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Archive pour le mot-clef ‘Epoux’

L’eucharistie : le don que donne le Christ/Époux à l’Église/Épouse

samedi 4 juillet 2020

Dans l’eucharistie s’exprime avant tout sacramentellement l’acte rédempteur du Christ-Époux envers l’Église-Épouse. (…) Le Concile Vatican II a renouvelé dans l’Église la conscience de l’universalité du sacerdoce. Dans la Nouvelle Alliance, il n’y a qu’un seul sacrifice et un seul prêtre, le Christ. Tous les baptisés, les hommes comme les femmes, participent à ce sacerdoce unique, car ils doivent « offrir leur personne et leur vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu » (Rm 12,1), porter témoignage du Christ sur toute la surface de la terre, et « rendre compte devant tous ceux qui le demandent de l’espérance qui est en eux » d’une vie éternelle (1P 3,15). (…) Tous les membres de l’Église (…) participent non seulement à la mission sacerdotale, mais encore à la mission prophétique et royale du Christ Messie.

Cette participation entraîne en outre l’union organique de l’Église, comme Peuple de Dieu, avec le Christ. Le « grand mystère » évoqué par la lettre aux Éphésiens (5,32) s’y exprime en même temps : l’Épouse unie à son Époux, unie parce qu’elle vit de sa vie, unie parce qu’elle participe à sa triple mission (…), unie de manière à répondre par un don désintéressé de soi au don inexprimable de l’amour de l’Époux, le Rédempteur du monde. Cela concerne toute l’Église, les femmes comme les hommes, et évidemment cela concerne aussi ceux qui participent au sacerdoce ministériel, qui est par nature un service. Dans le cadre du « grand mystère » du Christ et de l’Église, tous sont appelés à répondre — comme une épouse — par le don de leur vie au don inexprimable de l’amour du Christ qui seul est, comme Rédempteur du monde, l’Époux de l’Église

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

 

« On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. »

vendredi 27 mars 2020

Où t’es-tu caché, Bien-Aimé,

Me laissant toute gémissante ?

Comme le cerf tu t’es enfui,

M’ayant blessée ; mais à ta suite,

En criant, je sortis. Hélas, vaine poursuite !

« Où t’es-tu caché ? » C’est comme si l’âme disait : « Verbe, mon Époux, montre-moi le lieu où tu t’es retiré ». Ce qui équivaut à lui demander la manifestation de son essence divine, car « le lieu de la retraite du Fils de Dieu », nous dit saint Jean, « c’est le sein du Père » (Jn 1,18), ou en d’autres termes, c’est l’essence divine, invisible à tout regard mortel, impénétrable à toute compréhension humaine. Isaïe, s’adressant à Dieu, lui dit : « Vraiment tu es un Dieu caché » (Is 45,15).

C’est pourquoi, remarquons-le bien, si intimes que soient les communications, si sublime que puisse être la connaissance qu’une âme reçoit de Dieu en cette vie, ce qu’elle perçoit n’est pas l’essence de Dieu et n’a rien de commun avec lui. En réalité, Dieu reste toujours caché à notre âme. Quelles que soient les merveilles qui lui sont dévoilées, elle doit toujours le regarder comme caché et le chercher dans le lieu de sa retraite, en disant : « Où t’es-tu caché ? » En effet, ni la communication sublime, ni la présence sensible, n’est un signe assuré de la présence favorable de Dieu dans une âme, pas plus que la sécheresse et la privation de toute faveur de ce genre n’est un indice de son absence. C’est ce que nous dit le prophète Job : « S’il vient à moi, je ne le verrai pas, et s’il se retire, je ne m’en apercevrai pas » (Jb 9,11).

De cela nous devons tirer l’enseignement suivant. Si une âme est favorisée de hautes communications, de connaissances et de sentiments spirituels, elle ne doit nullement se persuader qu’elle possède Dieu ou qu’elle en a la vue claire et essentielle, ni qu’à cause de ces dons elle a Dieu davantage ou a pénétré plus avant en lui. De même, si toutes ces communications sensibles et spirituelles viennent à lui manquer, la laissant dans l’aridité, les ténèbres et l’abandon, elle ne doit nullement penser que dans cet état Dieu lui manque. (…) Le but principal de l’âme dans ce vers du poème n’est donc pas de demander la dévotion affectueuse et sensible, qui ne donne ni certitude ni évidence de la possession de l’Époux en cette vie : elle réclame la présence et la claire vision de son essence, dont elle veut jouir d’une manière assurée dans l’autre vie.

