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Qui oserait blasphémer contre le Saint-Esprit ?

23 janvier 2023

Crois au Saint-Esprit ; vénère-le tout comme tu as appris à vénérer le Père et le Fils, et ne suis pas ceux dont l’enseignement le dégrade.

Sache-le donc, le Saint-Esprit est unique, indivisible, très puissant ; il multiplie ses actions sans être pour autant lui-même partagé ; c’est lui qui connaît les mystères, qui scrute toutes choses, même les profondeurs de Dieu ; lui qui est venu sous forme de colombe sur le Seigneur Jésus Christ ; lui qui fut le nerf de la Loi et des Prophètes ; qui maintenant encore, le temps du baptême venu, marque ton âme de son sceau ; toute la nature intelligente a besoin de sa sainteté : qui oserait blasphémer contre le Saint-Esprit n’a de pardon ni dans ce siècle ni dans celui qui vient ; il est honoré, lui, avec le Père et le Fils, de la gloire de la divinité ; de lui ont besoin Trônes et Dominations, Principautés et Puissances. Car il n’y a qu’un seul Dieu, le Père du Christ ; et un seul Seigneur Jésus Christ, le Fils unique engendré de Dieu ; unique aussi est l’Esprit Saint, l’universel sanctificateur et déificateur, qui a parlé dans la Loi et dans les Prophètes, dans l’Ancien et le Nouveau Testaments.

Garde toujours dans ton intelligence ce sceau.

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

 

 

 

Nous sommes les envoyés de Dieu au monde

22 janvier 2023

Painted divine figure church of San Sebastiano Rome

Un jour de plus commence.

Jésus en moi veut le vivre. Il ne s’est pas enfermé.
Il a marché parmi les hommes.
Avec moi il est parmi les hommes d’aujourd’hui.

Il va rencontrer chacun de ceux qui entreront dans la maison,
chacun de ceux que je croiserai dans la rue,
d’autres riches que ceux de son temps, d’autres pauvres,
d’autres savants et d’autres ignorants,
d’autres petits et d’autres vieillards,
d’autres saints et d’autres pécheurs,
d’autres valides et d’autres infirmes.
Tous seront ceux qu’il est venu chercher.
Chacun, celui qu’il est venu sauver. (…)

Tout sera permis dans le jour qui va venir,
tout sera permis et demandera que je dise oui.
Le monde où il me laisse pour y être avec moi
ne peut m’empêcher d’être avec Dieu ;
comme un enfant porté sur les bras de sa mère
n’est pas moins avec elle
parce qu’elle marche dans la foule.

Jésus, partout, n’a cessé d’être envoyé.
Nous ne pouvons pas faire que nous ne soyons,
à chaque instant,
les envoyés de Dieu au monde.
Jésus en nous ne cesse pas d’être envoyé,
au long de ce jour qui commence,
à toute humanité, de notre temps, de tous les temps,
de ma ville et du monde entier.

À travers les proches frères qu’il nous fera servir, aimer, sauver,
des vagues de sa charité partiront jusqu’au bout du monde,
iront jusqu’à la fin des temps.

Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

 

 

 

Jésus se donne entièrement : il se donne lui-même à manger

21 janvier 2023

Le Fils unique de Dieu, voulant nous faire participer à sa divinité, a pris notre nature afin de diviniser les hommes, lui qui s’est fait homme. En outre, ce qu’il a pris de nous, il nous l’a entièrement donné pour notre salut. En effet, sur l’autel de la croix il a offert son corps en sacrifice à Dieu le Père afin de nous réconcilier avec lui, et il a répandu son sang pour qu’il soit en même temps notre rançon et notre baptême : rachetés d’un esclavage lamentable, nous serions purifiés de tous nos péchés.

Et pour que nous gardions toujours la mémoire d’un si grand bienfait, il a laissé aux fidèles son corps à manger et son sang à boire, sous les dehors du pain et du vin. (…) Peut-il y avoir rien de plus précieux que ce banquet où l’on ne nous propose plus, comme dans l’ancienne Loi, de manger la chair des veaux et des boucs, mais le Christ qui est vraiment Dieu ? Y a-t-il rien de plus admirable que ce sacrement ? (…) Personne n’est capable d’exprimer les délices de ce sacrement, puisqu’on y goûte la douceur spirituelle à sa source ; et on y célèbre la mémoire de cet amour insurpassable que le Christ a montré dans sa Passion.

