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Archive pour le mot-clef ‘Parole Divine’

« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. » (Mt 24,35)

mardi 24 novembre 2020

Notre Seigneur Jésus Christ viendra des cieux et il viendra vers la fin de ce monde, au dernier jour ; car ce monde aura une fin, et ce monde créé sera renouvelé. Puisqu’en effet la corruption, le vol, l’adultère et les fautes de toutes sortes se sont répandues sur la terre et que « le sang versé succède au sang versé dans le monde » (Os 4,2), pour que cette admirable demeure ne reste pas remplie d’injustice, ce monde passera et il en sera inauguré un plus beau. (…)

Écoute ce que dit Isaïe : « Le ciel sera roulé comme un livre et toutes les étoiles tomberont comme des feuilles de vigne et comme tombent les feuilles de figuier » (Is 34,4). L’Évangile dit aussi : « Le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera pas sa clarté et les étoiles tomberont du ciel » (Mt 24,29). Ne nous chagrinons pas comme si nous étions seuls à devoir mourir : les étoiles aussi mourront, mais peut-être seront-elles ressuscitées. Le Seigneur roulera les cieux, non pas pour les détruire, mais pour les ressusciter plus beaux. Écoute parler David le prophète : « Au commencement, Seigneur, tu as fondé la terre, et les cieux sont l’œuvre de tes mains : ils périront, mais toi tu demeures. (…) Tous vieilliront comme un manteau ; tu les rouleras comme un vêtement et ils seront changés » (Ps 101,26-28). (…) Écoute encore parler le Seigneur : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Mt 24,35) ; c’est que le poids des choses créées n’égale pas celui des paroles de leur Maître.

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

 

 

Priez, priez, priez !

mardi 10 novembre 2020

« Sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. » (Lc 2,51)

samedi 10 octobre 2020

« Si quelqu’un m’aime, il gardera mes paroles, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui » (Jn 14,23). Ailleurs, j’ai lu : « Qui craint Dieu fera le bien » (Si 15,1). Mais je perçois qu’ici Jésus exprime quelque chose de plus en disant de celui qui l’aime : « Il gardera mes paroles ». Mais où les gardera-t-il ? Dans son cœur, sans aucun doute. Comme dit le prophète : « Dans mon cœur je conserve tes ordres pour ne point faillir envers toi » (Ps 118,11). (…)

Voici comment il te faut garder la parole de Dieu : en effet, « Heureux ceux qui la gardent » (Lc 11,28). Qu’on la fasse donc entrer dans ce qu’on peut appeler les entrailles de l’âme ; qu’elle passe dans les mouvements de ton cœur et dans ta conduite. Consomme ce qui est bien, et ton âme y trouvera avec joie de quoi s’y nourrir largement. N’oublie pas de manger ton pain pour ne pas laisser ton cœur se dessécher ; de bonne et grasse nourriture rassasie ton âme . Si de la sorte tu t’es mis à garder en toi la parole de Dieu, sans nul doute qu’elle ne te garde aussi. Le Fils viendra à toi, avec le Père ; il viendra, le grand prophète qui rétablira Jérusalem et « qui fera toutes choses nouvelles » (Ac 3,22; Jl 4,1; Ap 21,5)

Saint Bernard (1091-1153)

 

 

 

 

Le Livre de Vie

mardi 22 septembre 2020

L’Évangile est le livre de la vie du Seigneur. Il est fait pour devenir le livre de notre vie.
Il n’est pas fait pour être compris, mais pour être abordé comme un seuil de mystère.
Il n’est pas fait pour être lu, mais pour être reçu en nous.
Chacune de ses paroles est esprit et vie. Agiles et libres, elles n’attendent que l’avidité de notre âme pour fuser en elle. Vivantes, elles sont elles-mêmes comme le levain initial qui attaquera notre pâte et la fera fermenter d’un mode de vie nouveau. (…)

Les paroles de l’Évangile sont miraculeuses. Elles ne nous transforment pas parce que nous ne leur demandons pas de nous transformer. Mais, dans chaque phrase de Jésus, dans chacun de ses exemples demeure la vertu foudroyante qui guérissait, purifiait, ressuscitait. À la condition d’être, vis-à-vis de lui, comme le paralytique ou le centurion ; d’agir immédiatement en pleine obéissance. (…)
Ce qui nous aidera, ce sera de porter, de « garder » en nous, au chaud de notre foi et de notre espérance, la parole à laquelle nous voulons obéir. Il s’établira entre elle et notre volonté comme un pacte de vie.