Saint Jean de la Croix (1542-1591)

 

 

 

 

« Quant à l’ami de l’époux, il se tient là (…) et il en est tout joyeux. »

samedi 11 janvier 2020

La gloire convient à Dieu en raison de sa grandeur, et l’abaissement convient à l’homme car il fait de lui le familier de Dieu. Si nous agissons ainsi, nous serons joyeux à l’exemple de saint Jean Baptiste et nous commencerons à répéter sans relâche : « Il faut qu’il grandisse, et que je diminue ».

Je connais quelqu’un qui aime tellement Dieu — bien qu’il s’afflige de ne pas l’aimer comme il le voudrait — que son âme éprouve sans cesse ce désir fervent : que Dieu soit glorifié en lui, et que lui-même s’efface. Un tel homme ne sait pas ce qu’il est, même lorsqu’il reçoit des éloges, car, dans son grand désir d’abaissement, il ne pense pas à sa propre dignité. Il accomplit le culte divin (…), mais dans son extrême disposition d’amour pour Dieu, il cache le souvenir de sa propre dignité dans l’abîme de son amour pour Dieu. (…) Il enfouit l’orgueil qu’il en tirerait pour ne jamais paraître à son propre jugement qu’un serviteur inutile (Lc 17,10). (…) C’est ce que nous devons faire, nous aussi : fuir tout honneur et toute gloire, à cause de la richesse débordante d’amour du Seigneur qui nous a tant aimés.

Celui qui aime Dieu dans le fond de son cœur, celui-là est connu de lui. Dans la mesure, en effet, où l’on accueille l’amour de Dieu dans le fond de son âme, dans cette mesure on a l’amour de Dieu. C’est pourquoi, désormais, un tel homme vit dans une ardente passion pour l’illumination de la connaissance, jusqu’à ce qu’il goûte une grande plénitude intérieure. Alors il ne se connaît plus lui-même, il est entièrement transformé par l’amour de Dieu. Un tel homme est dans cette vie sans y être. S’il continue d’habiter dans son corps, il en sort continuellement par le mouvement d’amour de son âme, qui le porte vers Dieu. Sans relâche désormais, le cœur brûlé par le feu de l’amour, il reste attaché à Dieu d’une façon irrésistible, parce qu’il a été arraché définitivement à l’amitié envers soi-même par l’amour de Dieu.

Diadoque de Photicé (v. 400-?)

évêque

 

 

« L’Époux est avec eux. »

vendredi 6 septembre 2019

Que l’âme s’en souvienne : c’est l’Époux qui, le premier, l’a cherchée et, le premier, l’a aimée ; telle est la source de sa propre recherche et de son propre amour…

« J’ai cherché, dit l’Épouse [du Cantique des Cantiques], celui que mon cœur aime » (3,1). Oui, c’est bien à cette recherche que t’invite la tendresse prévenante de celui qui, le premier, t’a cherchée et aimée. Tu ne le chercherais pas, s’il ne t’avait d’abord cherchée ; tu ne l’aimerais pas, s’il ne t’avait d’abord aimée.

Ce n’est pas une seule bénédiction de l’Époux qui t’a prévenue, mais deux : il t’a aimée, il t’a cherchée. L’amour est la cause de sa recherche ; sa recherche est le fruit de son amour, c’en est aussi le gage assuré. Tu es aimée de lui, en sorte que tu ne peux pas le soupçonner de te chercher pour te punir. Tu es cherchée par lui, en sorte que tu ne peux pas te plaindre de ne pas être aimée réellement. Cette double expérience de sa tendresse t’a remplie d’audace : elle a chassé toute honte, elle t’a persuadée de revenir à lui, elle a soulevé ton élan. De là cette ferveur, de là cette ardeur à « chercher celui que ton cœur aime », car évidemment tu n’aurais pas pu le chercher, s’il ne t’avait d’abord cherchée ; et maintenant qu’il te cherche, tu ne peux pas ne plus le chercher.

