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Archive pour le mot-clef ‘carême’

Maria Dolorosa

vendredi 30 mars 2018

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En union de prière, tous les vendredis soir, à la demande de Marie Mère des hommes, de 21h30 à 22h00.

 

 

 

 

 

 

« La maison fut remplie par l’odeur du parfum. »

lundi 26 mars 2018

« L’arôme de tes parfums est exquis » lit-on dans le Cantique des Cantiques (1,3). J’en distingue plusieurs espèces… Il y a le parfum de la contrition, et celui de la piété ; il y a aussi celui de la compassion… Il y a donc un premier parfum que l’âme compose à son propre usage lorsque, prise au filet de nombreuses fautes, elle commence à réfléchir sur son passé. Elle rassemble alors dans le mortier de sa conscience, pour les agglomérer et les broyer, les multiples péchés qu’elle a commis ; et dans la marmite de son cœur brûlant, elle les fait cuire au feu de la pénitence et de la douleur… Tel est le parfum dont l’âme pécheresse doit couvrir les débuts de sa conversion et oindre ses plaies récentes ; car le premier sacrifice qu’il faut offrir à Dieu, c’est celui d’un cœur repentant. Tant que l’âme, pauvre et misérable, ne possède pas de quoi composer un onguent plus précieux, elle ne doit pas négliger de préparer celui-là, même s’il se fait avec des matières bien viles. Dieu ne méprisera pas un cœur qui s’humilie dans la contrition (Ps 50,19)…

Ce parfum invisible et spirituel ne pourra pas d’ailleurs nous sembler vulgaire, si nous comprenons qu’il est symbolisé par le parfum que, selon l’Évangile, la pécheresse a répandu sur les pieds du Seigneur. Nous lisons, en effet, que « toute la maison fut remplie de cette odeur »… Souvenons-nous du parfum qui envahit toute l’Église par la conversion d’un seul pécheur ; tout pénitent qui se repent devient pour une foule d’autres une odeur de vie qui les éveille à la vie. L’arôme de la pénitence monte jusqu’aux demeures célestes puisque, selon l’Écriture, « le repentir d’un seul pécheur est une grande joie pour les anges de Dieu » (Lc 15,10).

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
10ème sermon sur le Cantique des Cantiques, 4-6 (trad. Beguin, Seuil 1953, p. 152 rev)

 

 

Dimanche des Rameaux et de la Passion

dimanche 25 mars 2018

Courage, fille de Sion, ne crains pas : « Ton roi s’avance vers toi ; il est humble, et monté sur un âne, le petit d’une ânesse ». Il vient, lui qui est partout présent et remplit l’univers, il s’avance pour accomplir en toi le salut de tous. Il vient, « lui qui n’est pas venu appeler les justes mais les pécheurs à la conversion », pour faire sortir du péché ceux qui s’y sont fourvoyés. Ne crains donc pas : « Dieu est au milieu de toi, tu es inébranlable ». Accueille en élevant les mains celui dont les mains ont dessiné tes murailles. Accueille celui qui a accepté en lui-même tout ce qui est nôtre, sauf le péché, pour nous assumer en lui… Réjouis-toi, fille de Jérusalem, chante et danse de joie… « Resplendis, car voici ta lumière, et la gloire du Seigneur se lève sur toi. »

Quelle est cette lumière ? « Celle qui illumine tout homme qui vient au monde » : la lumière éternelle… apparue dans le temps ; lumière manifestée dans la chair et cachée par cette nature humaine ; lumière qui a enveloppé les bergers et conduit les mages ; lumière qui était dans le monde dès le commencement, par qui le monde a été fait et que le monde n’a pas connue ; lumière qui est venue chez les siens et que les siens n’ont pas reçue.

Et la gloire du Seigneur, quelle est-elle ? C’est sans aucun doute la croix sur laquelle a été glorifié le Christ, lui, la splendeur de la gloire du Père. Lui-même le disait à l’approche de sa Passion : « Maintenant, dit-il, le Fils de l’homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui, et il le glorifiera bientôt ». La gloire dont il parle ici, c’est sa montée sur la croix. Oui, la croix est la gloire du Christ et son exaltation. Il l’a dit : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi ».

