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Archive pour le mot-clef ‘Christ’

L’abaissement du Christ

mercredi 12 décembre 2018

Apprenez à vous humilier en vérité, non pas en apparence comme ceux qui s’humilient frauduleusement, hypocrites dont parle l’Ecclésiastique : « tel s’abaisse dans une humilité feinte, dont le cœur est rempli de fraude » (Si. 19,23, Vulgate). « Au contraire, dit le bienheureux Bernard, celui qui est vraiment humble, cherche, non point à voir son humilité proclamée, mais à passer pour méprisable. » ~ Même la virginité ne plaît pas à Dieu sans l’humilité, croyez-le bien. La Vierge Marie n’eût pas été la Mère de Dieu si quelque orgueil se fût trouvé en elle. ~ Grande vertu donc celle sans qui tout autre vertu, loin de pouvoir exister, éclate en orgueil. ~

Le Christ a été humilié au point que, de son temps, rien ne fut réputé plus vil que lui. Si grande fut son humilité, si profond fut son abaissement, qui nul ne pouvait juger de lui selon la vérité, nul ne pouvait le croire Dieu. Or, notre Seigneur et Maître a dit de lui-même : « le serviteur n’est pas au-dessus du maître » (Cf. Mt 10,24) ; si donc vous êtes la servante du Christ, le disciple du Christ, vous devez être avilie, sans considération, humble.

Saint Bonaventure (1221-1274)

 

 

 

« Alors on verra le Fils de l’homme venir…avec grande puissance. »

dimanche 18 novembre 2018

« Il reste encore beaucoup de terre à posséder » (Jos 13,1)… Considère le premier avènement de notre Seigneur et Sauveur, quand il est venu semer sa parole sur la terre. Il s’est emparé de toute la terre par la seule force de ces semailles : il a mis en fuite les puissances adverses et les anges rebelles qui dominaient les esprits des nations, et en même temps il a semé sa parole et répandu ses églises. Telle est sa première possession de toute la terre.

Suis-moi cependant… à travers les lignes subtiles de l’Écriture, et je te montrerai ce qu’est la seconde conquête d’une terre dont on dit à Josué/Jésus qu’on en a beaucoup laissé. Écoute les paroles de Paul : « Il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il fasse de tous ses ennemis l’escabeau de ses pieds » (1Co 15,25; Ps 109,1). Voilà la terre dont on dit qu’elle a été laissée jusqu’à ce que tous soient complètement soumis à ses pieds et qu’ainsi il prenne tous les peuples dans son héritage… En ce qui concerne notre temps, nous voyons bien des choses « qui restent » et ne sont pas encore soumises aux pieds de Jésus ; or il faut qu’il entre en possession de tout. Car il ne pourra y avoir de fin du monde que lorsque tout lui aura été soumis. Le prophète dit en effet : « Toutes les nations lui seront soumises, des extrémités des fleuves jusqu’aux extrémités de la terre ; devant lui se prosterneront les Éthiopiens » (Ps 71 LXX), et « D’au-delà des fleuves de l’Éthiopie ils lui présenteront des offrandes » (So 3,10).

Il résulte de là qu’à son second avènement Jésus dominera cette terre dont il reste beaucoup à posséder. Mais bienheureux ceux qui auront été ses sujets dès le premier avènement ! Ils seront vraiment comblés de faveurs, malgré la résistance de tant d’ennemis et les attaques de tant d’adversaires ; ils recevront… leur part de la Terre Promise. Mais lorsque la soumission aura été faite par la force, au jour où il faut que « soit détruit le dernier ennemi, c’est-à-dire la mort » (1Co 15,26), il ne pourra plus y avoir de faveur pour ceux qui refuseront de se soumettre.

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien

 

 

 

Augmenter notre foi en l’Église

lundi 12 novembre 2018

vivre en EgliseAujourd’hui, je voudrais commencer une série de catéchèses sur le mystère de l’Église, mystère que nous vivons tous et dont nous faisons partie. Je voudrais le faire avec des expressions qui sont bien présentes dans les textes du Concile œcuménique Vatican II. La première catéchèse aujourd’hui : l’Église comme famille de Dieu… Le terme « Église » lui-même, du grec ekklesia, signifie « convocation » : Dieu nous convoque, nous pousse à sortir de notre individualisme, de notre tendance à nous renfermer sur nous-mêmes et nous appelle à faire partie de sa famille….

