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Archive pour le mot-clef ‘brebis’

« Il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont pas égarées. »

mardi 6 décembre 2022

Regardons notre berger, le Christ ; voyons son amour pour les hommes et sa douceur pour les conduire au pâturage. Il se réjouit des brebis qui l’entourent comme il cherche celles qui s’égarent. Monts et forêts ne lui font pas d’obstacle ; il court dans la vallée de l’ombre pour parvenir jusqu’à l’endroit où se trouve la brebis perdue. L’ayant trouvée malade, il ne la méprise pas, mais la soigne ; la prenant sur ses épaules, il guérit par sa propre fatigue la brebis fatiguée. Sa fatigue le remplit de joie, car il a retrouvé la brebis perdue, et cela le guérit de sa peine : « Lequel d’entre vous, dit-il, s’il a cent brebis et vient à en perdre une, n’abandonne pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour s’en aller auprès de celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée ? »

La perte d’une seule brebis trouble la joie du troupeau rassemblé, mais la joie des retrouvailles chasse cette tristesse : « Quand il l’a retrouvée, il assemble amis et voisins et il leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue » (Lc 15,6). C’est pourquoi le Christ, qui est ce berger, disait : « Je suis le bon pasteur » (Jn 10,11). « Je cherche la brebis perdue, je ramène celle qui est égarée, je panse celle qui est blessée, je guéris celle qui est malade » (Ez 34,16).

Basile de Séleucie (?-v. 468)

 

 

 

Viens chercher ta brebis perdue

jeudi 3 novembre 2022

Seigneur Jésus Christ, pour nous enseigner le sommet des vertus, tu as gravi la montagne avec tes disciples, tu leur as enseigné les Béatitudes et les vertus sublimes, leur promettant des récompenses propres à chacune. Accorde à ma fragilité d’entendre ta voix, de m’appliquer par leur pratique à acquérir le mérite des vertus, afin que par ta miséricorde j’obtienne la récompense promise. Fais qu’en considérant le salaire, je ne refuse pas la peine du travail. Fais que l’espérance du salut éternel adoucisse pour moi l’amertume du remède, en enflammant mon âme par la splendeur de ton œuvre. Du misérable que je suis, Seigneur, fais un bienheureux ; de la béatitude d’ici-bas, par ta grâce, conduis-moi à la béatitude de la patrie.

Viens, Seigneur Jésus, à la recherche de ton serviteur, à la recherche de ta brebis errante et harassée. Viens, Époux de l’Église, à la recherche de la pièce d’argent perdue. Viens, Père de miséricorde, recevoir le fils prodigue qui revient à toi. Viens donc, Seigneur, car tu es le seul à pouvoir rappeler la brebis qui s’égare, à retrouver la pièce d’argent perdue, à réconcilier le fils fugitif. Viens, afin qu’il y ait salut sur la terre et joie au ciel ! Convertis-moi à toi et donne-moi d’accomplir une vraie et parfaite pénitence, pour que je sois occasion de joie pour les anges. Très doux Jésus, je t’en prie, par l’immensité de ton amour pour moi pécheur, que je t’aime toi seul, par dessus tout, que je ne sois consolé que par toi, mon Dieu très doux !

Ludolphe de Saxe

 

 

 

« Comme des brebis au milieu des loups. »

vendredi 8 juillet 2022

Je t’exhorte, par la grâce dont tu es revêtu, à redoubler d’ardeur et à exhorter tous les frères pour qu’ils soient sauvés. Justifie ta dignité épiscopale par une vigilance incessante de chair et d’esprit ; aie souci de l’unité : rien ne la dépasse. Porte avec patience tous les frères comme le Seigneur te porte toi-même ; supporte-les tous avec amour, comme tu le fais d’ailleurs. Prie sans relâche ; demande une sagesse plus grande encore ; veille et garde ton esprit en alerte ; parle à chacun en particulier, à l’exemple de Dieu. « Porte les infirmités » (cf Mt 8,17) de tous comme un athlète accompli. Là où l’effort est plus grand, il y a plus de gain.

Si tu n’aimes que les bons disciples, tu n’as pas de mérite ; ce sont surtout les plus atteints qu’il te faut soumettre par la douceur. On n’applique pas le même baume sur toutes les blessures ; apaise les crises aiguës avec des compresses humides. En toutes choses, « sois astucieux comme le serpent » et toujours « candide comme la colombe ». Toi qui es chair et esprit, traite avec bonté ce qui tombe sous les sens, mais prie aussi pour que le monde invisible te soit révélé. Ainsi tu ne manqueras de rien ; tu seras riche de tous les dons de l’Esprit.

