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Archive pour le mot-clef ‘St Alphonse de Liguori’

Épiphanie du Seigneur, Solennité

dimanche 6 janvier 2019

Les mages trouvent une pauvre jeune fille avec un pauvre enfant couvert de pauvres langes… mais, en entrant dans cette grotte, ils ressentent une joie qu’ils n’ont jamais éprouvée… Le divin Enfant prend un air joyeux : signe de la satisfaction affectueuse avec laquelle il les accueille comme les premières conquêtes de son œuvre rédemptrice. Les saints rois regardent ensuite Marie, qui ne parle pas ; elle se tient en silence ; mais son visage qui reflète la joie et respire une douceur céleste, prouve qu’elle leur fait bon accueil et qu’elle les remercie d’être venus les premiers reconnaître son Fils pour ce qu’il est : leur souverain Maître…

Enfant digne d’amour, je te vois dans cette grotte, couché sur la paille, très pauvre et très méprisé ; mais la foi m’enseigne que tu es mon Dieu descendu du ciel pour mon salut. Je te reconnais pour mon souverain Seigneur et mon Sauveur ; je te proclame tel mais je n’ai rien à t’offrir. Je n’ai pas l’or de l’amour, puisque j’ai aimé les choses de ce monde ; je n’ai aimé que mes caprices, au lieu de t’aimer toi, infiniment digne d’amour. Je n’ai pas l’encens de la prière, puisque j’ai malheureusement vécu sans penser à toi. Je n’ai pas la myrrhe de la mortification, puisque, pour ne m’être pas abstenu de plaisirs misérables, j’ai tant de fois contristé ta bonté infinie. Que t’offrirai-je donc ? Mon Jésus, je t’offre mon cœur, tout souillé, tout dénué qu’il est : accepte-le et change-le, puisque tu es venu ici-bas laver dans ton sang nos cœurs coupables et nous transformer ainsi de pécheurs en saints. Donne-moi donc cet or, cet encens, cette myrrhe qui me manquent. Donne-moi l’or de ton saint amour ; donne-moi l’encens, l’esprit de prière ; donne-moi la myrrhe, le désir et la force de me mortifier en tout ce qui te déplaît…

Ô Vierge sainte, tu as accueilli les pieux rois mages avec une vive affection et tu les as comblés ; daigne aussi m’accueillir et me consoler, moi qui viens, à leur exemple, faire visite et m’offrir à ton Fils.

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787)

 

 

Le Fils de l’homme est venu pour donner sa vie

mercredi 30 mai 2018

Le Seigneur éternel a daigné se présenter à nous d’abord comme un petit enfant dans une étable, puis comme un simple ouvrier dans un atelier, plus tard comme un criminel expirant sur un gibet, enfin comme du pain sur un autel. Aspects nombreux, aspects intentionnels de Jésus, aspects qui n’ont eu qu’un effet : celui de montrer l’amour qu’il nous porte.

Ah, Seigneur, peux-tu encore inventer quelque chose pour te faire aimer de nous ? « Proclamez parmi les peuples, clamait le prophète Isaïe, proclamez les hauts faits de notre Dieu » (Is 12,4). Âmes rachetées, faites connaître partout les œuvres d’amour de ce Dieu plein d’amour. Il les a conçues et réalisées pour se faire aimer de tous les hommes, lui qui, après les avoir comblés de ses bienfaits, s’est donné lui-même, et de tant de manières !

« Malade ou blessé, désires-tu guérir ? Jésus est le médecin » : il te guérit par son sang. Es-tu brûlé par la fièvre ? Il est la source rafraîchissante. Es-tu tourmenté par les passions et les troubles de ce monde ? Il est la source des consolations spirituelles et du vrai réconfort. « Crains-tu la mort ? Il est la vie. Aspires-tu au ciel ? Il est la voie (Jn 14,6) » : ainsi parle saint Ambroise. Jésus Christ ne s’est pas donné seulement à tous les hommes en général ; il tient à se donner à chacun en particulier. C’est pourquoi saint Paul dit : « Il m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » (Ga 2,20). Et saint Jean Chrysostome affirme que « Dieu aime autant chacun de nous que toute l’humanité ». Par conséquent, mon cher frère, si tu avais été seul au monde, le divin Rédempteur serait venu, aurait donné son sang et sa vie pour toi seul.

