.

Il y a encore une autre raison qui rend ces premières amitiés dont nous avons parlé moindres que les dernières : c’est qu’elles ne durent pas, parce que la cause en étant si frêle, dès qu’il arrive quelque traverse, elles viennent à se refroidir et altérer ; ce qui n’arrive pas à celles qui sont seulement en Dieu, parce que la cause en est solide et permanente.

Les signes d’amitié que nous faisons contre notre propre inclination aux personnes envers lesquelles nous avons de l’antipathie, sont meilleurs et plus agréables à Dieu que ceux que nous faisons attirés par l’affection sensible. Et cela ne se doit pas appeler duplicité ou dissimulation, car si j’ai un sentiment contraire, il n’est qu’en la partie inférieure, et les actes que je fais, je les fais avec la force de la raison, qui est la partie principale de mon âme.

Ainsi ceux qui n’ont rien d’aimable sont heureux, car l’amour qu’on leur porte est excellent, puisqu’il est en Dieu.

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l’Église
De l’Amour envers les créatures – Entretiens spirituels (Entretiens publiés par la Visitation d’Annecy ; édition 1933 ; p.147-149 ; français modernisé ; rev.)

 

 

 

L’amour du prochain : support mutuel et bienveillance ; puiser à la source de la Bonté divine

samedi 24 février 2018

« Ainsi donc, tant que nous en avons le temps, pratiquons le bien à l’égard de tous, et surtout de nos frères dans la Foi. » (Ga 6, 10) Le temps présent, celui du cours de la vie, est le temps des semailles. Durant cette vie, nous pouvons semer ce que nous voulons. Quand cette vie sera écoulée, le temps d’agir nous sera ôté. C’est pourquoi le Sauveur dit : « Travaillez tant qu’il fait jour. La nuit viendra, où nul ne pourra plus travailler. » (Jn 9, 4)

Que nous soyons malades ou bien-portants, humbles ou puissants, pauvres ou riches, affamés ou rassasiés, faisons tout au nom du Seigneur, avec patience et égalité d’âme ; alors s’accomplira en nous ce que dit l’Écriture : « Toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu. » (Rm 8, 28). La colère elle-même, la passion, l’outrage reçu qui demande vengeance, deviennent pour moi, si je me maîtrise, si je garde le silence pour Dieu, si à travers chaque piqûre blessante et sous la pression des vices, je pense à Dieu qui me regarde d’En-Haut, autant d’occasions de triomphe.

Ne disons-pas, lorsque nous distribuons des dons : celui-ci est un ami, celui-là, je l’ignore ; celui-ci a droit à recevoir, celui-là doit être méprisé. Imitons notre Père, « qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (cf. Mt 5, 45) La source de sa Bonté est ouverte à tous. Esclave et homme libre, plébéien et roi, riche et pauvre, tous y boivent pareillement. La lampe allumée dans la maison éclaire tous sans distinction.

Saint Jean l’Évangéliste à la fin de sa vie, alors qu’il ne pouvait exprimer sa pensée par un discours suivi, ne proférait d’autre parole que celle-ci : « Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres. » (Cf. Jn 13,34) À la fin, ses disciples lui dirent : « Maître, pourquoi nous dîtes-vous toujours cela ? » Jean répondit par cette sentence digne de lui : « Parce que c’est le précepte du Seigneur ; que seulement on l’accomplisse, et cela suffit. »

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église
Commentaire de l’Épître aux Galates, L3 ch 6 (Œuvres complètes de Saint Jérôme, Tome 10, trad.abbé J. Bareille, rev.)

 

 

 

Jésus, Sauveur

vendredi 5 janvier 2018

jesus

Levons tous les yeux vers le Seigneur qui est aux cieux, en nous écriant comme le prophète : « Celui qui a été vu sur la terre, celui-là est notre Dieu qui, par un effet de sa volonté, a conversé avec les hommes » (Ba 3,38)… Celui qui s’est montré aux prophètes sous diverses apparences, celui qu’Ézéchiel a contemplé sous un aspect d’homme sur un char de feu (1,26), et que Daniel a vu Fils d’homme et Ancien des jours, vieux et jeune à la fois (7,9.13), proclamant en lui un seul Seigneur, c’est lui qui est apparu et qui a tout illuminé.

Il a dissipé la nuit sinistre ; grâce à lui tout est midi. Sur le monde a resplendi la lumière sans soir, Jésus notre sauveur. Le pays de Zabulon est dans l’abondance et imite le paradis, car « le torrent des délices l’abreuve » (Ps 35,9) et sourd en lui un courant d’eau toujours vive… Dans la Galilée nous contemplons « la source d’eau vive » (v. 10), celui qui est apparu et qui a tout illuminé.

Moi aussi, je te verrai donc, Jésus, illuminer mon esprit et dire à mes pensées : « Vous qui avez toujours soif, venez à moi et buvez » (Jn 7,37). Arrose ce cœur humilié que ma course errante a brisé. Elle l’a consumé de faim et de soif : faim non de nourriture, soif non de boisson, mais d’écouter la parole de l’Esprit (Am 8,11)… C’est pourquoi il gémit tout bas, en attendant ton jugement, toi qui es apparu et qui as tout illuminé…

Donne-moi un signe clair, purifie mes fautes cachées, car mes blessures secrètes me minent… Je tombe à tes genoux, Sauveur, comme la femme avec des pertes de sang. Moi aussi, je saisis ta frange en disant : « Si seulement j’arrive à la toucher, je serai sauvé » (Mc 5,28). Ne rends pas vaine ma foi, toi le médecin des âmes ; je te trouverai pour mon salut, toi qui es apparu et qui as tout illuminé.

Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d’hymnes
2e Hymne pour l’Épiphanie, § 15-18 (trad. SC 110, p. 289s. rev.)

 

 

St Jean