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Se convertir et revenir au Seigneur

17 juillet 2018

Je reviendrai à la maison de mon Père comme le prodigue (Lc 15,18), et je serai accueilli. Comme il a fait, lui, ainsi ferai-je : ne m’exaucera-t-il pas ?… Car je suis mort par le péché, comme d’une maladie ; relève-moi de ma ruine, que je loue ton nom ! Je t’en prie, Maître de la terre et du ciel, viens à mon aide et montre-moi ton chemin, que j’aille vers toi. Amène-moi vers toi, Fils du Très-Bon, et mets le comble à ta miséricorde. J’irai vers toi et là je me rassasierai, dans l’allégresse. Le froment de vie, mouds-le pour moi en cette heure où je suis épuisé.

Je suis parti à ta recherche et le Mauvais m’a épié comme un voleur (cf Lc 10,30). Il m’a lié et enchaîné dans les plaisirs du monde mauvais ; il m’a incarcéré dans ses plaisirs et m’a fermé la porte au nez ; et personne qui me libère pour que je parte à ta recherche, ô bon Seigneur !… Je désire, Seigneur, être à toi et marcher avec toi. Voici que je médite sur tes commandements, nuit et jour (Ps 1,2). Donne-moi ce que je demande et accueille mes prières, ô miséricordieux ! Ne tranche pas, Seigneur, l’espoir de ton serviteur, car il t’attend.

Saint Jacques de Saroug (v. 449-521), moine et évêque syrien
Poème (trad. P. Grelot ; cf Orval)

 

 

Dieu prend soin de ceux qui prennent soin des pauvres

16 juillet 2018

Un autre moyen de rester fidèle, mes filles, c’est un détachement parfait de père, de mère, des parents et des amis, de sorte que vous ne soyez qu’à Dieu seul. Et pour avoir ce grand bien, il faut se dépouiller de tout et n’avoir rien en propre. Les apôtres avaient ce détachement. Pour un écu, vous en aurez cent ; autant de dames, autant de mères ; de sorte, mes filles, que la Providence jamais ne vous manquera. N’auriez-vous point le courage de vous donner à Dieu, qui pense tant à vous ? Ne prétendez point vous réserver quelque chose pour votre subsistance ; fiez-vous toujours en la Providence. Les riches peuvent tomber en nécessité par les accidents qui arrivent souvent, mais jamais ceux qui veulent dépendre entièrement de Dieu ne seront en pauvreté.

N’est-il pas bon de vivre ainsi, mes filles ? Qu’y a-t-il à craindre ? Car Dieu a promis que les personnes qui auront soin des pauvres ne manqueront jamais de rien. Mes filles, n’aimeriez-vous pas mieux les promesses de Dieu que les tromperies du monde ? Dieu s’est obligé à pourvoir à tous nos besoins.

Saint Vincent de Paul (1581-1660), prêtre, fondateur de communautés religieuses
Entretien aux Filles de la Charité, 31/7/1934 (Tome IX, Éd. Gabalda, 1923. Conférence du 31 juillet 1634, pp.11-12)

 

 

 

« Pour la première fois, il les envoie. »

15 juillet 2018

Notre Seigneur Jésus Christ a institué des guides et des enseignants pour le monde entier, et des «  intendants de ses mystères de Dieu » (1Co 4,1). Il leur a prescrit de briller et d’éclairer comme des flambeaux non seulement dans le pays des juifs…, mais partout sous le soleil, pour les hommes habitant sur toute la surface de la terre (Mt 5,14)…

Il voulait envoyer ses disciples comme le Père l’avait envoyé lui-même (Jn 20,21) ; ceux qui étaient destinés à être ses imitateurs devaient donc découvrir pour quelle tâche le Père avait envoyé son Fils. Et lui-même nous a expliqué de diverses manières le caractère de sa mission. Il a dit un jour : «  Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs pour qu’ils se convertissent » (Lc 5,32). Et encore : «  Je suis descendu du ciel non pas pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 6,38). Et une autre fois : «  Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3,17).

