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Archive pour le mot-clef ‘trésor’

Offrir à Dieu notre vrai trésor

dimanche 8 septembre 2019

Plusieurs, qui pour suivre le Christ avaient méprisé des fortunes considérables, sommes énormes d’or et d’argent et domaines magnifiques, par la suite se sont laissés émouvoir pour un grattoir, pour un poinçon, pour une aiguille, pour un roseau à écrire. (…) Après avoir distribué toutes leurs richesses pour l’amour du Christ, ils retiennent leur ancienne passion et la mettent à des futilités, prompts à la colère pour les défendre. N’ayant pas la charité dont parle saint Paul, leur vie est frappée de stérilité. Le bienheureux apôtre prévoyait ce malheur : « Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres et livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien », disait-il (1Co 13,3). Preuve évidente que l’on ne touche pas tout d’un coup à la perfection par le seul renoncement à toute richesse et le mépris des honneurs, si l’on n’y joint pas cette charité dont l’apôtre décrit les divers aspects.

Or elle n’est que dans la pureté du cœur. Car rejeter l’envie, l’enflure, la colère et la frivolité, ne pas chercher son propre intérêt, ne pas prendre plaisir à l’injustice, ne pas tenir compte du mal, et le reste (1Co 13,4-5) : qu’est-ce d’autre que d’offrir continuellement à Dieu un cœur parfait et très pur, et le garder indemne de tout mouvement de passion ? La pureté de cœur sera donc le terme unique de nos actions et de nos désirs.

Saint Jean Cassien (v. 360-435)

 

 

 

 

Là où est ton trésor…

mercredi 31 juillet 2019

Le Christ est le trésor de toute grâce ; car « Il est rempli de grâce et de vérité » (Jn 1, 14), et les Anges et les hommes reçoivent de sa plénitude. Il possède la source même de la plénitude, et « ouvrant sa main, remplit de bénédiction tout animal » raisonnable. Mais ce trésor de grâces est caché sous le voile du Sacrement de l’autel. « Le Royaume des cieux n’est-il pas semblable à un trésor caché dans un champ ? » (Mt 13, 44). Et ce champ, n’est-ce pas ici le Sacrement du corps du Christ, qui est recueilli dans les champs ? Dans ce champ nous possédons un trésor caché, parce que là sont cachés tous les genres de grâces. « Celui qui l’a découvert, s’en va dans sa joie, vend tout ce qu’il possède et l’achète » (Mt 13, 44). Celui qui connaît la richesse de ce Sacrement, renonce très volontiers à toute autre activité, pour se donner en toute liberté à l’action et à la dévotion envers ce Sacrement ; il sait qu’il y gagnera la possession de la vie éternelle, selon cette parole du Seigneur : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle » (Jn 6, 55).

Et le trésor de toute gloire est dans le Christ. Toute la gloire que possèdent les anges et les hommes qui se sauveront jusqu’au jour du jugement, qu’elle soit la gloire du corps ou la gloire de l’âme, ils la tirent de ce trésor. C’est Lui, en effet, dont les trésors sont des abîmes, et qui a fixé les limites incompréhensibles de sa gloire. Aussi nous ordonne-t-il de courir à ce trésor en disant : « Amassez-vous des trésors dans le ciel » (Mt 6, 20). Ce trésor est caché sous le voile du pain et du vin pour que tu aies le mérite de la foi.

Que le Seigneur soit donc loué pour ses miséricordes parce qu’il nous a représenté son Corps par avance sous la figure du trésor céleste !

Saint Bonaventure (1221-1274)

 

 

 

 

« Tu auras un trésor au ciel. »

