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Archive pour le mot-clef ‘Nouveau Testament’

« Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité toute entière. »

mercredi 24 mai 2017

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Au cours des âges, deux grandes révolutions ont ébranlé la terre ; on les nomme les deux Testaments. L’une a fait passer les hommes de l’idolâtrie à la Loi ; l’autre, de la Loi à l’Évangile. Un troisième bouleversement est prédit : celui qui, d’ici-bas, nous transportera là-haut où il n’y a plus ni mouvement ni agitation. Or ces deux Testaments ont présenté le même caractère… : ils n’ont pas tout transformé soudainement, dès la première impulsion de leur mouvement… C’était pour ne pas nous faire violence, mais nous persuader. Car ce qui est imposé de force n’est pas durable…

L’Ancien Testament a clairement manifesté le Père, obscurément le Fils. Le Nouveau Testament a révélé le Fils et a insinué la divinité de l’Esprit. Aujourd’hui l’Esprit vit parmi nous, et il se fait plus clairement connaître. Il aurait été périlleux, alors que la divinité du Père n’était pas reconnue, de prêcher ouvertement le Fils, et, tant que la divinité du Fils n’était pas admise, d’imposer…le Saint Esprit. On aurait pu craindre que, comme des gens chargés de trop d’aliments ou comme ceux qui fixent le soleil avec des yeux encore faibles, les croyants ne risquent de perdre ce qu’ils avaient la force de porter. La splendeur de la Trinité devait donc rayonner par développements successifs ou, comme dit David, « par degrés » (Ps 83,6) et par une progression de gloire en gloire…

J’ajouterai encore cette considération : le Sauveur savait certaines choses dont il estimait que ses disciples ne pouvaient pas encore les porter malgré tout l’enseignement qu’ils avaient déjà reçu. Pour les raisons que j’ai dites plus haut, il tenait ces choses cachées. Et il leur répétait que l’Esprit, lors de sa venue, leur enseignerait tout.

Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l’Église
Discours 31, 5ème théologique, 25-27 ; PG 36, 159 (trad. Orval rev.)

 

 

Je suis venu pour accomplir la Loi

mercredi 8 juin 2016

La leçon que nous allons étudier aujourd’hui porte sur un très important passage. Ce passage tire son importance du fait qu’il établit le lien entre l’AT et le NT. Regardons ce passage. Il s’agit de Matthieu 5.17-20. Ici, le Seigneur Jésus fait la déclaration suivante.

Matthieu 5.17. Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
18 En vérité je vous le dis, jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, pas un seul iota, pas un seul trait de lettre de la loi ne passera, jusqu’à ce que tout soit arrivé.
19 Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
20 Car je vous le dis, si votre justice n’est pas supérieure à celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.

Chagall - Le don des tables de la loi

Le maintien de la loi de Dieu

En écoutant ces paroles de Jésus, nous pouvons facilement constater le point sur lequel notre Seigneur veut insister. Jésus dit ici, ‘N’allez surtout pas croire que je sois venu pour supprimer la loi. Je ne suis pas venu pour abroger ce qui est écrit dans la loi.’ Il est important de se remémorer régulièrement cette déclaration de Jésus car il semble qu’on ait tendance à l’oublier. Chaque génération a eu sa part de croyants qui ont voulu enseigner que la loi n’avait plus sa raison d’être. ‘Nous sommes maintenant dans la dispensation de la grâce,’ disent-ils, ‘et nous n’avons plus à nous préoccuper de la loi.’

Ce courant de pensée a eu un impact négatif sur la vie de l’église. Il y a eu une tendance à négliger et à prendre à la légère la loi de Dieu. L’exhortation à observer et à pratiquer tous les commandements de Dieu perdait ainsi beaucoup de son sens. Chacun pouvait marcher selon sa propre justice et sans la loi, il est difficile de dire à quelqu’un qu’il ne marche pas sur le droit chemin. Ainsi, il y avait un risque constant d’abaisser le niveau moral et spirituel de la vie chrétienne.

Qu’on se le dise, même avec la venue de Jésus et la nouvelle alliance qu’il nous apporta, la loi n’a pas disparu. ‘Je ne suis pas venu pour abolir la loi, mais pour l’accomplir.’ Comprenons bien ces paroles de Jésus. Il nous dit, ‘Ne vous imaginez pas que je sois venu pour réduire les exigences morales de la vie chrétienne. La justice du chrétien doit continuer à caractériser sa marche avec Dieu. N’allez surtout par croire qu’on n’a plus à se soucier du péché sous prétexte que la grâce de Dieu est avec nous. On ne peut pas continuer à marcher impunément dans le péché et s’imaginer qu’on ira au paradis.’

Le Seigneur Jésus s’est lié d’amitié avec les publicains et les pécheurs. Mais cela ne veut pas dire qu’il approuvait leur manque de valeur morale. Il n’a pas abaissé les normes de la justice divine afin de les rendre plus accessibles aux pécheurs. Bien au contraire. Son intention était de les sauver. Et pour ce faire, il devait les conduire vers une vie dont la justice devait surpasser celle des scribes et des pharisiens.

Définir la loi

En lisant cette déclaration de Jésus, Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes, il s’avère nécessaire de définir correctement ce que notre Seigneur désigne par ‘loi’. Nous allons décrire le sens de ce mot ‘loi’ en utilisant les propres paroles de Jésus. C’est en Matthieu 22.34-40 que Jésus parle à nouveau de ‘la loi et les prophètes.’ Dans ce fameux passage, nous voyons un scribe questionner Jésus dans l’intention de lui tendre un piège. Il lui demanda, Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? Et voici la réponse de Jésus.

Matthieu 22.37. Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.
38 C’est le premier et le plus grand commandement.
39 Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
40 De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.

L’esprit de la loi peut se résumer à l’intérieur de ces deux commandements. Il s’agit d’aimer le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, toute ton âme, et toute ta pensée. Et aussi d’aimer ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. C’est ici que nous retrouvons la même expression ‘la loi et les prophètes.’ Je ne suis pas venu pour abolir la loi ou les prophètes. En réponse à ce scribe, Jésus affirme que toute la loi, si on la considère du point de vue de son essence, doit être comprise sur la base de ces deux commandements : aimer Dieu de tout son cœur, âme, et pensée, et aimer son prochain comme soi-même.

Lorsque nous comprenons la loi de cette manière, nous réalisons avec plus de discernement que certes la loi ne peut pas être abolie. Non seulement ne peut-elle pas être supprimée, mais on peut dire aussi que l’esprit de cette loi constitue l’essence même du christianisme. Si vous mettez la loi à la poubelle, c’est tout le christianisme que vous jetez à la poubelle.

