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Archive pour le mot-clef ‘création’

« De Galilée, de Judée, d’Idumée, de Tyr et de Sidon, » « venez à moi vous tous ! »

jeudi 21 janvier 2021

Dieu n’a pas créé l’homme pour qu’il se perde, mais pour qu’il vive éternellement : ce dessein demeure immuable. (…) Car « il veut que tous les hommes soient sauvés, et qu’ils viennent à la connaissance de la vérité » (1Tm 2,4). « C’est la volonté de votre Père qui est dans les cieux, dit Jésus, qu’aucun de ces petits ne se perde » (Mt 18,14). Ailleurs aussi il est écrit : « Dieu ne veut pas qu’une seule âme périsse ; il diffère l’exécution de ses décrets, afin que celui qui a été rejeté ne se perde pas sans retour » (2Sm 14,14 Vulg ; cf 2P 3,9). Dieu est véridique ; il ne ment pas lorsqu’il assure avec serment : « Je suis vivant ! Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse de sa voie mauvaise et qu’il vive » (Ez 33,11). (…)

Peut-on alors penser, sans un sacrilège énorme, qu’il ne veuille pas le salut de tous entièrement mais seulement de quelques uns ? Quiconque se perd, se perd contre la volonté de Dieu. Chaque jour il lui crie : « Convertissez-vous de votre voie mauvaise ! Pourquoi mourriez-vous maison d’Israël ? » (Ez 33,11) Et de nouveau, (…) il insiste : « Pourquoi ce peuple s’est-il détourné de moi avec tant d’obstination ? Ils ont endurci leur front ; ils n’ont pas voulu revenir » (Jr 8,5; 5,3). La grâce du Christ est donc toujours à notre disposition. Comme il veut que tous les hommes soient sauvés, (…) il les appelle tous sans exception : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués, vous qui ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai » (Mt 11,28).

Saint Jean Cassien (v. 360-435)

 

 

« Tu te souviendras du jour du sabbat pour le sanctifier. » (Ex 20,8)

mardi 19 janvier 2021

La vie du corps, quelque précieuse et désirable qu’elle soit, n’est pas le but dernier de notre existence. Elle est une voie et un moyen pour arriver, par la connaissance du vrai et l’amour du bien, à la perfection de la vie de l’âme. C’est l’âme qui porte gravée en elle-même l’image et la ressemblance de Dieu (Gn 1,26). C’est en elle que réside cette souveraineté dont l’homme fut investi quand il reçut l’ordre de s’assujettir la nature inférieure et de mettre à son service les terres et les mers (Gn 1,28). (…) À ce point de vue, tous les hommes sont égaux ; point de différences entre riches et pauvres, maîtres et serviteurs, princes et sujets : « Ils n’ont tous qu’un même Seigneur » (Rm 10,12).

Il n’est permis à personne de violer impunément cette dignité de l’homme que Dieu lui-même traite avec un grand respect, ni d’entraver la marche de l’homme vers cette perfection qui correspond à la vie éternelle et céleste. (…)

C’est de là que découle la nécessité du repos et de la cessation du travail aux jours du Seigneur. Le repos, d’ailleurs, ne doit pas être entendu comme une plus large part faite à une stérile oisiveté, ou encore moins (…) comme un chômage fauteur des vices et dissipateur des salaires, mais bien comme un repos sanctifié par la religion. (…) Tel est surtout le caractère et la raison de ce repos du septième jour dont Dieu avait fait même déjà dans l’Ancien Testament un des principaux articles de la Loi : « Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat » (Ex 20,8), et dont il avait lui-même donné l’exemple par ce mystérieux repos pris aussitôt après qu’il eût créé l’homme : « Il se reposa le septième jour de tout le travail qu’il avait fait » (Gn 2,2).

