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Archive pour le mot-clef ‘Passion’

Vingt-neuvième dimanche du temps ordinaire

dimanche 21 octobre 2018

En convoitant les premières places, les plus hautes charges et les honneurs les plus élevés, les deux frères Jacques et Jean voulaient, à mon avis, avoir autorité sur les autres. C’est pourquoi Jésus s’oppose à leur prétention. Il met à nu leurs pensées secrètes en leur disant : « Celui qui veut être le premier sera le serviteur de tous ». Autrement dit : « Si vous ambitionnez le premier rang et les plus grands honneurs, recherchez le dernier rang, appliquez-vous à devenir les plus simples, les plus humbles et les plus petits de tous. Mettez-vous après les autres. Telle est la vertu qui vous procurera l’honneur auquel vous aspirez. Vous en avez près de vous un exemple éclatant, ‘puisque le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude’ (Mc 10,45). Voilà comment vous obtiendrez gloire et célébrité. Voyez ce qui m’arrive : je ne recherche ni honneur ni gloire, et pourtant le bien que je réalise ainsi est infini ». Nous le savons : avant l’incarnation du Christ et son abaissement, tout était perdu, tout était corrompu ; mais, après qu’il se soit humilié, il a tout relevé. Il a aboli la malédiction, détruit la mort, ouvert le paradis, mis à mort le péché, déverrouillé les portes du ciel pour y ramener les prémices de notre humanité. Il a propagé la foi partout dans le monde. Il a chassé l’erreur et rétabli la vérité. Il a fait monter sur un trône royal les prémices de notre nature. Le Christ est l’auteur de biens infiniment nombreux, que ni ma parole, ni aucune parole humaine ne saurait décrire. Avant son abaissement, il n’était connu que des anges, mais, depuis qu’il s’est humilié, la race humaine tout entière l’a reconnu.

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église

 

 

 

 

Le Fils de l’homme est venu pour donner sa vie

mercredi 30 mai 2018

Le Seigneur éternel a daigné se présenter à nous d’abord comme un petit enfant dans une étable, puis comme un simple ouvrier dans un atelier, plus tard comme un criminel expirant sur un gibet, enfin comme du pain sur un autel. Aspects nombreux, aspects intentionnels de Jésus, aspects qui n’ont eu qu’un effet : celui de montrer l’amour qu’il nous porte.

Ah, Seigneur, peux-tu encore inventer quelque chose pour te faire aimer de nous ? « Proclamez parmi les peuples, clamait le prophète Isaïe, proclamez les hauts faits de notre Dieu » (Is 12,4). Âmes rachetées, faites connaître partout les œuvres d’amour de ce Dieu plein d’amour. Il les a conçues et réalisées pour se faire aimer de tous les hommes, lui qui, après les avoir comblés de ses bienfaits, s’est donné lui-même, et de tant de manières !

« Malade ou blessé, désires-tu guérir ? Jésus est le médecin » : il te guérit par son sang. Es-tu brûlé par la fièvre ? Il est la source rafraîchissante. Es-tu tourmenté par les passions et les troubles de ce monde ? Il est la source des consolations spirituelles et du vrai réconfort. « Crains-tu la mort ? Il est la vie. Aspires-tu au ciel ? Il est la voie (Jn 14,6) » : ainsi parle saint Ambroise. Jésus Christ ne s’est pas donné seulement à tous les hommes en général ; il tient à se donner à chacun en particulier. C’est pourquoi saint Paul dit : « Il m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » (Ga 2,20). Et saint Jean Chrysostome affirme que « Dieu aime autant chacun de nous que toute l’humanité ». Par conséquent, mon cher frère, si tu avais été seul au monde, le divin Rédempteur serait venu, aurait donné son sang et sa vie pour toi seul.