Donc la loi signifie que Dieu nous demande de l’aimer de tout notre être et d’aimer notre prochain comme soi-même. Ceci n’a jamais été aboli. En fait, ces deux commandements sont au centre de l’enseignement de Jésus.

Vous voyez que la vie chrétienne suit la loi du tout ou rien. Souvenez-vous du plus grand commandement, tout ton cœur, toute ton âme, toute ta pensée. Toute ta personne. La Bible ne connaît pas de chrétien à temps partiel. C’est tout ou rien. On marche selon la loi de Dieu ou autrement, on oublie la loi au complet. Il y a ici une exigence qui n’accepte aucun compromis. C’est en ces termes que Dieu décrit le niveau d’engagement du croyant. Et si loi exige l’engagement de toute la personne, la venue de Jésus introduit un christianisme qui n’en demande pas moins. ‘Non seulement je ne suis pas venu pour abroger la loi, mais je suis venu pour l’accomplir.’

Accomplir la loi

pratique-loiLa justice qui était contenue dans la loi, parfois de façon sous-entendue, Jésus va maintenant l’accomplir en la révélant explicitement dans toute sa splendeur. Il veut faire ressortir toutes les nuances de la loi que Dieu avait en tête à l’origine. À cet égard, un théologien (Dr. John Stott) a dit que ‘Jésus accomplit la loi en nous montrant l’aspect radical de la justice de Dieu.’ Et à première vue, il y a de quoi en frémir. Elle est si radicale que si votre justice ne dépasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous ne pourrez pas entrer dans le royaume des cieux.

Prenons l’exemple du 7ième Commandement, Tu ne commettras pas d’adultère. Dans la mentalité de l’AT, l’adultère se définissait strictement par des critères physiques. Ainsi on considérait qu’il y a eu adultère seulement s’il y a eu un rapport sexuel, et donc physique, en dehors des liens du mariage. Maintenant, le Seigneur Jésus reprend ce commandement de l’AT et en dégage tout son sens. Ce que Dieu considère comme étant un adultère ne se limite pas à l’acte sexuel. Quiconque regarde une femme au point de nourrir le désir de coucher avec elle a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur (Matthieu 5.28).

Le Seigneur Jésus est venu accomplir la loi en enseignant l’esprit et la lettre de la loi. Ainsi, en parlant de ce commandement sur l’adultère, il nous dit que le péché ne se manifeste pas toujours sous une forme physique. Il peut exister dans un état qui échappe à la vue et à la connaissance des êtres humains. Mais Dieu peut le voir car son regard pénètre le cœur de l’homme. À partir du moment où vous avez regardé une femme au point de vouloir la retrouver dans votre chambre à coucher, vous avez déjà commis un péché aux yeux de Dieu. Dieu s’attend à ce que notre justice s’exprime tant dans notre comportement qu’au niveau de notre vie intérieure.

Paul et la loi

Les écrits de Paul sur la loi viennent renforcir ce que Jésus a déjà enseigné dans les évangiles. Dans la lettre aux Romains, Paul donne 3 qualificatifs à la loi. Il dit que la loi est sainte (Romains 7.12). La loi est spirituelle (Romains 7.14). Et la loi est bonne (Romains 7.16). Voilà donc trois adjectifs que Paul utilise pour qualifier la loi. La loi est sainte, spirituelle, et bonne. Comment peut-on penser abolir ce que la Bible déclare être sainte, spirituelle, et bonne?

Lorsque Paul affirme que le chrétien n’est plus sous la loi, il faut comprendre qu’il fait allusion à la dispensation de la loi. La dispensation de la loi correspond à l’ancienne alliance. Nous ne sommes plus dans l’ancienne alliance, mais plutôt dans la nouvelle alliance, la dispensation de la grâce. En Romains 6.14, on peut lire, Le péché ne dominera pas sur vous, car vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce. On a ici le contraste de deux dispensations, celle de la loi et celle de la grâce. Donc le fait que le croyant ne soit pas sous la loi ne doit pas nous amener à conclure qu’il ne doit plus tenir compte de la loi. C’est encore Paul qui dit en 1Corinthiens 9.21, …et pourtant je ne suis pas moi-même sans la loi de Dieu, mais sous la loi de Christ… Vous voyez la nuance? Nous ne vivons pas dans la dispensation de la loi, mais nous ne sommes pas non plus sans la loi de Dieu.

Par ailleurs, Paul parle de l’accomplissement de la loi à plusieurs endroits dans ses lettres. Prenons par exemple Romains 13.10 où il écrit (et je cite), …l’amour est donc l’accomplissement de la loi. Il répète la même chose en des termes presque similaires en Galates 5.14. Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Toute la loi trouve son accomplissement dans cette seule parole : aimer. Vous voyez que Paul ne fait que reprendre ce que Jésus a déjà enseigné, à savoir que la loi doit être comprise selon ce qui constitue son essence. Et l’essence de la loi est contenue dans un seul commandement, celui d’aimer. Aimer Dieu et aimer son prochain.

Paul nous demande d’aimer car en obéissant à ce commandement, nous accomplissons la loi. Il n’a jamais dit que la loi n’existait plus. Certes, il affirme que nous ne sommes pas justifiés par les œuvres de la loi. Mais c’est une toute autre question. Bien que notre justification ne provienne pas des œuvres de la loi, nous ne sommes pas sans la loi de Dieu. La loi nous aide à aimer selon la volonté de Dieu.

Le plus petit et le plus grand

Regardez maintenant le v. 19. Matthieu 5.19.

Matthieu 5.19. Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.

Il y a deux types d’individus qui sont mis en contraste dans ce verset. Il y a d’abord celui qui viole les commandements, plus précisément celui qui défait les ordonnances de Dieu. Le mot grec traduit ici par le verbe ‘violer’ se retrouve en Jean 1.27 où Jean le Baptiste avoue qu’il n’est pas digne de délier la courroie de la sandale de Jésus. Délier, défaire, desserrer, relâcher la pratique des commandements, c’est ce qu’on entend par ‘violer’ l’un de ces plus petits commandements. Celui-là est appelé le plus petit. L’autre type d’individu est celui qui obéit aux préceptes divins en les enseignant et en les mettant en pratique. Celui-là est appelé grand dans le royaume des cieux.