Saint Bernard (1091-1153)

 

 

 

Affamée et assoiffée d’amour pour l’Époux

samedi 6 juillet 2019

L’âme qui aime vraiment Dieu et le Christ, même si elle a accompli des milliers de bonnes œuvres, se considère comme n’ayant rien fait, à cause de sa faim insatiable de Dieu. Même si elle a épuisé son corps par les jeûnes et les veilles, elle croit n’avoir pas encore débuté dans la vertu. Malgré les dons du Saint-Esprit, les révélations et les mystères célestes, elle pense n’avoir encore rien fait, à cause de son amour immense pour le Seigneur. Toujours elle est affamée et assoiffée, dans la foi et dans l’amour.

Persévérant dans la prière, elle désire insatiablement les mystères de la grâce et l’acquisition de toute vertu. Blessée d’amour pour l’Esprit céleste, animée d’un désir ardent envers son Époux céleste, elle aspire à la grâce d’une communion parfaite, mystérieuse, et ineffable avec lui, dans la sanctification de l’Esprit. Elle attend que les voiles tombent devant son visage et que, face à face, elle puisse voir son Époux dans la lumière spirituelle et indicible, qu’elle soit unie à lui en toute certitude, qu’elle soit transformée à l’image de sa mort. Dans son grand désir de mourir pour le Christ, elle attend avec certitude d’être délivrée du péché et de toutes les ténèbres des passions. Ainsi purifiée par l’Esprit, sanctifiée dans son corps et dans son âme (…), elle a été rendue digne d’accueillir le vrai Roi, le Christ lui-même.

Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390)

 

 

« Pendant que l’Époux est avec eux. »

vendredi 7 septembre 2018

« Nous l’avons vu, écrit saint Jean, et nous en sommes les témoins » (1Jn 1,2). Où l’ont-ils vu ? Dans sa manifestation. Qu’est-ce à dire, dans sa manifestation ? Sous le soleil, autrement dit dans cette lumière visible. Mais comment aurait-on pu voir sous le soleil celui qui a fait le soleil, s’il n’avait « dressé sa tente sous le soleil et, semblable à l’époux qui sort de sa couche, ne s’était élancé comme un vaillant pour courir sa carrière » ? (Ps 18,6 Vulg) Il est avant le soleil, celui qui a fait le soleil, il est avant l’étoile du matin, avant tous les astres, avant tous les anges, vrai Créateur, car « tout a été fait par lui et sans lui rien n’a été fait » (Jn 1,3). Voulant se faire voir à nos yeux de chair qui voient le soleil, il a dressé sa tente sous le soleil, c’est-à-dire a montré sa chair en se manifestant dans cette lumière terrestre, et la couche de cet époux a été le sein de la Vierge. Car en ce sein virginal, ils se sont unis tous les deux, l’époux et l’épouse, le Verbe époux et la chair épouse. Comme il est écrit : « Ils seront deux en une seule chair » (Gn 2,24 Vulg) ; et le Seigneur dit dans l’Évangile : « Voilà pourquoi désormais ils ne sont plus deux, mais une seule chair » (Mt 19,6). Isaïe exprime au mieux comment ces deux ne font qu’un lorsque, parlant au nom du Christ, il dit : « Comme un époux, il m’a couronné du diadème, et comme une épouse, il m’a parée de bijoux » (61,10). Un seul semble parler, et il se donne à la fois pour l’époux et pour l’épouse ; ils ne sont pas deux, mais une seule chair, car « le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn 1,14). À cette chair se joint l’Église, et c’est le Christ total, tête et corps (Ep 1,22).

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

 

 

 

 

« Voici l’Époux ! »

