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Archive pour le mot-clef ‘jeûne’

« Alors ils jeûneront. »

vendredi 4 mars 2022

Livre-toi, mon âme, au repentir ; unis-toi au Christ par la pensée ; crie en gémissant : « Accorde-moi le pardon de mes actions mauvaises, afin que je reçoive de toi, qui seul es bon (Mc 10,18), l’absolution et la vie éternelle ». (…)

Moïse et Élie, ces tours de feu, étaient grands dans leurs œuvres. (…) Ils sont les premiers parmi les prophètes, ils parlaient librement à Dieu, ils se plaisaient à s’approcher de lui pour le prier et s’entretenir avec lui face à face (Ex 34,5; 1R 19,13) — chose étonnante et incroyable. Néanmoins, ils avaient soin de recourir au jeûne, qui les menait à Dieu (Ex 34,28; 1R 19,8). Le jeûne, avec les œuvres, procure donc la vie éternelle.

Par le jeûne, les démons sont repoussés comme par une épée, car ils n’en supportent pas les joies ; ce qu’ils aiment, c’est le jouisseur et l’ivrogne. Mais s’ils regardent le visage du jeûne, ils ne peuvent pas tenir ; ils s’enfuient bien loin, comme nous l’enseigne le Christ notre Dieu en disant : « C’est par le jeûne et la prière qu’on vient à bout de la race des démons » (cf Mc 9,29). Voilà pourquoi on nous enseigne que le jeûne donne aux hommes la vie éternelle. (…)

Le jeûne rend à ceux qui le pratiquent la maison paternelle d’où Adam fut expulsé. (…) C’est Dieu lui-même, l’ami des hommes (Sg 1,6), qui avait d’abord confié au jeûne l’homme qu’il avait créé, comme à une mère aimante, comme à un maître. À un seul arbre il lui a interdit de goûter (Gn 2,17). Et si l’homme avait observé ce jeûne, il aurait habité avec les anges. Mais il l’a rejeté et a trouvé les peines et la mort, l’âpreté des épines et des ronces, et l’angoisse d’une vie douloureuse (Gn 3,17s). Or, si dans le Paradis le jeûne se révèle profitable, combien plus l’est-il ici-bas, pour nous procurer la vie éternelle !

Saint Romanos le Mélode (?-v. 560)

 

 

 

« Ce jour-là, ils jeûneront. »

lundi 17 janvier 2022

Veux-tu que je te montre quel jeûne tu dois pratiquer ? Jeûne de tout péché, ne prends aucun aliment de méchanceté, n’accepte aucun mets de volupté, ne t’échauffe d’aucun vin de luxure. Jeûne des actions mauvaises, abstiens-toi des paroles fielleuses, garde-toi des pensées méchantes. Ne touche pas aux pains volés d’une doctrine perverse. Ne désire pas les aliments trompeurs de la philosophie qui te détournent de la vérité. Un tel jeûne plaît à Dieu. (…)

Toutefois, nous ne disons pas cela pour relâcher la bride de l’abstinence chrétienne. Car nous avons les jours du Carême consacrés aux jeûnes, nous avons le quatrième et le sixième jours de la semaine où nous jeûnons selon l’usage. Et liberté est donnée au chrétien de jeûner en tout temps, non par scrupule d’observance, mais par vertu de continence.

Car comment garder intacte la chasteté si elle n’est soutenue par l’appui très rigoureux de l’abstinence ? Comment s’adonner aux Écritures, comment s’appliquer à la science et à la sagesse ? N’est-ce point par la continence du ventre et du gosier ? (…) Voilà pour les chrétiens un motif de jeûner. Il en est encore un autre, religieux lui aussi, dont la louange est même proclamée par les écrits de certains apôtres. Nous trouvons en effet dans une lettre cette parole des apôtres : « Heureux celui qui jeûne aussi pour nourrir le pauvre. » Son jeûne est très agréable à Dieu et en vérité fort digne, car il imite celui qui a donné sa vie pour ses frères.