Quelle leçon retire-t-on de ce verset? Nous apprenons par ce passage que dans le royaume des cieux, tous ne sont pas considérés sur le même pied d’égalité. Il existe une différence dans la grandeur spirituelle de chacun. Certains brillent comme le soleil. D’autres dégagent une lumière plutôt faible. Qu’est-ce qui fait la différence? Comment mesure-t-on la qualité d’une personne sur le plan spirituel? Réfléchissez bien à cette question. Vous serez déclarés ‘grands’ ou ‘petits’ dans le royaume des cieux selon votre obéissance aux commandements. Le degré d’observance de la loi de Dieu constitue la mesure de la spiritualité de quelqu’un. Voilà une leçon qui a des conséquences pratiques immédiates.

Il se peut que cette conclusion vous offusque un peu. J’entends déjà certains dirent, ‘Pourquoi ambitionner pour être le plus grand? Faire partie du royaume des cieux me suffit amplement. Je suis déjà sauvé et je me contente du don gratuit de Dieu.’ C’est ce que j’appelle faire preuve d’une fausse modestie spirituelle. Les Saintes Écritures n’enseignent pas ce genre d’humilité, si on peut appeler cela de l’humilité. Regardez l’intensité de Paul. Paul cherchait avec vigueur à être le plus grand, et non pas le plus petit. En 1Corinthiens 9, il écrit que plusieurs font la course mais qu’un seul gagne le prix. Et Paul était de ceux qui voulaient remporter le prix. Courez de manière à l’obtenir, écrit-il dans sa lettre. On ne peut certainement pas appeler cela de la modestie. Il y a dans cette exhortation une intensité spirituelle qui ne cachait pas ses ambitions. Paul ne pouvait pas se contenter que d’être sauvé. Il était déterminé à courir de manière à gagner la couronne impérissable. Il voulait engager toutes ses énergies pour plaire à Jésus. C’est ainsi que s’exprimait la grandeur spirituelle de cet homme.

Je pense que si on est honnête avec soi-même, on doit reconnaître qu’il y a dans le cœur de chacun un désir implicite à être grand, à être le meilleur. Et il n’y a rien de mal à cela. Par contre, la motivation qui nous pousse à rechercher ce qui est grand peut être soit de nature charnelle ou spirituelle. Savez-vous ce qui motive un croyant à vouloir grandir spirituellement plutôt que de se contenter simplement de faire partie de la famille de Dieu? L’intensité de son amour pour Dieu fait toute la différence. Je veux aimer Dieu de tout mon cœur. Je suis disposé à accomplir tout ce qu’il me demande afin de lui plaire. C’est pourquoi je cherche à obéir aux ordonnances de Dieu.

Je prie le Seigneur qu’à l’intérieur de nos églises, tous et chacun se soucient de viser haut dans le royaume des cieux, offrant rien de moins que le meilleur de soi-même à Dieu.

Les pharisiens

fr-evangile-illustre-2015-06-10Continuons maintenant à regarder les paroles de Jésus dans ce passage. Le Seigneur Jésus déclare que non seulement la grandeur spirituelle d’un disciple est déterminée par une justice qui se conforme à la loi, mais son admission dans le royaume de Dieu ne peut être permise sans une conformité à la loi qui soit supérieure à celle des scribes et des pharisiens. C’est pourquoi Jésus dit au v. 20, …si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Nous avons dans ce verset une comparaison de la justice dans le royaume des cieux et celle qui caractérise les spécialistes de la loi et les pharisiens.

En parlant des pharisiens, je me vois dans l’obligation d’apporter certaines précisions. On a une tendance spontanée à considérer négativement les pharisiens. Ils sont les méchants de l’histoire biblique. Ils représentent le summum de la malveillance spirituelle. Ils n’ont rien de bon à montrer sur le plan de la piété. Ce sont tous des hypocrites qui prétendent connaître la loi mais au fond, on sait bien qu’ils ne l’appliquent pas pour eux-mêmes. Si je vous demandais de penser à des mots décrivant la personnalité du pharisien, il y a fort à parier qu’on retrouverait des mots comme orgueilleux, hypocrite, légaliste, tatillon, porté à la critique, absence d’autocritique, et ainsi de suite.

Vous savez, plus je réfléchis sur la question des pharisiens, plus je m’étonne de l’importance que la Bible leur accorde quant au nombre de versets qui se rapportent à ces chefs religieux. Et plus j’ai la conviction qu’il y a quelque chose de fondamentalement erronée dans cette façon de percevoir les pharisiens. Il y a des choses que vous devez savoir à propos de ces dirigeants religieux, des choses qu’on semble vouloir garder sous silence. Et si vous me permettez, j’aimerais briser ce silence afin d’équilibrer ce que je perçois comme étant une distorsion de l’image du pharisien. J’espère que par mes commentaires, vous allez vous dégager de cette notion que les pharisiens ne soient qu’une bande d’hypocrites ne méritant que la réprobation de Dieu.

Les pharisiens sont apparus à une époque où on voulait remettre en question la loi de Dieu. L’influence grandissante de l’hellénisme, i.e. de la civilisation grecque, mettait en péril le judaïsme. De plus en plus de Juifs se laissaient séduire par les coutumes grecques. Certains Juifs fidèles se sont organisés pour former des partis de résistance afin de contrer cette menace pour la foi juive. Les pharisiens étaient de ceux qui défendaient le plus farouchement l’observation de la loi. D’ailleurs, le mot ‘pharisien’ tire son origine d’un mot hébreu qui signifie ‘séparé’. Les pharisiens se caractérisaient par leur séparation du monde, de la masse humaine. De quelle façon les pharisiens se sont-ils séparés? Par un dévouement entier à la loi de Dieu. Les pharisiens cherchaient résolument à appliquer la loi à tous les détails de la vie quotidienne. Il n’y avait aucun doute que l’obéissance à la loi représentait la plus importante priorité de leur vie.

Les pharisiens formaient un groupe religieux que le peuple respectait au plus haut point et qu’on appréciait à cause de leur droiture. Si on voulait chercher des exemples vivants de droiture, c’était sur les pharisiens qu’on portait les regards. L’historien juif Josèphe écrivait au sujet des pharisiens qu’ils tentaient par tous les moyens de plaire à Dieu. Tout pharisien avait en tête comme priorité l’enseignement de la loi et son application à tous les aspects de la vie des gens afin qu’ils mènent une vie juste en dépit des fortes pressions culturelles et politiques de leur époque.