Quand nous tenons notre évangile dans nos mains, nous devrions penser qu’en lui habite le Verbe qui veut se faire chair en nous, s’emparer de nous, pour que son cœur, greffé sur le nôtre, son esprit branché sur notre esprit, nous recommencions sa vie dans un autre lieu, un autre temps, une autre société humaine.
Approfondir l’Évangile de cette façon-là, c’est renoncer notre vie pour recevoir une destinée qui n’a pour forme que le Christ

Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

 

 

 

« Il a porté du fruit au centuple. »

samedi 19 septembre 2020

Tu es le serviteur du Dieu saint, un gérant en faveur de tes compagnons de service. Ne crois pas tous tes avantages destinés à ton ventre. (…) Imite la terre, homme, porte comme elle des fruits, ne te montre pas plus dur qu’une matière inanimée. La terre ne mûrit pas ses fruits pour en jouir elle-même, mais t’être utile. Et toi, les fruits que répand ta générosité, c’est toi qui les ramasses puisque la récompense des bienfaits retombe sur leurs auteurs. Tu as donné à manger à l’affamé ; ton aumône te revient, augmentée avec les intérêts.

Comme le grain jeté dans le sillon profite au semeur, de même le pain tendu à l’affamé te rapporte un gain immense, plus tard. Quand donc le temps des moissons arrive sur la terre, c’est le moment pour toi de semer là-haut dans le ciel : « Faites-vous des semailles selon la justice » (Os 10,12). Pourquoi tant d’inquiétude ? Pourquoi ces soucis et cet empressement à enfermer ton trésor derrière le mortier et les briques ? « Le bon renom est plus désirable que de grandes richesses » (Pr 22,1)

Saint Basile (v. 330-379)

 

 

 

« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

vendredi 24 juillet 2020

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Un semeur est sorti semer son grain, et une partie est tombée le long du chemin, une autre sur la bonne terre. Trois parts ont été perdues, une seule a fructifié. Mais le semeur n’a pas cessé de cultiver son champ ; il lui suffit qu’une partie soit conservée pour ne pas abandonner ses travaux. En ce moment, il est impossible que le grain que je lance au milieu d’un auditoire si nombreux ne germe pas. Si tous n’écoutent pas, un tiers écoutera ; si ce n’est pas un tiers, ce sera la dixième partie ; si même la dixième partie n’écoutait pas, pourvu qu’un seul membre de cette nombreuse assemblée écoute, je ne cesserai pas de parler.

Ce n’est pas peu de chose que le salut même d’une seule brebis. Le Bon Pasteur a laissé les quatre-vingt-dix-neuf autres pour courir après la brebis qui s’était égarée (Lc 15,4). Je ne pourrais jamais mépriser qui que ce soit. Même s’il n’y en a qu’un, c’est toujours un homme, cet être si cher à Dieu. Même si c’est un esclave, je ne le dédaignerai pas, car je cherche, non la condition sociale, mais la valeur personnelle, non la puissance ou la servitude, mais un homme. Même s’il n’y en a qu’un, c’est toujours l’homme, celui pour qui le soleil, l’air, les sources et la mer ont été créés, les prophètes envoyés, la Loi donnée. Il est toujours cet être pour qui le Fils unique de Dieu s’est fait homme. Mon Maître a été immolé, son sang a été versé pour l’homme, et j’oserais mépriser qui que ce soit ?…

Non, je ne cesserai pas de semer la parole, même si personne ne m’écoutait. Je suis médecin, j’offre mes remèdes. Je dois enseigner, ordre m’a été donné d’instruire, car il est écrit : « Je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël » (Ez 3,17).

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
Homélie sur Lazare, 2 (trad. En Calcat rev.)

