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Archive pour le mot-clef ‘St Grégoire le Grand’

« Il le vit et fut saisi de pitié. »

lundi 8 octobre 2018

Ô Seigneur Jésus, puisses-tu avoir la bonté de t’approcher de moi, poussé par la pitié. Descendant de Jérusalem à Jéricho, tu tombes des hauteurs en nos bas-fonds, d’un lieu où les êtres sont pleins de vie, dans un pays de malades. Vois : je suis tombé entre les mains des anges de ténèbres qui non seulement m’ont ôté le vêtement de la grâce, mais après m’avoir roué de coups, m’ont laissé à demi-mort. Puisses-tu panser les plaies de mes péchés, après m’avoir donné l’espérance de retrouver la santé, de peur qu’elles n’empirent si je venais à perdre l’espoir de la guérison. Puisses-tu m’oindre de l’huile de ton pardon et verser sur moi le vin de la componction. Si tu me chargeais sur ta propre monture, c’est alors que tu « relèverais le faible de la terre », que tu « retirerais le pauvre du fumier » (Ps 112,7). Car tu es celui qui a porté nos péchés, celui qui a payé pour nous une dette que tu n’avais pas contractée. Si tu me conduisais dans l’auberge de ton Église, tu m’y nourrirais du repas de ton Corps et de ton Sang. Si tu prenais soin de moi, je ne désobéirais plus à tes ordres, je n’attirerais plus sur moi la rage des bêtes en fureur. Car j’ai grand besoin de tes soins, tant que je porte cette chair sujette au péché. Écoute-moi donc, moi le Samaritain dépouillé et blessé, pleurant et gémissant, t’appelant et criant avec David : « Pitié pour moi, ô Dieu, selon ta grande tendresse ! » (Ps 50,3)

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église

 

 

 

 

Saint Barnabé, apôtre qui proclame que le Royaume des cieux est tout proche

lundi 11 juin 2018

« Comment puis-je aimer quelqu’un que je ne connais pas ? »… Si nous ne pouvons pas voir Dieu, nous avons pourtant d’autres moyens pour lever l’œil de notre esprit jusqu’à lui. S’il ne nous est pas possible de le voir en lui-même, nous pouvons dès maintenant le voir dans ses serviteurs. En constatant qu’ils accomplissent des merveilles, nous devenons certains que Dieu habite en eux… Personne d’entre nous ne peut regarder directement le soleil en le fixant au moment où il se lève dans tout son éclat, car les yeux fixés sur ses rayons en sont éblouis. Mais nous regardons les montagnes que le soleil illumine, et nous voyons par là qu’il s’est levé. Ainsi, puisque nous ne pouvons pas voir en lui-même le Soleil de justice (Ml 3,20), regardons les montagnes que sa clarté illumine, c’est-à-dire les saints apôtres, qui brillent par leurs vertus, qui resplendissent par leurs miracles… En effet la puissance de Dieu en elle-même, c’est le soleil dans le ciel ; la puissance de Dieu répandue sur les hommes, c’est le soleil sur la terre…

Mais la condition pour ne pas trébucher sur notre route sur la terre c’est d’aimer Dieu et notre prochain de tout notre esprit (Mt 22,37s)… C’est pourquoi l’Esprit a été donné aux disciples à deux reprises : d’abord par le Seigneur sur la terre, puis par le Seigneur au ciel (Jn 20,22; Ac 2,2). Il nous est donné sur la terre pour aimer notre prochain, du ciel pour aimer Dieu…; ainsi nous comprendrons cette parole de Jean : « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? » (1Jn 4,20) Alors, mes frères, chérissons notre prochain, aimons celui qui est proche de nous, pour être capable d’aimer Celui qui est au-dessus de nous…et de mériter de jouir en Dieu d’une joie parfaite avec ce même prochain.

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
Homélies sur l’Évangile, n° 30 ; PL 76, 1220 (trad. Le Barroux rev.)

 

 

 

« Il n’y a pas de commandement plus grand que ces deux-là. »

jeudi 7 juin 2018

On ne peut aimer vraiment Dieu sans aimer le prochain, ni aimer vraiment son prochain sans aimer Dieu. Et c’est pour cela… que l’Esprit a été donné aux disciples à deux reprises : d’abord par le Seigneur quand il vivait sur la terre, puis par le Seigneur quand il régnait au ciel (Jn 20,22; Ac 2). Il nous est donné sur la terre pour aimer le prochain, du ciel pour aimer Dieu. Mais pourquoi d’abord sur la terre et ensuite du ciel, sinon pour nous donner clairement à comprendre cette parole de Jean : « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? » (1Jn 4,20)

Ainsi, mes frères, chérissons bien notre prochain ; aimons celui qui est proche de nous, pour qu’il nous devienne possible d’aimer celui qui est au-dessus de nous. Que notre esprit s’exerce à rendre au prochain ce qu’il doit à son Dieu, afin de mériter de jouir en Dieu d’une joie parfaite avec ce même prochain. C’est alors que nous parviendrons à cette joie des habitants du ciel, dont nous avons déjà reçu le gage par le don du Saint-Esprit. Tendons de tout notre amour vers cette fin où nous nous réjouirons sans fin. Là se trouve la sainte assemblée des citoyens du ciel ; là, une fête certaine ; là, un repos assuré ; là, une paix véritable, qui désormais ne nous sera plus seulement laissée, mais donnée par notre Seigneur Jésus Christ (Jn 14,27).

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
Homélies sur l’Évangile, n°30 ; PL 76, 1220 (trad. Le Barroux)

 

 

Le mardi de Pâques

mardi 3 avril 2018

Marie, en pleurs, se penche et regarde dans le tombeau. Elle avait pourtant déjà vu qu’il était vide, et elle avait annoncé la disparition du Seigneur. Pourquoi se penche-t-elle encore ; pourquoi désire-t-elle encore voir ? Parce que l’amour ne se contente pas d’un seul regard ; l’amour est une quête toujours plus ardente. Elle l’a déjà cherché, mais en vain ; elle s’obstine et finit par le découvrir… Dans le Cantique des cantiques, l’Église disait du même Époux : « Sur ma couche, la nuit, j’ai cherché celui que mon cœur aime. Je l’ai cherché mais ne l’ai pas trouvé. Je me lèverai et parcourrai la ville ; dans les rues et sur les places, avez-vous vu celui que mon cœur aime ? » (Ct 3,1-2) Deux fois, elle exprime sa déception : « Je l’ai cherché mais ne l’ai pas trouvé ! » Mais le succès vient enfin couronner l’effort : « Les gardes m’ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville. Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? À peine les avais-je dépassés, j’ai trouvé celui que mon cœur aime. » (Ct 3,3-4)

Et nous, quand est-ce que, sur nos couches, nous cherchons l’Aimé ? Pendant les brefs repos de cette vie, lorsque nous soupirons en l’absence de notre Rédempteur. Nous le cherchons la nuit, car même si notre esprit veille déjà sur lui, nos yeux ne voient encore que son ombre. Mais puisque nous n’y trouvons pas l’Aimé, levons-nous ; parcourons la ville, c’est-à-dire la sainte assemblée des élus. Cherchons-le de tout notre cœur ; regardons dans les rues et sur les places, c’est-à-dire dans les passages escarpés de la vie ou dans ses voies spacieuses ; ouvrons l’œil, cherchons-y les pas de notre Bien-aimé… Ce désir faisait dire à David : « Mon âme a soif du Dieu de vie. Quand irai-je voir la face de Dieu ? Sans relâche, poursuivez sa face. » (Ps 42,3)

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
Homélie 25 sur l’Evangile ; PL 76, 1188 (trad. Quéré, coll. Icthus, vol. 10, p. 292)