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Archive pour le mot-clef ‘Esprit Saint’

Le péché contre l’Esprit Saint

dimanche 10 juin 2018

Pourquoi le blasphème contre l’Esprit Saint est-il impardonnable ? En quel sens entendre ce blasphème ? Saint Thomas d’Aquin répond qu’il s’agit d’un péché « irrémissible de par sa nature, parce qu’il exclut les éléments grâce auxquels est accordée la rémission des péchés ». Selon une telle exégèse, ce blasphème ne consiste pas à proprement parler à offenser en paroles l’Esprit Saint ; mais il consiste à refuser de recevoir le salut que Dieu offre à l’homme par l’Esprit Saint agissant en vertu du sacrifice de la croix. Si l’homme refuse la « manifestation du péché », qui vient de l’Esprit Saint (Jn 16,8) et qui a un caractère salvifique, il refuse en même temps la « venue » du Paraclet (Jn 16,7), cette « venue » qui s’est effectuée dans le mystère de Pâques, en union avec la puissance rédemptrice du Sang du Christ, le Sang qui « purifie la conscience des œuvres mortes » (He 9,14).

Nous savons que le fruit d’une telle purification est la rémission des péchés. En conséquence, celui qui refuse l’Esprit et le Sang (cf 1Jn 5,8) demeure dans les « œuvres mortes », dans le péché. Et le blasphème contre l’Esprit Saint consiste précisément dans le refus radical de cette rémission dont il est le dispensateur intime et qui présuppose la conversion véritable qu’il opère dans la conscience. Si Jésus dit que le péché contre l’Esprit Saint ne peut être remis ni en ce monde ni dans l’autre, c’est parce que cette « non-rémission » est liée, comme à sa cause, à la « non-pénitence », c’est-à-dire au refus radical de se convertir…

Le blasphème contre l’Esprit Saint est le péché commis par l’homme qui présume et revendique le « droit » de persévérer dans le mal — dans le péché quel qu’il soit — et refuse par là même la Rédemption. L’homme reste enfermé dans le péché, rendant donc impossible, pour sa part, sa conversion et aussi, par conséquent, la rémission des péchés, qu’il ne juge pas essentielle ni importante pour sa vie. Il y a là une situation de ruine spirituelle, car le blasphème contre l’Esprit Saint ne permet pas à l’homme de sortir de la prison où il s’est lui-même enfermé.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Encyclique « Dominum et vivificantem », § 46 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