Origène (v. 185-253)

 

 

« Les invités de la noce peuvent-ils jeûner pendant que l’Époux est avec eux ? »

vendredi 3 septembre 2021

Nous avions quitté la Syrie pour la province d’Égypte, désireux d’y apprendre les principes des vieux moines, et nous nous étonnions de la grande cordialité avec laquelle nous y étions reçus. Contrairement à ce qu’on nous avait enseigné dans les monastères de Palestine, on n’observait pas la règle d’attendre l’heure fixée pour le repas, mais, excepté le mercredi et le vendredi, où que nous allions, on rompait le jeûne. L’un des anciens à qui nous demandions pourquoi, chez eux, on omettait si facilement les jeûnes quotidiens, nous répondit : « Le jeûne est toujours avec moi, mais vous, que je vais bientôt congédier, je ne pourrai pas vous garder sans cesse avec moi. Et le jeûne, quoiqu’utile et nécessaire, est pourtant l’offrande d’un présent volontaire, tandis que l’accomplissement des œuvres de charité est une exigence absolue des commandements. C’est pourquoi, accueillant en vous le Christ, je dois le restaurer, et, après vous avoir donné congé, je pourrai compenser en moi par un jeûne plus strict l’humanité que je vous ai manifestée par égard pour le Christ. En effet, « les amis de l’époux ne peuvent pas jeûner tandis que l’époux est avec eux », mais lorsqu’il se sera éloigné, alors ils pourront le faire.

Saint Jean Cassien (v. 360-435)

 

 

 

Des jours viendront… où ils jeûneront.

vendredi 19 février 2021

Mes enfants bien-aimés et mes frères, Dieu qui dans sa sagesse gouverne tout, qui d’une manière excellente et avisée mène à bonne fin les saisons et les années, nous a fait connaître également ceci : ils sont déjà là, les jours salutaires et profitables aux âmes. (…) Et grâce soient rendues à celui qui nous a révélé ces jours et nous a jugés digne d’y parvenir. C’est pourquoi en tout temps nous devons mener une vie sainte et pure et observer tout commandement de Dieu, et particulièrement en ce moment. (…)

Puisque donc c’est le temps de la purification, purifions-nous ! Puisque c’est le temps de l’abstinence, abstenons-nous, et pas seulement de la nourriture – cela ne suffit pas –, mais abstenons-nous (…) d’envier la bonne réputation de notre frère, de nous mettre en colère ou de nous irriter contre le prochain, de ne pas imposer de frein à notre langue et de la laisser courir comme elle veut. Mais que celle-ci se donne à elle-même des limites, qu’on ne parle ni trop ni n’importe quand, et de sujets qui conviennent. Que notre regard se garde des regards impudiques et que notre oreille soit close, ne s’ouvrant que pour écouter ce qui est agréable à Dieu et ce qu’il aime.

Oui, mes enfants bien-aimés, oui, je vous y exhorte, faites de vous-mêmes un instrument, une harpe agréable du Saint-Esprit. (…) Maintenez la paix entre vous. Le très vénérable carême est fatiguant pour le corps, il est vrai, mais ne laissez pas, à cause de lui fléchir votre courage ! (…) Un peu de patience et, comme par habitude, vous n’en sentirez plus le poids !

Saint Théodore le Studite (759-826)

 

 

 

Le mercredi des Cendres

mercredi 17 février 2021

« Voici maintenant le jour du salut ! » Sans doute, il n’est pas de saison qui ne soit pleine des dons divins, et la grâce de Dieu nous ménage en tout temps l’accès à sa miséricorde ; c’est maintenant cependant que tous les cœurs doivent être stimulés avec plus d’ardeur à leur avancement spirituel et animés d’une plus large confiance, alors que le jour où nous avons été rachetés nous invite par son retour à toutes les œuvres de la piété. Ainsi célébrerons-nous, le corps et l’âme purifiés, le mystère qui l’emporte sur tous les autres : le sacrement de la Pâque du Seigneur.

De tels mystères exigeraient un effort spirituel sans défaillance (…), en sorte que nous demeurions toujours sous le regard de Dieu, tels que devrait nous trouver la fête de Pâques. Mais cette force spirituelle n’est le fait que d’un petit nombre d’hommes ; pour nous au milieu des activités de cette vie, par la faiblesse de la chair, le zèle se détend. (…) Pour rendre la pureté à nos âmes, le Seigneur a donc prévu le remède d’un entraînement de quarante jours, au cours desquels les fautes des autres temps puissent être rachetées par les bonnes œuvres et consumées par les saints jeûnes. (…) Prenons donc soin d’obéir au commandement de l’apôtre Paul : « Purifiez-vous de toute souillure de la chair et de l’esprit » (2Co 7,1). (…)

Mais que notre manière de vivre soit en accord avec notre abstinence. Le tout du jeûne n’est pas dans la seule abstention de nourriture ; il n’y a aucun profit à soustraire les aliments au corps si le cœur ne se détourne pas de l’injustice, si la langue ne s’abstient pas de la calomnie. (…) Ce temps, c’est celui de la douceur, de la patience, de la paix (…). Qu’aujourd’hui l’âme forte s’habitue à pardonner les injustices, à compter pour rien les affronts, à oublier les injures. (…) Que la retenue des âmes religieuses ne soit pas triste, mais sainte ; qu’on n’entende pas parmi elles le murmure des plaintes, elles à qui ne manquent jamais les consolations des joies saintes.

