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Archive pour le mot-clef ‘St Ephrem’

« Le Seigneur m’a consacré par l’onction. »

jeudi 7 janvier 2021

Prière pour l’onction après le baptême : « Par le baptême, le Dieu tout-puissant, Père de notre Seigneur Jésus Christ, t’a libéré du péché et t’a fait renaître de l’eau et de l’Esprit. Tu fais maintenant partie de son peuple : il te marque de l’huile sainte pour que tu demeures éternellement membre de Jésus Christ, prêtre, prophète et roi. »
Comme votre rang est élevé !
Tandis que la pécheresse a oint
Les pieds de son Seigneur, comme une servante (Lc 7,38),
Pour vous, c’est le Christ lui-même
Qui par ses ministres, comme un serviteur,
Marque vos corps par l’onction baptismale.
Le Seigneur des brebis trouve convenable
De mettre en personne son signe sur ses servants. (…)

Refrain :
Voici que le Christ signe avec l’huile
Ses agneaux nouveaux dans le baptême.

L’huile qu’Élie a fait abonder (1R 17,14)
Était un aliment pour la bouche ;
Le vase de la veuve, en effet,
N’était pas la corne de l’onction (1S 16,1).
Mais l’huile dont notre Seigneur vous a oints
N’est pas une nourriture :
Elle transforme le pécheur, ce loup du dehors,
En agneau, membre de son troupeau (Mt 7,15). (…)

Quand la colombe a apporté la branche d’olivier (Gn 8,11),
C’était le symbole de l’onction baptismale :
Tous dans l’arche se sont hâtés vers elle,
Puisqu’elle apportait une bonne nouvelle de rédemption.
Vous aussi, hâtez-vous vers cette huile sainte ;
Que vos corps fautifs se réjouissent,
Car elle apporte la Bonne Nouvelle de la rédemption. (…)

Lorsque David a été oint, mes frères (1S 16,13),
L’Esprit est descendu,
A discerné le cœur de ce brave et y a trouvé ses délices.
Le parfum de cette huile est devenu celui de son cœur ;
L’Esprit a fait sa demeure en lui et en lui a chanté (1S 16,23).
Mais votre onction à vous est plus grande,
Puisque le Père, le Fils et le Saint-Esprit
Sont descendus et sont venus habiter en vous (…).

L’huile de grand prix que Marie
A versé sur la tête de notre Seigneur
A exhalé son parfum dans toute la maison (Jn 12,3).
Le parfum de votre onction, lui aussi,
Se répand et s’exhale jusqu’aux cieux.
Là il fait les délices des anges d’en haut ;
Satan trouve son odeur insupportable ;
Pour Dieu son arôme est doux (…).

Venez, brebis, recevez votre signe
Qui chasse ceux qui veulent vous dévorer !
Venez, agneaux, recevez votre signe,
Car votre signe est vérité (…).
Cette vérité, comme elle ressemble
À un grand arbre qui répand son ombre (…) :
Les nations sont venues s’abriter dans ses branches (Mt 13,32),
Elles ont cueilli ses fruits et s’en sont rassasié.

Rituel du baptême et saint Éphrem (v. 306-373)

 

 

« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison. »

mardi 17 novembre 2020

Zachée priait ainsi dans son cœur : « Bienheureux celui qui est digne de recevoir ce Juste dans sa demeure ». Notre Seigneur lui a dit : « Vite, descends, Zachée ! » Celui-ci, voyant que le Seigneur connaissait sa pensée, a dit : « Puisqu’il connaît cela, il connaît aussi tout ce que j’ai fait ». C’est pourquoi il a déclaré : « Tout ce que j’ai acquis injustement, je le rends au quadruple ».

« Vite, descends du figuier, car je vais séjourner chez toi. » Grâce à ce second figuier, celui de ce chef des publicains, le premier figuier, celui d’Adam, tombe dans l’oubli, et le nom d’Adam est également oublié grâce au juste Zachée (…) : « Aujourd’hui, la vie a paru dans cette demeure. » (…) Par sa prompte obéissance celui qui hier n’était qu’un voleur, aujourd’hui est devenu un bienfaiteur ; celui qui hier était un collecteur d’impôts, aujourd’hui devient un disciple.

Zachée a laissé la loi ancienne ; et il est monté sur un figuier inerte, symbole de la surdité de son esprit. Mais cette ascension est le symbole de son salut. Il a abandonné la bassesse ; il est monté pour voir la divinité dans les hauteurs. Notre Seigneur s’est hâté de lui faire quitter ce figuier desséché, son ancienne manière d’être, afin qu’il ne reste pas sourd. Pendant que flambait en lui l’amour de notre Seigneur, il a consumé en lui l’homme ancien pour façonner en lui un homme nouveau.

