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Fête de la conversion de saint Paul, apôtre

25 janvier 2021

Ô Trinité éternelle et unique Déité ! Déité, essence unique en trois personnes ! Pourrai-je te comparer à une vigne à trois rameaux ? Tu fis l’homme à ton image et ressemblance pour qu’il fût marqué à l’empreinte de ta Trinité et de la Déité, par les trois facultés qu’il possède dans l’âme unique. Et par là non seulement il te ressemble, mais encore il s’unit à Toi. (…)

Ô grand saint Paul, tu avais pénétré cette vérité toi qui savais si bien d’où tu venais, où tu allais et par quel chemin. C’est que tu avais connu ton principe et ta fin, comme aussi l’itinéraire à suivre. Par cette considération, les trois facultés de ton âme se sont unies aux trois personnes divines. Ta mémoire adhérait au Père par le souvenir très net qu’il est le principe d’où procèdent toutes choses : non seulement ce qui est mais aussi les divines personnes. Dès lors, tu ne pouvais pas ne pas voir qu’il est ton propre principe. Ton intelligence, unie au Fils, au Verbe, scrutait à fond l’ordre disposé par la sagesse du Verbe, selon lequel les créatures font retour à leur fin, qui s’identifie à leur principe. Ta volonté, tu l’avais unie au Saint Esprit en aimant à plein cœur cet amour, cette clémence, qui, tu le savais, est la cause de toute la création, de toutes les grâces qui furent ton lot, sans aucun mérite préalable de ta part. Tu savais qu’en toutes ses œuvres, la divine clémence n’avait qu’un but : ta béatification.

C’est pourquoi à pareil jour, ramené que tu fus par le Verbe, de l’erreur à la vérité, après avoir reçu la faveur d’un ravissement où tu as contemplé la divine essence en trois personnes, revenu à ton corps, ou mieux, à tes sens, tu ne retins que la vision du Verbe incarné : mais tu en étais tout imprégné.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

 

 

« Laissant dans la barque leur père…, ils partirent derrière lui. »

24 janvier 2021

Celui qui se laisse conduire comme un enfant par le lien de la sainte obéissance, celui-là arrivera dans le Royaume de Dieu promis aux « tout-petits » (Mt 19,4). Cette obéissance a conduit Marie, la fille de roi, de la maison de David, dans la modeste maisonnette du pauvre charpentier de Nazareth ; elle a entraîné les deux êtres les plus saints du monde hors de l’enceinte protectrice de leur humble foyer sur les grand-routes jusque dans l’étable de Bethléem ; l’obéissance a déposé le Fils de Dieu dans la crèche.

Dans une pauvreté librement choisie, le Sauveur et sa mère ont parcouru les routes de Judée et de Galilée et ont vécu de l’aumône des croyants. Nu et dépouillé, le Seigneur a été suspendu à la croix et a remis le soin de sa mère à l’amour de son disciple (Jn 19,25s).

Voilà pourquoi il demande la pauvreté à ceux qui veulent le suivre. Le cœur doit être libre de tout attachement aux biens terrestres, il ne doit pas s’en soucier, ni en être dépendant, ni les désirer, s’il veut appartenir sans partage à l’Époux divin.

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)

Jésus se donne jusqu’au bout (Jn 13,1)

23 janvier 2021

Jésus, nourriture des âmes qui dépasse toute réalité naturelle, ce peuple immense crie vers toi. Il s’efforce de donner à sa vocation humaine et chrétienne un nouvel élan, de l’embellir de vertus intérieures, toujours prêt au sacrifice dont tu es l’image même, par la parole et par l’exemple. Tu es le premier de nos frères ; tu as précédé les pas de chacun de nous ; tu as pardonné les fautes de tous. Et tu les appelles tous à un témoignage de vie plus noble, plus actif, plus compréhensif.

Jésus, « pain de vie » (Jn 6,35), unique et seul aliment essentiel de l’âme, accueille tous les peuples à ta table. Elle est déjà la réalité divine sur la terre, le gage des bontés célestes, la certitude d’une entente heureuse entre les peuples et d’une lutte pacifique en vue du vrai progrès et de la civilisation. Nourris par toi et de toi, les hommes seront forts dans la foi, joyeux dans l’espérance, actifs dans la charité. Les bonnes volontés triompheront des pièges tendus par le mal ; elles triompheront de l’égoïsme, de la paresse. Et les hommes droits et craignant Dieu entendront s’élever de la terre, dont l’Église ici-bas veut être l’image, les premiers échos mystérieux et doux de la cité de Dieu. Tu nous conduis aux bons pâturages ; tu nous protèges. Montre-nous, Jésus, les biens de la terre des vivants (Ps 26,13).

