Étiquette : miracle

  • « Aussitôt elle vint se jeter à ses pieds. »

    « Aussitôt elle vint se jeter à ses pieds. »

    « Seigneur, que personne ne peut voir sinon les cœurs purs (Mt 5,8), je recherche, par la lecture et la méditation, ce qu’est la vraie pureté de cœur et comment on peut l’obtenir pour devenir capable, grâce à elle, de te connaître, si peu que ce soit. J’ai cherché ton visage, Seigneur, j’ai cherché ton visage (Ps 26,8). J’ai longtemps médité en mon cœur, et un feu s’est allumé dans ma méditation : le désir de te connaître davantage. Quand tu romps pour moi le pain de la sainte Écriture, tu m’es connu dans cette fraction du pain (Lc 24,30-35). Et plus je te connais, plus je désire te connaître, non seulement dans l’écorce de la lettre mais dans la saveur de l’expérience.

    « Je ne demande pas cela, Seigneur, en raison de mes mérites, mais à cause de ta miséricorde. J’avoue, en effet, que je suis pécheur et indigne, mais ‘les petits chiens eux-mêmes mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres’. Donne-moi donc, Seigneur, les gages de l’héritage futur, une goutte au moins de la pluie céleste pour rafraîchir ma soif, car je brûle d’amour »…

    C’est par de tels discours que l’âme appelle son Époux. Et le Seigneur, qui regarde les justes et qui non seulement écoute leur prière mais est présent dans cette prière, n’attend pas la fin de celle-ci. Il l’interrompt au milieu de son cours ; il se présente tout à coup, il se hâte de venir à la rencontre de l’âme qui le désire, ruisselant de la douce rosée du ciel comme du parfum le plus précieux. Il recrée l’âme fatiguée, il nourrit celle qui a faim, il fortifie sa fragilité, il la vivifie en la mortifiant par un admirable oubli d’elle-même, il la rend sobre en l’enivrant.

    Guigues le Chartreux (?-1188)

  • « Tous ceux qui le touchaient étaient sauvés. »

    « Tous ceux qui le touchaient étaient sauvés. »

    Quand Jésus était en ce monde, le simple contact de ses vêtements guérissait les malades. Pourquoi douter, si nous avons la foi, qu’il ne fasse encore des miracles en notre faveur quand il est si intimement uni à nous dans la communion eucharistique ? Pourquoi ne nous donnera-t-il pas ce que nous lui demandons puisqu’il est dans sa propre maison ? Sa Majesté n’a pas coutume de mal payer l’hospitalité qu’on lui donne en notre âme, si on lui fait bon accueil. Éprouvez-vous de la peine de ne pas contempler notre Seigneur avec les yeux du corps ? Dites-vous que ce n’est pas ce qui vous convient actuellement…

    Mais dès que notre Seigneur voit qu’une âme va profiter de sa présence, il se découvre à elle. Elle ne le verra pas, certes, des yeux du corps, mais il se manifestera à elle par de grands sentiments intérieurs ou par bien d’autres moyens. Restez donc avec lui de bon cœur. Ne perdez pas une occasion aussi favorable pour traiter de vos intérêts que l’heure qui suit la communion.

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

  • « La jeune fille n’est pas morte, elle dort. »

    « La jeune fille n’est pas morte, elle dort. »

    Ce chef [de synagogue] peut être compris comme représentant la Loi de Moïse qui, priant à l’intention de la foule qu’elle avait nourrie pour le Christ en prêchant l’attente de sa venue, demande au Seigneur de rendre la vie à une morte… Le Seigneur lui a promis son aide et pour la lui assurer, l’a suivi.

    Mais d’abord, la foule des païens pécheurs est sauvée avec les apôtres. Le don de la vie revenait en premier lieu à l’élection prédestinée par la Loi, mais au préalable, dans l’image de la femme, le salut est rendu aux publicains et aux pécheurs. Voilà pourquoi cette femme a confiance qu’en venant sur le passage du Seigneur, elle sera guérie de son flux de sang par le contact du vêtement du Seigneur… Elle a hâte dans sa foi de toucher la frange du vêtement, c’est-à-dire d’atteindre en compagnie des apôtres le don de l’Esprit Saint qui sort du corps du Christ à la manière d’une frange. En peu de temps elle est guérie. Ainsi, la santé destinée à l’une est rendue aussi à une autre, dont le Seigneur a loué la foi et la persévérance, parce que ce qui était préparé pour Israël a été accueilli par les peuples des nations… La puissance guérissante du Seigneur, contenue dans son corps, gagnait jusqu’aux franges de ses vêtements. En effet, Dieu n’était pas divisible ni saisissable pour être enfermé dans un corps ; il divise lui-même ses dons dans l’Esprit, mais n’est pas divisé dans ses dons. Sa puissance est atteinte par la foi partout, parce qu’elle est partout et n’est absente nulle part. Le corps qu’il a pris n’a pas enfermé sa puissance, mais sa puissance a pris la fragilité d’un corps pour le racheter. Et cette puissance est si illimitée et si généreuse que l’œuvre du salut des hommes était présente jusque dans les franges du vêtement du Christ.