vendredi 31 août 2018

Entre Dieu et nous régnait une grave discorde. Pour l’apaiser, pour ramener la bonne entente, il a fallu que le Fils de Dieu épouse notre nature… Le Père a consenti et a envoyé son Fils. Celui-ci, dans le lit nuptial de la Bienheureuse Vierge, a uni notre nature à la sienne. Telles ont été les noces que le Père a fait alors pour son Fils. Le Verbe de Dieu, dit Jean Damascène, a pris tout ce que Dieu avait mis en notre nature : un corps et une âme raisonnable. Il a tout pris pour me sauver tout entier par sa grâce. La Divinité s’est abaissée jusqu’à ce mariage ; la chair ne pouvait conclure un mariage plus glorieux. Des noces se célèbrent encore, quand survient la grâce du Saint-Esprit, pour opérer la conversion de l’âme pécheresse. On lit dans le prophète Osée : « Je reviendrai à ma première épouse ; alors je me trouverai mieux qu’à présent » (cf 2,9). Et plus loin : « Elle m’appellera : mon époux, et non plus : mon maître. Et j’enlèverai de sa bouche les noms des idoles… Je ferai alliance avec eux… » (v. 18-20). L’époux de l’âme c’est le Saint-Esprit, par sa grâce. Quand son inspiration intérieure invite l’âme à la pénitence, tous les appels des vices sont vains. Le maître qui dominait et ravageait l’âme, c’est l’orgueil qui veut commander, c’est la gourmandise et la luxure qui dévorent tout. Leurs noms mêmes sont enlevés de la bouche du pénitent… Quand la grâce se répand dans l’âme et l’illumine, Dieu fait alliance avec les pécheurs. Il se réconcilie avec eux… Alors se célèbrent les noces de l’époux et de l’épouse, dans la paix d’une conscience pure. Enfin, des noces se célèbrent au jour du jugement, quand viendra l’Époux, Jésus Christ. « Voici que vient l’Époux, est-il dit ; allez au-devant de lui. » Alors il prendra avec lui l’Église, son épouse. « Viens, dit saint Jean dans l’Apocalypse, je te montrerai l’épouse de l’Agneau. Et il me montra la sainte cité de Jérusalem, descendant du ciel. » (21,9-10)… À présent, nous ne vivrons dans le ciel que par la foi et par l’espérance ; mais après peu de temps, l’Église célèbrera ses noces avec son Époux : « Bienheureux ceux qui ont été appelés au festin des noces de l’Agneau. » (Ap 19,9)

Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231), franciscain, docteur de l’Église

 

 

 

« Alors ils jeûneront… »

samedi 7 juillet 2018

« Des jours viendront où l’Epoux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. » Puisque l’Epoux nous a été enlevé, c’est pour nous le temps de la tristesse et des pleurs. Cet Epoux « est plus beau que tous les enfants des hommes ; la grâce est répandue sur ses lèvres » (Ps 44,3) et pourtant, sous la main de ses bourreaux, il a perdu tout éclat, toute beauté, et il a été retranché de la terre des vivants (Is 53,2.8). Or notre deuil est juste si nous brûlons du désir de le voir. Heureux ceux qui, avant sa Passion, ont pu jouir de sa présence, l’interroger comme ils le voulaient et l’écouter comme il se devait… Quant à nous, nous voyons maintenant l’accomplissement de ce qu’il a dit : « Le temps viendra où vous désirerez voir un des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas » (Lc 17,22)…

Qui ne dirait pas avec le roi prophète : « Mes larmes sont devenues ma nourriture jour et nuit, pendant qu’on me dit sans cesse : ‘ Où est ton Dieu ? ‘ » (Ps 41,4) Nous croyons en lui sans doute, assis déjà à la droite du Père, mais tant que nous sommes dans ce corps, nous voyageons loin de lui (2Co 5,6), et nous ne pouvons pas le montrer à ceux qui doutent de son existence, et même qui la nient en disant : « Où est ton Dieu ? »…

« Encore un peu de temps, disait le Seigneur à ses disciples, et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps et vous me verrez » (Jn 16,19). Maintenant, c’est l’heure dont il a dit : « Vous serez dans la tristesse, mais le monde sera dans la joie… Mais, ajoute-t-il, je vous verrai de nouveau et votre cœur se réjouira, et nul ne vous enlèvera votre joie » (v. 20). L’espérance que nous donne ainsi celui qui est fidèle dans ses promesses ne nous laisse pas, dès maintenant, sans quelque joie — jusqu’à ce que vienne la joie surabondante du jour où nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est (1Jn 3,2)… « Une femme qui enfante, dit notre Seigneur, est dans la peine, parce que son heure est venue. Mais, quand l’enfant est né, elle éprouve une grande joie, parce qu’un être humain est venu dans le monde » (Jn 16,21). C’est cette joie que personne ne pourra nous enlever, et dont nous serons comblés lorsque nous passerons de la conception présente de la foi à la lumière éternelle. Jeûnons donc maintenant, et prions, puisque nous sommes encore au jour de l’enfantement.

