Catégorie : Prière des âmes

  • Aimés de seule miséricorde

    Aimés de seule miséricorde

    Comme il est long, Seigneur, d’arriver à comprendre
    que de seul pitié nous pouvons être aimés,
    et que nul estime,
    nulle admiration,
    nulle confiance
    ne peut venir de vous à nous
    sans qu’elle soit passée par vos miséricordes.

    C’est long : mais cela vient.
    Comme un enfant aveugle et sourd,
    entre les genoux de sa mère,
    noyé dans le noir et la solitude,
    ainsi découvrons-nous notre âme
    entre les deux genoux de votre Providence.

    Et votre esprit, alors, nous investit :
    ce doigt de la droite du Père,
    comme une main maternelle,
    révélatrice,
    éducatrice,
    qui rallie à la vie son enfant.

    Par pulsion votre esprit nous guide ;
    par contact il nous annonce ce qui est.
    Son enveloppement muet ensème notre cœur d’un germe de paroles.

    Aux mots que nous disons dans notre solitude et notre noir,
    répond le silence de votre esprit ;
    un silence dont la proximité nous enserre
    et nous enseigne.

    Pour cela, il nous suffit de savoir que nos yeux sont vraiment
    incapables de voir
    et nos oreilles sourdes
    à tout
    ce qui est vous.

    Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

  • Ô âmes saintes, faites-moi cadeau d’eau fraîche !

    Supporte ton exil puisque Dieu le veut. Quel grand gain pour toi ! Je vivrai dans cette vie, ô mon Jésus, et l’espérance et le silence seront ma force, tant que durera cette misérable vie. Et vous, en attendant, faites brûler dans mon cœur, ô mon créateur et mon Dieu, cette belle flamme de votre amour… Ô centre unique de tout mon bonheur, ô mon Dieu, combien devrai-je encore attendre ?… Vous voyez, ô Seigneur, que mon mal est sans remède… Quand donc, ô Seigneur, quand donc ? Jusqu’à quand ?…

    Ô âmes saintes qui, libres de tout tourment, êtes déjà heureuses au Ciel dans ce torrent de souveraines douceurs, ô combien je vous envie votre bonheur ! Hélas ! par pitié, puisque vous êtes si près de la fontaine de la vie, puisque vous me voyez mourir de soif en ce bas monde, faites-moi cadeau d’un peu de cette eau très fraîche.

    Ah ! âmes fortunées, je le confesse, j’ai trop mal dépensé ma part, j’ai trop mal gardé une pierre si précieuse. Mais vive Dieu ! À cette faute, je sens cependant qu’il y a un remède. Eh bien, ô âmes bienheureuses, faites-moi le plaisir de m’aider un peu ; moi aussi, comme je n’ai pu trouver ce dont mon âme avait besoin dans le repos et dans la nuit, moi aussi je me lèverai comme l’épouse du Cantique des cantiques, et je chercherai celui qu’aime mon âme : « Je me lèverai donc et je chercherai celui que mon cœur aime » (Ct 3,2), et je le chercherai toujours, je le chercherai en toute chose, et je ne m’arrêterai que lorsque je l’aurai retrouvé sur le seuil de son royaume…

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)

  • Demandons au Saint Esprit la charité du Seigneur !

    Demandons au Saint Esprit la charité du Seigneur !

    Si tu sais en quoi consiste l’offrande du sacrifice, tu comprendras pourquoi on y implore la venue du Saint-Esprit.

    Selon le témoignage de l’apôtre Paul, le sacrifice est offert pour que la mort du Seigneur soit annoncée et que revive le souvenir de celui qui a donné sa vie pour nous. Le Seigneur lui-même avait dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13). Donc, puisque le Christ est mort pour nous par amour, nous demandons, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice, que l’amour nous soit donné par la venue de l’Esprit Saint. Nous demandons en suppliant que, par l’amour même qui a poussé le Christ à se laisser crucifier pour nous, nous aussi, ayant reçu la grâce de l’Esprit Saint, nous puissions être crucifiés au monde et imiter la mort de notre Seigneur pour marcher dans une vie nouvelle.

    Ainsi tous les fidèles qui aiment Dieu et leur prochain, même s’ils ne boivent pas le calice d’une passion corporelle, boivent cependant le calice de la charité du Seigneur. Car on boit le calice du Seigneur tant que l’on garde sa sainte charité sans laquelle il ne sert à rien de livrer son corps aux flammes. Le don de la charité nous confère d’être en vérité ce que nous célébrons mystiquement dans le sacrifice. (…) C’est pourquoi nous demandons que l’Esprit Saint vienne nous donner la charité.

    Saint Fulgence de Ruspe (467-532)

  • Dieu pourrait-il refuser la prière qui monte vers lui ?

