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Archive pour le mot-clef ‘St Pierre’

« Pourquoi as-tu douté ? »

mardi 7 août 2018

Celui dont le cœur est fondé sur l’espérance de la foi ne manque jamais de quoi que ce soit. Il n’a rien, mais par la foi il possède tout, comme il est écrit : « Ce que vous demanderez dans la prière et la foi, vous le recevrez » et « Le Seigneur est proche, ne vous souciez de rien » (Mt 21,22 ; Ph 4,5-6) L’intellect est toujours à la recherche de moyens qui lui permettent de garder ce qu’elle a acquis ; mais la foi dit que « si le Seigneur ne bâtit pas la maison ni ne la garde, celui qui garde a veillé en vain et celui qui bâtit a travaillé pour rien » (Ps 126,1). Jamais celui qui prie dans la foi ne vit simplement de la connaissance intellectuelle. Ce savoir-là fait l’éloge de la crainte ; un sage a dit : « Celui qui craint dans son cœur est bienheureux ». Mais que dit la foi ? « Quand il a commencé à avoir peur, il se mit à enfoncer. » Et encore : « Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit de fils adoptifs, qui vous donne la liberté de la foi et de l’espérance de Dieu » (Rm 8,15-24). Toujours le doute suit la peur… ; toujours la peur et le doute se manifestent dans la recherche des causes et l’examen des faits, car l’intellect n’atteint jamais son apaisement. L’âme est souvent exposée aux imprévus, aux difficultés, aux pièges nombreux qui la mettent en péril, mais ni l’intellect ni les différentes formes de la sagesse ne peuvent l’aider en rien. Par contre la foi n’est jamais vaincue par aucune de ces difficultés… Vois-tu la faiblesse de la connaissance, et la puissance de la foi ? … La foi dit : « Tout est possible à celui qui croit. Car rien n’est impossible à Dieu. » (Mc 9,23 ; 10,27) Ô richesse ineffable ! Ô mer qui porte une telle richesse dans ses vagues, dans ses trésors merveilleux dont elle déborde par la puissance de la foi !

Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul

 

 

 

La pauvreté qui enrichit

lundi 2 juillet 2018

« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5,3)… Après le Seigneur, les premiers qui nous ont donné l’exemple de cette pauvreté généreuse, ce sont les apôtres. Laissant là sans hésiter tous leurs biens à l’appel du divin Maître, ils se sont convertis joyeusement et ont abandonné leur pêche de poissons pour devenir pêcheurs d’hommes (Mt 4,18s). Parmi ceux-ci beaucoup leur sont devenus semblables en imitant leur foi ; chez les premiers enfants de l’Église, « tous les croyants n’avaient qu’un cœur et qu’une âme » (Ac 4,32). Dépouillés de toutes leurs possessions, ils étaient enrichis des biens éternels grâce à la sainte pauvreté. Accueillant la prédication des apôtres, ils se réjouissaient de ne rien avoir en ce monde et de tout posséder dans le Christ (cf 2Co 6,10).

Un jour l’apôtre saint Pierre montait au Temple. Un boiteux lui demande l’aumône : « De l’argent, dit-il, et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ de Nazareth, lève-toi et marche » (Ac 3,6)… Pierre le guérit d’une parole. N’ayant pas de monnaie à l’effigie de César, il restaure en l’homme l’image du Christ. La richesse de ce trésor a secouru non seulement celui à qui le pourvoir de marcher a été rendu, mais aussi les cinq mille hommes qui ont cru à la prédication de l’apôtre à cause de ce miracle (Ac 4,4). Et Pierre, ce pauvre qui n’avait pas de quoi donner à quelqu’un qui lui demandait l’aumône, a donné si largement la grâce divine que, non content de remettre un homme debout sur ses pieds, il a guéri le cœur de milliers d’hommes en leur donnant la foi.

Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
Sermon 95, 2-3 ; PL 54, 461-462 (trad. Orval rev.)

