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Archive pour le mot-clef ‘St Basile’

Solennité de la Nativité du Seigneur

mardi 25 décembre 2018

Dieu sur terre, Dieu parmi les hommes ! Cette fois il ne promulgue pas sa Loi au milieu des éclairs, au son de la trompette, sur la montagne fumante, dans l’obscurité d’un orage terrifiant (Ex 19,16s), mais il s’entretient d’une façon douce et paisible, dans un corps humain, avec ses frères de race. Dieu dans la chair !… Comment la divinité peut-elle habiter la chair ? Comme le feu habite le fer, non pas en quittant le lieu où il brûle, mais en se communiquant. En effet, le feu ne se jette pas sur le fer, mais en demeurant à sa place, il lui communique sa puissance. En cela il n’est nullement diminué, mais il remplit entièrement le fer auquel il se communique. De la même manière, Dieu, le Verbe, qui « a habité parmi nous », n’est pas sorti de lui-même. « Le Verbe qui s’est fait chair » n’a pas été soumis au changement ; le ciel n’a pas été dépouillé de celui qu’il contenait, et pourtant la terre a accueilli dans son sein celui qui est dans les cieux.

Pénètre-toi de ce mystère : Dieu est dans la chair afin de tuer la mort qui s’y cache… « Quand la grâce de Dieu s’est manifestée pour notre salut » (Tt 2,11), quand « s’est levé le Soleil de justice » (Ml 3,20), « la mort a été engloutie dans la victoire » (1Co 15,54) parce qu’elle ne pouvait pas coexister avec la vie véritable. Ô profondeur de la bonté et de l’amour de Dieu pour les hommes ! Rendons gloire avec les bergers, dansons avec les chœurs des anges, car « aujourd’hui est né un Sauveur qui est le Messie, le Seigneur » (Lc 2,11-12).

« Dieu, le Seigneur, nous illumine » (Ps 117,27), non sous son aspect de Dieu, pour ne pas épouvanter notre faiblesse, mais sous son aspect de serviteur, afin de conférer la liberté à ceux qui étaient condamnés à la servitude. Qui aurait le cœur assez endormi et assez indifférent pour ne pas se réjouir, exulter d’allégresse, rayonner de joie devant cet évènement ? C’est une fête commune à toute la création. Tous doivent y contribuer, nul ne doit se montrer ingrat. Nous aussi, élevons la voix pour chanter notre allégresse !

Saint Basile (v. 330-379)

 

 

 

 

 

 

Ne rien préférer au Christ

mercredi 8 novembre 2017

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Notre Seigneur Jésus Christ a dit à tous, à plusieurs reprises et en donnant diverses preuves : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » ; et encore : « Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qu’il a ne peut être mon disciple ». Il nous paraît donc exiger le renoncement le plus complet… « Où est ton trésor, dit-il ailleurs, là est ton cœur » (Mt 6,21). Si donc nous nous réservons des biens terrestres ou quelque provision périssable, notre esprit y demeure enlisé comme dans de la boue. Il est alors inévitable que notre âme soit incapable de contempler Dieu, et devienne insensible aux désirs des splendeurs du ciel et des biens qui nous sont promis. Nous ne pourrons obtenir ces biens que si nous les demandons sans cesse, avec un ardent désir qui, du reste, nous rendra léger l’effort pour les atteindre.

Se renoncer, c’est donc délier les liens qui nous attachent à cette vie terrestre et passagère, se libérer des contingences humaines, afin d’être plus à même de marcher dans la voie qui conduit à Dieu. C’est se libérer des entraves afin de posséder et user de biens qui sont « beaucoup plus précieux que l’or et que l’argent » (Ps 18,11). Et pour tout dire, se renoncer, c’est transporter le cœur humain dans la vie du ciel, en sorte qu’on puisse dire : « Notre patrie est dans les cieux » (Ph 3,20). Et surtout, c’est commencer à devenir semblable au Christ, qui pour nous s’est fait pauvre, de riche qu’il était (2Co 8,9). Nous devons lui ressembler si nous voulons vivre conformément à l’Évangile.

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Grandes Règles monastiques ; question 8 (trad. Brésard, 2000 ans C, p. 224 et Lèbe, Maredsous)

 

 

 

Porter du fruit

dimanche 8 octobre 2017

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Le Seigneur ne cesse de comparer les âmes humaines à des vignes : « Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau, en un lieu fertile » (Is 5,1) ; « J’ai planté une vigne, je l’ai entourée d’une haie » (cf Mt 21,33). Ce sont évidemment les âmes humaines que Jésus appelle sa vigne, elles qu’il a entourées, comme d’une clôture, de la sécurité que donnent ses commandements et de la garde de ses anges, car « l’ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent » (Ps 33,8). Ensuite il a planté autour de nous une sorte de palissade en établissant dans l’Église, « premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner » (1Co 12,28). En outre, par les exemples des saints hommes d’autrefois, il élève nos pensées sans les laisser tomber à terre où elles mériteraient d’être foulées aux pieds. Il veut que les embrassements de la charité, comme les vrilles d’une vigne, nous attachent à notre prochain et nous fassent reposer sur lui. Ainsi gardant constamment notre élan vers le ciel, nous nous élèverons comme des vignes grimpantes, jusqu’aux plus hautes cimes.