Léon XIII

 

 

« Silence ! Sors de cet homme. »

mardi 12 janvier 2021

« Jésus menaça le démon en disant : ‘ Tais-toi, et sors de cet homme. ‘ » La Vérité n’a nul besoin du témoignage du Menteur. « Je ne suis pas venu me faire confirmer par ton témoignage mais t’expulser de celui que j’ai créé…; je n’ai pas besoin de la reconnaissance de celui que je voue au déchirement. Tais-toi ! Que ton silence soit ma louange. Je ne veux pas être loué par ta voix, mais tes tourments ; ton châtiment c’est ma louange… Tais-toi, et sors de l’homme ! » C’est comme s’il disait : « Sors de chez moi ; que fais-tu dans ma demeure ? Moi, je désire entrer : alors, tais-toi, et sors de l’homme, cet être doué de raison. Sors de l’homme ! Quitte cette demeure qui a été préparée pour moi ! Le Seigneur veut sa maison, sors de cet homme »…

Voyez à quel point l’âme de l’homme est précieuse. Cela va à l’encontre de ceux qui pensent que nous, les hommes, et les animaux avons une âme identique et que nous sommes animés d’un même esprit. À un autre moment, le démon est expulsé d’un seul homme et il est envoyé dans deux mille porcs (Mt 8,32) : ce qui est précieux est sauvé, ce qui est vil est perdu. « Sors de l’homme, va-t’en chez les porcs…, va où tu veux, va-t’en aux abîmes. Laisse l’homme, ma propriété privée… Je ne te laisserai pas posséder l’homme, car ce serait un outrage pour moi si tu t’installais en lui à ma place. J’ai assumé un corps humain, j’habite dans l’homme : cette chair que tu possèdes fait partie de ma chair, sors de cet homme ! »

Saint Jérôme (347-420)

 

 

Un lépreux réintégré à la société

vendredi 8 janvier 2021

Le regard de la foi chrétienne a apporté de nombreux bienfaits à la cité des hommes pour leur vie en commun ! Grâce à la foi, nous avons compris la dignité unique de chaque personne, qui n’était pas si évidente dans le monde antique. Au deuxième siècle, le païen Celse reprochait aux chrétiens ce qui lui paraissait une illusion et une tromperie : penser que Dieu avait créé le monde pour l’homme, le plaçant au sommet de tout le cosmos. (…) Au centre de la foi biblique, se trouve l’amour de Dieu, sa sollicitude concrète pour chaque personne, son dessein de salut qui embrasse toute l’humanité et la création tout entière, et qui atteint son sommet dans l’incarnation, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Quand cette réalité est assombrie, il vient à manquer le critère pour discerner ce qui rend la vie de l’homme précieuse et unique. L’homme perd sa place dans l’univers et s’égare dans la nature en renonçant à sa responsabilité morale, ou bien il prétend être arbitre absolu en s’attribuant un pouvoir de manipulation sans limites.

La foi (…), en nous révélant l’amour du Dieu Créateur, nous fait respecter davantage la nature, en nous faisant reconnaître en elle une grammaire écrite par lui et une demeure qu’il nous confie, afin que nous en prenions soin et la gardions. Elle nous aide à trouver des modèles de développement qui ne se basent pas seulement sur l’utilité et sur le profit, mais qui considèrent la création comme un don dont nous sommes tous débiteurs.

Pape François

 

 

Le Dieu des vivants

mercredi 3 juin 2020

C’est une vérité fondamentale que l’Écriture et la Tradition ne cessent d’enseigner et de célébrer : « Le monde a été créé pour la gloire de Dieu ». Dieu a créé toutes choses, explique saint Bonaventure, « non pour accroître sa gloire, mais pour manifester et communiquer cette gloire ». Car Dieu n’a pas d’autre raison pour créer que son amour et sa bonté : « C’est la clé de l’amour qui a ouvert sa main pour produire les créatures » (S. Thomas d’Aquin). (…)

La gloire de Dieu c’est que se réalise cette manifestation et cette communication de sa bonté en vue desquelles le monde a été créé. Faire de nous « des fils adoptifs par Jésus Christ : tel fut le dessein bienveillant de sa volonté à la louange de gloire de sa grâce » (Ep 1,5-6). « Car la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu : si déjà la révélation de Dieu par la création procura la vie à tous les êtres qui vivent sur la terre, combien plus la manifestation du Père par le Verbe procure-t-elle la vie à ceux qui voient Dieu » (S. Irénée). La fin ultime de la création, c’est que Dieu, « qui est le Créateur de tous les êtres, devienne enfin ‘tout en tous’ (1 Co 15,28), en procurant à la fois sa gloire et notre béatitude » (Vatican II).