 

 

 

« Je te le dis, lève-toi ! »

dimanche 1 juillet 2018

« Il ne laissa personne l’accompagner, si ce n’est Pierre, Jacques et Jean, le frère de Jacques ». On pourrait se demander pourquoi Jésus emmène toujours ces disciples-là et pourquoi il laisse les autres. Ainsi, lorsqu’il a été transfiguré sur la montagne, ces trois-là l’accompagnaient déjà… Sont choisis Pierre, sur qui l’Église a été bâtie, ainsi que Jacques, le premier apôtre qui ait reçu la palme du martyre, et Jean, le premier à prôner la virginité…

« Et il pénètre là où était l’enfant, et tenant l’enfant par la main, il lui dit : Talitha koum.  Et aussitôt, la fillette se tint debout, et elle marchait. » Souhaitons que Jésus nous touche nous aussi, et aussitôt nous marcherons. Que nous soyons paralytiques ou que nous commettions de mauvaises actions, nous ne pouvons pas marcher ; nous sommes peut-être couchés sur le lit de nos péchés comme sur notre lit véritable. Dès que Jésus nous aura touchés, nous serons aussitôt guéris. La belle-mère de Pierre souffrait de fortes fièvres ; Jésus lui a pris la main, elle s’est relevée et aussitôt elle les servait (Mc 1,31)… « Et il leur dit de lui donner à manger. » De grâce, Seigneur, touche-nous la main, à nous qui sommes couchés, relève-nous du lit de nos péchés, fais-nous marcher. Lorsque nous aurons marché, ordonne qu’on nous donne à manger. Gisants, nous ne pouvons pas marcher, et si nous ne sommes pas debout, nous ne pouvons pas recevoir le corps du Christ, à qui appartient la gloire, avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles.

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église
Commentaire sur l’évangile de Marc, 2 ; PLS 2, 125s (trad. DDB 1986, p. 55)

 

 

 

Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité

vendredi 29 juin 2018

Nous vous avons invités à accomplir, matériellement ou en esprit et intention, un pèlerinage à Rome, au cœur de l’Église catholique. Mais, c’est trop évident, Rome ne constitue pas le terme de notre pèlerinage dans le temps. Aucune ville sainte d’ici-bas ne constitue ce terme ; celui-ci est caché au-delà de ce monde, au cœur du mystère de Dieu pour nous encore invisible… Ainsi en est-il de Rome, où les saints apôtres Pierre et Paul ont rendu par le sang leur ultime témoignage.

La vocation de Rome est de provenance apostolique ; le ministère qu’il nous revient d’y exercer est un service au bénéfice de l’Église entière et même de toute l’humanité. Mais c’est un service irremplaçable, car il a plu à la sagesse de Dieu de placer la Rome de Pierre et de Paul sur la route, pour ainsi dire, conduisant à la Cité éternelle, du fait qu’il a choisi de confier les clefs du Royaume des Cieux à Pierre, qui unifie en lui le collège de tous les évêques. Ce qui demeure ici à Rome, non par l’effet de la volonté de l’homme, mais par une bienveillance libre et miséricordieuse du Père, du Fils et de l’Esprit, c’est la « solidité de Pierre » telle que la définit le pape Saint Léon le Grand : « Pierre ne cesse pas de présider de son siège ; il conserve une participation sans fin avec le Christ Souverain Prêtre. La stabilité comme de la pierre qu’il a reçue de la pierre de fondation qu’est le Christ (1Co 3,11), lui, devenu Pierre (Mt 16,16), il la transmet à ses héritiers.»

