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Archive pour le mot-clef ‘St Grégoire de Nazianze’

Le mercredi saint

mercredi 13 avril 2022

Nous allons participer à la Pâques. Cette participation sera, maintenant encore, de manière symbolique, par le sacrement. Toutefois, ce sacrement sera plus parlant que dans la Loi ancienne, car le banquet pascal, j’ose le dire, était alors très obscur: c’était une préfiguration. Mais bientôt la Pâque sera plus parfaite et plus pure, car le Verbe y « boira avec nous le vin nouveau dans le Royaume de son Père » (Lc 22,18). (…)

Quant à nous, participons à la Loi, mais à la lumière de l’Évangile et non selon la lettre (Rm 7,6); de façon parfaite et non ébauchée, pour toujours et non pour un moment. Ayons pour capitale, non pas la Jérusalem d’en bas, mais la cité d’en haut; non pas celle qui est piétinée par les armées, mais celle qui est glorifiée par les anges. Offrons en sacrifice, non pas « de jeunes taureaux ni des agneaux portant cornes et sabots » (Ps 68,32), (…) mais « offrons à Dieu un sacrifice de louange » (Ps 49,14) sur l’autel céleste, en union avec les chœurs du ciel. Écartons le premier voile, avançons-nous jusqu’au second et portons nos regards vers le Saint des saints. Je dirai davantage : c’est nous-mêmes que nous devons offrir à Dieu en sacrifice ; offrons-lui chaque jour toutes nos activités. Acceptons tout pour le Christ : par nos souffrances, imitons sa Passion ; par notre sang honorons son sang ; montons vers la croix avec ferveur…

Si tu es Simon de Cyrène, prends la croix et suis le Christ. Si tu es crucifié avec lui, comme le larron, fais comme ce juste : reconnais qu’il est Dieu… Si tu es Joseph d’Arimathie, réclame le corps à celui qui l’a fait crucifier ; que ton souci soit le rachat du monde. Si tu es Nicodème, ce serviteur nocturne de Dieu, viens ensevelir ce corps et le parfumer avec de la myrrhe. Si tu es l’une des saintes femmes, l’une ou l’autre Marie, Salomé ou Jeanne, va le pleurer de grand matin. Sois la première à voir la pierre du tombeau enlevée, peut-être même les anges, et Jésus lui-même (Lc 23,26.42.52; Jn 19,39; Mc 16,1; Lc 24,10; Jn 20,1s).

Saint Grégoire de Nazianze (330-390)

 

 

Fête du Baptême de Notre Seigneur

dimanche 9 janvier 2022

Le Christ est illuminé par le baptême, resplendissons avec lui ; il est plongé dans l’eau, descendons avec lui pour remonter avec lui. (…) Jean est en train de baptiser et Jésus s’approche : peut-être pour sanctifier celui qui va le baptiser ; certainement pour ensevelir tout entier le vieil Adam au fond de l’eau. Mais avant cela et en vue de cela, il sanctifie le Jourdain. Et comme il est esprit et chair, il veut pouvoir initier par l’eau et par l’Esprit. (…) Voici Jésus qui remonte hors de l’eau. En effet, il porte le monde ; il le fait monter avec lui. « Il voit les cieux se déchirer et s’ouvrir » (Mc 1,10), alors qu’Adam les avait fermés pour lui et sa descendance, quand il a été expulsé du paradis que défendait l’épée de feu.

Alors l’Esprit atteste sa divinité, car il accourt vers celui qui est de même nature. Une voix descend du ciel, pour rendre témoignage à celui qui en venait ; et, sous l’apparence d’une colombe, elle honore le corps, puisque Dieu, en se montrant sous une apparence corporelle, divinise aussi le corps. C’est ainsi que, bien des siècles auparavant, une colombe est venue annoncer la bonne nouvelle de la fin du déluge (Gn 8,11). (…)

Pour nous, honorons aujourd’hui le baptême du Christ, et célébrons cette fête de façon irréprochable. (…) Soyez entièrement purifiés, et purifiez-vous encore. Car rien ne donne à Dieu autant de joie que le redressement et le salut de l’homme : c’est à cela que tend tout ce discours et tout ce mystère. Soyez « comme des sources de lumière dans le monde » (Ph 2,15), une force vitale pour les autres hommes. Comme des lumières parfaites secondant la grande Lumière, soyez initiés à la vie de lumière qui est au ciel ; soyez illuminés avec plus de clarté et d’éclat par la sainte Trinité.

