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Le Seigneur sait ce qu’Il fait : faisons ce qu’Il veut !

9 juin 2024

Il faut considérer qu’il n’y a nulle vocation qui n’ait ses ennuis, ses amertumes et aversions, et, qui plus est – si ce n’est ceux qui sont pleinement résignés en la volonté de Dieu ‒, chacun voudrait volontiers échanger sa condition pour celle des autres : ceux qui sont évêques voudraient ne l’être pas ; ceux qui sont mariés voudraient ne l’être pas, et ceux qui ne le sont le voudraient être.

D’où vient cette générale inquiétude des esprits, sinon d’un certain déplaisir que nous avons à la contrainte, et une malignité d’esprit qui nous fait penser que chacun est mieux que nous ? Mais c’est tout un : quiconque n’est pleinement résigné, qu’il tourne deça et delà, il n’aura jamais repos. Ceux qui ont la fièvre ne trouvent nulle place bonne, ils n’ont pas demeuré un quart d’heure en un lit qu’ils voudraient être en un autre ; ce n’est pas la faute du lit, mais c’est la fièvre qui les tourmente partout. Une personne qui n’a pas la fièvre de sa propre volonté se contente de tout ; pourvu que Dieu soit servi, elle ne se soucie pas en quelle qualité Dieu l’emploie : pourvu qu’elle fasse la volonté divine, cela lui est égal. Mais ce n’est pas tout. Il faut non seulement vouloir faire la volonté de Dieu, mais pour être dévot, il la faut faire gaiement. (…)

Je voudrais bien ceci et cela ; je serais mieux ici et là : ce sont des tentations. Notre Seigneur sait bien ce qu’il fait : faisons ce qu’il veut, demeurons où il nous a mis.

Saint François de Sales (1567-1622)

 

 

 

Cœur Immaculée de Marie

8 juin 2024

Je voudrais avoir une voix assez forte pour inviter les pécheurs du monde entier à aimer la Vierge Marie. Mais puisque ce n’est pas en mon pouvoir, j’ai prié mon petit ange d’accomplir pour moi cet office. Pauvre petite Maman, comme elle m’aime ! (…)

En pensant aux innombrables bienfaits que m’a faits cette petite Maman, j’ai honte de moi-même, qui n’ai jamais regardé avec assez d’amour son cœur et sa main qui me les offraient avec tant de bonté ; et ce qui m’afflige encore plus, c’est de n’avoir répondu aux soins affectueux de notre Mère que par de continuels dégoûts.

Combien de fois n’ai-je pas confié à cette Mère les pénibles angoisses de mon cœur agité ! Et combien de fois ne m’a-t-elle pas consolé ! Mais quelle fut ma reconnaissance ?… Au milieu des plus grandes afflictions, j’ai l’impression de ne plus avoir de mère sur terre, mais d’en avoir une très compatissante au ciel. Mais que de fois, le cœur calmé, j’ai oublié presque tout ; j’ai oublié presque même mes devoirs de gratitude vers cette bénie petite Maman céleste !… (…)

Efforçons-nous comme de nombreuses âmes élues, de nous tenir toujours derrière cette Mère bénie, de cheminer toujours près d’elle, car il n’y a d’autre route qui conduise à la vie que celle montrée par notre Mère. ne refusons pas cette route, nous qui voulons arriver au terme.

Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)

 

 

 

Sacré-Cœur de Jésus, solennité

7 juin 2024

Un certain vendredi, le jour étant déjà sur son déclin, contemplant l’image du crucifix, et émue à cette vue, Gertrude dit au Seigneur : « Ô mon très doux Amant, combien vous avez souffert pour mon salut en ce jour que moi, hélas ! dans ma totale infidélité, j’ai gaspillé, en le passant à tant d’occupations que j’ai oublié de me remémorer le long du jour, avec ferveur, ô mon Salut éternel, que vous avez souffert pour moi à chaque heure, et que Vous, la Vie d’où vient toute vie, vous êtes mort pour l’amour de mon amour. »

Le Seigneur, du haut de la croix, lui répondit : « Tout ce que tu as négligé de faire, je l’ai fait pour toi et à chaque heure j’ai recueilli dans mon Cœur tout ce que tu aurais dû former dans le tien, et le cumul en a tellement dilaté mon Cœur, que d’un grand désir, j’attendais ce moment où me viendrait de toi cette prière ; car alors, je peux enfin offrir à Dieu mon Père tout ce que j’ai fait pour toi pendant la journée : sans cette prière, en effet, rien de tout cela ne pouvait servir à ton salut. » Par là, on peut voir ce qu’est l’amour tout fidèle de Dieu pour les hommes (…).

