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Archive pour le mot-clef ‘Abraham’

« Le riche vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui. »

jeudi 21 mars 2019

« Abraham était très riche », nous dit l’Écriture (Gn 13,2)… Abraham, mes frères, n’a pas été riche pour lui-même, mais pour les pauvres ; plutôt que de se réserver sa fortune, il s’est proposé de la partager… Cet homme, lui-même étranger, n’a cessé de tout mettre en œuvre pour que l’étranger ne se sente plus étranger. Vivant sous la tente, il ne pouvait pas supporter qu’un passant reste sans abri. Perpétuel voyageur, il accueillait toujours les hôtes qui se présentaient… Loin de se reposer sur les largesses de Dieu, il se savait appelé à les répandre : il les employait à défendre les opprimés, à libérer les prisonniers, voire à arracher à leur sort des hommes qui allaient mourir (Gn 14,14)… En face de l’étranger qu’il reçoit (Gn 18,1s), Abraham ne s’assied pas, il reste debout. Il n’est pas le convive de son hôte, il se fait son serviteur ; il oublie qu’il est maître chez lui, il apporte lui-même la nourriture et, soucieux d’une préparation soignée, il fait appel à sa femme. Pour son propre compte, il s’en remet entièrement à ses serviteurs, mais pour l’étranger qu’il reçoit, il pense à peine suffisant de le confier au savoir-faire de son épouse.

Que dirais-je encore, mes frères ? C’est une délicatesse tellement parfaite… qui a attiré chez Abraham Dieu lui-même, qui l’a contraint à être son hôte. Ainsi est venu à Abraham, repos des pauvres, refuge des étrangers, celui-là même qui, plus tard, devait se dire accueilli dans la personne du pauvre et de l’étranger : « J’ai eu faim, dit-il, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’ai été étranger et vous m’avez reçu » (Mt 25,35).

Et nous lisons encore dans l’Évangile : « Quand le pauvre Lazare mourut, il fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham. » N’est-il pas naturel, mes frères, qu’Abraham, jusque dans son repos, accueille tous les saints, et qu’il s’acquitte, jusque dans la béatitude céleste, de son service d’hospitalité ? … Sans aucun doute, il ne pourrait se croire pleinement heureux si, dans la gloire même, il ne continuait à exercer son ministère de partage.

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

 

 

 

« Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu paraître une grande lumière. »

lundi 7 janvier 2019

Mes bien-aimés, instruits des mystères de la grâce divine, célébrons dans la joie spirituelle le jour de nos prémices et le premier appel des nations à la foi. Remercions le Dieu miséricordieux qui, selon les paroles de l’apôtre Paul, « nous a rendus dignes d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a arrachés au pouvoir des ténèbres pour nous faire entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1,12-13). Le Prophète Isaïe ne l’avait-il pas annoncé ? « Le peuple des nations qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre et de la mort la lumière s’est levée » (Is 9,1)…

Abraham a vu ce jour et il s’est réjoui lorsqu’il a connu que ses enfants selon la foi seraient bénis dans sa descendance, c’est à dire dans le Christ, et qu’il a contemplé de loin la paternité que sa fidélité lui vaudrait sur toutes les nations : « Il rendit gloire à Dieu, pleinement convaincu que lui saurait accomplir la promesse qu’il avait faite » (Jn 8,56; Ga 3,16; Rm 4,18-21). C’est ce jour que David chantait ainsi dans ses psaumes : « Toutes les nations que tu as faites viendront se prosterner devant toi, Seigneur ; elles glorifieront ton nom » (Ps 85,9). Et ailleurs : « Le Seigneur a manifesté son salut et révélé sa justice aux yeux des peuples » (Ps 97,2).

Tout cela, nous le savons, s’est réalisé quand les mages, appelés de leur pays lointain, ont été conduits par une étoile pour connaître et adorer le Roi du ciel et de la terre. La docilité de cette étoile nous invite à imiter son obéissance et à nous faire, autant que nous le pouvons, les serviteurs de cette grâce qui appelle tous les hommes au Christ. Quiconque dans l’Église vit dans la dévotion et la chasteté, quiconque apprécie les réalités d’en-haut et non celles de la terre (Col 3,2), ressemble à cette lumière céleste. Tant qu’il entretient en lui l’éclat d’une vie sainte, il montre à tous, telle une étoile, la voie qui mène à Dieu. Ayez tous ce souci, mes bien-aimés… : vous brillerez dans le Royaume comme des enfants de lumière (Mt 13,13 ; Ep 5,8).

