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Archive pour le mot-clef ‘Ste Thérèse’

Message du 25 mars 1990

mercredi 10 octobre 2018

 

 

 

 

 

 

« Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête »

mercredi 3 octobre 2018

Rappelle-toi de la gloire du Père

Rappelle-toi des divines splendeurs

Que tu quittas t’exilant sur la terre

Pour racheter tous les pauvres pécheurs

 

Ô Jésus ! t’abaissant vers la Vierge Marie

Tu voilas ta grandeur et ta gloire infinie Ah ! du sein maternel

Qui fut ton second Ciel Rappelle-toi…

Rappelle-toi que sur d’autres rivages

 

Les astres d’or et la lune d’argent

Que je contemple en l’azur sans nuages

Ont réjoui, charmé tes yeux d’Enfant.

De ta petite main qui caressait Marie

Tu soutenais le monde et lui donnais la vie.

 

Et tu pensais à moi, Jésus, mon petit Roi

Rappelle-toi. Rappelle-toi que dans la solitude

Tu travaillais de tes divines mains

Vivre oublié fut ta plus douce étude

 

Tu rejetas le savoir des humains

Ô Toi ! qui d’un seul mot pouvais charmer le monde

Tu te plus à cacher ta sagesse profonde.

Tu parus ignorant, Ô Seigneur Tout-Puissant !

 

Rappelle-toi. Rappelle-toi qu’étranger sur la terre,

Tu fus errant, toi le Verbe Éternel,

Tu n’avais rien ; non, pas même une pierre

Pas un abri, comme l’oiseau du ciel.

 

Ô Jésus ! viens en moi, viens reposer ta Tête,

Viens, à te recevoir mon âme est toute prête

Mon Bien-Aimé Sauveur

Repose dans mon cœur Il est à Toi.

 

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église

 

 

« ‘Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes.’ Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir. » (Jn 12 ,32-33)

vendredi 28 septembre 2018

Il est sur cette terre

Un Arbre merveilleux

Sa racine, ô mystère !

Se trouve dans les cieux.

 

Jamais sous son ombrage

Rien ne saurait blesser ;

Là, sans craindre l’orage

On peut se reposer.

 

De cet Arbre ineffable

L’Amour voilà le nom,

Et son fruit délectable

S’appelle l’abandon.

 

Ce fruit dès cette vie

Me donne le bonheur ;

Mon âme est réjouie

Par sa divine odeur.

 

Ce fruit, quand je le touche,

Me paraît un trésor ;

Le portant à ma bouche,

Il m’est plus doux encor.

 

Il me donne en ce monde

Un océan de paix ;

En cette paix profonde

Je repose à jamais.

 

Seul l’abandon me livre

En tes bras, ô Jésus.

C’est lui qui me fait vivre

De la vie des élus.

 

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église

 

 

 

« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

jeudi 6 septembre 2018

En cette nuit de lumière [de Noël, à quatorze ans] commença la troisième période de ma vie, la plus belle de toutes, la plus remplie des grâces du ciel… Comme ses apôtres, je pouvais dire : « Seigneur, j’ai pêché toute la nuit sans rien prendre ». Plus miséricordieux encore pour moi qu’il ne le fut pour ses disciples, Jésus prit lui-même le filet, le jeta et le retira rempli de poissons. Il fit de moi un pêcheur d’âmes ; je sentis un grand désir de travailler à la conversion des pécheurs… Le cri de Jésus sur la croix retentissait aussi continuellement dans mon cœur : « J’ai soif ! » (Jn 19,28) Ces paroles allumaient en moi une ardeur inconnue et très vive. Je voulais donner à boire à mon Bien-Aimé et je me sentais moi-même dévorée de la soif des âmes… Afin d’exciter mon zèle le Bon Dieu me montra qu’il avait mes désirs pour agréables. J’entendis parler d’un grand criminel qui venait d’être condamné à mort pour des crimes horribles, tout portait à croire qu’il mourrait dans l’impénitence. Je voulus à tout prix l’empêcher de tomber en enfer… Je sentais au fond de mon cœur la certitude que [ces] désirs seraient satisfaits, mais afin de me donner du courage pour continuer à prier pour les pécheurs, je dis au Bon Dieu que j’étais bien sûre qu’il pardonnerait au pauvre malheureux Pranzini, que je le croirais même s’il ne se confessait pas et ne donnait aucune parole de repentir, tant j’avais de confiance en la miséricorde infinie de Jésus, mais que je lui demandais seulement « un signe » de repentir pour ma simple consolation. Ma prière fut exaucée à la lettre !… Ah ! depuis cette grâce unique, mon désir de sauver les âmes grandit chaque jour ; il me semblait entendre Jésus me dire comme à la Samaritaine : « Donne-moi à boire ! » (Jn 4,7) C’était un véritable échange d’amour ; aux âmes je donnais le sang de Jésus, à Jésus j’offrais ces mêmes âmes rafraîchies par sa rosée divine. Ainsi il me semblait le désaltérer et plus je lui donnais à boire, plus la soif de ma pauvre petite âme augmentait, et c’était cette soif ardente qu’il me donnait comme le plus délicieux breuvage de son amour.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église