    Dieu pourrait-il refuser la prière qui monte vers lui ?

    « L’heure vient, dit-il, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jn 4,23) et il cherche de tels adorateurs. Nous sommes de vrais adorateurs et de vrais prêtres lorsque nous prions en esprit et offrons ainsi à Dieu, en sacrifice, notre prière, comme la victime qu’il s’est réservée et qui lui est agréable, celle-là même qu’il a demandée et préparée. Cette victime, offerte du fond du cœur, nourrie par la foi, élevée dans la vérité, intacte et innocente, intègre et pure, couronnée par l’amour, nous devons la mener à l’autel de Dieu avec un cortège de bonnes actions, parmi les psaumes et les hymnes, et elle nous obtiendra tout de la part de Dieu.

    Dieu pourrait-il refuser quelque chose à la prière qui monte vers lui en esprit et en vérité, alors que c’est lui-même qui l’a exigée ? Nous lisons, entendons et croyons tant de témoignages de son efficacité ! Déjà la prière ancienne délivrait du feu, des bêtes de la famine ; et pourtant, elle n’avait pas reçu sa forme du Christ. Combien plus grande est, par conséquent, l’efficacité de la prière chrétienne ! Elle n’envoie pas d’ange pour éteindre les flammes, elle ne ferme pas la gueule des lions, elle n’apporte pas de nourriture aux affamés, elle ne supprime aucune des passions des sens par un don de la grâce ; mais elle apprend la patience à ceux qui éprouvent une douleur et leur donne la foi qui fait comprendre ce que le Seigneur réserve à ceux qui souffrent pour le nom de Dieu. (…)

    Toute créature prie. Les animaux domestiques et les bêtes sauvages prient et fléchissent les genoux. En sortant de leurs étables ou de leurs tanières, ce n’est pas pour rien qu’ils font vibrer l’air de leurs cris. Même les oiseaux qui volent dans le ciel étendent leurs ailes en forme de croix et disent quelque chose qui ressemble à une prière. Que dire encore en hommage à la prière ? Le Seigneur lui-même a prié, à lui honneur et puissance pour les siècles des siècles.

    Tertullien (v. 155-v. 220)

  • « Lorsque vous priez… » (Mt 6,7)

    « Lorsque vous priez… » (Mt 6,7)

    Suivant le commandement de la prière,
    Je ne suis pas entré en esprit dans la chambre du cœur,
    Ni non plus dans un coin de la place publique,
    Pour avoir au moins une récompense humaine.

    Mais moi, j’ai été négligent dans les deux cas :
    Pour les apparences et la réalité ;
    Car ma paresse a triomphé de l’espérance,
    Et terrestre et céleste !

    À présent, Celui qui par nature est ton Père au ciel,
    Que Tu nous as donné par ta grâce,
    Accorde-moi d’invoquer parfaitement
    D’un cœur pur son Nom,

    Que le Royaume du Seigneur
    Arrive pour régir mon âme ;
    Et sur cette terre-ci en moi soit accomplie
    Sa volonté, ainsi qu’au ciel.

    Le pain de chaque jour et le Pain qui toujours est,
    Remède de mon corps et Remède de l’âme,
    Qu’il veuille me les donner abondamment, à moi indigent :
    Aussi bien le spirituel que le matériel.

    Qu’il me remette mes fautes, à moi débiteur,
    Comme moi aussi je remets à celui qui me doit ;
    Ou bien surtout qu’Il fasse remettre
    Des deux côtés, pour qu’il me soit remis.

    Et qu’il ne permette pas au Tentateur
    De me tenter, moi poltron, tel un intrépide ;
    Mais qu’Il veuille me garder de son épée ;
    Que Lui-même combatte contre le Mauvais !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « On observait Jésus…pour l’accuser. »

    À l’heure de la prière, mets-toi en présence de la paix et de l’amour… : ô paix de Dieu qui surpasses tout sentiment (Ph 4,7), plaisante et agréable, douce et préférable à tout, partout où tu pénètres règne une sécurité imperturbable. Toi seule as le pouvoir de mettre un frein à la colère du souverain ; tu ornes le trône du roi par la clémence ; tu illumines le royaume de la gloire par la pitié et la miséricorde. De grâce, prends en main ma cause, à moi le coupable et l’indigent… Voici que déjà le créancier se tient à la porte… il n’est pas prudent pour moi de lui parler, puisque je n’ai pas de quoi payer ma dette. Très doux Jésus, ma paix, combien de temps garderas-tu le silence ?… De grâce, maintenant du moins parle pour moi, disant ce mot charitable : « Moi, je la rachèterai ». Toi, tu es assurément le refuge de tous les pauvres. Tu ne passes auprès de personne sans lui donner le salut. Toi, jamais tu n’as laissé partir celui qui s’était réfugié près de toi, sans qu’il soit réconcilié…