Bienheureux Paul VI, pape de 1963-1978
Exhortation sur la joie chrétienne, 1975 (trad. DC 1677, p. 509)

 

 

 

 

 

 

 

 

Première lettre de saint Pierre Apôtre 4,7-13.

vendredi 1 juin 2018

Bien-aimés, la fin de toutes choses est proche. Soyez donc raisonnables et sobres en vue de la prière.
Avant tout, ayez entre vous une charité intense, car la charité couvre une multitude de péchés.
Pratiquez l’hospitalité les uns envers les autres sans récriminer.
Ce que chacun de vous a reçu comme don de la grâce, mettez-le au service des autres, en bons gérants de la grâce de Dieu qui est si diverse :
si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme pour des paroles de Dieu ; celui qui assure le service, qu’il s’en acquitte comme avec la force procurée par Dieu. Ainsi, en tout, Dieu sera glorifié par Jésus Christ, à qui appartiennent la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. Amen.
Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le brasier allumé parmi vous pour vous mettre à l’épreuve ; ce qui vous arrive n’a rien d’étrange.
Dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera.

 

 

 

 

 

« Pierre, m’aimes-tu ? »

vendredi 18 mai 2018

À l’heure de l’épreuve, Pierre a renié son Maître par trois fois. Et sa voix tremblait lorsqu’il a répondu : « Seigneur, tu sais bien que je t’aime ». Cependant, il n’a pas répondu : « Et pourtant, Seigneur, je t’ai déçu », mais : « Seigneur, tu sais bien que je t’aime ». En disant cela, il savait déjà que le Christ est la pierre angulaire (Ac 4,11), sur laquelle, en dépit de toute faiblesse humaine, peut croître en lui, Pierre, cette construction qui aura la forme de l’amour. À travers toutes les situations et toutes les épreuves, jusqu’à la fin. C’est pour cela qu’il écrira un jour…: « Vous aussi vous êtes appelés à devenir comme des pierres vivantes pour la construction d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, pour offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ » (1P 2,5).

Tout cela ne signifie rien d’autre que répondre toujours et constamment avec ténacité et de manière conséquente, à cette unique question : « Aimes-tu ? M’aimes-tu ? M’aimes-tu davantage ? » C’est en effet cette réponse, c’est-à-dire cet amour, qui fait que nous sommes « la race élue, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple que Dieu s’est acquis ». C’est elle qui fait que nous proclamons les œuvres merveilleuses de celui qui nous « a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1P 2,9). Tout cela, Pierre l’a su dans l’absolue certitude de sa foi. Et tout cela, il le sait, et il continue à le confesser aussi dans ses successeurs.

Bienheureux Jean-Paul II
Homélie à Paris 30/05/80 (trad. DC 1788, p. 557 © Libreria Editrice Vaticana)

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Chaire de saint Pierre, apôtre, fête

jeudi 22 février 2018

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-19.

le don des clefs

 

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »

Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

 

 

« Nous avons trouvé le Messie ! »

dimanche 14 janvier 2018

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Prenant Pierre avec lui, André conduit au Seigneur son frère selon la nature et le sang pour qu’il devienne disciple comme lui ; c’est le premier exploit d’André. Il fait croître le nombre des disciples ; il y introduit Pierre, en qui le Christ trouvera le chef de ses disciples. C’est si vrai que lorsque, plus tard, Pierre aura une conduite admirable, il la devra à ce qu’André avait semé. La louange adressée à l’un rejaillit également sur l’autre, car les biens de l’un appartiennent à l’autre, et l’un se glorifie des mérites de l’autre.

Quelle joie Pierre a procurée à tous lorsqu’il a répondu tout de suite à la question du Seigneur, rompant le silence embarrassé des disciples ! … Pierre seul a prononcé ces paroles : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16). Il parlait au nom de tous ; en une phrase, il proclamait le Sauveur et son dessein de salut. Comme cette proclamation s’accorde bien avec celle d’André ! Les paroles qu’André avait dites à Pierre lorsqu’il l’avait conduit au Christ –- « Nous avons trouvé le Messie » — le Père céleste les confirme lorsqu’il les inspire lui-même à Pierre (Mt 16,17) : « Tu es le Messie, le Christ, le fils du Dieu vivant. »

Basile de Séleucie (?-v. 468), évêque
Sermon à la louange de saint André, 4  ; PG 28,1105 (trad. Orval rev.)

