Étiquette : Esprit Saint

  • Demandons au Saint Esprit la charité du Seigneur !

    Demandons au Saint Esprit la charité du Seigneur !

    Si tu sais en quoi consiste l’offrande du sacrifice, tu comprendras pourquoi on y implore la venue du Saint-Esprit.

    Selon le témoignage de l’apôtre Paul, le sacrifice est offert pour que la mort du Seigneur soit annoncée et que revive le souvenir de celui qui a donné sa vie pour nous. Le Seigneur lui-même avait dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13). Donc, puisque le Christ est mort pour nous par amour, nous demandons, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice, que l’amour nous soit donné par la venue de l’Esprit Saint. Nous demandons en suppliant que, par l’amour même qui a poussé le Christ à se laisser crucifier pour nous, nous aussi, ayant reçu la grâce de l’Esprit Saint, nous puissions être crucifiés au monde et imiter la mort de notre Seigneur pour marcher dans une vie nouvelle.

    Ainsi tous les fidèles qui aiment Dieu et leur prochain, même s’ils ne boivent pas le calice d’une passion corporelle, boivent cependant le calice de la charité du Seigneur. Car on boit le calice du Seigneur tant que l’on garde sa sainte charité sans laquelle il ne sert à rien de livrer son corps aux flammes. Le don de la charité nous confère d’être en vérité ce que nous célébrons mystiquement dans le sacrifice. (…) C’est pourquoi nous demandons que l’Esprit Saint vienne nous donner la charité.

    Saint Fulgence de Ruspe (467-532)

  • « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. »

    « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. »

    Que je ne désire rien en dehors de toi… Donne-moi souvent de porter mon cœur vers toi et, quand je faiblis, de peser ma faute avec douleur, avec un ferme propos de me corriger. Donne-moi, Seigneur Dieu, un cœur vigilant que nulle pensée curieuse n’entraîne loin de toi ; un cœur noble que nulle affection indigne n’abaisse ; un cœur droit que nulle intention équivoque ne dévie ; un cœur ferme que nulle adversité ne brise ; un cœur libre que nulle passion violente ne domine.

    Accorde-moi, Seigneur mon Dieu, une intelligence qui te connaisse, un empressement qui te cherche, une sagesse qui te trouve, une vie qui te plaise, une persévérance qui t’attende avec confiance et une confiance qui te possède à la fin. Accorde-moi par la pénitence d’être affligé de ce que tu as enduré, d’user en chemin de tes bienfaits par la grâce, de jouir de tes joies surtout dans la patrie par la gloire. Ô toi qui, étant Dieu, vis et règnes dans tous les siècles. Amen.

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)

  • « Les aveugles voient…, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »

     « Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Dirons-nous que c’est là l’œuvre d’une humanité pareille à la nôtre que de pouvoir baptiser dans l’Esprit Saint et le feu ? Comment cela pourrait-il être ? Et pourtant, parlant d’un homme qui ne s’est pas encore présenté, Jean déclare que celui-ci baptise « dans le feu et l’Esprit Saint ». Non pas, comme le ferait un serviteur quelconque, en insufflant aux baptisés un Esprit qui n’est pas le sien, mais comme quelqu’un qui est Dieu par nature, qui donne avec une puissance souveraine ce qui vient de lui et lui appartient en propre. C’est grâce à cela que l’empreinte divine s’imprime en nous.

    En effet, en Christ Jésus, nous sommes transformés comme à l’image divine ; non que notre corps soit modelé de nouveau, mais nous recevons le Saint Esprit, entrant en possession du Christ lui-même, au point de pouvoir crier désormais dans notre joie : « Mon âme exulte dans le Seigneur, car il m’a revêtu de salut et d’allégresse » (1S 2,1). L’apôtre Paul dit en effet : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27).

