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Archive pour le mot-clef ‘carême’

Le signe de la croix paraîtra

vendredi 10 avril 2020

« Vraiment, tu es un Dieu caché ! » (Is 45,15) Pourquoi caché ? Parce qu’il ne lui restait ni éclat ni beauté, et que pourtant la puissance était dans ses mains. C’est là qu’est cachée sa force.

N’était-il pas caché, lorsqu’il remettait ses mains à des brutes et que ses paumes subissaient les clous ? Le trou des clous éclatait dans ses mains, et son flanc innocent s’offrait à la blessure. Ils soumirent ses pieds aux entraves, le fer traversa la plante de ses pieds, et ses pieds furent fixés au poteau. Telles sont ses blessures que, dans sa propre maison et de la main des siens, Dieu a souffertes pour nous. Oh ! qu’elles sont donc nobles, ses plaies qui ont guéri les plaies du monde ! Qu’elles sont victorieuses, ses plaies par lesquelles il a tué la mort et mordu l’enfer ! (…) Tu as, ô Église, tu as, ô colombe, les creux du rocher et le trou de la muraille où te reposer. (…)

Et que feras-tu (…) lorsqu’il viendra sur les nuées avec grande puissance et majesté ? Il descendra dans l’embrasement des cieux et de la terre, et les éléments se dissoudront à la terreur de son avènement. Quand il sera venu, le signe de la croix paraîtra dans le ciel, et le Bien-Aimé montrera les cicatrices des blessures et la place des clous par lesquels, dans sa propre maison, tu l’as cloué.

Saint Amédée de Lausanne (1108-1159)

 

 

 

« Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. »

jeudi 9 avril 2020

« Jésus, sachant que le Père avait tout remis entre ses mains, et qu’il était sorti de Dieu et retournait à Dieu, se lève de table. » Ce qui n’était pas entre les mains de Jésus auparavant est remis entre ses mains par le Père : non certaines choses et pas d’autres, mais toutes. David avait dit : « Le Seigneur dit à mon seigneur : Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis comme un escabeau sous tes pieds » (Ps 109,1). Les ennemis de Jésus faisaient parti, en effet, de ce tout qu’il savait que son Père lui donnait. (…) À cause de ceux qui s’étaient écartés de Dieu, il s’est écarté de Dieu, lui qui de nature ne veut pas sortir du Père. Il est sorti de Dieu afin que tout ce qui s’est écarté de Dieu revienne avec lui, entre ses mains, auprès de Dieu, selon son dessein éternel. (…)

Qu’est-ce que Jésus faisait donc en lavant les pieds des disciples ? En les lavant et en les essuyant à l’aide du linge dont il était ceint, Jésus ne rendait-il pas beaux leurs pieds au moment où ils allaient avoir à annoncer la bonne nouvelle ? C’est alors que s’est accompli, à mon avis, la parole prophétique : « Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent les bonnes nouvelles ! » (Is 52,7 ;Rm 10,15). Mais si, en lavant les pieds des disciples, Jésus les rend beaux, comment exprimer la beauté véritable en ceux qu’il plonge tout entiers « dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11) ? Les pieds des apôtres sont devenus beaux afin (…) qu’ils puissent poser le pied sur la route sainte et cheminer en celui qui a dit : « Moi, je suis le Chemin » (Jn 14,6). Car quiconque a eu les pieds lavés par Jésus, et lui seul, suit ce chemin vivant et qui mène au Père ; ce chemin n’a pas de place pour des pieds souillés. (…) Pour suivre ce chemin vivant et spirituel (He 10,20) (…), il faut avoir les pieds lavés par Jésus qui a déposé ses vêtements (…) afin de prendre en son propre corps l’impureté de leurs pieds avec ce linge qui était son seul vêtement, car « c’est lui qui porte nos infirmités » (Is 53,4).

Origène (v. 185-253)

 

 

 

Dieu relève ceux qui sont renversés

mardi 7 avril 2020

Si l’on est vaincu après avoir vaillamment lutté, qu’on ne se décourage absolument pas, qu’on ne renonce pas, mais qu’on se redresse, qu’on reprenne confiance en écoutant les paroles d’Isaïe, et qu’on les chante :  « Vous qui étiez forts, vous avez été vaincus, ô malins démons. Et si de nouveaux vous revenez en force, de nouveau vous serez vaincus. Si vous avez des projets, le Seigneur les dispersera. Car Dieu est avec nous » (cf. Is 8,10), Dieu qui relève ceux qui sont renversés (cf. Ps 144(145),14 LXX) et qui est toujours prêt à briser nos ennemis dès que nous nous repentons. (…)

