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Archive pour le mot-clef ‘Vierge Marie’

« La promesse faite à nos pères. »

mardi 22 décembre 2020

Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur (…) Il a porté secours à Israël son enfant (Lc 1,54 grec), se souvenant de sa miséricorde et de l’alliance qu’il avait établie avec Abraham et sa descendance pour l’éternité ». Voyez-vous comment la Vierge surpasse la perfection du patriarche et confirme l’alliance que Dieu a établie avec Abraham, lorsqu’il lui dit : « Telle sera l’alliance entre moi et toi » ? (Gn 17,11). (…) C’est le chant de cette prophétie que la sainte Mère de Dieu adresse à Dieu lorsqu’elle dit : « Mon âme exalte le Seigneur (…), car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses, saint est son nom. En me rendant la mère de Dieu, il préserve ma virginité. En mon sein se récapitule, pour y être sanctifiée, la plénitude de toutes les générations. Car il a béni tous les âges, hommes, femmes, jeunes gens, enfants, vieillards ». (…)

« Il a renversé les puissants de leur trône et a élevé les humbles » (…). Les humbles, les peuples païens, qui étaient affamés de justice (Mt 5,6), ont été exaltés. En faisant paraître leur humilité et leur faim de Dieu, et en sollicitant la parole de Dieu comme la Cananéenne demande les miettes (Mt 15,27), ils ont été rassasiés des richesses que recèlent les mystères divins. Car tout le lot des faveurs divines, Jésus Christ notre Dieu, le fils de la Vierge, l’a distribué aux païens. « Il a relevé Israël son enfant », non un quelconque Israël, mais son enfant, dont il honore la haute naissance. Voilà pourquoi la Mère de Dieu appelle ce peuple son enfant et son héritier. Dieu trouvant ce peuple épuisé par la lettre, exténué par la Loi, l’appelle à sa grâce. En donnant ce nom à Israël, il le relève, « se souvenant de sa miséricorde, ainsi qu’il l’avait promis à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa descendance pour l’éternité ». Ces quelques paroles résument tout le mystère de notre salut. Voulant sauver l’humanité et sceller l’alliance établie avec nos pères, Jésus Christ alors « inclina les cieux et descendit » (Ps 17,10). Et ainsi il se manifeste à nous, se mettant à notre portée, afin que nous puissions le voir, le toucher et l’entendre parler.

Une homélie grecque du 4e siècle

 

 

Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

mardi 8 décembre 2020

Si la foi, comme dit l’Apôtre, n’est autre chose que « le fondement des choses à espérer » (Eb 11, 1), on conviendra aisément que puisque l’Immaculée Conception de Marie confirme notre foi, elle ravive aussi en nous l’espérance. D’autant plus que si la Vierge a été affranchie de la tache originelle, c’est parce qu’elle devait être la Mère du Christ : or, elle fut Mère du Christ afin que nos âmes pussent revivre à l’espérance.

Et maintenant, pour omettre ici la charité à l’égard de Dieu, qui ne trouverait dans la contemplation de la Vierge immaculée un stimulant à observer religieusement le précepte de Jésus Christ, celui qu’il a déclaré sien par excellence, à savoir que nous nous aimions les uns les autres, comme il nous a aimés ? « Un grand signe est apparu dans le ciel : une femme, revêtue du soleil, ayant sous ses pieds la lune, et, autour de sa tête, une couronne de douze étoiles » (Ap 12,1). Or, nul n’ignore que cette femme signifie la Vierge Marie, qui, sans atteinte pour son intégrité, engendra notre Chef.

Et l’Apôtre de poursuivre : « Ayant un fruit en son sein, l’enfantement lui arrachait de grands cris et lui causait de cruelles douleurs » (Ap 12,2). Saint Jean vit donc la très sainte Mère de Dieu au sein de l’éternelle béatitude et toutefois en travail d’un mystérieux enfantement. Quel enfantement ? Le nôtre assurément, à nous qui, retenus encore dans cet exil, avons besoin d’être engendrés au parfait amour de Dieu et à l’éternelle félicité. Quant aux douleurs de l’enfantement, elles marquent l’ardeur et l’amour avec lesquels Marie veille sur nous du haut du ciel, et travaille, par d’infatigables prières, à porter à sa plénitude le nombre des élus.

C’est notre désir que tous les fidèles s’appliquent à acquérir cette vertu de charité, et profitent surtout pour cela des fêtes (…) en l’honneur de la Conception immaculée de Marie.