Cette ardeur religieuse les conduisait souvent à faire plus que ce que la loi demandait. Dans la parabole du pharisien et le publicain, en Luc 18.12, le pharisien disait, Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. Les pharisiens consacraient 2 jours par semaine au jeûne, habituellement le lundi et le jeudi. La loi n’en demandait pas autant. Saviez-vous que la pratique du jeûne n’est pas prescrite dans la loi sauf pour une seule occasion dans l’année, au jour des expiations. En dehors de cette journée très solennelle, il n’y avait rien dans la loi qui commande l’abstention de nourriture. Je donne la dîme de tout ce que je possède. Encore une fois, c’est aller au-delà de ce que la loi demande. Dans l’AT, il y avait certaines exemptions à la dîme. La loi ne demandait pas le paiement de la dîme sur toute chose. Or, certains pharisiens allaient aussi loin que de donner la dîme de tout ce qu’ils possédaient. Remarquez que cela représente plus que de payer 10% de ses revenus.

Si Jésus s’est conduit très durement envers les pharisiens, ce n’est pas parce qu’ils étaient si loin de la vérité. Au contraire, ils étaient très proches de la vérité mais pas tout à fait là encore. Voyez-vous, c’est souvent à ceux qui sont proches de nous que l’on prend la peine de parler ouvertement. Et parfois, cela signifie qu’il faut parler avec une choquante franchise.

L’erreur des pharisiens

Qu’est-ce qui fait donc défaut dans la justice des pharisiens pour inciter Jésus à dire, …si votre justice n’est pas supérieure à celle … des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux? Afin de donner une réponse simple et directe à cette question, je vais tout simplement vous citer un verset. Il s’agit de Matthieu 23.23. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qu’il y a de plus important dans la loi : le droit, la miséricorde et la fidélité; c’est là ce qu’il fallait pratiquer sans laisser de côté le reste.

Jésus n’a pas accusé les pharisiens de manquer de piété. Il leur a dit que leur justice était hypocrite. Dans ce 23ième chapitre de Matthieu, Jésus répétait constamment qu’ils étaient des hypocrites. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Et dans le contexte de ce passage, être hypocrite veut dire accorder la priorité aux actes extérieurs de la loi au détriment des dispositions intérieures du cœur. Justice, miséricorde, fidélité, amour.

Il y a une importante leçon à retenir de tout cela. Il est possible d’être tellement préoccupé à appliquer la loi dans les moindres détails, qu’on en arrive à oublier l’esprit de la loi. On perd de vue les principes moraux et spirituels de la loi. L’essence de la loi, on s’en souviendra, trouve sa définition dans l’acte d’aimer. Et vous savez, cette leçon ne regarde pas que les pharisiens. Elle nous concerne aussi en tant que chrétiens.

Le pharisien en nous

Laissez-moi vous dire ceci. Il y a beaucoup de pharisiens dans nos églises aujourd’hui. Il y a beaucoup d’hypocrites qui fréquentent nos églises. Vous pensez que je suis trop dur? J’aimerais vous poser les questions suivantes.

1. Pourquoi y a-t-il des gens qui connaissent toutes les bonnes réponses sur le plan théologique mais qui ne semblent pas marcher dans la droiture?
2. Pourquoi avons-nous tant de difficulté à nous débarrasser d’une tradition d’église quand elle semble être devenue un fardeau pour l’application d’un enseignement biblique?
3. Pourquoi y a-t-il de ces gens qui, malgré leur zèle à rechercher la justice, ne peuvent accepter que leur propre justice?
4. Pourquoi y a-t-il des gens qui, prêchant la liberté que nous avons en Christ, ne cessent d’ajouter des règles de conduite à la vie chrétienne?
5. Pourquoi y a-t-il parfois une telle contradiction entre l’image publique du chrétien et sa vie privée?

Vous savez quoi? Vous et moi, jusqu’à une certaine mesure, nous sommes tous des pharisiens. Nous avons tous une tendance au pharisaïsme. Quiconque ne reconnaît pas cela vit sa foi dans l’illusion. Voyez-vous, l’exemple des pharisiens constitue l’un des meilleurs miroirs qui se trouvent dans la Bible pour refléter la véritable condition spirituelle de notre cœur. C’est pourquoi un juste point de vue des pharisiens peut contribuer à notre croissance spirituelle. Cela nous amène constamment à reconnaître notre faillite spirituelle et notre dépendance en Dieu pour améliorer notre sort.

Car en effet, qui peut vraiment surpasser la justice des pharisiens? Qui peut déclarer que sa justice est supérieure à celle des pharisiens? C’est tout simplement impossible. Impossible.
Mais vous connaissez la bonne nouvelle? Est-ce que vous savez ce que Dieu nous annonce dans sa Parole? Fermez vos yeux et écoutez son message pour nous.

Dieu nous dit :  » Je ne t’ai jamais demandé de vivre la vie chrétienne en te fiant sur tes propres forces. Même avec toute la volonté du monde, aucun effort humain ne peut suffire à réformer le cœur de l’homme. Tu peux l’essayer en dépensant toutes tes énergies. Tu essuieras un échec. Tu dois laisser Jésus remplir ton cœur avec le Saint Esprit. Car la vie chrétienne doit être vécue avec la puissance de mon Esprit. Cède le contrôle de ta vie aux mains du Saint Esprit. Cherche à me connaître davantage chaque jour au travers de la souffrance, de mort et de la résurrection de mon Fils bien-aimé. À mesure que tu seras rempli de l’Esprit et que tu t’approcheras de moi, tu sentiras la présence de ma puissance. Elle te transformera d’une manière qui aurait été impossible avec tes propres forces. Puis ta vie brillera d’une justice qui dépassera celle de tous les pharisiens. Et alors, tu seras déclaré grand dans mon royaume. « 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.
www.entretienschretiens.com

 

 

Nativité de saint Jean Baptiste, solennité

mercredi 24 juin 2015

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Jean, cousin de Jésus, né de Zacharie et Élisabeth, est appelé « baptiste » car il baptisait dans le Jourdain pour préparer le baptême dans l’Esprit. L’Église, dit saint Augustin, célèbre ordinairement la vie des Saints au jour de leur mort, qui est, à proprement parler, le jour de leur naissance à la vie éternelle. La Nativité de saint Jean-Baptiste a été exemptée de cette règle générale, parce qu’il fut sanctifié avant de naître, dans le sein de sa mère, par la présence de Jésus-Christ, dans la visite que fit la très Sainte Vierge à sainte Élisabeth.
La naissance de saint Jean-Baptiste fut une grande joie pour la terre, puisqu’elle lui annonçait l’approche de sa Rédemption. La puissance divine était intervenue d’une manière extraordinaire dans la naissance de quelques prophètes, de Samuel et de Jérémie, par exemple; mais elle éclata bien davantage dans celle du saint Précurseur, que la dignité de son ministère futur et le degré éminent de grâce et de sainteté auquel il était élevé rendaient, selon la parole de Jésus-Christ lui-même, bien supérieur à tous les patriarches et à tous les prophètes.