Saint Léon le Grand (?-v. 461)

 

 

« Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? »

jeudi 22 mars 2018

Il y aurait beaucoup à dire sur la foi. Il nous suffira de jeter un coup d’œil sur l’un des modèles que l’Ancien Testament nous donne, sur Abraham, puisque nous sommes ses fils par la foi. Celui-ci n’a pas été justifié seulement par les œuvres, mais aussi par la foi. Il avait fait bien des bonnes actions, mais il n’a été appelé ami de Dieu qu’après avoir fait preuve de sa foi ; toutes ses œuvres ont tiré leur perfection de sa foi. C’est par la foi qu’il a quitté ses parents ; c’est par la foi qu’il a laissé patrie, pays, maison. De la manière dont il a été justifié, toi aussi, deviens juste ! Par la suite, son corps est devenu incapable d’être père, car il était devenu fort âgé. Sara à qui il s’était uni, était vieille elle aussi ; ils n’avaient donc aucun espoir de postérité. Or Dieu annonce à ce vieillard qu’il deviendrait père, et la foi d’Abraham n’a pas fléchi. Considérant que son corps était déjà bien près de la mort, il ne table pourtant pas sur son impuissance physique, mais sur la puissance de celui qui avait promis, car il jugeait digne de foi celui qui lui avait fait cette promesse. C’est ainsi que de deux corps déjà marqués, en quelque sorte, par la mort, un enfant est né merveilleusement…

C’est l’exemple de la foi d’Abraham qui nous rend tous enfants d’Abraham. De quelle manière ? Les hommes considèrent comme incroyable une résurrection des morts, tout comme il est incroyable que des vieillards déjà marqués par la mort, engendrent une postérité. Mais lorsqu’on nous annonce la bonne nouvelle du Christ, crucifié sur le bois, mort et ressuscité, nous le croyons. C’est donc par la ressemblance de sa foi que nous entrons dans la filiation d’Abraham. Et alors, avec la foi, nous recevons comme lui le sceau spirituel, circoncis dans le baptême par le Saint-Esprit.

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l’Église
Catéchèses baptismales, n° 5 (trad. Brésard, 2000 ans C, p. 232)

 

 

 

jeudi 6 avril 2017

St Paul Galates

 

 

 

 

 

« Abraham a vu mon jour. »

jeudi 6 avril 2017

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Considérons la récompense qu’Abraham réclame au Seigneur. Il ne demande pas des richesses comme un avare, ni une longue vie comme celui qui craint la mort, ni la puissance, mais il demande un digne héritier de son travail : « Que me donneras-tu, dit-il ? Je m’en vais sans enfants » (Gn 15,2)… Agar a mis au monde un fils, Ismaël, mais Dieu lui dit : « Ce ne sera pas lui ton héritier, mais un autre issu de toi » (Gn 15,4). De quel autre parle-t-il ? Il ne s’agit pas d’Ismaël mais de saint Isaac… Mais dans le fils légitime Isaac, nous pouvons voir le véritable fils légitime, le Seigneur Jésus Christ qui, au début de l’évangile de saint Matthieu, est appelé fils d’Abraham (Mt 1,1). Il s’est montré vrai fils d’Abraham en faisant resplendir la descendance de son ancêtre ; c’est grâce à lui qu’Abraham a regardé vers le ciel et a pu voir sa postérité briller comme les étoiles (Gn 15,5). L’apôtre Paul dit : « Une étoile diffère en éclat d’une autre étoile ; il en est ainsi pour la résurrection des morts » (1Co 15,41). En associant à sa résurrection les hommes que la mort gardait en terre, le Christ leur a donné part au royaume du ciel.