Saint Pie X

 

 

« Aujourd’hui nous avons vu des choses extraordinaires. »

lundi 7 décembre 2020

Le Verbe, la Parole de Dieu, est venu habiter dans l’homme ; il s’est fait « Fils de l’homme » pour habituer l’homme à recevoir Dieu et pour habituer Dieu à habiter dans l’homme, comme il a plu au Père. Voilà pourquoi le signe de notre salut, l’Emmanuel né de la Vierge, a été donné par le Seigneur lui-même (Is 7,14). C’est en effet le Seigneur lui-même qui sauve les hommes, puisque ceux-ci ne peuvent pas se sauver par eux-mêmes. (…) Le prophète Isaïe a dit : « Affermissez-vous, mains affaiblies et genoux chancelants ! Ranimez votre courage, cœurs défaillants ; affermissez-vous, ne craignez plus ! Voici notre Dieu qui rend le jugement ; il viendra lui-même, il va nous sauver » (35,3-4). Car c’est seulement par le secours de Dieu, et non par nous-mêmes, que nous pouvions être sauvés.

Voici un autre texte où Isaïe a prédit que celui qui devait nous sauver ne serait ni simplement un homme, ni un être incorporel, comme les anges : « Ce n’est pas un messager, ce n’est pas un ange, mais c’est le Seigneur lui-même qui sauvera son peuple. Parce qu’il l’aime, il lui pardonnera ; lui-même, il le délivrera » (63,9). Mais ce Sauveur, le Verbe, serait aussi vraiment un homme visible : « Voici, cité de Sion, tes yeux verront notre Sauveur » (cf 33,20). (…) Un autre prophète a dit : « Lui-même il se retournera vers nous, nous fera miséricorde, et jettera nos péchés au fond de la mer » (Mi 7,19). (…) Le Fils de Dieu, qui est aussi Dieu, devait venir du pays de Juda, de Bethléem (Mi 5,1), pour répandre sa louange sur toute la terre. (…) Dieu donc s’est bien fait homme et le Seigneur lui-même nous a sauvés en nous donnant le signe de la Vierge.

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

 

 

« Sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. » (Lc 2,51)

samedi 10 octobre 2020

« Si quelqu’un m’aime, il gardera mes paroles, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui » (Jn 14,23). Ailleurs, j’ai lu : « Qui craint Dieu fera le bien » (Si 15,1). Mais je perçois qu’ici Jésus exprime quelque chose de plus en disant de celui qui l’aime : « Il gardera mes paroles ». Mais où les gardera-t-il ? Dans son cœur, sans aucun doute. Comme dit le prophète : « Dans mon cœur je conserve tes ordres pour ne point faillir envers toi » (Ps 118,11). (…)

Voici comment il te faut garder la parole de Dieu : en effet, « Heureux ceux qui la gardent » (Lc 11,28). Qu’on la fasse donc entrer dans ce qu’on peut appeler les entrailles de l’âme ; qu’elle passe dans les mouvements de ton cœur et dans ta conduite. Consomme ce qui est bien, et ton âme y trouvera avec joie de quoi s’y nourrir largement. N’oublie pas de manger ton pain pour ne pas laisser ton cœur se dessécher ; de bonne et grasse nourriture rassasie ton âme . Si de la sorte tu t’es mis à garder en toi la parole de Dieu, sans nul doute qu’elle ne te garde aussi. Le Fils viendra à toi, avec le Père ; il viendra, le grand prophète qui rétablira Jérusalem et « qui fera toutes choses nouvelles » (Ac 3,22; Jl 4,1; Ap 21,5)

Saint Bernard (1091-1153)

 

 

 

 

Fête de la Nativité de la Vierge Marie

mardi 8 septembre 2020

Elle fut, par un dessein de la Providence divine, appelée Marie, c’est-à-dire étoile de la mer, pour déclarer par son nom ce qu’elle montre plus clairement par la réalité. (…)

Revêtue de beauté, elle est aussi revêtue de force, elle s’est ceinte pour apaiser d’un geste les remous formidables de la mer. Ceux qui naviguent sur la mer du monde présent et qui l’invoquent avec une pleine confiance, elle les arrache au souffle de la tempête et à la fureur des ouragans, et elle les conduit, triomphants avec elle, au rivage de la patrie bienheureuse. On ne peut dire, mes très chers, combien de fois les uns se heurteraient aux rochers les plus rudes, au risque de sombrer, les autres échoueraient sur les pires écueils pour ne plus revenir (…) si l’étoile de la mer, Marie toujours vierge, ne s’y était opposée par son très puissant secours et si elle n’emportait les siens, le gouvernail déjà brisé et la barque fracassée, privés de tout secours humain, pour les diriger, sous sa céleste conduite, au port de la paix intérieure. Toute à la joie de remporter de nouveaux triomphes, pour la nouvelle délivrance des condamnés et pour les nouveaux accroissements des peuples, elle se félicite dans le Seigneur. (…)