    De grâce, mon amour, mon Jésus, à cette heure de la journée tu as été flagellé pour moi, couronné d’épines, abreuvé pitoyablement de souffrances. Tu es mon vrai roi, hors de toi je ne connais personne. Tu t’es fait l’opprobre des hommes, abject et repoussant comme un lépreux (Is 53,3) jusqu’à ce que la Judée refuse de te reconnaître comme son roi (Jn 19,14-15). Par ta grâce, que moi au moins je te reconnaisse comme mon roi ! Mon Dieu, donne-moi cet innocent, si tendrement aimé, mon Jésus, qui pour moi « a payé » si pleinement « ce qu’il n’avait pas dérobé » (Ps 68,5) ; donne-le-moi pour être l’appui de mon âme. Que je le reçoive dans mon cœur ; que par l’amertume de ses douleurs et de sa Passion il réconforte mon esprit…

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • « Il a jeté les yeux sur l’humilité de sa servante » (Lc 1,48)

    La conception de notre Seigneur a été figurée par le buisson ardent qui brûlait sans perdre sa verdeur (Ex 3,2), comme Marie a conçu son divin fils sans perdre sa virginité. Le Seigneur, qui demeurait dans ce buisson ardent, a habité aussi dans le sein de Marie. De même qu’il était descendu dans ce buisson pour délivrer son peuple en le tirant de l’Égypte, de même il est descendu en Marie pour racheter les hommes, en les arrachant à l’enfer.

    Le choix que Dieu a fait de Marie parmi toutes les femmes pour se revêtir de notre chair, a été figuré par la toison de Gédéon (Jg 6,36s). En effet, de même que cette toison a reçu seule la rosée céleste pendant que toutes les terres voisines restaient sèches, de même aussi Marie seule a été remplie de cette rosée divine dont aucune autre créature n’a été trouvée digne dans le monde entier… La Vierge Marie est cette toison dont Jésus Christ s’est formé une tunique. La toison de Gédéon a reçu la rosée du ciel sans qu’elle soit endommagée, et Marie a conçu l’Homme-Dieu sans que sa virginité soit altérée…

    Ô Jésus, Fils du Dieu vivant, toi qui, par la volonté du Père céleste et avec la coopération de l’Esprit Saint, es sorti du sein de ton Père comme le fleuve sourd hors du Paradis de délices, toi qui, visitant les profondeurs de nos vallées et regardant l’humilité de ta servante, es descendu dans le sein d’une vierge où, par une conception ineffable, tu as revêtu ta chair mortelle. Je te supplie, Jésus miséricordieux, par les mérites de cette Vierge ta mère, de répandre ta grâce sur moi, serviteur très indigne, afin que je te désire ardemment, que par cet amour, je te conçoive en mon cœur, et qu’avec le secours de cette même grâce, je produis les fruits salutaires des bonnes œuvres. Amen.

    Ludolphe de Saxe (v. 1300-1378)

  • «Je te salue, Comblée-de-grâce…»

    Comment parler ? Quel éloge pourrais-je faire de la Vierge glorieuse et sainte ? Elle surpasse tous les êtres, Dieu seul excepté ; par nature, elle est plus belle que les chérubins, les séraphins et toute l’armée des anges. Ni la langue du ciel, ni celle de la terre, ni même celle des anges ne suffiraient à la louer. Bienheureuse Vierge, colombe pure, épouse céleste…, temple et trône de la divinité ! Le Christ, soleil resplendissant au ciel et sur terre est à toi. Tu es la nuée lumineuse qui a fait descendre le Christ, lui l’éclair étincelant qui illumine le monde.

    Réjouis-toi, comblée de grâce, porte des cieux ; c’est de toi que parle l’auteur du Cantique des Cantiques…quand il s’exclame : « Tu es un jardin clos, ma sœur, mon épouse, un jardin fermé, une source scellée » (4,12)… Sainte Mère de Dieu, brebis immaculée, tu as mis au monde l’Agneau, le Christ, le Verbe incarné en toi… Quelle merveille étonnante dans les cieux : une femme, revêtue du soleil (Ap 12,1), portant en ses bras la lumière !… Quelle merveille étonnante dans les cieux : le Seigneur des anges, devenu petit enfant de la Vierge. Les anges accusaient Ève ; maintenant ils comblent Marie de gloire car elle a relevé Ève de sa chute et fait entrer aux cieux Adam chassé du Paradis…

     Immense est la grâce donnée à cette Vierge sainte. C’est pourquoi Gabriel lui adresse d’abord ce salut : « Réjouis-toi, comblée de grâce », resplendissante comme le ciel. « Réjouis-toi, comblée de grâce », Vierge ornée de vertus sans nombre… « Réjouis-toi, comblée de grâce », tu désaltères les assoiffés à la douceur de la source éternelle. Réjouis-toi, sainte Mère immaculée ; tu as engendré le Christ qui te précède. Réjouis-toi, pourpre royale ; tu as revêtu le roi du ciel et de la terre. Réjouis-toi, livre scellé ; tu as donné au monde de lire le Verbe, le Fils du Père.