Saint André de Crète (660-740), moine et évêque
Sermon pour les Rameaux ; PG 97, 1002 (trad. Orval)

(Références bibliques : Za 9,9 ; Lc 5,32 ; Ps 45,6 ; Is 60,1 ; Jn 1,9-11 ; He 1,3 ; Jn 13,31-32 ; Jn 12,32)

 

 

Rends-nous assez forts pour te suivre.

samedi 24 mars 2018

Ô Seigneur, tout ce que tu nous enseignes pourrait sembler trop difficile, trop lourd, si tu parlais d’une autre tribune ; mais puisque tu nous instruis plus par l’exemple que par la parole, toi qui es « Seigneur et Maître » (Jn 13,14), comment oserons-nous dire le contraire, nous qui sommes les serviteurs et les élèves ? Ce que tu dis est parfaitement vrai, ce que tu ordonnes parfaitement juste ; cette croix d’où tu parles l’atteste. Ce sang qui coule à flots témoigne aussi ; il crie de toutes ses forces (Gn 4,10). Et enfin, cette mort même : si elle a pu déchirer à distance le voile du Temple et fendre les pierres les plus dures (Mt 27,51), comment ne ferait-elle pas de même, et plus encore, pour le cœur des croyants ; comment ne les amènerait-elle pas à se soumettre ?

Seigneur, nous voulons te rendre amour pour amour ; et si le désir de te suivre ne procède pas encore de notre amour pour toi, car il est bien faible, qu’il vienne du moins de notre amour de ton amour. Si tu nous attires après toi, « nous courrons à l’odeur de tes parfums » (Ct 1,4 LXX) : nous ne désirons pas seulement t’aimer, te suivre, mais nous sommes résolus à mépriser ce monde… lorsque nous voyons que toi, notre chef, tu n’as pas accaparé les joies de cette vie. Nous te voyons affronter la mort, non dans un lit, mais sur le bois qui rend la justice ; bien que roi, tu ne veux pas avoir d’autre trône que ce gibet… Entraînés par ton exemple de roi plein de sagesse, nous repoussons l’appel de ce monde et de son luxe, et prenant ta croix sur nos épaules, nous nous proposons de te suivre, toi seul… Accorde-nous seulement l’aide nécessaire ; rends-nous assez forts pour te suivre.

Saint Robert Bellarmin (1542-1621), jésuite, évêque et docteur de l’Église
La Montée de l’âme vers Dieu (trad. rev. Tournay)

 

 

 

« J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes de la part du Père. Pour laquelle voulez-vous me lapider ? »

vendredi 23 mars 2018

Au Christ Jésus tu dois toute ta vie, puisqu’il a donné sa vie pour ta vie, et qu’il a supporté des tourments amers pour que tu ne supportes pas de tourments éternels… Qu’est-ce qui ne te semblera pas doux, lorsque tu auras rassemblé dans ton cœur toutes les amertumes de ton Seigneur ? … Comme les cieux sont plus hauts que la terre (Is 55,9), ainsi sa vie est plus haute que notre vie, et pourtant elle a été donnée pour notre vie. Comme le néant ne peut être comparé à nulle autre chose, de même notre vie n’a pas de proportion avec la sienne…

Lorsque je lui aurai consacré tout ce que je suis, tout ce que je peux, ce sera comme une étoile comparée au soleil, une goutte d’eau à un fleuve, une pierre à une tour, un grain de sable à une montagne. Je n’ai rien sinon deux petites choses, et même très menues : mon corps et mon âme, ou plutôt une seule petite chose : ma volonté. Et je ne la donnerais pas à celui qui a prévenu de tant de bienfaits un être aussi petit que moi, à celui qui, en se donnant tout entier, m’a racheté tout entier ? Autrement, si je garde pour moi ma volonté, avec quel visage, avec quels yeux, avec quel esprit, avec quelle conscience irais-je me réfugier près du cœur de la miséricorde de notre Dieu ? Oserais-je percer ce rempart très fort qui garde Israël, et faire couler pour prix de mon rachat, non pas quelques gouttes, mais les flots de ce sang qui coule des cinq parties de son corps ?