dimanche 14 octobre 2018

Le Christ avait dit au jeune homme : « Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements » (Mt 19,17). Il demande : « Lesquels ? », non pour le mettre à l’épreuve, loin de là ; il suppose qu’il y aura pour lui, à côté des commandements de la Loi de Moïse, d’autres commandements qui lui procureront la vie ; c’était la preuve de son désir ardent. Quand Jésus lui eut énoncé les commandements de la Loi, le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l’ai observé avec soin dès ma jeunesse ». Et il ne s’en tint pas là, il demanda : « Que me manque-t-il encore ? » (Mt 19,20), ce qui était le signe même de son désir ardent. Ce n’est pas une petite âme qui estime qu’il lui manque encore quelque chose, qui trouve insuffisant l’idéal proposé pour rejoindre l’objet de son propre désir. Et que va dire le Christ ? Il propose quelque chose de grand ; il propose d’abord la récompense en déclarant : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi ». Vois-tu quel prix, quelles couronnes il propose pour cette course sportive ? … Pour l’attirer il lui montre une récompense de grande valeur et il remet le tout à son jugement. Ce qui pourrait sembler pénible, il le laisse dans l’ombre. Avant de parler de combats et d’efforts, il lui montre la récompense : « Si tu veux être parfait » dit-il : voilà la gloire, voilà le bonheur ! … « Tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi » : voilà la récompense, la récompense superbe de marcher à la suite du Christ, d’être son compagnon et son ami ! Ce jeune homme estimait les richesses de la terre ; le Christ le conseille de s’en dépouiller, non pas pour s’appauvrir dans le dénuement mais pour l’enrichir davantage.

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église

 

 

 

 

Amassons des trésors éternels

vendredi 10 novembre 2017

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Le monde passe ; nous passons avec lui. Les rois, les empereurs, tout s’en va. On s’engouffre dans l’éternité d’où l’on ne revient plus. Il ne s’agit que d’une seule chose : sauver sa pauvre âme. Les saints n’étaient pas attachés aux biens de la terre ; ils ne songeaient qu’à ceux du ciel. Les gens du monde, au contraire, ne songent qu’au temps présent.

Il faut faire comme les rois. Quand ils vont être détrônés, ils envoient leurs trésors en avant ; ces trésors les attendent. De même un bon chrétien envoie toutes ses bonnes œuvres à la porte du ciel. […]

La terre est un pont pour passer l’eau ; elle ne sert qu’à soutenir nos pieds… Nous sommes en ce monde mais nous ne sommes pas de ce monde, puisque nous disons tous les jours : « Notre Père qui êtes aux cieux… » Il faut donc attendre notre récompense quand nous serons « chez nous » dans la maison paternelle.

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
Pensées choisies du Saint curé d’Ars (J. Frossard, Eds Téqui ; chap. 4, p.23-24)

 

 

Un trésor caché

mercredi 2 août 2017

St Matthieu13

L’épouse [du Cantique] des Cantiques dit…qu’elle se leva de son lit pour chercher son Bien-aimé dans la ville, mais ce fut en vain ; après être sortie de la cité elle trouva Celui que son cœur aimait (Ct 3,1-4). Jésus ne veut pas que nous trouvions dans le repos sa présence adorable, il se cache… Oh, quelle mélodie pour mon cœur que ce silence de Jésus. Il se fait pauvre afin que nous puissions lui faire la charité, il nous tend la main comme un mendiant afin qu’au jour radieux du jugement, alors qu’il paraîtra dans sa gloire, il puisse nous faire entendre ces douces paroles : « Venez, les bénis de mon Père, car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, je ne savais où loger et vous m’avez donné un asile, j’étais en prison, malade, et vous m’avez secouru » (Mt 25,34-36). C’est Jésus lui-même qui a prononcé ces mots, c’est lui qui veut notre amour, qui le mendie. Il se met pour ainsi dire à notre merci, il ne veut rien prendre sans que nous le lui donnions…

Jésus est un trésor caché, un bien inestimable que peu d’âmes savent trouver car il est caché et le monde aime ce qui brille. Ah, si Jésus avait voulu se montrer à toutes les âmes avec ses dons ineffables, sans doute il n’en est pas une seule qui l’aurait dédaigné, mais il ne veut pas que nous l’aimions pour ses dons, c’est lui-même qui doit être notre récompense.

Pour trouver une chose cachée, il faut se cacher soi-même ; notre vie doit donc être un mystère, il nous faut ressembler à Jésus, à Jésus dont le visage était caché (Is 53,3)… Jésus t’aime d’un amour si grand que si tu le voyais tu serais dans une extase de bonheur…, mais tu ne le vois pas et tu souffres. Bientôt Jésus « se lèvera pour sauver tous les doux et les humbles de la terre » (Ps 75,10).

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
Lettre 145 (OC, Cerf DDB 1992, p. 470)

 

 

 

« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor. »

dimanche 30 juillet 2017

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Il est logique que la fin de tous nos désirs, c’est-à-dire la vie éternelle, soit indiquée à la fin de tout ce qui nous est donné à croire dans le Credo avec ces paroles : « La vie éternelle. Amen »… Dans la vie éternelle, il y a l’union de l’homme avec Dieu…, la louange parfaite…, et le rassasiement parfait de nos désirs, car chaque bienheureux y possédera encore plus qu’il ne désirait et n’espérait. En cette vie personne ne peut combler son désir ; jamais rien de créé ne pourra rassasier le désir de l’homme. Dieu seul rassasie, et à l’infini. C’est pourquoi nous ne nous reposons qu’en Dieu, comme le dit saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il se repose en toi ».

