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Archive pour le mot-clef ‘Ste Catherine de Sienne’

« De qui est cette image ? » : en se faisant homme, Dieu restaure en nous l’image de la Trinité

mardi 5 juin 2018

Éternel Amour…, je te le demande en grâce, fais miséricorde à ton peuple, au nom de la charité éternelle qui t’a poussé à créer l’homme à ton image et à ta ressemblance (Gn 1,26)… Tu n’as fait cela, Trinité éternelle, que parce que tu voulais faire participer l’homme à tout toi-même. C’est pourquoi tu lui as donné la mémoire, afin qu’il se souvienne de tes bienfaits et qu’il participe ainsi à ta puissance, Père éternel. C’est pourquoi tu lui as donné l’intelligence pour qu’il puisse comprendre ta bonté et qu’il participe ainsi à la sagesse de ton Fils unique. C’est pourquoi tu lui as donné la volonté, afin qu’il puisse aimer ce qu’il voit et connaît de ta vérité, et qu’il participe ainsi à l’amour de ton Esprit Saint. Qui t’a poussé à donner une si grande dignité à l’homme ? L’amour inépuisable avec lequel tu as regardé en toi-même ta créature…

[Mais] à cause du péché, elle a perdu cette dignité… Toi alors, poussé par ce même feu avec lequel tu nous avais créés…, tu nous as donné le Verbe, ton Fils unique… Il a accompli ta volonté, Père éternel, quand tu l’as revêtu de notre humanité, à l’image et ressemblance de notre nature. Ô abîme de charité ! Quel est le cœur qui peut se défendre de ne pas céder à ton amour en voyant le Très-Haut rejoindre la bassesse de notre humanité ? Nous sommes ton image et toi, tu es la nôtre, par cette union que tu as consommée dans l’homme en voilant ta divinité de l’argile d’Adam (Gn 2,7)… Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cela ? L’amour ! Toi, Dieu, tu t’es fait homme, et l’homme est devenu Dieu. Par cet amour indicible, je t’en prie, fais miséricorde à tes créatures.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Dialogues, ch. 13 (trad. Guignes, Seuil 1953, p. 70 rev.)

 

 

 

Le maître de la vigne

lundi 5 juin 2017

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[Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire] : « Toute créature douée de raison possède en elle-même une vigne, qui est la vigne de son âme. C’est la volonté, par le libre arbitre, qui est l’ouvrier de cette vigne durant le temps de la vie ; passé ce temps, elle n’y peut plus faire aucun travail ni bon ni mauvais, mais pendant la vie, elle peut cultiver sa vigne dans laquelle je l’ai envoyée. Cet ouvrier de l’âme a reçu de moi une telle force qu’il n’est ni démon ni autre créature qui puisse la lui enlever, s’il s’y oppose. C’est dans le baptême qu’il a reçu cette force et en même temps le glaive de l’amour de la vertu et de la haine du péché. C’est pour cet amour et cette haine, pour l’amour de vous et en haine du péché, qu’est mort mon Fils unique, en répandant pour vous tout son sang. Et c’est cet amour de la vertu et cette haine du péché que vous trouvez dans le saint baptême qui vous rend la vie par la force de son sang…

« Arrachez donc les ronces des péchés mortels et plantez des vertus…, ayez la contrition, le dégoût du péché et l’amour de la vertu ; alors vous recevrez les fruits du sang de mon Fils. Vous ne pourrez pas les recevoir si vous ne vous disposez pas à devenir de bons sarments unis au cep de la vigne, mon Fils, qui a dit : « Moi, je suis la vraie vigne, mon Père est le vigneron, et vous, les sarments » (Jn 15,1.5).