Saint Jean XXIII (1881-1963)

« Il en institua douze pour qu’ils soient avec lui » : les évêques, successeurs des apôtres

22 janvier 2021

L’évêque, revêtu de la plénitude du sacrement de l’ordre, porte « la responsabilité de dispenser la grâce du sacerdoce suprême », en particulier en ce qui concerne l’eucharistie, qu’il offre lui-même ou fait offrir, et d’où vient continuellement à l’Église vie et croissance. Cette Église du Christ est vraiment présente en toutes les communautés locales des fidèles légitimement réunis autour de leurs pasteurs et que le Nouveau Testament lui-même appelle « églises » (Ac 8,1; 14,22). En effet, là où elles se trouvent, se trouve aussi le peuple nouveau appelé par Dieu dans l’Esprit Saint et dans une pleine assurance (1Th 1,5). C’est en elles que l’annonce de l’Évangile du Christ rassemble les fidèles et qu’est célébré le mystère de la Cène du Seigneur « afin que, par la Chair et le Sang du Seigneur, soit étroitement unis tous les frères de la communauté ».

Toute assemblée eucharistique relevant du ministère sacré de l’évêque est un signe de cette charité et de cette « unité du Corps mystique sans laquelle le salut n’est pas possible ». Dans ces assemblées, souvent petites, pauvres et éloignées les unes des autres, le Christ est présent, lui qui par sa puissance rassemble l’Église « une, sainte, catholique et apostolique ». En effet, « la participation au Corps et au Sang du Christ ne fait rien d’autre que de nous transformer en ce que nous recevons. » (…)

Aussi les évêques, priant et travaillant pour leur peuple, répandent sur lui en abondance et sous des formes diverses la plénitude de la sainteté du Christ. Par le ministère de la parole, ils font passer dans les croyants la puissance de Dieu qui apporte le salut (Rm 1,16), et par les sacrements dont, par leur propre autorité, ils organisent la distribution régulière et féconde, ils sanctifient les fidèles.

Concile Vatican II

 

 

 

« De Galilée, de Judée, d’Idumée, de Tyr et de Sidon, » « venez à moi vous tous ! »

21 janvier 2021

Dieu n’a pas créé l’homme pour qu’il se perde, mais pour qu’il vive éternellement : ce dessein demeure immuable. (…) Car « il veut que tous les hommes soient sauvés, et qu’ils viennent à la connaissance de la vérité » (1Tm 2,4). « C’est la volonté de votre Père qui est dans les cieux, dit Jésus, qu’aucun de ces petits ne se perde » (Mt 18,14). Ailleurs aussi il est écrit : « Dieu ne veut pas qu’une seule âme périsse ; il diffère l’exécution de ses décrets, afin que celui qui a été rejeté ne se perde pas sans retour » (2Sm 14,14 Vulg ; cf 2P 3,9). Dieu est véridique ; il ne ment pas lorsqu’il assure avec serment : « Je suis vivant ! Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse de sa voie mauvaise et qu’il vive » (Ez 33,11). (…)

Peut-on alors penser, sans un sacrilège énorme, qu’il ne veuille pas le salut de tous entièrement mais seulement de quelques uns ? Quiconque se perd, se perd contre la volonté de Dieu. Chaque jour il lui crie : « Convertissez-vous de votre voie mauvaise ! Pourquoi mourriez-vous maison d’Israël ? » (Ez 33,11) Et de nouveau, (…) il insiste : « Pourquoi ce peuple s’est-il détourné de moi avec tant d’obstination ? Ils ont endurci leur front ; ils n’ont pas voulu revenir » (Jr 8,5; 5,3). La grâce du Christ est donc toujours à notre disposition. Comme il veut que tous les hommes soient sauvés, (…) il les appelle tous sans exception : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués, vous qui ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai » (Mt 11,28).

