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Archive pour le mot-clef ‘St Bonaventure’

Sacré-Cœur de Jésus, solennité

vendredi 8 juin 2018

Les soldats percèrent et transpercèrent non seulement les mains de Jésus mais les pieds ; la lance de leur fureur perça même le côté et, jusqu’au fond, le Cœur sacré déjà percé par la lance de l’amour.

« Vous avez blessé mon cœur, ô ma sœur, mon épouse ; vous avez blessé mon cœur !  » dit-il (Cant. 4, 9). Ô très aimant Jésus, votre épouse, votre sœur, votre amie ayant blessé votre cœur, était-il donc nécessaire que vos ennemis le blessent à leur tour ? Et vous, ses ennemis, que faites-vous ? S’il est déjà blessé, ou plutôt parce qu’il est blessé, le cœur du très doux Jésus, pourquoi lui infliger une seconde blessure ? Ignorez-vous donc qu’à la première blessure le cœur s’éteint et devient en quelque sorte insensible ?

Le cœur de mon très doux Seigneur Jésus est mort parce qu’il a été blessé ; une blessure d’amour a envahi le cœur de Jésus notre Époux, une mort d’amour l’a envahi. Comment une seconde mort entrerait-elle ? « Mais l’amour est fort comme la mort »(Cant. 8,6)  ; bien plus, il est en vérité plus fort que la mort même.

Impossible de chasser la première mort, c’est-à-dire l’amour de tant d’âmes mortes, du cœur qu’elle habite, parce que sa blessure souveraine l’a conquis. De deux adversaires également forts, dont l’un est dans la maison, l’autre dehors, qui doutera en effet que celui qui est dedans remporte la victoire ? Vois donc comme l’amour, qui habite le cœur et le tue d’une blessure d’amour, est fort, et cela est vrai non seulement de Jésus le Seigneur mais encore de ses disciples.

C’est ainsi que fut d’abord blessé et mourut le cœur du Seigneur Jésus, « égorgé pour nous, tout le jour, traité comme une brebis de tuerie »( Ps 43, 21). La mort corporelle survint cependant et triompha pour un temps mais afin d’être vaincue pour l’éternité.

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
La Vigne mystique n° 2 (Œuvres Spirituelles, tome III, pp. 131-132 ; Sté S. François d’Assise, Paris, 1932, rev.)

 

 

 

En union de prière, tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h, à la demande de Marie Mère des hommes.

 

 

 

Le Feu de la Pentecôte

dimanche 20 mai 2018

Sept semaines après la résurrection, le cinquantième jour, « les disciples étant réunis avec les femmes et Marie la Mère de Jésus, tout à coup un bruit vint du ciel semblable au bruit d’un vent qui souffle avec force » (Cf. Ac 1,14 ; 2,1-2).

L’Esprit descendit alors sur cette troupe de cent vingt personnes et apparut sous la forme de langues de feu, parce qu’il allait donner la parole à leur bouche, la lumière à leur intelligence et l’ardeur à leur amour. Tous furent remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en diverses langues selon l’inspiration de ce même Saint-Esprit. Il leur enseigna toute vérité, les enflamma du parfait amour et les confirma en toute vertu. Aussi, aidés de sa grâce, illuminés par sa doctrine et fortifiés par sa puissance, bien que peu nombreux et simples, « ils plantèrent l’Église au prix de leur sang », [Brev. Rom.] dans le monde entier, tantôt par des discours enflammés, tantôt par de parfaits exemples, tantôt par de prodigieux miracles.

Cette Église purifiée, illuminée et amenée à perfection par la vertu de ce même Esprit-Saint, se rendit aimable à son Époux, si bien qu’elle apparut toute belle, admirable par ses ornements variés, et au contraire terrible, comme une armée rangée en bataille, à Satan et à ses anges.

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
L’Arbre de Vie, n°39 (Œuvres spirituelles, tome 3, Sté S. François d’Assise, 1932, pp.108-109 ; trad. du P. Jean de Dieu ; rev.)