Il voulait que l’immensité de cet amour se grave plus profondément dans le cœur des fidèles. C’est pourquoi à la dernière Cène, après avoir célébré la Pâque avec ses disciples, lorsqu’il allait passer de ce monde à son Père, il a institué ce sacrement comme le mémorial perpétuel de sa Passion, l’accomplissement des anciennes préfigurations, le plus grand de tous ses miracles ; et à ceux que son absence remplirait de tristesse, il a laissé ce sacrement comme réconfort incomparable.

Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)

 

 

 

 

Le mystère de la vocation

20 janvier 2023

Je ne vais faire qu’une seule chose : commencer à chanter ce que je dois redire éternellement — « les miséricordes du Seigneur ! » (Ps 88,1). (…) Ouvrant le Saint Évangile, mes yeux sont tombés sur ces mots : « Jésus étant monté sur une montagne, il appela à lui ceux qu’il lui plut ; et ils vinrent à lui ». Voilà bien le mystère de ma vocation, de ma vie tout entière et surtout le mystère des privilèges de Jésus sur mon âme. Il n’appelle pas ceux qui en sont dignes, mais ceux qu’il lui plaît, ou comme le dit saint Paul : « Dieu a pitié de qui il veut et il fait miséricorde à qui il veut faire miséricorde. Ce n’est donc pas l’ouvrage de celui qui veut ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (Rm 9,15-16).

Longtemps je me suis demandé pourquoi le bon Dieu avait des préférences, pourquoi toutes les âmes ne recevaient pas un égal degré de grâces, je m’étonnais en le voyant prodiguer des faveurs extraordinaires aux saints qui l’avaient offensé, comme saint Paul, saint Augustin, et qu’il forçait pour ainsi dire à recevoir ses grâces, ou bien en lisant la vie de saints que Notre Seigneur s’est plu à caresser du berceau à la tombe, sans laisser sur leur passage aucun obstacle qui les empêchât de s’élever vers lui… Jésus a daigné m’instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux le livre de la nature et j’ai compris que toutes les fleurs qu’il a créées sont belles… Il a voulu créer les grands saints qui peuvent être comparés aux lys et aux roses ; mais il en a créé aussi de plus petits et ceux-ci doivent se contenter d’être des pâquerettes ou des violettes destinées à réjouir les regards du bon Dieu lorsqu’il les abaisse à ses pieds. La perfection consiste à faire sa volonté, à être ce qu’il veut que nous soyons.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

 

 

 

 

« Beaucoup de gens de Galilée le suivirent ; et beaucoup de gens de Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie…vinrent à lui. »

19 janvier 2023

« Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange » (Ps 50,17). (…) Quand on pense que ces paroles sont répétées chaque jour pendant la prière du matin, au nom de la sainte Église qui prie pour elle-même et pour le monde entier, par les milliers et les centaines de milliers de bouches ouvertes par la grâce ainsi demandée, notre vision s’élargit et se complète. Voici l’Église qui s’annonce, non comme un monument historique du passé, mais comme une institution vivante. La sainte Église n’est pas comme un palais qui se construit en un an. C’est une ville très vaste qui doit contenir l’univers entier. « La montagne de Sion est fondée sur la joie de toute la terre ; la cité du grand Roi s’étend vers le nord » (Ps 47,3 Vulg).

La fondation est commencée depuis vingt siècles mais elle se poursuit, et elle s’étend à toute la terre jusqu’à ce que le nom du Christ soit adoré partout. À mesure qu’elle se poursuit, les nouveaux peuples à qui le Christ est annoncé exultent de joie : « Les peuples sont dans la joie à cette annonce » (Ac 13,48). Et elle est belle aussi cette pensée (…), elle est édifiante pour tout prêtre qui récite son bréviaire : il faut que chacun s’applique à fonder cette Église sainte.

Que celui qui s’applique à cette belle œuvre par la prédication dise au Seigneur, en tant que messager de son Évangile : « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange ». Et celui qui n’est pas missionnaire, qu’il désire ardemment coopérer lui aussi à la grande tâche de la mission, et lorsqu’il psalmodie en privé, tout seul dans sa cellule, qu’il dise lui aussi : « Seigneur, ouvre mes lèvres ». Car, par la communion de la charité, il doit considérer comme sienne toute langue qui est alors en train d’annoncer l’Évangile, qui est la louange divine suprême.