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
Sermons divers, n° 22, 5-6 (trad. Brésard, 2000 ans, p.104 rev)

 

 

 

« Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? »

jeudi 22 mars 2018

Il y aurait beaucoup à dire sur la foi. Il nous suffira de jeter un coup d’œil sur l’un des modèles que l’Ancien Testament nous donne, sur Abraham, puisque nous sommes ses fils par la foi. Celui-ci n’a pas été justifié seulement par les œuvres, mais aussi par la foi. Il avait fait bien des bonnes actions, mais il n’a été appelé ami de Dieu qu’après avoir fait preuve de sa foi ; toutes ses œuvres ont tiré leur perfection de sa foi. C’est par la foi qu’il a quitté ses parents ; c’est par la foi qu’il a laissé patrie, pays, maison. De la manière dont il a été justifié, toi aussi, deviens juste ! Par la suite, son corps est devenu incapable d’être père, car il était devenu fort âgé. Sara à qui il s’était uni, était vieille elle aussi ; ils n’avaient donc aucun espoir de postérité. Or Dieu annonce à ce vieillard qu’il deviendrait père, et la foi d’Abraham n’a pas fléchi. Considérant que son corps était déjà bien près de la mort, il ne table pourtant pas sur son impuissance physique, mais sur la puissance de celui qui avait promis, car il jugeait digne de foi celui qui lui avait fait cette promesse. C’est ainsi que de deux corps déjà marqués, en quelque sorte, par la mort, un enfant est né merveilleusement…

C’est l’exemple de la foi d’Abraham qui nous rend tous enfants d’Abraham. De quelle manière ? Les hommes considèrent comme incroyable une résurrection des morts, tout comme il est incroyable que des vieillards déjà marqués par la mort, engendrent une postérité. Mais lorsqu’on nous annonce la bonne nouvelle du Christ, crucifié sur le bois, mort et ressuscité, nous le croyons. C’est donc par la ressemblance de sa foi que nous entrons dans la filiation d’Abraham. Et alors, avec la foi, nous recevons comme lui le sceau spirituel, circoncis dans le baptême par le Saint-Esprit.

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l’Église
Catéchèses baptismales, n° 5 (trad. Brésard, 2000 ans C, p. 232)

 

 

 

« Élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12,32)

mardi 20 mars 2018

Sache et comprends bien, frère…, qu’il y a beaucoup de serpents dans le désert qui mordent la multitude de tes pensées, c’est à dire des injures, des médisances, des angoisses, des murmures, des disputes, des calomnies qui sont lancées contre toi… Mais si tu veux leur échapper, fais ce que faisaient les Israélites… : ils regardaient le serpent d’airain que Moïse avait dressé sur le sommet de la montagne, et tous ceux qui obéissaient et le regardaient était guéri. Toi aussi, lorsque tu te vois mordu par un de ces serpents, regarde notre Seigneur Jésus Christ suspendu à la croix… Comme le dit l’apôtre Paul : « Fixe les yeux sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de notre foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré l’humiliation de la croix » (He 12,2)…

Voici en peu de mots comment il te faut avoir les yeux fixée sur lui quand tu es mordu par les serpents : quand tu es déshonoré, fixe les yeux sur lui ; lui aussi a été déshonoré pour toi, il a été traité de démon et de Samaritain (Jn 8,48)…, on l’a bafoué et giflé, on lui a craché au visage, on lui a donné à boire du vinaigre et du fiel, on lui a frappé la tête avec un roseau. Si tu es mordu par une pensée de vanité, parce qu’on te confie des services importants, souviens-toi de la parole de notre Seigneur : « Quand vous aurez fait tout ce qu’on vous a commandé, dites : Nous sommes des serviteurs quelconques » (Lc 17,10). Si tu as envie de mépriser ton frère à cause de sa faiblesse, fixe les yeux sur celui qui montrait plus de sollicitude pour les pécheurs, les publicains et les prostituées, pour les convertir par sa rencontre, plutôt que pour justes qui n’avaient pas besoin de conversion (Lc 5,30-32). Et lorsque les penchants naturels et les démons t’accablent, fixe les yeux sur lui, étendu sur la croix, les mains et les pieds fixés par les clous…

Sans cesse médite sur ces choses en ton cœur, et le venin des serpents disparaîtra de ton cœur. Car par sa crucifixion, Jésus est plus proche de toi que le serpent d’airain ne l’était des Hébreux : il habite ton cœur, et dans les replis secrets de ton âme la lumière de son visage glorieux resplendit.

