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Archive pour le mot-clef ‘Ste Thérèse’

« Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers. »

mardi 7 juillet 2020

Un jour que je pensais à ce que je pouvais faire pour sauver les âmes, une parole de l’Évangile m’a montré une vive lumière. Autrefois Jésus disait à ses disciples en leur montrant les champs de blés mûrs : « Levez les yeux et voyez comme les campagnes sont déjà assez blanches pour être moissonnées » (Jn 4,35), et un peu plus tard : « À la vérité la moisson est abondante mais le nombre des ouvriers est petit ; demandez donc au maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers ». Quel mystère ! Jésus n’est-il pas tout-puissant ? Les créatures ne sont-elles pas à celui qui les a faites ? Pourquoi Jésus dit-il donc : « Demandez au maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers » ? Pourquoi ?

Ah ! c’est que Jésus a pour nous un amour si incompréhensible qu’il veut que nous ayons part avec lui au salut des âmes. Il ne veut rien faire sans nous. Le créateur de l’univers attend la prière d’une pauvre petite âme pour sauver les autres âmes rachetées comme elle au prix de tout son sang. Notre vocation à nous ce n’est pas d’aller moissonner dans les champs de blés mûrs. Jésus ne nous dit pas : « Baissez les yeux, regardez les campagnes et allez les moissonner ». Notre mission [comme Carmélites] est encore plus sublime. Voici les paroles de notre Jésus : « Levez les yeux et voyez. Voyez comme dans mon Ciel il y a des places vides, c’est à vous de les remplir ; vous êtes mes Moïse priant sur la montagne (Ex 17,8s). Demandez-moi des ouvriers et j’en enverrai, je n’attends qu’une prière, un soupir de votre cœur !

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

 

 

 

 

L’amour des ennemis

mardi 16 juin 2020

Il se trouve dans la communauté une sœur qui a le talent de me déplaire en toutes choses ; ses manières, ses paroles, son caractère me semblaient très désagréables. Cependant c’est une sainte religieuse qui doit être très agréable au bon Dieu ; aussi ne voulant pas céder à l’antipathie naturelle que j’éprouvais, je me suis dit que la charité ne devait pas consister dans les sentiments, mais dans les œuvres. Alors je me suis appliquée à faire pour cette sœur ce que j’aurais fait pour la personne que j’aime le plus. À chaque fois que je la rencontrais je priais le bon Dieu pour elle, lui offrant toutes ses vertus et ses mérites. Je sentais bien que cela faisait plaisir à Jésus, car il n’est pas d’artiste qui n’aime à recevoir des louanges de ses œuvres, et Jésus, l’artiste des âmes, est heureux lorsqu’on ne s’arrête pas à l’extérieur mais que, pénétrant jusqu’au sanctuaire intime qu’il s’est choisi pour demeure, on en admire la beauté.

Je ne me contentais pas de prier beaucoup pour la sœur qui me donnait tant de combats, je tâchais de lui rendre tous les services possibles et quand j’avais la tentation de lui répondre d’une façon désagréable, je me contentais de lui faire mon plus aimable sourire et je tâchais de détourner la conversation (…) Souvent aussi (…), ayant quelques rapports d’emploi avec cette sœur, lorsque mes combats étaient trop violents, je m’enfuyais comme un déserteur. Comme elle ignorait absolument ce que je sentais pour elle, jamais elle n’a soupçonné les motifs de ma conduite et demeure persuadée que son caractère m’est agréable. Un jour à la récréation, elle me dit à peu près ces paroles d’un air très content : « Voudriez-vous me dire, ma sœur Thérèse de l’Enfant Jésus, ce qui vous attire tant vers moi, à chaque fois que vous me regardez, je vous vois sourire ? » Ah, ce qui m’attirait, c’était Jésus caché au fond de son âme. Jésus qui rend doux ce qu’il y a de plus amer.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

 

 

 

 

« Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi. »

jeudi 30 avril 2020

Ma Mère, je crois qu’il est nécessaire que je vous donne encore quelques explications sur le passage du Cantique des Cantiques : « Attirez-moi, nous courrons » (Ct 1,4 LXX). (…) « Personne, a dit Jésus, ne peut venir après moi, si mon Père qui m’a envoyé ne l’attire. » Ensuite (…) il nous enseigne qu’il suffit de frapper pour qu’on ouvre, de chercher pour trouver et de tendre humblement la main pour recevoir ce que l’on demande (Lc 11,9s)… Il dit encore que tout ce que l’on demande à son Père en son nom il l’accorde (Jn 16,23). (…)

Qu’est-ce donc de demander d’être attiré, sinon de s’unir d’une manière intime à l’objet qui captive le cœur ? Si le feu et le fer avaient la raison et que ce dernier disait à l’autre : « Attire-moi », ne prouverait-il pas qu’il désire s’identifier au feu de manière qu’il le pénètre et l’imbibe de sa brûlante substance et semble ne faire qu’un avec lui ? Mère bien-aimée, voici ma prière, je demande à Jésus de m’attirer dans les flammes de son amour, de m’unir si étroitement à lui, qu’il vive et agisse en moi. Je sens que plus le feu de l’amour embrasera mon cœur, plus je dirai : « Attirez-moi », plus aussi les âmes qui s’approcheront de moi (pauvre petit débris de fer inutile, si je m’éloignais du brasier divin), plus ces âmes courront avec vitesse à l’odeur des parfums de leur Bien-Aimé, car une âme embrasée d’amour ne peut rester inactive. Sans doute comme sainte Madeleine, elle se tient aux pieds de Jésus, elle écoute sa parole douce et enflammée ; paraissant ne rien donner, elle donne bien plus que Marthe (Lc 10,39s).

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

 

 

 

« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

mardi 25 février 2020

Jésus ! (…) Quelle n’est pas votre humilité, ô divin Roi de Gloire, de vous soumettre à tous vos prêtres sans faire aucune distinction entre ceux qui vous aiment et ceux qui sont, hélas ! tièdes ou froids dans votre service. À leur appel vous descendez du ciel ; ils peuvent avancer, retarder l’heure du saint sacrifice, toujours vous êtes prêt. Ô mon Bien-Aimé, sous le voile de la blanche hostie, que vous m’apparaissez doux et humble de cœur ! (Mt 11,29) Pour m’enseigner l’humilité vous ne pouvez vous abaisser davantage ; aussi je veux, afin de répondre à votre amour, désirer que mes sœurs me mettent toujours à la dernière place et bien me persuader que cette place est la mienne. (…)

Je le sais, ô mon Dieu, vous abaissez l’âme orgueilleuse, mais à celle qui s’humilie vous donnez une éternité de gloire ; je veux donc me mettre au dernier rang, partager vos humiliations afin « d’avoir part avec vous » (Jn 13,8) dans le royaume des Cieux.

Mais, Seigneur, ma faiblesse vous est connue ; chaque matin je prends la résolution de pratiquer l’humilité et le soir je reconnais que j’ai commis encore bien des fautes d’orgueil. À cette vue je suis tentée de me décourager mais, je le sais, le découragement est aussi de l’orgueil. Je veux donc, ô mon Dieu, fonder sur vous seul mon espérance ; puisque vous pouvez tout, daignez faire naître en mon âme la vertu que je désire. Pour obtenir cette grâce de votre infinie miséricorde je vous répéterai bien souvent : « Ô Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre ! »

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

 

 

 

 

« Zachée, descends vite ; aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi. »

mardi 19 novembre 2019

Céline, quel mystère que notre grandeur en Jésus. Voilà tout ce que Jésus nous a montré en nous faisant monter comme Zachée sur l’arbre symbolique dont je te parlais. Et maintenant quelle science va-t-il nous enseigner ? Ne nous a-t-il pas tout appris ? Écoutons ce qu’il nous dit : « Hâtez-vous de descendre, il faut que je loge aujourd’hui chez vous ». Eh quoi ! Jésus nous dit de descendre. Où donc faut-il descendre ? Céline, tu le sais mieux que moi, cependant laisse-moi te dire où nous devons maintenant suivre Jésus. Autrefois les juifs demandaient à notre divin Sauveur : « Maître, où logez-vous ? » et il leur répondit : « Les renards ont leur tanière, les oiseaux du ciel leurs nids et moi je n’ai pas où reposer la tête » (Jn 1,38; Mt 8,20). Voilà, où nous devons descendre afin de pouvoir servir de demeure à Jésus. Être si pauvre que nous n’ayons pas où reposer la tête. Voilà ce que Jésus a fait dans mon âme pendant ma retraite. Tu comprends qu’il s’agit de l’intérieur. (…)

