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Archive pour le mot-clef ‘Dieu le Père’

« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

mardi 19 juin 2018

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi… » La Loi, en effet, exigeait l’amour du prochain et laissait la liberté de haïr l’ennemi. La foi prescrit d’aimer ses ennemis. Par le sentiment universel de la charité elle brise les mouvements de violence qui sont dans l’esprit de l’homme, non seulement en empêchant la colère de se venger, mais encore en l’apaisant jusqu’à nous faire aimer celui qui a tort. Aimer ceux qui vous aiment appartient aux païens, et tout le monde a de l’affection pour ceux qui nous en donnent. Le Christ nous appelle donc à vivre en enfants de Dieu, et à imiter Celui qui, par l’avènement de son Christ, accorde aux bons comme aux coupables le soleil et la pluie dans les sacrements du baptême et de l’Esprit. Ainsi il nous forme à la vie parfaite par ce lien d’une bonté envers tous, en nous appelant à imiter un Père dans le ciel qui est parfait.

Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
Sur Matthieu, IV, 27 (trad. SC 254, p. 149 rev.)

 

 

 

« Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi. »

jeudi 15 mars 2018

 

Moïse a été persécuté, comme Jésus a été persécuté. On le dissimula à sa naissance pour qu’il ne soit pas tué par ses persécuteurs ; Jésus, on le fit fuir en Égypte à sa naissance, pour qu’Hérode, son persécuteur, ne le tue pas. Au jour où naquit Moïse, on noyait les petits enfants dans le fleuve ; à la naissance de Jésus, on tua les petits enfants de Bethléem et des alentours. À Moïse, Dieu dit : « Ils sont morts, les gens qui en veulent à ta vie » (Ex 4,19), et l’ange dit à Joseph en Égypte : « Lève-toi, prends le petit et va-t’en au pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en veulent à la vie de l’enfant » (Mt 2,20). Moïse fit sortir son peuple de la servitude de Pharaon ; Jésus sauva tous les peuples de la servitude de Satan… Quand Moïse immola l’agneau, les premiers-nés des Égyptiens furent tués ; Jésus devint l’agneau véritable quand on le crucifia… Moïse fit descendre la manne pour son peuple ; Jésus donna son corps aux peuples. Moïse adoucit les eaux amères par le bois ; Jésus adoucit notre amertume en étant crucifié sur le bois. Moïse fit descendre la Loi pour le peuple ; Jésus donna des Testaments aux peuples. Moïse vainquit les Amalécites en étendant les mains ; Jésus vainquit Satan par le signe de la croix.

Moïse fit sortir l’eau de la pierre pour le peuple ; Jésus envoya Simon Pierre porter son enseignement chez les peuples. Moïse ôtait le voile de son visage pour parler avec Dieu ; Jésus ôta le voile qui était sur le visage des peuples, pour qu’ils entendent et reçoivent son enseignement (2Co 3,16). Moïse imposa la main aux anciens et ils reçurent le sacerdoce ; Jésus imposa la main à ses apôtres et ils reçurent l’Esprit saint. Moïse monta sur la montagne et il y mourut ; Jésus monta aux cieux et s’assit à la droite de son Père.

Aphraate (?-v. 345), moine et évêque près de Mossoul
Les Exposés, n° 21 (trad. SC 359, p. 822)

 

 

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. »

dimanche 11 mars 2018

Dieu ne pouvait-il pas fournir au monde un autre remède que celui de la mort de son Fils ?… Assurément, et il pouvait nous racheter par mille autres moyens que celui de la mort de son Fils ; mais il ne l’a pas voulu, car ce qui était suffisant à notre salut ne l’était pas à assouvir son amour. Et pour nous montrer combien il nous aimait, ce divin Fils est mort de la mort la plus rude et ignominieuse qui est celle de la croix.