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l’Église
6ème Discours pour la neuvaine de Noël (trad. Éds Saint-Paul 1993, p. 90)

 

 

« On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. »

lundi 7 mai 2018

L’Évangile de la souffrance parle d’abord en différents endroits de la souffrance « pour le Christ », « à cause du Christ », et cela à travers les paroles mêmes de Jésus ou de ses Apôtres. Le Maître ne cache pas à ses disciples et à ceux qui le suivent la perspective d’une telle souffrance. Au contraire, il la révèle très franchement tout en annonçant les forces surnaturelles qui les accompagneront au milieu des persécutions et des tribulations subies « à cause de son nom ». Celles-ci seront en même temps comme un test particulier de ressemblance au Christ et d’union avec lui. « Si le monde vous hait, sachez que moi, il m’a pris en haine avant vous… ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait… Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront… Mais tout cela, ils le feront contre vous à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé »( Jn 15, 18-21).

« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde »( Jn 16, 33). Ce premier chapitre de l’Évangile de la souffrance, qui parle des persécutions, c’est-à-dire des tribulations à cause du Christ, contient en lui-même un appel particulier au courage et à la force, soutenu par le fait éloquent de la Résurrection. Le Christ a vaincu définitivement le monde par sa Résurrection ; toutefois, parce que sa Résurrection est liée à sa passion et à sa mort, il a vaincu en même temps ce monde par sa souffrance. Oui, la souffrance a été insérée de façon particulière dans cette victoire sur le monde, manifestée dans la Résurrection. Le Christ garde dans son corps ressuscité les traces des blessures causées par le supplice de la croix, sur ses mains, sur ses pieds et dans son côté. Par la Résurrection, il manifeste la force victorieuse de la souffrance, il veut enraciner dans le cœur de ceux qu’il a choisis comme Apôtres, et de ceux qu’il continue de choisir et d’envoyer, la conviction que cette force existe. L’Apôtre Paul dira : « Tous ceux qui veulent vivre dans le Christ avec piété seront persécutés »( 2 Tim. 3, 12).

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Lettre apostolique « Salvifici Doloris» , 25

 

 

Le vendredi saint : Célébration de la Passion du Seigneur

vendredi 30 mars 2018

Béni soit celui qui, pour me permettre de « faire mon nid dans le creux du rocher » (Ct 2,14), s’est laissé percer les mains, les pieds et le côté. Béni soit celui qui s’est ouvert à moi tout entier pour que je pénètre dans le sanctuaire admirable (Ps 41,5) et que je « me cache dans le secret de sa tente » (Ps 26,5). Ce rocher est un refuge…, doux lieu de séjour pour les colombes, car les trous béants de ces plaies sur tout ce corps offrent le pardon aux pécheurs et accordent la grâce aux justes. C’est une demeure sûre, frères, « une tour forte devant l’ennemi » (Ps 60,4), que d’habiter par une méditation aimante et constante les plaies du Christ notre Seigneur, de chercher dans la foi et l’amour envers le Crucifié un abri sûr pour notre âme, un abri contre la véhémence de la chair, les tempêtes de ce monde, les assauts du démon. La protection de ce sanctuaire l’emporte sur tout le prestige de ce monde…

Entre donc dans ce rocher, cache-toi…, prends refuge dans le Crucifié… Qu’est-ce que la plaie dans le côté du Christ, sinon la porte ouverte de l’arche pour ceux qui seront préservés du déluge ? Mais l’arche de Noé était seulement un symbole ; ici, c’est la réalité ; il ne s’agit plus ici de sauver la vie mortelle, mais de recevoir l’immortalité…

Il est donc bien juste que la colombe du Christ, sa toute belle (Ct 2,13-14)…, chante aujourd’hui ses louanges avec joie. Du souvenir ou de l’imitation de la Passion, de la méditation des saintes plaies, comme des creux du rocher, sa voix très douce retentit aux oreilles de l’Époux (Ct 2,14).

Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
4ème sermon pour les Rameaux ; SC 202 (trad. cf SC, p. 211s)

 

 

En union de prière, tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h00, à la demande de Marie Mère des hommes.

 

 

 

 

Le mardi saint

mardi 27 mars 2018

Quand le Seigneur a déclaré : « En vérité, je vous le dis, l’un de vous va me livrer », il a démontré qu’il pénétrait la conscience de celui qui devait le trahir. Il n’a pas déjoué le malfaiteur par des reproches sévères et publics, mais il cherchait à l’atteindre par un avertissement tendre et voilé : ainsi le repentir pourrait mieux redresser celui qu’aucun interdit n’avait destitué.