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l’Église
6ème Discours pour la neuvaine de Noël (trad. Éds Saint-Paul 1993, p. 90)

 

 

« Tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. »

jeudi 18 janvier 2018

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« Dites à ceux qui ont le cœur troublé : Prenez courage et soyez sans crainte… Dieu viendra lui-même et vous sauvera » (Is 35,4). Cette prophétie s’est réalisée : qu’il me soit donc permis de m’écrier maintenant dans l’allégresse : Réjouissez-vous, enfants d’Adam, réjouissez-vous ; arrière tout découragement ! À la vue de votre faiblesse et de votre impuissance à résister à tant d’ennemis, « bannissez toute frayeur, Dieu lui-même viendra et vous sauvera ». Comment est-il venu lui-même, et vous a-t-il sauvés ? En vous donnant la force nécessaire pour affronter et surmonter tous les obstacles à votre salut. Et comment le Rédempteur vous a-t-il procuré cette force ? En se faisant faible, de fort et tout-puissant qu’il était ; il a pris sur lui notre faiblesse, et nous a communiqué sa force…

Dieu est tout-puissant : « Seigneur, s’écriait Isaïe, qui donc résisterait à la force de ton bras ? » (40,10)… Mais les blessures faites à l’homme par le péché l’avaient tellement affaibli qu’il était incapable de résister à ses ennemis. Qu’est-ce que le Verbe éternel, la Parole de Dieu, a fait ? De fort et tout-puissant, il s’est rendu faible ; il s’est revêtu de la faiblesse corporelle de l’homme pour procurer à l’homme par ses mérites la force d’âme nécessaire…; il s’est fait enfant… Enfin, au terme de sa vie, dans le jardin des Oliviers, il est chargé de liens, dont il ne peut pas se dégager. Dans le prétoire, il est attaché à la colonne pour être flagellé. Puis, la croix sur ses épaules, il tombe souvent sur le chemin, faute de forces. Cloué à la croix, il ne peut pas se délivrer… Sommes-nous faibles ? Mettons notre confiance en Jésus Christ et nous pourrons tout : « Je peux tout en Celui qui me rend fort » disait l’apôtre Paul (Ph 4,13). Je peux tout, non par mes propres forces, mais par celles que m’ont obtenues les mérites de mon Rédempteur.

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l’Église
5ème Discours pour la neuvaine de Noël (trad. Éds Saint-Paul 1993, p. 76 rev.)

 

 

« L’homme se leva et le suivit. »

samedi 13 janvier 2018

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Mon bien-aimé Rédempteur, voici mon cœur, je te le donne tout entier ; il n’est plus à moi, il est à toi. En entrant dans le monde, tu as offert au Père Éternel, offert et donné toute ta volonté, comme tu nous l’apprends par la bouche de David : « Il est écrit de moi dans le rouleau du livre de la Loi, que je ferai ta volonté. C’est ce que j’ai toujours voulu, mon Dieu » (Ps 39,8-9). De même, mon bien-aimé Sauveur, je t’offre aujourd’hui toute ma volonté. Autrefois elle t’a été rebelle, c’est par elle que je t’offensais. Maintenant je regrette de tout mon cœur l’usage que j’en ai fait, toutes les fautes qui m’ont misérablement privé de ton amitié. Je m’en repens profondément, et cette volonté je te la consacre sans réserve.

« Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » (Ac 22,10) Seigneur, dis-moi ce que tu demandes de moi : je suis prêt à faire tout ce que tu désires. Dispose de moi et de ce qui m’appartient comme il te plaira : j’accepte tout, je consens à tout. Je sais que tu cherches mon plus grand bien : « Je remets donc entièrement mon âme entre tes mains » (Ps 30,6). Par miséricorde, aide-la, conserve-la, fais qu’elle soit toujours à toi, et toute à toi, puisque « tu l’as rachetée, Seigneur, Dieu de vérité », au prix de ton sang (Ps 30,6).

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l’Église
6e Discours pour la neuvaine de Noël (trad. Éds Saint-Paul 1993, p. 94 rev.)