 

 

Le jeudi saint

jeudi 29 mars 2018

Entre tous les souvenirs du Christ les plus dignes d’être rappelés, se place évidemment ce repas final de la très sainte Cène, où non seulement l’agneau pascal est donné à manger mais où l’Agneau immaculé, qui efface les péchés du monde, est lui-même offert en nourriture sous l’espèce d’un pain « renfermant toutes les délices et la suavité de toutes les saveurs » (cf. Sg 16,20).

En ce festin, la douceur de la bonté du Christ brille admirable : il soupe à la même table et au même plat, avec ces petits pauvres, ses disciples, et Judas, le traître.

Un admirable exemple d’humilité y resplendit lorsque le Roi de gloire, ceint d’un linge, lave avec beaucoup de soin les pieds de ces pêcheurs et même de celui qui le trahit.

Admirable aussi la générosité de sa magnificence lorsqu’il donne son Corps très saint en nourriture et son Sang véritable en breuvage à ses premiers prêtres et par suite à toute l’Église et au monde entier, afin que ce qui allait bientôt devenir un sacrifice agréable à Dieu et le prix inestimable de notre rédemption soit notre viatique et notre soutien.

Enfin l’admirable excès de son amour y brille plus que tout dans cette tendre exhortation que, « aimant les siens jusqu’au bout » (Jn 13,1), il leur adresse pour les affermir dans le bien, avertissant spécialement Pierre pour fortifier sa foi et offrant sa poitrine à Jean pour un suave et saint repos.

Que toutes ces choses sont donc admirables et remplies de douceur ! Du moins pour l’âme appelée à un repas aussi excellent et qui accourt de toute l’ardeur de son esprit, de façon à pouvoir jeter ce cri du prophète : « Comme le cerf aspire aux fontaines d’eau, ainsi mon âme soupire vers vous, ô mon Dieu ! » (Ps 41,2).

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
L’Arbre de Vie, §16 (Œuvres spirituelles, t.III, Sté S. François d’Assise, Paris, 1932, pp. 81-82, rev.)

 

 

 

Les larmes et le désir

samedi 10 mars 2018

Ô âme qui pleurez vos péchés, craignez les jugements divins, qui sont un abîme profond. Craignez, dis-je, craignez vivement, bien que vous soyez déjà quelque peu pénitente, de déplaire encore à Dieu. Craignez plus encore, même maintenant, d’offenser Dieu à nouveau. Craignez par dessus tout d’être finalement séparée de Dieu, privée pour toujours de lumière, toujours brûlée par le feu et rongée par le ver qui ne périra point. Craignez tout cela, si une pénitence vraie ne vous obtient de mourir dans la grâce finale, et chantez avec le Prophète : « Transpercez ma chair par votre crainte. Je redoute vos jugements. » (Cf. Ps 118, 120)

Néanmoins, désirez les dons célestes. Élevez-vous par la flamme du divin amour jusqu’en Dieu, qui vous a si patiemment supportée dans le péché, vous a attendue avec tant de longanimité, et ramenée à la pénitence avec tant de miséricorde, par le pardon, l’infusion de la grâce et la promesse de la couronne éternelle. Il vous demande seulement de Lui offrir, ou plutôt de recevoir de Lui-même pour le Lui offrir, « le sacrifice d’un esprit accablé, d’un cœur contrit et humilié » (Ps 50, 19) par une amère componction, par une confession sincère et une juste satisfaction.

Désirez avec ardeur que Dieu vous prouve son amour par une large communication du Saint-Esprit. Désirez avec plus d’ardeur de Lui être conforme par une fidèle imitation de Jésus crucifié. Mais, par-dessus tout, désirez de posséder Dieu dans la claire vision du Père Éternel afin que, en toute vérité, vous puissiez chanter avec le prophète : « Mon âme a soif du Dieu fort et vivant ; quand viendrai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ? » (Ps 41, 3)

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
Du gouvernement de l’âme (Œuvres spirituelles de Saint Bonaventure, tome II, De la vie parfaite, Société S. François d’Assise, Paris, 1931) (rev.)