Pourquoi, malheureux Judas, ne profites-tu pas de tant de bonté ? Vois, le Seigneur est tout prêt à pardonner ta démarche, le Christ ne te dénonce à personne, sauf à toi-même. Ni ton nom, ni ta personne ne sont indiqués  mais par cette parole de vérité et de miséricorde, seul le secret de ton cœur est touché. Ni l’honneur de ton titre d’apôtre, ni la participation au sacrement ne te sont refusés. Retourne en arrière, abandonne ta folie et repens-toi. La douceur t’invite, le salut t’incite, la Vie te rappelle. Vois, tes compagnons qui sont purs et sans péché s’épouvantent à l’annonce du crime, et comme l’auteur d’une tel mal n’a pas été dévoilé, chacun craint pour soi. Ils sont plongés dans la tristesse, non parce que leur conscience les accuse, mais parce que l’inconstance humaine les inquiète : ils redoutent que ce que chacun sait de soi-même soit moins vrai que ce que la Vérité en personne voit à l’avance. Et toi, au milieu de cette angoisse des saints, tu abuses de la patience du Seigneur, tu crois que ton audace te cache…

Voyant alors que toute la pensée de Judas restait fixée sur son projet misérable, le Seigneur lui dit : « Ce que tu fais, fais le vite ». En parlant ainsi, il ne donne pas un ordre, il laisse faire  c’est la parole non d’un homme qui tremble, mais qui est prêt. Lui qui tient tous les temps en son pouvoir montre qu’il ne cherche pas à retarder le traître et qu’il entre dans la volonté de son Père pour la rédemption du monde, sans provoquer ni redouter le crime que préparent ses persécuteurs.

Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
Sermon 58, 7ème sur la Passion, § 3-4 ; SC 74 bis

 

 

 

Rends-nous assez forts pour te suivre.

samedi 24 mars 2018

Ô Seigneur, tout ce que tu nous enseignes pourrait sembler trop difficile, trop lourd, si tu parlais d’une autre tribune ; mais puisque tu nous instruis plus par l’exemple que par la parole, toi qui es « Seigneur et Maître » (Jn 13,14), comment oserons-nous dire le contraire, nous qui sommes les serviteurs et les élèves ? Ce que tu dis est parfaitement vrai, ce que tu ordonnes parfaitement juste ; cette croix d’où tu parles l’atteste. Ce sang qui coule à flots témoigne aussi ; il crie de toutes ses forces (Gn 4,10). Et enfin, cette mort même : si elle a pu déchirer à distance le voile du Temple et fendre les pierres les plus dures (Mt 27,51), comment ne ferait-elle pas de même, et plus encore, pour le cœur des croyants ; comment ne les amènerait-elle pas à se soumettre ?

Seigneur, nous voulons te rendre amour pour amour ; et si le désir de te suivre ne procède pas encore de notre amour pour toi, car il est bien faible, qu’il vienne du moins de notre amour de ton amour. Si tu nous attires après toi, « nous courrons à l’odeur de tes parfums » (Ct 1,4 LXX) : nous ne désirons pas seulement t’aimer, te suivre, mais nous sommes résolus à mépriser ce monde… lorsque nous voyons que toi, notre chef, tu n’as pas accaparé les joies de cette vie. Nous te voyons affronter la mort, non dans un lit, mais sur le bois qui rend la justice ; bien que roi, tu ne veux pas avoir d’autre trône que ce gibet… Entraînés par ton exemple de roi plein de sagesse, nous repoussons l’appel de ce monde et de son luxe, et prenant ta croix sur nos épaules, nous nous proposons de te suivre, toi seul… Accorde-nous seulement l’aide nécessaire ; rends-nous assez forts pour te suivre.

