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Archive pour le mot-clef ‘Royaume des Cieux’

« Que ton Règne vienne ! »

vendredi 13 avril 2018

Pourquoi le faire roi ? N’était-il pas roi, lui qui craignait de le devenir ? Oui, il l’était. Mais pas un roi comme en font les hommes ; il était un roi qui donne aux hommes le pouvoir de régner. Peut-être Jésus veut-il, là aussi, nous donner une leçon, lui dont les actions sont des enseignements… Peut-être que « le prendre de force » c’était vouloir devancer le moment de son règne. En effet, il n’était pas venu pour régner à ce moment-là, comme il le fera, ainsi que nous le disons : « Que ton Règne vienne ! » Comme Fils de Dieu, comme Verbe de Dieu, le Verbe par qui tout a été fait, il règne toujours avec le Père. Mais les prophètes ont prédit aussi son règne en tant qu’il est le Christ fait homme et qu’il a fait de ses fidèles des chrétiens. Il y aura donc un royaume des chrétiens, qui se forme actuellement, qui se prépare, qu’achète le sang du Christ.

Plus tard ce royaume se manifestera, lorsque la splendeur des saints rayonnera, après le jugement prononcé par le Christ. De ce royaume, l’apôtre a dit : « Il remettra la royauté à Dieu le Père. » (1Co 15,24) Et lui-même en a parlé en disant : « Venez les bénis de mon Père ; recevez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde. » (Mt 25,34) Mais les disciples et les foules qui croyaient en lui ont pensé qu’il était venu pour régner dès ce moment-là. C’était vouloir devancer son temps, qu’il cachait en lui-même pour le faire connaître et le faire éclater au bon moment, à la fin des siècles.

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermons sur l’évangile de Jean, n°25, 2.

 

 

« Proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades. »

samedi 9 décembre 2017

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Frères, j’entends quelqu’un murmurer aujourd’hui contre Dieu : « Seigneur, que les temps sont durs ; quelle époque difficile à traverser ! » … Homme qui ne te corrige pas, n’es-tu pas mille fois plus dur que le temps que nous vivons ? Toi qui soupires après le luxe, après ce qui n’est que vanité, toi dont la cupidité est toujours insatiable, toi qui veux faire un mauvais usage de ce que tu désires, tu n’obtiendras rien…

Guérissons-nous, frères ! Corrigeons-nous ! Le Seigneur va venir. Parce qu’il n’apparaît pas encore on se moque de lui ; pourtant il ne va pas tarder à venir, et alors ce ne sera plus le moment de s’en moquer. Frères, corrigeons-nous ! Un temps meilleur va venir, mais non pas pour ceux qui vivent mal. Déjà le monde vieillit, il tourne à la décrépitude ; et nous, allons-nous redevenir jeunes ? Qu’espérons-nous donc ? Frères, n’espérons plus d’autres temps que ceux dont nous parle l’Évangile. Ils ne sont point mauvais car le Christ vient ! S’ils nous semblent durs, difficiles à traverser, Christ vient nous réconforter…

Frères, il faut que les temps soient durs. Pourquoi donc ? Pour qu’on ne cherche pas le bonheur en ce monde. C’est là notre remède : il faut que cette vie soit agitée, pour qu’on s’attache à l’autre vie. Comment ? Écoutez… Dieu voit les hommes s’agiter misérablement sous l’étreinte de leurs désirs et des soucis de ce monde qui donnent la mort à leur âme ; alors le Seigneur vient à eux comme un médecin qui apporte le remède.

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sur l’avènement du Christ, sermon 19, 7.8 (Œuvres complètes de saint Augustin, 6e série, 4e supplément ; trad. Bardot et Aubert, rev.)

 

 

 

Le Règne de Dieu au milieu de nous et au-dedans de nous

jeudi 16 novembre 2017

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À mon avis, ce serait indigne de nous éloigner de la contemplation du Christ ne serait-ce qu’un moment. Lorsque notre vue a commencé à dévier de ce but divin, tournons vers lui les yeux de notre cœur et ramenons-y comme une ligne droite le regard de notre esprit. Tout repose dans le sanctuaire profond de l’âme ; lorsque le diable en a été chassé et que le mal n’y règne plus, alors le règne de Dieu s’établit en nous. Mais « le Règne de Dieu, écrit l’évangéliste, ne viendra pas d’une manière visible… En vérité, le règne de Dieu est au-dedans de vous ».

