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Archive pour le mot-clef ‘miséricorde’

« Les scribes et les pharisiens l’épiaient…afin de trouver un motif pour l’accuser. »

lundi 5 septembre 2022

Le Seigneur dira à ceux qui ont méprisé sa miséricorde : « Homme, c’est moi qui de mes mains t’ai formé du limon, moi qui ai insufflé l’esprit dans ton corps de terre, moi qui ai daigné t’attribuer notre image et notre ressemblance, moi qui t’ai placé au milieu des délices du Paradis. Mais toi, méprisant les commandements de vie, tu as préféré suivre le séducteur plutôt que le Seigneur. (…)

« Par la suite, alors que tu étais expulsé du Paradis et retenu dans les liens de la mort par le péché, ému de miséricorde, je suis entré dans un sein virginal pour venir au monde, sans dommage pour sa virginité. J’ai été étendu dans une mangeoire, enveloppé de langes ; j’ai supporté les désagréments de l’enfance et les souffrances humaines, par lesquels je me suis fait semblable à toi dans le seul but de te rendre semblable à moi. J’ai enduré les soufflets et les crachats de ceux qui se riaient de moi, j’ai bu le vinaigre avec le fiel. Frappé de verges, couronné d’épines, attaché à la croix, transpercé par la lance, j’ai rendu mon âme dans les tourments pour t’arracher à la mort. Vois la marque des clous auxquels j’ai pendu ; vois mon côté transpercé de blessures. J’ai supporté tes souffrances pour te donner ma gloire ; j’ai supporté ta mort pour que toi, tu vives pour l’éternité. J’ai reposé, enfermé dans le sépulcre, pour que toi, tu règnes dans le ciel.

« Pourquoi as-tu perdu ce que j’ai souffert pour toi ? Pourquoi as-tu renoncé aux grâces de ta rédemption ? (…) Rends-moi ta vie, pour laquelle j’ai donné la mienne ; rends-moi ta vie que tu détruis sans cesse par les blessures de tes péchés. »

Saint Césaire d’Arles (470-543)

 

 

 

« Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

vendredi 1 juillet 2022

Dieu unique en la Sainte Trinité, je désire t’aimer plus que personne ne t’a jamais aimé, et malgré ma misère et ma petitesse, j’ai ancré ma confiance à une grande profondeur dans l’abîme de ta miséricorde — mon Dieu et mon Créateur.

Malgré ma grande misère, je n’ai peur de rien, mais je garde l’espoir de chanter éternellement mon chant de louange. Que nulle âme ne doute, même si elle est la plus misérable ; tant qu’elle est en vie, elle peut devenir une grande sainte, car grande est la puissance de la grâce divine. C’est à nous à ne pas résister à l’action divine.

Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

 

 

« La foule rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes. »

jeudi 30 juin 2022

Citation MMDH juin 2000

Le paralysé, incurable, était étendu sur son lit. Après avoir épuisé l’art des médecins, il est venu, porté par les siens, vers le seul vrai médecin, le médecin qui vient du ciel. Mais quand il a été placé devant celui qui pouvait le guérir, c’est sa foi qui a attiré le regard du Seigneur. Pour bien montrer que cette foi détruisait le péché, Jésus a déclaré aussitôt : « Tes péchés sont pardonnés. » On me dira peut-être : « Cet homme voulait être guéri de sa maladie, pourquoi le Christ lui annonce-t-il la rémission de ses péchés ? » C’était pour que tu apprennes que Dieu voit le cœur de l’homme dans le silence et sans bruit, qu’il contemple les chemins de tous les vivants. L’Écriture dit en effet : « Les yeux du Seigneur observent les chemins de l’homme, ils surveillent tous ses sentiers » (Pr 5,21)…

Pourtant quand le Christ disait : « Tes péchés sont pardonnés », il laissait le champ libre à l’incrédulité de l’assistance ; le pardon des péchés ne se voit pas avec nos yeux de chair. Alors quand le paralysé se lève et marche, il manifeste avec évidence que le Christ possède la puissance de Dieu…

Qui possède ce pouvoir ? Lui seul ou nous aussi ? Nous aussi avec lui. Lui, il pardonne les péchés parce qu’il est l’homme-Dieu, le Seigneur de la Loi. Quant à nous, nous avons reçu de lui cette grâce admirable et merveilleuse, car il a voulu donner à l’homme ce pouvoir. Il a dit en effet aux apôtres : « Je vous le dis, en vérité : tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel » (Mt 18,18). Et encore : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis » (Jn 20,23).

Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l’Église
Commentaire de l’évangile de Luc, 5 ; PG 72, 565

 

 

 

Ô clémence ineffable de Dieu !

mardi 22 mars 2022

« Remettez-nous nos dettes, comme nous remettons à ceux qui nous doivent ! » Ô clémence ineffable de Dieu ! Non seulement il nous donne en ceci un modèle de prière, non seulement il institue la règle de vie par où nous puissions nous rendre agréables à ses yeux, et, par la mise en demeure que constitue la formule même qu’il nous enseigne et dont il nous prescrit de faire un constant usage en le priant, arrache comme nécessairement les racines de la colère et de la tristesse. Ce n’est pas encore assez. Il nous fournit l’occasion, dans la prière même, et nous offre la facilité de le provoquer à rendre sur nous un jugement indulgent et miséricordieux ; il nous donne en quelque sorte le pouvoir d’adoucir nous-mêmes notre sentence et de le contraindre au pardon par l’exemple de notre propre indulgence, lorsque nous lui disons : « Remettez-nous comme nous avons remis. »

Fort de cette prière, celui-là demandera le pardon de ses fautes avec assurance, qui se sera montré facile pour ses débiteurs. (…) Voulons-nous être jugés avec clémence, soyons nous-mêmes cléments à ceux qui ont eu des torts envers nous. Il nous sera pardonné, dans la mesure où, quelle qu’ait été leur méchanceté, nous pardonnerons à ceux qui nous aurons fait du mal. Plusieurs tremblent à cette pensée, et, lorsqu’à l’église, le peuple, d’une commune voix, récite le Pater, ils laissent passer ces paroles sans les dire eux-mêmes, de peur de se condamner de leur propre bouche, au lieu de s’excuser. Ils n’aperçoivent pas que ce sont là de vaines subtilités, dont ils essayent vainement de se couvrir au yeux du Souverain Juge, qui a voulu montrer d’avance à ceux qui le prient, la manière dont il les doit juger. C’est parce qu’il ne veut pas que nous le trouvions sévère et inexorable, qu’il nous a marqué la règle de ses jugements, afin que nous jugions nos frères, s’ils ont eu quelque tort envers nous, comme nous désirons d’être jugés par lui.

Saint Jean Cassien (v. 360-435)

 

 

Par amour de votre miséricorde !

dimanche 20 février 2022

Ô éternelle miséricorde, qui couvrez les fautes de vos créatures ! Je ne m’étonne donc plus que vous disiez de ceux qui sortent du péché mortel pour faire retour à vous : Moi, je ne me souviens plus que vous m’ayez jamais offensé ! Ô Miséricorde ineffable, non je ne m’étonne plus que vous disiez cela à ceux qui sortent du péché, quand je vous entends dire de ceux qui vous persécutent : Je veux que vous me priiez pour eux afin que je leur fasse miséricorde. (…)

Votre miséricorde donne la vie, et elle donne la lumière qui nous fait connaître votre clémence pour toute créature, pour les justes et pour les pécheurs. Au plus haut des cieux, votre miséricorde éclate dans vos saints. Si je regarde la terre, votre miséricorde y abonde. Dans les ténèbres de l’enfer, votre miséricorde luit encore, en n’infligeant pas aux damnés un supplice aussi grand que leurs fautes. Votre miséricorde fait plus douce votre justice ! C’est par miséricorde que vous nous avez lavés dans le sang, par miséricorde que vous avez voulu converser avec vos créatures. (…)

Ô Miséricorde ! Mon cœur devient tout feu à penser à vous ! De quelque côté que mon esprit se tourne et se retourne, je ne trouve que miséricorde ! Ô Père éternel, pardonnez à mon ignorance, si je suis assez présomptueuse pour parler devant vous ! L’amour de votre miséricorde me sera une excuse devant votre Bonté.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

 

 