 

 

 

« Tu as les paroles de la vie éternelle. »

samedi 2 mai 2020

« À qui donc irions-nous ? », demande Pierre. Il veut dire : « Qui nous instruira comme toi des mystères divins ? », ou encore : « Auprès de qui trouverions-nous quelque chose de meilleur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Elles ne sont pas intolérables, comme le disent d’autres disciples. Au contraire, elles conduisent à la réalité la plus extraordinaire de toutes, la vie sans fin, la vie impérissable. Ces paroles nous montrent bien que nous devons nous asseoir aux pieds du Christ, le prenant pour notre seul et unique maître, et nous tenir constamment près de lui. (…)

L’Ancien Testament aussi nous apprend qu’il faut suivre le Christ, toujours unis à lui. Effectivement, au temps où les Israélites, libérés de l’oppression égyptienne, se hâtaient vers la Terre promise, Dieu ne les laissait pas faire route en désordre. Celui qui donne sa Loi ne leur permettrait pas d’aller n’importe où, à leur gré. En effet, sans guide, à coup sûr ils se seraient complètement égarés (…) ; les Israélites trouvaient leur salut en restant avec leur guide. Aujourd’hui, nous faisons également le nôtre en refusant de nous séparer du Christ, car c’est lui qui s’est manifesté aux anciens sous les apparences de la tente, de la nuée et du feu (Ex 13,21; 26,1s). (…)

« Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jn 12,26). (…) Or, la marche en compagnie et à la suite du Christ Sauveur ne se fait pas dans un sens matériel, mais plutôt par les œuvres de la vertu. Les disciples les plus sages s’y sont fermement engagés de tout leur cœur (…); avec raison ils disent : « Où irions-nous ? » En d’autres termes : « Nous serons toujours avec toi, nous nous attacherons à tes commandements, nous accueillerons tes paroles, sans jamais récriminer. Nous ne croirons pas, avec les ignorants, que ton enseignement est dur à entendre. Au contraire, nous dirons : ‘Qu’elle est douce à mon palais, ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche !’ » (Ps 118,103).

Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

 

 

 

 

Saisir le Christ

vendredi 3 avril 2020

« Si la Loi appelle ceux à qui la parole de Dieu s’adresse des dieux, (…) pourquoi dites-vous à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde : Tu blasphèmes ! parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? » De fait, si Dieu a parlé aux hommes pour qu’ils soient appelés des dieux, comment la Parole de Dieu, le Verbe qui est en Dieu, ne serait-il pas Dieu ? Si les hommes, parce que Dieu leur parle, sont rendus participants de sa nature et deviennent des dieux, comment cette Parole, par où leur vient ce don, ne serait-elle pas Dieu ? (…) Toi, tu t’approches de la Lumière, et tu la reçois, et tu comptes parmi les enfants de Dieu ; si tu t’en éloignes, tu deviens obscur, et tu comptes parmi les fils des ténèbres (cf 1Th 5,5). (…)

« Croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez et vous croirez que le Père est en moi et moi dans le Père. » Le Fils de Dieu ne dit pas « le Père est en moi et moi dans le Père » dans le sens où les hommes peuvent le dire. En effet, si nos pensées sont bonnes, nous sommes en Dieu ; si notre vie est sainte, Dieu est en nous. Lorsque nous participons à sa grâce et que nous sommes éclairés par sa lumière, nous sommes en lui et lui en nous. Mais (…) reconnais ce qui est propre au Seigneur et ce qui est un don fait à son serviteur. Ce qui est propre au Seigneur c’est l’égalité avec le Père ; le don accordé au serviteur, c’est de participer au Sauveur.

« Ils cherchaient donc à le saisir. » Si seulement ils l’avaient saisi, mais par la foi et l’intelligence, et non pour le tourmenter et le faire mourir ! En ce moment où je vous parle (…), tous, vous et moi, nous voulons saisir le Christ. Saisir, qu’est-ce à dire ? Vous avez saisi quand vous avez compris. Mais les ennemis du Christ cherchaient autre chose. Vous avez saisi pour posséder, eux voulaient le saisir pour s’en débarrasser. Et parce qu’ils voulaient le saisir ainsi, que fait Jésus ? « Il échappa de leurs mains. » Ils n’ont pas pu le saisir, parce qu’ils n’avaient pas les mains de la foi. (…) Nous saisissons vraiment le Christ si notre esprit saisit le Verbe.