Philoxène de Mabboug (?-v. 523), évêque en Syrie
Lettre sur la vie monastique (trad. Graffin, Orient chrétien VI 1961, p. 339 rev. ; cf En Calcat)

 

 

 

Bulletin Mars 2018

lundi 19 mars 2018

bulletin mars 2018

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N’aimez pas votre vie en ce monde

dimanche 18 mars 2018

Votre foi reconnaît quel est ce grain de blé tombé en terre et qui y meurt avant de porter beaucoup de fruit ; il habite en votre âme ; aucun chrétien ne doute que le Christ n’ait parlé de lui-même… Écoutez-moi, grains de blé sacrés qui sont ici, je n’en ai aucun doute…, ou plutôt écoutez par moi le premier grain de blé, qui vous dit : n’aimez pas votre vie en ce monde ; ne l’aimez pas si vous l’aimez vraiment, car c’est en ne l’aimant pas que vous la sauverez… « Celui qui aime sa vie en ce monde la perdra. »

C’est le grain tombé en terre qui parle ainsi, celui qui est mort pour porter beaucoup de fruit. Écoutez-le, parce que ce qu’il dit, il l’a fait. Il nous instruit, et il nous montre le chemin par son exemple. Le Christ, en effet, n’a pas revendiqué sa vie en ce monde — il est venu pour la perdre, la livrer pour nous, et pour la reprendre quand il le voulait… : « J’ai le pouvoir de donner ma vie, et le pouvoir de la reprendre. Personne ne me l’enlève mais c’est moi qui la donne » (Jn 10,18).

Alors comment, avec une telle puissance divine, a-t-il pu dire : « Maintenant, mon âme est troublée » ? Comment, avec une telle puissance, cet Homme-Dieu est-il troublé, sinon qu’il porte l’image de notre faiblesse ? Quand il dit : « J’ai le pouvoir de donner ma vie, et le pouvoir de la reprendre », le Christ se montre tel qu’il est en lui-même. Mais quand il est troublé à l’approche de la mort, le Christ se montre tel qu’il est en toi.

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 305, 4e pour la fête de saint Laurent

 

 

 

« C’est lui le Messie. »

samedi 17 mars 2018

La signification véritable de la miséricorde ne consiste pas seulement dans le regard tourné vers le mal, fût-il chargé de compassion… : la miséricorde se manifeste quand elle… tire le bien de toutes les formes de mal qui existent dans le monde et dans l’homme. Ainsi entendue, elle constitue le contenu fondamental du message messianique du Christ… [Ce] message et l’activité du Christ parmi les hommes s’accomplissent avec la croix et la résurrection… La dimension divine de la rédemption nous dévoile… la profondeur de l’amour qui ne recule pas devant l’extraordinaire sacrifice du Fils pour satisfaire la fidélité du Créateur et Père à l’égard des hommes…

Les événements du Vendredi Saint, et auparavant encore la prière à Gethsémani, introduisent un changement fondamental dans tout le déroulement de la révélation de l’amour et de la miséricorde de Dieu, dans la mission messianique du Christ. Celui qui « est passé en faisant le bien et en rendant la santé », « en guérissant toute maladie et toute langueur » (Ac 10,38; Mt 9,35), semble maintenant être lui-même digne de la plus grande miséricorde, et faire appel à la miséricorde, quand il est arrêté, outragé, condamné, flagellé, couronné d’épines, quand il est cloué à la croix et expire dans des tourments atroces. C’est à ce moment-là qu’il est particulièrement digne de la miséricorde des hommes qu’il a comblés de bienfaits, et il ne la reçoit pas. Même ceux qui lui sont les plus proches ne savent pas le protéger et l’arracher aux mains des oppresseurs. Dans cette étape finale de la fonction messianique, s’accomplissent dans le Christ les paroles des prophètes, et surtout celles d’Isaïe, au sujet du Serviteur du Seigneur : « Dans ses blessures, nous trouvons la guérison » (53,5)…

« Celui qui n’avait pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous », écrira saint Paul (2Co 5,21), résumant en peu de mots toute la profondeur du mystère de la croix et en même temps la dimension divine de la réalité de la rédemption. Or cette rédemption est la révélation ultime et définitive de la sainteté de Dieu, qui est la plénitude absolue de la perfection.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Encyclique « Dives in misericordia », 7 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)