Ce que Jésus désire c’est que nous le recevions dans nos cœurs ; sans doute ils sont déjà vides des créatures, mais hélas ! je sens que le mien n’est pas tout à fait vide de moi et c’est pour cela que Jésus me dit de descendre. Lui, le Roi des rois, il s’est humilié de telle sorte que son visage était caché et que personne ne le reconnaissait et moi aussi je veux cacher mon visage, je veux que mon bien-aimé seul puisse le voir, qu’il soit le seul à compter mes larmes, que dans mon cœur au moins il puisse reposer sa tête chérie et sente que là il est connu et compris !

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

 

 

 

 

Elle vivait de foi comme nous

mardi 24 septembre 2019

Que j’aurais bien voulu être prêtre pour prêcher sur la Sainte Vierge ! Une seule fois m’aurait suffi pour dire tout ce que je pense à ce sujet.

J’aurais d’abord fait comprendre à quel point on connaît peu sa vie. Il ne faudrait pas dire des choses invraisemblables ou qu’on ne sait pas ; par exemple que, toute petite, à trois ans, la Sainte Vierge est allée au Temple s’offrir à Dieu avec des sentiments brûlants d’amour et tout à fait extraordinaires ; tandis qu’elle y est peut-être allée tout simplement pour obéir à ses parents… Pour qu’un sermon sur la Sainte Vierge me plaise et me fasse du bien, il faut que je voie sa vie réelle, pas sa vie supposée ; et je suis sûre que sa vie réelle devait être toute simple. On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu’elle vivait de foi comme nous, en donner des preuves par l’Évangile où nous lisons : « Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait » (Lc 2,50). Et cette autre, non moins mystérieuse : « Ses parents étaient dans l’admiration de ce qu’on disait de lui » (Lc 2,33). Cette admiration suppose un certain étonnement, ne trouvez-vous pas ?

On sait bien que la Sainte Vierge est la Reine du Ciel et de la terre, mais elle est plus mère que reine, et il ne faut pas dire à cause de ses prérogatives qu’elle éclipse la gloire de tous les saints, comme le soleil à son lever fait disparaître les étoiles. Mon Dieu ! que cela est étrange ! Une mère qui fait disparaître la gloire de ses enfants ! Moi je pense tout le contraire, je crois qu’elle augmentera de beaucoup la splendeur des élus. C’est bien de parler de ses prérogatives, mais il ne faut pas dire que cela… Qui sait si quelque âme n’irait pas même jusqu’à sentir alors un certain éloignement pour une créature tellement supérieure et ne se dirait pas : « Si c’est cela, autant aller briller comme on pourra dans un petit coin. »

Ce que la Sainte Vierge a de plus que nous, c’est qu’elle ne pouvait pas pécher, qu’elle était exempte de la tache originelle, mais d’autre part, elle a eu bien moins de chance que nous, puisqu’elle n’a pas eu de Sainte Vierge à aimer, et c’est une telle douceur de plus pour nous.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

 

 

 

 

Solennité de la Toussaint

jeudi 1 novembre 2018

Sœur Marie de l’Eucharistie voulait allumer les cierges pour une procession ; elle n’avait pas d’allumette, mais voyant la petite lampe qui brûle devant les reliques, elle s’en approche. Hélas, elle la trouve à demi éteinte ; il ne reste plus qu’une faible lueur sur la mèche carbonisée. Elle réussit cependant à allumer son cierge et, par ce cierge, tous ceux de la communauté se trouvèrent allumés. C’est donc cette petite lampe à demi éteinte qui a produit ces belles flammes qui, à leur tour, peuvent en produire une infinité d’autres et même embraser l’univers. Pourtant ce serait toujours à la petite lampe qu’on devrait la première cause de cet embrasement. Comment, sachant cela, les belles flammes pourraient-elles se glorifier d’avoir fait un incendie pareil, puisqu’elles n’ont été allumées que par correspondance avec la petite étincelle ?…

