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Archive pour le mot-clef ‘St curé d’Ars’

« Si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera. »

samedi 12 mai 2018

Mes enfants, vous avez un petit cœur, mais la prière l’élargit et le rend capable d’aimer Dieu. La prière est un avant-goût du ciel, un écoulement du paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur. C’est un miel qui descend dans l’âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil. La prière fait passer le temps avec une grande rapidité, et si agréablement, qu’on ne s’aperçoit pas de sa durée…

On en voit qui se perdent dans la prière comme le poisson dans l’eau, parce qu’ils sont tout au bon Dieu. Dans leur cœur, il n’y a pas d’entre-deux. Oh, que j’aime ces âmes généreuses ! Saint François d’Assise et sainte Colette voyaient notre Seigneur et lui parlaient comme nous nous parlons. Tandis que nous, que de fois nous venons à l’église sans savoir ce que nous venons faire et ce que nous voulons demander ! Et pourtant, quand on va chez quelqu’un, on sait bien pourquoi on y va. Il y en a qui ont l’air de dire au bon Dieu : « Je m’en vais vous dire deux mots pour me débarrasser de vous ». Je pense souvent que, lorsque nous venons adorer notre Seigneur, nous obtiendrions tout ce que nous voudrions, si nous le lui demandions avec une foi bien vive et un cœur bien pur.

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
Catéchisme sur la prière (éd. Monnin ; bréviaire : 04/08)

 

 

Le vrai pain venu du ciel

vendredi 20 avril 2018

Les juifs disent : « Nos pères ont mangé la manne dans le désert ». Le Sauveur aurait pu leur répondre : « Je viens de faire un plus grand miracle que celui de Moïse : moi, je n’ai eu besoin ni de bâton, ni de prière (cf Ex 9,23; 17,9s) ; j’ai tout fait par moi-même, par ma propre autorité. Vous rappelez le prodige de la manne ; moi, ne vous ai-je pas donné du pain en abondance ? » Mais ce n’était pas le temps alors de parler de cette manière. Jésus ne pensait qu’à une chose : les attirer à lui pour qu’ils lui demandent une nourriture spirituelle… : « Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel ; c’est mon Père qui donne le vrai pain du ciel »…

Ce pain que le Père donne, Jésus Christ l’appelle le pain véritable. Non que le miracle de la manne ait été faux ; mais la manne était une préfiguration d’un pain supérieur et plus merveilleux… : « Le pain de Dieu, c’est le pain qui est descendu du ciel et qui donne la vie au monde » — au monde entier et non seulement aux juifs. Ce pain n’est pas seulement une nourriture mais une vie, une vie différente de celle-ci, une vie complètement autre : ce pain donne la vraie vie… Jésus est lui-même ce pain parce qu’il est le Verbe, la Parole de Dieu, de même qu’ici, en nos églises, il devient le pain du ciel par la descente du Saint Esprit.

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
Homélies sur l’évangile de Jean, n°45

 

 

 

 

 

D’abord s’instruire

samedi 3 février 2018

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Mes enfants, ce n’est pas peu de chose que la Parole de Dieu ! Les premiers mots de notre Seigneur à ses Apôtres furent ceux-ci : « Allez et instruisez » pour nous faire voir que l’instruction passe avant tout. Qu’est-ce qui nous a fait connaître notre religion ? Ce sont les instructions que nous avons entendues. Qu’est-ce qui nous donne l’horreur du péché, nous fait percevoir la beauté de la vertu, nous inspire le désir du ciel ? Les instructions.

Mes enfants pourquoi est-on si aveugle et si ignorant ? Parce qu’on ne fait point cas de la Parole de Dieu. Avec une personne instruite, il y a toujours de la ressource. Elle a beau s’égarer dans toutes sortes de mauvaises voies, on peut toujours espérer qu’elle reviendra au Bon Dieu tôt ou tard, quand ce ne serait qu’à l’heure de la mort. Au lieu qu’une personne qui n’est pas instruite de sa religion est comme un malade à l’agonie ; elle ne connaît ni la grandeur du péché, ni la beauté de son âme, ni le prix de la vertu ; elle se traîne de péché en péché. Une personne instruite a toujours deux guides qui marchent devant elle : le conseil et l’obéissance.