Saint Jean XXIII (1881-1963)

 

 

 

Le Christ guérit la paralysie de nos membres et de nos cœurs

18 janvier 2023

L’incarnation du Christ n’est pas normale, c’est miraculeux ; ce n’est pas conforme à la raison, mais à la puissance divine ; cela vient du Créateur, non de la nature ; ce n’est pas commun, c’est unique ; c’est divin, non pas humain. Elle ne s’est pas faite par nécessité, mais par puissance. (…) Elle a été mystère de foi, renouvellement et salut pour l’homme. Celui qui, sans être né, a formé l’homme avec de la glaise intacte (Gn 2,7), en naissant a fait un homme à partir d’un corps intact ; la main qui a daigné saisir de l’argile pour nous créer a daigné saisir aussi notre chair pour nous recréer. (…)

Homme, pourquoi te méprises-tu tellement, alors que tu es si précieux pour Dieu ? Pourquoi, lorsque Dieu t’honore ainsi, te déshonores-tu à ce point ? Pourquoi cherches-tu comment tu as été fait et ne recherches-tu pas en vue de quoi tu es fait ? Est-ce que toute cette demeure du monde que tu vois n’a pas été faite pour toi ? (…)

Le Christ prend chair pour rendre toute son intégrité à la nature corrompue ; il assume la condition d’enfant, il accepte d’être nourri, il traverse des âges successifs afin de restaurer l’âge unique, parfait et durable qu’il avait lui-même créé. Il porte l’homme, pour que l’homme ne puisse plus tomber. Celui qu’il avait créé terrestre, il le rend céleste ; celui qui était animé par un esprit humain, il lui donne la vie d’un esprit divin. Et c’est ainsi qu’il l’élève tout entier jusqu’à Dieu, afin de ne rien laisser en lui de ce qui appartient au péché, à la mort, au labeur, à la douleur, à la terre. Voilà ce que nous apporte notre Seigneur Jésus Christ qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père, dans l’unité du Saint-Esprit, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles.

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

 

 

 

« Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. »

17 janvier 2023

Il est particulièrement urgent à notre époque de rappeler que le dimanche, le Jour du Seigneur, est aussi le jour du repos par rapport au travail. Nous souhaitons vivement que cela soit reconnu comme tel par la société civile, de sorte qu’il soit possible d’être libre des activités du travail sans être pour autant pénalisé. En effet, les chrétiens, en relation avec la signification du sabbat dans la tradition juive, ont toujours vu également dans le Jour du Seigneur le jour du repos du labeur quotidien.

Cela a un sens précis, constituant une relativisation du travail, qui est ordonné à l’homme : le travail est pour l’homme et non l’homme pour le travail. Il est facile de comprendre la protection qui en découle pour l’homme lui-même, qui est ainsi émancipé d’une forme possible d’esclavage. Comme j’ai eu l’occasion de l’affirmer, « le travail est de première importance pour la réalisation de l’homme et pour le développement de la société, et c’est pourquoi il convient qu’il soit toujours organisé et accompli dans le plein respect de la dignité humaine et au service du bien commun. En même temps, il est indispensable que l’homme ne se laisse pas asservir par le travail, qu’il n’en fasse pas une idole, prétendant trouver en lui le sens ultime et définitif de la vie ». C’est dans le jour consacré à Dieu que l’homme comprend le sens de son existence ainsi que de son travail.

Benoît XVI

 

 

 

Le vin nouveau des noces du Fils

16 janvier 2023

« Pourquoi jeûnons-nous, et non pas tes disciples ? » Pourquoi ? Parce que pour vous le jeûne est une affaire de loi. Ce n’est pas un don spontané. En lui-même le jeûne n’a pas de valeur ; ce qui compte c’est le désir de celui qui jeûne. Quel profit pensez-vous tirer de votre jeûne si vous jeûnez contraints et forcés par une loi ? Le jeûne est une charrue merveilleuse pour labourer le champ de la sainteté. Mais les disciples du Christ sont placés d’emblée au cœur même du champ déjà mûr de la sainteté ; ils mangent le pain de la récolte nouvelle. Comment seraient-ils obligés de pratiquer des jeûnes désormais périmés ? « Les amis de l’Époux peuvent-ils jeûner pendant que l’Époux est avec eux ? »

Celui qui se marie se livre tout entier à la joie et prend part au banquet ; il se montre tout affable et tout gai pour les invités ; il fait tout ce que lui inspire son affection pour l’épouse. Le Christ célèbre ses noces avec l’Église pendant qu’il vit sur terre. C’est pourquoi il accepte de prendre part aux repas où on l’invite, il ne refuse pas. Plein de bienveillance et d’amour, il se montre humain, abordable et aimable. Ne vient-il pas pour unir l’homme à Dieu et faire de ses compagnons des membres de la famille de Dieu ?