Saint Grégoire de Nazianze (330-390)

 

 

« Invite les pauvres. »

lundi 4 novembre 2019

Dieu, ému par la grande détresse de l’homme, lui a donné la Loi et les prophètes, après lui avoir donné la loi non écrite de la nature (cf Rm 1,26) (…); finalement, il s’est livré lui-même pour la vie du monde. Il nous a prodigué des apôtres, des évangélistes, des docteurs, des pasteurs, des guérisons, des prodiges. Il nous a ramenés à la vie, a détruit la mort, a triomphé de celui qui nous avait vaincus, nous a donné l’Alliance préfigurative, l’Alliance en vérité, les charismes de l’Esprit Saint, le mystère du salut nouveau. (…)

Dieu nous comble de biens spirituels, si nous voulons les recevoir : n’hésite pas à venir en aide à ceux qui en ont besoin. Donne surtout à celui qui te demande, et même avant qu’il demande, faisant inlassablement aumône de la doctrine spirituelle. (…) À défaut de ces dons, propose-lui au moins des services plus modestes : donne-lui à manger, offre-lui de vieux habits, fournis-lui des médicaments, bande ses plaies, interroge-le sur ses épreuves, enseigne-lui la patience. Approche-toi de lui sans crainte. Pas de danger que tu t’en trouves plus mal ou que tu contractes sa maladie. (…) Appuie-toi sur la foi ; que la charité triomphe de tes réticences. (…) Ne méprise pas tes frères, ne reste pas sourd à leurs appels, ne les fuis pas. Vous êtes membres d’un même corps (1Co 12,12s), même si lui est brisé par le malheur ; de même qu’à Dieu, « à toi le pauvre est confié » (Ps 10,14).

Saint Grégoire de Nazianze (330-390)

 

 

 

 

« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous. »

mardi 22 mai 2018

Certains sont plongés dans l’incertitude par les stigmates de la Passion sur le corps du Christ et se posent la question : « Qui est ce Roi de gloire ? » (Ps 23,7) Réponds-leur que c’est le Christ fort et puissant (v. 8) en tout ce qu’il a toujours fait et qu’il continue de faire… Fais-leur voir la beauté de la robe portée par le corps souffrant du Christ, embelli par la Passion et transfiguré par l’éclat de la divinité, cette robe de gloire qui en fait l’objet le plus beau et le plus digne d’être aimé au monde… Est-il petit du fait qu’il s’est fait humble à cause de toi ? Est-il méprisable du fait que, Bon Berger offrant sa vie pour son troupeau (Jn 10,1), il est venu chercher la brebis égarée, et l’ayant trouvée, la ramène sur ses épaules qui ont porté pour elle la croix, et l’ayant ramenée, l’a mise au nombre des brebis fidèles qui sont restées au bercail ? (Lc 15,4s) Est-ce que tu l’estimes moins grand parce qu’il se ceint d’un linge pour laver les pieds de ses disciples, leur montrant que le plus sûr moyen de s’élever, c’est de s’abaisser ? (Jn 13,4 ;Mt 23,12) parce qu’en inclinant son âme vers la terre il s’abaisse afin de relever avec lui ceux qui plient sous le poids du péché ? Lui reproches-tu d’avoir mangé avec les publicains et les pécheurs pour leur salut ? (Mt 9,10)

Il a connu la fatigue, la faim, la soif, l’angoisse et les larmes, suivant la loi de notre nature humaine. Mais, comme Dieu, que n’a-t-il pas fait ? … Nous avions besoin d’un Dieu fait homme, devenu mortel, pour pouvoir vivre. Nous avons partagé sa mort qui nous purifie ; par sa mort, il nous donne de partager sa résurrection ; par sa résurrection, il nous donne de partager sa gloire.

Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l’Église
Homélie pour la fête de Pâques ; PG 36, 624 (trad. Homéliaire patristique, coll. Lex orandi n°8, p. 223 rev.)