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Archive pour le mot-clef ‘St Jean-Paul 2’

Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

dimanche 30 décembre 2018

Presque immédiatement après la naissance de Jésus, la violence gratuite qui menace sa vie s’abat aussi sur tant d’autres familles, en provoquant la mort des Saints Innocents. En rappelant cette terrible épreuve vécue par le Fils de Dieu et par les enfants du même âge, l’Église se sent invitée à prier pour toutes les familles menacées de l’intérieur ou de l’extérieur… La Sainte Famille de Nazareth est pour nous un défi permanent qui nous oblige à approfondir le mystère de l’« église domestique » et de chaque famille humaine. Elle est pour nous un stimulant afin de nous inciter à prier pour les familles et avec les familles, et à partager tout ce qui pour elles constitue la joie et l’espérance, mais aussi la préoccupation et l’inquiétude.

En effet, l’expérience familiale est appelée à devenir un offertoire quotidien, comme une sainte offrande, un sacrifice agréable à Dieu. L’évangile de la présentation de Jésus au Temple nous le suggère également. Jésus, « la lumière du monde » mais aussi « signe de contradiction » (Lc 2,32.34) désire accueillir cet offertoire de chaque famille comme il accueille le pain et le vin dans l’eucharistie. Il veut unir au pain et au vin destinés à la transsubstantiation ces espérances et ces joies humaines, mais aussi les inévitables souffrances et préoccupations propres à la vie de chaque famille, en les assumant dans le mystère de son Corps et de son Sang. Ce Corps et ce Sang, il les donne ensuite dans la communion comme source d’énergie spirituelle, non seulement pour chaque personne singulière mais aussi pour chaque famille.

Que la Sainte Famille de Nazareth veuille nous ouvrir à une compréhension toujours plus profonde de la vocation de chaque famille, qui trouve dans le Christ la source de sa dignité et de sa sainteté.

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

« Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit. »

mardi 18 décembre 2018

Le climat de silence qui accompagne tout ce qui se réfère à la figure de Joseph s’étend aussi à son travail de charpentier dans la maison de Nazareth. Toutefois, c’est un silence qui révèle d’une manière spéciale le profil intérieur de cette figure. Les évangiles parlent exclusivement de ce que « fit » Joseph ; mais ils permettent de découvrir dans ses actions, enveloppées de silence, un climat de profonde contemplation. Joseph était quotidiennement en contact avec le mystère « caché depuis les siècles », qui « établit sa demeure » sous son toit (Col 1,26 ; Jn 1,14)…

Puisque l’amour paternel de Joseph ne pouvait pas ne pas influer sur l’amour filial de Jésus et que, réciproquement, l’amour filial de Jésus ne pouvait pas ne pas influer sur l’amour paternel de Joseph, comment arriver à connaître en profondeur cette relation tout à fait singulière ? Les âmes les plus sensibles aux impulsions de l’amour divin voient à juste titre en Joseph un exemple lumineux de vie intérieure. En outre l’apparente tension entre la vie active et la vie contemplative est dépassée en lui de manière idéale, comme cela peut se faire en celui qui possède la perfection de la charité. Selon la distinction bien connue entre l’amour de la vérité et l’exigence de l’amour nous pouvons dire que Joseph a expérimenté aussi bien l’amour de la vérité, c’est-à-dire le pur amour de contemplation de la Vérité divine qui rayonnait de l’humanité du Christ, que l’exigence de l’amour, c’est-à-dire l’amour, pur lui aussi, du service, requis par la protection et le développement de cette même humanité.

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

 

« Faites-les fructifier ! »

mercredi 21 novembre 2018

La sueur et la peine que le travail comporte nécessairement dans la condition présente de l’humanité offrent au chrétien et à tout homme, qui est appelé lui aussi à suivre le Christ, la possibilité de participer dans l’amour à l’œuvre que le Christ est venu accomplir. Cette œuvre de salut s’est réalisée par la souffrance et la mort sur la croix. En supportant la peine du travail en union avec le Christ crucifié pour nous, l’homme collabore en quelque manière avec le Fils de Dieu à la rédemption de l’humanité. Il se montre le véritable disciple de Jésus en portant à son tour la croix chaque jour dans l’activité qui est la sienne.

Le Christ, « en acceptant de mourir pour nous tous pécheurs, nous apprend par son exemple que nous devons aussi porter cette croix que la chair et le monde font peser sur les épaules de ceux qui poursuivent la justice et la paix ». En même temps cependant, « constitué Seigneur par sa résurrection, le Christ, à qui tout pouvoir a été donné au ciel et sur la terre, agit désormais dans le cœur des hommes par la puissance de son Esprit… ; il purifie et fortifie ces aspirations généreuses par lesquelles la famille humaine cherche à rendre sa vie plus humaine et à soumettre à cette fin la terre entière » (Vatican II, GS 38).