Que reste-il donc, et quelle conséquence pourrons-nous tirer de cela, sinon que, puisqu’il est mort d’amour pour nous, nous mourions aussi d’amour pour lui, ou, si nous ne pouvons mourir d’amour, que du moins nous ne vivions autrement que pour lui ?… C’est de quoi se plaignait le grand saint Augustin : « Seigneur, disait-il, est-il possible que l’homme sache que vous êtes mort pour lui et qu’il ne vive pas pour vous ? » Et ce grand amoureux, saint François : « Ah, disait-il en sanglotant, vous êtes mort d’amour et personne ne vous aime ! »…

Il n’y a pas d’autre rédemption qu’en cette croix. Ô Dieu, quelle grande utilité et quel profit pour nous que de contempler la croix et la Passion ! Est-il possible de contempler cette humilité de notre Sauveur sans devenir humble et sans aimer les humiliations ? Peut-on voir son obéissance sans être obéissant ? Oh non, certes, nul n’a jamais regardé notre Seigneur crucifié et est resté mort ou malade. Et au contraire, tous ceux qui meurent, c’est parce qu’ils refusent de le regarder, comme ceux d’entre les enfants d’Israël qui n’avaient pas voulu regarder le serpent que Moïse avait fait dresser sur la colonne.

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l’Église
OC Annecy, t. 10, p. 363 (in Desjardins, Le Livre des quatre amours, p. 44 ; français modernisé)

 

 

 

« La colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. » (Jc 1,20)

jeudi 15 juin 2017

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Le saint et illustre patriarche Joseph, renvoyant ses frères d’Égypte en la maison de son père, leur donna ce seul avis : « Ne vous courroucez point en chemin » (Gn 45,24). Je vous en dis de même : cette misérable vie n’est qu’un acheminement à la vie bienheureuse ; ne nous courrouçons donc point en chemin les uns avec les autres, marchons avec la troupe de nos frères et compagnons doucement et paisiblement. Mais je vous dis nettement et sans exception, ne vous courroucez point du tout, s’il est possible, et ne recevez aucun prétexte quel qu’il soit pour ouvrir la porte de votre cœur au courroux. Car saint Jacques dit tout court et sans réserve que « la colère de l’homme n’opère point la justice de Dieu » (1,20).

Il faut vraiment résister au mal et réprimer les vices de ceux que nous avons en charge, constamment et vaillamment, mais doucement et paisiblement… On ne prise pas tant la correction qui sort de la passion, quoique accompagnée de raison, que celle qui n’a aucune autre origine que la raison seule. Que si la colère gagne la nuit et que « le soleil se couche sur notre ressentiment » (Ep 4,26), se convertissant en haine, il n’y a quasi plus moyen de s’en défaire. Car elle se nourrit de mille fausses persuasions, puisque jamais nul homme courroucé ne pensa son courroux être injuste.

Il est donc mieux d’entreprendre de savoir vivre sans colère que de vouloir user modérément et sagement de la colère, et quand par imperfection et faiblesse nous nous trouvons surpris par elle, il est mieux de la repousser promptement que de vouloir marchander avec elle.

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l’Église
Introduction à la vie dévote, III, 8

 

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12,44-50.

mercredi 10 mai 2017

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En ce temps-là, Jésus s’écria : « Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé ;
et celui qui me voit voit Celui qui m’a envoyé.
Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.
Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle, moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver.
Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée : c’est elle qui le jugera au dernier jour.
Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé : le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ;
et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit. »

 

 

 

« Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu. »

jeudi 27 avril 2017

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,31-36.

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« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,
il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.
Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai.
En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure.
Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

 

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Le Seigneur nous a dit : « Scrutez les Écritures » (Jn 5,39). Scrutez-les donc et retenez avec beaucoup d’exactitude et de foi tout ce qu’elles disent. Ainsi, connaissant clairement la volonté de Dieu…, vous serez capables de distinguer, sans vous tromper, le bien du mal, au lieu de prêter l’oreille à n’importe quel esprit et d’être emportés par des pensées nuisibles.

Soyez certains, mes frères, que rien n’est aussi favorable à notre salut que l’observance des divins préceptes du Seigneur… Il nous faudra toutefois beaucoup de crainte, de patience et de persévérance dans la prière pour que nous soit révélé le sens d’un seul mot du Maître, pour que nous connaissions le grand mystère caché dans ses moindres paroles, et que nous soyons prêts à donner notre vie pour un seul petit trait des commandements de Dieu (cf Mt 5,18).