Il nous demande encore de consentir à être sarclés. Or une âme est sarclée quand elle écarte d’elle les soucis du monde qui sont un fardeau pour nos cœurs. Ainsi celui qui écarte de lui-même l’amour de ce monde et l’attachement aux richesses ou qui tient pour détestable et méprisable la passion pour cette misérable gloriole a pour ainsi dire été sarclé, et il respire de nouveau, débarrassé du fardeau inutile des soucis de ce monde.

Mais, pour rester dans la ligne de la parabole, il ne faut pas que nous produisions seulement du bois, c’est-à-dire vivre avec ostentation, ni rechercher la louange de ceux du dehors. Il nous faut porter du fruit en réservant nos œuvres pour les montrer au vrai vigneron (Jn 15,1).

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie 5 sur l’Hexaéméron, 6 ; SC 26 (trad. SC p. 304 rev. Delhougne)

 

 

 

« Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »

samedi 30 septembre 2017

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« Qui s’élève sera humilié, et qui s’abaisse sera élevé » (Mt 23,12)… Imitons le Seigneur qui est descendu du ciel jusqu’au dernier abaissement, et qui, en retour, a été élevé du dernier rang jusqu’à la hauteur qui lui convenait. Découvrons tout ce que nous enseigne le Seigneur pour nous conduire à l’humilité.

Petit bébé, le voici déjà dans une grotte, couché non dans un berceau, mais dans une mangeoire. Dans la maison d’un artisan et d’une mère sans ressources, il est soumis à sa mère et à son époux. Se laissant enseigner, écoutant ceux dont il n’avait nul besoin, il interrogeait, mais pourtant de telle sorte que par ses interrogations, on s’étonnait de sa sagesse. Il se soumet à Jean, et le Maître reçoit de son serviteur le baptême. Jamais il n’a résisté à ceux qui se dressaient contre lui, et n’a pas fait preuve de sa puissance invincible pour se libérer des mains qui l’enchaînaient, mais il s’est laissé faire, comme impuissant, et dans la mesure où il l’a jugé bon, il a donné prise sur lui à un pouvoir éphémère. Il a comparu devant le grand prêtre en qualité d’accusé ; conduit devant le gouverneur, il s’est soumis à son jugement, et alors qu’il pouvait répondre aux calomniateurs, il a subi en silence leurs calomnies. Couvert de crachats par des esclaves et des servants indignes, il a été enfin livré à la mort, à une mort infamante aux yeux des hommes. Voilà comment s’est déroulé sa vie d’homme depuis sa naissance jusqu’à sa fin. Mais après un tel abaissement, il a fait éclater sa gloire… Imitons-le pour arriver, nous aussi, à la gloire éternelle.

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie sur l’humilité, 5-6 (trad. Brésard, 2000 ans B, p. 232 rev.)

 

 

 

Dieu nous appelle inlassablement à nous convertir

mercredi 20 septembre 2017

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Frères, ne demeurons pas dans l’insouciance et le relâchement ; ne remettons pas toujours avec légèreté, à demain ou à plus tard, pour commencer à nous mettre à l’œuvre. « C’est maintenant l’heure favorable, dit l’apôtre Paul, c’est aujourd’hui le jour du salut » (2Co 6,2). Actuellement, c’est le temps de la pénitence, plus tard ce sera celui de la récompense ; à présent, c’est le temps de la persévérance, un jour viendra celui de la consolation. Maintenant Dieu vient en aide à ceux qui se détournent du mal ; plus tard il sera le juge des actes, des paroles et des pensées des hommes. Aujourd’hui nous profitons de sa patience ; nous connaîtrons la justice de ses jugements, à la résurrection, quand nous recevrons chacun selon ses œuvres.

Jusqu’à quand donc remettrons-nous d’obéir au Christ qui nous appelle dans son Royaume céleste ? Ne nous purifierons-nous pas ? Ne nous résoudrons-nous pas à abandonner notre genre de vie habituel pour suivre l’Évangile jusqu’au bout ?

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Prologue aux Grandes Règles (trad. Lèbe, Maredsous 1969, rev.)