Saint Jean Cassien (v. 360-435)

 

 

« Une fois sortis, les pharisiens et les partisans d’Hérode se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr. »

20 janvier 2021

Tu n’as pas vu Dieu ; tu n’as pas reconnu le Seigneur ; tu n’as pas su, ô Israël, que c’est lui, le Premier-né de Dieu, celui qui a été engendré avant l’étoile du matin (Ps 109,3), celui qui fit surgir la lumière, qui fit briller le jour en le séparant des ténèbres, qui fixa une première borne, qui suspendit la terre, qui dessécha l’abîme, qui déploya le firmament (…), qui créa les anges dans le ciel, qui y fixa les trônes, qui modela pour lui l’homme sur la terre. C’était lui qui te choisit, qui te guida d’Adam à Noé, de Noé à Abraham, d’Abraham à Isaac et Jacob et aux douze Patriarches. C’était lui qui te conduisit en Égypte, et qui te protégea et qui t’y nourrit avec sollicitude. C’était lui qui t’éclaira par une colonne de feu et qui te recouvrit d’une nuée, qui a fendu la Mer Rouge et qui te fit traverser (…). C’était lui qui te donna la manne du ciel, qui t’abreuva du rocher, qui te donna la Loi (…) et la terre promise, qui t’envoya les prophètes, et qui suscita tes rois. C’est lui qui vint à toi, qui soigna les tiens qui souffraient, et qui ressuscita tes morts. (…) C’est lui que tu mis à mort, c’est lui que tu marchandas à prix d’argent. (…)

Combien as-tu estimé les bienfaits qui t’ont été accordés ? (…) Estime donc la main desséchée qu’il a restituée au corps ! Estime donc les aveugles de naissance qu’il rendit à la lumière par une parole ! Estime donc les morts qu’il releva de leur tombeau après trois ou quatre jours ! Sans prix sont les dons qu’il t’a faits. Et toi (…), tu lui as rendu le mal pour le bien et l’affliction pour la joie et la mort pour la vie.

Méliton de Sardes (?-v. 195)

 

 

« Tu te souviendras du jour du sabbat pour le sanctifier. » (Ex 20,8)

19 janvier 2021

La vie du corps, quelque précieuse et désirable qu’elle soit, n’est pas le but dernier de notre existence. Elle est une voie et un moyen pour arriver, par la connaissance du vrai et l’amour du bien, à la perfection de la vie de l’âme. C’est l’âme qui porte gravée en elle-même l’image et la ressemblance de Dieu (Gn 1,26). C’est en elle que réside cette souveraineté dont l’homme fut investi quand il reçut l’ordre de s’assujettir la nature inférieure et de mettre à son service les terres et les mers (Gn 1,28). (…) À ce point de vue, tous les hommes sont égaux ; point de différences entre riches et pauvres, maîtres et serviteurs, princes et sujets : « Ils n’ont tous qu’un même Seigneur » (Rm 10,12).

Il n’est permis à personne de violer impunément cette dignité de l’homme que Dieu lui-même traite avec un grand respect, ni d’entraver la marche de l’homme vers cette perfection qui correspond à la vie éternelle et céleste. (…)

C’est de là que découle la nécessité du repos et de la cessation du travail aux jours du Seigneur. Le repos, d’ailleurs, ne doit pas être entendu comme une plus large part faite à une stérile oisiveté, ou encore moins (…) comme un chômage fauteur des vices et dissipateur des salaires, mais bien comme un repos sanctifié par la religion. (…) Tel est surtout le caractère et la raison de ce repos du septième jour dont Dieu avait fait même déjà dans l’Ancien Testament un des principaux articles de la Loi : « Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat » (Ex 20,8), et dont il avait lui-même donné l’exemple par ce mystérieux repos pris aussitôt après qu’il eût créé l’homme : « Il se reposa le septième jour de tout le travail qu’il avait fait » (Gn 2,2).

Léon XIII

 

 

« L’Époux est avec eux. »

18 janvier 2021

« Ce fut sous l’ombre du pommier (cf Ct 8,5)
Que tu devins ma fiancée ;
Alors je te donnai ma main,
Et tu fus ainsi réparée
Au lieu même où ta mère avait été violentée. »

Dans le haut état du mariage spirituel [décrit par ce poème], c’est avec grande facilité et très fréquemment que l’Époux découvre à l’âme ses secrets merveilleux et lui fait part de ses œuvres. En effet, l’amour véritable et sincère ne sait rien tenir secret. L’Époux communique tout spécialement à l’épouse les doux mystères de son incarnation, la manière dont s’est accomplie la rédemption de l’homme, l’une des plus sublimes parmi les œuvres de Dieu et par là même des plus savoureuses à l’âme. C’est ce que fait l’Époux dans cette strophe, où l’on peut voir avec quel tendre amour il découvre intérieurement à l’âme ces grands mystères.