Saint Robert Bellarmin (1542-1621), jésuite, évêque et docteur de l’Église
La Montée de l’âme vers Dieu (trad. rev. Tournay)

 

 

 

« Élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12,32)

mardi 20 mars 2018

Sache et comprends bien, frère…, qu’il y a beaucoup de serpents dans le désert qui mordent la multitude de tes pensées, c’est à dire des injures, des médisances, des angoisses, des murmures, des disputes, des calomnies qui sont lancées contre toi… Mais si tu veux leur échapper, fais ce que faisaient les Israélites… : ils regardaient le serpent d’airain que Moïse avait dressé sur le sommet de la montagne, et tous ceux qui obéissaient et le regardaient était guéri. Toi aussi, lorsque tu te vois mordu par un de ces serpents, regarde notre Seigneur Jésus Christ suspendu à la croix… Comme le dit l’apôtre Paul : « Fixe les yeux sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de notre foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré l’humiliation de la croix » (He 12,2)…

Voici en peu de mots comment il te faut avoir les yeux fixée sur lui quand tu es mordu par les serpents : quand tu es déshonoré, fixe les yeux sur lui ; lui aussi a été déshonoré pour toi, il a été traité de démon et de Samaritain (Jn 8,48)…, on l’a bafoué et giflé, on lui a craché au visage, on lui a donné à boire du vinaigre et du fiel, on lui a frappé la tête avec un roseau. Si tu es mordu par une pensée de vanité, parce qu’on te confie des services importants, souviens-toi de la parole de notre Seigneur : « Quand vous aurez fait tout ce qu’on vous a commandé, dites : Nous sommes des serviteurs quelconques » (Lc 17,10). Si tu as envie de mépriser ton frère à cause de sa faiblesse, fixe les yeux sur celui qui montrait plus de sollicitude pour les pécheurs, les publicains et les prostituées, pour les convertir par sa rencontre, plutôt que pour justes qui n’avaient pas besoin de conversion (Lc 5,30-32). Et lorsque les penchants naturels et les démons t’accablent, fixe les yeux sur lui, étendu sur la croix, les mains et les pieds fixés par les clous…

Sans cesse médite sur ces choses en ton cœur, et le venin des serpents disparaîtra de ton cœur. Car par sa crucifixion, Jésus est plus proche de toi que le serpent d’airain ne l’était des Hébreux : il habite ton cœur, et dans les replis secrets de ton âme la lumière de son visage glorieux resplendit.

Philoxène de Mabboug (?-v. 523), évêque en Syrie
Lettre sur la vie monastique (trad. Graffin, Orient chrétien VI 1961, p. 339 rev. ; cf En Calcat)

 

 

 

« C’est lui le Messie. »

samedi 17 mars 2018

La signification véritable de la miséricorde ne consiste pas seulement dans le regard tourné vers le mal, fût-il chargé de compassion… : la miséricorde se manifeste quand elle… tire le bien de toutes les formes de mal qui existent dans le monde et dans l’homme. Ainsi entendue, elle constitue le contenu fondamental du message messianique du Christ… [Ce] message et l’activité du Christ parmi les hommes s’accomplissent avec la croix et la résurrection… La dimension divine de la rédemption nous dévoile… la profondeur de l’amour qui ne recule pas devant l’extraordinaire sacrifice du Fils pour satisfaire la fidélité du Créateur et Père à l’égard des hommes…

Les événements du Vendredi Saint, et auparavant encore la prière à Gethsémani, introduisent un changement fondamental dans tout le déroulement de la révélation de l’amour et de la miséricorde de Dieu, dans la mission messianique du Christ. Celui qui « est passé en faisant le bien et en rendant la santé », « en guérissant toute maladie et toute langueur » (Ac 10,38; Mt 9,35), semble maintenant être lui-même digne de la plus grande miséricorde, et faire appel à la miséricorde, quand il est arrêté, outragé, condamné, flagellé, couronné d’épines, quand il est cloué à la croix et expire dans des tourments atroces. C’est à ce moment-là qu’il est particulièrement digne de la miséricorde des hommes qu’il a comblés de bienfaits, et il ne la reçoit pas. Même ceux qui lui sont les plus proches ne savent pas le protéger et l’arracher aux mains des oppresseurs. Dans cette étape finale de la fonction messianique, s’accomplissent dans le Christ les paroles des prophètes, et surtout celles d’Isaïe, au sujet du Serviteur du Seigneur : « Dans ses blessures, nous trouvons la guérison » (53,5)…