Aujourd’hui encore, certains disent : « Le Christ, oui, l’Église, non. » Comme ceux qui disent : « Je crois en Dieu, mais pas dans les prêtres. » Mais c’est précisément l’Église qui nous donne le Christ et qui nous conduit à Dieu ; l’Église est la grande famille des enfants de Dieu. Certes, elle a aussi des aspects humains ; dans ceux qui la composent, pasteurs et fidèles, il y a des défauts, des imperfections, des péchés ; le Pape aussi en a et il en a beaucoup, mais ce qui est beau, c’est que quand nous nous rendons compte que nous sommes pécheurs, nous trouvons la miséricorde de Dieu, qui pardonne toujours. N’oubliez pas cela : Dieu pardonne toujours et il nous accueille dans son amour de pardon et de miséricorde. Certains disent que le péché est une offense à Dieu, mais aussi une occasion d’humiliation pour se rendre compte qu’il y a autre chose de plus beau : la miséricorde de Dieu. Pensons-y.

Demandons-nous aujourd’hui : combien est-ce que j’aime l’Église ? Est-ce que je prie pour elle ? Est-ce que je me sens membre de la famille de l’Église ? Qu’est-ce que je fais pour qu’elle soit une communauté dans laquelle chacun se sente accueilli et compris, fasse l’expérience de la miséricorde et de l’amour de Dieu qui renouvellent la vie ? La foi est un don et un acte qui nous concerne personnellement, mais Dieu nous appelle à vivre notre foi ensemble, comme famille, comme Église.

Pape François
Audience générale 29/05/2013 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

 

Vingt-neuvième dimanche du temps ordinaire

dimanche 21 octobre 2018

En convoitant les premières places, les plus hautes charges et les honneurs les plus élevés, les deux frères Jacques et Jean voulaient, à mon avis, avoir autorité sur les autres. C’est pourquoi Jésus s’oppose à leur prétention. Il met à nu leurs pensées secrètes en leur disant : « Celui qui veut être le premier sera le serviteur de tous ». Autrement dit : « Si vous ambitionnez le premier rang et les plus grands honneurs, recherchez le dernier rang, appliquez-vous à devenir les plus simples, les plus humbles et les plus petits de tous. Mettez-vous après les autres. Telle est la vertu qui vous procurera l’honneur auquel vous aspirez. Vous en avez près de vous un exemple éclatant, ‘puisque le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude’ (Mc 10,45). Voilà comment vous obtiendrez gloire et célébrité. Voyez ce qui m’arrive : je ne recherche ni honneur ni gloire, et pourtant le bien que je réalise ainsi est infini ». Nous le savons : avant l’incarnation du Christ et son abaissement, tout était perdu, tout était corrompu ; mais, après qu’il se soit humilié, il a tout relevé. Il a aboli la malédiction, détruit la mort, ouvert le paradis, mis à mort le péché, déverrouillé les portes du ciel pour y ramener les prémices de notre humanité. Il a propagé la foi partout dans le monde. Il a chassé l’erreur et rétabli la vérité. Il a fait monter sur un trône royal les prémices de notre nature. Le Christ est l’auteur de biens infiniment nombreux, que ni ma parole, ni aucune parole humaine ne saurait décrire. Avant son abaissement, il n’était connu que des anges, mais, depuis qu’il s’est humilié, la race humaine tout entière l’a reconnu.

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église

 

 

 

 

« Tu auras un trésor au ciel. »

dimanche 14 octobre 2018

Le Christ avait dit au jeune homme : « Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements » (Mt 19,17). Il demande : « Lesquels ? », non pour le mettre à l’épreuve, loin de là ; il suppose qu’il y aura pour lui, à côté des commandements de la Loi de Moïse, d’autres commandements qui lui procureront la vie ; c’était la preuve de son désir ardent. Quand Jésus lui eut énoncé les commandements de la Loi, le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l’ai observé avec soin dès ma jeunesse ». Et il ne s’en tint pas là, il demanda : « Que me manque-t-il encore ? » (Mt 19,20), ce qui était le signe même de son désir ardent. Ce n’est pas une petite âme qui estime qu’il lui manque encore quelque chose, qui trouve insuffisant l’idéal proposé pour rejoindre l’objet de son propre désir. Et que va dire le Christ ? Il propose quelque chose de grand ; il propose d’abord la récompense en déclarant : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi ». Vois-tu quel prix, quelles couronnes il propose pour cette course sportive ? … Pour l’attirer il lui montre une récompense de grande valeur et il remet le tout à son jugement. Ce qui pourrait sembler pénible, il le laisse dans l’ombre. Avant de parler de combats et d’efforts, il lui montre la récompense : « Si tu veux être parfait » dit-il : voilà la gloire, voilà le bonheur ! … « Tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi » : voilà la récompense, la récompense superbe de marcher à la suite du Christ, d’être son compagnon et son ami ! Ce jeune homme estimait les richesses de la terre ; le Christ le conseille de s’en dépouiller, non pas pour s’appauvrir dans le dénuement mais pour l’enrichir davantage.