Pierre reçoit d’abord les clefs (cf. Mt 16,19). Puis Dieu permet qu’il tombe dans le reniement (cf. Mt 26,70), pour que cette chute lui soit une leçon de prudence. Donc si toi aussi, après avoir reçu les clefs de la connaissance, tu tombes en toutes sortes de pensées, ne soit pas surpris. Mais glorifie le seul sage, notre Seigneur, lequel par ces accidents met un frein à la présomption qui veut s’ajouter à la connaissance divine. Car les tentations sont un frein. Elles peuvent réfréner l’orgueil humain, par la providence de Dieu. (…)

Désespérer est plus funeste que pécher. Ainsi Judas le traître était faible et n’avait pas l’expérience du combat. L’ennemi se jeta sur lui qui désespérait, et lui passa la corde au cou (cf. Mt 27,5). Mais Pierre, cette pierre solide, renversé après une terrible chute, ne se laissa pas aller ni ne s’abandonna au désespoir, car il avait l’expérience du combat. Il se reprit. D’un cœur affligé et humilié, il versa des larmes fort amères (cf. Mt 26,75). Voyant cela, notre ennemi, les yeux brûlés comme des flammes très vives, recula aussitôt et s’enfuit au loin en poussant de grands cris.

Jean Carpathios (VIIe s.)

 

 

Christ Dieu et homme

dimanche 5 avril 2020

On se demandera peut-être avec étonnement comment le Christ notre Sauveur, étant vrai Dieu égal au Père tout-puissant, a pu connaître la tristesse, la souffrance et le chagrin. Assurément, il ne l’aurait pu si, étant Dieu, il eut été seulement Dieu, sans être en même temps homme. (…)

Mais en vérité, puisqu’il ne fut pas moins vrai homme qu’il ne fut vrai Dieu, j’estime, quant à moi, qu’il ne faut pas plus s’étonner qu’il ait éprouvé les sentiments ordinaires du genre humain (pourvu que le péché en soit absent) en tant qu’homme, que de s’étonner des miracles immenses qu’il a accomplis en tant que Dieu. (…)

Car si nous nous étonnons que le Christ éprouve peur, dégoût et chagrin, alors que, évidemment, il était Dieu, comment ne pas nous étonner tout autant qu’il ait eu faim, qu’il ait eu soif, qu’il ait dormi ? En se pliant à ces contraintes, il n’en était pas moins Dieu. (…)

Toutefois, pour le moment, le Christ ne manquait pas de raisons de vouloir éprouver crainte, tristesse et chagrin. « Vouloir », dis-je, non « y être contraint ». Car qui aurait pu contraindre Dieu ? Mais cela, comme je le disais, le Christ, dans sa merveilleuse bonté, l’a voulu pour de nombreux motifs. (…)

Il vint en effet pour rendre témoignage à la vérité. Il ne manquait pas de gens qui nièrent qu’il soit vraiment homme. Afin donc de remédier à cette maladie si mortelle, notre excellent et tendre médecin voulut montrer qu’il était vraiment homme.

Saint Thomas More (1478-1535)

Saisir le Christ

vendredi 3 avril 2020

« Si la Loi appelle ceux à qui la parole de Dieu s’adresse des dieux, (…) pourquoi dites-vous à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde : Tu blasphèmes ! parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? » De fait, si Dieu a parlé aux hommes pour qu’ils soient appelés des dieux, comment la Parole de Dieu, le Verbe qui est en Dieu, ne serait-il pas Dieu ? Si les hommes, parce que Dieu leur parle, sont rendus participants de sa nature et deviennent des dieux, comment cette Parole, par où leur vient ce don, ne serait-elle pas Dieu ? (…) Toi, tu t’approches de la Lumière, et tu la reçois, et tu comptes parmi les enfants de Dieu ; si tu t’en éloignes, tu deviens obscur, et tu comptes parmi les fils des ténèbres (cf 1Th 5,5). (…)

« Croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez et vous croirez que le Père est en moi et moi dans le Père. » Le Fils de Dieu ne dit pas « le Père est en moi et moi dans le Père » dans le sens où les hommes peuvent le dire. En effet, si nos pensées sont bonnes, nous sommes en Dieu ; si notre vie est sainte, Dieu est en nous. Lorsque nous participons à sa grâce et que nous sommes éclairés par sa lumière, nous sommes en lui et lui en nous. Mais (…) reconnais ce qui est propre au Seigneur et ce qui est un don fait à son serviteur. Ce qui est propre au Seigneur c’est l’égalité avec le Père ; le don accordé au serviteur, c’est de participer au Sauveur.