Il lui expose donc comment c’était par le moyen de l’arbre de la croix qu’elle est devenue son épouse, comment sur ce bois il l’a couverte de sa protection miséricordieuse en voulant mourir pour elle, et l’a traitée avec magnificence puisque, pour la réparer et la racheter, il s’est servi de l’instrument même qui avait ruiné la nature humaine, à savoir l’arbre du Paradis qui avait perdu Ève, notre première mère (Gn 3,6-7). Il dit donc : « Ce fut sous l’ombre du pommier », c’est-à-dire sous la protection de l’arbre de la croix. C’est sur cet arbre que le Fils de Dieu a racheté la nature humaine et s’est uni à elle, et par suite à chaque âme. C’est par les mérites de sa Passion qu’il lui communique sa grâce et ses dons.

Saint Jean de la Croix (1542-1591)

 

 

« Voici l’Agneau de Dieu ! »

17 janvier 2021

« Jean voit Jésus venir vers lui et il dit : ‘Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde’ » (Jn 1,29). Ce n’est plus le temps de dire : « Préparez le chemin du Seigneur » (Mt 3,3), puisque celui dont la venue a été préparée se laisse voir : il s’offre désormais aux regards. La nature de l’événement demande un autre discours : il faut faire connaître celui qui est là, expliquer pourquoi il est descendu du ciel et venu jusqu’à nous. C’est pourquoi Jean déclare : « Voici l’Agneau de Dieu ».

Le prophète Isaïe nous l’a annoncé en disant qu’il est « mené à l’abattoir comme une brebis, comme un agneau muet devant ceux qui le tondent » (Is 53,7). La Loi de Moïse l’a préfiguré, mais (…) elle ne procurait qu’un salut incomplet et sa miséricorde ne s’étendait pas à tous les hommes. Or, aujourd’hui, l’Agneau véritable, représenté jadis par des symboles, la victime sans reproche, est menée à l’abattoir.

C’est pour bannir le péché du monde, renverser l’Exterminateur de la terre, détruire la mort en mourant pour tous, briser la malédiction qui nous frappait et mettre fin à cette parole : « Tu es poussière et à la poussière tu retourneras » (Gn 3,19). Devenu ainsi le second Adam, d’origine céleste et non terrestre (1Co 15,47), il est la source de tout bien pour l’humanité (…), la voie qui mène au Royaume des cieux. Car un seul Agneau est mort pour tous, recouvrant pour Dieu le Père tout le troupeau de ceux qui habitent la terre. « Un seul est mort pour tous », afin de les soumettre tous à Dieu ; « un seul est mort pour tous » afin de les gagner tous, afin que tous désormais « n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux » (2Co 5,14-15).

Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

 

 

Le doux et suave médecin des âmes

16 janvier 2021

Ô Père très doux, quand la race humaine était là gisante et blessée par le péché d’Adam, vous lui avez envoyé le médecin, votre cher Fils, le Verbe d’amour. Et quand j’étais abattue moi-même, languissante dans la négligence et une épaisse ignorance, vous le très doux et très suave médecin, le Dieu éternel, vous m’avez donné une suave et douce et amère médecine, pour me guérir et me tirer de mon infirmité.

Elle était suave, parce que c’est, avec votre charité, avec votre suavité que vous vous êtes manifesté à moi, vous la douceur au-dessus de toute douceur. Vous avez éclairé l’œil de mon intelligence par la lumière de la très sainte foi, et dans cette lumière, suivant qu’il vous plut de me le découvrir, j’ai connu l’excellence et la grâce que vous avez conférées à la race humaine en vous donnant à elle tout entier, vrai Dieu et vrai homme, dans le corps mystique de la sainte Église. (…) Ô amour ineffable ! Vous m’avez donné, en me dévoilant ces choses, une médecine douce et amère, pour me guérir de mon infirmité, pour m’arracher à mon ignorance et à ma tiédeur, pour ranimer mon zèle et provoquer un ardent désir de recourir à vous !

En me montrant ainsi votre Bonté et les outrages que vous recevez de tous les hommes, mais spécialement de vos ministres, vous avez voulu me faire verser, sur moi-même, pauvre pécheresse, et sur ces morts qui vivent si misérablement, un torrent de larmes, qui jailliront de la connaissance de votre infinie Bonté. Je ne veux donc pas, ô Père éternel, foyer d’amour ineffable et d’ardente charité, je ne veux pas cesser un instant, de faire des vœux pour votre honneur et le salut des âmes !

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)