    Est-ce donc en un homme que nous avons été baptisés ? Silence, toi qui n’est qu’un homme ; veux-tu rabattre jusqu’à terre notre espérance ? Nous avons été baptisés en un Dieu fait homme ; il libère des peines et des fautes tous ceux qui croient en lui. « Repentez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ… Vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2,38). Il délie ceux qui s’attachent à lui… ; il fait sourdre en nous sa propre nature… L’Esprit appartient en propre au Fils, qui est devenu un homme semblable à nous. Car il est lui-même la vie de tout ce qui existe.

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

  • « Je suis venu jeter un feu sur la terre. »

    Les symboles de l’Esprit Saint : le feu. Alors que l’eau signifiait la naissance et la fécondité de la vie donnée dans l’Esprit Saint, le feu symbolise l’énergie transformante des actes de l’Esprit Saint. Le prophète Élie, qui « se leva comme un feu et dont la parole brûlait comme une torche » (Si 48,1), par sa prière attire le feu du ciel sur le sacrifice du mont Carmel, préfiguration du feu de l’Esprit Saint qui transforme ce qu’il touche. Jean Baptiste, « qui marche devant le Seigneur avec ‘l’esprit’ et la puissance d’Élie » (Lc 1,17) annonce le Christ comme celui qui « baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Lc 3,16), cet Esprit dont Jésus dira : « Je suis venu jeter un feu sur la terre et combien je voudrais qu’il soit déjà allumé. » C’est sous la forme de langues « qu’on aurait dites de feu » que l’Esprit Saint se pose sur les disciples au matin de la Pentecôte et les remplit de lui (Ac 2,3-4). La tradition spirituelle retiendra ce symbolisme du feu comme l’un des plus expressifs de l’action de l’Esprit Saint : « N’éteignez pas l’Esprit » (1Th 5,19). (…)

    Jésus ne révèle pas pleinement l’Esprit Saint tant que lui-même n’a pas été glorifié par sa mort et sa résurrection. (…) C’est seulement quand l’heure est venue où il va être glorifié que Jésus promet la venue de l’Esprit Saint, puisque sa mort et sa résurrection seront l’accomplissement de la promesse faite aux pères. L’Esprit de vérité, l’autre Paraclet, sera donné par le Père à la prière de Jésus (Jn 14,16s) ; il sera envoyé par le Père au nom de Jésus ; Jésus l’enverra d’auprès du Père car il est issu du Père. (…) Enfin, vient l’heure de Jésus : Jésus remet son esprit entre les mains du Père au moment où par sa mort il est vainqueur de la mort, de sorte que, « ressuscité des morts par la gloire du Père » (Rm 6,4), il donne aussitôt l’Esprit Saint en soufflant sur ses disciples (Jn 20,22).

    Catéchisme de l’Église catholique

  • « Réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » (Lc 17, 20)

    « Fais du Seigneur tes délices et il te donnera ce que ton cœur désire » (Ps 36,4) :

    L’Esprit Saint est un feu inextinguible qui donne tous les biens, embrasse tous les biens, fait naître tous les biens, enseigne tous les biens et qui par sa flamme accorde le langage à l’homme. Par la force de son feu, il enseigne l’humilité qui se place sous tout le monde et s’estime la dernière de tous. L’ardeur spirituelle a la fraîcheur de la patience, une dignité bienveillante qui remplit tout, œuvre de l’humilité, elle est la fondation de ce que la sainteté bâtit en des hauteurs supérieures.

    La foi est l’étendard de la victoire : comme une flamme brillante, elle montre le droit chemin, sa rosée d’espoir arrose l’esprit des fidèles qui soupirent après le ciel, ayant en eux la verdeur de la parfaite charité, ils s’empressent d’être utiles à tous. Par le doux souffle de la pénitence, ils se lamentent dans leur prière. Comme une brise fait fleurir les fleurs, la chaleur du désir du ciel produit un fruit excellent…(…)

    La gloire du paradis est entouré d’une telle clarté que tu ne peux la regarder avec ce qu’elle contient que dans un miroir. Là se réjouissent les âmes purifiées de leurs péchés, revêtues de l’habit d’immortalité et d’honneur… Toute créature est née selon la volonté de Dieu et même la vie éternelle a jailli de Dieu et vient de lui ; et les ornements, les joies et toute voix pleine de joie de la vie éternelle viennent de lui. Car les œuvres des élus qui ont germé grâce à l’Esprit Saint éclatent en paradis…

