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Archive pour le mot-clef ‘Ste Famille’

Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

dimanche 26 décembre 2021

En disant à Joseph : « Prends sans crainte avec toi Marie, ta femme » (Mt 1,20), l’ange ne se trompait pas. (…) Le titre de « femme » n’était ni vain, ni mensonger, car cette Vierge faisait le bonheur de son mari, d’une manière d’autant plus parfaite et admirable qu’elle devenait mère sans la participation de ce mari, féconde sans lui, mais fidèle avec lui. C’est à cause de ce mariage authentique qu’ils ont mérité d’être appelés l’un et l’autre « parents du Christ » — non seulement elle, « sa mère », mais lui aussi « son père », en tant qu’époux de sa mère, père et époux selon l’esprit, non selon la chair. Tous les deux — lui seulement par l’esprit, elle jusque dans sa chair — sont parents de son humilité, non de sa noblesse, parents de sa faiblesse, non de sa divinité. Voyez l’Évangile, qui ne saurait mentir : « Sa mère lui a dit : ‘Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois, ton père et moi nous te cherchions, angoissés’ ».

Lui, voulant montrer qu’il avait aussi en dehors d’eux un Père qui l’avait engendré sans mère, leur a répondu : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » Et, pour qu’on ne pense pas qu’en parlant ainsi, il reniait ses parents, l’évangéliste ajoute : « Il redescendit avec eux et revint à Nazareth, et il leur demeurait soumis ». (…) Pourquoi se soumettait-il à ceux qui étaient si inférieurs à sa nature divine ? Parce que « s’anéantissant lui-même, il s’était fait une nature de serviteur » (Ph 2 7), selon laquelle ils étaient ses parents. S’ils n’avaient pas été unis par un mariage véritable, bien que sans commerce charnel, ils n’auraient pas pu être appelés tous deux les parents de cette nature de serviteur.

Prenons donc à partir de Joseph la généalogie du Christ : époux dans la chasteté, il est père de la même manière. (…) Il n’a pas, direz-vous, engendré Jésus par l’opération de la nature ? Mais Marie elle-même, l’a-t-elle conçu par l’opération de la nature ? Eh bien : ce que le Saint-Esprit a opéré, il l’a fait pour les deux ensemble. Car Joseph était, nous dit Matthieu (1,19), « un homme juste ». Ils étaient justes, mari et femme. L’Esprit Saint a reposé dans leur commune justice, et leur a donné un fils à tous deux.

Saint Augustin (354-430)

 

 

 

Le Fils de Dieu a visité les fils d’Adam

vendredi 25 décembre 2020

Par une admirable condescendance, par un amour étonnant et incroyable, Dieu est descendu dans un corps et ayant pris chair il a visité les fils d’Adam. (…)

Le Fils de Dieu est donc devenu le Fils de l’homme, si bien que dans l’unité de la personne il était à la fois Dieu et homme : Dieu engendré de la substance du Père avant les siècles, et homme né de la substance de sa mère au cours des siècles. Il a bondi, géant à la double nature, pour chanter en paroles mélodieuses et en accents très harmonieux sur la cithare de notre corps, pour produire des sons très doux sur l’instrument formé par notre chair, pour faire retentir comme une musique d’une ineffable harmonie afin de faire se dresser les pierres, d’ébranler les arbres, d’entraîner les bêtes sauvages et de conduire dans les hauteurs les hommes délivrés de leur chair. En effet, par la douceur de cette musique admirable, des pierres il a suscité des fils d’Abraham, et les arbres des forêts, c’est-à-dire les cœurs des païens, il les a mis en mouvement vers la foi. Les bêtes féroces aussi, c’est-à-dire les passions sauvages et la rude barbarie, il les a dressées selon les bonnes mœurs ; et des hommes tirés d’entre les hommes, il les a établis au rang des dieux.

C’est donc à bon droit que (…) les chants retentissent jusqu’aux extrémités de la terre.