 

 

 

« Je suis la vraie vigne, » dit Jésus (Jn 15,1)

vendredi 2 mars 2018

« Je suis la vraie vigne, » dit Jésus (Jn 15,1)… On creuse des tranchées autour de cette vigne, c’est-à-dire on creuse des embûches par la ruse. Quand on complote pour faire tomber quelqu’un dans un piège, c’est comme si on creusait une fosse devant lui. C’est pourquoi il s’en lamente en disant : « Ils ont creusé une fosse devant moi » (Ps 56,7)… Voici un exemple de ces pièges : « Ils ont amené une femme adultère » au Seigneur Jésus « en disant : ‘Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ?’ » (Jn 8,3s)… Et un autre : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » (Mt 22,17)…

Mais ils ont découvert que ces embûches ne nuisaient pas à la vigne ; au contraire, en creusant ces fosses, ce sont eux-mêmes qui sont tombés dedans (Ps 56,7)… Alors, ils ont encore creusé : non seulement les mains et les pieds (Ps 21,17), mais ils ont percé son côté avec une lance (Jn 19,34) et ont mis à découvert l’intérieur de ce cœur très saint, qui avait déjà été blessé par la lance de l’amour. Dans le cantique de son amour, l’Époux dit : « Tu as blessé mon cœur, ma sœur, mon épouse » (Ct 4,9 Vulg). Seigneur Jésus, ton cœur a été blessé d’amour par ton épouse, ton amie, ta sœur. Pourquoi donc fallait-il que tes ennemis le blessent encore ? Que faites-vous, ennemis ?… Ne saviez-vous pas que ce cœur du Seigneur Jésus, déjà frappé, est déjà mort, déjà ouvert, et ne peut plus être atteint par une autre souffrance ? Le cœur de l’Époux, du Seigneur Jésus, a déjà reçu la blessure de l’amour, la mort de l’amour. Quel autre mort pourrait l’atteindre ?… Les martyrs aussi rient quand on les menace, se réjouissent quand on les frappe, triomphent quand on les tue. Pourquoi ? Parce qu’ils sont déjà morts par amour dans leur cœur, « morts au péché » (Rm 6,2) et au monde…

Le cœur de Jésus donc a été blessé et mis à mort pour nous… ; la mort physique a triomphé un moment, mais pour être vaincue à jamais. Elle a été anéantie quand le Christ est ressuscité des morts, parce que « sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir » (Rm 6,9).

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
La Vigne mystique, ch. 3, § 5-10

 

 

En union de prière, tous les vendredis soir, à la demande de Marie Mère des hommes, de 21h30 à 22h00.

 

 

Invoquer le nom du Père

mardi 20 février 2018

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Jésus dit à ses Apôtres : « Lorsque vous priez, dites : Père ». C’est-à-dire, premièrement invoquez le Père ; dites, non seulement avec la voix , mais aussi avec le cœur, de peur qu’il ne soit dit de vous comme en Isaïe : « Ce peuple m’honore des lèvres mais leur cœur est loin de moi » (Is 29,13). Dites non seulement avec le cœur mais aussi avec la bouche car la prière vocale est reçue par Dieu selon le psaume : « je glorifierai le Seigneur de toute la puissance de ma voix » (Ps 108, 30). Et cela, parce qu’elle vaut à la fois pour réveiller la mémoire, exciter la somnolence, enflammer le désir, disposer à l’obéissance, exprimer la joie, et donner l’exemple.

Invoquons donc le nom du Père. Il est Père, en effet, en raison de la condition de nature selon Éphésiens : « De qui toute paternité tire son nom au ciel et sur terre » (Ep 3,15). D’où, en Malachie : « Est-ce que nous n’avons pas tous un Père unique ? » (Ml 2,10) . Il est Père, aussi, en raison de la donation de la grâce ; en Romains : « Vous avez tous reçu l’esprit d’adoption des fils dans lequel nous crions : Abba, Père » (Rm 8,15) ; et en Galates : « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’esprit de son Fils criant : Abba, Père » (Ga 4,6). Il est Père, aussi, en raison de la réalisation de la gloire, selon Jérémie : « tu m’appelleras Père, et tu ne cesseras pas de marcher avec moi » (Cf. Jr 3,19).

Puisque donc, dans le nom du Père, Dieu est saisi comme fondateur de la nature, donneur de la grâce et réalisateur de la gloire, par là-même, il est donné de saisir qu’il est celui à qui seul nous devons demander.