Saint Éphrem (v. 306-373)

 

 

« Toute la création gémit en travail d’enfantement… Nous gémissons nous aussi dans l’attente de la rédemption de nos corps. » (Rm 8, 22-23)

lundi 2 novembre 2020

La contemplation du Paradis m’a ravi par sa paix et sa beauté. Là demeure la beauté sans tache, là réside la paix sans tumulte. Heureux qui méritera de le recevoir, sinon par justice, du moins par bonté ; sinon à cause des œuvres, du moins par pitié ! (…)

Quand mon esprit est revenu aux rives de la terre, mère des épines, se sont présentés à moi des douleurs et des maux de tous genres. J’ai appris ainsi que notre région est une prison. Et pourtant les captifs qui y sont enfermés pleurent quand ils en sortent. Je me suis étonné aussi de ce que les enfants pleurent quand ils sortent du sein ; ils pleurent alors qu’ils sortent des ténèbres vers la lumière, d’un espace étroit vers le vaste univers. De même la mort est pour les hommes une sorte d’enfantement. Ceux qui naissent pleurent en quittant l’univers, mère des douleurs, pour entrer dans le Paradis de délices.

Ô toi, Seigneur du Paradis, prends-moi donc en pitié ! S’il n’est pas possible d’entrer dans ton Paradis, rends-moi digne du moins des pâturages à son entrée. Au centre du Paradis est la table des saints, mais à l’extérieur les fruits de son enclos tombent comme des miettes pour les pécheurs qui, même là, vivront par ta bonté

Saint Éphrem (v. 306-373)

 

 

 

 

 

« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel. »

mardi 21 avril 2020

Le Pasteur de tous est descendu,
Il a cherché Adam, brebis perdue,
Il l’a porté sur ses épaules et est remonté.
Il s’est fait lui-même sacrifice offert au Maître du troupeau (Lc 15,4; Jn 10,11).
Bénie soit sa descente vers nous !

Il s’est répandu, rosée et pluie vivifiante,
Sur Marie, cette terre assoiffée.
Grain de blé, il est descendu dans la terre ;
Il en est remonté, gerbe et pain nouveau (Jn 12,24).
Bénie soit son offrande ! (…)

De la hauteur, la puissance est descendue pour nous,
Du sein de la Vierge, l’espérance a brillé pour nous,
Du tombeau la vie est apparue pour nous,
À la droite du Père, il siège en roi pour nous.
Béni soit son honneur !

De la hauteur il a coulé comme un fleuve ;
De Marie il est sorti comme un rejeton ;
Du bois il a pendu comme un fruit,
Et il est monté au ciel, offrande des prémices.
Bénie soit sa volonté

Saint Éphrem (v. 306-373)

 

 

 

« Zacharie repartit chez lui ; quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth devint enceinte. »

jeudi 19 décembre 2019

L’ange lui dit : « Dieu a exaucé la voix de ta prière ». Si Zacharie croyait que sa prière serait exaucée, il priait bien ; s’il ne croyait pas, il priait mal. Sa prière était sur le point d’être exaucée ; pourtant, il en a douté. C’est donc à bon droit qu’à ce moment même la parole s’est éloignée de lui. Auparavant, il priait pour obtenir un fils ; au moment où sa prière a été exaucée, il a changé et a dit : « Comment cela se fera-t-il ? » Puisque sa bouche a douté de sa prière, il a perdu l’usage de la parole (…). Tant que Zacharie croyait, il parlait ; dès qu’il n’a plus cru, il s’est tu. Tant qu’il croyait, il parlait : « J’ai cru et c’est pourquoi j’ai parlé » (Ps 115,10). Parce qu’il a méprisé la parole de l’ange, cette parole l’a tourmenté, afin qu’il honore par son silence la parole qu’il avait méprisée.

Il convenait que devienne muette la bouche qui avait dit : « Comment cela se fera-t-il ? », pour qu’elle apprenne la possibilité du miracle. La langue qui était déliée a été liée pour qu’elle apprenne que Celui qui avait lié la langue pouvait délier le sein. Ainsi donc, l’expérience a instruit celui qui n’avait pas accepté l’enseignement de la foi. (…) Il apprit ainsi que celui qui avait fermé une bouche ouverte pouvait ouvrir un sein fermé.

Saint Ephrem (v. 306-373)

 

 

 

 

 

« Alors tu verras clair ! »

vendredi 13 septembre 2019

Par le jour lumineux de ta connaissance,

repousse, Seigneur, la nuit obscure,

afin que notre intelligence éclairée

te serve avec une pureté toute nouvelle. (…)

Le début de la course du soleil

marque pour les mortels le commencement du travail :

prépare dans nos âmes, Seigneur,

une demeure pour ce jour qui ne connaît pas de fin.