 

 

 

 

Un trésor caché

mercredi 2 août 2017

St Matthieu13

L’épouse [du Cantique] des Cantiques dit…qu’elle se leva de son lit pour chercher son Bien-aimé dans la ville, mais ce fut en vain ; après être sortie de la cité elle trouva Celui que son cœur aimait (Ct 3,1-4). Jésus ne veut pas que nous trouvions dans le repos sa présence adorable, il se cache… Oh, quelle mélodie pour mon cœur que ce silence de Jésus. Il se fait pauvre afin que nous puissions lui faire la charité, il nous tend la main comme un mendiant afin qu’au jour radieux du jugement, alors qu’il paraîtra dans sa gloire, il puisse nous faire entendre ces douces paroles : « Venez, les bénis de mon Père, car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, je ne savais où loger et vous m’avez donné un asile, j’étais en prison, malade, et vous m’avez secouru » (Mt 25,34-36). C’est Jésus lui-même qui a prononcé ces mots, c’est lui qui veut notre amour, qui le mendie. Il se met pour ainsi dire à notre merci, il ne veut rien prendre sans que nous le lui donnions…

Jésus est un trésor caché, un bien inestimable que peu d’âmes savent trouver car il est caché et le monde aime ce qui brille. Ah, si Jésus avait voulu se montrer à toutes les âmes avec ses dons ineffables, sans doute il n’en est pas une seule qui l’aurait dédaigné, mais il ne veut pas que nous l’aimions pour ses dons, c’est lui-même qui doit être notre récompense.

Pour trouver une chose cachée, il faut se cacher soi-même ; notre vie doit donc être un mystère, il nous faut ressembler à Jésus, à Jésus dont le visage était caché (Is 53,3)… Jésus t’aime d’un amour si grand que si tu le voyais tu serais dans une extase de bonheur…, mais tu ne le vois pas et tu souffres. Bientôt Jésus « se lèvera pour sauver tous les doux et les humbles de la terre » (Ps 75,10).

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
Lettre 145 (OC, Cerf DDB 1992, p. 470)

 

 

 

« Laisse-lui encore ton manteau. »

lundi 19 juin 2017

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Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure
Sans réclamer de salaire ici-bas.
Ah ! sans compter je donne, étant bien sûre
Que lorsqu’on aime, on ne calcule pas !
Au Cœur Divin, débordant de tendresse,
J’ai tout donné…. légèrement je cours
Je n’ai plus rien que ma seule richesse :
Vivre d’Amour.

Vivre d’Amour, c’est bannir toute crainte,
Tout souvenir des fautes du passé.
De mes péchés je ne vois nulle empreinte,
En un instant l’amour a tout brûlé !
Flamme divine, ô très douce fournaise,
En ton foyer je fixe mon séjour.
C’est en tes feux que je chante à mon aise (cf Dn 3,51) :
« Je vis d’Amour ! »…

« Vivre d’Amour, quelle étrange folie ! »
Me dit le monde. « Ah ! cessez de chanter,
« Ne perdez pas vos parfums, votre vie :
« Utilement sachez les employer ! »
T’aimer, Jésus, quelle perte féconde !
Tous mes parfums sont à toi sans retour,
Je veux chanter en sortant de ce monde :
« Je meurs d’Amour ! »

Aimer c’est tout donner et se donner soi-même.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
Poésies « Vivre d’amour » et « Pourquoi je t’aime, ô Marie » (OC, Cerf DDB 1996, p. 668)

 

 

 

 

 

 

 