Saint Amédée de Lausanne (1108-1159)

 

« Dieu créa l’homme à son image (…), il les créa homme et femme. » (Gn 1,27)

vendredi 12 juin 2020

Comme la sainte Écriture nous l’enseigne, le mariage, avant d’être un sacrement, est une grande réalité terrestre : « Dieu créa l’homme à son image ; à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. » Il faut toujours en revenir à cette première page de la Bible, si l’on veut comprendre ce qu’est, ce que doit être un couple humain, un foyer. (…) La dualité des sexes a été voulue par Dieu, pour qu’ensemble l’homme et la femme soient image de Dieu, et comme lui source de vie : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la » (v. 28). Une lecture attentive des prophètes, des livres sapientiaux, du Nouveau Testament, nous montre du reste la signification de cette réalité fondamentale, et nous apprend à ne pas la réduire au désir physique (…), mais à y découvrir la complémentarité des valeurs de l’homme et de la femme, la grandeur et les faiblesses de l’amour conjugal, sa fécondité et son ouverture sur le mystère du dessein d’amour de Dieu. Cet enseignement garde aujourd’hui toute sa valeur et nous prémunit contre les tentations d’un érotisme ravageur. (…)

Le chrétien le sait, l’amour humain est bon de par son origine, et s’il est, comme tout ce qui est dans l’homme, blessé et déformé par le péché, il trouve dans le Christ son salut et sa rédemption. (…) Que de couples ont trouvé dans leur vie conjugale le chemin de la sainteté, dans cette communauté de vie qui est la seule à être fondée sur un sacrement ! Œuvre de l’Esprit Saint, la régénération baptismale fait de nous « une création nouvelle », appelées à « mener, nous aussi, une vie nouvelle » (cf Tt 3,5; Ga 6,15; Rm 6,4). Dans cette grande entreprise du renouvellement de toutes choses dans le Christ, le mariage, lui aussi purifié et renouvelé, devient une réalité nouvelle, un sacrement de la Nouvelle Alliance. Et voici qu’au seuil du Nouveau Testament comme à l’entrée de l’Ancien se dresse un couple. Mais, tandis que celui d’Adam et Ève a été la source du mal qui a déferlé sur le monde, celui de Joseph et de Marie est le sommet d’où la sainteté se répand sur toute la terre.

Saint Paul VI

 

 

 

Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

dimanche 29 décembre 2019

Un ange apparut en songe à saint Joseph et l’avertit qu’Hérode recherchait l’Enfant Jésus, pour lui ôter la vie : « Lève-toi, lui dit-il, prends l’enfant et sa mère et fuis en Égypte ». Jésus, à peine né, est donc persécuté à mort. (…) Joseph obéit à la voix de l’ange sans délai ; il avertit sa sainte épouse. Il prend les quelques outils qu’il pouvait porter, afin de pouvoir exercer son métier en Égypte et d’avoir de quoi soutenir sa pauvre famille. Marie, de son côté, réunit en un petit paquet les langes nécessaires à son divin enfant ; puis, s’approchant du berceau où il reposait, elle se jette à genoux, baise les pieds de son fils chéri, et, au milieu de ses larmes de tendresse, lui dit : « Ô mon fils et mon Dieu, tu es venu au monde pour sauver les hommes ; à peine es-tu né que les hommes te cherchent pour te faire mourir ! » Elle le prend alors dans ses bras, et, tandis qu’ils continuent de pleurer, les deux saints époux ferment la porte et se mettent en route durant la nuit. (…)

Mon bien-aimé Jésus, tu es le roi du ciel, et je te vois maintenant errer en fugitif sous les traits d’un enfant. Qui cherches-tu ? Dis-le-moi. Je suis ému de compassion à la vue de ta pauvreté et ton abaissement ; mais ce qui m’afflige plus profondément, c’est la noire ingratitude avec laquelle je te vois traité par ceux-là même que tu es venu sauver. Tu pleures, et moi aussi je pleure d’avoir été l’un de ceux qui t’ont méprisé et persécuté ; mais sache que maintenant je préfère ta grâce à tous les royaumes du monde.

Pardonne-moi tous les outrages que je t’ai faits ; dans le voyage de cette vie à l’éternité, permets-moi de te porter dans mon cœur, à l’exemple de Marie qui t’a porté dans ses bras pendant la fuite en Égypte. Mon bien-aimé Rédempteur, je t’ai souvent banni de mon âme, mais j’ai confiance maintenant que tu en as repris possession. Je t’en supplie : attache-la étroitement à toi par les douces chaînes de ton amour.