Donne-nous de voir en notre personne

la vie de la résurrection

et remplis nos cœurs de tes délices éternelles.

Imprime en nous, Seigneur, par notre fidélité à te servir,

le signe de ce Jour qui ne dépend ni du lever

ni de la course du soleil.

En tes sacrements, chaque jour, nous t’étreignons

et nous te recevons dans notre corps :

accorde-nous d’expérimenter en nous-mêmes

la résurrection que nous espérons.

Sois pour nos pensées, Seigneur,

les ailes qui nous emmènent, légers, dans les hauteurs

et nous transportent jusqu’à notre vraie demeure.

Nous recelons ton trésor dans notre corps

par la grâce du baptême (…).

Puissions-nous le comprendre à quelle beauté

nous sommes appelés par cette beauté spirituelle

que ta volonté immortelle éveille en nous (…).

Que ta résurrection, Jésus,

fasse croître en nous l’homme spirituel (cf Ep 3,16),

et que la contemplation de tes mystères

soit le miroir où nous puissions te reconnaître (cf 1Co 13,12). (…)

Donne-nous, Seigneur, de nous hâter vers notre sainte patrie,

et de la posséder dès maintenant par la contemplation

comme Moïse a vu la Terre promise

du sommet de la montagne (Dt 34,1).

Saint Ephrem (v. 306-373)

 

 

 

Le Christ vient au secours de l’humanité blessée

dimanche 14 juillet 2019

« ‘Quel est le grand et le premier commandement de la Loi ?’ Jésus lui répond : ‘Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, et ton prochain comme toi-même’ » (Mt 22,36-39). L’amour de Dieu nous épargne la mort, et l’amour de l’homme le péché, car personne ne pèche contre celui qu’il aime. Mais quel est le cœur qui puisse posséder en plénitude l’amour pour ses proches ? Quelle est l’âme qui puisse faire fructifier en elle, à l’égard de tout le monde, l’amour semé en elle par ce précepte : « Aime ton comme toi-même » ? Nos moyens sont incapables, par eux seuls, d’être les instruments de cette volonté rapide et riche de Dieu : seul y suffit le fruit de la charité semé par Dieu lui-même.

Dieu peut, de par sa nature, accomplir tout ce qu’il veut ; or il veut donner la vie aux hommes. Les anges, les rois et prophètes (…) sont passés, mais les hommes n’ont pas été sauvés — jusqu’à ce que descende des cieux Celui qui nous tient par la main et qui nous ressuscite.

Saint Ephrem (v. 306-373)

 

 

Solennité de l’Annonciation du Seigneur

lundi 25 mars 2019

Contemplez Marie, mes bien-aimés, voyez comment Gabriel est entré chez elle et son objection : « Comment cela va-t-il se faire ? » Le serviteur de l’Esprit Saint lui a fait cette réponse : « Cela est facile à Dieu ; pour lui tout est simple. » Considérez comment elle a cru à la parole entendue et a dit : « Voici la servante du Seigneur. » Dès lors le Seigneur est descendu d’une manière que lui seul connaît ; il s’est mis en mouvement et est venu comme il lui plaisait ; il est entré en elle sans qu’elle le sente, et elle l’a accueilli sans éprouver aucune souffrance. Elle portait en elle, comme un enfant, celui dont le monde était rempli. Il est descendu pour être le modèle qui renouvellerait l’antique image d’Adam.

C’est pourquoi, lorsqu’on t’annonce la naissance de Dieu, observe le silence. Que la parole de Gabriel te soit présente à l’esprit, car il n’y a rien d’impossible à cette glorieuse Majesté qui s’est abaissée pour nous et qui est née de notre humanité. En ce jour, Marie est devenue pour nous le ciel qui porte Dieu, car la Divinité sublime est descendue et a établi en elle sa demeure. En elle, Dieu s’est fait petit — mais sans amoindrir sa nature — pour nous faire grandir. En elle, il nous a tissé un habit avec lequel il nous sauverait. En elle se sont accomplies toutes les paroles des prophètes et des justes. D’elle s’est levée la lumière qui a chassé les ténèbres du paganisme.

Nombreux sont les titres de Marie… : elle est le palais dans lequel a habité le puissant Roi des rois, mais il ne l’a pas quittée comme il était venu, car c’est d’elle qu’il a pris chair et qu’il est né. Elle est le ciel nouveau dans lequel a habité le Roi des rois ; en elle s’est levé le Christ et d’elle il est monté pour éclairer la création, formé et façonné à son image. Elle est le cep de vigne qui a porté la grappe ; elle a donné un fruit supérieur à la nature ; et lui, bien que différent d’elle par sa nature, a revêtu sa couleur quand il est né d’elle. Elle est la source de laquelle ont jailli les eaux vives pour les assoiffés, et ceux qui s’y désaltèrent portent des fruits au centuple.