Un, par l’Esprit Saint

jeudi 17 mai 2018

esprit saint

« Faire l’unité de l’Église, construire l’Église, ce temple, cette unité de l’Église : c’est le devoir de chaque chrétien, de chacun d’entre nous. Lorsqu’il faut construire un temple ou un palais, on cherche un terrain à bâtir qui soit préparé à cela. La première chose à faire, c’est de chercher la pierre de base, la pierre d’angle comme le dit le Bible. Et la pierre d’angle de l’unité de l’Église ou mieux, la pierre d’angle de l’Église, c’est Jésus et la pierre d’angle de l’unité de l’Église est la prière de Jésus a la Cène : « Père, qu’ils soient un ! Ceci est la force ! ».
Jésus, a t’il répété, est « la pierre sur laquelle nous édifions l’unité de l’Église », « sans cette pierre, nous n’y parvenons pas. Il n’y a pas d’unité sans Jésus Christ à la base : c’est notre sûreté ». Mais qui, se demande donc le Pape, « construit cette unité ? ». Sa réponse fut : « c’est le travail de l’Esprit Saint ». « Il est le seul capable de construire l’unité de l’Église. C’est pour cela que Jésus l’a envoyé : pour faire grandir l’Église, pour la faire forte, pour la faire une ». C’est l’Esprit Saint, a-t-il poursuivi, qui fait « l’unité de l’Église » dans « la diversité des peuples, des cultures et des personnes ». Comment « construit-on alors ce temple ? » se demande encore le Pape François. Si l’Apôtre Pierre, évoquant ce sujet « affirmait que nous étions les pierres vivantes de cette construction », Saint Paul « nous conseille non pas tant d’être des pierres mais plutôt des briques faibles ». Les conseils de l’Apôtre des gentils pour « construire cette unité sont des conseils de faiblesse, selon la pensée humaine » :
« Humilité, douceur, magnanimité: ce sont des faiblesses car la personne humble semble ne servir à rien ; la douceur, la tendresse ne semblent pas servir ; la magnanimité, le fait d’être ouvert à tous, d’avoir un grand cœur…..Et puis, il nous en dit plus: « Supportez-vous les uns les autres dans l’amour ». Supportez-vous les uns les autres dans l’amour tout en ayant à cœur de conserver l’unité. Et plus nous nous faisons faibles avec cette vertu de l’humilité, de la magnanimité et de la douceur, plus nous devenons de fortes pierres dans ce temple ».
« Ceci, a-t-il repris, est le même chemin qu’a parcouru Jésus qui s’est s’est fait faible jusqu’à la Croix et qui est devenu fort ! Nous devons en faire de même : L’orgueil et la suffisance ne servent à rien. Lorsqu’on construit, a-t-il affirmé, il est nécessaire que l’architecte dessine un plan. Et quel est le plan de l’unité de l’Église ? : l’espérance à laquelle nous sommes appelés: l’espérance d’aller vers le Seigneur, l’espérance de vivre dans une Église vivante, faite de pierres vivantes, avec la force de l’Esprit Saint. C’est seulement avec le plan de l’espérance que nous pouvons aller de l’avant dans l’unité de l’Église. Nous sommes appelés à une grande espérance. Allons-y ! Mais avec la force que nous donne la prière de Jésus pour l’unité ; avec la docilité à l’Esprit Saint qui est capable de faire des pierres vivantes avec des briques ; et avec l’espérance de trouver le Seigneur qui nous a appelés, de le trouver lorsque survient la plénitude des temps ».

 

Homélie du pape François 24/11/2014
sources: RADIO VATICAN
aleteia.org

 

 

 

« Quand il viendra, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. »

mercredi 9 mai 2018

La « clé de la connaissance » (Lc 11,52) n’est pas autre chose que la grâce du Saint-Esprit. Elle est donnée par la foi. Par l’illumination, elle produit très réellement la connaissance et même la connaissance plénière. Elle ouvre notre esprit enfermé et obscurci, souvent avec des paraboles et des symboles, mais aussi avec des affirmations plus claires… Faites donc bien attention au sens spirituel de la parole. Si la clé n’est pas bonne, la porte ne s’ouvre pas. Car, dit le Bon Pasteur, « c’est à lui que le portier ouvre » (Jn 10,3). Mais si la porte ne s’ouvre pas, personne n’entre dans la maison du Père, car le Christ a dit : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14,6).

Or, c’est l’Esprit Saint qui, le premier, ouvre notre esprit et nous enseigne ce qui concerne le Père et le Fils. Le Christ nous dit cela aussi : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur, et il vous guidera vers la vérité tout entière » (Jn 15,26; 16,13). Vous voyez comment, par l’Esprit ou plutôt dans l’Esprit, le Père et le Fils se font connaître, inséparablement…

Si on appelle le Saint-Esprit une clé, c’est parce que, par lui et en lui d’abord, nous avons l’esprit éclairé. Une fois purifiés, nous sommes illuminés par la lumière de la connaissance. Nous sommes baptisés d’en haut, nous recevons une nouvelle naissance et devenons enfants de Dieu, comme dit saint Paul : « L’Esprit Saint intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8,26). Et encore : « Dieu a donné son Esprit en nos cœurs qui crie : ‘Abba, Père’ » (Ga 4,6). C’est donc lui qui nous montre la porte, porte qui est lumière, et la porte nous apprend que celui qui habite dans la maison est lui aussi lumière inaccessible.

Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec
Catéchèses, 33 ; SC 113 (trad. SC p. 255s rev. Delhougne, p. 225)

 

 

« C’est votre intérêt que je m’en aille. »

mardi 8 mai 2018

L’Esprit Saint a couvert la Vierge Marie de son ombre (Lc 1,35) et, le jour de la Pentecôte, il a fortifié les apôtres ; pour elle, c’était en vue d’adoucir l’effet de la venue de la divinité en son corps virginal et, chez eux, en vue de les « revêtir de la force d’en haut » (Lc 24,49), c’est-à dire de la charité la plus ardente… Comment, dans leur faiblesse, auraient-ils pu remplir leur mission de triompher de la mort sans cet « amour aussi fort que la mort » et de ne pas laisser « les portes de l’enfer prévaloir contre eux » sans cet « amour aussi inflexible que l’enfer » ? (Mt 16,18; Ct 8,6) Or, en voyant ce zèle, certains les croyaient ivres (Ac 2,13). Effectivement, ils étaient ivres, mais d’un vin nouveau…, celui que la « vraie vigne » avait laissé couler du haut du ciel, celui « qui réjouit le cœur de l’homme » (Jn 15,1; Ps 103,15)… C’était un vin nouveau pour les habitants de la terre, mais au ciel il se trouvait en abondance…, il coulait à flot dans les rues et sur les places de la cité sainte, où il répandait la joie du cœur…

Ainsi, il y avait au ciel un vin particulier que la terre ignorait. Mais la terre avait aussi quelque chose qui lui était propre et qui faisait sa gloire — la chair du Christ -– et les cieux avaient une grande soif de la présence de cette chair. Qui pourrait empêcher cet échange si sûr et si riche en grâce entre le ciel et la terre, entre les anges et les apôtres, de sorte que la terre possède l’Esprit Saint et le ciel la chair du Christ ?… « Si je ne m’en vais pas, dit Jésus, le Défenseur ne viendra pas à vous. » C’est-à-dire, si vous ne laissez pas partir ce que vous aimez, vous n’obtiendrez pas ce que vous désirez. « C’est votre intérêt que je m’en aille » et que je vous transporte de la terre au ciel, de la chair à l’esprit ; car le Père est esprit, le Fils est esprit, et l’Esprit Saint est aussi esprit… Et le Père « qui est esprit, recherche des adorateurs qui l’adorent en esprit et en vérité » (Jn 4,23-24).

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
3ème sermon pour la Pentecôte

 

 

« Tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. »

mardi 10 avril 2018

Qui es-tu, douce lumière qui me combles
et illumines les ténèbres de mon cœur ?
Tu me guides comme la main d’une mère,
et si tu me lâchais,
je ne pourrais plus faire un seul pas.

Tu es l’espace
qui enveloppe mon être et l’abrite en toi.
Abandonné de toi, il sombrerait dans le gouffre du néant
d’où tu l’as tiré pour l’élever vers la lumière.
Toi, plus proche de moi
que je ne le suis de moi-même,
plus intime que le tréfonds de mon âme,
et cependant insaisissable et ineffable,
au-delà de tout nom,
Esprit Saint, Amour éternel !

N’es-tu pas la douce manne
qui du cœur du Fils
déborde dans le mien,
la nourriture des anges et des bienheureux ?
Lui qui s’est relevé de la mort à la vie
m’a éveillée moi aussi du sommeil de la mort à une vie nouvelle.
Et jour après jour
il continue de me donner une nouvelle vie,
dont un jour la plénitude m’inondera tout entière,
vie issue de ta vie, oui, toi-même,
Esprit Saint, Vie éternelle !

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
Poésie Pentecôte 1942 (trad. Malgré la nuit, Ad solem 2002, p. 121)

 

 

« Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? »

jeudi 22 mars 2018

Il y aurait beaucoup à dire sur la foi. Il nous suffira de jeter un coup d’œil sur l’un des modèles que l’Ancien Testament nous donne, sur Abraham, puisque nous sommes ses fils par la foi. Celui-ci n’a pas été justifié seulement par les œuvres, mais aussi par la foi. Il avait fait bien des bonnes actions, mais il n’a été appelé ami de Dieu qu’après avoir fait preuve de sa foi ; toutes ses œuvres ont tiré leur perfection de sa foi. C’est par la foi qu’il a quitté ses parents ; c’est par la foi qu’il a laissé patrie, pays, maison. De la manière dont il a été justifié, toi aussi, deviens juste ! Par la suite, son corps est devenu incapable d’être père, car il était devenu fort âgé. Sara à qui il s’était uni, était vieille elle aussi ; ils n’avaient donc aucun espoir de postérité. Or Dieu annonce à ce vieillard qu’il deviendrait père, et la foi d’Abraham n’a pas fléchi. Considérant que son corps était déjà bien près de la mort, il ne table pourtant pas sur son impuissance physique, mais sur la puissance de celui qui avait promis, car il jugeait digne de foi celui qui lui avait fait cette promesse. C’est ainsi que de deux corps déjà marqués, en quelque sorte, par la mort, un enfant est né merveilleusement…