Catéchisme de l’Église catholique

 

 

 

 

En Christ Dieu nous fait passer de son image à sa ressemblance (Gn 1,27)

mardi 2 juin 2020

Pourquoi, homme, te méprises-tu tellement, alors que tu es si précieux pour Dieu ? Pourquoi, lorsque Dieu t’honore par la naissance du Christ en notre chair, te déshonores-tu à ce point ? Pourquoi cherches-tu comment tu as été fait et ne recherches-tu pas en vue de quoi tu es fait ? Est-ce que toute cette demeure du monde que tu vois n’a pas été faite pour toi ? C’est pour toi que la lumière se répand et dissipe les ténèbres, c’est pour toi que la nuit est réglée, pour toi que le jour est mesuré ; pour toi que le ciel rayonne des splendeurs diverses du soleil, de la lune et des étoiles ; pour toi que la terre est émaillée de fleurs, d’arbres et de fruits ; pour toi que cette foule étonnante d’animaux a été créée, dans l’air, dans les champs, dans l’eau si belle, pour qu’une lugubre solitude ne gâte pas la joie du monde nouveau. (…)

En outre, le Créateur cherche ce qu’il peut bien ajouter à ta dignité : il dépose en toi son image (Gn 1,27), afin que cette image visible rende présent sur terre le Créateur invisible, et il te confie la gérance des biens terrestres, afin qu’un aussi vaste domaine n’échappe pas au représentant du Seigneur. (…) Et ce que Dieu a fait en toi par sa puissance, il a eu la bonté de l’assumer en lui-même ; il a voulu se manifester vraiment dans l’homme en qui, jusqu’alors, il n’était apparu qu’en image. Il a donné à l’homme d’être en réalité ce qu’il n’était auparavant que par une simple ressemblance. (…) Le Christ naît donc pour rendre toute son intégrité à la nature déchue.

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

 

 

 

Le doigt de Dieu

vendredi 11 octobre 2019

L’homme est un mélange d’âme et de chair, une chair formée selon la ressemblance de Dieu et modelée par ses deux Mains, c’est-à-dire le Fils et l’Esprit. C’est à eux qu’il a dit : « Faisons l’homme » (Gn 1,26). (…)

Mais comment seras-tu divinisé un jour si tu n’as pas encore été fait homme ? Comment seras-tu parfait, alors que tu viens à peine d’être créé ? Comment seras-tu immortel, alors que, dans une nature mortelle, tu n’as pas obéi à ton Créateur ? (…) Puisque tu es l’ouvrage de Dieu, attends patiemment la Main de ton Artiste, qui fait toutes choses en temps opportun. Présente-lui un cœur souple et docile et garde la forme que t’a donnée cet Artiste, ayant en toi l’eau qui vient de lui et sans quoi, en t’endurcissant, tu rejetterais l’empreinte de ses doigts.

En te laissant former par lui, tu monteras à la perfection, car par cet art de Dieu va être cachée l’argile qui est en toi ; sa Main a créé ta substance. (…) Mais si, en t’endurcissant, tu repousses son art et te montres mécontent de ce qu’il t’a fait homme, tu auras rejeté par ton ingratitude envers Dieu non seulement son art mais la vie elle-même ; car former est le propre de la bonté de Dieu et être formé est le propre de la nature de l’homme. Si donc tu te livres à lui en lui donnant ta foi en lui et la soumission, tu recevras le bénéfice de son art et tu seras le parfait ouvrage de Dieu. Si, au contraire, tu lui résistes et si tu fuis ses Mains, la cause de ton inachèvement résidera en toi qui n’as pas obéi, non en lui.

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

 

 

 

 

L’amour de Dieu, source de l’amour du prochain

dimanche 4 novembre 2018

Comme Dieu « créa l’homme à son image et ressemblance » (Gn 1,26), aussi a-t-il ordonné un amour pour l’homme à l’image et ressemblance de l’amour qui est dû à sa divinité : « Tu aimeras, dit-il, le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur ; c’est le premier et le plus grand commandement. Or le second est semblable à lui : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Pourquoi aimons-nous Dieu ? « La cause pour laquelle on aime Dieu », dit saint Bernard, « c’est Dieu même », comme s’il disait que nous aimons Dieu parce qu’il est la très souveraine et très infinie bonté. Pourquoi nous aimons-nous nous-mêmes en charité ? Certes, c’est parce que nous sommes « l’image et ressemblance de Dieu ». Et puisque tous les hommes ont cette même dignité, nous les aimons aussi comme nous-mêmes, c’est-à-dire en qualité de très saintes et vivantes images de la divinité.

