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Archive pour le mot-clef ‘prière’

Le vendredi de la 5e semaine de Carême

vendredi 12 avril 2019

Comme les ailes des colombes sur leurs petits…,
ainsi sont les ailes de l’Esprit sur mon cœur.
Mon cœur se réjouit et tressaille
comme un enfant tressaille dans le sein de sa mère.

J’ai cru et j’ai trouvé le repos ;
il est fidèle celui en qui j’ai cru.
Il m’a béni de bénédictions
et ma tête s’est tournée vers lui.
Nul glaive ne me séparera de lui
pas plus que nulle épée.

Je me suis préparé, avant que n’arrive la perte,
je me suis placé sur ses ailes incorruptibles.
La vie immortelle m’a pressé et étreint,
d’elle vient l’Esprit qui est en moi :
Il ne peut pas mourir, car il est la vie.

[Le Christ dit :]
Ceux qui m’ont vu ont été étonnés
parce que j’étais persécuté.
Ils me croyaient anéanti,
parce que je leur paraissais perdu.
Mais l’oppression est devenu mon salut.

J’étais devenu objet de mépris.
Il n’y avait pas en moi d’envie ;
je faisais le bien à tous les hommes,
et j’en ai été haï.
Ils m’ont cerné comme des chiens furieux (Ps 21,17),
des insensés qui marchent contre leurs maîtres ;
leur intelligence est corrompue, leur esprit perverti.

Pour moi j’ai retenu les eaux par ma droite,
ma douceur supportait leur amertume.
Je n’ai pas péri, car je n’étais pas de leur engeance,
ma naissance n’était point la leur.
Ils ont cherché ma mort et n’ont pas réussi ;
j’étais plus ancien que leur mémoire.

Ils se sont rués sur moi en vain,
ceux qui étaient à ma poursuite ;
en vain ils ont cherché à supprimer
le souvenir de celui qui était avant eux.
Rien ne le dépasse le dessein du Très-Haut,
son cœur est plus grand que toute sagesse.
Alléluia !

Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)

 

 

 

L’eau du baptême nous guérit et nous donne la vraie vie

mardi 2 avril 2019

Puisez aux eaux de la source vivante du Seigneur, car elle s’est ouverte pour vous (cf Is 12,3).

Venez, vous tous qui avez soif (Is 55,1), recevez l’eau qui désaltère.

Reposez-vous auprès de la source du Seigneur, car elle est belle et pure ; elle apaise l’âme. Ses eaux sont plus douces que le miel, le rayon des abeilles ne lui est pas comparable, car elle jaillit des lèvres du Seigneur, du cœur du Seigneur elle tire son nom (cf Jn 7,38).

Elle coule, éternelle et invisible ; avant qu’elle n’apparaisse personne ne l’avait vue.

Heureux ceux qui y ont bu et qui y ont apaisé leur soif !

Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)

 

 

De la sobriété dans la prière

samedi 30 mars 2019

Que le tissu de ta prière soit d’une seule couleur. Le publicain et l’enfant prodigue furent réconciliés avec Dieu par une seule parole. Quand tu pries, ne recherche pas de mots compliqués, car le bégaiement simple des enfants a souvent touché leur Père des cieux. Ne cherche pas à beaucoup parler quand tu pries, de peur que ton esprit ne se distraie à chercher des mots. Un seul mot du publicain apaisa Dieu et un seul cri de foi sauva le larron. La loquacité dans la prière disperse souvent l’esprit et le remplit d’images, alors que la répétition d’une même parole ordinairement le recueille. Si une parole de ta prière te remplit de douceur ou de componction, demeure sur elle, car alors notre ange gardien est là, priant avec nous.

Demande par l’affliction, cherche par l’obéissance et frappe par la patience. Car celui qui demande ainsi reçoit ; qui cherche trouve, et à celui qui frappe on ouvrira.

Celui qui tient sans relâche le bâton de la prière ne bronchera pas. Et même s’il tombe, sa chute ne sera pas définitive. Car la prière est une pieuse tyrannie exercée sur Dieu.

Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650)

(Références bibliques : Lc 18, 13 ; Lc 15, 21 ; Lc 23, 42 ; Lc 11, 9-10).