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787)

 

 

 

« N’est-il pas le fils du charpentier ? »

vendredi 2 août 2019

Frères, souvenez-vous du patriarche Joseph (…), de qui Joseph, l’époux de Marie, n’a pas hérité seulement le nom, mais la chasteté, l’innocence et les grâces. (…) Le premier a reçu du ciel l’intelligence des songes (Gn 40; 41) ; le second a eu non seulement la connaissance des secrets du ciel mais l’honneur d’y participer. Le premier a pourvu à la substance de tout un peuple en lui fournissant le blé en abondance (Gn 41,55) ; le second a été établi gardien du pain vivant qui doit donner la vie au monde entier comme à lui-même (Jn 6,51). Il n’y a pas de doute que Joseph, qui a été fiancé à la mère du Sauveur, n’ait été un homme bon et fidèle, ou plutôt le « serviteur sûr et avisé » (Mt 25,21) que le Seigneur a établi sur sa famille pour être la consolation de sa mère, le père nourricier de son humanité, le coopérateur fidèle de son dessein sur le monde.

Et il était de la maison de David (…), descendant de la race royale, noble par sa naissance, mais plus noble encore par le cœur. Oui, il était vraiment fils de David, non seulement par le sang, mais par sa foi, par sa sainteté, par sa ferveur au service de Dieu. En Joseph, le Seigneur a trouvé vraiment, comme en David, « un homme selon son cœur » (1S 13,14), à qui il a pu confier en toute sécurité le plus grand secret de son cœur. Il lui a révélé « les intentions les plus cachées de sa Sagesse » (Ps 50,8), lui a fait connaître une merveille qu’aucun des princes de ce monde n’a connue ; il lui a accordé enfin de voir « ce que tant de rois et de prophètes ont désiré voir et n’ont pas vu », d’entendre celui que beaucoup ont désiré « entendre et qu’ils n’ont pas entendu » (Lc 10,24). Et non seulement de le voir et de l’entendre, mais de le porter en ses bras, de le conduire par la main, de le presser sur son cœur, de l’embrasser, de le nourrir et de le garder.

Saint Bernard (1091-1153)

 

 

SAINT JOSEPH, travailleur

mercredi 1 mai 2019

La fête de saint Joseph, travailleur, a été fixée au 1er mai par le pape Pie XII en 1955. Le monde du travail prend une conscience grandissante de son importance et c’est le rôle de l’Église de lui enseigner toute sa dignité ; la figure de saint Joseph y contribue merveilleusement. Cette fête de saint Joseph est une triple fête patronale : fête de l’Église, fête de la famille et du foyer, fête du travail.

La présence de Jésus dans l’atelier de Nazareth enseigna à saint Joseph le prix des heures pénibles, et le dur labeur accepté comme une réparation pour le mépris de l’homme des lois de Dieu, a acquis grâce au Christ, une valeur rédemptrice. Artisan avec Dieu créateur, frère de travail de Jésus-Ouvrier, associé avec Lui au rachat du monde, saint Joseph n’attirera jamais trop les regards et la prière de notre siècle.

C’est pourquoi l’Église, s’inspirant de la Tradition qui baptisa autrefois quantité de fêtes païennes pour les doter d’un contenu chrétien tout nouveau, plaça la fête civile du travail sous le puissant patronage de saint Joseph. Ouvrier toute sa vie, qui mieux que lui rendit grâces à Dieu le Père en son labeur de chaque jour ? C’est ce modeste artisan que Dieu choisit pour veiller sur l’enfance du Verbe incarné venu sauver le monde par l’humilité de la croix.

« N’est-il pas le fils du charpentier ? » disait-on du Sauveur. Joseph, connu à Nazareth comme l’époux de Marie et le père de Jésus, homme juste, sans autres ressources que son métier, Joseph, ce fugitif de la grandeur, nous apparaît comme le modèle achevé de l’ouvrier selon le cœur de Dieu.

Diligence, application, constance, sérénité, abnégation de soi, telles furent les vertus du saint charpentier de Nazareth. Par ses paroles et par ses exemples, Joseph nous enseigne l’humilité, la pauvreté, la mortification du corps et le travail. Quand nous avons, comme dit l’Apôtre, la nourriture et le vêtement, contentons-nous-en ; tenons-nous-en au nécessaire, sans aspirer au superflu. Apprenons du saint charpentier de Nazareth à envisager le travail, non comme un esclavage, mais comme un privilège de grandeur et de noblesse, car le travail expie le péché et sanctifie l’homme.