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église

 

 

 

 

Mettre notre lampe sur le lampadaire

lundi 24 septembre 2018

« Le Christ, écrit un Père de l’Église [Saint Jean Chrysostome], nous a laissés en ce monde pour que nous soyons comme des lampes…; pour que nous agissions comme un levain…; pour que nous soyons une semence ; pour que nous portions du fruit. Si notre vie avait un tel éclat, nous n’aurions pas besoin d’ouvrir la bouche. Les mots seraient de trop, si nous pouvions montrer nos œuvres. Il n’y aurait pas un seul païen, si nous étions vraiment chrétiens. » Nous devons éviter l’erreur de croire que l’apostolat se réduit au témoignage de quelques pratiques pieuses. Nous sommes, toi et moi, des chrétiens, mais en même temps et sans solution de continuité, nous sommes des citoyens et des travailleurs aux obligations bien précises, que nous devons accomplir d’une façon exemplaire, si nous voulons nous sanctifier pour de bon. C’est Jésus Christ qui nous presse : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi votre lumière doit-elle briller aux yeux des hommes pour que, voyant vos bonnes œuvres, ils en rendent gloire à votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5,14-16). Le travail professionnel, quel qu’il soit, devient une lampe qui éclaire vos collègues et vos amis. C’est pourquoi j’ai l’habitude de répéter…: que m’importe que l’on me dise d’un tel qu’il est un bon fils, un bon chrétien, s’il est un piètre cordonnier ! S’il ne s’efforce pas de bien apprendre son métier, et de l’exercer avec soin, il ne pourra ni le sanctifier, ni l’offrir au Seigneur. Et la sanctification du travail de tous les jours est, pour ainsi dire, la charnière de la véritable spiritualité pour nous tous qui, plongés dans les réalités temporelles, sommes décidés à fréquenter Dieu.

Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975), prêtre, fondateur

 

 

 

 

Dans l’Église, le Christ nous appelle à la conversion

mercredi 19 septembre 2018

L’Église vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice. Dans ce cadre, la méditation constante de la parole de Dieu, et surtout la participation consciente et réfléchie à l’eucharistie et au sacrement de pénitence ou de réconciliation ont une grande signification. L’eucharistie nous rapproche toujours de cet « amour plus fort que la mort » (Ct 8,6) : en effet « chaque fois que nous mangeons ce pain et que nous buvons cette coupe », non seulement « nous annonçons la mort » du Rédempteur, mais aussi « nous proclamons sa résurrection, dans l’attente de sa venue dans la gloire » (Missel romain; cf 1Co 11,26). La liturgie eucharistique, célébrée en mémoire de celui qui, dans sa mission messianique, nous a révélé le Père par sa parole et par sa croix atteste l’amour inépuisable en vertu duquel il désire toujours s’unir à nous et ne faire qu’un avec nous, allant à la rencontre de tous les cœurs humains. C’est le sacrement de la pénitence ou de la réconciliation qui « aplanit la route » (Lc 3,3; Is 40,3) de chacun, même quand il est accablé par de lourdes fautes. Dans ce sacrement, tout homme peut expérimenter de manière unique la miséricorde, c’est-à-dire l’amour qui est plus fort que le péché.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

 

 

 

 

« Qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive ! »

dimanche 16 septembre 2018

L’union avec le Christ est notre béatitude et l’approfondissement de notre union avec lui fait notre bonheur ici-bas. L’amour de la croix ne se trouve donc nullement en contradiction avec notre joie d’être enfants de Dieu. Aider à porter la croix du Christ donne une allégresse forte et pure à ceux qui y sont appelés et qui le peuvent ; ceux qui participent ainsi à l’édification du Royaume de Dieu sont vraiment les enfants de Dieu. Ainsi, une prédilection pour le chemin de la croix ne signifie pas non plus que l’on répugne à voir le Vendredi saint passé et l’œuvre de la Rédemption accomplie. Seuls des rachetés, seuls des enfants de la grâce peuvent vraiment porter la croix du Christ. Ce n’est que de l’union avec la Tête divine que la souffrance humaine reçoit sa puissance rédemptrice. Souffrir et être bienheureux dans la souffrance, se tenir debout sur la terre, aller de par les chemins poussiéreux et caillouteux de cette terre tout en siégeant avec le Christ à la droite du Père (cf Col 3,1), rire et pleurer avec les enfants de ce monde sans cesser de chanter avec les chœurs angéliques la louange de Dieu, voilà la vie du chrétien, jusqu’à ce que se lève l’aurore de l’éternité.