 

 

 

 

« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction. »

jeudi 10 janvier 2019

Dieu très bon,

Père de Jésus, le Christ, notre Seigneur,

regarde ces baptisés sur qui nous imposons les mains :

Par le baptême, tu les as libérés du péché,

tu les as fait renaître de l’eau et de l’Esprit (Jn 3,4).

Comme tu l’as promis,

répands maintenant sur eux ton Esprit Saint.

Donne-leur en plénitude

l’Esprit qui reposait sur ton Fils Jésus :

esprit de sagesse et d’intelligence,

esprit de conseil et de force,

esprit de connaissance et d’affection filiale (Is 11,2) ;

remplis-les de l’esprit d’adoration.

Par Jésus Christ, notre Sauveur,

qui est vivant pour les siècles des siècles.

 

Rituel du sacrement de la confirmation

 

Épiphanie du Seigneur, Solennité

dimanche 6 janvier 2019

Les mages trouvent une pauvre jeune fille avec un pauvre enfant couvert de pauvres langes… mais, en entrant dans cette grotte, ils ressentent une joie qu’ils n’ont jamais éprouvée… Le divin Enfant prend un air joyeux : signe de la satisfaction affectueuse avec laquelle il les accueille comme les premières conquêtes de son œuvre rédemptrice. Les saints rois regardent ensuite Marie, qui ne parle pas ; elle se tient en silence ; mais son visage qui reflète la joie et respire une douceur céleste, prouve qu’elle leur fait bon accueil et qu’elle les remercie d’être venus les premiers reconnaître son Fils pour ce qu’il est : leur souverain Maître…

Enfant digne d’amour, je te vois dans cette grotte, couché sur la paille, très pauvre et très méprisé ; mais la foi m’enseigne que tu es mon Dieu descendu du ciel pour mon salut. Je te reconnais pour mon souverain Seigneur et mon Sauveur ; je te proclame tel mais je n’ai rien à t’offrir. Je n’ai pas l’or de l’amour, puisque j’ai aimé les choses de ce monde ; je n’ai aimé que mes caprices, au lieu de t’aimer toi, infiniment digne d’amour. Je n’ai pas l’encens de la prière, puisque j’ai malheureusement vécu sans penser à toi. Je n’ai pas la myrrhe de la mortification, puisque, pour ne m’être pas abstenu de plaisirs misérables, j’ai tant de fois contristé ta bonté infinie. Que t’offrirai-je donc ? Mon Jésus, je t’offre mon cœur, tout souillé, tout dénué qu’il est : accepte-le et change-le, puisque tu es venu ici-bas laver dans ton sang nos cœurs coupables et nous transformer ainsi de pécheurs en saints. Donne-moi donc cet or, cet encens, cette myrrhe qui me manquent. Donne-moi l’or de ton saint amour ; donne-moi l’encens, l’esprit de prière ; donne-moi la myrrhe, le désir et la force de me mortifier en tout ce qui te déplaît…

Ô Vierge sainte, tu as accueilli les pieux rois mages avec une vive affection et tu les as comblés ; daigne aussi m’accueillir et me consoler, moi qui viens, à leur exemple, faire visite et m’offrir à ton Fils.

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787)

 

 

« Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »

samedi 17 novembre 2018

Y a-t-il un moyen plus efficace de nous encourager à la prière que la parabole du juge injuste qui nous a été racontée par le Seigneur ? Le juge injuste, évidemment, ne craignait pas Dieu ni ne respectait les hommes. Il n’éprouvait aucune bienveillance pour la veuve qui recourait à lui et cependant, vaincu par l’ennui, il finit par l’écouter. Si donc il exauça cette femme qui l’importunait par ses prières, comment ne serions-nous pas exaucés par celui qui nous encourage à lui présenter nos prières ? C’est pourquoi le Seigneur nous a proposé cette comparaison tirée des contraires pour nous faire comprendre « qu’il faut toujours prier sans se décourager ». Puis il a ajouté : « Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Si la foi disparaît, la prière s’éteint. Qui pourrait, en effet, prier pour demander ce qu’il ne croit pas ? Voici donc ce que l’apôtre Paul dit en exhortant à prier : « Tous ceux qui invoqueront le nom du Seigneur seront sauvés ». Puis, pour montrer que la foi est la source de la prière et que le ruisseau ne peut couler si la source est à sec, il ajoute : « Or, comment invoquer le Seigneur sans avoir d’abord cru en lui ? » (Rm 10,13-14) Croyons donc pour pouvoir prier et prions pour que la foi, qui est au principe de notre prière, ne nous fasse pas défaut. La foi répand la prière, et la prière, en se répandant, obtient à son tour l’affermissement de la foi.