Comme le navigateur invoque les vents et le marin assailli par la tempête appelle le port, ainsi ce temps t’invite à rejoindre Dieu. Pratique la sobriété, en athlète de Dieu, et tu gagneras pour prix la vie éternelle et impérissable. (…) Un grand athlète triomphe malgré les coups. C’est surtout à cause de Dieu que nous devons accepter toutes les épreuves, afin que lui aussi nous accepte. Redouble de zèle ; examine bien cette époque. Attends Celui qui est au-delà du temps, éternel, invisible, mais qui pour nous s’est laissé voir — Celui qui, intangible et incapable de souffrir, a connu la Passion et a consenti à toutes les souffrances.

Saint Ignace d’Antioche (?-v. 110)

 

 

 

« Si quelqu’un entre en passant par moi, il pourra trouver un pâturage. » (Jn 10,9)

lundi 9 mai 2022

Je pousse telle âme vers la douleur de mes douleurs, telle autre vers la joie de mes joies, telle vers l’imitation de ma pauvreté et de mon abjection, telle vers l’imitation de mon zèle pour les âmes ; je suis le Pasteur et dans le champ de mon amour il pousse des herbages infinis. Je nourris chaque âme de l’herbe que je vois qu’il lui faut…

Ainsi vous, ne cherchez pas tant à exciter dans votre âme ou dans celle des autres tel sentiment qui vous paraît très parfait, qui l’est réellement, et qui est en effet très réel, de l’amour, tâchez plutôt d’être fidèle et de rendre les âmes des autres fidèles aux sentiments que moi-même je fais naître en vous et en eux ; ne choisissez pas les herbes qui croissent dans le champ de mon amour, ni pour vous ni pour les autres, mais appliquez-vous plutôt à bien manger, vous et eux, à bien digérer celles que je choisis moi-même soit pour vous, soit pour eux, et à en profiter pour faire les uns et les autres non pas telle chose qui vous plaît à vous, mais ce qui me plaît à moi, le bien particulier que je veux voir faire à vous et à eux et en vue duquel je vous présente telles ou telles herbes : c’est à moi à faire des âmes ce que je juge bon, moi qui les ai faites, qui seul les connais, qui seul sais à quoi je les destine…

Votre travail ne consiste pas du tout à les destiner à telle ou telle chose, mais à voir à tout moment de quelle herbe je les nourris.

Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916)

 

 

« Je suis le bon pasteur, le vrai berger. » (Jn 10,11)

dimanche 8 mai 2022

Le Seigneur a admiré Abel, le premier pasteur, a accueilli volontiers son sacrifice et a préféré le donateur au don qu’il lui faisait (Gn 4,4). L’Écriture vante aussi Jacob, berger des troupeaux de Laban, notant les peines qu’il a pris pour ses brebis : « J’ai été dévoré par la chaleur pendant le jour et par le froid durant la nuit » (Gn 31,40), et Dieu a récompensé cet homme de son labeur. Moïse a été berger lui aussi, sur les montagnes de Madian, aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que de connaître la jouissance [dans le palais de Pharaon]. Admirant ce choix, Dieu s’est montré à lui en récompense (Ex 3,2). Et après la vision, Moïse n’abandonne pas son office de pasteur, mais de son bâton commande aux éléments (Ex 14,16) et fait paître le peuple d’Israël. David lui aussi était pasteur mais son bâton de berger a été changé en sceptre royal et il a reçu la couronne. Ne t’étonne pas si tous ces bons bergers sont proches de Dieu. Le Seigneur lui-même ne rougit pas d’être appelé pasteur (Ps 22; 79). Dieu ne rougit pas de paître les hommes, pas plus qu’il ne rougit de les avoir créés.

Mais regardons maintenant notre berger, le Christ ; voyons son amour pour les hommes et sa douceur pour les conduire au pâturage. Il se réjouit des brebis qui l’entourent comme il cherche celles qui s’égarent. Monts ni forêts ne lui font pas obstacle ; il court dans la vallée de l’ombre (Ps 22,4) pour parvenir jusqu’à l’endroit où se trouve la brebis perdue. (…) On le voit au séjour des morts (1P 3,19) ; il donne l’ordre d’en sortir ; c’est ainsi qu’il cherche l’amour de ses brebis. Celui qui aime le Christ, c’est celui qui sait entendre sa voix.