Il en est de même pour la communion des saints. Souvent, sans le savoir, les grâces et les lumières que nous recevons sont dues à une âme cachée, parce que le bon Dieu veut que les saints se communiquent les uns aux autres la grâce par la prière, afin qu’au ciel ils s’aiment d’un grand amour, d’un amour bien plus grand encore que celui de la famille, même la famille la plus idéale de la terre. Combien de fois ai-je pensé que je pouvais devoir toutes les grâces que j’ai reçues aux prières d’une âme qui m’aurait demandée au bon Dieu et que je ne connaîtrai qu’au ciel. Oui, une toute petite étincelle pourra faire naître de grandes lumières dans toute l’Église, comme des docteurs et des martyrs qui seront sans doute bien au-dessus d’elle au ciel ; mais comment pourrait-on penser que leur gloire ne deviendra pas la sienne ? Au ciel on ne rencontrera pas de regards indifférents, parce que tous les élus reconnaîtront qu’ils se doivent entre eux les grâces qui leur ont mérité la couronne.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église

 

 

 

 

Message du 25 mars 1990

mercredi 10 octobre 2018

 

 

 

 

 

 

« Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête »

mercredi 3 octobre 2018

Rappelle-toi de la gloire du Père

Rappelle-toi des divines splendeurs

Que tu quittas t’exilant sur la terre

Pour racheter tous les pauvres pécheurs

 

Ô Jésus ! t’abaissant vers la Vierge Marie

Tu voilas ta grandeur et ta gloire infinie Ah ! du sein maternel

Qui fut ton second Ciel Rappelle-toi…

Rappelle-toi que sur d’autres rivages

 

Les astres d’or et la lune d’argent

Que je contemple en l’azur sans nuages

Ont réjoui, charmé tes yeux d’Enfant.

De ta petite main qui caressait Marie

Tu soutenais le monde et lui donnais la vie.

 

Et tu pensais à moi, Jésus, mon petit Roi

Rappelle-toi. Rappelle-toi que dans la solitude

Tu travaillais de tes divines mains

Vivre oublié fut ta plus douce étude

 

Tu rejetas le savoir des humains

Ô Toi ! qui d’un seul mot pouvais charmer le monde

Tu te plus à cacher ta sagesse profonde.

Tu parus ignorant, Ô Seigneur Tout-Puissant !

 

Rappelle-toi. Rappelle-toi qu’étranger sur la terre,

Tu fus errant, toi le Verbe Éternel,

Tu n’avais rien ; non, pas même une pierre

Pas un abri, comme l’oiseau du ciel.

 

Ô Jésus ! viens en moi, viens reposer ta Tête,

Viens, à te recevoir mon âme est toute prête

Mon Bien-Aimé Sauveur

Repose dans mon cœur Il est à Toi.

 

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église

 

 

« ‘Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes.’ Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir. » (Jn 12 ,32-33)

vendredi 28 septembre 2018

Il est sur cette terre

Un Arbre merveilleux

Sa racine, ô mystère !

Se trouve dans les cieux.

 

Jamais sous son ombrage

Rien ne saurait blesser ;

Là, sans craindre l’orage

On peut se reposer.

 

De cet Arbre ineffable

L’Amour voilà le nom,

Et son fruit délectable

S’appelle l’abandon.

 

Ce fruit dès cette vie

Me donne le bonheur ;

Mon âme est réjouie

Par sa divine odeur.

 

Ce fruit, quand je le touche,

Me paraît un trésor ;

Le portant à ma bouche,

Il m’est plus doux encor.

 

Il me donne en ce monde

Un océan de paix ;

En cette paix profonde

Je repose à jamais.

 

Seul l’abandon me livre

En tes bras, ô Jésus.

C’est lui qui me fait vivre

De la vie des élus.

 

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église