La filiation d’Abraham s’est propagée uniquement par l’héritage de la foi, qui nous prépare au ciel, nous rapproche des anges, nous élève jusqu’aux étoiles. « Dieu dit : ‘Telle sera ta descendance’ et Abraham crut en Dieu » (Gn 15,6). Il a cru que le Christ par son incarnation serait son héritier. Pour te le faire savoir, le Seigneur a dit : « Abraham a vu mon jour et s’est réjoui ». Dieu l’a considéré comme juste parce qu’il n’a pas demandé d’explication mais a cru sans la moindre hésitation. Il est bon que la foi devance les explications, sinon nous aurions l’air d’en demander au Seigneur notre Dieu, comme à un homme. Quelle inconvenance de croire des hommes quand ils témoignent au sujet d’un autre, et de ne pas croire Dieu quand il parle de lui ! Imitons donc Abraham pour hériter le monde par la justification de la foi, qui l’a fait hériter de la terre.

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
Abraham, livre I, 19-20 (trad. coll. Pères dans la foi 74, Migne 1999, p. 49)

 

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« Si vous êtes des enfants d’Abraham, vous devriez agir comme Abraham. »

mercredi 5 avril 2017

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Au premier appel, Abraham est sorti à la suite de Dieu. Il ne s’est pas fait juge de la parole qui s’adressait à lui. Son attachement pour sa famille et ses proches ne l’a pas retenu, ni l’amour de son pays et de ses amis, ni aucun autre lien humain. Mais dès qu’il a entendu la parole et qu’il a su qu’elle était de Dieu, il l’a écoutée avec simplicité, sa foi l’a tenue pour vraie. Méprisant tout le reste, il s’est mis en route avec l’innocence de la nature qui ne cherche pas à ruser ni à faire le mal. Il a couru vers la parole de Dieu comme un enfant court vers son père…

Dieu lui avait dit : « Sors de ton pays et de ta famille, et viens dans le pays que je te montrerai » (Gn 12,1). C’est pour faire triompher la foi d’Abraham et rendre éclatante sa simplicité que Dieu ne lui a pas révélé le pays où il l’appelait ; il semblait le conduire vers Canaan, et pourtant la promesse lui parlait d’un autre pays, celui de la vie qui est dans les cieux. Saint Paul l’atteste : « Il attendait la ville aux fondements solides, celle dont Dieu lui-même est l’architecte et le bâtisseur » (He 11,10)… Bien mieux, afin de nous montrer plus clairement que cette promesse ne concernait pas une patrie terrestre, Dieu, après avoir fait sortir Abraham de sa patrie, Ur des Chaldéens, ne l’a pas conduit aussitôt au pays de Canaan, il l’a fait demeurer d’abord à Harrane. Il ne lui a pas révélé non plus tout de suite le nom du pays où il le conduisait ; Abraham ainsi ne sortirait pas de Chaldée sur le seul attrait d’une récompense.

Considère donc cette sortie d’Abraham, ô disciple, et que la tienne ressemble à la sienne ! Ne tarde pas à répondre à la voix vivante du Christ qui t’appelle. Autrefois il ne s’adressait qu’à Abraham ; aujourd’hui, par son Évangile, il appelle tous ceux qui le veulent, il les invite à sortir à sa suite, car son appel concerne tous les hommes… Autrefois il a choisi le seul Abraham ; aujourd’hui il demande à tous d’imiter Abraham.

Philoxène de Mabboug (?-v. 523), évêque en Syrie
Homélie n° 4, Sur la simplicité, 75-76 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t.1, Médiaspaul 1988, p. 48 ; cf SC 44)

 

 

 

 

 

 

« Alors on viendra de l’Orient et de l’Occident, du nord et du midi prendre place dans le royaume de Dieu. »

mercredi 26 octobre 2016

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La promesse faite jadis par Dieu à Abraham demeure stable. Il lui avait dit, en effet : « Lève les yeux et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et vers le midi, vers l’orient et vers la mer : toute la terre que tu vois, je la donnerai à toi et à ta postérité à jamais » (Gn 13,14-15)… Pourtant Abraham n’a reçu sur terre aucun héritage, « pas même de quoi poser le pied », mais toujours il y a été « un étranger et un hôte de passage » (Ac 7,5 ; Gn 23,4)… Si donc Dieu lui a promis l’héritage de la terre et s’il ne l’a pas reçu durant tout son séjour ici-bas, il faut qu’il le reçoive avec sa postérité, c’est-à-dire avec ceux qui craignent Dieu et croient en lui, lors de la résurrection des justes.