Basile de Séleucie (?-v. 468)

 

 

 

Le Fils de Dieu vient à notre recherche

mardi 7 décembre 2021

Représentez-vous la désolation d’un pauvre berger dont la brebis s’est égarée. On n’entend dans toutes les campagnes voisines que la voix de ce malheureux qui, ayant abandonné le gros du troupeau, court dans les bois et sur les collines, passe à travers les fourrés et les buissons, en se lamentant et criant de toute sa force et ne pouvant se résoudre à rentrer qu’il n’ait retrouvé sa brebis et qu’il ne l’ait ramené à la bergerie.

Voilà ce qu’a fait le Fils de Dieu lorsque les hommes s’étaient soustraits par leur désobéissance à la conduite de leur Créateur ; il est descendu sur la terre et n’a épargné ni soins ni fatigues pour nous rétablir dans l’état duquel nous étions déchus. C’est ce qu’il fait encore tous les jours pour ceux qui s’éloignent de lui par le péché ; il les suit, pour ainsi dire, à la trace, ne cessant de les rappeler jusqu’à ce qu’il les ait remis en voie de salut. Et certes, s’il n’en usait pas de la sorte, vous savez que c’en serait fait de nous après le premier péché mortel ; il nous serait impossible d’en revenir. Il faut que ce soit lui qui fasse toutes les avances, qu’il nous présente sa grâce, qu’il nous poursuive, qu’il nous invite à avoir pitié de nous-mêmes, sans quoi nous ne songerions jamais à lui demander miséricorde. (…)

L’ardeur avec laquelle Dieu nous poursuit est sans doute un effet d’une très grande miséricorde. Mais la douceur dont ce zèle est accompagné marque une bonté encore plus admirable. Nonobstant le désir extrême qu’il a de nous faire revenir, il n’use jamais de violence, il n’emploie pour cela que les voies de la douceur. Je ne vois nul pécheur, en toute l’histoire de l’Évangile, qui ait été invité à la pénitence autrement que par des caresses et par des bienfaits.

Saint Claude la Colombière (1641-1682)

 

 

« Comme des agneaux au milieu des loups »

jeudi 30 septembre 2021

En envoyant des disciples à sa moisson, qui avait bien été semée par le Verbe du Père, mais qui demandait à être travaillée, cultivée, soignée avec sollicitude pour que les oiseaux ne pillent pas la semence, Jésus leur déclare : « Voici que je vous envoie comme des agneaux parmi les loups » (…) Le Bon Pasteur ne saurait redouter les loups pour son troupeau ; ces disciples sont envoyés non pour être une proie, mais pour répandre la grâce. La sollicitude du Bon Pasteur fait que les loups ne peuvent rien entreprendre contre ces agneaux qu’il envoie. Il les envoie pour que se réalise la prophétie d’Isaïe : « Alors loups et agneaux iront paître ensemble » (Is 65,25). (…) D’ailleurs, les disciples envoyés n’ont-ils pas ordre de n’avoir même pas un bâton à la main ? (…)

Ce que le Seigneur humble a prescrit, ses disciples l’accomplissent donc aussi par la pratique de l’humilité. Car il les envoie semer la foi non par la contrainte, mais par l’enseignement ; non pas en déployant la force de leur pouvoir, mais en exaltant la doctrine de l’humilité. Et il a jugé bon de joindre la patience à l’humilité, car au témoignage de Pierre : « Quand on lui parlait mal, le Christ n’a pas répondu en mal ; quand on le frappait, il n’a pas rendu les coups » (1P 2,23).

Cela revient à dire : « Soyez mes imitateurs : laissez tomber le goût de la vengeance, répondez aux coups de l’arrogance non pas en rendant le mal mais par une patience qui pardonne. Personne ne doit imiter pour son compte ce qu’il reprend chez autrui ; la douceur répond de façon plus forte encore aux insolents ».

Saint Ambroise (v. 340-397)

 

 

Envoyé aux brebis perdues

mercredi 7 juillet 2021

Le Christ est venu chercher l’unique brebis qui s’était perdue (Mt 18,12). C’est pour elle que le Bon Pasteur a été envoyé dans le temps, lui qui a été promis depuis toujours, c’est pour elle qu’il est né et a été donné. Elle est unique, tirée des juifs et des nations…, tirée de tous les peuples, unique dans le mystère, multiple dans les personnes, multiple par le corps selon la nature, unique par l’esprit selon la grâce, bref, une seule brebis et une foule innombrable. C’est pourquoi celui qui est venu chercher l’unique brebis a été envoyé « aux brebis perdues de la maison d’Israël » (Mt 15,24)… Or « personne ne peut arracher des mains » (Jn 10,28) de ce Berger ce qu’il reconnaît comme son bien, car on ne peut pas forcer la puissance, tromper la sagesse, détruire la charité.