« Le Puissant fit pour moi des merveilles. » (Lc 1,49)

mercredi 21 décembre 2016

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Oh ! Je t’aime, Marie, te disant la servante
Du Dieu que tu ravis par ton humilité (Lc 1,38)
Cette vertu cachée te rend toute-puissante
Elle attire en ton cœur la Sainte Trinité
Alors l’Esprit d’Amour te couvrant de son ombre (Lc 1,35)
Le Fils égal au Père en toi s’est incarné
De ses frères pécheurs bien grand sera le nombre
Puisqu’on doit l’appeler : Jésus, ton premier-né ! (Lc 2,7)
Ô Mère bien-aimée, malgré ma petitesse
Comme toi je possède en moi le Tout-Puissant
Mais je ne tremble pas en voyant ma faiblesse :
Le trésor de la mère appartient à l’enfant
Et je suis ton enfant, ô ma Mère chérie.
Tes vertus, ton amour, ne sont-ils pas à moi ?
Aussi lorsqu’en mon cœur descend la blanche hostie
Jésus, ton Doux Agneau, croit reposer en toi !

noc3abl-s602-en-bannic3a8re-verticaleTu me le fais sentir, ce n’est pas impossible
De marcher sur tes pas, ô Reine des élus.
L’étroit chemin du Ciel, tu l’as rendu visible
En pratiquant toujours les plus humbles vertus.
Auprès de toi, Marie, j’aime à rester petite,
Des grandeurs d’ici-bas je vois la vanité,
Chez sainte Élisabeth, recevant ta visite,
J’apprends à pratiquer l’ardente charité.

Là j’écoute ravie, douce Reine des anges,
Le cantique sacré qui jaillit de ton cœur (Lc 1,46s)
Tu m’apprends à chanter les divines louanges
À me glorifier en Jésus mon Sauveur.
Tes paroles d’amour sont de mystiques roses
Qui doivent embaumer les siècles à venir.
En toi le Tout-Puissant a fait de grandes choses
Je veux les méditer, afin de l’en bénir.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
Poésie « Pourquoi je t’aime, ô Marie », strophes 4-7 (OC, Cerf DDB 1992, p. 751)

 

 

 

Thérèse et la « petite voie »

mercredi 9 novembre 2016

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Thérèse trouve sa joie à se laisser porter par son Dieu sur une voie toute droite qui n’est plus « le rude escalier de la perfection ». Sa joie est ce « laisser-faire » en Jésus qui s’abaisse vers elle et la comble de son amour. Son seul mérite est de ne pas en avoir. La reconnaissance de son impuissance lui enlève tout désir d’héroïsme, d’extases, de choses extraordinaires qui remplissent si souvent l’âme d’orgueil. Novice, elle écrivait à sœur Agnès, bien avant sa découverte de la petite voie : « (…) Quel bonheur d’être si bien cachée que personne ne pense à vous !… d’être inconnue même aux personnes qui vivent avec vous » (Lettre 106).

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Cette petite voie découverte dans les Écritures est faite spécialement pour ceux et celles qui comprennent de l’intérieur que l’acceptation de leur misère attire la miséricorde divine. Thérèse enseignera cette petite voie avec l’autorité de celle qui ouvre un nouveau chemin dans le domaine de la vie spirituelle. Elle réalise très tôt que sa petite voie se distingue de celle des grands saints par l’utilisation des moyens ordinaires et des vertus de l’enfance spirituelle : simplicité, humilité, abandon, droiture, audace et joie.

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(…) La petite voie thérésienne, qu’on a appelée « voie d’enfance spirituelle », n’est pas réservée à une élite, aux parfaits. C’est une voie que l’on emprunte dès le début de la vie spirituelle, avec la certitude que la miséricorde divine veut se répandre en ceux et celles qui se livrent à elle. Cette petite voie bien droite mène progressivement vers les sommets de l’abandon et de l’amour, à ce point culminant du désir de Jésus d’aimer et d’être aimé. Elle monte doucement à la mesure de notre confiance. Plus on la prend, plus on apprend l’abandon, et plus on s’abandonne à cette « science d’amour », plus on s’ouvre à la miséricorde divine qui veut tout envahir.

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(…) Dans notre monde en proie à tant de peurs et de suspicions, Thérèse ne cesse de nous exhorter à tout miser sur la confiance et la miséricorde. Elle remplace l’image du Dieu justicier, que l’on devait satisfaire par d’innombrables sacrifices et bonnes œuvres, par l’image d’un Dieu miséricordieux qui élève la petite âme par l’ascenseur de l’amour. La tentation est ainsi moins grande de nous justifier par nos bonnes actions, de penser acheter le salut par la perfection, de nous enorgueillir des dons reçus comme s’ils nous appartenaient. Aucune action ou forme extérieure ne peut définir la sainteté, si ce n’est l’amour miséricordieux et ce qui en résulte : l’abandon, la confiance, l’espérance, la reconnaissance.