Elle resplendit et se distingue par sa double charité : d’une part, elle est très ardemment fixée en Dieu à qui elle adhère, faisant un seul esprit avec lui ; d’autre part, elle attire et console doucement les cœurs des élus et leur partage les dons excellents venus de la libéralité de son Fils

Saint Amédée de Lausanne (1108-1159)

 

 

 

Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, patronne principale de la France

samedi 15 août 2020

C’est lui ton Fils, ô Marie ! C’est lui qui, pour toi, est ressuscité des morts le troisième jour et, dans ta chair, est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir toutes choses. Tu es donc en possession de ta joie, ô bienheureuse, tu as reçu en partage l’objet de ton désir et la couronne de ta tête. Il t’apporte la souveraineté du ciel par la gloire, la royauté du monde par la miséricorde, la domination sur l’enfer par la puissance. Par des sentiments divers, toutes les créatures répondent donc à ta gloire si grande et si ineffable : les anges par l’honneur, les hommes par l’amour les démons par la crainte. Car tu es vénérable pour le ciel, aimable pour le monde, terrible pour l’enfer.

Réjouis-toi donc et sois heureuse, car il est ressuscité celui qui te reçoit, qui est ta gloire, qui exalte ta tête. Tu t’es réjouie dans sa conception, affligée dans sa passion. De nouveau, réjouis-toi dans sa résurrection, et personne ne t’enlèvera ta joie, car le Christ ressuscité des morts ne meurt plus, la mort n’a plus sur lui d’empire.

Aussi l’Esprit t’appelle-t-il et Dieu te dit : « Lève-toi, avance, mon amie, ma colombe, ma belle, et viens. Car déjà l’hiver est passé ; la pluie s’en va, elle a cessé ; les fleurs sont apparues sur notre terre, le temps de la taille est arrivé. » (Ct 2,10-12). (…) L’encensoir suit l’encens ; élevé par la main du Seigneur, il monte jusqu’au trône de Dieu. Il monte, entouré par l’escorte des esprits angéliques qui clament dans les hauteurs en disant : « Quelle est celle-ci qui monte à travers le désert, comme une colonne de fumée exhalée des parfums de myrrhe et d’encens, et de toute la poudre du parfumeur ? » (Ct 3,6

Saint Amédée de Lausanne (1108-1159)

 

 

 

« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel. »

mardi 21 avril 2020

Le Pasteur de tous est descendu,
Il a cherché Adam, brebis perdue,
Il l’a porté sur ses épaules et est remonté.
Il s’est fait lui-même sacrifice offert au Maître du troupeau (Lc 15,4; Jn 10,11).
Bénie soit sa descente vers nous !

Il s’est répandu, rosée et pluie vivifiante,
Sur Marie, cette terre assoiffée.
Grain de blé, il est descendu dans la terre ;
Il en est remonté, gerbe et pain nouveau (Jn 12,24).
Bénie soit son offrande ! (…)

De la hauteur, la puissance est descendue pour nous,
Du sein de la Vierge, l’espérance a brillé pour nous,
Du tombeau la vie est apparue pour nous,
À la droite du Père, il siège en roi pour nous.
Béni soit son honneur !

De la hauteur il a coulé comme un fleuve ;
De Marie il est sorti comme un rejeton ;
Du bois il a pendu comme un fruit,
Et il est monté au ciel, offrande des prémices.
Bénie soit sa volonté

Saint Éphrem (v. 306-373)

 

 

 

« Marie se mit en route rapidement. »

samedi 21 décembre 2019

La gaieté et la joie étaient la force de Notre Dame. C’est ce qui a fait d’elle la servante empressée de Dieu, son fils, car dès qu’il est venu à elle, elle « est partie en toute hâte ». Seule la joie pouvait lui donner la force de partir en toute hâte au-delà des collines de Judée pour devenir la servante de sa cousine. Il en est de même pour nous ; comme elle, nous devons être les vraies servantes du Seigneur et chaque jour après la sainte communion nous hâter par-delà les montagnes de difficultés que nous rencontrons en offrant de tout notre cœur notre service aux pauvres. Donnez Jésus aux pauvres en tant que servante du Seigneur.

La joie c’est la prière, la joie c’est la force, la joie c’est l’amour, c’est un filet d’amour grâce auquel vous pouvez attraper les âmes. « Dieu aime celui qui donne avec joie. » (2Co 9,7) Celui qui donne avec joie donne davantage. Si dans le travail vous rencontrez des difficultés et que vous les acceptez avec joie, avec un large sourire, en cela comme en bien d’autres choses, on constatera que vos œuvres sont bonnes et le Père en sera glorifié. La meilleure manière de montrer votre gratitude à Dieu et aux hommes c’est de tout accepter avec joie. Un cœur joyeux provient d’un cœur brûlant d’amour.

