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Archive pour le mot-clef ‘Jésus’

« Jésus s’en alla dans la montagne pour prier. »

mardi 11 septembre 2018

« En ces jours-là, Jésus se retira sur la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu. » Ceux qui prient ne gravissent pas tous la montagne…, mais ceux qui prient bien, ceux qui s’élèvent des biens terrestres aux biens supérieurs, montent sur les sommets de la vigilance et de l’amour d’en haut. Ceux qui se soucient des richesses du monde ou des honneurs ne gravissent pas la montagne ; celui qui convoite les terres d’autrui ne gravit pas la montagne. Ceux qui cherchent Dieu montent ; ceux qui montent implorent l’aide du Seigneur pour leur marche. Toutes les âmes grandes, toutes les âmes élevées gravissent la montagne, car ce n’est pas simplement au premier venu que le prophète dit : « Monte sur une haute montagne, toi qui annonces la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui donnes la bonne nouvelle à Jérusalem » (Is 40,9). Ce n’est pas par un exploit physique, mais par des actions élevées que tu escaladeras cette montagne. Suis le Christ… ; cherche dans l’Évangile, tu trouveras que seuls les disciples ont gravi la montagne avec le Seigneur.

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église

 

 

 

 

« Pourquoi as-tu douté ? »

mardi 7 août 2018

Celui dont le cœur est fondé sur l’espérance de la foi ne manque jamais de quoi que ce soit. Il n’a rien, mais par la foi il possède tout, comme il est écrit : « Ce que vous demanderez dans la prière et la foi, vous le recevrez » et « Le Seigneur est proche, ne vous souciez de rien » (Mt 21,22 ; Ph 4,5-6) L’intellect est toujours à la recherche de moyens qui lui permettent de garder ce qu’elle a acquis ; mais la foi dit que « si le Seigneur ne bâtit pas la maison ni ne la garde, celui qui garde a veillé en vain et celui qui bâtit a travaillé pour rien » (Ps 126,1). Jamais celui qui prie dans la foi ne vit simplement de la connaissance intellectuelle. Ce savoir-là fait l’éloge de la crainte ; un sage a dit : « Celui qui craint dans son cœur est bienheureux ». Mais que dit la foi ? « Quand il a commencé à avoir peur, il se mit à enfoncer. » Et encore : « Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit de fils adoptifs, qui vous donne la liberté de la foi et de l’espérance de Dieu » (Rm 8,15-24). Toujours le doute suit la peur… ; toujours la peur et le doute se manifestent dans la recherche des causes et l’examen des faits, car l’intellect n’atteint jamais son apaisement. L’âme est souvent exposée aux imprévus, aux difficultés, aux pièges nombreux qui la mettent en péril, mais ni l’intellect ni les différentes formes de la sagesse ne peuvent l’aider en rien. Par contre la foi n’est jamais vaincue par aucune de ces difficultés… Vois-tu la faiblesse de la connaissance, et la puissance de la foi ? … La foi dit : « Tout est possible à celui qui croit. Car rien n’est impossible à Dieu. » (Mc 9,23 ; 10,27) Ô richesse ineffable ! Ô mer qui porte une telle richesse dans ses vagues, dans ses trésors merveilleux dont elle déborde par la puissance de la foi !

Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul

 

 

 

« ‘N’est-il pas le fils du charpentier ?’… Il ne fit pas beaucoup de miracles en cet endroit, à cause de leur manque de foi. »

vendredi 3 août 2018

Aussi longtemps que je jouirai du souffle de vie que tu m’as accordé, Père saint, Dieu tout-puissant, je te proclamerai Dieu éternel, mais aussi Père éternel. Jamais je ne m’établirai juge de ta toute-puissance et de tes mystères ; jamais je ne ferai passer ma connaissance limitée avant la notion vraie de ton infini ; jamais je n’affirmerai que tu as existé autrefois sans ta Sagesse, ta Puissance et ton Verbe, Dieu, l’Unique Engendré, mon Seigneur Jésus Christ. Car même si le langage humain est faible et imparfait lorsqu’il parle de toi, il ne rétrécira pas mon esprit au point de réduire ma foi au silence, faute de mots capables d’exprimer le mystère de ton être… Déjà dans les réalités de la nature, il y a bien des choses dont nous ne connaissons pas la cause, sans pourtant en ignorer les effets. Et, lorsque de par notre nature, nous ne savons que dire de ces choses, notre foi se teinte d’adoration. Si je contemple le mouvement des étoiles…, le flux et le reflux de la mer…, la puissance cachée dans la plus petite semence…, mon ignorance m’aide à te contempler, car si je ne comprends pas cette nature qui est à mon service, je discerne ta bonté, du fait même qu’elle est là pour me servir. Moi-même, je perçois que je ne me connais pas, mais je t’admire d’autant plus… Tu m’as donné la raison et la vie et mes sens d’homme qui me causent tant de joies, mais je n’arrive pas à comprendre quel a été mon commencement d’homme. C’est donc en ne connaissant pas ce qui m’entoure, que je saisis ce que tu es ; et en percevant ce que tu es, je t’adore. C’est pourquoi, lorsqu’il s’agit de tes mystères, ne pas les comprendre n’amoindrit pas ma foi en ta toute-puissance… La naissance de ton Fils éternel dépasse la notion même d’éternité, elle est antérieure aux temps éternels. Avant tout ce qui existe, il est le Fils sorti de toi, Dieu Père ; il est vrai Dieu… Jamais tu n’as existé sans lui… Tu es le Père éternel de ton Unique Engendré, avant les temps éternels.

Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église

La Trinité, 12, 52-53 (trad. DDB 1981, p.150)

En union de prière, tous les soirs à 18h35 pour les Saintes Âmes du Purgatoire, et tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h00, à la demande de Marie Mère des hommes, aux intentions de ce monde.

Jésus, notre Tout

mercredi 2 mai 2018

Jésus est notre unique maître qui doit nous enseigner, notre unique Seigneur de qui nous devons dépendre, notre unique chef auquel nous devons être unis, notre unique modèle auquel nous devons nous conformer, notre unique médecin qui doit nous guérir, noter unique pasteur qui doit nous nourrir, notre unique voie qui doit nous conduire, notre unique vérité que nous devons croire, notre unique vie qui doit nous vivifier et notre unique tout en toutes choses qui doit nous suffire. Il n’a point été donné d’autre nom sous le ciel, que le nom de Jésus, par lequel nous devions être sauvés. Dieu ne nous a point mis d’autre fondement de notre salut, de notre perfection et de notre gloire, que Jésus-Christ : tout édifice qui n’est pas posé sur cette pierre ferme est fondé sur le sable mouvant, et tombera infailliblement tôt ou tard. Tout fidèle qui n’est pas uni à lui comme une branche au cep de la vigne, tombera, séchera et ne sera propre qu’à être jeté au feu. Si nous sommes en Jésus-Christ et Jésus-Christ en nous, nous n’avons point de damnation à craindre ; ni les anges de cieux, ni les hommes de la terre, ni les démons des enfers, ni aucune autre créature ne nous peut nuire, parce qu’elle ne nous peut séparer de la charité de Dieu qui est en Jésus-Christ.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), prédicateur, fondateur de communautés religieuses
Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, §61 (Livre de Vie, Évreux, 1996, p.55-56, rev.)

 

 

 

 

 

 

 

 

« Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé. »

lundi 23 avril 2018

« Moi, je suis le bon pasteur. » Il est évident que le titre de pasteur convient au Christ. Car de même qu’un berger mène paître son troupeau, ainsi le Christ restaure les fidèles par une nourriture spirituelle, son propre corps et son propre sang… D’autre part, le Christ a dit que le pasteur entre par la porte et qu’il est lui-même cette porte ; il faut donc comprendre que c’est lui qui entre, et par lui-même. C’est bien vrai : c’est bien par lui-même qu’il entre ; il se manifeste lui-même et il montre qu’il connaît le Père par lui-même, tandis que nous, nous entrons par lui, et c’est lui qui nous donne le bonheur parfait.

Personne d’autre que lui n’est la porte, parce que personne d’autre n’est « la vraie lumière, qui éclaire tous les hommes » (Jn 1,9)… C’est pourquoi aucun homme ne dit qu’il est la porte ; le Christ s’est réservé ce nom comme lui appartenant en propre. Mais le titre de pasteur, il l’a communiqué à d’autres, il l’a donné à certains de ses membres. En effet, Pierre l’a été aussi (Jn 21,15), et les autres apôtres, ainsi que tous les évêques. « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur » dit l’Écriture (Jr 3,15)… Aucun pasteur n’est bon s’il n’est uni au Christ par la charité, devenant ainsi membre du pasteur véritable.

Car le service du bon pasteur, c’est la charité. C’est pourquoi Jésus dit qu’il « donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10,11)… Le Christ nous a montré l’exemple : « Il a donné sa vie pour nous. Nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1Jn 3,16).

Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
Commentaire de l’évangile de Jean, 10,3 (trad. cf bréviaire)

 

 

 

« Voulez-vous partir vous aussi ? »

samedi 21 avril 2018

« Je suis le pain de vie, le vrai pain, celui qui descend du ciel et donne la vie au monde » (Jn 6,32-33)… Vous désirez ce pain du ciel, vous l’avez devant vous, et vous ne mangez pas. « Mais je vous l’ai dit : parce que vous m’avez vu, vous ne croyez pas » (Jn 6,36). Pour autant je ne vous rejette pas : votre infidélité a-t-elle annulé la fidélité de Dieu ? (Rm 3,3) Vois donc : « Tout ce que mon Père me donne viendra à moi et celui qui viendra à moi, je ne le jetterai pas dehors » (Jn 6,37). Quelle est cette intériorité d’où l’on ne sort pas ? Un grand recueillement, un doux secret. Secret qui ne lasse pas, pur de l’amertume des pensées mauvaises, exempt du tourment des tentations et des douleurs. N’est-ce pas dans un tel secret qu’entrera ce serviteur fidèle qui s’entendra dire : « Entre dans la joie de ton Seigneur » (Mt 25,21) ?…

Celui-là, tu ne le jetteras pas dehors, car tu es descendu du ciel non pour faire ta volonté, mais la volonté de celui qui t’a envoyé (Jn 6,38). Mystère profond !… Oui, pour guérir la cause de tous les maux, c’est à dire l’orgueil, le Fils de Dieu est descendu et il s’est fait humble. Pourquoi t’enorgueillir, ô homme ? Dieu s’est fait humble à cause de toi. Tu rougirais peut-être d’imiter l’humilité d’un homme ; imite l’humilité de Dieu… Dieu, lui, s’est fait homme ; toi, ô homme, reconnais que tu es homme : toute ton humilité consiste à te connaître. C’est donc parce que Dieu enseigne l’humilité qu’il a dit : « Je ne suis venu que pour faire la volonté de celui qui m’a envoyé… Je suis venu, humble, enseigner l’humilité comme un maître d’humilité. Celui qui vient à moi devient membre de mon Corps ; celui qui vient à moi devient humble… Il ne fait pas sa volonté, mais celle de Dieu ; c’est pourquoi il ne sera pas jeté dehors, comme quand il était orgueilleux » (cf Gn 3,24)

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermons sur l’évangile de Jean, n°25, 14-16

 

 

Dimanche de la Miséricorde divine

dimanche 8 avril 2018

La première Fête de la Divine Miséricorde pour toute l’Eglise – instituée par Jean-Paul II le 30 avril 2000 à l’occasion de la canonisation de Sœur Faustine – a été célébrée le Dimanche 22 avril 2001. Elle est depuis célébrée tous les ans, conformément aux demandes du Seigneur, le premier Dimanche après Pâques.

 » Ma fille, parle au monde entier de mon inconcevable Miséricorde. Je désire que la Fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma Miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera (dans les huit jours qui précèdent ou suivent ce Dimanche de la Miséricorde) et communiera, recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur peine ; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme l’écarlate. […] La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques. Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu’il ne se tournera pas vers la source de ma Miséricorde.  » (Petit Journal, § 699).

 

 

 

 

 

Le vendredi de Pâques

vendredi 6 avril 2018

Nous sommes lents à nous rendre compte de cette grande et sublime vérité que le Christ marche encore, en quelque sorte, au milieu de nous, et de sa main, de son regard ou de sa voix, nous fait signe de le suivre. Nous ne comprenons pas que cet appel du Christ est une chose qui se réalise tous les jours, aujourd’hui comme autrefois. Nous en sommes à croire que c’était bon au temps des apôtres, mais aujourd’hui nous n’y croyons plus à notre égard, nous ne sommes pas attentifs à le rechercher à notre sujet. Nous n’avons plus des yeux pour voir le Maître — bien différents en cela de l’apôtre bien-aimé qui a reconnu le Christ, même quand tous les autres disciples ne le reconnaissaient pas. Il était là, cependant, debout sur le rivage ; c’était après sa résurrection, quand il ordonnait de jeter le filet dans la mer ; c’est alors que le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! »

Ce que je veux dire, c’est que les hommes qui mènent une vie de croyant aperçoivent de temps en temps des vérités qu’ils n’avaient pas encore vues, ou sur lesquelles leur attention n’avait jamais été appelée. Et tout d’un coup, elles se dressent devant eux comme un appel irrésistible. Or, il s’agit de vérités qui engagent notre devoir, qui prennent la valeur de préceptes, et qui demandent l’obéissance. C’est de cette façon, ou par d’autres encore, que le Christ nous appelle maintenant. Il n’y a rien de miraculeux ou d’extraordinaire dans cette façon de faire. Il agit par l’intermédiaire de nos facultés naturelles et au moyen des circonstances mêmes de la vie.

Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
PPS vol. 8, n°2 (trad. Saleilles, 1906, p. 97-98 rev)

 

 

Le mercredi saint

mercredi 28 mars 2018

Pourquoi Judas a-t-il trahi Jésus ? La question est l’objet de diverses hypothèses. Certains recourent au fait de sa cupidité  d’autres soutiennent une explication d’ordre messianique : Judas aurait été déçu de voir que Jésus n’insérait pas dans son programme la libération politico-militaire de son pays. En réalité, les textes évangéliques insistent sur un autre aspect : Jean dit expressément que « le démon a inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l’intention de le livrer » (Jn 13,2). Luc écrit de manière analogue : « Satan entra en Judas, appelé Iscariote, qui était au nombre des Douze » (Lc 22,3). De cette manière, on va au-delà des motivations historiques et on explique l’affaire d’après la responsabilité personnelle de Judas, qui céda misérablement à une tentation du Malin. La trahison de Judas demeure en tout cas un mystère. Jésus l’a traité d’ami (Mt 26,50) mais, dans ses invitations à le suivre sur la voie des Béatitudes, il n’a pas forcé les volontés et ne les a pas prémunies contre les tentations de Satan, respectant la liberté humaine…

Rappelons-nous que Pierre voulut lui aussi s’opposer à Jésus et à ce qui l’attendait à Jérusalem, mais il reçut un très vif reproche : « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes ! » (Mc 8,32-33). Après sa chute, Pierre s’est repenti et a trouvé pardon et grâce. Judas s’est lui aussi repenti, mais son repentir a dégénéré en désespoir et est ainsi devenu autodestruction… Gardons bien présentes deux choses. La première : Jésus respecte notre liberté. La seconde : Jésus attend notre disponibilité au repentir et à la conversion  il est riche en miséricorde et en pardon.

Du reste, quand nous pensons au rôle négatif joué par Judas, nous devons l’insérer dans la conduite supérieure des événements de la part de Dieu. Sa trahison a conduit Jésus à la mort, mais celui-ci a transformé cet horrible supplice en un espace d’amour salvifique et en remise de soi à son Père (Ga 2,20 Ep 5,2.25). Le verbe « trahir » est la traduction d’un mot grec qui signifie « remettre, livrer ». Parfois son sujet est même Dieu en personne : c’est lui qui par amour a « livré » Jésus pour nous tous (Rm 8,32). Dans son mystérieux projet salvifique, Dieu saisit le geste inexcusable de Judas comme une occasion de don total du Fils pour la rédemption du monde.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013
Audience générale du 18/10/06 (trad. DC n° 2368 © Libreria Editrice Vaticana)

 

 

« J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes de la part du Père. Pour laquelle voulez-vous me lapider ? »

vendredi 23 mars 2018

Au Christ Jésus tu dois toute ta vie, puisqu’il a donné sa vie pour ta vie, et qu’il a supporté des tourments amers pour que tu ne supportes pas de tourments éternels… Qu’est-ce qui ne te semblera pas doux, lorsque tu auras rassemblé dans ton cœur toutes les amertumes de ton Seigneur ? … Comme les cieux sont plus hauts que la terre (Is 55,9), ainsi sa vie est plus haute que notre vie, et pourtant elle a été donnée pour notre vie. Comme le néant ne peut être comparé à nulle autre chose, de même notre vie n’a pas de proportion avec la sienne…

Lorsque je lui aurai consacré tout ce que je suis, tout ce que je peux, ce sera comme une étoile comparée au soleil, une goutte d’eau à un fleuve, une pierre à une tour, un grain de sable à une montagne. Je n’ai rien sinon deux petites choses, et même très menues : mon corps et mon âme, ou plutôt une seule petite chose : ma volonté. Et je ne la donnerais pas à celui qui a prévenu de tant de bienfaits un être aussi petit que moi, à celui qui, en se donnant tout entier, m’a racheté tout entier ? Autrement, si je garde pour moi ma volonté, avec quel visage, avec quels yeux, avec quel esprit, avec quelle conscience irais-je me réfugier près du cœur de la miséricorde de notre Dieu ? Oserais-je percer ce rempart très fort qui garde Israël, et faire couler pour prix de mon rachat, non pas quelques gouttes, mais les flots de ce sang qui coule des cinq parties de son corps ?

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
Sermons divers, n° 22, 5-6 (trad. Brésard, 2000 ans, p.104 rev)