Matthieu et Luc s’accordent sur l’invocation du nom de Père, afin qu’en ce seul nom, l’homme soit excité à la révérence et à la confiance, ces deux ailes sans lesquelles la prière n’a pas d’efficacité.

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
Commentaire de l’Évangile selon Saint Luc, ch. VII (Études franciscaines, 2008, pp.26-28, trad. d’André Ménard, rev.)

 

 

 

L’humilité du Fils de Dieu

mercredi 13 décembre 2017

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Celui qui considère ses propres défauts des yeux du cœur doit « s’humilier en vérité sous la puissante main de Dieu ». Aussi, je vous exhorte, vous qui êtes la servante de Dieu, lorsque vous connaîtrez avec certitude vos défauts, à humilier profondément votre âme, et à vous mépriser vous-même. Car « l’humilité est une vertu, dit Saint Bernard, par laquelle l’homme se tient pour vil, grâce à une très exacte connaissance de lui-même ». Par cette humilité, notre Père, le bienheureux François, devint vil à ses propres yeux. Il l’aima et la rechercha depuis les commencements de sa vie religieuse jusqu’à la fin. Pour elle, il quitta le monde, se fit traîner nu dans les rues de la ville, servit les lépreux, confessa ses péchés dans ses prédications et demanda qu’on le couvrît d’opprobres.

Mais c’est surtout du Fils de Dieu que vous devez apprendre cette vertu. Il dit lui-même : « apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », car, selon le bienheureux Grégoire : « celui qui amasse des vertus sans humilité, lance de la poussière contre le vent ». De même que l’orgueil est le principe de tout péché, de même en effet, l’humilité est le fondement de toutes les vertus.

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
De la vie parfaite, II §1,3,4, (Œuvres spirituelles de Saint Bonaventure, Sté S. François d’Assise, 1931 ; pp.51-52, rev.)

 

 

 

Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

vendredi 8 décembre 2017

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Lorsque vint la plénitude des temps (Gal.4, 4), de même qu’au sixième jour, l’homme fut formé de la terre par la puissance et la sagesse de la main divine, au commencement du sixième âge du monde, l’archange Gabriel fut envoyé à la Vierge et celle-ci donna son consentement. L’Esprit Saint descendit sur elle, embrasant comme un feu divin son âme et sanctifiant sa chair de la pureté la plus parfaite, et « la vertu du Très-Haut la couvrit de son ombre » (cf. Lc 1,35) afin qu’elle pût supporter semblable ardeur. Ainsi par l’opération du Très-Haut, instantanément un corps fut formé, une âme créée et en même temps les deux furent unis à la divinité en la personne du Fils, afin que le même fût Dieu et Homme, les propriétés de chacune des deux natures demeurant sauves.

Oh ! Si tu pouvais un tant soit peu comprendre quel fut, et de quelle immensité, l’incendie alors allumé du ciel, le rafraîchissement procuré, la consolation accordée ! À quelle dignité fut élevée la Vierge Mère ! Quel fut l’ennoblissement du genre humain et quelle la condescendance de la Majesté divine ! Si tu pouvais entendre les chants de jubilation de la Vierge, gravir la montagne avec Notre-Dame, contempler les suaves embrassements de la Stérile et de la Vierge, et la manière dont est rempli le devoir de se saluer, manière en laquelle l’humble serviteur reconnaît son Seigneur ; le héraut, son Juge ; la voix, le Verbe ! je suis sûr qu’alors tu entonnerais en suaves accents avec la Bienheureuse Vierge le cantique sacré : « Que mon âme glorifie le Seigneur… » (Lc 1,46). Je suis sûr qu’avec joie et transport tu te joindrais au Prophète enfant pour adorer l’admirable conception virginale.

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
L’Arbre de Vie, n°3 (Œuvres spirituelles, tome 3, Sté S. François d’Assise, 1932, pp.68-69 ; trad. du P. Jean de Dieu ; rev.)