Or sa postérité, c’est l’Église, qui, par le Seigneur, reçoit la filiation adoptive à l’égard d’Abraham, comme le dit Jean Baptiste : « Dieu peut, avec des pierres, faire surgir des enfants à Abraham » (Mt 3,9). L’apôtre Paul aussi dit dans son épître aux Galates : « Vous, frères, comme Isaac, vous êtes les enfants de la promesse » (Ga 4,28). Il dit encore clairement dans la même épître que ceux qui ont cru au Christ reçoivent, par le Christ, la promesse faite à Abraham : « Abraham a reçu les promesses pour lui et pour sa descendance. L’Écriture ne dit pas : ‘et à ses descendants’, au pluriel, mais au singulier : ‘et à sa descendance’, qui n’est autre que le Christ » (3,16). Et, pour confirmer tout cela, il dit encore : « C’est ainsi qu’Abraham crut en Dieu et cela lui fut compté comme justice. Reconnaissez-le donc : ceux qui se réclament de la foi, ce sont eux les fils d’Abraham. Prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, l’Écriture annonça d’avance à Abraham cette bonne nouvelle : Toutes les nations seront bénies en toi » (3,6-8)…

Si donc ni Abraham ni sa descendance, c’est-à-dire ceux qui sont justifiés par la foi, ne reçoivent maintenant d’héritage sur terre, ils le recevront lors de la résurrection des justes, car Dieu est véridique et stable en toutes choses. Et c’est pour ce motif que le Seigneur disait : « Bienheureux les doux, parce qu’ils posséde­ront la terre en héritage » (Mt 5,5).

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr
Contre les hérésies, V, 32, 2 ; SC 153 (trad. SC p. 399s)

 

 

 

« Abraham a vu mon jour. »

jeudi 17 mars 2016

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« Dieu dit à Abraham : Prends ton fils bien-aimé, cet Isaac que tu as chéri ; pars sur les hauteurs et tu me l’offriras en holocauste » (Gn 22,2). Isaac préfigure le Christ qui va souffrir : il vient sur une ânesse…, et quand le Seigneur est venu souffrir pour nous sa Passion, il a détaché le petit de l’ânesse et s’est assis dessus… Abraham dit à ses serviteurs : « Nous reviendrons vers vous » ; sans qu’il le sache, c’était une prophétie… Isaac a porté sur lui le bois, et le Christ a porté le gibet de la croix. Abraham accompagnait son fils ; le Père accompagnait le Christ. Il dit en effet : « Vous me laisserez seul, mais je ne suis pas seul ; le Père est avec moi » (Jn 16,32). Isaac dit à son père… : « Voici le bois, où est l’agneau pour l’holocauste ? » Ce sont des paroles prophétiques, mais il ne le sait pas ; le Seigneur en effet préparait un Agneau pour le sacrifice. Abraham aussi a prophétisé en répondant : « Dieu pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils »…

« L’ange dit : ‘ Abraham, Abraham ! … N’étends pas la main sur l’enfant, ne lui fais rien ; car je sais maintenant que tu crains Dieu, toi qui n’as pas épargné ton fils bien-aimé pour moi ‘ (cf Rm 8,32)… Abraham leva les yeux et regarda : voici qu’un bélier était pendu par les cornes dans un buisson. » Pourquoi un bélier ? C’est lui qui a le plus de valeur dans tout le troupeau. Pourquoi pendu ? Pour te faire voir que ce n’était pas une victime terrestre… Notre corne, notre force, c’est le Christ (Lc 1,69), qui est supérieur à tout homme, comme nous le lisons : « Tu es le plus beau des enfants des hommes » (Ps 44,3). Seul, il a été élevé de terre et exalté, comme il nous l’enseigne par ces paroles : « Je ne suis pas de ce monde, moi ; je suis d’en haut » (Jn 8,23). Abraham l’a vu dans ce sacrifice, il a aperçu sa Passion. C’est pourquoi le Seigneur dit de lui : « Abraham a vu mon jour et s’est réjoui ». Il est apparu à Abraham, lui révélant que son corps souffrirait la Passion par laquelle il a racheté le monde. Il indique même le genre de Passion en le montrant pendu ; ce buisson est le gibet de la croix. Et élevé sur ce bois, le guide incomparable du troupeau a tout attiré à lui, pour se faire connaître de tous.