Une autre fois qu’elle tenait entre les mains (…) l’image du Christ crucifié, elle comprit que quiconque contemple avec l’attention de la piété l’image de la croix du Christ, le Seigneur le regarde avec une miséricorde si bienveillante que son âme, comme un clair miroir reçoit en elle, par l’effet du divin amour, cette toute délectable image dont la cour céleste se réjouit. Et il y aura pour lui une gloire éternelle future.

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

 

 

 

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme. »

6 juin 2024

Nous voyons que Dieu nous a créés avec de tels désirs, que rien de créé n’est capable de nous contenter. Présentez à une âme toutes les richesses et tous les trésors du monde, rien de cela ne pourra la contenter ; Dieu l’ayant créée pour lui, il n’y a aussi que lui seul qui soit capable de remplir tous ses vastes désirs. Oui, mes frères, notre âme peut aimer Dieu, ce qui est le plus grand de tous les bonheurs !

En l’aimant, nous avons tous les biens et les plaisirs que nous pouvons désirer sur la terre et dans le ciel (cf. Ps 72,25). Nous pouvons encore le servir : c’est à dire, le glorifier en chaque action de notre vie. Il n’y a pas jusqu’à la moindre chose que nous fassions, que Dieu n’en soit glorifié, si nous le faisons en vue de lui plaire. Notre occupation, pendant que nous sommes sur la terre, n’a rien de différent de celle des anges qui sont dans le ciel : la seule chose qui diffère, c’est que nous ne voyons tous ces biens que des yeux de la foi. (…)

Oui, mes frères, notre âme, pour l’avenir, sera éternelle, ainsi que Dieu lui-même. Non, non, mes frères, n’allons pas plus loin ; l’on se perd dans cet abîme de grandeur.

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

 

 

 

« Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. » (Ex 3,6)

5 juin 2024

Lorsque Dieu invisible daigna s’adresser à l’homme en lui apparaissant sous une forme visible, lorsque l’Éternel employa un langage temporel et l’Immuable des mots fragiles, lorsqu’il dit : « Je suis celui qui suis » (Ex 3,14) (…), il ajouta au nom de sa substance, le nom de sa miséricorde. (…) C’est comme si Dieu avait dit à Moïse : ‟Cette parole : « Je suis celui qui suis », tu ne la comprendras pas ; ton cœur n’est pas affermi ; tu n’es pas immuable comme moi, et ton esprit ne l’est pas non plus. Tu as entendu ce que je suis. Ecoute ce que tu peux comprendre, écoute ce que tu peux espérer.”

Et Dieu dit encore à Moïse : ‟« Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob » (Ex 3,15). Tu ne peux saisir le nom de ma substance, saisis celui de ma miséricorde. Or ce que je suis est éternel. Abraham, Isaac et Jacob sont donc éternels ; je ne dis pas simplement éternels, mais rendus éternels, mais rendus éternels grâce à Dieu”.

C’est par ces paroles que le Seigneur a confondu les Sadducéens chicaneurs, quand ils niaient la résurrection. Il leur cita alors le témoignage de l’Écriture : « Lisez, leur dit-il, ce que le Seigneur dit à Moïse dans le buisson ardent : “Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants » (Mc 12, 26-27) ; et tous ceux-là vivent.

Quand Dieu dit (…) : « Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob », il ajoute : « Voilà mon nom pour l’éternité » (Ex 3,15). C’est comme s’il disait : ‟Pourquoi crains-tu la mort de l’homme ? Pourquoi redouterais-tu de ne plus être après la mort ? Voilà mon nom pour l’éternité. Et ce nom : « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob » ne pourrait être éternel si Abraham, Isaac et Jacob ne vivaient éternellement.”

Saint Augustin (354-430)

 

 

 

Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » (Gn 1,26)

4 juin 2024

« Ô abîme de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et incompréhensibles ses voies. Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en a jamais été le conseiller ? » Tu as compassion, Seigneur, de qui tu veux ; tu as pitié de qui tu veux. Il ne s’agit pas donc de l’homme qui veut ou qui court, mais de toi, notre Dieu, qui fais miséricorde (Rm 11,33s; 9,15s).

Voici que le vase de poterie s’échappe de la main de celui qui l’a pétri (…) ; il s’échappe de la main qui le tient et qui le porte. (…) S’il lui arrivait de tomber de ta main, malheur à lui, parce qu’il se briserait (…) en mille morceaux, se réduirait à rien. Il le sait, et par ta grâce il ne tombe pas. Aie compassion, Seigneur, aie compassion : tu nous as façonnés, et nous sommes glaise (Jr 18,6; Gn 2,7). Jusqu’ici (…) nous restons fermes, jusqu’ici la main de ta force nous porte ; nous sommes suspendus à tes trois doigts, la foi, l’espérance et la charité, par lesquelles tu soutiens la masse de la terre, la solidité de la sainte Église. Aie compassion, tiens-nous ; que ta main ne nous laisse pas tomber. Plonge nos reins et notre cœur dans le feu de ton Esprit Saint (Ps 25,2) ; consolide ce que tu as façonné en nous, afin que nous ne nous désagrégions pas et ne soyons pas réduits à notre glaise, ou à rien du tout.