C’est en cette qualité-là que Dieu ne fait nulle difficulté de se dire notre Père et nous nommer ses enfants ; c’est en cette qualité que nous sommes capables d’être unis à sa divine essence par la jouissance de sa souveraine bonté et félicité ; c’est en cette qualité que nous recevons sa grâce et que nos esprits sont associés au sien très saint, « rendus participants de sa divine nature » (2P 1,4). Et c’est donc ainsi que la même charité qui produit les actes de l’amour de Dieu produit également ceux de l’amour du prochain. Tout comme Jacob vit qu’une même échelle touchait le ciel et la terre, servant également aux anges pour descendre comme pour monter (Gn 28,12), nous savons aussi qu’une même dilection s’étend à chérir Dieu et le prochain.

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l’Église

 

 

 

Le sabbat du huitième jour, achèvement de la création

lundi 10 septembre 2018

À propos du sabbat, il est écrit dans les dix paroles que Dieu a prononcées en face de Moïse sur le mont Sinaï : « Sanctifiez le sabbat du Seigneur avec des mains pures et un cœur pur » et ailleurs : « Si mes fils gardent le sabbat, je répandrai sur eux ma pitié » (cf Ex 20,8; Ps 23,4). Il évoque le sabbat dès les origines du monde : « Dieu fit en six jours l’ouvrage de ses mains. Le septième jour, il l’acheva, et ce jour-là, il se reposa et le sanctifia » (Gn 2,2-3). Faites attention, mes enfants, au sens de ces mots : « Il l’acheva en six jours ». Ils indiquent que le Seigneur mettra fin à l’univers…; l’univers parviendra à sa fin. « Et le septième jour il se reposa » : autrement dit, lorsque le Fils viendra achever ce délai accordé aux pécheurs, juger les impies et transformer le soleil, la lune et les étoiles, alors, le septième jour, il se reposera dans la gloire. Il est dit encore : « Tu le sanctifieras avec des mains pures et un cœur pur ». S’il existait aujourd’hui un homme au cœur pur, capable de sanctifier le jour que Dieu a sanctifié, notre erreur serait totale… Nous ne sanctifierons ce jour dans l’honneur et le repos que lorsque nous en aurons été rendu capables, que les promesses auront été exaucées, que le mal aura disparu, que le Seigneur aura fait toutes choses nouvelles : alors nous pourrons sanctifier ce jour, ayant été nous-mêmes sanctifiés d’abord.

L’Épître dite de Barnabé (vers 130)

 

 

 

 

 

« Il a bien fait toutes choses. »

dimanche 9 septembre 2018

La Loi divine raconte les œuvres que Dieu a accomplies à la création du monde, et elle ajoute : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : c’était très bon » (Gn 1,31)… L’Évangile rapporte l’œuvre de la rédemption et de la nouvelle création, et il dit de la même manière : « Il a bien fait toutes choses » (Mc 7,37)… Assurément, par sa nature, le feu ne peut répandre que de la chaleur, et il ne peut pas produire du froid ; le soleil ne diffuse que de la lumière, et il ne peut pas être cause de ténèbres. De même, Dieu ne peut faire que des choses bonnes, car il est la bonté infinie, la lumière même. Il est le soleil qui répand une lumière infinie, le feu qui donne une chaleur infinie : « Il a bien fait toutes choses »… La Loi dit que tout ce que Dieu a fait était bon, et l’Évangile qu’il a bien fait toutes choses. Or, faire de bonnes choses n’est pas purement et simplement les faire bien. Beaucoup, à la vérité, font de bonnes choses sans les faire bien, comme les hypocrites qui font certes de bonnes choses, mais dans un mauvais esprit, avec une intention perverse et fausse. Dieu, lui, fait toutes choses bonnes et il les fait bien. « Le Seigneur est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu’il fait » (Ps 144,17)… Et si Dieu, sachant que nous trouvons notre joie dans ce qui est bon, a fait pour nous toutes ses œuvres bonnes et les a bien faites, pourquoi, de grâce, ne nous dépensons-nous pas pour ne faire que des œuvres bonnes et les bien faire, dès lors que nous savons que Dieu y trouve sa joie ?

Saint Laurent de Brindisi (1559-1619), capucin, docteur de l’Église