Le message d’un Ange à Zacharie pour lui annoncer la naissance de Jean-Baptiste, la maternité d’Élisabeth à un âge très avancé, le mutisme subit de Zacharie depuis l’annonce de l’Ange jusqu’à la circoncision de l’enfant, et sa guérison miraculeuse, qui lui permit d’entonner le beau cantique Benedictus : tout est merveilleux dans l’apparition du Précurseur, qui allait montrer bientôt le Sauveur promis et attendu depuis quatre mille ans.

Parmi les récits évangéliques, il en est peu d’aussi intéressants ni d’aussi touchants que celui de la naissance de saint Jean-Baptiste. Les miracles s’ajoutaient aux miracles autour du berceau de l’enfant ; les habitants du voisinage furent saisis d’une crainte respectueuse, et le bruit de ces merveilles se répandit dans toutes les montagnes de la Judée, de sorte que tous se disaient les uns aux autres : « Que pensez-vous de l’avenir de cet enfant ? »

Saint Jean-Baptiste occupe dans l’histoire de l’humanité une place incomparable : il sert de trait d’union entre les deux mondes, il résume en lui tout l’Ancien Testament et prépare le Nouveau ; il ferme la mission des prophètes et ouvre celle des Apôtres. « Prophète, apôtre, docteur, solitaire, vierge, martyr, il est plus que tout cela, parce qu’il est tout cela en même temps. Il réunit tous les titres à la sainteté, et, rassemblant en lui seul tout ce qui constitue les différentes classes des saints, il forme au milieu d’eux une classe particulière. » (La Luzerne)

Le culte de saint Jean-Baptiste a toujours joui d’une immense popularité. Sa fête a été souvent célébrée par des feux de joie. Il est patron de nombreuses paroisses, de nombreuses confréries et des Canadiens français.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

 

 

 

« Voilà un enseignement nouveau proclamé avec autorité ! »

dimanche 1 février 2015

lecon113« Vous avez un seul maître, le Christ » (Mt 23,10)… Le Christ est en effet « le reflet de la gloire du Père, l’empreinte de sa substance, qui soutient toute chose par sa parole puissante » (He 1,3). C’est lui l’origine de toute sagesse ; le Verbe de Dieu dans les hauteurs est la source de la sagesse. Le Christ est la source de toute connaissance vraie ; il est, en effet, « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14,6)… En tant que voie, le Christ est maître et principe de la connaissance selon la foi… C’est pourquoi Pierre enseigne dans sa deuxième lettre : « Nous tenons pour très certaine la parole prophétique à laquelle vous faites bien de prêter votre attention comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur » (1,19)… Car le Christ est le principe de toute révélation par son avènement dans l’esprit, et l’affermissement de toute autorité par son avènement dans la chair.

Il vient d’abord dans l’esprit comme lumière révélatrice de toute vision prophétique. Selon Daniel : « Il révèle ce qui est profond et caché ; il connaît ce que couvrent les ténèbres, et la lumière est avec lui » (2,22) ; il s’agit de la lumière de la divine sagesse qui est le Christ. Selon Jean, il dit : « Je suis la lumière du monde ; qui me suit ne marche pas dans les ténèbres » (8,12), et « Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir enfants de lumière » (12,36)… Sans cette lumière qui est le Christ, personne ne peut pénétrer les secrets de la foi. Et c’est pourquoi, au livre de la Sagesse, nous lisons : « O Dieu, envoie cette Sagesse de ton saint ciel et du trône de ta majesté, afin qu’elle soit avec moi et travaille à mes côtés. Je saurai ainsi ce qui te plaît… En effet, quel homme peut connaître le dessein de Dieu, et qui peut concevoir la volonté de Dieu ? » (9,10-13) Personne ne peut parvenir à la certitude de foi révélée, sinon par l’avènement du Christ dans l’esprit et dans la chair.

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
Sermon ‘Christus unus omnium magister’ (trad. coll. Maîtres spirituels, Seuil 1963, p. 72)

 

« Sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. »

samedi 28 juin 2014

Coeur de Marie

Dans le Nouveau Testament, nous voyons que la foi de Marie « attire », pour ainsi dire, le don de l’Esprit Saint — avant tout dans la conception du Fils de Dieu, mystère que l’archange Gabriel lui-même explique ainsi : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1,35)… Le cœur de Marie, en parfaite harmonie avec le Fils divin, est le temple de l’Esprit de vérité (Jn 14,17), où chaque parole et chaque événement sont conservés dans la foi, dans l’espérance et dans la charité.

Nous pouvons ainsi être certains que le très saint cœur de Jésus, pendant toute la période de sa vie cachée à Nazareth, a toujours trouvé dans le cœur immaculé de la Mère un foyer toujours ardent de prière et d’attention constante à la voix de l’Esprit. Ce qui s’est passé aux noces de Cana (Jn 2,1s) témoigne de cette harmonie particulière entre mère et fils pour rechercher la volonté de Dieu. Dans une situation chargée de symboles de l’alliance, tel que le banquet nuptial, la Vierge Marie intercède et provoque, pour ainsi dire, un signe de grâce surabondante : le « bon vin », qui renvoie au mystère du Sang du Christ. Cela nous conduit directement au Calvaire, où Marie se tient sous la croix avec les autres femmes et avec l’apôtre Jean. La mère et le disciple recueillent spirituellement le testament de Jésus : ses dernières paroles et son dernier souffle, dans lequel il commence à diffuser l’Esprit, et ils recueillent le cri silencieux de son Sang, entièrement versé pour nous (Jn 19,25s). Marie savait d’où venait ce sang (cf Jn 2,9) : il s’était formé en elle par l’opération de l’Esprit Saint, et elle savait que cette même puissance créatrice allait ressusciter Jésus, comme il l’avait promis.

Ainsi, la foi de Marie a soutenu celle des disciples jusqu’à la rencontre avec le Seigneur ressuscité, et a continué à les accompagner également après son ascension au ciel, dans l’attente du « baptême dans l’Esprit Saint » (Ac 1,5)…. Voilà pourquoi Marie est, pour toutes les générations, l’image et le modèle de l’Église qui, avec l’Esprit, avance dans le temps en invoquant le retour glorieux du Christ : « Viens, Seigneur Jésus » (Ap 22,17.20).