Puisque dans la patrie les saints posséderont Dieu parfaitement, il est évident que non seulement leur désir sera rassasié mais qu’en outre il débordera de gloire. C’est pourquoi le Seigneur dit : « Entre dans la joie de ton Seigneur » (Mt 25,21). Et saint Augustin dit à ce propos : « Ce n’est pas toute la joie qui entrera en ceux qui se réjouissent, mais ceux qui se réjouissent entreront tout entiers dans la joie. » On dit dans un psaume : « Je serai rassasié lorsque se manifestera ta gloire » (62,3), et dans un autre : « Il comble de biens ton désir » (Ps 37,4)… Car si l’on désire les délices, c’est là que se trouvera la délectation suprême et parfaite, parce qu’elle consistera dans le souverain bien qui est Dieu lui-même : « À ta droite, délices éternelles » (Ps 15,11).

Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
Homélie sur le Credo (trad. bréviaire 33e samedi ; rev.)

 

 

 

« Être riche en vue de Dieu »

dimanche 31 juillet 2016

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« Que vais-je faire ? Où trouver de quoi manger ? De quoi m’habiller ? » Voilà ce que dit ce riche. Son cœur souffre, l’inquiétude le dévore, car ce qui réjouit les autres accable l’avare. Que tous ses greniers soient remplis n’est pas pour lui un bonheur. Ce qui tourmente douloureusement son âme, c’est ce trop-plein de richesses débordant de ses greniers…

Considère, homme, celui qui t’a comblé de ses largesses. Réfléchis un peu sur toi-même : Qui es-tu ? Qu’est-ce qui t’a été confié ? De qui as-tu reçu cette charge ? Pourquoi as-tu été choisi de préférence à bien d‘autres ? Le Dieu de bonté a fait de toi son intendant ; tu as la charge de tes compagnons de service : ne va pas croire que tout est préparé pour ton seul estomac ! Dispose des biens que tu as entre les mains comme s’ils appartenaient à d’autres. Le plaisir qu’ils te procurent dure peu, bientôt ils vont t’échapper et disparaître, mais il t’en sera demandé un compte rigoureux. Or toi, tu gardes tout, portes et serrures verrouillés ; et bien que tu aies tout enfermé, l’anxiété t’empêche de dormir…

« Que vais-je faire ? » Il y avait une réponse toute prête : « Je comblerai les âmes des affamés ; j’ouvrirai mes greniers et j’inviterai tous ceux qui sont dans le besoin… Je ferai entendre une parole généreuse : Vous tous qui manquez de pain, venez à moi, prenez votre part des dons accordés par Dieu, chacun ce qu’il lui faut. »

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie 6, sur les richesses ; PG 31, 261s (trad. Luc commenté, DDB 1987, p. 109 rev.)

 

 

 

Notre trésor intérieur

mercredi 27 juillet 2016

Affermis

Comment loue-t-on Dieu avec sa vie?
À cela St Augustin répond: quand votre cœur a grand désir de Dieu:
Vous louez Dieu quand vous faites votre journée de travail.
Vous le louez quand vous mangez et buvez.
Vous le louez quand vous vous reposez sur votre lit.
Vous le louez dans le sommeil.
Ainsi, y a-t-il un moment où vous ne le louez pas?
Dans son commentaire sur le psaume 144, il nous rappelle également que « louer les oeuvres de Dieu, c’est nous louer nous-­mêmes, et nous louer sans orgueil. Ne vous louez pas vous-mêmes mais Dieu en vous. Rendez grâce, non parce que vous êtes telle ou telle sorte de personne, mais parce que Dieu vous a créé; non parce que vous êtes capables de faire ceci ou cela, mais parce qu’il œuvre en vous et par vous. »