Pour toi, par toi, nous avons été créés, et vers toi nous sommes tournés. Tu nous as façonnés et formés, nous le reconnaissons ; nous adorons et invoquons ta sagesse à disposer, ta bonté et ta miséricorde à conserver. Parfais-nous, toi qui nous as faits ; parfais-nous jusqu’à la plénitude de ton image et ressemblance, selon laquelle tu nous a formés.

Guillaume de Saint-Thierry (v. 1085-1148)

 

 

 

« Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il le leur envoya en dernier. »

3 juin 2024

Dieu avait créé l’homme à son image et à sa ressemblance (Gn 1,26), il l’avait jugé digne de le connaître lui-même, mis par le don d’intelligence au-dessus de tous les animaux, établi dans la jouissance des délices incomparables du Paradis, et enfin constitué maître de tout ce qui se trouvait sur la terre. Cependant, lorsqu’il l’a vu, dévoyé par le serpent, tomber dans le péché et, par le péché, dans la mort et les souffrances qui y conduisent, il ne l’a pas rejeté. Au contraire, il lui a donné d’abord le secours de sa Loi ; il a désigné des anges pour le garder et prendre soin de lui ; il a envoyé des prophètes pour lui reprocher sa méchanceté et lui enseigner la vertu…

Lorsque, malgré ces grâces et bien d’autres encore, les hommes ont persisté dans la désobéissance, il ne s’est pas détourné d’eux. Après avoir offensé notre bienfaiteur par notre indifférence devant les marques de sa bienveillance, nous n’avons pas été abandonnés par la bonté du Seigneur ni retranchés de son amour, mais nous avons été tirés de la mort et rendus à la vie par notre Seigneur Jésus Christ, et la manière dont nous avons été sauvés est digne d’une admiration plus grande encore. « Bien qu’il ait été Dieu, il n’a pas jugé bon de garder jalousement son égalité avec Dieu, mais il s’est abaissé jusqu’à prendre la condition d’esclave » (Ph 2,6-7). « Il a pris nos faiblesses, il a porté nos souffrances, il a été meurtri pour nous », afin de nous sauver par ses blessures (Is 53,4-5). Il « nous a rachetés de la malédiction en se faisant malédiction pour nous » (Ga 3,13) ; il a souffert la mort la plus infamante pour nous conduire à la vie de la gloire.

Et il ne lui a pas suffi de rendre la vie à ceux qui étaient dans la mort, il les a revêtus de la dignité divine et leur a préparé dans le repos éternel un bonheur qui dépasse toute imagination humaine. « Que rendrons-nous donc au Seigneur » pour tout ce qu’il nous a donné ? (Ps 115,12) Il est si bon qu’il ne demande rien en compensation de ses bienfaits : il se contente d’être aimé.

Saint Basile (v. 330-379)

 

 

 

Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

2 juin 2024

Lorsque tu dois t’approcher de la table du céleste banquet, « examine-toi toi-même », selon le conseil de l’Apôtre (1 Co 11, 28). Examine soigneusement avec quelle foi tu t’approches. (…) Vois d’abord quelle foi tu dois avoir à la vérité et à la nature de ce Sacrement de l’Eucharistie. Tu dois croire avec fermeté et sans aucun doute ce qu’enseigne et proclame la foi catholique : au moment où sont prononcées les paroles du Christ, le pain matériel et visible rend en quelque sorte hommage au Créateur et fait place, sous l’apparence visible des accidents, au Pain vivant qui descend du ciel pour le ministère et le service sacramentel. Le pain matériel cesse d’exister et, au même instant, sous ses accidents, existent vraiment plusieurs choses d’une manière prodigieuse et ineffable.

D’abord la chair très pure et le corps sacré du Christ, qui furent engendrés par l’opération du Saint-Esprit dans le sein de la glorieuse Vierge Marie, suspendus à la croix, déposés dans le sépulcre et glorifiés au ciel. Puisque la chair ne vit pas privée du sang, ce sang précieux, qui a coulé sur la croix heureusement pour le salut du monde, est là aussi nécessairement présent. Et comme il n’y a point d’homme véritable sans une âme raisonnable, l’âme glorieuse de Jésus-Christ, qui dépasse en grâce et en gloire toute vertu, toute gloire et toute puissance, en qui « reposent tous les trésors de la sagesse divine » (Col 2, 3), est elle-même présente. Enfin puisque le Christ est vrai homme et vrai Dieu, Dieu est là dans la gloire de sa majesté.