 

 

« Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple. »

samedi 24 décembre 2016

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« Je vous annonce une grande joie. » Telles sont les paroles de l’ange aux bergers de Bethléem. Je vous les redis aujourd’hui, âmes fidèles : je vous apporte une nouvelle qui doit vous causer une grande joie. Pour de pauvres exilés, condamnés à mort, peut-il y avoir plus heureuse nouvelle que celle de l’apparition de leur Sauveur, venu non seulement les délivrer de la mort, mais leur obtenir le retour dans la patrie ? C’est précisément ce que je vous annonce : « Un Sauveur vous est né »…

Quand un monarque fait sa première entrée dans une ville de son royaume, on lui rend les plus grands honneurs ; que de décors, que d’arcs de triomphe ! Prépare-toi donc, ô heureuse Bethléem, à recevoir dignement ton Roi… Sache, te dit le prophète (Mi 5,1), que parmi toutes les cités de la terre, tu es la plus favorisée, puisque c’est toi que le Roi du ciel a choisie pour lieu de sa naissance ici-bas, afin de régner ensuite non pas seulement sur la Judée, mais sur les cœurs des hommes en tous lieux… Qu’auront dit les anges en voyant la Mère de Dieu entrer dans une grotte pour y enfanter le Roi des rois ! Les enfants des princes viennent au monde dans des appartements étincelants d’or… ; ils sont entourés des plus hauts dignitaires du royaume. Le Roi du ciel, lui, veut naître dans une étable froide et sans feu ; pour se couvrir, il n’a que de pauvres lambeaux ; pour reposer ses membres, qu’une mangeoire misérable avec un peu de paille…

Ah ! La seule considération de la naissance de Jésus Christ et des circonstances qui l’accompagnèrent, devrait nous embraser d’amour ; et les seuls mots de grotte, de mangeoire, de paille, de lait, de vagissements, replaçant devant nos yeux l’Enfant de Bethléem, devraient être pour nous autant de flèches enflammées blessant d’amour tous nos cœurs. Heureuse grotte, mangeoire, paille ! Mais bien plus heureuses les âmes qui chérissent avec ferveur et tendresse ce Seigneur tant digne d’amour et qui, brûlant de charité ardente, le reçoivent dans la sainte communion. Avec quel élan, avec quelle joie Jésus vient reposer dans l’âme qui l’aime vraiment !

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l’Église
Discours pour la neuvaine de Noël, n° 10 (trad. Éds. Saint Paul 1993, p. 133s rev.)

 

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Un cœur vraiment tout à Dieu

mardi 14 octobre 2014

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Comprenons-le bien, notre cœur appartiendra tout entier à Dieu à partir du jour où nous lui remettrons toute notre volonté, où nous ne voudrons plus que ce qu’il veut. Ce Dieu, du reste, ne veut que notre bien et notre bonheur. « Le Christ est mort, dit l’apôtre Paul, afin d’être le Seigneur et des morts et des vivants. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous appartenons au Seigneur » (Rm 14,8-9). Jésus a voulu mourir pour nous ; que pouvait-il faire de plus pour conquérir notre amour et devenir l’unique Maître de notre cœur ? À nous donc de montrer désormais au ciel et à la terre, par notre vie et par notre mort, que nous ne nous appartenons plus, mais que nous sommes tout entiers possédés par notre Dieu et par lui seul.

Combien Dieu désire voir un cœur vraiment tout à lui ! De quel ardent amour ne l’aime-t-il pas ? Quelles marques de sa tendresse ne lui prodigue-t-il pas, dès ici-bas ! Quels biens, quel bonheur, quelle gloire ne lui prépare-t-il pas dans le ciel !…

Âmes fidèles ! Marchons à la rencontre de Jésus : s’il a le bonheur de nous posséder, nous avons, nous, celui de le posséder, lui : l’échange est beaucoup plus avantageux pour nous que pour lui. « Thérèse, dit un jour le Seigneur à cette sainte [d’Avila], jusqu’ici tu ne fus pas entièrement à moi ; maintenant que tu es tout à moi, sache que je suis tout à toi »… Dieu brûle d’un désir extrême de s’unir à nous ; mais il faut que nous aussi nous prenions soin de nous unir à Dieu.

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l’Église
6ème Discours pour la neuvaine de Noël (trad. Éds Saint-Paul 1993, p. 92 rev.)