En disant qu’il les envoie comme le Père l’avait envoyé lui-même, il résumait donc en quelques paroles le rôle des apôtres. Ils sauraient ainsi qu’ils doivent appeler les pécheurs à se convertir, soigner les malades, corporellement et spirituellement ; dans leurs fonctions d’intendants, ne chercher aucunement à faire leur propre volonté, mais la volonté de celui qui les a envoyés ; et enfin, sauver le monde dans la mesure où il recevra les enseignements du Seigneur.

Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l’Église
Commentaire évangile de Jean 12,1

 

 

« Ne craignez pas… Soyez sans crainte. »

14 juillet 2018

Je te rends grâces, Seigneur,
parce que je t’aime.
Très-Haut, ne m’abandonne pas,
car tu es mon espoir.
Gracieusement j’ai reçu ta grâce,
c’est elle qui me fait vivre.

Mes persécuteurs viendront,
et ils ne me verront plus.
Un nuage d’obscurité tombera sur leurs yeux,
et un air de ténèbres les obscurcira.
Ils n’auront plus de lumière pour voir,
ils ne pourront plus me saisir. ~

Ils ont médité un plan,
et il s’est anéanti pour eux.
Ils ont conçu des projets méchants
et les voilà dépouillés.

Dans le Seigneur est mon espoir,
je n’ai point de crainte.
Le Seigneur est mon salut,
je n’ai point de crainte.
Il est comme une couronne sur ma tête,
je ne chancellerai pas.

Quand même tout l’univers chancellerait,
je resterai debout.
Si tout ce qui est visible périt,
moi je ne mourrai pas.
Car le Seigneur est avec moi,
je suis avec lui.
Alléluia  !

 

Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)
N°5 (trad. coll. Pères dans la foi, n°97, p. 26)

 

 

 

Union de prière

13 juillet 2018

En union de prière, tous les soirs à 18h35, pour les Saintes âmes du Purgatoire, et tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h00, à la demande de Marie Mère des hommes, aux intentions de ce monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Soyez prudents comme les serpents et candides comme les colombes. »

13 juillet 2018

Il faut traiter tout le monde avec respect, avec prudence et avec une simplicité évangélique… Il est conforme à l’exemple de Jésus de faire preuve de la simplicité la plus attirante, sans se départir d’ailleurs de la prudence des sages et des saints que Dieu aide. La simplicité peut susciter, je ne dis pas du mépris, mais une moindre considération de la part des malins. Peu importe si les malins, dont on ne doit tenir aucun compte, peuvent infliger quelque humiliation par leurs jugements et leurs mots d’esprit ; tout tourne à leur dommage et confusion. Celui qui est « simple, droit et craignant Dieu »est toujours le plus digne et le plus fort. À condition, naturellement, qu’il soit toujours soutenu par une prudence sage et avenante.

Celui-là est simple qui n’a pas honte de confesser l’Évangile, même en face des hommes qui n’y voient qu’une faiblesse et un enfantillage, et de le confesser en toutes ses parties et en toutes les occasions et en présence de n’importe qui ; il ne se laisse pas tromper ou entraîner dans son jugement par le prochain, et il ne perd pas la sérénité de son âme, quelle que soit l’attitude que les autres prennent avec lui.

Le prudent est celui qui sait taire une partie de la vérité qu’il serait inopportun de manifester, et qui peut se taire sans que son silence altère et falsifie la partie de vérité qu’il dit ; c’est celui qui sait atteindre les fins bonnes qu’il se propose, en choisissant les moyens les plus efficaces… ; c’est celui qui, en toute circonstance, distingue l’essentiel et ne se laisse pas embarrasser par l’accessoire… ; c’est celui qui, au départ de tout cela espère la réussite en Dieu seul…

La simplicité n’a rien qui contredise à la prudence, ni inversement. La simplicité est amour ; la prudence est pensée. L’amour prie, l’intelligence veille. « Veillez et priez »(Mt 26,41). Dans une conciliation parfaite. L’amour est comme la colombe qui gémit ; l’intelligence, tournée vers l’action, est comme le serpent qui ne tombe jamais à terre ni ne se heurte, parce qu’il avance en tâtant de la tête toutes les inégalités de son chemin.