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

  • « Les souffrances du Messie et la gloire qui suivrait sa Passion » (1P 1,11)

    À l’approche de sa mort, le Sauveur s’écriait : « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils » (Jn 17,1). Or, sa gloire, c’est la croix. Comment donc pourrait-il avoir cherché à éviter ce qu’il avait demandé à un autre moment ? Que sa gloire soit la croix, l’Évangile nous l’enseigne en disant : « L’Esprit Saint n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jn 7,39). Voici le sens de cette parole : la grâce n’avait pas encore été donnée, parce que le Christ n’était pas encore monté sur la croix pour réconcilier Dieu et les hommes. En effet, c’est la croix qui a réconcilié les hommes avec Dieu, qui a fait de la terre un ciel, qui a réuni les hommes aux anges. Elle a renversé la citadelle de la mort, détruit la puissance du démon, délivré la terre de l’erreur, posé les fondements de l’Église. La croix, c’est la volonté du Père, la gloire du Fils, la jubilation de l’Esprit Saint. Elle est l’orgueil de saint Paul : « Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil » (Ga 6,14).

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

  • Ô Seigneur, envoie ton Esprit !

    Le Seigneur dit dans l’évangile de ce jour : « Le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jn 14,26). Le Père a envoyé le Paraclet au nom du Fils, pour la gloire du Fils, pour manifester la gloire du Fils.

    « Lui, dit-il, vous enseignera », pour que vous sachiez ; il « vous rappellera » (Jn 14,26), vous exhortera pour que vous vouliez. La grâce de l’Esprit donne le savoir et le vouloir. C’est pourquoi, nous chantons dans la messe de ce jour : « Viens, Esprit Saint, pénètre le cœur de tes fidèles ! », pour qu’ils aient la science, « qu’ils soient brûlés au feu de ton amour ! », pour qu’ils aient la volonté de traduire en pratique ce qu’ils savent. De même que l’on chante : « Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ! » Nous trouvons cette pensée dans cette Lamentation de Jérémie : « D’en haut il envoie un feu qu’il a fait descendre dans mes os pour m’instruire » (cf. Lm 1,13). Le Père d’en haut, du Fils, envoie aujourd’hui un feu, l’Esprit Saint, dans mes os, dans les apôtres, commente l’Église, et par eux il m’instruit pour que je sache et je veuille. (…)

    L’Esprit Saint donne le savoir et le vouloir : présentons-lui le pouvoir qui est dans nos possibilités et nous deviendrons le temple du Saint-Esprit. Prions le Fils de l’envoyer sur nous, lui qui est béni dans les siècles, Amen ! (…) Prions-le avec ferveur ; demandons-lui de nous envoyer le Paraclet qui nous le fera connaître et aimer afin de mériter de parvenir jusqu’à Lui.

    Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

  • L’âme éclairée par le Saint Esprit

    L’Esprit Saint n’agit que pour le bien et le salut. D’abord, douce est sa présence, suave la conscience qu’on en a, très léger son joug. Des rayons de lumière et de science annoncent sa brillante venue. Il vient avec les entrailles d’un tuteur légitime ; car il vient sauver, guérir, enseigner, conseiller, fortifier, éclairer l’intelligence, d’abord de celui qui le reçoit, puis par lui, des autres aussi.