 

 

 

« Elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus »

mercredi 18 décembre 2013

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Le nom de Jésus est un nom divin que le Seigneur a fait connaître à Marie par la voix de l’archange Gabriel : « Tu lui donneras le nom de Jésus » (Lc 1,31). Nom appelé pour ce motif « au-dessus de tout nom », « le seul nom par lequel nous devions être sauvés » (Ph 2,9; Ac 4,12). Ce grand nom est comparé par l’Esprit Saint à l’huile : « Ton nom est une huile qui s’épanche » (Ct 1,3). Pourquoi ? Parce que, explique saint Bernard, de même que l’huile est à la fois lumière, aliment et remède, ainsi le nom de Jésus est lumière pour notre esprit, aliment pour notre cœur, remède pour notre âme.

Lumière pour notre esprit : c’est l’éclat de ce nom qui a fait passer le monde des ténèbres de l’idolâtrie à la clarté de la foi. Nous sommes nés dans un pays dont les habitants, avant l’avènement du Sauveur, étaient tous païens ; nous le serions comme eux, s’il n’était pas venu nous éclairer. Combien donc ne devons-nous pas remercier Jésus Christ pour le don de la foi !…

Aliment pour notre cœur : tel est encore le nom de Jésus. Il nous rappelle, en effet, toute l’œuvre douloureuse accomplie par Jésus pour nous sauver ; c’est ainsi qu’il nous console dans les tribulations, nous donne la force de marcher dans la voie du salut, ranime notre espérance et nous enflamme d’amour pour Dieu.

Remède, enfin, pour notre âme : le nom de Jésus la rend forte contre les tentations et les attaques de nos ennemis. Entendent-ils l’invocation de ce saint nom ? Les puissances des enfers tremblent et prennent la fuite ; c’est la parole de l’apôtre Paul : « afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et dans l’abîme » (Ph 2,10). Celui qui est tenté ne tombera pas s’il invoque Jésus : aussi longtemps qu’il l’invoquera, il persévérera et sera sauvé (cf Ps 17,4).

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l’Église
Méditations pour l’octave de Noël, n°8 (trad. Éds. Saint Paul 1993, p. 285 rev.)

 

 

 

« Jésus étendit la main et la toucha. »

vendredi 11 janvier 2013

« Le Christ dit en entrant dans le monde : ‘ Tu n’as voulu ni sacrifice, ni oblation, mais tu m’as formé un corps. Alors j’ai dit : Voici que je viens pour faire ta volonté ‘ » (He 10,5-7; Ps 40,7-9 LXX). Est-il bien vrai que pour nous sauver dans notre misère…et pour conquérir notre amour, Dieu a voulu se faire homme ? Tellement vrai que c’est un article de foi : « Pour nous les hommes et pour notre salut il descendit du ciel…et s’est fait homme » (Credo)… Oui, voilà ce que Dieu a fait pour se faire aimer de nous… C’est ainsi qu’il a voulu nous manifester la grandeur de son amour pour nous : « La grâce de Dieu notre Sauveur s’est manifestée à tous les hommes » (Tt 2,11). « L’homme ne m’aime pas, semble avoir dit le Seigneur, parce qu’il ne me voit pas. Je vais me rendre visible, converser avec lui, je m’en ferai sûrement aimer » : « il est apparu sur la terre, et il a conversé avec les hommes » (Ba 3,38).

L’amour de Dieu pour l’homme est immense, immense de toute éternité : « Je t’ai aimé d’un amour éternel ; c’est pourquoi je t’ai attiré dans ma miséricorde » (Jr 31,3). Mais on n’avait pas encore vu combien il est grand, incompréhensible ; quand le Fils de Dieu s’est fait contempler sous la forme d’un enfant couché sur la paille dans une étable, il s’est vraiment manifesté : « Dieu notre Sauveur a fait paraître sa bonté et son amour pour les hommes » (Tt 3,4). « La création du monde, observe saint Bernard, a fait resplendir la puissance de Dieu, le gouvernement du monde, sa sagesse ; mais l’incarnation du Verbe a fait éclater sa miséricorde à tous les yeux »…

« En méprisant Dieu, dit saint Fulgence, l’homme s’était séparé de lui pour toujours ; et comme l’homme ne pouvait plus retourner à Dieu, Dieu a daigné venir le trouver sur la terre. » Saint Augustin avait déjà dit : « Nous ne pouvions pas aller au médecin ; c’est pourquoi le médecin a eu la bonté de venir jusqu’à nous ».