C’est l’exemple de la foi d’Abraham qui nous rend tous enfants d’Abraham. De quelle manière ? Les hommes considèrent comme incroyable une résurrection des morts, tout comme il est incroyable que des vieillards déjà marqués par la mort, engendrent une postérité. Mais lorsqu’on nous annonce la bonne nouvelle du Christ, crucifié sur le bois, mort et ressuscité, nous le croyons. C’est donc par la ressemblance de sa foi que nous entrons dans la filiation d’Abraham. Et alors, avec la foi, nous recevons comme lui le sceau spirituel, circoncis dans le baptême par le Saint-Esprit.

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l’Église
Catéchèses baptismales, n° 5 (trad. Brésard, 2000 ans C, p. 232)

 

 

 

« Je suis venu apporter un feu sur la terre ! »

jeudi 26 octobre 2017

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Fais-toi violence (cf Mt 11,12), efforce-toi d’imiter l’humilité du Christ, afin que s’allume toujours davantage le feu qu’il a jeté en toi, ce feu par lequel sont consumées toutes les impulsions de ce monde-ci qui détruisent l’homme nouveau et qui souillent les demeures du Seigneur saint et puissant. Car j’affirme avec saint Paul que « nous sommes le temple de Dieu » (2Co 6,16). Purifions donc son temple, « comme lui-même est pur » (1Jn 3,3), afin qu’il ait le désir d’y demeurer ; sanctifions-le, comme lui-même est saint (1P 1,16) ; ornons-le de toutes les œuvres bonnes et dignes.

Emplissons le temple du repos de sa volonté, comme d’un parfum, par la prière pure, la prière du cœur qu’il est impossible d’acquérir en se livrant aux impulsions continuelles de ce monde-ci. Ainsi la nuée de sa gloire couvrira ton âme, et la lumière de sa grandeur brillera dans ton cœur (cf 1R 8,10). Tous ceux qui demeurent dans la maison de Dieu seront emplis de joie et se réjouiront. Mais les insolents et les ignobles disparaîtront sous la flamme du Saint-Esprit.

Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
Discours ascétiques, 1ère série, n°2 (trad. Touraille, DDB 1981, p. 66 rev)

 

 

 

« Combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ? »

jeudi 12 octobre 2017

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D’où viens-tu ? Comment pénètres-tu,
je veux dire : à l’intérieur de ma cellule,
fermée de toute part ?
Ceci est en effet étrange,
dépasse parole et pensée.
Mais que tu viennes en moi,
soudain tout entier et que tu brilles,
que tu te laisses voir sous forme lumineuse,
comme la lune dans sa pleine lumière,
cela me laisse sans pensée
et sans voix, mon Dieu !
Je sais bien que tu es
celui qui est venu pour illuminer
ceux qui sont assis dans les ténèbres (Lc 1,79),
et je suis stupéfait, je deviens
privé de sens et de paroles,
à voir une merveille étrange
qui dépasse toute la création,
toute la nature et tous les mots…

Comment Dieu est-il hors de l’univers
par son essence et sa nature,
par sa puissance et par sa gloire,
et comment aussi habite-t-il partout et en tous,
mais d’une manière spéciale dans ses saints ?
Comment dresse-t-il sa tente en eux
d’une manière consciente et substantiellement,
lui qui est totalement au-delà de la substance ?
Comment est-il contenu dans leurs entrailles,
lui qui contient toute la création ?
Comment brille-t-il dans leur cœur,
ce cœur charnel et épais ?
Comment est-il à l’intérieur de celui-ci,
comment est-il en dehors de tout,
et remplit-il lui-même toute chose ?
Comment, la nuit et le jour,
brille-t-il sans être vu ?