Dans le travail de l’homme, le chrétien retrouve une petite part de la croix du Christ et l’accepte dans l’esprit de rédemption avec lequel le Christ a accepté sa croix pour nous. Dans le travail, grâce à la lumière dont nous pénètre la résurrection du Christ, nous trouvons toujours une lueur de la vie nouvelle, du bien nouveau. Nous trouvons comme une annonce des « cieux nouveaux et de la terre nouvelle » (Ap 21,1) auxquels participent l’homme et le monde précisément par la peine au travail.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

 

 

 

« Il les envoya proclamer le règne de Dieu »

mercredi 26 septembre 2018

Notre époque, alors que l’humanité est en mouvement et en recherche, exige une impulsion nouvelle dans l’action missionnaire de l’Église. Les horizons et les possibilités de la mission s’étendent, et nous les chrétiens, nous sommes appelés au courage apostolique, fondé sur la confiance dans l’Esprit Saint. C’est lui le protagoniste de la mission :! Dans l’histoire de l’humanité, de nombreux tournants marquants ont stimulé le dynamisme missionnaire, et l’Église, guidée par l’Esprit, y a toujours répondu avec générosité et prévoyance. Et les fruits n’ont pas manqué. On a célébré… le millénaire de l’évangélisation de la Russie et des peuples slaves… [et] le cinq centième anniversaire de l’évangélisation des Amériques. On a aussi célébré récemment le centenaire des premières missions de plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Océanie. L’Église doit affronter aujourd’hui d’autres défis, en avançant vers de nouvelles frontières tant pour la première mission « :ad gentes :», auprès des peuples de la terre, que pour la nouvelle évangélisation de peuples qui ont déjà reçu l’annonce du Christ. Il est aujourd’hui demandé à tous les chrétiens, aux Églises particulières et à l’Église universelle le même courage que celui qui animait les missionnaires du passé, la même disponibilité à écouter la voix de l’Esprit.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

 

 

 

Dans l’Église, le Christ nous appelle à la conversion

mercredi 19 septembre 2018

L’Église vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice. Dans ce cadre, la méditation constante de la parole de Dieu, et surtout la participation consciente et réfléchie à l’eucharistie et au sacrement de pénitence ou de réconciliation ont une grande signification. L’eucharistie nous rapproche toujours de cet « amour plus fort que la mort » (Ct 8,6) : en effet « chaque fois que nous mangeons ce pain et que nous buvons cette coupe », non seulement « nous annonçons la mort » du Rédempteur, mais aussi « nous proclamons sa résurrection, dans l’attente de sa venue dans la gloire » (Missel romain; cf 1Co 11,26). La liturgie eucharistique, célébrée en mémoire de celui qui, dans sa mission messianique, nous a révélé le Père par sa parole et par sa croix atteste l’amour inépuisable en vertu duquel il désire toujours s’unir à nous et ne faire qu’un avec nous, allant à la rencontre de tous les cœurs humains. C’est le sacrement de la pénitence ou de la réconciliation qui « aplanit la route » (Lc 3,3; Is 40,3) de chacun, même quand il est accablé par de lourdes fautes. Dans ce sacrement, tout homme peut expérimenter de manière unique la miséricorde, c’est-à-dire l’amour qui est plus fort que le péché.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

 

 

 

 

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. »

dimanche 19 août 2018

Dans la messe, la re-présentation sacramentelle du sacrifice du Christ couronné par sa résurrection implique une présence tout à fait spéciale que — pour reprendre les mots de Paul VI — « on nomme ‘réelle’, non à titre exclusif, comme si les autres présences n’étaient pas ‘réelles’, mais par antonomase parce qu’elle est substantielle, et que par elle le Christ, Homme-Dieu, se rend présent tout entier. » Ainsi la doctrine toujours valable du Concile de Trente est proposée de nouveau : « Par la consécration du pain et du vin s’opère le changement de toute la substance du pain en la substance du corps du Christ notre Seigneur et de toute la substance du vin en la substance de son sang. Ce changement, l’Église catholique l’a justement et exactement appelé transsubstantiation. » L’eucharistie est vraiment « mysterium fidei », mystère de la foi, qui dépasse notre intelligence et qui ne peut être accueilli que dans la foi, comme l’ont souvent rappelé les catéchèses patristiques sur ce divin sacrement. Saint Cyrille de Jérusalem exhorte : « Ne t’attache donc pas au pain et au vin comme à des éléments naturels, car selon la déclaration du Maître, ils sont corps et sang. Il est vrai que c’est ce que te suggèrent les sens ; mais que la foi te rassure »… Devant ce mystère d’amour, la raison humaine fait l’expérience de toute sa finitude. On voit alors pourquoi, au long des siècles, cette vérité a conduit la théologie à faire de sérieux efforts de compréhension. Ce sont des efforts louables, d’autant plus utiles et pénétrants qu’ils ont permis de conjuguer l’exercice critique de la pensée avec la foi vécue de l’Église… Il y a tout de même la limite indiquée par Paul VI : « Toute explication théologique…doit maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang du Seigneur Jésus, si dignes d’adoration, qui sont réellement présents devant nous. »