Saint Jean XXIII (1881-1963), pape
Journal de l’âme, dimanche 13 août 1961 (trad. Le Cerf 1964, p. 475-477)

 

 

 

 

« Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. »

12 juillet 2018

[Le jeune] François assistait dévotement à la messe en l’honneur des apôtres ; l’évangile était celui où le Christ envoie ses disciples prêcher et leur enseigne la façon évangélique de vivre : « ni or ni argent, pas de monnaie dans la ceinture, pas de sac de voyage, pas de tunique de réserve, pas de chaussures, pas de bâton ». Dès qu’il eut compris et retenu ce texte, le voilà amoureux de cette pauvreté des apôtres et il s’écrie, transporté de joie : « Voilà ce que je veux ! Voilà ce que toute mon âme désire ! » Et sans attendre il ôte ses chaussures, laisse tomber son bâton de marche, abandonne besace et argent comme objets d’horreur, ne garde qu’une tunique, jette sa ceinture qu’il remplace par une corde : il met tout son cœur à réaliser ce qu’il vient d’entendre et à se conformer en tout à ce code de perfection donné aux apôtres.

Un élan communiqué par Dieu le pousse dès lors à la conquête de la perfection évangélique et à une campagne de pénitence. Quand il parlait…, ses paroles étaient tout imprégnées de la force de l’Esprit Saint : elles pénétraient jusqu’au plus profond des cœurs et plongeaient ses auditeurs dans la stupéfaction. Toute sa prédication était une annonce de paix, et il commençait chacun de ses sermons par cette salutation au peuple : « Que le Seigneur vous donne la paix ! » C’est une révélation du Seigneur, déclara-t-il plus tard, qui lui avait appris cette formule…

On parlait de plus en plus de l’homme de Dieu, de son enseignement si simple, de sa vie, et quelques-uns, à son exemple, étaient saisis par cet esprit de pénitence puis se sont joints à lui, quittant tout, et habillés comme lui, ont commencé à partager sa vie.

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
Vie de Saint François, Legenda major, ch. 3 (trad. Vorreux, Documents, p. 581 rev.)

 

 

 

Tout quitter pour tout recevoir

11 juillet 2018

Nous avons reçu plus que nous n’avons donné ; nous quittons de petites choses et nous trouvons des biens immenses. Le Christ rend au centuple ce qu’on fait pour lui : « Si tu veux être parfait, va, vends tout et donnes-en le prix aux pauvres. Puis, viens et suis-moi ». « Si tu veux être parfait » — les grandes choses sont toujours laissées à notre libre choix. De même l’apôtre Paul ne fait pas un commandement de la virginité (1Co 7), car Jésus a dit : « L’observe qui pourra ! Ce don vient de la miséricorde de Dieu » (cf Mt 19,12). « Si tu veux être parfait » ; on ne vous l’impose pas, afin que le sacrifice étant volontaire, le mérite en devienne plus grand. Et cependant, pour arriver à la perfection, il ne suffit pas simplement de mépriser les richesses et de donner ses biens, de se libérer de ce qu’on peut perdre et acquérir en un moment. Cela, les philosophes l’ont fait ; un chrétien doit faire plus qu’eux.

Il ne suffit pas de quitter les biens terrestres, il faut suivre le Christ. Mais suivre le Christ, qu’est-ce que c’est ? C’est renoncer à tout péché, et adhérer à toute vertu. Le Christ, c’est la Sagesse éternelle, ce trésor qu’on trouve en un champ (Mt 13,44), dans le champ des Saintes Écritures. C’est la perle précieuse pour laquelle il en faut sacrifier beaucoup d’autres (Mt 13,46). Le Christ, c’est encore la sainteté, la sainteté sans laquelle personne ne verra la face de Dieu. Le Christ est notre rédemption, notre rédempteur ; il est notre rançon (1 Tm 2,6). Le Christ est tout : celui donc qui acceptera de tout quitter pour lui retrouvera tout en lui. Celui-là pourra dire : « Ma part d’héritage, c’est le Seigneur » (Ps 15,5)… Ne donnez pas seulement votre argent, si vous voulez suivre Jésus Christ. Donnez-vous vous-même à lui ; imitez le Fils de l’Homme qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir (Mc 10,45).