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013
Discours du 30/05/2009 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

 

« Vous scrutez les Écritures… Or, ce sont elles qui me rendent témoignage. »

jeudi 14 mars 2013

Le Dieu très aimant, ayant en vue le salut du genre humain tout entier et le préparant avec sollicitude, s’est choisi, selon un plan tout particulier, un peuple auquel il pourrait confier ses promesses… L’histoire du salut annoncée, racontée et expliquée par les auteurs sacrés, se présente clairement dans les livres de l’Ancien Testament comme vraie parole de Dieu ; c’est pourquoi ces livres divinement inspirés gardent une valeur perpétuelle : « En effet tout ce qui a été écrit, l’a été pour notre instruction, afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et à la consolation que donnent les Écritures » (Rm 15,4).

Le plan du salut de l’Ancien Testament était disposé avant tout pour préparer la venue du Christ, rédempteur de tous, et de son Royaume messianique, pour l’annoncer prophétiquement et le signifier par diverses préfigurations. Les livres de l’Ancien Testament manifestent à tous, selon la situation du genre humain avant le salut apporté par le Christ, la connaissance de Dieu et de l’homme ainsi que la manière dont le Dieu juste et miséricordieux agit envers les hommes. Bien que ces livres contiennent aussi des choses imparfaites et provisoires, ils font preuve d’une véritable pédagogie divine. C’est pourquoi ces livres, qui expriment un vif sens de Dieu et dans lesquels sont renfermés des enseignements élevés sur Dieu, une sagesse profitable au sujet de la vie des hommes et de magnifiques trésors de prières, dans lesquels enfin est caché le mystère de notre salut, doivent être reçus avec dévotion par les chrétiens.

Dieu, qui est l’inspirateur et l’auteur des livres des deux Testaments, a fait avec sagesse en sorte que le Nouveau Testament soit caché dans l’Ancien et que l’Ancien devienne clair dans le Nouveau. Car, même si le Christ a établi une Nouvelle Alliance en son sang, les livres de l’Ancien Testament, intégralement assumés dans le message évangélique, acquièrent et manifestent leur pleine signification dans le Nouveau Testament et, en retour, l’éclairent et l’expliquent.

Concile Vatican II
Constitution dogmatique sur la Révélation divine « Dei Verbum », § 14-16 (trad. Winling rev.)

 

« Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

dimanche 27 janvier 2013

Abreuve-toi d’abord à l’Ancien Testament pour boire ensuite au Nouveau. Si tu ne bois pas au premier, tu ne pourras pas te désaltérer au second. Bois au premier pour apaiser ta soif, au second pour l’étancher complètement… Bois à la coupe de l’Ancien Testament et du Nouveau, car dans les deux c’est le Christ que tu bois. Apaise ta soif avec le Christ, car il est la vigne, il est le rocher qui a fait jaillir l’eau, il est la source de la vie. Bois le Christ, car il est « le fleuve dont le cours réjouit la cité de Dieu », il est la paix, et « de son sein jaillissent des fleuves d’eau vive ». Bois le Christ pour te désaltérer du sang de ta rédemption et du Verbe de Dieu. L’Ancien Testament est sa parole, le Nouveau l’est aussi. On boit la Sainte Écriture et on la mange ; alors le Verbe éternel, la Parole de Dieu, descend dans les veines de l’esprit et dans la vie de l’âme : « Ce n’est pas seulement de pain que vit l’homme, mais de toute parole de Dieu ». Désaltère-toi donc de ce Verbe, mais selon l’ordre qui convient : bois-le d’abord dans l’Ancien Testament, et puis, sans tarder, dans le Nouveau.

Il dit lui-même, comme avec insistance : « Peuple qui marche dans les ténèbres, regarde cette grande lumière ; toi qui habites un pays de mort, une lumière se lève sur toi ». Bois donc sans plus attendre, et une grande lumière t’éclairera : non plus la lumière quotidienne du jour, du soleil ou de la lune, mais cette lumière qui repousse l’ombre de la mort.

(Références bibliques : Jn 15,1; 1Co 10,4; Ps 36,10; 45,5; Ep 2,14; Jn 7,38; Dt 8,3; Mt 4,4; Is 9,1 LXX; Mt 4,16; Lc 1,79)

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
Commentaire du Psaume 1, 33 ; CSEL 64, 28-30 (trad. cf Orval)

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mercredi 17 août 2011

Dimanche de la Résurrection

dimanche 24 avril 2011

Le troisième jour Il est ressuscité des morts « 

« Nous vous annonçons la Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères, Dieu l’a accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants : Il a ressuscité Jésus » (Ac 13, 32-33). La Résurrection de Jésus est la vérité culminante de notre foi dans le Christ, crue et vécue comme vérité centrale par la première communauté chrétienne, transmise comme fondamentale par la Tradition, établie par les documents du Nouveau Testament, prêchée comme partie essentielle du mystère pascal en même temps que la Croix :

Le Christ est ressuscité des morts.
Par sa mort Il a vaincu la mort,

Aux morts Il a donné la vie.
(Liturgie byzantine, Tropaire de Pâques)

I. L’événement historique et transcendant

Le mystère de la résurrection du Christ est un événement réel qui a eu des manifestations historiquement constatées comme l’atteste le Nouveau Testament. Déjà S. Paul peut écrire aux Corinthiens vers l’an 56 :  » Je vous ai donc transmis ce que j’avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu’il a été mis au tombeau, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, qu’il est apparu à Céphas, puis aux Douze  » (1 Co 15, 3-4). L’apôtre parle ici de la vivante tradition de la Résurrection qu’il avait apprise après sa conversion aux portes de Damas (cf. Ac 9, 3-18).

Le tombeau vide

« Pourquoi chercher le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, mais il est ressuscité » (Lc 24, 5-6). Dans le cadre des événements de Pâques, le premier élément que l’on rencontre est le sépulcre vide. Il n’est pas en soi une preuve directe. L’absence du corps du Christ dans le tombeau pourrait s’expliquer autrement (cf. Jn 20, 13 ; Mt 28, 11-15). Malgré cela, le sépulcre vide a constitué pour tous un signe essentiel. Sa découverte par les disciples a été le premier pas vers la reconnaissance du fait de la Résurrection. C’est le cas des saintes femmes d’abord (cf. Lc 24, 3. 22-23), puis de Pierre (cf. Lc 24, 12).  » Le disciple que Jésus aimait  » (Jn 20, 2) affirme qu’en entrant dans le tombeau vide et en découvrant  » les linges gisant  » (Jn 20, 6)  » il vit et il crut  » (Jn 20, 8). Cela suppose qu’il ait constaté dans l’état du sépulcre vide (cf. Jn 20, 5-7) que l’absence du corps de Jésus n’a pas pu être une œuvre humaine et que Jésus n’était pas simplement revenu à une vie terrestre comme cela avait été le cas de Lazare (cf. Jn 11, 44).