    Le Seigneur entre ensuite dans la maison du chef, autrement dit dans la synagogue…, et beaucoup se moquent de lui. En effet ils n’ont pas cru en Dieu dans un homme ; ils ont ri d’entendre prêcher la résurrection d’entre les morts. Prenant la main de la jeune fille, le Seigneur a ramené à la vie celle dont la mort n’était auprès de lui qu’un sommeil.

    Saint Hilaire (v. 315-367)

  • « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! »

    Que personne ne doute, s’il est chrétien, que même maintenant des morts ressuscitent. Certes, tout homme a des yeux par lesquels il peut voir des morts ressusciter de la manière qu’est ressuscité le fils de cette veuve dont il vient d’être question dans l’évangile. Mais tous ne peuvent pas voir ressusciter ceux qui sont morts spirituellement ; pour cela il faut être déjà ressuscité intérieurement. Il est plus grand de ressusciter quelqu’un qui doit vivre pour toujours que de ressusciter quelqu’un qui doit mourir à nouveau.

    La mère de ce jeune homme, cette veuve, a été transportée de joie de voir son fils ressusciter. Notre mère, l’Église, se réjouit aussi en voyant tous les jours la résurrection spirituelle de ses enfants. Le fils de la veuve était mort de la mort du corps ; mais ceux-là, de la mort de l’âme. On répandait des larmes sur la mort visible du premier ; mais on ne se souciait pas de la mort invisible des derniers, on ne la voyait même pas. Le seul qui n’y est pas resté indifférent, c’est celui qui connaissait ces morts ; seul connaissait ces morts celui qui pouvait leur rendre la vie. En effet si le Seigneur n’était pas venu pour ressusciter les morts, l’apôtre Paul n’aurait pas dit : « Lève-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera ! » (Ep 5,14)

    Saint Augustin (354-430)

  • « Je te le dis, lève-toi. »

    Avant de ressusciter une jeune fille morte, c’est pour amener à la foi que Jésus commence par guérir la femme atteinte de pertes de sang. C’est pour t’instruire qu’il a fait arrêter ce saignement et a guéri cette femme alors qu’il se rendait auprès de la fille.

    De la même façon, c’est pour croire en notre résurrection éternelle que nous célébrons la résurrection historique du Seigneur qui a suivi sa Passion. (…) « Les serviteurs du chef arrivent et disent : ‘Ne dérange plus le maître’ » : ils ne croient pas encore en la résurrection de Jésus prédite dans la Loi et accomplie dans l’Évangile. C’est pourquoi, en arrivant à la maison, Jésus ne prend avec lui que peu de témoins de la résurrection qui va se produire : ce n’est pas le grand nombre qui a cru tout de suite à la résurrection. Quand Jésus déclare : « L’enfant n’est pas morte, elle dort », la foule « se moque de lui », car ceux qui ne croient pas se moquent. Qu’ils pleurent donc leurs morts, ceux qui les croient morts : quand on a la foi en la résurrection, ce n’est pas une fin que l’on voit dans la mort mais un repos. (…)

    Prenant donc la main de l’enfant, Jésus la guérit et il lui fait donner à manger. C’est là une attestation de la vie, afin qu’on ne puisse pas croire à une illusion mais à la réalité. Heureuse celle dont la Sagesse tient ainsi la main ! Plaise à Dieu qu’elle tienne aussi mes actions, que la justice tienne ma main, que le Verbe, la Parole de Dieu, tienne ma main, et qu’il me conduise dans le lieu caché où il demeure. Qu’il détourne mon esprit de l’erreur, qu’il ramène celui qu’il sauve, et qu’il ordonne de me donner à manger, car le Verbe de Dieu c’est le pain du ciel (Jn 6,32). C’est pourquoi cette Sagesse, qui a déposé sur l’autel saint les aliments divins de son Corps et de son Sang, déclare : « Venez manger mon pain, venez boire le vin que je vous ai préparé » (Pr 9,5).