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe

 

 

 

 

La pauvreté du Christ

lundi 20 août 2018

La pauvreté est une vertu qui fait corps avec la perfection, au point que nul absolument ne peut sans elle être parfait ; témoin la parole du Seigneur dans l’Évangile : « si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres. » Notre-Seigneur Jésus Christ fut si pauvre dans sa naissance qu’il n’eut ni habitation, ni vêtement, ni nourriture, mais une étable pour demeure, un misérable petit morceau d’étoffe pour se couvrir et un lait virginal pour aliment. Il s’est encore donné à nous en exemple de pauvreté par sa manière de vivre en ce monde. Il fut pauvre au point que, parfois, il ne put trouver de logis et qu’il dut dormir avec ses Apôtres hors la ville et même hors des maisons à la campagne. Non seulement le Seigneur des Anges fut pauvre dans sa naissance et pauvre dans son genre de vie, mais il fut encore extrêmement pauvre dans sa mort, afin de nous embraser d’amour pour la pauvreté. Ô vous tous, qui avez voué la pauvreté, considérez et voyez combien l’opulent Roi des Cieux fut pauvre à cause de nous dans l’instant de sa mort. Il fut, en effet, dépouillé de tout ce qu’il pouvait avoir : de ses vêtements, par ses bourreaux, qui « se partagèrent et tirèrent au sort sa robe » (Cf. Mt 27,35) ; de son corps et de son âme, quand son âme fut arrachée violemment de son corps ; de la gloire divine, quand par les souffrances d’une très douloureuse mort, au lieu de le glorifier comme Dieu, on le traita comme un malfaiteur, selon la plainte de Job : « ils m’ont dépouillé de ma gloire » (Jb 19,9). Ô Dieu, riche pour tous les hommes, ô bon Seigneur Jésus ! Qui peut dignement exprimer de bouche, concevoir en son cœur, décrire de sa main la gloire céleste que vous avez promis de donner à vos pauvres ? Par leur pauvreté volontaire, ils méritent de contempler la gloire de leur Créateur, d’entrer dans les puissances du Seigneur, dans les tabernacles éternels et dans les demeures de lumière. Ils méritent de devenir les habitants de la cité dont Dieu est l’architecte et le fondateur. Vous-même, Seigneur, vous leur avez fait cette promesse de votre bouche bénie : « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux » (Cf. Mt 5,2). Ce Royaume des cieux n’est pas autre chose que Vous-même, Seigneur Jésus-Christ, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs. Vous vous donnerez vous-même à eux pour être leur salaire, leur récompense et leur joie. Ils jouiront de Vous, seront heureux de Vous, se rassasieront de Vous ! Amen !

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église

 

 

 

 

Le fardeau léger de la loi du Christ

jeudi 19 juillet 2018

« Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ. » Le péché est un fardeau, comme l’atteste le psalmiste lorsqu’il dit : « Mes péchés se sont appesantis sur moi comme un fardeau. » Le Sauveur s’est chargé de ce fardeau pour nous, nous enseignant ainsi par son exemple ce que nous devons faire nous-mêmes. Car Lui-même porte le fardeau de nos péchés, Il souffre pour nous (Is 53, 4), et Il invite ceux qui sont accablés sous le lourd fardeau de la loi et de leurs péchés à porter le fardeau léger de la vertu, lorsqu’Il dit : « Mon joug est doux, et mon fardeau léger. » Mt 11,30).

Celui donc qui, ne désespérant pas du salut de son frère, tend la main à celui qui implore son appui, pleure avec celui qui pleure, est faible avec les faibles, et regarde les péchés d’autrui comme les siens propres, celui-là accomplit par la charité la loi du-Christ. Quelle est cette loi du Christ ? «  Le commandement que Je vous donne est que vous vous aimiez les uns les autres » (Jn 13, 34). Quelle est la loi du Fils de Dieu ? « Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés » Comment le Fils de Dieu nous a-t-Il aimés ? « Personne ne peut témoigner un plus grand amour qu’en donnant sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 13)

Celui qui n’a pas de clémence, qui ne s’est pas revêtu des entrailles de la miséricorde et des larmes, quelque élevé qu’il soit en spiritualité, celui-là n’accomplit pas la loi du Christ.

Celui qui vient au secours du pauvre accablé sous le poids de l’indigence et se fait des amis avec l’argent inique (Lc 16,), celui-là porte les nécessités de son frère. C’est à lui que Jésus dira après la résurrection générale : « Venez à moi, les bénis de mon Père, possédez le royaume qui vous a été préparé depuis le commencement du monde. Car J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger, J’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire. » (Mt 25,34-35)

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église
Commentaire de l’Épître aux Galates, L3 ch 6 (Œuvres complètes de Saint Jérôme, Tome 10, trad.abbé J. Bareille, rev.)