« Telle est la vérité. C’est bien moi qui suis le vigneron, puisque toute chose qui possède l’être est venue et vient de moi. Ma puissance est insondable et par ma puissance et ma force je gouverne tout l’univers, si bien que rien n’est fait ni ordonné en dehors de moi. Oui, je suis le vigneron ; c’est moi qui ai planté la vraie vigne, mon Fils unique, dans la terre de votre humanité pour que vous, les sarments unis à cette vigne, vous portiez des fruits. »

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Le Dialogue, 23 (trad. cf Hurtaud, et Guigues, Seuil 1953)

 

 

 

« Voulez-vous partir, vous aussi ? »

samedi 6 mai 2017

KMSKA - Christus aan het kruis met de heilige Catharina van Sien

Très cher fils, très chère fille dans le Christ…, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir les vrais serviteurs de Jésus crucifié, constants et persévérants jusqu’à la mort, afin que vous receviez la couronne de gloire (1P 5,4), qui n’est pas donnée pas à celui qui commence seulement, mais à celui qui persévère jusqu’à la fin. Je veux donc que vous vous appliquiez avec zèle à courir dans la voie de la vérité, vous efforçant toujours d’avancer de vertu en vertu. Ne pas avancer, c’est reculer, car l’âme ne peut jamais rester stationnaire.

Et comment pourrons-nous, très cher fils, augmenter le feu du saint désir ? En mettant du bois sur le feu. Mais quel bois ? Le souvenir des bienfaits nombreux et infinis de Dieu, qui sont innombrables, et surtout le souvenir du sang versé par le Verbe, son Fils unique, pour nous montrer l’amour inexprimable que Dieu a pour nous (Jn 3,16). En nous rappelant ce bienfait et tant d’autres, nous verrons augmenter notre amour.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Lettre 301, à François Pépin, tailleur à Florence, et à sa femme (trad. Cartier, Téqui 1976, t. 2, p. 1465 rev.)

 

 

 

 

Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, docteur de l’Eglise, copatronne de l’Europe

samedi 29 avril 2017

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Ô Père, je vous remercie de ce que vous n’avez pas méprisé votre créature. Vous n’avez pas détourné de moi votre visage, et vous n’avez pas repoussé mes désirs. Vous, la Lumière, vous n’avez pas considéré mes ténèbres ; vous, la Vie, vous ne vous êtes pas éloigné de moi, qui suis la mort ; vous, le Médecin suprême, vous avez regardé ma grande infirmité ; vous, l’éternelle Pureté, vous ne vous êtes pas détourné de mes souillures et de mes misères ; vous, l’Infini ; moi, le néant ; vous, la Sagesse ; moi, la folie. Malgré les fautes et les vices innombrables qui sont en moi, vous ne m’avez pas méprisée : oui, vous, la Sagesse, la Bonté, la Clémence ; vous, le Bien suprême et infini. Dans votre lumière j’ai trouvé la lumière ; dans votre sagesse, la vérité ; dans votre clémence, la charité et l’amour du prochain. Qui vous a déterminé ? Ce ne sont pas mes vertus, c’est votre seule charité. L’amour vous a porté à éclairer l’œil de mon intelligence par la lumière de la foi, pour me faire connaître et comprendre votre Vérité qui se manifestait à moi.

Faites, Seigneur, que ma mémoire puisse retenir vos bienfaits ; que ma volonté s’embrase, du feu de votre charité ; que ce feu me fasse répandre tout mon sang, et qu’avec ce sang donné pour l’amour du Sang et avec la clef de l’obéissance, je puisse ouvrir la porte du ciel. Je vous demande du fond de mon cœur cette grâce pour toutes les créatures raisonnables, en général et en particulier, et pour le corps mystique de l’Église. Je confesse et je ne nie pas que vous m’avez aimée avant ma naissance, et que vous m’aimez jusqu’à la folie de l’amour.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Les Dialogues 167, 2-3 (trad. Cartier)

 

 

 

« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire en lui ne verra pas la vie. » (Jn 3,36)

jeudi 28 juillet 2016

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[Sainte Catherine a entendu Dieu dire : ] Au dernier jour du jugement, lorsque le Verbe, mon Fils, revêtu de ma majesté, viendra juger le monde avec sa puissance divine, il ne viendra pas comme ce pauvre misérable qu’il était lors de sa naissance du sein de la Vierge, dans une étable au milieu des animaux, ou tel qu’il est mort, entre deux larrons. Alors, ma puissance était cachée en lui ; je lui laissais endurer comme homme peines et tourments. Non point que ma nature divine ait été séparée de la nature humaine, mais je le laissais souffrir comme un homme pour expier vos fautes. Non, ce n’est pas ainsi qu’il viendra au moment suprême : il viendra dans toute la puissance et dans tout l’éclat de sa propre personne…

Aux justes, il inspirera en même temps qu’une crainte respectueuse, une grande jubilation. Non pas que son visage change : son visage, en vertu de la nature divine, est immuable parce qu’il ne fait qu’un avec moi, et en vertu de la nature humaine son visage est également immuable puisqu’il a assumé la gloire de la résurrection. Aux yeux des réprouvés il apparaîtra terrible, parce que c’est avec cet œil d’épouvante et de trouble qu’ils portent au-dedans d’eux-mêmes que les pécheurs le verront.

N’est-ce pas ce qui se passe pour un œil malade ? Dans le soleil brillant il ne voit que ténèbres, alors que l’œil sain y voit la lumière. Ce n’est pas que la lumière ait quelque défaut ; ce n’est pas le soleil qui change. Le défaut est dans l’œil aveugle. C’est ainsi que les réprouvés verront mon Fils dans les ténèbres, la haine et la confusion. Ce sera la faute de leur propre infirmité et non pas à cause de ma majesté divine avec laquelle mon Fils apparaîtra pour juger le monde.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Le Dialogue, ch. 39 (trad. cf Guigues, Seuil 1953, p. 132)

 

 

 

« Demandez, vous obtiendrez. »

dimanche 24 juillet 2016

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Ta vérité a dit que si nous appelions il nous serait répondu, que si nous frappions il nous serait ouvert, que si nous demandions il nous serait donné : ô Père éternel, vers toi tes serviteurs clament miséricorde. Réponds-leur donc. Car je sais que la miséricorde t’appartient en propre et c’est pourquoi tu ne peux pas la refuser à qui te la demande. Ils frappent à la porte de ta vérité, puisque c’est dans ta vérité, ton Fils (Jn 14,6), qu’ils connaissent l’amour ineffable que tu éprouves pour l’homme. Voilà pourquoi ils frappent à la porte. Et c’est pourquoi le feu de ta charité ne pourra pas, ne peut pas ne pas ouvrir à ceux qui frappent avec persévérance.

Ouvre donc, dilate, brise les cœurs endurcis de ceux que tu as créés — sinon pour ceux qui ne frappent pas, du moins pour ton infinie bonté et pour l’amour de tes serviteurs qui frappent vers toi pour les autres. Exauce-les, Père éternel… Ouvre la porte de ta charité illimitée, venue jusqu’à nous par la porte du Verbe. Oui, je sais que tu ouvres avant que nous ne frappions car c’est avec la volonté et avec l’amour que tu leur as donnés que tes serviteurs frappent et t’appellent, pour ton honneur et le salut des âmes. Donne-leur donc le pain de vie, c’est-à-dire le fruit du sang de ton Fils unique.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Les Dialogues, ch. 134 (trad. Guigues, Seuil 1953 p. 455 rev.)