Car la parole de Dieu est comme une épée à deux tranchants (He 4,12) qui taille et coupe l’âme de toute convoitise et de tout instinct de la chair. Plus que cela, elle devient aussi comme un feu brûlant (Jr 20,9) lorsqu’elle ranime l’ardeur de notre âme, lorsqu’elle nous fait mépriser toutes les tristesses de la vie et considérer les épreuves comme une joie (Jc 1,2), lorsque, devant la mort que redoutent les autres hommes, elle nous fait désirer et embrasser la vie, en nous donnant le moyen d’y parvenir.

Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec
Catéchèses, 3 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 293 rev ; cf SC 96, p. 305)

 

 

 

 

Tempête

samedi 28 janvier 2017

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Vous serez l’assise d’un Renouveau, et en temps utile je vous révélerai le juste savoir pour rentrer dans l’intimité de Dieu le Père et pour que Lui le Créateur soit dans l’intimité de vous-mêmes. De prendre Dieu le Père à partie pour les déboires de la vie n’est que le fait de se voiler les yeux de vos erreurs. Vous oubliez pourtant toujours de le remercier du bonheur que vous ressentez. Apprenez donc à tout lui remettre, bonheur et négativité, afin qu’il le gère pour vous, vous permettant ainsi de le reconnaître tel qu’Il est : Puissance incontestable et inséparable de l’Univers Eternel. Merci de cette écoute, que votre cœur s’ouvre, car le nôtre se déchire à contempler le désordre humain.

Marie Mère des hommes – janvier 1994

 

 

 

« Pour entrer dans le Royaume des cieux…, il faut faire la volonté de mon Père. »

jeudi 23 juin 2016

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Quoi de plus doux pour nous, frères, que la voix du Seigneur qui nous invite ? Voici que, dans sa tendresse, le Seigneur nous indique le chemin de la vie… Si nous voulons habiter dans la demeure de son Royaume, hâtons-nous par de bonnes actions, sinon nous n’y parviendrons jamais. Avec le prophète, interrogeons le Seigneur en ces termes : « Seigneur, qui habitera en ta demeure et qui reposera sur ta sainte montagne ? » (Ps 14,1) A cette question, frères, écoutons le Seigneur répondre et nous montrer le chemin vers cette demeure : « Celui qui se conduit parfaitement et agit avec justice, qui dit la vérité du fond du cœur…, qui ne fait pas de mal à son prochain et n’admet pas qu’on déshonore son voisin » (v. 2-3)…

Dans la crainte du Seigneur, ces hommes-là ne se vantent pas de leur bonne conduite ; ils estiment que ce qu’il y a de bien en eux ne peut être de leur fait, mais vient du Seigneur… : « Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire » (Ps 113b,1). Ainsi l’apôtre Paul disait : « C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis » (1Co 15,10)… Et le Seigneur dit dans l’Évangile : « Celui qui entend ces paroles et les met en pratique, je le comparerai à un homme avisé qui a construit sa maison sur le roc. Les torrents sont venus, les vents ont soufflé, ils se sont rués sur cette maison, et elle ne s’est pas écroulée, parce qu’elle était bâtie sur le roc ».

Ceci dit, le Seigneur attend de nous que, chaque jour, nous répondions à ses saints conseils par des actes. Car les jours de cette vie nous sont donnés comme un délai pour corriger ce qui est mauvais en nous ; l’apôtre dit en effet : « Ne sais-tu pas que Dieu n’est patient que pour t’amener à changer de vie ? » (Rm 2,4) Et le Seigneur dit dans sa tendresse : « Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez 18,23).

Saint Benoît (480-547), moine, copatron de l’Europe
Règle, Prologue 19-38 (trad. Rochais, Eds. cisterciennes 1980, p. 7 rev.)

 

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,11b-19.

mercredi 11 mai 2016

Printn ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde.
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais.
Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.