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 210 (trad. En Calcat rev.)

 

 

 

« Faites attention à la manière dont vous écoutez. »

lundi 25 septembre 2017

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« Que chacun soit toujours prêt à écouter, mais lent à parler » (Jc 1,19). Oui, frères, je vous le dis franchement…, moi qui vous parle fréquemment sur votre propre demande : ma joie est sans mélange quand je suis au rang des auditeurs ; ma joie est sans mélange quand j’écoute, et non quand je parle. C’est alors que je goûte la parole en toute sûreté ; ma satisfaction n’est pas menacée par la vaine gloire. Quand on est assis sur la pierre solide de la vérité, comment redouterait-on le précipice de l’orgueil ? « J’écouterai, dit le psalmiste, et tu me rempliras de joie et d’allégresse » (Ps 50,10). Je ne suis donc jamais plus joyeux que lorsque j’écoute ; c’est notre rôle d’auditeur qui nous maintient dans une attitude d’humilité.

Au contraire, si nous prenons la parole… nous avons besoin d’une certaine retenue ; même si je ne cède pas à l’orgueil, j’ai peur de le faire. Si j’écoute par contre, personne ne peut enlever ma joie (Jn 16,22), car personne n’en est témoin. C’est bien la joie de l’ami de l’époux dont saint Jean dit « qu’il se tient debout et qu’il écoute » (Jn 3,29). Il se tient debout parce qu’il écoute. Le premier homme, lui aussi, parce qu’il écoutait Dieu, se tenait debout ; dès qu’il a écouté le serpent, il est tombé. L’ami de l’époux est donc « ravi de joie à la voix de l’Époux » ; ce qui fait sa joie, ce n’est pas sa propre voix de prédicateur, de prophète, mais la voix de l’Époux lui-même.

Un sermon attribué à Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Cf. Discours sur le Ps 139,15 ; Sermons sur St Jean, n° 57 (trad. Humeau ; rev. Tournay)

 

 

 

« Voici l’époux ! »

vendredi 1 septembre 2017

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Aussitôt après ton baptême, tu te tiendras debout devant le grand sanctuaire, pour signifier la gloire du monde à venir. Le chant des psaumes qui t’accueillera est le prélude des louanges célestes. Les lampes que tu allumeras préfigurent ce cortège des lumières qui conduira au-devant de l’Époux nos âmes resplendissantes et vierges, munies des lampes étincelantes de la foi.

Prenons garde à ne pas nous abandonner au sommeil, par insouciance, de peur que celui que nous attendons ne se présente à l’improviste, sans que nous l’ayons vu venir. Ne restons pas sans provision d’huile et de bonnes œuvres, de crainte d’être exclus de la salle des noces… L’Époux fera son entrée en grande hâte. Les âmes prudentes entreront avec lui. Les autres, tout occupées à préparer leurs lampes, ne trouveront pas le temps d’entrer et seront laissées dehors au milieu des lamentations. Elles se rendront compte trop tard de ce qu’elles auront perdu par leur insouciance…

Elles ressembleront aussi à ces autres invités des noces qu’un noble père célèbre en l’honneur d’un noble époux, et qui refusent d’y prendre part : l’un, parce qu’il vient de prendre femme ; un autre, parce qu’il vient d’acheter un champ ; un troisième, parce qu’il a acquis une paire de bœufs (Lc 14,18s)… Car il n’y a pas de place dans le ciel pour l’orgueilleux et l’insouciant, pour l’homme sans habit convenable, qui ne porte pas le vêtement de noce (Mt 22,11), même s’il s’est cru, sur terre, digne de la splendeur céleste, et s’est introduit furtivement dans le groupe des fidèles en se berçant de faux espoirs.

Qu’adviendra-t-il ensuite ? L’Époux connaît ce qu’il nous enseignera quand nous serons au ciel, et il sait quelles relations il entretiendra avec les âmes qui y seront entrées avec lui. Je crois qu’il vivra en leur compagnie, et qu’il leur enseignera les mystères les plus parfaits et les plus purs.

Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l’Église
Sur le saint baptême, Discours 40, 46 ; PG 36, 425 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 154)