 

 

 

 

 

Le Pain des Noces

mardi 7 novembre 2017

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Si vous avez quelques vertus, sources de bonnes œuvres, ou plutôt parce que vous êtes riche en vertus, persévérez dans leur pratique, progressez-y toujours, et, par elles, menez le combat du Christ jusqu’à la mort, afin qu’au dernier jour, au terme de votre vie, vous receviez pour salaire et récompense de votre travail la couronne de gloire et d’honneur. C’est pourquoi Jésus-Christ, votre unique amour, vous dit dans l’Apocalypse : « Soyez fidèle jusqu’à la mort, et je vous donnerai la couronne de vie. » (Ap 2,10) Cette couronne n’est pas autre chose que la récompense de la vie éternelle, dont la possession doit enflammer de désir tous les chrétiens. Levez-vous donc, amie de Dieu, épouse de Jésus-Christ, colombe du Roi éternel, venez, hâtez-vous aux noces du Fils de Dieu, car toute la cour céleste vous attend, « tout est préparé » (Cf. Mt 22,4 ; Lc 14,17b).

Un serviteur beau et noble est prêt à vous servir ; un mets précieux et délectable est préparé pour vous restaurer ; une société douce et très aimable est prête à partager votre joie. Levez-vous donc et hâtez-vous !

Courez à ces noces, puisqu’un serviteur d’une grande beauté est prêt à vous servir. Ce serviteur, c’est l’assemblée des anges, que dis-je ? c’est le propre Fils du Dieu éternel ! Ne se donne-t-il pas lui-même pour tel dans le Saint Évangile ? « En vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera asseoir à table, et passant devant eux, il les servira » (Cf. Lc 12, 37). Oh ! que la gloire des pauvres et des méprisés sera grande quand ils seront servis par le Fils de Dieu, du souverain Roi, et par toute l’armée réunie du Royaume céleste.

Un aliment précieux et délectable est aussi préparé pour vous nourrir. Le Fils de Dieu, lui-même, dressera la table de ses propres mains. il l’affirme dans le Saint Évangile : « Et moi, je vous prépare le Royaume, comme mon Père me l’a préparé, afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume » (Lc 22,29-30a). Oh ! Qu’il est suave et délicieux cet aliment, que Dieu dans sa bonté a préparé pour le pauvre ! Oh ! Comme il est heureux celui qui doit manger au Ciel ce pain préparé dans le sein de la Vierge par le feu du Saint-Esprit ! « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (Jn 6,58b). Le Roi céleste nourrit et restaure ses élus de ce pain, de cet aliment, comme il est dit au Livre de la Sagesse : « Vous avez nourri votre peuple de la nourriture des Anges » (Sg 16,20).

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
De la vie parfaite, ch. VIII, §2-4 (Œuvres spirituelles, rev.)

 

 

 

Adroits comme les serpents et candides comme les colombes

vendredi 14 juillet 2017

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Par son application constante à la prière et par sa pratique des vertus, l’homme de Dieu François était parvenu à une telle limpidité d’âme que, sans avoir acquis par l’étude la connaissance des Livres saints, mais éclairé par les rayons de la Lumière éternelle, il pénétrait pourtant avec une étonnante acuité jusqu’au plus profond des Écritures. Son esprit, pur de toute souillure, trouvait l’accès des mystères cachés et son amour impétueux ouvrait les portes devant lesquelles piétine la science des maîtres…

Des frères lui demandèrent un jour, pour ceux qui avaient fait des études, la permission de s’adonner à l’étude de l’Écriture sainte. Il répondit : « Je permets, à condition qu’ils n’en oublient pas de s’appliquer aussi à la prière comme le Christ qui a prié, lit-on, plus qu’il n’a étudié (Lc 11,1; 2,46). Et à condition qu’ils n’étudient pas uniquement pour savoir comment on doit parler, mais pour mettre d’abord en pratique ce qu’ils auront appris et, après l’avoir mis en pratique, pour enseigner aux autres ce qu’ils doivent faire. Je veux, ajouta-t-il, que mes frères soient les disciples de l’Évangile et que leur progrès dans la connaissance de la vérité ne fasse que suivre leur progrès en pureté et simplicité, de sorte qu’ils ne séparent pas ce que le Maître a uni d’une parole de sa bouche bénie : ‘La simplicité de la colombe et la prudence du serpent’ ».

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
Vie de Saint François, Legenda major, ch. 11 (trad. Vorreux, Éds franciscaines 1951)