Rappelons-nous aussi que c’est l’effort et non le succès qui garantit le mérite et la récompense. Sur la terre, le travail est la suprême fonction de l’homme et toute sa vie dépend de la manière dont il sait l’accomplir. Comme saint Joseph, imprégnons notre travail de foi, d’espérance et de charité afin d’obtenir cette transfiguration divine des besognes ordinaires. Cet esprit surnaturel nous évitera le mécontentement et la mauvaise humeur. À l’exemple du saint Patriarche, que la prière se joigne à notre travail afin que notre travail devienne une prière.

 

Prière de saint Pie X au glorieux saint Joseph modèle des travailleurs :

Glorieux saint Joseph, modèle de tous ceux qui sont voués au travail, obtenez-moi la grâce de travailler en esprit de pénitence pour l’expiation de mes nombreux péchés ; de travailler en conscience, mettant le culte du devoir au-dessus de mes inclinations ; de travailler avec reconnaissance et joie, regardant comme un honneur d’employer et de développer par le travail les dons reçus de Dieu ; de travailler avec ordre, paix, modération et patience, sans jamais reculer devant la lassitude et les difficultés ; de travailler surtout avec pureté d’intention et avec détachement de moi-même ayant sans cesse devant les yeux la mort et le compte que je devrai rendre du temps perdu, des talents inutilisés, du bien omis et des vaines complaisances dans le succès, si funestes à l’œuvre de Dieu. Tout pour Jésus, tout pour Marie, tout à votre imitation, patriarche saint Joseph ! Telle sera ma devise à la vie à la mort. Amen.

Tiré de R. P. Frédéric de Ghyvelde, o.f.m., édition 1902

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Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

dimanche 31 décembre 2017

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Frères, quand nous nous sommes rendus en esprit à Bethléem le jour de Noël, là où le Verbe divin s’est fait chair, nous avions sous les yeux de notre foi le mystère insondable du Dieu incarné pour nous les hommes et pour notre salut. Mais ce mystère revêt en même temps la forme, à nous bien connue, de la famille, de la famille humaine. En effet dès cette nuit où la Vierge Marie, épouse de Joseph, a mis au monde Jésus, s’est révélée cette famille que l’Église vénère aujourd’hui avec dévotion.

Partant de cette sainte famille de Bethléem et de Nazareth dont le Christ, le Fils même du Dieu vivant, est devenu le fils, l’Église pense aujourd’hui à chaque famille du monde ; elle s’adresse à chacune et prie pour chacune. Cette fête est la Journée de la Famille. Comme la famille de Nazareth a été le lieu privilégié de l’amour, le milieu particulier où a régné le respect mutuel des personnes les unes pour les autres et pour leur vocation, comme elle a été également la première école où le message chrétien a été vécu intensément, ainsi la famille chrétienne est et doit être une communauté d’amour et de vie, ses deux valeurs fondamentales.

En ce jour, je vous invite tous à méditer et à vivre consciemment ce que Dieu, l’Église, l’humanité entière attendent aujourd’hui de la famille. Je vous invite à vous unir à ma prière pour toutes les familles : « Dieu, ‘de qui vient toute paternité au ciel et sur la terre’ (Ep 3,15), toi Père, qui es Amour et Vie, fais que sur cette terre, par ton Fils Jésus Christ, né d’une femme, et par l’Esprit Saint, source de charité divine, chaque famille devienne un vrai sanctuaire de la vie et de l’amour, pour les générations qui se renouvellent sans cesse. Que ta grâce oriente les pensées et les actions des époux vers le plus grand bien de leurs familles ; que l’amour, affermi par la grâce du sacrement, soit plus fort que toutes les faiblesses et les crises. Et que l’Église puisse accomplir sa mission avec fruit dans et par la famille ».