Saint Léon le Grand (?-v. 461)

 

 

« Un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé : ces jours-là ils jeûneront. »

vendredi 4 septembre 2020

Que « nos reins soient ceints et nos lampes allumées » ; soyons comme « des serviteurs qui attendent que leur maître revienne des noces » (Lc 12,35). Ne soyons pas comme ces impies qui disent : « Mangeons et buvons, car nous mourrons demain » (1Co 15,32). Plus le jour de notre mort est incertain, plus les épreuves de cette vie sont douloureuses ; et plus aussi nous devons jeûner et prier, car effectivement, nous mourrons demain. « Encore un peu de temps, disait le Seigneur à ses disciples, et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps et vous me verrez » (Jn 16,16). Maintenant, c’est l’heure dont il a dit : « Vous serez dans la tristesse, mais le monde sera dans la joie » (v. 20) ; c’est le temps de cette vie remplie d’épreuves, où nous voyageons loin de lui. « Mais, ajoute-t-il, je vous verrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et personne ne vous enlèvera votre joie » (v. 22).

Dès maintenant l’espérance que nous donne ainsi celui qui est fidèle dans ses promesses ne nous laisse pas sans quelque joie, jusqu’à ce que nous soyons comblés de la joie surabondante du jour où « nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est » (1Jn 3,2), et où « personne ne pourra nous enlever cette joie » (…) « Une femme qui enfante, dit notre Seigneur, est dans la peine parce que son heure est venue. Mais quand l’enfant est né, elle éprouve une grande joie parce qu’un être humain est né dans le monde » (Jn 16,21). C’est cette joie que personne ne pourra nous enlever et dont nous serons comblés lorsque nous passerons de la conception présente de la foi à la lumière éternelle. Jeûnons donc maintenant, et prions, puisque nous sommes dans les jours de l’enfantement

Saint Augustin (354-430)

 

 

 

Vivre pour le louer

vendredi 28 février 2020

Pour chacune de nous, pourvu qu’elle soit saine et valide, le jeûne devrait être perpétuel. Les jeudis ordinaires, le jeûne est laissé au gré de chaque sœur, et celle qui préférerait ne pas jeûner doit être laissée libre. Quant à nous qui nous portons bien, nous jeûnons tous les jours sauf le dimanche et le jour de Noël. Nous ne sommes pas non plus obligées de jeûner durant le temps pascal, ainsi que nous le savons par un billet de saint François, ni aux fêtes de sainte Marie et des saints Apôtres, à moins qu’elles ne tombent un vendredi. Comme je l’ai dit plus haut, nous qui sommes bien portantes et valides, nous nous contentons chaque jour des seuls aliments permis en carême.

Cependant, nous n’avons pas un corps d’acier ni une solidité de granit ; nous sommes faibles et sujettes aux infirmités de la nature. Aussi je te prie, sœur bien-aimée, de modérer avec sagesse et discernement la rigueur exagérée de ton abstinence dont j’ai eu des échos. Et je te demande dans le Seigneur de vivre pour le louer, de rendre raisonnables les hommages que tu lui rends, et de toujours assaisonner ton sacrifice du sel de la sagesse.

Je te souhaite une santé aussi bonne que je puis le désirer pour moi-même.

Sainte Claire d’Assise (1193-1252)

 

 

 

Le mercredi des Cendres

mercredi 26 février 2020

Nous entamons aujourd’hui les saints quarante jours du carême, et il nous faut examiner attentivement pourquoi cette abstinence est observée pendant quarante jours. Moïse, pour recevoir la Loi une seconde fois, a jeûné quarante jours (Ex 34,28). Élie, dans le désert, s’est abstenu de manger quarante jours (1R 19,8). Le Créateur des hommes lui-même, venant parmi les hommes, n’a pas pris pas la moindre nourriture pendant quarante jours (Mt 4,2). Efforçons-nous, nous aussi, autant que cela nous est possible, de refréner notre corps par l’abstinence en ce temps annuel des saints quarante jours (…), afin de devenir, selon le mot de Paul, « une hostie vivante » (Rm 12,1). L’homme est une offrande à la fois vivante et immolée (cf Ap 5,6) lorsque, sans quitter cette vie, il fait cependant mourir en lui les désirs de ce monde.