« Si ton frère a commis une faute…, pardonne-lui. »

lundi 8 novembre 2021

Vous (…) qui êtes durs et incapables de douceur, apprenez la bonté de votre Créateur et ne soyez pas pour vos compagnons de service des juges amers et des arbitres, en attendant que vienne celui qui dévoilera les replis des cœurs et attribuera, lui, le maître tout-puissant, à chacun sa place dans la vie de l’au-delà. Ne portez pas de jugements sévères afin de n’être pas jugés de même et transpercés par les paroles de votre propre bouche comme par des dents acérées. Car c’est contre ce genre de délit que semble bien nous mettre en garde cette parole de l’Évangile : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés » (Lc 6,37). En disant cela, il ne bannit pas le discernement et la sagesse ; ce qu’il appelle jugement, c’est une condamnation trop sévère. Allège donc autant qu’il est possible le poids de ta mesure, si tu veux que tes actes ne pèsent pas trop lourd sur le plateau, quand notre vie sera pesée, comme sur une balance, au jugement de Dieu… Ne refuse pas de faire miséricorde afin que tu ne sois pas exclu du pardon quand toi-même tu en auras besoin.

Asterius d’Amasée (?-v. 410)

 

 

Ma miséricorde et ma charité laisse le temps…

samedi 23 octobre 2021

[Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] Qu’il le veuille ou non, le monde me rend gloire. En vérité, la gloire que j’en retire n’est pas celle qu’il me devrait procurer, en m’aimant par-dessus toute chose, mais il n’en monte pas moins de lui, louange et gloire à mon nom.

Dans les mondains en effet brille ma Miséricorde et l’abondance de ma Charité, qui leur laisse le temps. Au lieu de commander à la terre de les engloutir, j’attends leur retour, j’ordonne à la terre de leur donner ses fruits, au soleil de répandre sur eux sa lumière et sa chaleur, au ciel de se mouvoir, pour continuer la vie à toutes les choses que j’ai créées pour eux. J’use envers eux de miséricorde et de charité, non seulement en ne leur retirant pas ces dons à cause de leurs fautes, mais encore en les accordant au pécheur comme au juste et souvent plus au pécheur qu’au juste. Car le juste est préparé à souffrir, et je le prive des biens de la terre, pour lui donner plus abondamment les biens du ciel. Ainsi éclatent en eux, ma charité et ma miséricorde.

D’autres fois aussi les serviteurs du monde, par les persécutions qu’ils font subir à mes serviteurs, éprouvent leur vertu, mettent en évidence leur patience et leur charité, provoquent, au milieu des souffrances, leurs humbles et continuelles prières. Prières et souffrances montent vers moi comme un hommage d’honneur et de louange à mon nom. Ainsi donc, sans le vouloir, le méchant travaille à ma gloire, alors même qu’il prétend me faire affront.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

Discerner les signes de notre temps

vendredi 22 octobre 2021

L’Église a le droit et le devoir de faire appel au Dieu de la miséricorde « avec de grands cris » (He 5,7) : ces « grands cris » doivent caractériser l’Église de notre temps (…), un cri qui implore la miséricorde selon les nécessités de l’homme dans le monde contemporain (…) Dieu est fidèle à lui-même, à sa paternité, à son amour ! Comme les prophètes, faisons appel à l’aspect maternel de cet amour qui, comme une mère, suit chacun de ses fils, chacune des brebis perdues, et cela même s’il y avait des millions d’égarés, même si dans le monde l’iniquité prévalait sur l’honnêteté, même si l’humanité contemporaine méritait pour ses péchés un nouveau déluge, comme la génération de Noé l’a mérité jadis.

Ayons recours à l’amour paternel que le Christ nous a révélé par sa mission messianique, et qui a atteint son sommet dans sa croix, sa mort et sa résurrection. Ayons recours à Dieu par le Christ, nous souvenant des paroles du Magnificat de Marie, proclamant sa miséricorde « d’âge en âge » (Lc 1,50). Implorons la miséricorde divine pour l’âge contemporain (…) : élevons nos supplications, guidés par la foi, l’espérance et la charité que le Christ a implantées dans notre cœur.