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
Sur Abraham, I, 67-78 (trad. coll. Pères dans la foi, Migne 1999, p. 87)

 

 

Renoncer à tous ses biens

mercredi 4 novembre 2015

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Selon la tradition des Pères et l’autorité des saintes Écritures, les renoncements sont au nombre de trois. Le premier concerne ce qui est matériel ; il nous fait mépriser toutes les richesses et les biens du monde. Par le deuxième, nous répudions notre ancienne manière de vivre, avec les vices et les passions de l’âme et de la chair. Par la troisième, nous détachons notre esprit de toutes les réalités présentes et visibles pour ne contempler que les réalités futures et ne désirer que les réalités invisibles. Ces renoncements doivent être observés tous les trois, comme le Seigneur l’a ordonné à Abraham, lorsqu’il lui a dit : « Quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père » (Gn 12,1).

Il a dit en premier lieu : « Quitte ton pays », c’est-à-dire les richesses de la terre. En second lieu : « Quitte ta famille », c’est-à-dire les habitudes et les vices passés qui, en s’attachant à nous depuis notre naissance, nous sont étroitement unis par une sorte de parenté. En troisième lieu : « Quitte la maison de ton père », c’est-à-dire tout attachement au monde actuel qui se présente à nos yeux.

Contemplons, comme le dit l’apôtre Paul, « non pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel » (2Co 4,18) ; « nous, nous sommes citoyens des cieux » (Ph 3,20). Nous sortirons ainsi de la maison de notre ancien père, celui qui était notre père selon le vieil homme, dès notre naissance, quand « nous étions par nature voués à la colère comme tous les autres » (Ep 2,3), et nous porterons toute l’attention de notre esprit aux choses célestes. Notre âme s’élèvera alors jusqu’au monde invisible par la méditation constante des choses de Dieu et la contemplation spirituelle.

Saint Jean Cassien (v. 360-435), fondateur de monastère à Marseille
Conférences 3, 6-7; CSEL 13/2, 73-75 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 437)

 

 

 

 

 

 

Neuvaine au Précieux sang – Premier jour

mardi 23 juin 2015

Précieux sang

La lecture du 1er jour : Genèse 22, 6-14

« Abraham prit le bois de l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s’en allèrent tous deux ensemble. Isaac s’adressa à son père Abraham et dit : « Mon père ! » Il répondit : « Oui, mon fils » – « Eh bien, reprit-il, voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? » Abraham répondit : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils », et ils s’en allèrent tous deux ensemble. »
Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’Ange de Yahvé l’appela du ciel et dit: « Abraham ! Abraham ! »
Il répondit : « Me voici ! » L’Ange dit: « N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu: tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. » Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s’était pris par les cornes dans un buisson, et Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. A ce lieu, Abraham donna le nom de « Yahvé pourvoit », en sorte qu’on dit aujourd’hui: « Sur la montagne, Yahvé pourvoit. »

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Commentaire : Abraham, le Père des croyants (homme de foi) fait une révélation prophétique à son fils : « Dieu se pourvoira lui-même de l’Agneau pour l’holocauste ». Abraham prophétisait déjà le sacrifice de Jésus, qui est l’Agneau pour l’holocauste véritable. Le sacrifice d’Isaac préfigure celui de Jésus-Christ. Ils sont tous les deux fils bien-aimés de leur père, fils de l’Ancienne Alliance avec les Juifs et de la Nouvelle Alliance avec l’humanité. Les deux fils seront tous deux chargés du bois de l’holocauste et conduits sur une montagne et Abraham conclura en mettant en association ces deux holocaustes par cette parole :  » A la montagne de l’Éternel il sera pourvu ». (Verset 14)