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(…) On le voit bien, la « petite voie » de l’enfance spirituelle n’a rien à voir avec l’infantilisme, avec les caprices de l’enfant. Ce n’est pas être crédule, passif, innocent, mais accueillir la miséricorde, s’émerveiller des actions du Seigneur, tout attendre de lui. Cela ne veut pas dire que l’on ne fait rien et qu’on se résigne au péché ; au contraire, on travaille à la transformation du monde et on s’unit à la Croix de Jésus. N’est-ce pas lui, le doux et humble de cœur, qui a balisé pour nous le chemin.

Extraits de « La petite voie de Térèse de Lisieux »
jacquesgauthier.com

 

 

 

Le bon usage des richesses

vendredi 4 novembre 2016

 

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Ô Jésus, je le sais, l’amour ne se paie que par l’amour, aussi j’ai cherché, j’ai trouvé le moyen de soulager mon cœur en te rendant Amour pour Amour. « Employez les richesses qui rendent injustes à vous faire des amis qui vous reçoivent dans les tabernacles éternels » (Lc 16,9). Voilà, Seigneur, le conseil que tu donnes à tes disciples après leur avoir dit que « les enfants de ténèbres sont plus habiles dans leurs affaires que les enfants de lumière ». Enfant de lumière, j’ai compris que mes désirs d’être tout, d’embrasser toutes les vocations, étaient des richesses qui pourraient bien me rendre injuste, alors je m’en suis servie à me faire des amis. Me souvenant de la prière d’Élisée à son père Élie lorsqu’il osa lui demander son « double esprit » (2R 2,9), je me suis présentée devant les anges et les saints, et je leur ai dit : « Je suis la plus petite des créatures, je connais ma misère et ma faiblesse, mais je sais aussi combien les cœurs nobles et généreux aiment à faire du bien, je vous supplie donc, ô bienheureux habitants du Ciel, je vous supplie de m’adopter pour enfant. À vous seuls sera la gloire que vous me ferez acquérir, mais daignez exaucer ma prière ; elle est téméraire, je le sais, cependant j’ose vous demander de m’obtenir votre double Amour. »

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
Manuscrit autobiographique B, 4r°

 

 

 

 

Solennité de la Toussaint

mardi 1 novembre 2016

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Après avoir confessé « la sainte Église catholique », le Credo des apôtres ajoute « la communion des saints ». Cet article est, d’une certaine façon, une explicitation du précédent : « Qu’est-ce que l’Église sinon l’assemblée de tous les saints ? » (Nicétas) La communion des saints est précisément l’Église…

La communion de l’Église du ciel et de la terre : « L’union de ceux qui sont encore en chemin avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ ne connaît pas la moindre intermittence ; au contraire, selon la foi constante de l’Église, cette union est renforcée par l’échange des biens spirituels » (Vatican II, LG 49). L’intercession des saints : « Étant plus intimement liés avec le Christ, les habitants du ciel contribuent à affermir plus solidement l’Église en sainteté… Ainsi leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité » (LG 49). « Ne pleurez pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie » (S. Dominique) ; « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre » (Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus).

La communion avec les saints… : « Tout comme la communion entre les chrétiens de la terre nous approche de plus près du Christ, ainsi la communauté avec les saints nous unit au Christ de qui découlent…toute grâce et la vie du Peuple de Dieu lui-même » (LG 50)… Dans l’unique famille de Dieu : « Lorsque la charité mutuelle et la louange unanime de la Très Sainte Trinité nous font communier les uns aux autres, nous tous, enfants de Dieu qui ne faisons dans le Christ qu’une seule famille, nous répondons à la vocation profonde de l’Église » (LG 51).

En bref : L’Église est « communion des saints » : cette expression désigne d’abord les « choses saintes », et avant tout l’eucharistie, par laquelle « est représentée et réalisée l’unité des fidèles qui, dans le Christ, forment un seul Corps » (LG 3). Ce terme désigne aussi la communion des « personnes saintes » dans le Christ qui est « mort pour tous » (2Co 5,14), de sorte que ce que chacun fait ou souffre dans et pour le Christ porte du fruit pour tous.

Catéchisme de l’Église catholique
§ 946, 955-961