    Saint Épiphane de Salamine (? – 403)

  • Tends-moi la main, bienheureux Précurseur !

    Sur le rocher solide de la foi en toi, affermis ma résolution et fortifie, Seigneur, la sagesse, puisque en toi, Très Bon, je possède un refuge et une forteresse. Accorde-moi de revenir maintenant de mon égarement sur la bonne route, et tends-moi la main, bienheureux Précurseur, à moi continuellement balloté sur l’océan des maux. Je vis dans l’insouciance, et la cognée est proche : accorde-moi, par tes instances, de me redresser, Précurseur digne de louange, que je ne sois pas, comme un arbre sans fruit, envoyé au feu qui ne s’éteint pas. Le Jour terrible est aux portes, et je suis chargé de fardeaux accablants : ôte-moi de ce poids, toi qui as baptisé le Seigneur, par tes très pures supplications. Mère de Dieu, tu t’es montrée le trône de Dieu, sur lequel il s’est assis dans la chair pour relever de la chute originelle les hommes qui te célèbrent avec des paroles d’action de grâce. J’ai entendu, Seigneur, ce que tu as fait entendre et j’ai été saisi de crainte, j’ai considéré tes œuvres et j’ai été dans la stupeur : gloire à ta puissance, Seigneur ! Guéris, je t’en supplie, ô Précurseur, mon cœur blessé par les attaques des brigands, avec le remède énergique de ta divine intercession. Jette à bas, ô Précurseur, le péché encore vivace dans mon âme, et donne-moi maintenant de me redresser, alors que je glisse vers les voluptés. Montre-toi pour nous un port, ballotés que nous sommes sur l’océan de la vie, et change en tranquillité, ô trois fois Bienheureux, toute l’agitation des flots. Ne me juge, je t’en supplie, Seigneur, selon mes œuvres, mais montre-toi indulgent envers moi, celle qui t’a enfanté t’en supplie avec le Baptiste.

    Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)

  • Pourquoi prier sans cesse ?

    Quels sont donc les avantages que nous recevons par la prière, que nous devons si souvent prier ? Mes frères, les voici. La prière fait que nos croix sont moins pesantes, elle adoucit nos peines et nous sommes moins attachés à la vie, elle attire sur nous le regard de la miséricorde de Dieu, elle fortifie notre âme contre le péché, elle nous fait désirer la pénitence et nous la fait pratiquer avec plaisir, elle nous fait sentir et comprendre combien le péché outrage le bon Dieu. Disons mieux, mes frères, par la prière nous plaisons à Dieu, nous enrichissons nos âmes, et nous nous assurons la vie éternelle. Dites-moi, mes frères, en faut-il davantage pour nous porter à faire que notre vie ne soit qu’une prière continuelle par notre union avec Dieu ?

    Quand on aime quelqu’un, a-t-on besoin de le voir pour penser à lui ? Non, sans doute. De même, mes frères, si nous aimons le bon Dieu, la prière nous sera aussi familière que la respiration. Cependant, mes frères, je vous dirai que pour prier de manière qu’elle puisse nous attirer tous ces biens, il ne suffit pas d’y employer un instant à la hâte , c’est-à-dire, avec la précipitation. Le bon Dieu veut que nous y passions un temps convenable, que nous ayons au moins le temps de lui demander les grâces qui nous sont nécessaires, de le remercier de ses bienfaits, et de gémir sur nos fautes passées en lui en demandant pardon.

    Mais, me direz-vous, comment pouvons-nous donc prier sans cesse ? Mes frères, rien de plus facile : c’est de nous occuper du bon Dieu, de temps en temps, pendant notre travail ; tantôt faisant un acte d’amour, pour lui témoigner que nous l’aimons, parce qu’il est bon et digne d’être aimé ; tantôt, un acte d’humilité, nous reconnaissant indignes des grâces dont il ne cesse de nous combler ; tantôt un acte de confiance, de ce que, quoique bien misérables, nous savons qu’il nous aime et qu’il veut nous rendre heureux. Voyez, mes frères, combien il est facile de prier sans cesse en faisant cela.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)