Cette attitude est également amour envers ce Dieu que l’homme contemporain a parfois repoussé loin de lui, considéré comme étranger à lui-même, en proclamant de diverses manières qu’il est inutile. Elle est amour de Dieu, dont nous ressentons profondément combien l’homme contemporain l’offense et le refuse. C’est pourquoi nous sommes prêts à crier comme le Christ en croix : « Père, pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,24). Elle est en même temps amour des hommes, de tous les hommes, sans aucune exception ou discrimination, sans différence de race, de culture, de langue, de conception du monde, sans distinction entre amis et ennemis.

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

« Ses péchés, ses nombreux péchés sont pardonnés. »

jeudi 16 septembre 2021

Parce que le péché existe dans ce monde que « Dieu a tant aimé qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3,16), Dieu qui « est amour » (1Jn 4,8) ne peut se révéler autrement que comme miséricorde. Cela correspond non seulement à la vérité la plus profonde de cet amour qu’est Dieu, mais aussi à la vérité intérieure de l’homme et du monde qui est sa patrie temporaire. (…) C’est pourquoi l’Église annonce la conversion et y appelle. La conversion à Dieu consiste toujours dans la découverte de sa miséricorde, c’est-à-dire de cet amour « patient et doux » (cf 1Co 13,4) comme l’est Dieu Créateur et Père : l’amour auquel « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ » (2Co 1,3) est fidèle jusqu’à ses conséquences extrêmes dans l’histoire de l’alliance avec l’homme : jusqu’à la croix, la mort et la résurrection de son Fils. La conversion à Dieu est toujours le fruit du retour au Père « riche en miséricorde » (Ep 2,4).

La connaissance authentique du Dieu de la miséricorde, Dieu de l’amour bienveillant, est une force de conversion constante et inépuisable, non seulement comme acte intérieur d’un instant, mais aussi comme disposition permanente, comme état d’âme. Ceux qui arrivent à connaître Dieu ainsi, ceux qui le voient ainsi, ne peuvent pas vivre autrement qu’en se convertissant à lui continuellement. Ils vivent donc « en état de conversion » ; et c’est cet état qui constitue la composante la plus profonde du pèlerinage de tout homme sur la terre « en état de cheminement ».

Il est évident que l’Église professe la miséricorde de Dieu révélée dans le Christ crucifié et ressuscité non seulement par les paroles de son enseignement, mais surtout par la pulsation la plus intense de la vie de tout le peuple de Dieu. Grâce à ce témoignage de vie, l’Église accomplit sa mission propre de Peuple de Dieu, mission qui participe à la mission messianique du Christ lui-même et qui, en un certain sens, la continue.

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

« Ne devais-tu pas avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’ai eu pitié de toi ? »

jeudi 12 août 2021

Je désire me transformer tout entière en ta miséricorde et être ainsi un vivant reflet de toi, ô Seigneur ; que le plus grand des attributs divins, ton insondable miséricorde, passe par mon âme et mon cœur sur le prochain.

Aide-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne jamais ni ne juge d’après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l’âme de mon prochain et que je lui vienne en aide.

Aide-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes.

Aide-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais de mal de mon prochain, mais que j’aie pour chacun un mot de consolation et de pardon.

Aide-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes actions, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.

Aide-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est de rendre service à mon prochain.

Aide-moi, Seigneur, pour que mon cœur soit miséricordieux, afin que je ressente toutes les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon cœur à personne. Je fréquenterai sincèrement même ceux qui, je le sais, vont abuser de ma bonté, et moi, je m’enfermerai dans le Cœur très miséricordieux de Jésus. Je tairai mes propres souffrances. Que ta miséricorde repose en moi, ô mon Seigneur.

C’est toi qui m’ordonnes de m’exercer aux trois degrés de la miséricorde ; le premier : l’acte miséricordieux — quel qu’il soit ; le second : la parole miséricordieuse — si je ne peux pas aider par l’action, j’aiderai par la parole ; le troisième — c’est la prière. Si je ne peux pas témoigner la miséricorde ni par l’action, ni par la parole, je le pourrai toujours par la prière. J’envoie ma prière même là où je ne puis aller physiquement.

Ô mon Jésus, transforme-moi en toi, car tu peux tout.

Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)