Dis-moi, est-ce que l’esprit de l’homme
concevra tous ces mystères
ou pourra te les exprimer ?
Certes non ! un ange ne pourrait,
ni un archange, te l’expliquer ;
ils seraient incapables
de t’exposer cela avec des mots.
C’est donc l’Esprit de Dieu, parce qu’il est divin,
qui seul connaît ces mystères
et qui les sait parce que lui seul
partage la nature, le trône et l’éternité
avec le Fils et le Père.
C’est donc à ceux pour qui cet Esprit resplendira
et à qui il sera uni libéralement
qu’il montre tout d’une manière inexprimable…
C’est comme un aveugle : s’il voit,
il voit tout d’abord la lumière
et ensuite aussi toute la création
qui est dans la lumière, oh merveille !
De même, celui qui a été éclairé
par le divin Esprit dans son âme,
aussitôt entre en communion de la lumière
et contemple la lumière,
la lumière de Dieu, Dieu vraiment,
qui aussi lui montre tout,
ou plutôt tout ce que Dieu décide,
tout ce qu’il désire et ce qu’il veut.
À ceux qu’il éclairera par son illumination
il accorde de voir ce qui se trouve dans la lumière divine.

Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec
Hymnes, n°29 (trad. SC 174, p. 315s)

 

 

« Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette. »

vendredi 6 octobre 2017

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De même que le souffle de l’homme passe par la tête pour descendre vers les membres et les vivifier, ainsi l’Esprit Saint vient aux chrétiens par le Christ. La tête c’est le Christ, les membres ce sont les chrétiens. Il y a une tête et de nombreux membres, un seul corps formé de la tête et des membres, et dans ce seul corps un unique Esprit qui est en plénitude dans la tête et en participation dans les membres. Si donc il n’y a qu’un corps, il n’y a aussi qu’un seul Esprit. Qui n’est pas dans le corps ne peut pas être vivifié par l’Esprit, selon cette parole de l’Écriture : « Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas, n’est pas du Christ » (Rm 8,9). Car celui qui n’a pas l’Esprit du Christ n’est pas membre du Christ.

Rien de ce qui fait partie du corps n’est mort ; rien de ce qui est séparé du corps n’est vivant. C’est par la foi que nous devenons membres ; c’est par l’amour que nous sommes vivifiés. Par la foi nous recevons l’unité ; par la charité nous recevons la vie. Le sacrement du baptême nous unit ; le Corps et le Sang du Christ nous vivifient. Par le baptême, nous devenons membres du corps ; par le Corps du Christ, nous participons à sa vie.

Hugues de Saint-Victor (?-1141), chanoine régulier, théologien
Traité des sacrements de la foi chrétienne, II, 1-2 ; PL 176, 415 (trad. Orval)

 

 

 

Prière pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit

dimanche 4 juin 2017

Les dons du Saint Esprit

Ô Jésus, par Vous, le Fils unique, pour nous fait homme, crucifié et glorifié, nous prions le Père très clément de nous accorder de ses trésors la grâce aux sept formes de l’Esprit qui reposa en toute plénitude sur Vous : esprit de sagesse, dis-je, pour goûter le fruit de l’arbre de vie que vous êtes véritablement et savourer ses vivifiantes douceur ; don d’intelligence qui illumine les regards de notre esprit ; don de conseil, qui nous conduise dans les voies étroites sur les traces de vos pas ; don de force, pour que nous puissions réduire à néant la violence des attaques ennemies ; don de science, afin que nous soyons remplis des lumières de votre sainte doctrine pour distinguer le bien du mal ; don de piété, qui nous donne des entrailles miséricordieuses ; don de crainte qui, en nous éloignant de tout mal, nous tienne dans la paix sous le poids du respect pour votre éternelle Majesté.

C’est là, en effet, ce que vous avez voulu que nous demandions dans cette sainte oraison que vous nous enseignâtes ; aussi, maintenant, nous vous demandons par votre Croix de nous les obtenir pour la gloire de Votre nom très saint, auquel soit avec le Père et le Saint-Esprit, tout honneur, louange, action de grâce, gloire et domination pendant tous les siècles. Ainsi soit-il.

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
L’arbre de vie, n° 49 (Œuvres spirituelles de Saint Bonaventure, t.III, Le Christ Jésus ; Sté S. François d’Assise, 1932, pp.119-120, rev.)