 

 

 

« Nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique. »

dimanche 25 décembre 2016

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« En voyant l’étoile, les mages se sont réjouis d’une grande joie » (Mt 2,10). Aujourd’hui, nous aussi, accueillons cette grande joie en nos cœurs, joie que les anges annoncent aux bergers. Adorons avec les mages, rendons gloire avec les bergers, chantons avec les anges : « Il nous est né aujourd’hui un sauveur qui est le Christ Seigneur ; le Seigneur Dieu qui nous est apparu »…

Cette fête est commune à la création tout entière : les étoiles courent dans le ciel, les mages arrivent des pays païens, la terre reçoit dans une grotte. Il n’est rien qui ne contribue à cette fête, rien qui n’y vienne les mains pleines. Faisons éclater nous-mêmes un chant de joie… ; fêtons le salut du monde, le jour de la naissance de l’humanité. Aujourd’hui est abolie la condamnation qui frappait Adam. Que l’on ne dise plus jamais : « Tu es terre et tu retourneras à la terre » (Gn 3,19) mais : « Uni à celui qui descend du ciel, tu seras exalté dans le ciel »…

« Un enfant nous est né, un fils nous est donné, éternelle est sa puissance » (Is 9,5)… Quel abîme de bonté et d’amour pour les hommes ! Unis-toi donc à ceux qui, dans la joie, reçoivent leur Seigneur qui descend du ciel et qui adorent le Grand Dieu dans ce petit enfant. La puissance de Dieu se manifeste dans ce corps comme la lumière par les fenêtres, et resplendit aux yeux de ceux dont le cœur est pur (Mt 5,8). Avec eux, nous pourrons alors « le visage découvert, contempler comme en un miroir la gloire du Seigneur, et être nous-mêmes transfigurés de gloire en gloire » (2Co 3,18), par la grâce de notre Seigneur Jésus Christ et son amour pour les hommes.

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie sur la naissance du Christ ; PG 31, 1471s (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 62)

 

 

 

« Jésus disait…qu’il faut toujours prier. »

samedi 12 novembre 2016

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Il ne faut pas restreindre ta prière à la seule demande en paroles. Dieu, en effet, n’a pas besoin qu’on lui tienne de discours ; il sait, même si nous ne demandons rien, ce qui nous est utile. Qu’est-ce à dire ? La prière ne consiste pas en formules ; elle englobe toute la vie. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, dit l’apôtre Paul, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1Co 10,31). Es-tu à table ? Prie : en prenant ton pain, remercie celui qui te l’accorde ; en buvant ton vin, souviens-toi de celui qui t’a fait ce don pour te réjouir le cœur et soulager tes misères. Le repas terminé, n’oublie pas pour autant le souvenir de ton bienfaiteur. Quand tu mets ta tunique, remercie celui qui te la donne ; quand tu mets ton manteau, témoigne de l’affection à Dieu qui nous fournit des vêtements appropriés pour l’hiver et l’été, et pour protéger notre vie.

Le jour terminé, remercie celui qui t’a donné le soleil pour les travaux de la journée et le feu pour éclairer la nuit et pour pourvoir à nos besoins. La nuit te fournit des motifs d’actions de grâces ; en regardant le ciel et en contemplant la beauté des étoiles, prie le Maître de l’univers qui a fait toutes choses avec tant de sagesse. Lorsque tu vois toute la nature endormie, adore encore celui qui nous soulage par le sommeil de toutes nos fatigues et nous rend par un peu de repos la vigueur de nos forces.

Ainsi tu prieras sans relâche, si ta prière ne se contente pas de formules et si au contraire tu te tiens uni à Dieu tout au long de ton existence, de manière à faire de ta vie une prière incessante.

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie 5 (trad. Eds. Ouvrières rev.)

 

 

 

 

« Être riche en vue de Dieu »

dimanche 31 juillet 2016

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« Que vais-je faire ? Où trouver de quoi manger ? De quoi m’habiller ? » Voilà ce que dit ce riche. Son cœur souffre, l’inquiétude le dévore, car ce qui réjouit les autres accable l’avare. Que tous ses greniers soient remplis n’est pas pour lui un bonheur. Ce qui tourmente douloureusement son âme, c’est ce trop-plein de richesses débordant de ses greniers…