Saint Augustin (354-430)

 

 

 

Vainqueurs du monde par la Parole

mercredi 1 avril 2020

Par la foi, nous nous attachons au Christ, et l’édifice de notre vie surnaturelle devient, par lui, ferme et stable ; le Christ nous fait participer à la stabilité du roc divin contre lequel ne peuvent prévaloir les furies mêmes de l’enfer (Mt 16,18).

Aussi divinement soutenus, nous sommes vainqueurs des assauts et des tentations du monde et du démon, le prince du monde (1 Jn 5,4). Le démon, et le monde dont le démon se sert comme de complice, nous violentent ou nous sollicitent ; c’est par la foi en la parole de Jésus que nous sortons victorieux de ces attaques. (…) Le démon est « le père du mensonge et le prince des ténèbres » (cf. Ep 6,12), tandis que Dieu est « la vérité et la lumière sans ténèbres » (cf. Jn 14,6 ; 1 Jn 1,5). Si nous écoutons toujours Dieu, nous serons toujours vainqueurs. Quand Notre-Seigneur, qui est en toutes choses notre modèle, a été tenté, qu’a-t-il fait pour repousser la tentation ? À chaque invitation du malin il a opposé l’autorité de la parole de Dieu. Nous devons faire de même, et repousser les attaques de l’enfer par la foi en la parole de Jésus. (…)

Ce qui est vrai du démon, l’est du monde : c’est par la foi que nous en sommes vainqueurs. Quand on a une foi vive dans le Christ, on ne craint ni les difficultés, ni les contradictions, ni les jugements du monde, parce qu’on sait que le Christ habite en nous par la foi et qu’on s’appuie sur lui.

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

 

 

 

« Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi car c’est de moi qu’il a parlé. »

jeudi 26 mars 2020

 

Dans les premiers temps, le Seigneur, qui avait créé l’homme, parlait lui-même à l’homme de telle façon que celui-ci pouvait l’entendre. C’est ainsi qu’il conversait avec Adam (…), comme plus tard avec Noé et Abraham. Et même, lorsque le genre humain s’était précipité dans l’abîme du péché, Dieu n’a pas brisé toute relation avec lui, même si c’était nécessairement avec moins de familiarité, parce qu’ils s’en étaient rendus indignes. Il a consenti donc à renouer avec eux des rapports de bienveillance, mais par lettres, ainsi que nous le faisons à un ami absent ; de cette façon il pouvait aussi, dans sa bonté, se rattacher tout le genre humain. C’est Moïse qui est le porteur de ces lettres que Dieu nous envoie.

Ouvrons ces lettres ; quels en sont les premiers mots ? « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. » Que c’est admirable ! (…) Moïse, qui est venu au monde bien des siècles après, a été vraiment inspiré d’en haut pour nous raconter les merveilles que Dieu a faites à la création du monde. (…) Ne semble-t-il pas nous dire nettement : « Des hommes m’ont-ils appris ce que je vais vous révéler ? Nullement, mais le Créateur seul, lui qui a opéré ces merveilles ; c’est lui qui dirige ma langue pour vous les apprendre. Dès lors, je vous en prie, imposez silence à toutes les réclamations du raisonnement humain. N’écoutez pas ce récit comme s’il n’était que la parole de Moise ; c’est Dieu lui-même qui vous parle ; Moïse n’est que son interprète. » (…)

Frères, accueillons donc la Parole de Dieu avec un cœur reconnaissant et humble. (…) Car c’est Dieu qui a tout créé, c’est lui qui prépare toutes choses et qui les dispose avec sagesse. (…) C’est lui qui conduit l’homme par ce qui est visible à la connaissance du Créateur de l’univers. C’est lui qui apprend à l’homme à contempler l’Ouvrier suprême dans ses œuvres en sorte qu’il sache adorer son Créateur.

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)