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Archive pour le mot-clef ‘Ste Gertrude d’Helfta’

« Je te suivrai partout où tu iras. » (Mt 8,19)

mercredi 30 septembre 2020

Toi, la joie débordante de mon esprit, toi, la louange de mon cœur et de ma bouche, mon Jésus : je te suivrai partout où tu iras. Quand tu auras revendiqué pour toi mon cœur et que tu l’auras possédé en propre, jamais au monde tu ne pourras m’être enlevé. (…)

« Voilà la race de ceux qui cherchent le Seigneur, qui cherchent la face du Dieu de Jacob. » (Ps 23,6). (…)
Fais-moi, doux Jésus, inscrire et compter dans la race de ceux qui te connaissent, Dieu d’Israël ; dans la race de ceux qui cherchent ta face, Dieu de Jacob ; dans la race de ceux qui t’aiment, Dieu des armées. De grâce, fais que, les mains innocentes et le cœur pur, je reçoive bénédiction et miséricorde, de toi, ô Dieu de mon salut. (…)

Agneau de Dieu, en cette voie où je marche, tiens ma main droite, de peur que je ne défaille. Agneau de Dieu, ce que j’ai commencé en ton Nom, fais que fidèlement je l’accomplisse moyennant ton secours. Agneau de Dieu, que mes péchés ne me soient pas un obstacle, mais qu’en toutes ces demandes, ta miséricorde me fasse progresser. Ô Christ, écoute-moi ; et à l’heure de ma mort, réjouis-moi dans ton salut

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

 

 

 

Fête de la Croix Glorieuse

lundi 14 septembre 2020

Il lui fut enseigné [à Gertrude] que lorsque nous nous tournons vers le crucifix, nous devons considérer qu’au fond du cœur le Seigneur Jésus nous dit de sa tendre voix : « Voici comment, à cause de l’amour que j’ai pour toi, j’ai été suspendu à la croix, nu et méprisable, le corps couvert de blessures et tous les membres disloqués. Et pourtant mon Cœur est ému d’une telle douceur d’amour pour toi que, si ton salut l’exigeait et ne pouvait être accompli autrement, j’accepterais d’endurer aujourd’hui pour toi seul tout ce que tu peux voir que j’ai enduré jadis pour le monde tout entier. » Ces réflexions nous doivent porter à la gratitude, car, à vrai dire, ce n’est jamais sans une grâce de Dieu que notre regard rencontre un crucifix. (…)

Une autre fois, appliquant son esprit à méditer sur la Passion du Seigneur, elle comprit que la méditation des prières et leçons relatives à la Passion du Seigneur est d’une efficacité infiniment plus grande que tout autre exercice. Car de même qu’il est impossible de toucher de la farine sans que de la poudre en reste aux mains, ainsi il n’est pas possible de penser avec tant soit peu de ferveur à la Passion du Seigneur sans en tirer quelque fruit. Même celui qui fait une simple lecture sur la Passion dispose au moins son âme à en recevoir le fruit, de sorte que cette simple attention de celui qui s’exerce au souvenir de la Passion du Christ lui est plus profitable qu’à tel autre une attention plus soutenue, mais non occupée par la Passion du Seigneur.

C’est pourquoi, ayons soin sans cesse d’appliquer souvent notre méditation à la Passion du Christ et qu’elle nous devienne comme un rayon de miel à la bouche, une mélodieuse musique à l’oreille, un chant de joie dans le cœur

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

 

 

 

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix. » (Mt 16,24)

dimanche 30 août 2020

Comme Gertrude priait pour une personne dont elle avait été peinée d’apprendre qu’elle avait proféré des paroles d’impatience, demandant pourquoi Dieu lui envoyait des épreuves qui n’étaient pas faites pour elle, le Seigneur dit : « Demande-lui quelles sont les épreuves qui sont faites pour elle et dis-lui que, comme il est impossible d’entrer dans le royaume des cieux sans quelque épreuve, elle veuille bien choisir celles qui sont faites pour elle, et lorsque celles-ci surviendront, qu’elle conserve alors la patience. » Ces paroles du Seigneur lui firent comprendre que la forme d’impatience la plus dangereuse est de s’imaginer qu’on accepterait bien d’être patient en d’autres occasions, mais que cela est impossible en celles-là même que Dieu nous envoie, alors qu’au contraire on doit toujours être sûr que le plus avantageux est précisément ce que Dieu envoie et que, si on manque à le supporter avec patience, il faut en prendre sujet d’humilité.