Considère, homme, celui qui t’a comblé de ses largesses. Réfléchis un peu sur toi-même : Qui es-tu ? Qu’est-ce qui t’a été confié ? De qui as-tu reçu cette charge ? Pourquoi as-tu été choisi de préférence à bien d‘autres ? Le Dieu de bonté a fait de toi son intendant ; tu as la charge de tes compagnons de service : ne va pas croire que tout est préparé pour ton seul estomac ! Dispose des biens que tu as entre les mains comme s’ils appartenaient à d’autres. Le plaisir qu’ils te procurent dure peu, bientôt ils vont t’échapper et disparaître, mais il t’en sera demandé un compte rigoureux. Or toi, tu gardes tout, portes et serrures verrouillés ; et bien que tu aies tout enfermé, l’anxiété t’empêche de dormir…

« Que vais-je faire ? » Il y avait une réponse toute prête : « Je comblerai les âmes des affamés ; j’ouvrirai mes greniers et j’inviterai tous ceux qui sont dans le besoin… Je ferai entendre une parole généreuse : Vous tous qui manquez de pain, venez à moi, prenez votre part des dons accordés par Dieu, chacun ce qu’il lui faut. »

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie 6, sur les richesses ; PG 31, 261s (trad. Luc commenté, DDB 1987, p. 109 rev.)

 

 

 

Se montrer habile

vendredi 6 novembre 2015

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Considère, homme, celui qui t’a comblé de ses dons. Réfléchis sur toi-même. Rappelle-toi qui tu es, quelles affaires tu conduis, qui te les a confiées, pour quelle raison tu as été préféré à beaucoup. Tu es le serviteur du Dieu bon ; tu as la charge de tes compagnons de service. Ne crois pas que tous ces biens sont destinés à ton ventre. Dispose des biens que tu as entre les mains comme s’ils appartenaient à autrui ; ils te donneront du plaisir pendant quelque temps, puis s’évanouiront et disparaîtront. Mais il t’en sera demandé un compte détaillé…

« Que vais-je faire ? » La réponse était simple : « Je rassasierai les affamés ; j’ouvrirai mes greniers et j’inviterai les pauvres… Vous tous qui manquez de pain, venez à moi. Que chacun prenne une part suffisante des dons que Dieu m’a accordés. Venez y puiser comme à la fontaine publique ».

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie 6, sur la richesse ; PG 31,261s (trad. Luc commenté, DDB 1987, p. 108)

 

 

 

« Va sur les routes et dans les sentiers…pour faire entrer les gens, afin que ma maison soit remplie. »

mardi 3 novembre 2015

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Saint, Saint, Saint es-tu vraiment, Seigneur notre Dieu, il n’est pas de limite à la grandeur de ta sainteté : tu as disposé avec droiture et justice toutes choses. Tu as façonné l’homme avec le limon de la terre, tu l’as honoré de l’image même de Dieu, tu l’as placé dans un Paradis de délices en lui promettant, s’il observait les commandements, l’immortalité et la jouissance des biens éternels. Mais il a transgressé ton commandement, Dieu véritable, et, séduit par la ruse du serpent, victime de son propre péché, il s’est soumis à la mort. Par ton juste jugement, il fut chassé du Paradis dans notre monde, renvoyé à la terre d’où il avait été tiré.

Mais tu disposais pour eux, dans ton Christ, le salut par la nouvelle naissance, car tu n’as pas rejeté pour toujours la créature que tu avais créée dans ta bonté ; tu as veillé sur elle de multiples façons dans la grandeur de ta miséricorde. Tu as envoyé des prophètes, tu as fait des miracles par les saints qui, dans chaque génération, te furent agréables ; tu as donné la Loi pour nous secourir ; tu as établi les anges pour nous garder.

Et quand vint la plénitude des temps, tu nous a parlé dans ton Fils unique, par qui tu as créé l’univers ; il est le rayonnement de ta gloire et l’image de ta nature ; il porte tout par sa puissante parole ; il n’a pas gardé jalousement son égalité avec Dieu, mais Dieu de toute éternité, il a paru sur la terre, il a vécu avec les hommes, a pris chair de la Vierge Marie, accepté la condition d’esclave, assumé notre corps de misère, pour nous rendre conformes à son corps de gloire (He 1,2-3 ;Ph 2,6-7 ;3,21).

Comme par l’homme le péché était entré dans le monde, et par le péché la mort, il a plu à ton Fils unique, lui qui était éternellement dans ton sein, ô Père, mais est né d’une femme, de condamner le péché dans sa chair, afin que ceux qui mouraient en Adam, aient la vie dans le Christ (Rm 5,12 ;8,3). En habitant dans ce monde, il nous a donné des préceptes de salut, nous a détournés de l’erreur des idoles, amenés à te connaître, toi, Dieu véritable. Par là il nous a conquis pour lui comme un peuple choisi, un sacerdoce royal, une nation sainte (1P 2,9).

La Divine Liturgie de Saint Basile (4e siècle)
Prière eucharistique, 1ère partie (trad. coll. Icthus, vol. 9, p. 72)