Les apparitions du Ressuscité

Marie de Magdala et les saintes femmes, qui venaient achever d’embaumer le corps de Jésus (cf. Mc 16, 1 ; Lc 24, 1) enseveli à la hâte à cause de l’arrivée du Sabbat le soir du Vendredi Saint (cf. Jn 19, 31. 42), ont été les premières à rencontrer le Ressuscité (cf. Mt 28, 9-10 ; Jn 20, 11-18). Ainsi les femmes furent les premières messagères de la Résurrection du Christ pour les apôtres eux-mêmes (cf. Lc 24, 9-10). C’est à eux que Jésus apparaît ensuite, d’abord à Pierre, puis aux Douze (cf. 1 Co 15, 5). Pierre, appelé à confirmer la foi de ses frères (cf. Lc 22, 31-32), voit donc le Ressuscité avant eux et c’est sur son témoignage que la communauté s’écrie :  » C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon  » (Lc 24, 34. 36).

Tout ce qui est arrivé dans ces journées Pascales engage chacun des apôtres – et Pierre tout particulièrement – dans la construction de l’ère nouvelle qui a débuté au matin de Pâques. Comme témoins du Ressuscité ils demeurent les pierres de fondation de son Église. La foi de la première communauté des croyants est fondée sur le témoignage d’hommes concrets, connus des chrétiens et, pour la plupart, vivant encore parmi eux. Ces  » témoins de la Résurrection du Christ  » (cf. Ac 1, 22) sont avant tout Pierre et les Douze, mais pas seulement eux : Paul parle clairement de plus de cinq cents personnes auxquelles Jésus est apparu en une seule fois, en plus de Jacques et de tous les apôtres (cf. 1 Co 15, 4-8).

Devant ces témoignages il est impossible d’interpréter la Résurrection du Christ en-dehors de l’ordre physique, et de ne pas la reconnaître comme un fait historique. Il résulte des faits que la foi des disciples a été soumise à l’épreuve radicale de la passion et de la mort en croix de leur maître annoncée par celui-ci à l’avance (cf. Lc 22, 31-32). La secousse provoquée par la passion fut si grande que les disciples (tout au moins certains d’entre eux) ne crurent pas aussitôt à la nouvelle de la résurrection. Loin de nous montrer une communauté saisie par une exaltation mystique, les Évangiles nous présentent les disciples abattus ( « le visage sombre  » : Lc 24, 17) et effrayés (cf. Jn 20, 19). C’est pourquoi ils n’ont pas cru les saintes femmes de retour du tombeau et  » leurs propos leur ont semblé du radotage  » (Lc 24, 11 ; cf. Mc 16, 11. 13). Quand Jésus se manifeste aux onze au soir de Pâques,  » il leur reproche leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l’avaient vu ressuscité  » (Mc 16, 14).

Même mis devant la réalité de Jésus ressuscité, les disciples doutent encore (cf. Lc 24, 38), tellement la chose leur paraît impossible : ils croient voir un esprit (cf. Lc 24, 39).  » Dans leur joie ils ne croient pas encore et demeurent saisis d’étonnement  » (Lc 24, 41). Thomas connaîtra la même épreuve du doute (cf. Jn 20, 24-27) et, lors de la dernière apparition en Galilée rapportée par Matthieu,  » certains cependant doutèrent  » (Mt 28, 17). C’est pourquoi l’hypothèse selon laquelle la résurrection aurait été un  » produit  » de la foi (ou de la crédulité) des apôtres est sans consistance. Bien au contraire, leur foi dans la Résurrection est née – sous l’action de la grâce divine – de l’expérience directe de la réalité de Jésus ressuscité.

L’état de l’humanité ressuscitée du Christ

Jésus ressuscité établit avec ses disciples des rapports directs, à travers le toucher (cf. Lc 24, 39 ; Jn 20, 27) et le partage du repas (cf. Lc 24, 30. 41-43 ; Jn 21, 9. 13-15). Il les invite par là à reconnaître qu’il n’est pas un esprit (cf. Lc 24, 39) mais surtout à constater que le corps ressuscité avec lequel il se présente à eux est le même qui a été martyrisé et crucifié puisqu’il porte encore les traces de sa passion (cf. Lc 24, 40 ; Jn 20, 20. 27). Ce corps authentique et réel possède pourtant en même temps les propriétés nouvelles d’un corps glorieux : il n’est plus situé dans l’espace et le temps, mais peut se rendre présent à sa guise où et quand il veut (cf. Mt 28, 9. 16-17 ; Lc 24, 15. 36 ; Jn 20, 14. 19. 26 ; 21, 4) car son humanité ne peut plus être retenue sur terre et n’appartient plus qu’au domaine divin du Père (cf. Jn 20, 17). Pour cette raison aussi Jésus ressuscité est souverainement libre d’apparaître comme il veut : sous l’apparence d’un jardinier (cf. Jn 20, 14-15) ou  » sous d’autres traits  » (Mc 16, 12) que ceux qui étaient familiers aux disciples, et cela pour susciter leur foi (cf. Jn 20, 14. 16 ; 21, 4. 7).

La Résurrection du Christ ne fut pas un retour à la vie terrestre, comme ce fut le cas pour les résurrections qu’il avait accomplies avant Pâques : la fille de Jaïre, le jeune de Naïm, Lazare. Ces faits étaient des événements miraculeux, mais les personnes miraculées retrouvaient, par le pouvoir de Jésus, une vie terrestre  » ordinaire « . A un certain moment, ils mourront de nouveau. La Résurrection du Christ est essentiellement différente. Dans son corps ressuscité, il passe de l’état de mort à une autre vie au-delà du temps et de l’espace. Le corps de Jésus est, dans la Résurrection, rempli de la puissance du Saint-Esprit ; il participe à la vie divine dans l’état de sa gloire, si bien que S. Paul peut dire du Christ qu’il est  » l’homme céleste  » (cf. 1 Co 15, 35-50).