Et le Seigneur ajouta comme avec une tendresse d’amour : « Et toi, que t’en semble, en ce qui te concerne ? Ne m’arrive-t-il pas de t’envoyer des épreuves qui ne sont pas faites pour toi ? » Elle dit : « Nullement, mon Dieu, mais je confesse et confesserai jusqu’à mon dernier souffle que, qu’il s’agisse du corps ou de l’âme, et tant de la prospérité que de l’adversité, vous m’avez gouvernée d’une manière si constamment parfaite qu’on ne pourrait l’attendre d’aucune sagesse d’aucun temps, depuis le commencement du monde jusqu’à la fin, sinon de Vous, mon Dieu, infiniment doux, unique Sagesse incréée, déployée d’un bout du monde à l’autre, avec force et avec douceur régissant toutes choses. » (cf. Sg 8,1

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

 

 

 

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix » (Mt 16, 24)

vendredi 7 août 2020

Pendant le répons (…) « Voici que vient le Seigneur, notre Protecteur, le Saint d’Israël », Gertrude comprit que si quelqu’un s’appliquait dans son cœur à mettre sa volonté absolue à désirer que toute la conduite de sa vie, dans les joies comme dans les adversités, obéisse à la très adorable volonté de Dieu, il rendrait au Seigneur, par une telle disposition, moyennant la grâce de Dieu, le même honneur que rend au Souverain celui qui pose sur sa tête la couronne impériale. (…)

Elle vit le Seigneur avançant sur un chemin, agréable certes par la beauté des feuillages et des fleurs, mais étroit et âpre entre d’épais buissons d’épines. Le Seigneur semblait avancer derrière une croix qui, écartant les épines de chaque côté, frayait un passage commode et il se retournait avec un visage serein vers ceux qui le suivaient, les encourageant et disant : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive… » (Mt 16, 24)

Elle comprit par ces paroles que chacun a pour croix sa propre épreuve. Par exemple, la croix des uns est de devoir, sous l’aiguillon de l’obéissance, agir contrairement à leur désir ; celle des autres, de voir le poids des infirmités mettre obstacle à leur liberté ; et ainsi de chacun. Cette croix, chacun doit la porter en acceptant, en toute volonté, de souffrir ce qui le contrarie, et tout en s’y appliquant du mieux qu’il peut, en ne négligeant rien par ailleurs de ce qu’il sait être à la louange de Dieu

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

 

 

 

Sacré-Cœur de Jésus, solennité

vendredi 19 juin 2020

Maintenant, ô amour, mon Roi et mon Dieu, maintenant, ô Jésus mon bien-aimé. Reçois-moi sous la garde très miséricordieuse de ton divin cœur. Là, là, afin que je vive à toi toute entière, attache-moi à ton amour. Maintenant donc, plonge-moi dans la vaste mer de ta profonde miséricorde. Là, là, confie-moi aux entrailles de ta surabondante bonté. Oh, maintenant, jette-moi dans la flamme dévorante de ton divin amour. Là, là, fais-moi passer en toi jusqu’à brûler et à réduire en cendres mon âme et mon esprit. Et à l’heure de mon trépas, ah, remets-moi à la providence de ta paternelle charité.

Là, là, ô mon doux Sauveur, console-moi par la vue de ta présence si douce. Là, réconforte-moi par le goût de cette précieuse rançon dont tu m’as rachetée. Là, là, appelle-moi à toi par la voix vivante de ton bel amour. Là, là, reçois-moi dans l’embrasement de ton pardon infiniment miséricordieux. Là, par le souffle de la douceur de ton Esprit, effluve de suavité, attire-moi à toi-même, tire-moi en toi, et attire-moi. Là, dans le baiser de l’union parfaite, plonge-moi dans la jouissance éternelle de toi, et donne-moi alors de te voir, de te posséder, de jouir à jamais de toi dans le plus grand bonheur, car mon âme est éprise de toi, ô Jésus, le plus cher de tous ceux qui sont chers.