 

 

 

Sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l’Europe

samedi 23 juillet 2016

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La foi chrétienne a façonné la culture du continent européen et a été mêlée de façon inextricable à son histoire, au point que celle-ci serait incompréhensible sans référence aux événements qui ont caractérisé d’abord la grande période de l’évangélisation, puis les longs siècles au cours desquels le christianisme, malgré la douloureuse division entre l’Orient et l’Occident, s’est affirmé comme la religion des Européens eux-mêmes…

La route vers l’avenir ne peut pas ne pas tenir compte de ce fait ; les chrétiens sont appelés à en prendre une conscience renouvelée afin d’en montrer les potentialités permanentes. Ils ont le devoir d’apporter à la construction de l’Europe une contribution spécifique, qui aura d’autant plus de valeur et d’efficacité qu’ils sauront se renouveler à la lumière de l’Évangile. Ils se feront alors les continuateurs de cette longue histoire de sainteté qui a traversé les diverses régions de l’Europe au cours de ces deux millénaires, où les saints officiellement reconnus ne sont que les sommets proposés comme modèles pour tous. Il y a en effet d’innombrables chrétiens qui, par leur vie droite et honnête, animée par l’amour de Dieu et du prochain, ont atteint, dans les vocations consacrées et laïques les plus diverses, une sainteté véritable et largement diffusée, même si elle était cachée. L’Église ne doute pas que ce trésor de sainteté soit précisément le secret de son passé et l’espérance de son avenir…

C’est pourquoi, complétant ce que j’ai fait quand j’ai déclaré co-patrons de l’Europe, aux côtés de saint Benoît, deux saints du premier millénaire, les frères Cyrille et Méthode, pionniers de l’évangélisation de l’Orient, j’ai pensé compléter le cortège des patrons célestes par trois figures également emblématiques de moments cruciaux du deuxième millénaire qui touche à sa fin : sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix. Trois grandes saintes, trois femmes qui, à des époques différentes –- deux au cœur du Moyen Âge et une en notre siècle –- se sont signalées par l’amour actif de l’Église du Christ et le témoignage rendu à sa croix.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Motu proprio « Spes aedificandi » 01/10/1999 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

Sainte Catherine de Sienne : une vie mystique et une vie d’action

vendredi 29 avril 2016

Ste Catherine

Quand Catherine voit le jour en 1347, la situation en Italie et en Europe est devenue très difficile. Déjà s’annonçait la peste noire, qui devait semer la dévastation ; la société était troublée par la Guerre de Cent Ans et des invasions de mercenaires ; les papes avaient dû quitter Rome pour Avignon ; le schisme d’Occident allait se prolonger jusqu’en 1417. Fille d’un teinturier, Catherine prend très rapidement conscience des besoins du monde qui l’entoure. Attirée par la forme de vie apostolique des dominicains, elle demande à être agrégée au tiers ordre (on appelait ces pieuses femmes les « Mantellate »). Celles-ci n’étaient pas des religieuses à proprement parler et ne vivaient pas la vie commune, mais elles portaient la robe blanche et le manteau noir des frères prêcheurs…

Catherine était entourée d’une foule bigarrée de disciples, de toute classe sociale et de toute origine. Elle les attirait par la pureté de sa foi et par la liberté de son acceptation de la parole de Dieu, sans adoucissement ni compromis… Elle atteignit le sommet de son progrès intérieur par les noces spirituelles… ; on aurait donc pu penser que sa vie s’écoulerait dans la solitude et dans la contemplation. Mais Dieu, au contraire, l’avait attachée à lui pour qu’elle lui soit unie dans l’œuvre de son Royaume… Le dessein du Christ était de la lier étroitement à lui par « l’amour du prochain », c’est-à-dire aussi bien par la douceur des liens de l’âme que par les travaux extérieurs ; ce fut ce que l’on a appelé « la mystique sociale »…

Après s’être appliquée à la conversion de pécheurs individuels, elle passa à la réconciliation de personnes ou de familles opposées par de mauvaises querelles, puis à la pacification des villes ou des États… L’impulsion intérieure du Maître divin lui ouvrit pour ainsi dire une humanité de surcroît. C’est ainsi que cette humble fille d’artisan, illettrée, pratiquement sans études et sans culture, eut l’intelligence des besoins de son temps au point de dépasser les limites de sa cité et d’atteindre une dimension mondiale par son action.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Lettre apostolique pour le 6e centenaire de la mort de Ste Catherine de Sienne (trad. DC n°1793 du 5/10/1980, p. 851 © Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