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

 

 

 

 

« Ne devais-tu pas à ton tour, avoir pitié de ton compagnon ? »

jeudi 16 août 2018

Si le pape Paul VI a indiqué à plusieurs reprises que la « civilisation de l’amour » était le but vers lequel devaient tendre tous les efforts dans le domaine social et culturel comme dans le domaine économique et politique, il convient d’ajouter que ce but ne sera jamais atteint tant que, dans nos conceptions et nos réalisations concernant le domaine large et complexe de la vie en commun, nous nous en tiendrons au principe « œil pour œil et dent pour dent » (Ex 21,24; Mt 5,38), tant que nous ne tendrons pas, au contraire, à le transformer dans son essence, en agissant dans un autre esprit. C’est aussi dans cette direction que nous conduit le Concile Vatican II, lorsque, parlant d’une manière répétée de « la nécessité de rendre le monde plus humain » (GS 40), il présente la mission de l’Église dans le monde contemporain comme la réalisation de cette tâche. Le monde des hommes ne pourra devenir toujours plus humain que si nous introduisons dans le cadre multiforme des rapports interpersonnels et sociaux, en même temps que la justice, cet amour miséricordieux qui constitue le message messianique de l’Évangile. Le monde des hommes pourra devenir « toujours plus humain » seulement lorsque nous introduirons, dans tous les rapports réciproques qui modèlent son visage moral, le moment du pardon, si essentiel pour l’Évangile. Le pardon atteste qu’est présent dans le monde l’amour plus fort que le péché. En outre, le pardon est la condition première de la réconciliation, non seulement dans les rapports de Dieu avec l’homme, mais aussi dans les relations entre les hommes. Un monde d’où on éliminerait le pardon serait seulement un monde de justice froide et irrespectueuse, au nom de laquelle chacun revendiquerait ses propres droits vis-à-vis de l’autre… C’est pourquoi l’Église doit considérer comme un de ses principaux devoirs — à chaque étape de l’histoire, et spécialement à l’époque contemporaine — de proclamer et d’introduire dans la vie le mystère de la miséricorde, révélé à son plus haut degré en Jésus Christ.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

 

 

 

Trois saintes, co-patronnes de l’Europe

jeudi 9 août 2018

L’Europe est déjà placée sous la protection céleste de trois grands saints : celle de Benoît de Nursie, père a du monachisme occidental, ainsi que celle des deux frères Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves. À ces témoins éminents du Christ, j’ai également voulu associer trois autres figures féminines, afin de souligner le grand rôle que les femmes ont joué et continuent à jouer dans l’histoire ecclésiale et civile du continent, jusqu’à nos jours. Depuis ses tout débuts et bien que conditionnée par les cultures dans lesquelles elle était insérée, l’Église a toujours reconnu la pleine dignité spirituelle de la femme, à commencer par la vocation et la mission personnelle de Marie, Mère du Rédempteur. Dès le début, les chrétiens se sont adressés à ces femmes, telles que Félicité, Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile et Anastasie — comme l’atteste le Canon romain — avec une ferveur non moins grande que celle qu’ils réservaient aux hommes saints. Les trois saintes, choisies comme co-patronnes d’Europe, ont toutes un lien spécial avec l’histoire du continent. Ainsi, Edith Stein, qui provenait d’une famille juive ; elle quitta sa brillante carrière de chercheuse pour devenir religieuse carmélite, sous le nom de Thérèse Bénédicte de la Croix, et mourut dans le camp d’extermination d’Auschwitz. Elle est le symbole des drames de l’Europe de ce siècle. Quant à Brigitte de Suède et Catherine de Sienne, qui ont toutes deux vécu au XIVe siècle, elles travaillèrent inlassablement pour l’Église et se préoccupèrent de son sort au niveau européen… Toutes les trois expriment admirablement la synthèse entre la contemplation et l’action. Leurs vies et leurs œuvres témoignent, avec une grande éloquence, de la force du Christ ressuscité, vivant dans son Église : la force d’un amour généreux pour Dieu et pour l’homme, la force d’un authentique renouveau moral et civil. Dans ces nouvelles patronnes, si riches de dons que ce soit au plan surnaturel ou humain, les chrétiens et les communautés ecclésiales de toute confession peuvent trouver leur inspiration, ainsi que les citoyens et les États européens, pourvu qu’ils soient sincèrement engagés dans la recherche de la vérité et du bien commun.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