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

 

 

 

 

Solennité de l’Annonciation du Seigneur

lundi 25 mars 2019

Contemplez Marie, mes bien-aimés, voyez comment Gabriel est entré chez elle et son objection : « Comment cela va-t-il se faire ? » Le serviteur de l’Esprit Saint lui a fait cette réponse : « Cela est facile à Dieu ; pour lui tout est simple. » Considérez comment elle a cru à la parole entendue et a dit : « Voici la servante du Seigneur. » Dès lors le Seigneur est descendu d’une manière que lui seul connaît ; il s’est mis en mouvement et est venu comme il lui plaisait ; il est entré en elle sans qu’elle le sente, et elle l’a accueilli sans éprouver aucune souffrance. Elle portait en elle, comme un enfant, celui dont le monde était rempli. Il est descendu pour être le modèle qui renouvellerait l’antique image d’Adam.

C’est pourquoi, lorsqu’on t’annonce la naissance de Dieu, observe le silence. Que la parole de Gabriel te soit présente à l’esprit, car il n’y a rien d’impossible à cette glorieuse Majesté qui s’est abaissée pour nous et qui est née de notre humanité. En ce jour, Marie est devenue pour nous le ciel qui porte Dieu, car la Divinité sublime est descendue et a établi en elle sa demeure. En elle, Dieu s’est fait petit — mais sans amoindrir sa nature — pour nous faire grandir. En elle, il nous a tissé un habit avec lequel il nous sauverait. En elle se sont accomplies toutes les paroles des prophètes et des justes. D’elle s’est levée la lumière qui a chassé les ténèbres du paganisme.

Nombreux sont les titres de Marie… : elle est le palais dans lequel a habité le puissant Roi des rois, mais il ne l’a pas quittée comme il était venu, car c’est d’elle qu’il a pris chair et qu’il est né. Elle est le ciel nouveau dans lequel a habité le Roi des rois ; en elle s’est levé le Christ et d’elle il est monté pour éclairer la création, formé et façonné à son image. Elle est le cep de vigne qui a porté la grappe ; elle a donné un fruit supérieur à la nature ; et lui, bien que différent d’elle par sa nature, a revêtu sa couleur quand il est né d’elle. Elle est la source de laquelle ont jailli les eaux vives pour les assoiffés, et ceux qui s’y désaltèrent portent des fruits au centuple.

Saint Ephrem (v. 306-373)

 

 

 

« Né du Père avant tous les siècles…, il a pris chair de la Vierge Marie. » (Credo)

lundi 31 décembre 2018

Nous lisons, très chers frères, qu’il y a deux naissances dans le Christ ; l’une comme l’autre sont l’expression d’une puissance divine qui nous dépasse absolument. D’un côté, Dieu engendre son Fils à partir de lui-même ; de l’autre, une vierge l’a conçu par l’intervention de Dieu… D’un côté, il naît pour créer la vie ; de l’autre, pour enlever la mort. Là, il naît de son Père ; ici, il est mis au monde par les hommes. Par son engendrement du Père, il est à l’origine de l’homme ; par sa naissance humaine, il libère l’homme. L’une et l’autre formes de naissance sont proprement inexprimables et en même temps inséparables…

Lorsque nous enseignons qu’il y a deux naissances dans le Christ, nous ne voulons pas dire que le Fils de Dieu naît deux fois, mais nous affirmons la dualité de nature en un seul et même Fils de Dieu. D’une part, est né ce qui existait déjà ; d’autre part, a été produit ce qui n’existait pas encore. Le bienheureux évangéliste Jean l’affirme par ces paroles : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu » et encore : « Et le Verbe s’est fait chair. »

Ainsi donc, Dieu qui était auprès de Dieu est sorti de lui et la chair de Dieu qui n’était pas en lui est issue d’une femme. Ainsi le Verbe est devenu chair, non de telle sorte que Dieu soit dilué dans l’homme, mais pour que l’homme soit glorieusement élevé en Dieu. C’est pourquoi Dieu n’est pas né deux fois, mais, par ces deux genres de naissances -– à savoir celle de Dieu et celle de l’homme -– le Fils unique du Père a voulu être lui-même à la fois Dieu et homme en une seule personne : « Qui donc pourrait raconter sa naissance ? » (Is 53,8 Vulg)

Saint Maxime de Turin (?-v. 420)