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
Pensées choisies du saint Curé d’Ars (J. Frossard, Eds Téqui, p. 21-23, rev.)

 

Du bon usage des tentations

samedi 27 janvier 2018

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Comme le bon soldat n’a pas peur du combat, de même le bon chrétien n’a pas peur de la tentation […] La plus grande tentation est de n’en point avoir ! On peut presque dire qu’on est heureux d’avoir des tentations : c’est le moment de la récolte spirituelle où nous amassons pour le ciel […]. Si nous étions bien pénétrés de la sainte Présence de Dieu, il nous serait très facile de résister à l’ennemi. Avec cette pensée : Dieu te voit ! nous ne pécherions jamais.

Il y avait une sainte qui se plaignait à notre Seigneur après la tentation et Lui disait : « Où étiez-vous donc, mon Jésus tout aimable, pendant cette horrible tempête ? ». Notre Seigneur lui répondit : « J’étais au milieu de ton cœur… ».

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
Pensées choisies du Curé d’Ars (J. Frossard, Eds Téqui, p. 48)

 

 

Amassons des trésors éternels

vendredi 10 novembre 2017

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Le monde passe ; nous passons avec lui. Les rois, les empereurs, tout s’en va. On s’engouffre dans l’éternité d’où l’on ne revient plus. Il ne s’agit que d’une seule chose : sauver sa pauvre âme. Les saints n’étaient pas attachés aux biens de la terre ; ils ne songeaient qu’à ceux du ciel. Les gens du monde, au contraire, ne songent qu’au temps présent.

Il faut faire comme les rois. Quand ils vont être détrônés, ils envoient leurs trésors en avant ; ces trésors les attendent. De même un bon chrétien envoie toutes ses bonnes œuvres à la porte du ciel. […]

La terre est un pont pour passer l’eau ; elle ne sert qu’à soutenir nos pieds… Nous sommes en ce monde mais nous ne sommes pas de ce monde, puisque nous disons tous les jours : « Notre Père qui êtes aux cieux… » Il faut donc attendre notre récompense quand nous serons « chez nous » dans la maison paternelle.

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
Pensées choisies du Saint curé d’Ars (J. Frossard, Eds Téqui ; chap. 4, p.23-24)

 

 

Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

dimanche 18 juin 2017

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Si l’on pouvait bien comprendre tous les biens renfermés dans la sainte Communion, il n’en faudrait pas davantage pour contenter le cœur de l’homme.

Notre Seigneur a dit : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon Nom, Il vous l’accordera. » (Jn 16,23b) Jamais nous n’aurions pensé à demander à Dieu son propre Fils. Mais ce que l’homme n’aurait pu imaginer, Dieu l’a fait. Ce que l’homme ne peut pas dire ni concevoir, et qu’il n’eût jamais osé désirer, Dieu, dans son Amour, l’a dit, l’a conçu et l’a exécuté.

Sans la divine Eucharistie, il n’y aurait point de bonheur en ce monde, la vie ne serait pas supportable. Quand nous recevons la sainte Communion, nous recevons notre joie et notre bonheur. Le Bon Dieu, voulant se donner à nous dans le Sacrement de son Amour, nous a donné un désir vaste et grand que Lui seul peut satisfaire… À côté de ce beau Sacrement, nous sommes comme une personne qui meurt de soif à côté d’une rivière ; elle n’aurait cependant qu’à courber la tête !… Comme une personne qui reste pauvre à côté d’un trésor ; elle n’aurait qu’à tendre la main !

Si l’on pouvait bien comprendre tous les biens renfermés dans la sainte Communion, il n’en faudrait pas davantage pour contenter le cœur de l’homme.

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
Pensées choisies du saint Curé d’Ars (J. Frossard, Éds Tequi 2007, p. 83-86, rev.)