 

« Le Tout-Puissant a fait pour moi des merveilles. » (Lc 1,49)

lundi 4 avril 2016

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Marie, temple de la Trinité, foyer de feu divin, Mère de miséricorde…, tu es la tige nouvelle (Is 11,1) qui a produit la fleur qui embaume le monde, le Verbe, le Fils unique de Dieu. C’est en toi, terre féconde, que ce Verbe a été semé (Mt 13,3s). Tu as caché le feu dans la cendre de notre humanité. Vase d’humilité où brûle la lumière de la sagesse véritable…, par le feu de ton amour, par la flamme de ton humilité, tu as attiré à toi et vers nous le Père éternel…

Grâce à cette lumière, ô Marie, tu n’as jamais été comme les vierges insensées (Mt 25,1s), mais tu étais remplie de la vertu de prudence. C’est pour cela que tu as voulu savoir comment pourrait s’accomplir ce que l’ange t’annonçait. Tu savais que « Tout est possible à Dieu » ; tu n’en avais aucun doute. Pourquoi dire alors : « Je ne connais pas d’homme » ?

Ce n’était pas la foi qui te manquait ; c’était ton humilité profonde qui te faisait dire cela. Tu ne doutais pas de la puissance de Dieu ; tu te regardais comme indigne d’un si grand prodige. Si tu as été troublée par la parole de l’ange, ce n’était pas par crainte. À la lumière même de Dieu, il me semble que c’était plutôt par admiration. Et qu’est-ce que tu admirais, ô Marie, sinon l’immensité de la bonté de Dieu ? Te regardant toi-même, tu te jugeais indigne de cette grâce et tu demeurais stupéfaite. Ta question est la preuve de ton humilité. Tu n’étais pas remplie de crainte, mais uniquement d’admiration devant l’immense bonté de Dieu, comparée à ta petitesse, à ton humble condition (Lc 1,48).

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Prière du 25 mars 1379 (Élévation 21)

 

 

Essence divine

mardi 5 janvier 2016

2013110969_suiveur_4N[Sainte Catherine a entendu Jésus lui dire :] « C’est toute l’Essence divine que vous recevez en ce très doux sacrement, sous cette blancheur du pain. Comme le soleil est indivisible, ainsi Dieu se trouve tout entier et l’homme tout entier dans la blancheur de l’hostie. Même si on divisait l’hostie en mille et mille miettes s’il était possible, en chacune je suis encore, Dieu tout entier, homme tout entier, comme je t’ai dit…

« Supposons qu’il y ait plusieurs personnes à venir chercher de la lumière avec des cierges. L’une apporte un cierge d’une once, l’autre de deux onces, un troisième de trois onces, celle-ci d’une livre, celle-là, de plus encore. Toutes s’approchent de la lumière et chacune allume son cierge. Dans chaque cierge allumé, quel que soit son volume, l’on voit désormais la lumière tout entière, sa couleur, sa chaleur et son éclat… Voilà ce qui arrive à ceux qui s’approchent de ce sacrement. Chacun apporte son cierge, c’est-à-dire le saint désir avec lequel il reçoit et prend ce sacrement. Le cierge est éteint, et il s’allume lorsqu’on reçoit ce sacrement. Je dis qu’il est éteint parce que par vous-mêmes vous n’êtes rien. Je vous ai donné, il est vrai, la matière avec laquelle vous pouvez recevoir et conserver en vous cette lumière. Cette matière, c’est l’amour, parce que je vous ai créés par amour ; c’est pourquoi vous ne pouvez pas vivre sans amour. »

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Le Dialogue (trad. Hurtaud, 1931, t. 2 p.4 -5)