« Celui qui n’avait pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous », écrira saint Paul (2Co 5,21), résumant en peu de mots toute la profondeur du mystère de la croix et en même temps la dimension divine de la réalité de la rédemption. Or cette rédemption est la révélation ultime et définitive de la sainteté de Dieu, qui est la plénitude absolue de la perfection.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Encyclique « Dives in misericordia », 7 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

« On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue. »

vendredi 16 mars 2018

Chercher Jésus est souvent un bien, car c’est la même chose que de chercher le Verbe, la vérité et la sagesse. Mais vous allez dire que les mots « chercher Jésus » sont parfois prononcés à propos de ceux qui lui veulent du mal. Par exemple : « Ils cherchaient à le saisir, mais personne ne porta la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue ». « Je sais que vous êtes la descendance d’Abraham ; mais vous cherchez à me tuer parce que ma parole ne pénètre pas en vous » (Jn 8,37). « Maintenant vous cherchez à me tuer, moi un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de mon Père » (Jn 8,40).

Ces paroles… ne s’opposent pas à cette autre parole : « Quiconque cherche trouve » (Mt 7,8). Il existe toujours des différences entre ceux qui cherchent Jésus : tous ne le cherchent pas sincèrement pour leur salut et pour obtenir son aide. Il est des hommes qui le cherchent pour d’innombrables raisons fort éloignées du bien. C’est pourquoi seuls ceux qui l’ont cherché en toute droiture ont trouvé la paix, ceux dont on peut vraiment dire qu’ils cherchent le Verbe qui est auprès de Dieu (Jn 1,1), afin qu’il les amène à son Père…

Il menace de s’en aller s’il n’est pas accueilli : « Je m’en vais et vous me chercherez » (Jn 8,21)… Il sait de qui il s’éloigne et auprès de qui il reste sans être encore trouvé, afin que si on le cherche on le trouve au temps favorable.

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Commentaire de Saint Jean, 19,12 ; PG 14, 548 (trad. cf. Jean expliqué, DDB 1985, p. 85)

 

 

« Ils cherchaient à le faire mourir car… il disait que Dieu était son propre Père. »

mercredi 14 mars 2018

Jusqu’à ces temps, qui sont les derniers (He 1,2), Dieu nous a permis de nous laisser emporter au gré de nos penchants désordonnés, entraînés par les plaisirs et les passions. Non qu’il ait pris le moins du monde plaisir à nos péchés ; il tolérait seulement ce temps d’iniquité, sans y consentir. Il préparait le temps actuel de la justice, afin que, convaincus d’avoir été indignes de la vie durant cette période à cause de nos fautes, nous en devenions dignes maintenant par l’effet de la bonté divine…

Il ne nous a pas haïs ; il ne nous a pas repoussés… Nous prenant en pitié, il s’est chargé lui-même de nos fautes, et il a livré son propre Fils en rançon pour nous : le saint pour les impies, l’innocent pour les méchants, « le juste pour les injustes » (1P 3,18), l’incorruptible pour les corrompus, l’immortel pour les mortels. Quoi d’autre que sa justice à lui aurait pu couvrir nos péchés ? En qui pourrions-nous être justifiés…, sinon par le seul Fils de Dieu ? Doux échange, œuvre insondable, bienfaits inattendus ! Le crime d’un grand nombre est recouvert par la justice d’un seul, et la justice d’un seul justifie de nombreux coupables. Dans le temps passé, il a convaincu notre nature de son incapacité à obtenir la vie ; maintenant il nous a montré le Sauveur capable de sauver ce qui ne pouvait pas l’être. De ces deux manières, il a voulu nous donner la foi en sa bonté et nous faire voir en lui le nourricier, le père, le maître, le conseiller, le médecin, l’intelligence, la lumière, l’honneur, la gloire, la force et la vie.

La Lettre à Diognète (v. 200)
§ 9 (trad. Orval ; cf SC 33 bis, p. 73)