Or en nous, il ne peut y avoir que la connaissance ou l’ignorance de la vérité, l’amour du vice ou de la vertu, par quoi nous donnons la royauté de notre cœur, soit au diable, soit au Christ.

L’apôtre Paul à son tour décrit ainsi la nature de ce règne : « Le règne de Dieu n’est pas dans le boire et le manger ; il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14,17). Si donc le règne de Dieu est au-dedans de nous, et qu’il consiste en la justice, la paix et la joie, quiconque demeure en ces vertus est sans aucun doute dans le royaume de Dieu… Élevons le regard de notre âme vers ce royaume, qui est joie sans fin.

Saint Jean Cassien (v. 360-435), fondateur de monastère à Marseille
Conférences, n°1 (trad. SC 42, p. 90 rev.)

 

 

 

Amassons des trésors éternels

vendredi 10 novembre 2017

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Le monde passe ; nous passons avec lui. Les rois, les empereurs, tout s’en va. On s’engouffre dans l’éternité d’où l’on ne revient plus. Il ne s’agit que d’une seule chose : sauver sa pauvre âme. Les saints n’étaient pas attachés aux biens de la terre ; ils ne songeaient qu’à ceux du ciel. Les gens du monde, au contraire, ne songent qu’au temps présent.

Il faut faire comme les rois. Quand ils vont être détrônés, ils envoient leurs trésors en avant ; ces trésors les attendent. De même un bon chrétien envoie toutes ses bonnes œuvres à la porte du ciel. […]

La terre est un pont pour passer l’eau ; elle ne sert qu’à soutenir nos pieds… Nous sommes en ce monde mais nous ne sommes pas de ce monde, puisque nous disons tous les jours : « Notre Père qui êtes aux cieux… » Il faut donc attendre notre récompense quand nous serons « chez nous » dans la maison paternelle.

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
Pensées choisies du Saint curé d’Ars (J. Frossard, Eds Téqui ; chap. 4, p.23-24)

 

 

Le Christ nous appelle à choisir la voie qui conduit à son Royaume (Mt 7,13)

lundi 28 août 2017

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Il existe deux voies d’enseignement et d’action : celle de la lumière et celle des ténèbres. L’écart est grand entre ces deux voies. Sur l’une sont postés les anges de Dieu, porteurs de lumière, sur l’autre, les anges de Satan…

Voici la voie de la lumière. Que celui qui veut y cheminer jusqu’au but assigné s’applique à sa tâche. Voici la connaissance qui nous a été donnée pour nous diriger dans cette voie : tu aimeras celui qui t’a créé, tu craindras celui qui t’a façonné, tu glorifieras celui qui t’a racheté de la mort, tu seras simple de cœur et riche d’esprit. Tu ne t’attacheras pas à ceux qui foulent le chemin de la mort… Tu ne t’élèveras pas, mais tu seras humble toujours. Tu ne tireras gloire de rien, tu ne trameras pas de mauvais desseins contre ton prochain… Tu ne feras pas acception des personnes en reprenant leurs fautes. Tu resteras doux et paisible, et tu seras dans la crainte devant les paroles que tu as entendues. Tu ne garderas pas rancune à ton frère.

Tu ne t’interrogeras pas sur ce que demain réserve. Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ; tu aimeras ton prochain plus que ta vie. Tu ne pratiqueras pas l’avortement, et tu ne feras pas mourir le nouveau-né… Tu accueilleras les événements de ta vie comme des bienfaits, en sachant que rien n’arrive en dehors de Dieu…

Tu partageras tout avec ton prochain, sans rien appeler ton bien propre (Ac 4,32). Car si vous mettez en commun les biens incorruptibles, combien plus les biens périssables… Jusqu’à la fin, tu haïras le mal… Tu jugeras avec équité. Tu ne créeras pas la division, mais tu rétabliras la paix en réconciliant les adversaires. Tu confesseras tes péchés. Tu ne viendras pas à la prière avec une conscience mauvaise.