Pareillement, dit Jésus, « personne ne coud une pièce de drap neuf à un vieux vêtement ». Ce drap neuf, c’est le tissu de l’Évangile, celui qu’il est en train de tisser avec la toison de l’Agneau de Dieu : un habit royal que le sang de la Passion va bientôt teindre de pourpre. Comment le Christ accepterait-il d’unir ce drap neuf avec la vétusté du légalisme d’Israël ? (…) Pareillement enfin, « personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres, mais le vin nouveau se met dans des outres toutes neuves ». Ces outres neuves, ce sont les chrétiens. C’est le jeûne du Christ qui va purifier ces outres de toute souillure pour qu’elles gardent intacte la saveur du vin nouveau. Le chrétien devient ainsi l’outre neuve prête à recevoir le vin nouveau, le vin des noces du Fils, foulé au pressoir de la croix.

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

 

 

Ô Agneau de Dieu, caché parmi les hommes !

15 janvier 2023

Ô inconcevable bonté de Dieu qui nous protège à chaque pas, qu’un honneur sans fin soit rendu à Ta miséricorde, pour avoir fraternisé non pas avec les anges, mais avec les hommes – c’est là un miracle du mystère insondable de Ta miséricorde. Notre entière confiance est en Toi, Jésus-Christ, notre Frère aîné, Dieu véritable et Homme véritable.

Mon cœur frémit de joie en voyant combien Dieu est bon pour nous, si misérables et ingrats, et comme preuve de son amour, Il nous fait un don inconcevable, c’est-à-dire Lui-même, en la Personne de Son Fils. Nous ne saurons, durant toute l’éternité, épuiser le mystère de cet amour. Ô humanité, pourquoi penses-tu si peu que Dieu est véritablement parmi nous ?

Ô Agneau de Dieu, je ne sais ce qu’il faut admirer le plus en Toi : Ta douceur, Ta vie cachée et Ton anéantissement pour l’homme, ou bien cet incessant miracle de Ta miséricorde qui transforme les âmes et les ressuscite à la vie éternelle. Bien que Tu sois ainsi caché, Ta toute-puissance se révèle ici plus que dans la création de l’homme ; bien que la toute-puissance de Ta miséricorde agisse pour la justification du pécheur, Ton action reste silencieuse et cachée.

Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

 

 

 

Dirige nos pas sur le chemin de la droiture !

14 janvier 2023

Ô Feu de l’Esprit Saint,
Loué sois-tu, toi qui œuvre au son des tambourins et des cithares.
Lorsque tu enflammes l’esprit des hommes,
Le tabernacle de leur âme s’emplit de ta puissance.
Alors la volonté s’élève et suscite l’appétit de l’âme
Et le désir de Dieu devient son guide.
L’intelligence t’invoque par de doux chants
Et te bâtit des temples de sagesse
Qui s’exhalent en œuvre d’or.

Tu portes toujours l’épée qui tranche
Ce que le fruit du péché marque de son crime.
Quand la volonté et les désirs se perdent dans le brouillard,
Et que l’âme vole et tournoie de tous côtés,
L’Esprit demeure le lien de la volonté et du désir.

Quand l’âme elle-même se dresse pour chercher à voir la pupille du mal
Et atteindre la gueule de la débauche, tu l’éprouves par le feu,
Car telle est ta volonté.
Quand la raison se laisse glisser sur la pente du mal,
Tu la serres et la resserres, et tu la fais revenir par toutes sortes d’épreuves,
Car telle est ta volonté.
Et si le mal ose lever contre soi son épée,
Tu la lui retournes en plein cœur,
Comme tu l’as fait au premier Ange déchu,
Dont tu jetas la tour d’orgueil au fond de l’enfer.
Mais tu as élevé ici une autre tour pour les publicains et les pécheurs
Qui te confessent leurs péchés et leurs œuvres.

Toute créature te loue, vie de toute chose,
Baume très précieux qui transfigures nos blessures béantes et souillées
En pierre précieuses !
Daigne maintenant nous rassembler tous ensemble en Toi,
Et diriger nos pas sur le chemin de la droiture. Amen.

Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)