Saint Augustin voudrait que nous traversions la vie en chantant. Dans un de ses sermons, il nous y encourage:
Là nous chanterons les louanges de Dieu.
Ici encore nous les chantons;
maintenant donc, mes frères, chantons,
non pour égayer notre repos,
mais pour alléger notre travail.
Chante, mais comme chanteraient les voyageurs;
avance donc en même temps;
charme tes fatigues en chantant,
garde-toi d’aimer la paresse;
chante et marche.
Marche! qu’est-ce à dire?
Fais des progrès, mais des progrès dans le bien,
tu marcheras donc en faisant des progrès;
mais que ce soit dans le bien,
que ce soit dans la bonne foi,
que ce soit dans les bonnes moeurs;
chante et avance,
Ne t’égare pas, ne te retourne pas, ne reste pas en chemin.
Ne restez pas sur le bord de la route, nous dit-il, ne faites pas marche arrière et ne stagnez pas
Par conséquent, progressez dans la conscience, dans la quête, dans le rire, dans l’amour, dans l’espoir, dans la poésie de la vie.
Chantez et avancez! N’ayez pas d’hésitation et ne regardez pas en arrière. Avancez !
Aimez et vous trouverez Dieu.

Ben O’Rourke – « Trouver son trésor intérieur » Ed du Carmel
Ste Famille de Bordeaux, vie contemplative, en ligne

 

 

« Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte. »

lundi 19 octobre 2015

pauvrete

« Que vais-je faire ? » Il y avait une réponse toute prête : « Je comblerai les âmes des affamés ; j’ouvrirai mes greniers et j’inviterai tous ceux qui sont dans le besoin… Je ferai entendre une parole généreuse : Vous tous qui manquez de pain, venez à moi ; chacun selon ses besoins, prenez votre part des dons accordés par Dieu qui coulent comme d’une fontaine publique ». Mais toi, homme riche insensé, tu es bien loin de là ! Pour quelle raison ? Jaloux de voir les autres jouir de richesses, tu te livres à des calculs misérables, tu t’inquiètes de savoir non pas comment distribuer à chacun l’indispensable, mais comment ramasser le tout et priver tous les autres de l’avantage qu’ils pouvaient en tirer…

Et vous, mes frères, prenez garde de ne pas connaître le même sort que cet homme ! Si l’Écriture nous offre cet exemple, c’est pour que nous évitions de nous comporter pareillement. Imite la terre : comme elle, porte des fruits et ne te montre pas plus mauvais qu’elle, elle qui est pourtant dépourvue d’âme. Elle donne ses récoltes non pour sa propre jouissance, mais pour te rendre service, à toi. Au contraire, tout le fruit de la bienveillance que tu montres, tu le recueilles pour toi-même, puisque les grâces que font naître les œuvres bienfaisantes retournent à ceux qui en sont les dispensateurs. Tu as donné à celui qui avait faim, et ce que tu as donné reste à toi, et même te revient avec un supplément. Comme le grain de blé tombé dans la terre profite à celui qui l’a semé, le pain donné à celui qui a faim sera d’un profit surabondant pour toi plus tard. Que la fin de tes labours soit pour toi le commencement de semailles dans le ciel.

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie 6, sur la richesse ; PG 31, 261s (trad. Luc commenté, DDB 1987, p. 110 rev.)

 

 

 

Recevoir le centuple dès maintenant, au temps présent

mardi 18 août 2015

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Il faut que nous vivions détachés de nos possessions et de notre volonté propre, si nous voulons suivre celui qui n’avait « pas d’endroit où reposer la tête » (Lc 9,58) et qui est venu « non pour faire sa volonté, mais pour faire la volonté de celui qui l’a envoyé » (Jn 6,38)… Aussitôt nous connaîtrons par expérience ce que la Vérité promet à quiconque abandonne tout et marche à sa suite : « Il recevra le centuple…, et il aura en héritage la vie éternelle » (Mc 10,30). En effet, le don du centuple nous est un réconfort pour la marche, et la possession de la vie éternelle fera notre bonheur pour toujours dans la patrie céleste.

Mais quel est ce centuple ? Simplement, les consolations de l’Esprit doux comme le miel, ses visites et ses premiers fruits. C’est le témoignage de notre conscience, c’est l’heureuse et très joyeuse attente des justes, c’est la mémoire de la bonté surabondante de Dieu, c’est aussi, en vérité, l’immensité de sa douceur. Ceux qui ont fait l’expérience de ces dons n’ont pas besoin qu’on leur en parle, et qui pourrait les décrire avec de simples mots à ceux qui ne l’ont pas faite ?

Saint Pierre Damien (1007-1072), ermite puis évêque, docteur de l’Église
Sermon 9 ; PL 144, 549-553 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p.499)