 

 

Le péché contre l’Esprit Saint

dimanche 10 juin 2018

Pourquoi le blasphème contre l’Esprit Saint est-il impardonnable ? En quel sens entendre ce blasphème ? Saint Thomas d’Aquin répond qu’il s’agit d’un péché « irrémissible de par sa nature, parce qu’il exclut les éléments grâce auxquels est accordée la rémission des péchés ». Selon une telle exégèse, ce blasphème ne consiste pas à proprement parler à offenser en paroles l’Esprit Saint ; mais il consiste à refuser de recevoir le salut que Dieu offre à l’homme par l’Esprit Saint agissant en vertu du sacrifice de la croix. Si l’homme refuse la « manifestation du péché », qui vient de l’Esprit Saint (Jn 16,8) et qui a un caractère salvifique, il refuse en même temps la « venue » du Paraclet (Jn 16,7), cette « venue » qui s’est effectuée dans le mystère de Pâques, en union avec la puissance rédemptrice du Sang du Christ, le Sang qui « purifie la conscience des œuvres mortes » (He 9,14).

Nous savons que le fruit d’une telle purification est la rémission des péchés. En conséquence, celui qui refuse l’Esprit et le Sang (cf 1Jn 5,8) demeure dans les « œuvres mortes », dans le péché. Et le blasphème contre l’Esprit Saint consiste précisément dans le refus radical de cette rémission dont il est le dispensateur intime et qui présuppose la conversion véritable qu’il opère dans la conscience. Si Jésus dit que le péché contre l’Esprit Saint ne peut être remis ni en ce monde ni dans l’autre, c’est parce que cette « non-rémission » est liée, comme à sa cause, à la « non-pénitence », c’est-à-dire au refus radical de se convertir…

Le blasphème contre l’Esprit Saint est le péché commis par l’homme qui présume et revendique le « droit » de persévérer dans le mal — dans le péché quel qu’il soit — et refuse par là même la Rédemption. L’homme reste enfermé dans le péché, rendant donc impossible, pour sa part, sa conversion et aussi, par conséquent, la rémission des péchés, qu’il ne juge pas essentielle ni importante pour sa vie. Il y a là une situation de ruine spirituelle, car le blasphème contre l’Esprit Saint ne permet pas à l’homme de sortir de la prison où il s’est lui-même enfermé.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Encyclique « Dominum et vivificantem », § 46 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

« On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. »

lundi 7 mai 2018

L’Évangile de la souffrance parle d’abord en différents endroits de la souffrance « pour le Christ », « à cause du Christ », et cela à travers les paroles mêmes de Jésus ou de ses Apôtres. Le Maître ne cache pas à ses disciples et à ceux qui le suivent la perspective d’une telle souffrance. Au contraire, il la révèle très franchement tout en annonçant les forces surnaturelles qui les accompagneront au milieu des persécutions et des tribulations subies « à cause de son nom ». Celles-ci seront en même temps comme un test particulier de ressemblance au Christ et d’union avec lui. « Si le monde vous hait, sachez que moi, il m’a pris en haine avant vous… ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait… Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront… Mais tout cela, ils le feront contre vous à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé »( Jn 15, 18-21).

« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde »( Jn 16, 33). Ce premier chapitre de l’Évangile de la souffrance, qui parle des persécutions, c’est-à-dire des tribulations à cause du Christ, contient en lui-même un appel particulier au courage et à la force, soutenu par le fait éloquent de la Résurrection. Le Christ a vaincu définitivement le monde par sa Résurrection ; toutefois, parce que sa Résurrection est liée à sa passion et à sa mort, il a vaincu en même temps ce monde par sa souffrance. Oui, la souffrance a été insérée de façon particulière dans cette victoire sur le monde, manifestée dans la Résurrection. Le Christ garde dans son corps ressuscité les traces des blessures causées par le supplice de la croix, sur ses mains, sur ses pieds et dans son côté. Par la Résurrection, il manifeste la force victorieuse de la souffrance, il veut enraciner dans le cœur de ceux qu’il a choisis comme Apôtres, et de ceux qu’il continue de choisir et d’envoyer, la conviction que cette force existe. L’Apôtre Paul dira : « Tous ceux qui veulent vivre dans le Christ avec piété seront persécutés »( 2 Tim. 3, 12).

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Lettre apostolique « Salvifici Doloris» , 25