Amen

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

 

 

 

Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

dimanche 14 juin 2020

Pour la réception de la communion au corps et au sang vivifiant de l’agneau immaculé Jésus Christ dit :
Que ton corps vénérable et ton sang précieux, mon Seigneur Jésus Christ, gardent mon corps et mon âme pour la vie éternelle. Que ta paix soit avec moi. En toi, ô Jésus, paix véritable, à jamais que je reçoive paix sur paix, afin que par toi je parvienne à cette paix qui surpasse tout sentiment ; où joyeuse, je te verrai en toi, pour l’éternité.

Dans cette communion, désire que toute ta vie soit cachée avec le Christ en Dieu, et que l’heure de ta mort te trouve pleinement consommée en lui :
Ô très doux hôte de mon âme, mon Jésus très cordialement aimé, que ta suave réception soit pour moi aujourd’hui de tous mes péchés la rémission, de toutes mes négligences la réparation. Et de toute ma vie perdue le recouvrement. Qu’elle soit pour moi éternel salut, guérison de l’âme et du corps, embrasement de l’amour, renouvellement de vertu et inclusion de ma vie en toi pour l’éternité. Qu’elle opère en moi la liberté de l’esprit, la santé de la vie, la dignité des mœurs ; qu’elle soit pour moi le bouclier de la patience, l’enseigne de l’humilité, l’appui de la confiance, la consolation dans la tristesse, le secours pour la persévérance. Qu’elle soit pour moi l’armure de la foi, la fermeté de l’espérance, la perfection de la charité, l’accomplissement de tes commandements, le renouvellement de l’esprit, la sanctification dans la vérité (Jn 17,17) et la consommation de toute la religion. Qu’elle soit pour moi la source des vertus, la fin des vices, l’accroissement de tout bien, et le témoignage éternel de ton amour.

Ainsi, au terme de ma vie, affranchie des misères de cette vie, toute joyeuse je prendrai place pour l’éternité à ton festin, et je tressaillirai au sein des richesses de ton amour, comme l’épouse se réjouit dans les délices de son roi.

Ame

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

 

 

 

 

Tout pour ma gloire

mardi 9 juin 2020

[Une personne] s’affligeait de ce qu’elle se voyait empêchée de vaquer à l’oraison du fait des divers soucis que lui causait l’emploi dont elle était chargé.

Comme Gertrude priait pour elle, elle reçut du Seigneur la réponse suivante : « Je n’attends pas d’elle qu’elle me serve une heure par jour, mais bien que, pendant toute la journée, elle soit sans cesse en ma présence, et cela, en accomplissant continuellement tous ses travaux pour ma gloire, dans l’esprit même où elle voudrait vaquer à la prière, et y ajoutant, en outre, cet acte de piété. À chaque travail qu’elle accomplit dans sa charge, de souhaiter toujours que tous ceux qui bénéficieront de son travail non seulement en soient restaurés corporellement, mais aussi spirituellement entraînés à m’aimer davantage et affermis dans le bien.

Et toutes les fois qu’elle agira ainsi, elle semblera assaisonner sagement tous les plats qui sont, pour ainsi dire, ses travaux et labeurs, d’un sel à mon goût, d’une exquise saveur.

Sainte Gertrude d’Helfta

 

 

 

 

« Chez lui, nous nous ferons une demeure. » (Jn 14,23)

lundi 11 mai 2020

Saint Bernard dit dans ses écrits : « J’estime que l’âme élue est non seulement céleste par son origine, mais que ce n’est pas sans raison qu’on peut l’appeler un ciel, par analogie, car notre vie se voit dans les cieux (Ph 3,20). Aussi La Sagesse dit : « L’âme du juste est la demeure de la sagesse » (cf. Pr 14,33 LXX), et encore : « Le ciel est mon trône. » (Is 66,1) Or, celui qui sait que Dieu est esprit n’hésitera pas à lui assigner une demeure spirituelle. J’en vois la confirmation certaine dans cette promesse de Celui qui est Vérité : « Mon Père et moi, nous viendrons à lui, c’est-à-dire au juste, et nous fixerons en lui notre demeure. » (Jn 14,23) Et je pense que le Prophète n’entendait pas autre chose lorsqu’il disait : « Tu habites dans le Saint, gloire d’Israël. » (Ps 21,4 LXX) Et l’Apôtre dit clairement que « le Christ habite par la foi dans nos cœurs » (Ep 3,17).