« Ils cherchaient donc à le saisir. » Si seulement ils l’avaient saisi, mais par la foi et l’intelligence, et non pour le tourmenter et le faire mourir ! En ce moment où je vous parle (…), tous, vous et moi, nous voulons saisir le Christ. Saisir, qu’est-ce à dire ? Vous avez saisi quand vous avez compris. Mais les ennemis du Christ cherchaient autre chose. Vous avez saisi pour posséder, eux voulaient le saisir pour s’en débarrasser. Et parce qu’ils voulaient le saisir ainsi, que fait Jésus ? « Il échappa de leurs mains. » Ils n’ont pas pu le saisir, parce qu’ils n’avaient pas les mains de la foi. (…) Nous saisissons vraiment le Christ si notre esprit saisit le Verbe.

Saint Augustin (354-430)

 

 

 

Vainqueurs du monde par la Parole

mercredi 1 avril 2020

Par la foi, nous nous attachons au Christ, et l’édifice de notre vie surnaturelle devient, par lui, ferme et stable ; le Christ nous fait participer à la stabilité du roc divin contre lequel ne peuvent prévaloir les furies mêmes de l’enfer (Mt 16,18).

Aussi divinement soutenus, nous sommes vainqueurs des assauts et des tentations du monde et du démon, le prince du monde (1 Jn 5,4). Le démon, et le monde dont le démon se sert comme de complice, nous violentent ou nous sollicitent ; c’est par la foi en la parole de Jésus que nous sortons victorieux de ces attaques. (…) Le démon est « le père du mensonge et le prince des ténèbres » (cf. Ep 6,12), tandis que Dieu est « la vérité et la lumière sans ténèbres » (cf. Jn 14,6 ; 1 Jn 1,5). Si nous écoutons toujours Dieu, nous serons toujours vainqueurs. Quand Notre-Seigneur, qui est en toutes choses notre modèle, a été tenté, qu’a-t-il fait pour repousser la tentation ? À chaque invitation du malin il a opposé l’autorité de la parole de Dieu. Nous devons faire de même, et repousser les attaques de l’enfer par la foi en la parole de Jésus. (…)

Ce qui est vrai du démon, l’est du monde : c’est par la foi que nous en sommes vainqueurs. Quand on a une foi vive dans le Christ, on ne craint ni les difficultés, ni les contradictions, ni les jugements du monde, parce qu’on sait que le Christ habite en nous par la foi et qu’on s’appuie sur lui.

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

 

 

 

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis. »

mardi 31 mars 2020

L’émerveillement est la source à laquelle les philosophes puisent leur grand savoir. Ils rencontrent et contemplent les prodiges de la nature, comme par exemple les tremblements de terre, le tonnerre (…), les éclipses du soleil et de la lune, et touchés par ces merveilles, ils en recherchent les causes. C’est ainsi que par des recherches patientes et de longues investigations, ils parviennent à un savoir et à une subtilité remarquables, que les hommes appellent « la philosophie naturelle ».

Mais il existe une autre forme de philosophie plus élevée, qui est au-dessus de la nature, et à laquelle on parvient également par l’émerveillement : c’est la philosophie des chrétiens. Et, sans aucun doute, de tout ce qui caractérise la doctrine chrétienne, il est particulièrement extraordinaire et merveilleux que le Fils de Dieu, par amour pour l’homme, ait consenti à être crucifié et à mourir sur la croix. (…) N’est-il pas étonnant que celui pour qui nous devons avoir le plus de crainte respectueuse ait ressenti une peur telle qu’il eut une sueur d’eau et de sang ? (…) N’est-il pas étonnant que celui qui donne la vie à toute créature ait enduré une mort si ignoble, cruelle et douloureuse ?

Ainsi ceux qui s’efforcent de méditer et d’admirer ce « livre » si extraordinaire qu’est la croix, avec un cœur doux et une foi sincère, parviendront à un savoir plus fécond que bien d’autres qui étudient et méditent quotidiennement des livres ordinaires. Pour un vrai chrétien, ce livre-ci est un objet d’étude suffisant pour tous les jours de sa vie.