    Et comme l’œil du corps, d’abord dans les ténèbres, ensuite en voyant soudain le soleil, est éclairé et voit distinctement ce qu’il ne voyait pas, ainsi celui qui a été honoré de la visite du Saint-Esprit, a l’âme éclairée et voit d’une façon surhumaine ce qu’il ne savait pas. Son corps est sur la terre, son âme voit néanmoins les cieux comme dans un miroir. Il voit comme Isaïe : « Le Seigneur assis sur un trône haut et élevé » (Is 6,1) ; et il voit comme Ézéchiel : « Celui qui siège sur les chérubins » (Ez 10,1) ; il voit comme Daniel : « Les myriades de myriades et les milliers de milliers » (Dn 7,10), et ce rien qu’est l’homme voit le commencement du monde et la fin du monde, et le milieu des temps, et il sait les successions des rois, choses qu’il n’a pas apprises : en effet il jouit de la présence du véritable introducteur à la lumière. L’homme est à l’intérieur des murailles, et la puissance de sa science s’étend au loin ; il voit même ce que font les autres. (…)

    Que le Dieu de la paix, par notre Seigneur Jésus Christ et par la charité de l’Esprit, vous juge tous dignes de ses dons spirituels et célestes. À lui la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. Amen.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

  • Quand Jésus reviendra…

    Jésus ne révèle pas pleinement l’Esprit Saint tant que lui-même n’a pas été glorifié par sa Mort et sa Résurrection. Pourtant, Il le suggère peu à peu (… ). À ses disciples, Il en parle ouvertement à propos de la prière (cf. Lc 11, 13) et du témoignage qu’ils auront à rendre (cf. Mt 10, 19-20).

    C’est seulement quand l’Heure est venue où Il va être glorifié que Jésus promet la venue de l’Esprit Saint, puisque sa Mort et sa Résurrection seront l’accomplissement de la promesse faite aux Pères : l’Esprit de Vérité, l’autre Paraclet, sera donné par le Père à la prière de Jésus ; Il sera envoyé par le Père au nom de Jésus ; Jésus l’enverra d’auprès du Père car Il est issu du Père. L’Esprit Saint viendra, nous le connaîtrons, Il sera avec nous à jamais, Il demeurera avec nous ; Il nous enseignera tout et nous rappellera tout ce que le Christ nous a dit et Lui rendra témoignage ; Il nous conduira vers la vérité tout entière et glorifiera le Christ. Quant au monde, Il le confondra en matière de péché, de justice et de jugement.

    Catéchisme de l’Église catholique

  • Hausser son esprit jusqu’à l’espérance de la gloire

    Si la sainte Église supporte les adversités de la vie présente, c’est pour être conduite par une grâce d’en-haut, jusqu’aux récompenses éternelles. Elle méprise la mort de sa chair, parce qu’elle aspire à la gloire de la résurrection. Or transitoire est ce qu’elle souffre, perpétuel ce qu’elle attend. Et ces biens perpétuels ne lui inspirent aucun doute, parce qu’elle en possède déjà un témoignage fidèle dans la gloire de son Rédempteur. Elle voit en esprit la résurrection de sa chair et elle se dresse de toutes ses forces vers l’espérance, parce que ce qu’elle voit déjà accompli en sa Tête s’accomplira un jour aussi dans le corps de son Rédempteur, c’est-à-dire en elle-même : telle est son inébranlable espérance.

    Et c’est bien l’Église que le psalmiste considère comme promise à une perfection perpétuelle quand, pour parler d’elle, il décrit la lune en ces termes : « La lune est parfaite pour l’éternité. » (Ps 88,38 Vg) Et comme l’espérance de la résurrection est fortifiée dans l’Église par la résurrection du Seigneur, le Psalmiste était en droit d’ajouter : « Et elle est dans le ciel un témoin fidèle » : qu’elle n’ait pas à trembler pour sa résurrection, l’Église en a déjà pour témoin celui qui est dans les cieux, ressuscité des morts.

    Ainsi, quand il souffre l’adversité, quand il est épuisé par de dures tribulations, le peuple fidèle peut hausser son esprit jusqu’à l’espérance de la gloire qui l’attend et dire, en fondant sa confiance sur la résurrection de son Rédempteur : « Voici, en effet, que dans le ciel est mon témoin et là-haut mon confident. » (Jb 16,20 Vg) Et l’on est bien droit de l’appeler confident puisqu’il connaît notre nature non seulement en la créant, mais aussi en l’assumant. Car, pour lui, la connaître c’est avoir accepté notre condition.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)