 

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Ayant dit à son Père : « Désormais, je ne suis plus dans le monde… ; moi, je viens vers toi » (Jn 17,11), notre Seigneur recommande à son Père ceux qui allaient être privés de sa présence physique : « Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés ». En tant qu’homme Jésus prie Dieu pour les disciples qu’il a reçus de Dieu. Mais attention à la suite : « Pour qu’ils soient un comme nous ». Il ne dit pas : Pour qu’ils soient un avec nous, ou : Pour que nous ne soyons, eux et nous, qu’une seule chose, comme nous sommes un, mais il dit : « Pour qu’ils soient un comme nous ». Qu’ils soient un dans leur nature, comme nous sommes un dans la nôtre. Ces paroles, pour être vraies, exigent que Jésus ait parlé comme ayant la même nature divine que son Père, comme il le dit ailleurs : « Mon Père et moi, nous sommes un » (Jn 10,30). Selon sa nature humaine, il avait dit : « Mon Père est plus grand que moi » (Jn 14,28), mais comme en lui Dieu et l’homme ne font qu’une seule et même personne, nous comprenons qu’il est homme parce qu’il prie, et nous comprenons qu’il est Dieu parce qu’il ne fait qu’un avec celui qu’il prie…

« Et maintenant que je viens à toi, je dis ces choses dans ce monde, pour qu’ils aient en eux ma joie en sa plénitude ». Il n’avait pas encore quitté le monde, il y était toujours, mais puisqu’il allait bientôt le quitter, il n’y était pour ainsi dire déjà plus. Mais quelle est cette joie dont il veut que ses disciples soient comblés ? Il l’a déjà expliqué plus haut, quand il a dit : « Pour qu’ils soient un comme nous ». Cette joie qui est la sienne et qu’il leur a donnée, il leur en prédit l’accomplissement parfait, et c’est pour cela qu’il en parle « dans le monde ». Cette joie, c’est la paix et le bonheur du monde à venir ; pour l’obtenir, il nous faut vivre dans ce monde-ci dans la modération, la justice et la piété.

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermons sur l’évangile de Jean, n°107

 

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,1-11a.

mardi 10 mai 2016

letter-en ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.»

 

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Le Seigneur a prononcé cette prière la veille de sa Passion. Mais il n’est pas hors de propos de l’appliquer au jour de l’Ascension, au moment où il allait quitter définitivement ses « petits enfants » (Jn 13,33), qu’il confiait à son Père. Lui, qui au ciel enseigne et dirige la multitude des anges qu’il a créés, s’était attaché sur la terre un « petit troupeau » (Lc 12,32) de disciples pour les instruire tandis qu’il était présent dans la chair, jusqu’au moment où, leur cœur s’étant élargi, ils pourraient être conduits par l’Esprit. Il aimait ces tout-petits d’un amour digne de sa grandeur. Il les avait détachés de l’amour de ce monde ; il les voyait renoncer à tout espoir d’ici-bas et ne dépendre que de lui seul. Cependant tant qu’il vivait avec eux dans son corps, il ne leur a pas prodigué à la légère les marques de son affection : il s’est montré avec eux plus ferme que tendre, comme il convient à un maître et à un père.

Mais lorsque le moment est venu de les quitter, il semble vaincu par la tendre affection qu’il leur portait, et il ne peut plus leur dissimuler l’immensité de sa douce bonté… D’où ces mots : « Comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout » (Jn 13,1). Car il a répandu alors en quelque sorte toute la force de son amour pour ses amis avant de se répandre lui-même comme de l’eau pour ses ennemis (Ps 21,15). Il leur a livré le sacrement de son corps et de son sang et leur a prescrit de le célébrer. Je ne sais pas ce qu’il faut admirer le plus : sa puissance ou sa charité, lorsqu’il a inventé cette nouvelle manière de demeurer avec eux pour les consoler de son départ.

Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
Sermon pour l’Ascension, 1-2 : PL 185, 153-155 (trad. Orval rev. ; cf SC 202, p. 273).