C’est la satisfaction de la chair qui nous a entraînés au péché (Gn 3,6) ; que la chair mortifiée nous ramène au pardon. L’auteur de notre mort, Adam, a transgressé les préceptes de vie en mangeant le fruit défendu de l’arbre. Il faut donc que nous, qui sommes déchus des joies du Paradis par le fait de la nourriture, nous nous efforcions de les reconquérir par l’abstinence.

Mais que personne ne s’imagine que seule cette abstinence nous suffise. Le Seigneur dit par la bouche du prophète : « Le jeûne que je préfère ne consiste-t-il pas plutôt en ceci ? Partager ton pain avec l’affamé, recevoir chez toi les pauvres et les vagabonds, habiller celui que tu vois sans vêtement, et ne pas mépriser ton semblable » (Is 58,6-7). Voilà le jeûne que Dieu approuve (…) : un jeûne réalisé dans l’amour du prochain et imprégné de bonté. Prodigue donc aux autres ce que tu retires à toi-même; ainsi, ta pénitence corporelle soulagera le bien-être corporel de ton prochain qui est dans le besoin.

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

 

 

 

« Alors ils jeûneront… »

samedi 7 juillet 2018

« Des jours viendront où l’Epoux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. » Puisque l’Epoux nous a été enlevé, c’est pour nous le temps de la tristesse et des pleurs. Cet Epoux « est plus beau que tous les enfants des hommes ; la grâce est répandue sur ses lèvres » (Ps 44,3) et pourtant, sous la main de ses bourreaux, il a perdu tout éclat, toute beauté, et il a été retranché de la terre des vivants (Is 53,2.8). Or notre deuil est juste si nous brûlons du désir de le voir. Heureux ceux qui, avant sa Passion, ont pu jouir de sa présence, l’interroger comme ils le voulaient et l’écouter comme il se devait… Quant à nous, nous voyons maintenant l’accomplissement de ce qu’il a dit : « Le temps viendra où vous désirerez voir un des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas » (Lc 17,22)…

Qui ne dirait pas avec le roi prophète : « Mes larmes sont devenues ma nourriture jour et nuit, pendant qu’on me dit sans cesse : ‘ Où est ton Dieu ? ‘ » (Ps 41,4) Nous croyons en lui sans doute, assis déjà à la droite du Père, mais tant que nous sommes dans ce corps, nous voyageons loin de lui (2Co 5,6), et nous ne pouvons pas le montrer à ceux qui doutent de son existence, et même qui la nient en disant : « Où est ton Dieu ? »…

« Encore un peu de temps, disait le Seigneur à ses disciples, et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps et vous me verrez » (Jn 16,19). Maintenant, c’est l’heure dont il a dit : « Vous serez dans la tristesse, mais le monde sera dans la joie… Mais, ajoute-t-il, je vous verrai de nouveau et votre cœur se réjouira, et nul ne vous enlèvera votre joie » (v. 20). L’espérance que nous donne ainsi celui qui est fidèle dans ses promesses ne nous laisse pas, dès maintenant, sans quelque joie — jusqu’à ce que vienne la joie surabondante du jour où nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est (1Jn 3,2)… « Une femme qui enfante, dit notre Seigneur, est dans la peine, parce que son heure est venue. Mais, quand l’enfant est né, elle éprouve une grande joie, parce qu’un être humain est venu dans le monde » (Jn 16,21). C’est cette joie que personne ne pourra nous enlever, et dont nous serons comblés lorsque nous passerons de la conception présente de la foi à la lumière éternelle. Jeûnons donc maintenant, et prions, puisque nous sommes encore au jour de l’enfantement.

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 210 (trad. En Calcat rev.)

 

 

 

Le vendredi après les Cendres

vendredi 16 février 2018

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Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l’homme qui a faim s’il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde. Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ; immolons nos vies par le jeûne, parce qu’il n’est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le prophète lorsqu’il dit : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; le cœur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas » (Ps 50,19). Offre donc à Dieu ta vie, offre l’oblation du jeûne pour qu’il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur.

Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s’il n’est pas arrosé par la miséricorde ; le jeûne devient moins aride par la miséricorde ; ce que la pluie est pour la terre, la miséricorde l’est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut bien cultiver son cœur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les vertus : s’il n’y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de fruit.

Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi s’il est privé de miséricorde ; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, tu donnes à toi-même ; car ce que tu n’abandonnes pas à autrui, tu ne l’auras pas.

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
Homélie sur la prière, le jeûne et l’aumône ; PL 52, 320 (trad. bréviaire, 3e mercredi de Carême)