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

 

 

 

« Les neuf autres, où sont-ils ? »

mercredi 14 novembre 2018

De nos jours, on voit beaucoup de gens qui prient, mais hélas, on n’en voit pas qui reviennent sur leurs pas et rendent grâce à Dieu… « N’ont-ils pas été guéris tous les dix ? Où sont donc les neuf autres ? » Vous vous rappelez, je pense, que c’est en ces termes que le Sauveur se plaignait de l’ingratitude des neuf autres lépreux. Nous lisons qu’ils savaient bien « prier, supplier et demander », car ils ont élevé la voix pour s’écrier : « Jésus, fils de David, ayez pitié de nous ». Mais il leur a manqué une quatrième chose que réclame l’apôtre Paul : « l’action de grâce » (1Tm 2, 1), car ils ne sont pas revenus sur leurs pas et n’ont pas rendu grâce à Dieu.

Nous voyons bien encore de nos jours un certain nombre de personnes qui demandent à Dieu avec instance ce qui leur manque, mais on n’en voit qu’un petit nombre qui semblent reconnaissants des bienfaits qu’ils ont reçus. Il n’y a pas de mal à demander avec instance, mais ce qui fait que Dieu ne nous exauce pas, c’est qu’il trouve que nous manquons de gratitude. Après tout, peut-être est-ce encore un acte de clémence de sa part de refuser aux ingrats ce qu’ils demandent, pour qu’ils ne soient pas jugés d’autant plus rigoureusement à cause de leur ingratitude… C’est donc par miséricorde que Dieu retient parfois sa miséricorde…

Vous voyez donc que tous ceux qui se trouvent guéris de la lèpre du monde, je veux dire des désordres évidents, ne profitent pas de leur guérison. Plusieurs, en effet, sont atteints secrètement d’un ulcère pire que la lèpre, d’autant plus dangereux qu’il est plus intérieur. C’est pourquoi c’est avec raison que le Sauveur du monde demande où sont les neuf autres lépreux, car les pécheurs s’éloignent du salut. C’est ainsi qu’après son péché, Dieu a demandé au premier homme : « Où es-tu ? » (Gn 3,9)

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église

 

 

 

Oraison

vendredi 19 octobre 2018

La véritable raison pour laquelle tu ne réussis pas toujours ta méditation, la voici –- et je ne me trompe pas ! Tu commences ta méditation dans l’agitation et l’anxiété. Cela suffit pour que tu n’obtiennes jamais ce que tu recherches, car ton esprit n’est pas concentré sur la vérité que tu médites et il n’y a pas d’amour dans ton cœur. Cette anxiété est vaine. Tu n’en retireras qu’une grande fatigue spirituelle et une certaine froideur de l’âme, surtout au niveau affectif. Je ne connais à cela nul autre remède que celui-ci : sortir de cette anxiété. C’est en effet un des obstacles majeurs à la pratique religieuse et à la vie de prière. Elle nous fait courir pour nous faire trébucher. Je ne veux vraiment pas te dispenser de la méditation simplement parce qu’il te semble que tu n’en retires aucun profit. Au fur et à mesure que tu feras le vide en toi-même, que tu te débarrasseras de cet attachement dans l’humilité, le Seigneur te fera le don de l’oraison qu’il garde dans sa main droite.

Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin

 

 

« Dieu fait aussi l’intérieur… Alors tout sera pur pour vous. »

mardi 16 octobre 2018

Prière de l’âme embrasée d’amour : Seigneur Dieu, mon Bien-Aimé ! Si le souvenir de mes péchés t’empêche de m’accorder la grâce que je sollicite, accomplis ta volonté, car c’est là ce que je préfère. Et cependant, j’ose t’en supplier : donne lieu à ta bonté, à ta miséricorde, de resplendir dans le pardon que tu m’accorderas. Si ce sont mes œuvres que tu attends pour m’accorder l’objet de ma requête, donne-les-moi en les opérant toi-même en moi. Joins-y les peines que tu voudras bien accepter, et qu’elles viennent… Qui pourra, mon Dieu, s’affranchir des modes et des termes vulgaires, si tu ne l’élèves toi-même jusqu’à toi en pureté d’amour ? Comment montera jusqu’à toi l’homme engendré, nourri dans les bassesses, si tu ne l’élèves, Seigneur, de cette même main qui l’a formé ? Tu ne retireras point, mon Dieu, ce que tu m’as une fois donné en me donnant ton Fils unique, Jésus Christ, en qui tu m’as donné tout ce que je peux désirer. Aussi je veux me réjouir, car tu ne tarderas pas, si je t’espère véritablement. Et toi, qu’attends-tu, puisque dès maintenant tu peux aimer Dieu dans ton cœur ? Les cieux sont à moi et la terre est à moi. À moi les nations, à moi les justes, à moi les pécheurs. Les anges sont à moi et la Mère de Dieu est à moi. Tout est à moi. Dieu est à moi et pour moi, puisque le Christ est à moi et tout entier pour moi (cf 1Co 3,22-23). Après cela, que demandes-tu et que cherches-tu, mon âme ? Tout est à toi et entièrement pour toi. Sois fière et ne t’arrête pas aux miettes qui tombent de la table de ton Père. Sors et glorifie-toi de ta gloire. Réjouis-toi, et tu obtiendras ce que ton cœur demande (Ps 36,4).

Saint Jean de la Croix (1542-1591), carme, docteur de l’Église

 

 

 

« Mon ami, prête-moi trois pains. »

jeudi 11 octobre 2018

« Si l’un d’entre vous ayant un ami s’en va le trouver au milieu de la nuit pour lui dire : “Mon ami, prête-moi trois pains, car l’un de mes amis est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui offrir” » : Selon l’intelligence spirituelle, par cet ami, on entend le Christ. « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle amis » (Cf. Jn 15, 15). Il faut aller vers cet ami, de nuit, c’est-à-dire dans le silence de la nuit, comme vint Nicodème au sujet duquel il est dit « qu’il vint trouver Jésus de nuit » (Cf. Jn 3,2). Et en premier lieu parce que dans le silence secret de la nuit, il faut frapper par la prière, selon Isaïe : « La nuit, mon âme te désire » (Is 26,9). Ou bien dans la nuit, c’est-à-dire dans la tribulation, selon Osée : « Dans leurs tribulations, ils se lèveront dès le matin » (Os 5,15 Septante). En effet, l’ami qui arrive de voyage, c’est notre esprit qui revient à nous aussi souvent qu’il s’est éloigné par les biens temporels. Le plaisir fait s’éloigner cet ami, mais la tribulation le ramène, comme il est dit plus loin, en Luc , au sujet du fils prodigue qui s’est éloigné à cause de la luxure et qui est revenu à cause de la misère (Cf Lc 15,11-32). Celui qui revient rentre en lui-même, mais il se trouve vide de la consolation des nourritures spirituelles. Pour cet ami affamé, il faut donc demander à l’ami véritable trois pains, c’est-à-dire l’intelligence de la Trinité, soit le nom des trois personnes, afin qu’il trouve sa nourriture dans la connaissance du Dieu unique. Ou bien ces trois pains sont la foi, l’espérance et la charité, par lesquelles est nommée une triple vertu dans l’âme. À leur sujet, au livre des Rois, [on lit] : « Quand tu arriveras au chêne de Tabor, tu y rencontreras trois hommes montant vers Dieu à Béthel, l’un portant trois chevreaux, l’autre trois miches de pain et le dernier portant une outre de vin » (1R 10,3 Septante =1S 10,3), afin qu’en cela soient comprises l’unité de la grâce et la trinité des vertus par lesquelles l’image de Dieu est formée dans l’âme.

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église