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l’Église
1er Discours pour la neuvaine de Noël (trad. Éds Saint-Paul 1993, p. 27 rev.)

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« Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où poser sa tête. »

lundi 2 juillet 2012

De même que Jésus Christ est né pauvre, ainsi a-t-il continué à vivre dans la pauvreté durant toute sa vie ; non seulement pauvre, mais indigent, « mendiant » suivant l’expression de saint Paul (2Co 8,9)… A Nazareth, Jésus vit dans la pauvreté : « une maison pauvre, un mobilier pauvre, c’est le logement que choisit le Créateur du monde ». Il y vit pauvrement, gagnant son pain à la sueur de son front, au prix de grandes fatigues, tout comme les artisans et les fils d’artisans. Au reste, les juifs ne le croyaient-ils pas et ne l’appelaient-ils pas « ouvrier, fils d’ouvrier » ? (Mc 6,3; Mt 13,55)

Après, il paraît en public pour prêcher l’Évangile. Pendant ces trois dernières années de sa vie, loin d’améliorer sa manière de subsister, il pratique une pauvreté plus rigoureuse encore, il ne vit que d’aumônes. A un homme qui voulait le suivre dans l’espoir de vivre plus commodément, il répond : « Sachez-le bien : les renards ont leurs tanières et les oiseaux du ciel leurs nids, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête ». Homme, veut-il dire, si en te mettant à ma suite, tu comptes trouver un état aisé, tu te trompes, car je suis venu sur la terre enseigner la pauvreté. Dans cette intention, je me suis fait plus pauvre que les renards et les oiseaux, qui ont au moins un abri ; en ce monde, je n’ai pas la moindre parcelle de terre qui m’appartienne en propre, où je puisse me reposer, et je veux que mes disciples me ressemblent…

« Un serviteur de Jésus Christ ne possède rien en dehors de Jésus Christ », affirme saint Jérôme. Il ne désire même pas posséder quelque chose en dehors de Jésus. En un mot, Jésus a vécu toujours pauvre, il est mort aussi pauvre : n’a-t-il pas fallu que Joseph d’Arimathie lui donne un tombeau, et que d’autres lui fassent l’aumône d’un linceul pour envelopper son corps ?

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l’Église
8ème Discours pour la neuvaine de Noël (trad. Éds Saint-Paul 1993, p. 114)

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« L’homme se leva et le suivit. »

samedi 14 janvier 2012

Mon bien-aimé Rédempteur, voici mon cœur, je te le donne tout entier ; il n’est plus à moi, il est à toi. En entrant dans le monde, tu as offert au Père Éternel, offert et donné toute ta volonté, comme tu nous l’apprends par la bouche de David : « Il est écrit de moi dans le rouleau du livre de la Loi, que je ferai ta volonté. C’est ce que j’ai toujours voulu, ô mon Dieu » (Ps 39,8-9). De même, mon bien-aimé Sauveur, je t’offre aujourd’hui toute ma volonté. Autrefois elle t’a été rebelle, c’est par elle que je t’offensais. Maintenant je regrette de tout mon cœur l’usage que j’en ai fait, toutes les fautes qui m’ont misérablement privé de ton amitié. Je m’en repends profondément, et cette volonté je te la consacre sans réserve.

« Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » (Ac 22,10) Seigneur, dis-moi ce que tu demandes de moi : je suis prêt à faire tout ce que tu désires. Dispose de moi et de ce qui m’appartient comme il te plaira : j’accepte tout, je consens à tout. Je sais que tu cherches mon plus grand bien : « Je remets donc entièrement mon âme entre tes mains » (Ps 30,6). Par miséricorde, aide-la, conserve-la, fais qu’elle soit toujours à toi, et toute à toi, puisque « tu l’as rachetée, Seigneur, Dieu de vérité », au prix de ton sang (Ps  30,6).

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l’Église
6e Discours pour la neuvaine de Noël (trad. Éds Saint-Paul 1993, p. 94 rev.)