 

 

 

 

« Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

jeudi 3 novembre 2016

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La conduite que Jésus Christ tenait pendant sa vie mortelle nous montre la grandeur de sa miséricorde pour les pécheurs. Nous voyons qu’ils viennent tous lui tenir compagnie ; et lui, bien loin de les rebuter ou du moins de s’éloigner d’eux, au contraire, il prend tous les moyens possibles pour se trouver parmi eux, afin de les attirer à son Père. Il va les chercher par les remords de conscience ; il les ramène par sa grâce et les gagne par ses manières amoureuses. Il les traite avec tant de bonté, qu’il prend même leur défense contre les scribes et les pharisiens qui veulent les blâmer, et qui semblent ne pas vouloir les souffrir auprès de Jésus Christ.

Il va encore plus loin : il veut se justifier de la conduite qu’il tient à leur égard par une parabole qui leur dépeint, comme l’on ne peut pas mieux, la grandeur de son amour pour les pécheurs, en leur disant : « Un bon pasteur qui avait cent brebis, en ayant perdu une, laisse toutes les autres pour courir après celle qui s’est égarée, et, l’ayant retrouvée, il la met sur ses épaules pour lui éviter la peine du chemin. Puis, l’ayant rapportée à son bercail, il invite tous ses amis à se réjouir avec lui d’avoir retrouvé la brebis qu’il croyait perdue ». Il ajoute encore cette parabole d’une femme qui, ayant dix drachmes et en ayant perdu une, allume sa lampe pour la chercher dans tous les coins de sa maison, et l’ayant retrouvée, elle invite toutes ses amies pour s’en réjouir. « C’est ainsi, leur dit-il, que tout le ciel se réjouit du retour d’un pécheur qui se convertit et qui fait pénitence. Je ne suis pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs ; ceux qui sont en santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui sont malades » (Lc 5,31-32).

Nous voyons que Jésus Christ s’applique à lui-même ces vives images de la grandeur de sa miséricorde envers les pécheurs. Quel bonheur pour nous de savoir que la miséricorde de Dieu est infinie ! Quel violent désir ne devons-nous pas sentir naître en nous d’aller nous jeter aux pieds d’un Dieu qui nous recevra avec tant de joie !

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
Sermon pour le 3ème dimanche après Pentecôte, 1er sur la miséricorde

 

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,51-58.

dimanche 16 août 2015

mariejesuseucharistJESUS disait à la foule : « Moi, JE suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie. »

JESUS avait dit: « Amen, amen JE vous le dis, celui qui croit en moi, a la vie éternelle »

Aujourd’hui JESUS dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en Moi, et moi en lui. »

La première condition pour « accepter d’écouter JESUS, est déjà d’avoir fait la démarche de le rencontrer et de mettre sa confiance en LUI. Il faut déjà être dans cette attitude d’humble écoute pour entendre avec les oreilles du cœur, ce que JESUS veut nous dire :

« MOI, JE SUIS le pain vivant qui est descendu du ciel.  »

Il faut d’abord rencontrer JESUS pour LE connaître ; puis croire en Lui, et reconnaître qu’il est la Vie, selon ce qu’IL a dit de lui-même : « JE suis le chemin, la Vérité et la Vie.  »
Ensuite il faut LE manger, LUI le pain vivant descendu du ciel, pour entrer dans le mystère où DIEU nous fait pénétrer par la foi . Les juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ?  » Pour accueillir un tel discours, ne faut-il pas déjà avoir répondu à cet appel.

« Venez mes fils écoutez-moi que je vous enseigne la crainte de DIEU qui donc aime la vie et désire les jours où il verra le bonheur.  » (Psaume 33)

C’est seulement celui qui cherche le bonheur et la vie qui peut écouter et accepter d’entendre de telles paroles…cet homme-là n’a t-il pas un langage nouveau ? C’est une grâce de vouloir écouter sans comprendre avec son intelligence mais seulement avec son cœur. D’ailleurs JESUS le dira :
« Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi.  »