Saint John Fisher (v. 1469-1535)

 

 

 

« Lui qui était dans la condition de Dieu (…) se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. » (Ph 2,6-7)

lundi 30 mars 2020

Le Seigneur Jésus, Sauveur de tous, « se fait tout à tous » (1Co 9,22), de manière à se révéler plus petit que les petits, plus grand que les grands. Pour sauver une âme surprise en adultère et accusée par les démons, il s’abaisse jusqu’à écrire du doigt sur la terre (…). Il est lui-même cette sainte et sublime échelle que le voyageur Jacob a vue dans son sommeil (Gn 28,12), l’échelle dressée de la terre jusqu’à Dieu et tendue par Dieu à la terre. Quand il le veut, il monte jusqu’à Dieu, parfois accompagné de quelques-uns, parfois sans qu’aucun homme puisse le suivre. Et quand il le veut, il rejoint la foule des hommes, guérit les lépreux, mange avec les publicains et les pécheurs, touche les malades pour les guérir.

Bienheureuse est l’âme qui peut suivre le Seigneur Jésus partout où il va, montant dans le repos de la contemplation et d’autre part descendant par l’exercice de la charité, le suivant jusqu’à s’abaisser dans le service, à aimer la pauvreté, à supporter la fatigue, le travail, les pleurs, la prière, et finalement la compassion et la passion. Car il est venu pour obéir jusqu’à la mort, pour servir, non pour être servi, et donner, non de l’or ou de l’argent, mais son enseignement et son assistance à la multitude, sa vie pour la multitude (Mc 10,45). (…)

Que ce soit donc pour vous le modèle de la vie, frères : (…) suivre le Christ en montant vers le Père, (…) suivre le Christ en descendant vers le frère, ne refusant aucun exercice de charité, se faisant tout à tous.

Isaac de l’Étoile (?-v. 1171)

 

 

 

Par sa croix le Christ rassemble les hommes divisés et dispersés

samedi 28 mars 2020

Le Christ a scellé en son sang un pacte nouveau, c’est-à-dire la Nouvelle Alliance (1Co 11,25), en appelant d’entre les juifs et les païens une multitude qui s’unirait non pas selon la chair mais dans l’Esprit, afin de constituer le nouveau Peuple de Dieu… : « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis… ; eux qui jadis n’étaient pas un peuple sont maintenant le peuple de Dieu » (1P 2,9-10)…

Ce peuple messianique, s’il ne comprend pas effectivement tous les hommes et n’apparaît parfois que comme un petit troupeau, n’en est pas moins au sein de toute l’humanité le germe très fort d’unité, d’espérance et de salut. Établi par le Christ en communion de vie, de charité et de vérité, il s’en sert comme l’instrument pour la rédemption de tous les hommes, et il est envoyé au monde entier comme lumière du monde et sel de la terre (Mt 5,13s)… Dieu a convoqué la communauté de ceux qui regardent avec foi vers Jésus, auteur du salut, principe d’unité et de paix, et il en a fait l’Église, afin qu’elle soit pour tous et pour chacun le sacrement visible de cette unité salvifique.

Cette Église qui doit s’étendre à toute la terre et entrer dans l’histoire humaine, domine en même temps les époques et les frontières des peuples. Dans sa marche au milieu des embûches et des tribulations qu’elle rencontre, elle est soutenue par le secours de la grâce divine que le Seigneur lui a promise, pour que dans la faiblesse de la condition humaine, elle ne cesse pas d’être parfaitement fidèle, mais demeure la digne épouse de son Seigneur, et ne cesse de se renouveler sous l’action de l’Esprit Saint, jusqu’à ce que, par la croix, elle parvienne à la lumière qui ne connaît pas de déclin.

Concile Vatican II
Constitution dogmatique sur l’Eglise « Lumen Gentium », § 9

 

 

mardi 24 mars 2020
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Mes enfants,
 
Merci de me lire et de m’accorder vos prières. Il faut en ces temps de jeûne et de prière, accentuer vos efforts d’Amour et de Paix.
Mes enfants, il faut prier pour tous vos frères qui sont dans l’ennui et la tourmente de l’incertitude et du découragement. Priez, Priez, Priez afin que l’Esprit de Dieu apporte son souffle de repos sur ces êtres. Mes enfants, ne laissez pas votre esprit s’égarer en d’illusoires supputations et suppositions d’un avenir que vous ne connaissez pas et que vous cherchez tant à deviner. Vous devez infléchir votre pensée dans la confiance en l’Éternel, Notre Père et Seigneur. Le vagabondage de l’esprit n’est que le reflet de désirs intérieurs et souvent peu conciliables avec votre avenir. Unissez-vous dans une prière ferme et sans détour. Approfondissez par la réflexion les paroles Divines et réalisez la portée de ces messages pour vous guider vous-mêmes, avant de vouloir gérer un itinéraire utopique pour autrui.
 
Marie Mère des hommes – Mars 1995
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