 

 

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« Jésus posa son regard sur lui et dit : ‘Tu t’appelleras Képha’ (ce qui veut dire : Pierre) »

jeudi 4 janvier 2018

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« Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras désormais Céphas, c’est-à-dire Pierre »… Voilà le nom que le Christ donne à Simon. Quant à Jacques et son frère, il les appellera « Fils du tonnerre » (Mc 3,17). Pourquoi ces changements de nom ? Pour montrer que lui, Jésus, est le même que celui qui avait établi l’ancienne alliance, qui avait déjà changé le nom d’Abram en Abraham, celui de Saraï en Sara, et celui de Jacob en Israël (Gn 17,5s ;32,29). Il avait aussi donné leur nom à plusieurs personnes au moment de leur naissance : Isaac, Samson, les enfants d’Isaïe et d’Osée…

Aujourd’hui, nous avons un nom bien supérieur à tous les autres ; c’est le nom de « chrétien » ; le nom qui fait de nous enfants de Dieu, amis de Dieu, un même corps avec lui. Y a-t-il un autre nom qui pourrait plus nous rendre ardents dans les vertus, nous remplir de zèle, nous pousser à faire le bien ? Gardons-nous bien de faire quoi que ce soit d’indigne de ce nom si grand et si beau, lié au nom de Jésus Christ lui-même. Ceux qui portent le nom d’un grand chef militaire ou d’un personnage illustre se considèrent honorés et font tout pour en rester dignes. Combien plus, nous qui tirons notre nom non d’un général ou d’un prince de cette terre, ni même d’un ange, mais du roi des anges, combien plus devons-nous être prêts à tout perdre, même notre vie, pour l’honneur de ce saint nom ?

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
Homélies sur l’évangile de Jean, n°19

 

 

 

« Vraiment, tu es le Fils de Dieu. »

dimanche 13 août 2017

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Lorsque nous aurons tenu bon durant les longues heures de la nuit obscure qui règne dans les moments d’épreuve, quand nous aurons lutté de notre mieux…, soyons sûrs que vers la fin de la nuit, « lorsque la nuit sera avancée et que poindra le jour » (Rm 13,12), le Fils de Dieu viendra près de nous, en marchant sur les flots. Lorsque nous le verrons apparaître ainsi, nous serons saisis de trouble jusqu’au moment où nous comprendrons clairement que c’est le Sauveur qui est venu parmi nous. Croyant encore voir un fantôme, nous crierons de frayeur, mais lui nous dira aussitôt : « Ayez confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ».

Peut-être que ces mots rassurants feront surgir en nous un Pierre en route vers la perfection, qui descendra de la barque, certain d’avoir échappé à l’épreuve qui le secouait. Tout d’abord, son désir d’aller au-devant de Jésus le fera marcher sur les eaux. Mais sa foi étant encore peu assurée et lui-même dans le doute, il remarquera la « force du vent », il prendra peur et commencera à couler. Pourtant il échappera à ce malheur car il lancera vers Jésus ce grand cri : « Seigneur, sauve-moi ! » Et à peine cet autre Pierre aura-t-il fini de dire « Seigneur sauve-moi ! » que le Verbe étendra la main pour lui porter secours, et le saisira au moment où il commencera à couler, lui reprochant son peu de foi et ses doutes. Note cependant qu’il n’a pas dit : « Incrédule » mais « homme de peu de foi », et qu’il est écrit : « Pourquoi as-tu douté ? », c’est-à-dire : « Tu avais bien un peu de foi, mais tu t’es laissé entraîner dans le sens contraire ». Et là-dessus, Jésus et Pierre remonteront dans la barque, le vent se calmera et les passagers, comprenant à quels dangers ils ont échappé, adoreront Jésus en disant : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ». Ces paroles-là, ce ne sont que les disciples proches de Jésus dans la barque qui les disent.

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Commentaire sur l’évangile de Matthieu 11, 6 ; PG 13, 919 (trad. Orval rev.; cf SC 162, p. 299)