Les juifs qui n’avaient pas reconnu leur Messie en JESUS ne pouvaient pas croire dans les paroles de JESUS qui s’adressent non pas à l’intelligence rationnelle, non pas à l’intelligence des Ecritures, mais à l’œuvre extraordinaire de Vie où chaque homme est convié par le SEIGNEUR JESUS. La foi est une grâce à demander qui jaillit de la rencontre. Alors le Saint Esprit est à l’œuvre et l’inimaginable se produit : DIEU livre son Corps et son Sang pour la vie du monde. Et nous sommes  » sauvés par pure grâce « . Le pain vivant descendu du ciel, nous fera monter au ciel, car dès aujourd’hui par la foi, DIEU se donne à nous sous des apparences ordinaires du pain et du vin !…La vie éternelle est le cadeau de participation à la vie du Père et du Fils :

« De même que le Père qui est Vivant m’a envoyé, et que Moi JE vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel.  »

C’est dans l’adoration que nous pouvons contempler le SEIGNEUR de gloire qui se donne à nous par ce PAIN VIVANT. Oui c’est bien un Corps Vivant qui nous est donné dans la foi. C’est le corps de JESUS MORT ET RESUSCITE…livré pour notre Vie Eternelle. JESUS insiste dans son discours pour nous dire que son Corps est vraiment une nourriture, et son Sang, une vraie boisson, qui viennent intimement reconstituer notre corps mortel.

A quel mystère et à quelle grandeur l’homme est destiné ! Le SEIGNEUR veut nous faire partager Sa Gloire et Sa Vie dès ici-bas. Ainsi dès aujourd’hui le SEIGNEUR nous fait participer, en mangeant son Corps, à la Vie qu’IL nous a acquise par Sa Croix.
« Goûtez et voyez comme est bon le SEIGNEUR.  »

 

A LUI, LA GLOIRE ETERNELLEMENT !

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« Si on savait ce que c’est que communier, on mourrait de bonheur.  » Curé d’Ars

 

 

 

 

 

 

St Jean-Marie Vianney, curé d’Ars (1786-1859)

mardi 4 août 2015

Cure d'ArsChers frères et sœurs, […]
Jean-Marie Vianney naît dans le petit village de Dardilly le 8 mai 1786, dans une famille de paysans, pauvre en biens matériels, mais riche d’humanité et de foi. Baptisé, comme le voulait le bon usage à l’époque, le jour même de sa naissance, il consacra les années de l’enfance et de l’adolescence aux travaux dans les champs et à paître les animaux, si bien qu’à l’âge de dix-sept ans, il était encore analphabète. Mais il connaissait par cœur les prières que lui avait enseignées sa pieuse mère et il se nourrissait du sentiment religieux que l’on respirait chez lui. Les biographes racontent que, dès sa prime jeunesse, il essaya de se conformer à la divine volonté même dans les tâches les plus humbles.

Il nourrissait dans son âme le désir de devenir prêtre, mais il ne lui fut pas facile de le satisfaire. Il parvint en effet à l’ordination sacerdotale après de nombreuses adversités et incompréhensions, grâce à l’aide de sages prêtres, qui ne s’arrêtèrent pas à considérer ses limites humaines, mais surent regarder au-delà, devinant l’horizon de sainteté qui se profilait chez ce jeune homme véritablement singulier.

Ainsi, le 23 juin 1815, il fut ordonné diacre et le 13 août suivant, prêtre. Enfin, à l’âge de 29 ans, après de nombreuses incertitudes, un certain nombre d’échecs et beaucoup de larmes, il put monter sur l’autel du Seigneur et réaliser le rêve de sa vie.

Le saint curé d’Ars manifesta toujours une très haute considération du don reçu. Il affirmait: « Oh! Quelle grande chose que le sacerdoce! On ne le comprendra bien qu’une fois au Ciel… si on le comprenait sur la terre, on mourrait, non d’effroi mais d’amour! » (Abbé Monnin, Esprit du Curé d’Ars, p. 113). En outre, dans son enfance, il avait confié à sa mère: « Si j’étais prêtre, je voudrais conquérir beaucoup d’âmes » (Abbé Monnin, Procès de l’ordinaire, p. 1064). Et il en fut ainsi. Dans le service pastoral, aussi simple qu’extraordinairement fécond, ce curé anonyme d’un village isolé du sud de la France parvint si bien à s’identifier à son ministère, qu’il devint, également de manière visible et universellement reconnaissable, alter Christus, image du Bon Pasteur, qui à la différence du mercenaire, donne la vie pour ses brebis (cf. Jn 10, 11).