C’est pourquoi il parle avec assurance, en disant : « Père, je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés » (Jn 17,12)… Et il a donc été envoyé comme vérité pour les abusés, comme route pour les égarés, comme vie pour ceux qui étaient morts, comme sagesse pour ceux qui étaient des insensés, comme remède pour les malades, comme rançon pour les captifs, et comme nourriture pour ceux qui mouraient de faim. En leur personne à tous, on peut donc dire qu’il a été envoyé « aux brebis perdues de la maison d’Israël », pour qu’elles ne soient pas perdues à jamais.

Isaac de l’Étoile (?-v. 1171)

« Seigneur, tu sais tout ; tu sais bien que je t’aime. »

vendredi 21 mai 2021

Christ Appears to Disciples

Voici que le Seigneur, après sa résurrection, apparaît de nouveau à ses disciples. Il interroge l’apôtre Pierre, il oblige celui-ci à confesser son amour, alors qu’il l’avait renié trois fois par peur. Le Christ est ressuscité selon la chair, et Pierre selon l’esprit. Comme le Christ était mort en souffrant, Pierre est mort en reniant. Le Seigneur Christ était ressuscité d’entre les morts, et il a ressuscité Pierre grâce à l’amour que celui-ci lui portait. Il a interrogé l’amour de celui qui se déclarait ouvertement maintenant, et il lui a confié son troupeau.

Qu’est-ce donc que Pierre apportait au Christ du fait qu’il aimait le Christ ? Si le Christ t’aime, c’est profit pour toi, non pour le Christ. Si tu aimes le Christ, c’est encore profit pour toi, non pour lui. Cependant le Seigneur Christ, voulant nous montrer comment les hommes doivent prouver qu’ils l’aiment, nous le révèle clairement : en aimant ses brebis.

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? —Je t’aime. —Sois le pasteur de mes brebis. » Et cela une fois, deux fois, trois fois. Pierre ne dit rien que son amour. Le Seigneur ne lui demande rien d’autre que de l’aimer ; il ne lui confie rien d’autre que ses brebis. Aimons-nous donc les uns les autres, et nous aimerons le Christ.

Saint Augustin (354-430)

 

 

« Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent. »

dimanche 25 avril 2021

Regardons notre berger, le Christ. (…) Il se réjouit de ses brebis qui sont auprès de lui et va chercher celles qui s’égarent. Montagnes et forêts ne lui font pas peur ; il parcourt les ravins pour arriver jusqu’à la brebis perdue. Même s’il la trouve en piteux état, il ne se met pas en colère, mais touché de compassion, il la prend sur ses épaules et, de sa propre fatigue, guérit la brebis fatiguée (Lc 15,4s). (…)

C’est avec raison que le Christ proclame : « Je suis le Bon Pasteur, je cherche la brebis perdue, je ramène celle qui est égarée, je panse celle qui est blessée, je guéris celle qui est malade (Ez 34,16). J’ai vu le troupeau des hommes accablé par la maladie ; j’ai vu mes agneaux s’en aller où demeurent les démons ; j’ai vu mon troupeau dépecé par les loups. J’ai vu cela et ne l’ai pas regardé de haut. C’est pourquoi j’ai pris la main desséchée, tenue par le mal comme par un loup ; j’ai délié ceux que la fièvre avait liés ; j’ai appris à voir à celui dont les yeux étaient fermés depuis le sein de sa mère ; j’ai retiré Lazare du tombeau où il gisait depuis quatre jours (Mc 3,5; 1,31; Jn 9; 11). Car je suis le bon pasteur ; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » (…)

Les prophètes ont connu ce pasteur lorsque, bien avant sa Passion, ils annonçaient ce qui allait venir : « Comme une brebis, le voici conduit à l’abattoir ; comme un agneau muet devant les tondeurs, il n’a pas ouvert la bouche » (Is 53,7). Comme une brebis, le pasteur a offert sa gorge pour ses brebis. (…) Par sa mort, il remédie à la mort ; par son tombeau, il vide les tombeaux (…) Les tombeaux sont lourds et la prison fermée, tant que le pasteur, descendu de la croix, ne vient pas apporter à ses brebis enfermées la joyeuse nouvelle de leur libération. On le voit aux enfers où il donne l’ordre d’élargissement (1P 3,19) ; on le voit appeler à nouveau ses brebis, leur dire son appel du séjour des morts à la vie. « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » C’est ainsi qu’il se propose de gagner l’affection de ses brebis, et celles qui savent entendre sa voix aiment le Christ.

Basile de Séleucie (?-v. 468)