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

     

  • « Il drape les cieux de nuées, il prépare la pluie à la terre ; il fait germer l’herbe sur les monts et les plantes au service de l’homme. » (Ps 146,8)

    Les miracles accomplis par notre Seigneur Jésus Christ sont vraiment des œuvres divines. Ils disposent l’intelligence humaine à connaître Dieu à partir de ce qui est visible, puisque nos yeux sont incapables de le voir en raison même de sa nature. En plus, les miracles que Dieu opère pour gouverner l’univers et organiser toute sa création ont tellement perdu de leur valeur à force de se répéter, que presque personne ne prend la peine de remarquer quelle œuvre merveilleuse et étonnante il réalise dans n’importe quelle petite graine de semence.

    C’est pourquoi, dans sa bienveillance, il s’est réservé d’accomplir au moment choisi certaines actions en dehors du cours habituel des choses. Ainsi, ceux qui tiennent pour négligeables les merveilles de tous les jours restent stupéfaits à la vue d’œuvres qui sortent de l’ordinaire et cependant ne l’emportent pas sur celles-là. Gouverner l’univers est en vérité un miracle plus grand que de rassasier cinq mille hommes avec cinq pains ! Et pourtant personne ne s’en étonne… Qui, en effet, nourrit aujourd’hui encore l’univers sinon celui qui, avec quelques grains, crée les moissons ?

    Le Christ a donc agi en Dieu. C’est par sa puissance divine qu’il fait sortir d’un petit nombre de grains de riches moissons ; c’est par cette même puissance qu’il a multiplié les cinq pains. Les mains du Christ étaient pleines de puissance ; ces cinq pains étaient comme des semences non jetées en terre mais multipliées par celui qui a fait le ciel et la terre.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • « Pourquoi tenir de tels raisonnements ? »

    Les scribes disaient : « Il blasphème ! Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ? » Quelle est la réponse du Sauveur ? A-t-il désapprouvé un tel langage ? S’il n’était pas l’égal de Dieu, il aurait dû dire : « Pourquoi m’attribuez-vous une telle prétention ? »… Mais il n’a rien dit de semblable ; au contraire, il a confirmé cette déclaration de ses ennemis. Rendre témoignage à soi-même est suspect ; la vérité est mieux appuyée par d’autres, et non seulement par ses amis, mais encore plus par ses ennemis… Notre Maître avait montré sa puissance par ses amis quand il a dit au lépreux : « Je le veux, sois guéri » (Mc 1,41), et au centurion : « Je n’ai jamais trouvé tant de foi en Israël » (Mt 8,10). Maintenant il fait témoigner ses ennemis…

    Mais ici il y a encore un autre témoignage de la divinité de Jésus Christ, du fait qu’il est égal au Père. Non seulement Dieu seul peut remettre les péchés, mais Dieu seul peut pénétrer les pensées secrètes des cœurs. Il est écrit ici : « Saisissant dans son esprit les raisonnements qu’ils faisaient, Jésus leur dit : ‘Pourquoi de telles pensées dans vos cœurs ?’ » Le prophète écrit : « Toi seul connaît les cœurs » (2Ch 6,30) ; « Dieu sonde les cœurs et les reins » (Ps 7,10)… ; « L’homme voit l’apparence, mais Dieu voit le cœur » (1S 16,7). En même temps, le Christ donne une nouvelle preuve de sa douceur : « Pourquoi pensez-vous le mal dans votre cœur ? »…

    « Qu’est-ce qui vous paraît plus facile : guérir un corps malade ou pardonner les fautes d’une âme ? L’âme est plus élevée ; ses maladies sont plus difficiles à guérir. Mais parce que cette guérison est invisible, je ferai sous vos yeux une guérison visible, quoique moins importante »… Jésus fait donc lever le paralytique et le renvoie chez lui… Il semble lui dire : « Par ce qui t’est arrivé, j’aurais voulu guérir ces gens qui paraissent en bonne santé mais qui en réalité ont l’âme malade. Puisqu’ils ne le veulent pas, va-t’en chez toi ; là du moins, ta guérison portera des fruits ».

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

     

     

     

  • « Aussitôt la jeune fille se leva. »

    Le Christ entre dans la maison où se trouve la jeune fille, la prend par la main et lui dit : « Petite fille, je te le dis, lève-toi ! »… Chers jeunes, le monde a besoin de votre réponse personnelle aux paroles de vie du Maître : « Je te le dis, lève-toi ! » Nous voyons comment Jésus vient à la rencontre de l’humanité dans les situations les plus difficiles et les plus pénibles. Le miracle accompli dans la maison de Jaïre nous montre son pouvoir sur le mal. Il est le Seigneur de la vie, le vainqueur de la mort…

    Mais nous ne pouvons pas oublier que, selon ce que nous enseigne la foi, la cause première du mal, de la maladie, de la mort même, c’est le péché en ses différentes formes. Dans le cœur de chacun et de chacune de nous se cache cette maladie qui nous touche tous : le péché personnel, qui s’enracine de plus en plus dans les consciences à mesure que se perd le sens de Dieu. Oui, chers jeunes, veillez à ne pas laisser s’affaiblir en vous le sens de Dieu. On ne peut pas vaincre le mal par le bien si l’on n’a pas ce sens de Dieu, de son action, de sa présence, qui nous invite à parier toujours sur la grâce, sur la vie, contre le péché, contre la mort. Le sort de l’humanité est en jeu…

    Il s’ensuit que nous devons voir les implications sociales du péché pour construire un monde digne de l’homme. Il y a des maux sociaux qui créent une véritable « communion du péché » parce que, en même temps que l’âme, ils abaissent l’Église et d’une certaine manière le monde entier… Chers jeunes, combattez le bon combat de la foi (1Tm 6,12) pour la dignité de l’homme, pour la dignité de l’amour, pour une vie noble, une vie d’enfants de Dieu. Vaincre le péché à l’aide du pardon de Dieu est une guérison, c’est une résurrection. N’ayez pas peur des exigences de l’amour du Christ. Craignez, au contraire, la pusillanimité, la légèreté, la recherche de vos intérêts propres, l’égoïsme, tout ce qui veut faire taire la voix du Christ qui, s’adressant à chacun de nous, répète : « Je te le dis, lève-toi ».

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

     

     

     

  • « Jésus étendit la main, le toucha et dit : ‘ Sois purifié ‘ »

    Jésus ne dit pas simplement : « Je le veux, sois guéri ». Mieux encore : « Il étendit la main et le toucha ». Voilà qui est digne d’attention. Puisqu’il le guérissait par un acte de sa volonté et par une parole, pourquoi l’a-t-il touché de la main ? Pas pour une autre raison, me semble-t-il, que pour montrer qu’il n’est pas inférieur, mais supérieur à la Loi, et que désormais, rien n’est impur pour quelqu’un de pur (cf Lv 13)… La main de Jésus n’est pas devenue impure au contact du lépreux ; au contraire, le corps du lépreux a été purifié par la sainteté de cette main. C’est que le Christ est venu non seulement guérir les corps, mais élever les âmes à la sainteté : il nous enseigne ici à avoir soin de notre âme, à la purifier, sans nous préoccuper des ablutions extérieures. La seule lèpre à craindre, c’est celle de l’âme, c’est-à-dire le péché…

    Quant à nous, rendons grâce à Dieu continuellement. Remercions-le non seulement pour les biens qu’il nous a donnés, mais encore pour ceux qu’il a accordés aux autres ; nous pourrons ainsi détruire l’envie, entretenir et accroître notre amour du prochain.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

     

     

     

  • « Ses oreilles s’ouvrirent, sa langue se délia et il parlait correctement. » (Mc 7,35)

    Qu’il serait à désirer, mes frères, que l’on pût dire de chacun de nous ce que l’Évangile dit de ce muet que Jésus guérit, qu’il parlait très bien. Hélas ! Mes frères, ne pourrait-on pas, au contraire, nous reprocher que nous parlons presque toujours mal, surtout lorsque nous parlons de notre prochain.

    Quelle est, en effet, la conduite de la plupart des chrétiens de nos jours ? La voici. Critiquer, censurer, noircir et condamner ce que fait et dit le prochain : voilà de tous les vices le plus commun, le plus universellement répandu, et, peut-être, le plus mauvais de tous. Vice que l’on ne pourra jamais assez détester, vice qui a les suites les plus funestes, qui porte partout le trouble et la désolation.

    Ah ! plût à Dieu, de me donner un de ces charbons dont l’ange se servit pour purifier les lèvres du prophète Isaïe (cf. Is 6, 6-7), afin d’en purifier la langue de tous les hommes ! Oh ! que de maux l’on bannirait de dessus la terre, si l’on pouvait en chasser la médisance ! Puissé-je, mes frères, vous en donner tant d’horreur, que vous ayez le bonheur de vous en corriger pour toujours ! (…)

    Je finis en disant que, non seulement, il est mal fait de médire et de calomnier, mais encore d’écouter la médisance et la calomnie avec plaisir ; car si personne n’écoutait, il n’y aurait pas de médisants. (…) Disons souvent : « Mon Dieu, faites-moi la grâce de me connaître tel que je suis. » Heureux ! mille fois heureux, celui qui ne se servira de sa langue que pour demander à Dieu le pardon de ses péchés et chanter ses louanges !

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)