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Homélie du 28/12/1980 (trad. rev. Tournay)

 

 

 

« N’est-il pas le fils du charpentier ? »

vendredi 4 août 2017

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La communion de vie entre Joseph et Jésus nous amène à considérer le mystère de l’Incarnation sous l’aspect de l’humanité du Christ, instrument efficace de la divinité pour la sanctification des hommes : « En vertu de la divinité, les actions humaines du Christ ont été salutaires pour nous, produisant en nous la grâce tant en raison du mérite que par une certaine efficacité » (S. Thomas d’Aquin).

Parmi ces actions, les évangélistes privilégient celles qui concernent le mystère pascal, mais ils n’omettent pas de souligner l’importance du contact physique avec Jésus… Le témoignage apostolique n’a pas omis de décrire la naissance de Jésus, la circoncision, la présentation au Temple, la fuite en Égypte et la vie cachée à Nazareth, et cela en raison du mystère de grâce contenu dans de tels gestes, tous salvifiques, parce qu’ils participent de la même source d’amour : la divinité du Christ. Si cet amour, par son humanité, rayonnait sur tous les hommes, les premiers bénéficiaires en étaient bien évidemment ceux que la volonté divine avait placés dans son intimité la plus étroite : Marie, sa mère, et Joseph, son père putatif.

Puisque l’amour paternel de Joseph ne pouvait pas ne pas influer sur l’amour filial de Jésus et que, réciproquement, l’amour filial de Jésus ne pouvait pas ne pas influer sur l’amour paternel de Joseph, comment arriver à connaître en profondeur cette relation tout à fait singulière ? Les âmes les plus sensibles aux impulsions de l’amour divin voient à juste titre en Joseph un exemple lumineux de vie intérieure.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Exhortation apostolique « Redemptoris custos », 27 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

St Joseph, travailleur (Ier s.)

lundi 1 mai 2017

st-josephLa fête de saint Joseph, travailleur, a été fixée au 1er mai par le pape Pie XII en 1955. Le monde du travail prend une conscience grandissante de son importance et c’est le rôle de l’Église de lui enseigner toute sa dignité ; la figure de saint Joseph y contribue merveilleusement. Cette fête de saint Joseph est une triple fête patronale : fête de l’Église, fête de la famille et du foyer, fête du travail.

La présence de Jésus dans l’atelier de Nazareth enseigna à saint Joseph le prix des heures pénibles, et le dur labeur accepté comme une réparation pour le mépris de l’homme des lois de Dieu, a acquis grâce au Christ, une valeur rédemptrice. Artisan avec Dieu créateur, frère de travail de Jésus-Ouvrier, associé avec Lui au rachat du monde, saint Joseph n’attirera jamais trop les regards et la prière de notre siècle.

C’est pourquoi l’Église, s’inspirant de la Tradition qui baptisa autrefois quantité de fêtes païennes pour les doter d’un contenu chrétien tout nouveau, plaça la fête civile du travail sous le puissant patronage de saint Joseph. Ouvrier toute sa vie, qui mieux que lui rendit grâces à Dieu le Père en son labeur de chaque jour ? C’est ce modeste artisan que Dieu choisit pour veiller sur l’enfance du Verbe incarné venu sauver le monde par l’humilité de la croix.

« N’est-il pas le fils du charpentier ? » disait-on du Sauveur. Joseph, connu à Nazareth comme l’époux de Marie et le père de Jésus, homme juste, sans autres ressources que son métier, Joseph, ce fugitif de la grandeur, nous apparaît comme le modèle achevé de l’ouvrier selon le cœur de Dieu.

Diligence, application, constance, sérénité, abnégation de soi, telles furent les vertus du saint charpentier de Nazareth. Par ses paroles et par ses exemples, Joseph nous enseigne l’humilité, la pauvreté, la mortification du corps et le travail. Quand nous avons, comme dit l’Apôtre, la nourriture et le vêtement, contentons-nous-en ; tenons-nous-en au nécessaire, sans aspirer au superflu. Apprenons du saint charpentier de Nazareth à envisager le travail, non comme un esclavage, mais comme un privilège de grandeur et de noblesse, car le travail expie le péché et sanctifie l’homme.