Saint Ephrem (v. 306-373)

 

 

 

Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu

mardi 1 janvier 2019

Viens, Moïse, montre-nous ce buisson sur le sommet de la montagne dont les flammes dansaient sur ton visage (Ex 3,2) : c’est l’enfant du Très-Haut qui est apparu du sein de la Vierge Marie et qui a illuminé le monde à sa venue. Gloire à lui de la part de toute créature, et bienheureuse celle qui l’a enfanté !

Viens, Gédéon, montre-nous cette toison et cette douce rosée (Jg 6,37), explique-nous donc le mystère de ta parole : c’est Marie qui est la toison qui a reçu la rosée, le Verbe de Dieu ; il s’est manifesté d’elle dans la création et il a racheté le monde de l’erreur.

Viens, David, montre-nous la cité que tu as vue et la plante qui en a germé : la cité c’est Marie, la plante qui en est sortie c’est notre Sauveur dont le nom est Aurore (Jr 23,5; Za 3,8 LXX).

L’arbre de vie qui était gardé par un chérubin au glaive de feu (Gn 3,24), voici qu’il habite en Marie, la Vierge pure ; Joseph le garde. Le chérubin a déposé son glaive, car le fruit qu’il gardait a été envoyé du haut du ciel jusqu’aux exilés dans leur gouffre. Mangez-en tous, hommes mortels, et vous vivrez. Béni soit le fruit qu’a enfanté la Vierge.

Béni soit celui qui est descendu et a habité en Marie et qui est sorti d’elle pour nous sauver. Bienheureuse Marie, toi qui as été jugée digne d’être la mère du Fils du Très-Haut, toi qui as enfanté l’Ancien qui avait donné naissance à Adam et Ève. Il est issu de toi, le doux fruit plein de vie, et par lui, les exilés ont de nouveau accès au Paradis.

Saint Ephrem (v. 306-373)

 

 

 

Élie sur le Mont Horeb

samedi 15 décembre 2018

« Voici que le Seigneur passa. Il y eut un vent très violent, qui renversait les montagnes et brisait les rochers devant le Seigneur, mais le Seigneur n’était pas dans le vent. » (1R 19,11) Puis il y eut des tremblements de terre et des éclairs après l’ouragan ; Élie entendit que Dieu n’était pas là non plus. Ces phénomènes avaient pour but de contenir le zèle d’ailleurs louable du prophète dans les limites de sa charge et de lui enseigner, à l’exemple donné par les signes de l’autorité divine, que la sévérité devait se tempérer de miséricorde. Selon le sens caché, les tourbillons de vent qui précédaient la venue de Dieu, les tremblements de terre, les incendies attisés par les vents étaient les signes avant-coureurs du jugement universel…

« Après le feu, il y eut un murmure léger. » Par ce symbole, Dieu retient le zèle immodéré d’Élie. Il veut ainsi lui dire : « Tu vois que les vents déchaînés ne me plaisent pas, ni les tremblements de terre horribles et que je n’aime ni les éclairs ni la foudre : pourquoi n’imites-tu pas la douceur de ton Dieu ? Pourquoi ne relâches-tu pas un peu ce zèle dont tu brûles, pour être plutôt le protecteur que l’accusateur des hommes de ton peuple ? » Le doux murmure représente la joie de la vie bienheureuse qui sera donnée aux justes, quand, à la fin des temps, sera rendu le jugement général redoutable…

« Après avoir entendu ce murmure, Élie se couvrit le visage de son manteau. Il sortit, se tint debout à l’entrée de la grotte, et voici qu’une voix lui disait : ‘Élie, que fais-tu ici ?’ Il répondit : ‘J’éprouve un zèle ardent pour mon Seigneur le Dieu des armées, parce que les fils d’Israël ont abandonné ton alliance’ ». Le prophète se tint à l’entrée de la grotte, sans oser s’approcher de Dieu qui venait, et il se couvrit le visage, dans la pensée qu’il était indigne de voir Dieu… Il avait pourtant devant les yeux un signe de la clémence divine et, ce qui aurait dû le toucher plus encore, il faisait en personne l’expérience de la bonté merveilleuse de Dieu, dans les paroles qu’il lui adressait. Qui ne serait séduit par la bienveillance d’une si grande majesté, par une question si douce : « Élie, que fais-tu ici ? »

Saint Ephrem (v. 306-373)