Ensemble et distinguées l’une de l’autre, ces quatre réalités se trouvent entières et parfaitement contenues sous les espèces du pain et du vin ; aussi bien dans le calice que dans l’hostie et non moins dans l’un que dans l’autre, si bien que rien ne manque en l’un qui doive être suppléé dans l’autre, et que tout se trouve en chacun des deux par un mystère « dont nous aurions beaucoup de choses à dire » (cf. He 5, 11). Mais il suffit de croire que chacune des espèces contient le vrai Dieu et Homme, entouré du concours des Anges et de la présence des Saints.

Saint Bonaventure (1221-1274)

 

 

 

« Jean Baptiste est venu à vous…, et vous n’avez pas cru à sa parole. » (Mt 21,32)

1 juin 2024

« Jean Baptiste proclamait : ‘Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche’ » (Mt 3,1). (…) Bienheureux Jean qui a voulu que la conversion précède le jugement, que les pécheurs ne soient pas jugés, mais récompensés, qui a voulu que les impies entrent dans le Royaume et non sous le châtiment. (…) Quand Jean a-t-il proclamé cette imminence du Royaume des cieux ? Le monde était encore en son enfance (…) ; mais pour nous qui proclamons aujourd’hui cette imminence, le monde est extrêmement vieux et fatigué. Il a perdu ses forces ; il perd ses facultés ; les souffrances l’accablent (…) ; il crie sa défaillance ; il porte tous les symptômes de sa fin. (…)

Nous sommes à la remorque d’un monde qui s’enfuit ; nous oublions les temps à venir. Nous sommes avides d’actualité, mais nous ne tenons pas compte du jugement qui vient déjà. Nous n’accourons pas à la rencontre du Seigneur qui vient. (…)

Convertissons-nous, frères, convertissons-nous vite. (…) Le Seigneur, du fait qu’il tarde, qu’il attend encore, prouve son désir de nous voir revenir à lui, son désir que nous ne périssions pas. Dans sa grande bonté il nous adresse toujours ces paroles : « Je ne désire pas la mort du pécheur, mais qu’il se détourne de sa voie et qu’il vive » (Ez 33,11). Convertissons-nous, frères ; n’ayons pas peur de ce que le temps se fait court. Son temps à lui, l’Auteur du temps, ne peut pas être rétréci. La preuve en est ce brigand de l’Évangile qui, sur la croix et à l’heure de sa mort, a escamoté le pardon, s’est saisi de la vie et, voleur du paradis avec effraction, a réussi à pénétrer dans le Royaume (Lc 23,43).

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

 

 

 

Fête de la Visitation de la Vierge Marie

31 mai 2024

« Je chanterai sans fin les miséricordes du Seigneur » (Ps 88,2). Dans ce chant pascal de l’Église, résonnent dans la plénitude de leur contenu prophétique les paroles prononcées par Marie durant sa visite à Élisabeth : « Sa miséricorde s’étend de génération en génération. » Dès l’instant de l’Incarnation, ces paroles ouvrent une nouvelle perspective de l’histoire du salut. Après la résurrection du Christ, cette perspective devient historique et acquiert un sens eschatologique. Depuis ce moment de nouvelles générations dans l’immense famille humaine se succèdent en nombre croissant, et se succèdent aussi de nouvelles générations du peuple de Dieu, marquées du signe de la croix et de la résurrection (…), le mystère pascal du Christ, révélation absolue de cette miséricorde que Marie proclamait sur le seuil de la maison de sa cousine. (…)

Mère du crucifié (…), Marie est celle qui connaît le plus profondément le mystère de la miséricorde divine. Elle en sait le prix, et sait combien il est grand. En ce sens, nous l’appelons Mater misericordiae, Mère de la miséricorde (…), capable de découvrir, d’abord à travers les événements complexes d’Israël puis à travers ceux qui concernent tout homme et toute l’humanité, cette miséricorde à laquelle tous participent « d’âge en âge », selon le dessein éternel de la très sainte Trinité. (…)

Mère du Crucifié et du Ressuscité (…), ayant expérimenté la miséricorde d’une manière exceptionnelle, elle « mérite » dans la même mesure cette miséricorde tout au long de son existence terrestre, et particulièrement au pied de la croix de son Fils. (…) Ensuite, par sa participation cachée mais en même temps incomparable à la tâche messianique de son Fils, elle a été appelée d’une manière spéciale à rendre proche des hommes cet amour qu’il était venu révéler : amour qui se manifeste le plus concrètement envers ceux qui souffrent, les pauvres, les prisonniers, les aveugles, les opprimés et les pécheurs, ainsi que le dit le Christ (Lc 4,18; 7,22).

Saint Jean-Paul II (1920-2005)