Mais c’est de loin que mon désir se tourne vers ces âmes saintes dont il est dit : « J’habiterai en eux et j’y marcherai » (2Co 6,16) Oh ! que cette âme est grande ! Oh ! quel privilège est accordé à ses mérites de posséder en soi la présence divine et d’être trouvée digne de l’accueillir et capable de la contenir, même d’être élargie aux dimensions où puisse se mouvoir son action majestueuse. Cette croissance en a fait le temple saint du Seigneur (Ep 2,21), une croissance, dis-je, dans la mesure de la charité qui est la dimension de l’âme.

Donc, l’âme sainte est un ciel, qui a pour soleil l’intelligence, pour lune la foi, pour étoiles les vertus, ou encore assurément pour soleil la justice ou le zèle d’une fervente charité, et pour lune la chasteté. Il n’est point étonnant que le Seigneur Jésus choisisse d’habiter ce ciel pour lequel il ne s’est pas contenté, comme pour la création des cieux matériels, de dire simplement qu’il soit, mais il a lutté pour le conquérir, il est mort pour le racheter. Aussi, l’œuvre achevée, et satisfait dans son désir, il a dit : « Ici est mon repos à tout jamais, ici j’aurai ma demeure. » (cf. Ps 131,14)

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

moniale bénédictine

 

 

 

« Montre-nous le Père ; cela nous suffit. » (Jn 14,8)

samedi 9 mai 2020

Désirant savoir quel serait le fruit de l’attention de nos pensées vers Dieu, il fut enseigné [à Gertrude] que, par la méditation ou l’attention de ses pensées vers Dieu, l’homme, pour ainsi dire, présente à Dieu devant le trône de gloire un miroir d’un éclat magnifique où le Seigneur contemple avec une joie infinie sa propre image, car c’est lui qui inspire et dirige toute réalité bonne.

Si des empêchements rendent parfois cet effort plus difficile, plus l’effort est grand, plus le miroir apparaîtra délicieusement parfait aux yeux de la toute adorable Trinité et de tous les saints. Et il demeurera à jamais pour la gloire de Dieu et l’éternelle allégresse de cette âme. (…)

Entraînée un jour par l’excès de son amour, elle dit au Seigneur : « Oh ! que n’ais-je, Seigneur, une telle ardeur que mon âme en soit comme liquéfiée et puisse, comme une substance liquide, se répandre toute en vous complètement ! » Le Seigneur répondit : « Ton vouloir a en toi la puissance de ce feu. » Par quoi elle comprit que le vouloir de l’homme a le pouvoir de pleinement réaliser tous ceux de ses désirs qui ont Dieu pour objet.

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

 

 

 

Jésus, bon Pasteur, garde-moi !

dimanche 3 mai 2020

Que ta divine toute-puissance, ta sagesse et ta bonté, mon Dieu, mon doux amour, me bénisse ; qu’elle me fasse marcher à ta suite avec une volonté empressée, me renoncer moi-même sincèrement, et d’un cœur, d’un esprit et d’une âme très zélés, te suive en la manière la plus parfaite. (…)

« Écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur. » (Ps 33,12) Ah, Jésus, bon Pasteur, fais que j’entende et que je reconnaisse ta voix, me délivrant de tout ce qui m’empêche d’être à toi ; relève-moi de ton bras ; fais-moi reposer dans ton sein, moi ta brebis rendue féconde par ton Esprit. Là enseigne-moi comment te craindre ; là montre-moi comment t’aimer ; apprends-moi comment te suivre. (…)

« Celui qui habite sous la garde du Très-Haut, demeurera dans la protection du Dieu du ciel. » (Ps 90,1) Protecteur de mon âme et mon refuge au jour de malheur, défends-moi en toute tentation ; entoure-moi du bouclier de la vérité. Toi-même, sois avec moi en toutes mes tribulations : toi qui es mon espérance, de tout péril du corps et de l’âme défends-moi toujours, et protège-moi. (…) Amen.

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)