L’Épître dite de Barnabé (vers 130)
§19 (trad. Quéré, Pères apostoliques, Seuil 1980, p. 215 rev)

 

 

 

« Le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. »

samedi 19 août 2017

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Quel don grand et admirable Dieu nous fait, mes frères ! Dans sa Pâque…, la résurrection du Christ fait renaître dans l’innocence des tout-petits ce qui hier dépérissait dans le péché. La simplicité du Christ fait sienne l’enfance. L’enfant est sans rancœur, il ne connaît pas la fraude, il n’ose pas frapper. Ainsi cet enfant qu’est devenu le chrétien ne s’emporte pas si on l’insulte, il ne se défend pas si on le dépouille, il ne rend pas les coups si on le frappe. Le Seigneur exige même de prier pour ses ennemis, d’abandonner tunique et manteau aux voleurs, de présenter l’autre joue (Mt 5,39s).

Cette enfance dans le Christ dépasse l’enfance simplement humaine. Celle-ci ignore le péché, celle-là le déteste. Celle-ci doit son innocence à sa faiblesse ; celle-là à sa vertu. Elle est digne de plus d’éloges encore : sa haine du mal vient de sa volonté, non de son impuissance… Bien sûr, on peut rencontrer la sagesse d’un vieillard chez un enfant et l’innocence de la jeunesse chez des personnes âgées. Et l’amour droit et vrai peut mûrir des jeunes : « La vieillesse honorable, dit le prophète, n’est pas celle que donnent les jours ; elle ne se mesure pas au nombre des années… mais par l’intelligence » (Sg 4,8). Mais à des apôtres déjà mûrs et âgés, le Seigneur dit : « Si vous ne faites retour sur vous-mêmes, si vous ne vous rendez pas semblables à cet enfant, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 18,3). Il les renvoie à la source même de leur vie ; il les incite à retrouver l’enfance, afin que ces hommes dont les forces déclinent déjà, renaissent à l’innocence du cœur. « A moins de renaître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume des cieux » (Jn 3,5).

Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
Homélie 58, sur la Pâque ; PL 57, 363 (trad. coll. Icthus vol. 10, p. 259)

 

 

 

 

 

« Le Royaume des cieux est comparable à un filet qu’on jette dans la mer. »

jeudi 3 août 2017

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Certes, nous savons bien qu’il ne sert de rien à l’homme de gagner l’univers s’il vient à se perdre lui-même (Lc 9,25), mais l’attente de la nouvelle terre, loin d’affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller : le corps de la nouvelle famille humaine y grandit, et il offre déjà une ébauche du monde à venir. C’est pourquoi, s’il faut soigneusement distinguer le progrès terrestre de la croissance du Règne du Christ, ce progrès a cependant beaucoup d’importance pour le Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la société humaine.

Car les valeurs de dignité, de communion fraternelle et de liberté, tous les fruits excellents de notre nature et de notre activité que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père « un Royaume éternel et universel : royaume de vérité et de vie, royaume de sainteté et de grâce, royaume de justice, d’amour et de paix » (Missel romain). Mystérieusement, le Royaume est déjà présent sur cette terre ; il atteindra sa perfection à l’avènement du Seigneur.

Concile Vatican II
Constitution sur l’Église dans le monde de ce temps « Gaudium et spes », § 39, 2-3

 

 

 

 

« Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. »

mardi 1 août 2017

 

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Vue de Jérusalem. Israel

« Le Christ remettra le Royaume à son Père », dit saint Paul (1Co 15,24), non pas en ce sens qu’il renoncerait à sa puissance en lui remettant son Royaume, mais parce que c’est nous qui serons le Royaume de Dieu, lorsque nous aurons été rendus conformes à la gloire de son corps…, constitués Royaume de Dieu par la glorification de son corps. C’est nous qu’il remettra au Père, en tant que Royaume, selon ce qui est dit dans l’Évangile : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès la création du monde » (Mt 25,34).

« Les justes brilleront alors comme le soleil dans le Royaume de leur Père. » Car le Fils livrera à Dieu, comme étant son Royaume, ceux qu’il a conviés à son Royaume, ceux à qui il a promis la béatitude propre à ce mystère par ces mots : « Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5,8)… Voici que ceux qu’il remet à son Père comme étant son Royaume voient Dieu.