A l’exemple du Bon Pasteur, il a donné la vie au cours des décennies de son service sacerdotal. Son existence fut une catéchèse vivante, qui trouvait une efficacité toute particulière lorsque les personnes le voyaient célébrer la Messe, s’arrêter en adoration devant le tabernacle ou passer de longues heures dans le confessionnal.

Au centre de toute sa vie, il y avait donc l’Eucharistie, qu’il célébrait et adorait avec dévotion et respect. Une autre caractéristique fondamentale de cette extraordinaire figure sacerdotale, était le ministère assidu des confessions. Il reconnaissait dans la pratique du sacrement de la pénitence l’accomplissement logique et naturel de l’apostolat sacerdotal, en obéissance au mandat du Christ : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (cf. Jn 20, 23).

Saint Jean-Marie Vianney se distingua donc comme un confesseur et maître spirituel excellent et inlassable. En passant « d’un même mouvement intérieur, de l’autel au confessionnal », où il passait une grande partie de la journée, il cherchait par tous les moyens, par la prédication et par le conseil persuasif, à faire redécouvrir aux paroissiens la signification et la beauté de la pénitence sacramentelle, en la montrant comme une exigence intime de la Présence eucharistique.

Les méthodes pastorales de Jean-Marie Vianney pourraient apparaître peu adaptées aux conditions sociales et culturelles actuelles. Comment en effet un prêtre d’aujourd’hui pourrait-il l’imiter, dans un monde qui a tant changé? S’il est vrai que les temps changent et que de nombreux charismes sont typiques de la personne, et donc inimitables, il y a toutefois un style de vie et un élan de fond que nous sommes tous appelés à cultiver. A bien y regarder, ce qui a rendu saint le curé d’Ars a été son humble fidélité à la mission à laquelle Dieu l’avait appelé; cela a été son abandon constant, empli de confiance, entre les mains de la Providence divine. Il a réussi à toucher le cœur des personnes non en vertu de ses dons humains, ni en s’appuyant exclusivement sur un effort, même louable, de la volonté, il a conquis les âmes, même les plus réfractaires, en leur communiquant ce qu’il vivait de manière intime, à savoir son amitié avec le Christ. […]

Les Pères du Concile œcuménique Vatican II avaient bien présents à l’esprit cette « soif de vérité » qui brûle dans le cœur de tout homme, lorsqu’ils affirmèrent que c’est aux prêtres, « comme éducateurs de la foi », qu’il revient de former « une authentique communauté chrétienne » capable de « frayer la route à tous les hommes vers le Christ » et d’exercer « une véritable maternité » à leur égard, en indiquant ou en facilitant à celui qui ne croit pas « un chemin vers le Christ et son Église » et « pour réveiller les fidèles, les nourrir, leur donner des forces pour le combat spirituel » (cf. Presbyterorum ordinis, n. 6).

L’enseignement que continue de nous transmettre le saint curé d’Ars à cet égard est que, à la base de cet engagement pastoral, le prêtre doit placer une union personnelle intime avec le Christ, qu’il faut cultiver et accroître jour après jour. C’est seulement s’il est amoureux du Christ que le prêtre pourra enseigner à tous cette union, cette amitié intime avec le divin Maître, qu’il pourra toucher les cœurs des personnes et les ouvrir à l’amour miséricordieux du Seigneur. C’est seulement ainsi, par conséquent, qu’il pourra transmettre enthousiasme et vitalité spirituelle aux communautés que le Seigneur lui confie. Prions pour que, par l’intercession de saint Jean-Marie Vianney, Dieu fasse don à son Église de saints prêtres, et pour que croisse chez les fidèles le désir de soutenir et d’aider leur ministère.

Pour un approfondissement biographique :
>>> Sanctuaire du Saint Curé d’Ars
>>> Saint Jean-Marie Vianney, Curé D’Ars [PDF]

Extraits de la Catéchèse de Benoît XVI

Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

 

 

 

 

 

 

 

Lourdes 2015 : 2ème message (22 avril 2015)

samedi 25 avril 2015

 

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