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église
Lettre (trad. rev. Tournay)

 

« Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

10 juillet 2018

Tous les travaux de l’agriculteur aboutissent naturellement à la moisson. Comment donc le Christ a-t-il appelé moisson une œuvre qui en était encore à ses débuts ? L’idolâtrie régnait sur toute la terre… Partout la fornication, l’adultère, la débauche, la cupidité, le vol, les guerres… La terre était emplie de tant de maux ! Aucune semence n’y avait encore été jetée. Les épines, les chardons et les mauvaises herbes qui recouvraient le sol n’avaient pas encore été arrachés. Aucune charrue n’avait encore été tirée, aucun sillon tracé.

Comment donc Jésus peut-il dire que la moisson est abondante ? … Les apôtres sont probablement bouleversés et déconcertés : « Comment pourrons-nous même ouvrir la bouche, nous tenir debout, devant tant d’hommes ? Nous, les Onze, comment corrigerons-nous tous les habitants de la terre ? Saurons-nous, si ignorants, aborder des savants ; nous si dépouillés, des hommes armés ; nous, des subordonnés, des autorités ? Nous ne connaissons qu’une langue, arriverons-nous à discuter avec les peuples barbares qui parlent des langues étrangères ? Qui nous supportera sans même comprendre notre langue ? »

Jésus ne veut pas que de pareils raisonnements les plongent dans le désarroi. Aussi appelle-t-il l’Évangile une moisson. C’est comme s’il leur disait : « Tout est préparé, toutes les dispositions ont été prises. Je vous envoie récolter le grain mûr ; vous pourrez semer et moissonner le même jour. » Quand l’agriculteur sort de chez lui pour aller faire la moisson, il déborde de joie et resplendit de bonheur. Il n’envisage ni les peines ni les difficultés qu’il pourra rencontrer… Prêtez-moi votre langue, dit le Christ, et vous verrez le grain mûr entrer dans les greniers du roi. Aussi les envoie-t-il ensuite en leur disant : « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20).

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
Homélie sur la moisson abondante, 10, 2-3; PG 63, 519-521 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 107)

 

 

« Il entra et saisit la main de la jeune fille, qui se leva. »

9 juillet 2018

Le Verbe, la Parole de Dieu, incorporel, incorruptible et immatériel, est arrivé dans notre région, bien qu’il n’en ait pas été loin auparavant. En effet, il n’avait laissé aucune partie de la création privée de sa présence, car il remplissait tout, lui qui demeure auprès de son Père. Mais il s’est rendu présent en s’abaissant à cause de son amour pour nous, et il s’est manifesté à nous… Il a eu pitié de notre race, il a eu compassion de notre faiblesse, il a condescendu à notre condition périssable. Il n’a pas accepté que la mort domine sur nous ; il n’a pas voulu voir périr ce qui avait commencé, ni échouer ce que son Père avait accompli en créant les hommes. Il a donc pris un corps, et un corps qui n’est pas différent du nôtre. Car il ne voulait pas seulement être dans un corps ou seulement se manifester. S’il avait voulu seulement se manifester, il aurait pu réaliser cette théophanie avec plus de puissance. Mais non : c’est bien notre corps qu’il a pris…

Le Verbe a pris un corps capable de mourir afin que ce corps, en participant au Verbe qui est au-dessus de tout…, reste impérissable grâce au Verbe qui y demeure, et afin de délivrer de la dégradation définitive tous les hommes par la grâce de la résurrection. Le Verbe a offert donc à la mort le corps qu’il avait pris, comme un sacrifice et une victime sans aucune tache ; et aussitôt il a anéanti la mort en délivrant de la mort tous les hommes ses semblables par l’offrande de ce corps qui leur ressemble.

Il est juste que le Verbe de Dieu, supérieur à tous, qui offrait son propre temple, son corps, en rançon pour tous, ait payé notre dette par sa mort. Uni à tous les hommes par un corps semblable, il est juste que le Fils incorruptible de Dieu revête tous les hommes d’incorruptibilité, selon la promesse apportée par sa résurrection. Car la corruption elle-même, impliquée dans la mort, n’a plus aucun pouvoir sur les hommes à cause du Verbe qui demeure parmi eux dans un corps unique.

Saint Athanase (295-373), évêque d’Alexandrie, docteur de l’Église
Sur l’Incarnation du Verbe, 8-9 (trad. bréviaire, 2 mai ; cf SC 190, p. 288s)