Le Seigneur lui-même a déclaré à ses apôtres en quoi consiste ce Royaume : « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Lc 17,21). Et si quelqu’un cherche à savoir qui est celui qui remet le Royaume, qu’il écoute : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection » (1Co 15,20-21). Tout cela concerne le mystère du Corps, car le Christ est le premier ressuscité d’entre les morts… C’est donc pour le progrès de l’humanité assumée par le Christ que « Dieu sera tout en tous » (1Co 15,28).

Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
La Trinité, XI, 39-40 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 268)

 

 

 

« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor. »

dimanche 30 juillet 2017

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Il est logique que la fin de tous nos désirs, c’est-à-dire la vie éternelle, soit indiquée à la fin de tout ce qui nous est donné à croire dans le Credo avec ces paroles : « La vie éternelle. Amen »… Dans la vie éternelle, il y a l’union de l’homme avec Dieu…, la louange parfaite…, et le rassasiement parfait de nos désirs, car chaque bienheureux y possédera encore plus qu’il ne désirait et n’espérait. En cette vie personne ne peut combler son désir ; jamais rien de créé ne pourra rassasier le désir de l’homme. Dieu seul rassasie, et à l’infini. C’est pourquoi nous ne nous reposons qu’en Dieu, comme le dit saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il se repose en toi ».

Puisque dans la patrie les saints posséderont Dieu parfaitement, il est évident que non seulement leur désir sera rassasié mais qu’en outre il débordera de gloire. C’est pourquoi le Seigneur dit : « Entre dans la joie de ton Seigneur » (Mt 25,21). Et saint Augustin dit à ce propos : « Ce n’est pas toute la joie qui entrera en ceux qui se réjouissent, mais ceux qui se réjouissent entreront tout entiers dans la joie. » On dit dans un psaume : « Je serai rassasié lorsque se manifestera ta gloire » (62,3), et dans un autre : « Il comble de biens ton désir » (Ps 37,4)… Car si l’on désire les délices, c’est là que se trouvera la délectation suprême et parfaite, parce qu’elle consistera dans le souverain bien qui est Dieu lui-même : « À ta droite, délices éternelles » (Ps 15,11).

Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
Homélie sur le Credo (trad. bréviaire 33e samedi ; rev.)

 

 

 

« Le règne de Dieu est survenu pour vous. »

jeudi 23 mars 2017

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Jésus accompagne ses paroles par de nombreux « miracles, prodiges et signes » (Ac 2,22) qui manifestent que le Royaume est présent en lui. Ils attestent que Jésus est le Messie annoncé. Les signes accomplis par Jésus témoignent que le Père l’a envoyé. Ils invitent à croire en lui. À ceux qui s’adressent à lui avec foi, il accorde ce qu’ils demandent. Alors les miracles fortifient la foi en Celui qui fait les œuvres de son Père : ils témoignent qu’il est le Fils de Dieu. Mais ils peuvent aussi être « occasion de chute » (Mt 11,6). Ils ne veulent pas satisfaire la curiosité et les désirs magiques. Malgré ses miracles si évidents, Jésus est rejeté par certains ; on l’accuse même d’agir par les démons.

En libérant certains hommes des maux terrestres de la faim, de l’injustice, de la maladie et de la mort, Jésus a posé des signes messianiques ; il n’est cependant pas venu pour abolir tous les maux ici-bas, mais pour libérer les hommes de l’esclavage le plus grave, celui du péché, qui les entrave dans leur vocation de fils de Dieu et cause tous leurs asservissements humains.

La venue du Royaume de Dieu est la défaite du royaume de Satan : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que j’expulse les démons, c’est qu’alors le Royaume de Dieu est arrivé pour vous » (Mt 12,28). Les exorcismes de Jésus libèrent des hommes de l’emprise des démons. Ils anticipent la grande victoire de Jésus sur « le prince de ce monde » (Jn 12,31). C’est par la croix du Christ que le Royaume de Dieu sera définitivement établi : « Dieu a régné du haut du bois. »

Catéchisme de l’Église catholique
§ 547 – 550