Rappelons-nous aussi que c’est l’effort et non le succès qui garantit le mérite et la récompense. Sur la terre, le travail est la suprême fonction de l’homme et toute sa vie dépend de la manière dont il sait l’accomplir. Comme saint Joseph, imprégnons notre travail de foi, d’espérance et de charité afin d’obtenir cette transfiguration divine des besognes ordinaires. Cet esprit surnaturel nous évitera le mécontentement et la mauvaise humeur. À l’exemple du saint Patriarche, que la prière se joigne à notre travail afin que notre travail devienne une prière.

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Prière de saint Pie X au glorieux saint Joseph modèle des travailleurs :

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Glorieux saint Joseph, modèle de tous ceux qui sont voués au travail, obtenez-moi la grâce de travailler en esprit de pénitence pour l’expiation de mes nombreux péchés ; de travailler en conscience, mettant le culte du devoir au-dessus de mes inclinations ; de travailler avec reconnaissance et joie, regardant comme un honneur d’employer et de développer par le travail les dons reçus de Dieu ; de travailler avec ordre, paix, modération et patience, sans jamais reculer devant la lassitude et les difficultés ; de travailler surtout avec pureté d’intention et avec détachement de moi-même ayant sans cesse devant les yeux la mort et le compte que je devrai rendre du temps perdu, des talents inutilisés, du bien omis et des vaines complaisances dans le succès, si funestes à l’œuvre de Dieu. Tout pour Jésus, tout pour Marie, tout à votre imitation, patriarche saint Joseph ! Telle sera ma devise à la vie à la mort. Amen

Tiré de R. P. Frédéric de Ghyvelde, o.f.m., édition 1902 (« Rév. x gpm »).

 

 

 

 

Présentation du Seigneur au Temple, fête

jeudi 2 février 2017

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Aujourd’hui la Vierge Mère introduit le Seigneur du temple dans le temple du Seigneur. Joseph aussi y amène au Seigneur ce fils qui n’est pas le sien, mais le Fils bien-aimé en qui Dieu a mis toute sa faveur (Mt 3,17). Syméon, le juste, reconnaît celui qu’il attendait ; Anne, la veuve, le loue. Une première procession est célébrée en ce jour par ces quatre personnages, une procession qui, par la suite, allait être célébrée dans la joie par l’univers entier… Ne vous étonnez pas de ce que cette procession est si petite, puisqu’il est bien petit aussi celui que le temple reçoit. Mais en ce lieu, il n’y a pas de pécheur : tous sont justes, tous sont saints, tous sont parfaits.

Ne sauveras-tu que ceux-là, Seigneur ? Ton corps va grandir, ta tendresse elle aussi grandira… Je vois maintenant une seconde procession où des foules précèdent le Seigneur, où des foules le suivent ; ce n’est plus la Vierge qui la porte, mais un petit âne. Il ne dédaigne donc personne…, si du moins il ne leur manque pas ces vêtements des apôtres (Mt 21,7) : leur doctrine, leur mœurs, et la charité qui couvre une multitude de péchés (1P 4,8). Mais j’irai plus loin et je dirai qu’à nous aussi, il nous a réservé une place dans cette procession-là… David, roi et prophète, s’est réjoui de voir ce jour. « Il l’a vu et s’en est réjoui » (Jn 8,56) ; sinon aurait-il chanté : « Nous avons reçu ta miséricorde, ô Dieu, au milieu de ton temple » ? (Ps 47,8) David a reçu cette miséricorde du Seigneur, Syméon l’a reçue, et nous aussi nous l’avons reçue, comme tous ceux qui sont prédestinés à la vie, puisque « le Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours » (He 13,8)…

Embrassons donc cette miséricorde que nous avons reçue au milieu du temple, et comme la bienheureuse Anne, ne nous en éloignons pas. Car « le temple de Dieu est saint, et ce temple, c’est vous » dit l’apôtre Paul (1Co 3,17). Elle est proche de vous cette miséricorde ; « elle est proche de vous, la parole de Dieu, dans votre bouche et dans votre cœur » (Rm 10,8). De fait, le Christ n’habite-t-il pas dans vos cœurs par la foi ? (Ep 3,17) Voilà son temple, voilà son trône… Oui, c’est dans le cœur que nous recevons la miséricorde, c’est dans le cœur qu’habite le Christ, c’est dans le cœur qu’il murmure des paroles de paix à son peuple, à ses saints, à tous ceux qui rentrent dans leur cœur.

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
1er sermon pour la Purification (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 272 rev.)