La Résurrection comme événement transcendant

 » O nuit, chante l »Exsultet’ de Pâques, toi seule as pu connaître le moment où le Christ est sorti vivant du séjour des morts  » (Vigile Pascale). En effet, personne n’a été le témoin oculaire de l’événement même de la Résurrection et aucun évangéliste ne le décrit. Personne n’a pu dire comment elle s’était faite physiquement. Moins encore son essence la plus intime, le passage à une autre vie, fut perceptible aux sens. Événement historique constatable par le signe du tombeau vide et par la réalité des rencontres des apôtres avec le Christ ressuscité, la Résurrection n’en demeure pas moins, en ce qu’elle transcende et dépasse l’histoire, au cœur du mystère de la foi. C’est pourquoi le Christ ressuscité ne se manifeste pas au monde (cf. Jn 14, 22) mais à ses disciples,  » à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, ceux-là mêmes qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple  » (Ac 13, 31).

II. La Résurrection – œuvre de la Sainte Trinité

La Résurrection du Christ est objet de foi en tant qu’elle est une intervention transcendante de Dieu lui-même dans la création et dans l’histoire. En elle, les trois Personnes divines à la fois agissent ensemble et manifestent leur originalité propre. Elle s’est fait par la puissance du Père qui  » a ressuscité  » (cf. Ac 2, 24) le Christ, son Fils, et a de cette façon introduit de manière parfaite son humanité – avec son corps – dans la Trinité. Jésus est définitivement révélé  » Fils de Dieu avec puissance selon l’Esprit, par sa Résurrection d’entre les morts  » (Rm 1, 3-4). S. Paul insiste sur la manifestation de la puissance de Dieu (cf. Rm 6, 4 ; 2 Co 13, 4 ; Ph 3, 10 ; Ep 1, 19-22 ; He 7, 16) par l’œuvre de l’Esprit qui a vivifié l’humanité morte de Jésus et l’a appelée à l’état glorieux de Seigneur.

Quant au Fils, il opère sa propre Résurrection en vertu de sa puissance divine. Jésus annonce que le Fils de l’homme devra beaucoup souffrir, mourir, et ensuite ressusciter (sens actif du mot) (cf. Mc 8, 31 ; 9, 9-31 ; 10, 34). Ailleurs, il affirme explicitement :  » Je donne ma vie pour la reprendre. (…) J’ai pouvoir de la donner et pouvoir de la reprendre  » (Jn 10, 17-18).  » Nous croyons (…) que Jésus est mort, puis est ressuscité  » (1 Th 4, 14).

Les Pères contemplent la Résurrection à partir de la personne divine du Christ qui est restée unie à son âme et à son corps séparés entre eux par la mort :  » Par l’unité de la nature divine qui demeure présente dans chacune des deux parties de l’homme, celles-ci s’unissent à nouveau. Ainsi la mort se produit par la séparation du composé humain, et la Résurrection par l’union des deux parties séparées  » (S. Grégoire de Nysse, res. 1 : PG 46, 617B) ; cf. aussi DS 325 ; 359 ; 369 ; 539).

III. Sens et portée salvifique de la Résurrection

 » Si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine et vaine aussi notre foi  » (1 Co 15, 14). La Résurrection constitue avant tout la confirmation de tout ce que le Christ lui-même a fait et enseigné. Toutes les vérités, même les plus inaccessibles à l’esprit humain, trouvent leur justification si en ressuscitant le Christ a donné la preuve définitive qu’il avait promise, de son autorité divine.

La Résurrection du Christ est accomplissement des promesses de l’Ancien Testament (cf. Lc 24, 26-27. 44-48) et de Jésus lui-même durant sa vie terrestre (cf. Mt 28, 6 ; Mc 16, 7 ; Lc 24, 6-7). L’expression  » selon les Écritures  » (cf. 1 Co 15, 3-4 et le Symbole de Nicée-Constantinople) indique que la Résurrection du Christ accomplit ces prédictions.

La vérité de la divinité de Jésus est confirmée par sa Résurrection. Il avait dit :  » Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous saurez que Je Suis  » (Jn 8, 28). La Résurrection du Crucifié démontra qu’il était vraiment  » Je Suis « , le Fils de Dieu et Dieu Lui-même. S. Paul a pu déclarer aux Juifs :  » La promesse faite à nos pères, Dieu l’a accomplie en notre faveur (…) ; il a ressuscité Jésus, ainsi qu’il était écrit au Psaume premier : Tu es mon Fils, moi-même aujourd’hui je t’ai engendré  » (Ac 13, 32. 34 ; cf. Ps 2, 7). La Résurrection du Christ est étroitement liée au mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu. Elle en est l’accomplissement selon le dessein éternel de Dieu.

Il y a un double aspect dans le mystère Pascal : par sa mort il nous libère du péché, par sa Résurrection il nous ouvre l’accès à une nouvelle vie. Celle-ci est d’abord la justification qui nous remet dans la grâce de Dieu (cf. Rm 4, 25)  » afin que, comme le Christ est ressuscité des morts, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle  » (Rm 6, 4). Elle consiste en la victoire sur la mort du péché et dans la nouvelle participation à la grâce (cf. Ep 2, 4-5 ; 1 P 1, 3). Elle accomplit l’adoption filiale car les hommes deviennent frères du Christ, comme Jésus lui-même appelle ses disciples après sa Résurrection :  » Allez annoncer à mes frères  » (Mt 28, 10 ; Jn 20, 17). Frères non par nature, mais par don de la grâce, parce que cette filiation adoptive procure une participation réelle à la vie du Fils unique, qui s’est pleinement révélée dans sa Résurrection.

Enfin, la Résurrection du Christ – et le Christ ressuscité lui-même – est principe et source de notre résurrection future :  » Le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis (…), de même que tous meurent en Adam, tous aussi revivront dans le Christ  » (1 Co 15, 20-22). Dans l’attente de cet accomplissement, le Christ ressuscité vit dans le cœur de ses fidèles. En Lui les chrétiens  » goûtent aux forces du monde à venir  » (He 6, 5) et leur vie est entraînée par le Christ au sein de la vie divine (cf. Col 3, 1-3)  » afin qu’ils ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux  » (2 Co 5, 15).

Catéchisme de l’Eglise Catholique, n°638-655 – Copyright © Libreria Editrice Vaticana

 

Fête du Christ Roi de l’univers

dimanche 21 novembre 2010

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 23,35-43.
On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui. S’approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu n’as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. »
Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris