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Archive pour le mot-clef ‘Adam et Eve’

« Tous deux ne feront plus qu’un. »

vendredi 24 février 2017

Adam et Eve

« Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance », dit Dieu (Gn 1,26). Un simple commandement avait fait surgir les autres êtres de la création : « Que la lumière soit ! » ou « Qu’il y ait un firmament ! » Cette fois, Dieu ne dit pas : « Qu’il y ait des hommes », mais il dit : « Faisons l’homme ». En effet, il estimait convenable que soit façonnée de ses propres mains cette image de lui-même, supérieure à toutes les autres créatures. Cette œuvre lui était particulièrement proche ; il l’aimait d’un grand amour… Adam est à l’image de Dieu parce qu’il porte l’effigie du Fils Unique…

D’une certaine manière, Adam a été créé à la fois simple et double ; Ève se trouvait cachée en lui. Avant même qu’ils n’existent, l’humanité était destinée au mariage, qui les ramènerait, homme et femme, à un seul corps, comme au commencement. Aucune querelle, aucune discorde, ne devait s’élever entre eux. Ils auraient une même pensée, une seule volonté… Le Seigneur a formé Adam de poussière et d’eau ; Ève, il l’a tirée de la chair, des os et du sang d’Adam (Gn 2,21). Le profond sommeil du premier homme anticipait les mystères de la crucifixion. L’ouverture du côté, c’était le coup de lance porté au Fils Unique ; le sommeil, la mort sur la croix ; le sang et l’eau, la fécondité du baptême (Jn 19,34)… Mais l’eau et le sang qui ont coulé du côté du Sauveur sont à l’origine du monde de l’Esprit…

Adam n’a pas souffert du prélèvement fait dans sa chair ; ce qui lui avait été dérobé lui a été rendu, transfiguré par la beauté. Le souffle des vents, le murmure des arbres, le chant des oiseaux appelaient les fiancés : « Levez-vous, vous avez assez dormi ! La fête nuptiale vous attend ! »… Adam vit Ève à ses côtés, celle qui était sa chair et ses os, sa fille, sa sœur, son épouse. Ils se sont levés, enveloppés d’un vêtement de lumière, dans le jour qui leur souriait. Ils étaient au Paradis.

Saint Jacques de Saroug (v. 449-521), moine et évêque syrien
Hexaméron ; Homélie pour le sixième jour (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, Médiaspaul 1988, vol.1, p.27)

 

 

 

 

 

« L’Époux est avec eux. »

lundi 19 janvier 2015

Adam et Eve

« Regardez, voici l’Époux qui vient ; sortez à sa rencontre » (Mt 25,6)… Cet Époux, c’est le Christ, et l’épouse c’est la nature humaine, créée par Dieu « à son image et à sa ressemblance » (Gn 1,26). Au commencement Dieu l’avait placée dans le lieu le plus digne, le plus beau, le plus riche et le plus fertile de la terre, c’est-à-dire le Paradis. Dieu lui avait soumis toutes les créatures, il l’avait parée de grâce, et lui avait donné un commandement de sorte que, en l’observant, elle soit assurée à jamais de l’union stable et fidèle avec son Époux, libre de toute peine, de toute souffrance et de toute faute.

Mais alors le malin est venu, l’ennemi infernal, rempli de jalousie envers l’épouse ; il  a pris l’apparence d’un serpent rusé et a trompé la femme, et ensemble ils ont trompé l’homme et ainsi toute la nature humaine. De cette manière, par ses faux conseils, l’ennemi a ravi la nature humaine, l’épouse de Dieu, et elle a été exilée en une terre étrangère, pauvre et misérable, captive et opprimée…

Mais, lorsque Dieu a vu que le temps était venu et quand les souffrances de sa bien-aimée l’avaient rempli de pitié, il a envoyé son Fils unique sur la terre…, dans le sein de la Vierge Marie. Là le Fils a épousé sa fiancée, notre nature, en l’unissant à sa personne.

Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381), chanoine régulier
Les Noces spirituelles, prologue (trad. cf Orval et Louf, Bellefontaine 1993, p. 30)

 

 

« Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. »

lundi 8 septembre 2014

vierge Marie

Aujourd’hui, nous célébrons la naissance de la bienheureuse Vierge Mère, de qui a reçu naissance Celui qui est la vie de tous. Aujourd’hui est née la Vierge de qui le salut de tous a voulu naître, afin de donner à ceux qui naissaient pour mourir de pouvoir renaître à la vie. Aujourd’hui est née notre nouvelle mère, qui a anéanti la malédiction d’Ève, notre première mère. Ainsi par elle, nous héritons maintenant de la bénédiction, nous qui, par notre première mère, étions nés sous l’antique malédiction. Oui, elle est bien une mère nouvelle, celle qui a renouvelé en jeunesse des fils vieillis, celle qui a guéri le mal d’un vieillissement héréditaire, ainsi que de toutes les autres formes de vieillissement qu’ils y avaient ajoutées. Oui, elle est bien une mère nouvelle, celle qui enfante par un prodige si nouveau, en restant vierge, celle qui met au monde celui qui a créé le monde…

Quelle nouveauté merveilleuse que cette virginité féconde ! Mais bien plus merveilleuse encore la nouveauté du fruit qu’elle met au monde… Tu demandes comment une vierge a enfanté le Sauveur ? Comme la fleur de la vigne répand son parfum. Longtemps avant la naissance de Marie, l’Esprit qui allait habiter en elle…avait dit en son nom : « Comme la vigne, j’ai produit une douce odeur » (Si 24,17 Vulg)… Comme la fleur n’est pas altérée pour avoir donné son parfum, ainsi la pureté de Marie pour avoir donné naissance au Sauveur…

Et pour toi aussi, si tu gardes la perfection de la chasteté, non seulement « ta chair refleurira » (Ps 27,7), mais une sainteté venant de Dieu s’épanouira sur toi tout entier. Ton regard ne sera plus déréglé ou égaré, mais embelli par la pudeur…; toute ta personne sera ornée par les fleurs de la grâce de la pureté.

Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
1er Sermon pour la Nativité de Marie, passim ; SC 202 (trad. cf SC, p. 473)

 

 

 

 

Désert

samedi 23 août 2014
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Livre d’Isaïe 35,1-10
Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse, qu’il se couvre de fleurs des champs ! 
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Sans titre-2
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On a retrouvé, dans le désert du Sahara, bien des fossiles marins, qui témoignent d’un temps où cette vaste étendue était traversée de mers et de lacs qui rendaient verdoyante une terre aujourd’hui aride et désolée. En certains endroits, il suffit de se baisser pour ramasser d’anciens coquillages, signes de cette époque révolue. On le sait bien : le désert peut progresser, et assécher les plus riants paysages. Ne le craignons-nous pas, en ces temps de réchauffement climatique ? Curieusement, l’inverse est en revanche inimaginable. Comme une application de plus de la fameuse loi de Murphy, selon laquelle « tout ce qui peut mal tourner va mal tourner », le désert peut progresser, mais non reculer. Alors quand Dieu promet de faire fleurir le désert, comme il le fait par la bouche du prophète Isaïe, nous pouvons bien être du bitatifs.
Qu’annonce Isaïe à un peuple d’Israël découragé, vaincu, exilé loin de sa terre ? Que Dieu n’a pas cessé d’être le Créateur qui, au premier matin du monde, a regardé le néant en face pour y faire surgir des merveilles. Que nos déserts de désespoir, d’ennui ou de médiocrité peuvent être, si nous l’acceptons, ce néant où Dieu peut encore créer, comme au premier jour. Notre découragement n’est bien souvent qu’un manque d’imagination : aucune fatalité ne s’impose au Créateur.Le jardin d’Éden dont furent chassés Adam et Eve, et dont la nostalgie nous habite, repose sans doute en nous sous de grandes quantités de sable. Laisserons-nous Dieu y faire toute chose nouvelle ?
Frère Adrien Candiard, dominicain
couvent du Caire
Signe dans la Bible

« Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ou Calvaire, ils ont mis Jésus en croix, avec les malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. » (Lc 23,33)

vendredi 18 avril 2014

vendredi-saint_trois croix

En échange de l’arbre qui a donné la mort,
Poussé au milieu du Paradis (Gn 3,3),
Tu as porté sur tes épaules le bois de la croix,
Tu l’as monté sur le lieu appelé Golgotha.

Soulage mon âme, tombée dans le péché
Et portant un fardeau si lourd ;
Soulage-la grâce au « joug doux »
Et au « fardeau léger » de la croix (Mt 11,30).

Le vendredi, à trois heures,
Au jour où le premier homme a été séduit,
Tu as été cloué, Seigneur, sur le bois
En même temps que le larron criminel.

Tes mains qui avaient créé la terre,
Tu les as étendues sur la croix,
En échange des mains d’Adam et d’Ève qui s’étaient tendues
Vers l’arbre où elles avaient cueilli la mort.

Moi qui ai péché comme eux,
Et même les ai surpassés…
Pardonne-moi mon délit
Comme à eux dans la région d’où l’espoir est banni.

Tu es monté sur la sainte croix,
Tu as ôté la transgression des hommes ;
Et l’ennemi de notre nature,
Tu l’y as cloué.

Fortifie-moi sous la protection
De ce saint signe, toujours vainqueur,
Et lorsqu’il se lèvera à l’Orient (Mt 24,30),
Illumine-moi de sa lumière.

Au larron qui était à ta droite
Tu as ouvert la porte du Paradis ;
Souviens-toi de moi aussi lorsque tu reviendras
Avec la Royauté de ton Père (Lc 23,42).

Que moi aussi j’entende prononcer
La réponse qui fait exulter :
« Aujourd’hui, tu seras avec moi dans l’Éden,
Dans ta patrie première ! »

Saint Nersès Snorhali (1102-1173), patriarche arménien
Jésus, Fils unique du Père , § 727-736 ; SC 203 (trad. SC p. 181 rev.)

 

 

 

 

Quatrième dimanche de Carême (Laetare)

dimanche 30 mars 2014

bannerjeremie

Celui qui « éclaire tout homme en venant dans ce monde » (Jn 1,9) est le vrai miroir du Père. Le Christ passe en tant que reflet du Père (He 1,3) et écarte la cécité des yeux de ceux qui ne voient pas. Le Christ qui vient du ciel passe, afin que toute chair le voie…; seul l’aveugle ne pouvait pas voir le Christ, miroir du Père… Le Christ a ouvert cette prison ; il a dessillé les yeux de l’aveugle, qui a vu dans le Christ le miroir du Père…

Le premier homme avait été créé lumineux ; mais il s’est trouvé aveugle, quand il a quitté le serpent. Cet aveugle s’est mis à renaître quand il s’est mis à croire… L’aveugle de naissance était assis…sans réclamer à aucun médecin une pommade pour guérir ses yeux… L’artisan de l’univers vient et reflète dans le miroir l’image. Il voit la misère de l’aveugle assis là et qui demande l’aumône. Quel miracle de la force de Dieu ! Elle guérit ce qu’elle voit, elle illumine ce qu’elle visite…

Celui qui a créé le globe terrestre a maintenant ouvert les globes des yeux aveugles… Le potier qui nous a faits (Gn 2,6; Is 64,7) a vu ces yeux vides…; il les a touchés en mêlant sa salive à de la terre et en appliquant cette boue, il a formé les yeux de l’aveugle… L’homme est formé d’argile, la pommade de boue…; la matière qui avait d’abord servi à former les yeux les a ensuite guéris. Quel est le prodige le plus grand : créer le globe du soleil ou recréer les yeux de l’aveugle-né ? Le Seigneur, sur son trône, a fait briller le soleil ; en parcourant les places publiques de la terre, il a permis à l’aveugle de voir. La lumière est venue sans avoir été demandée, et sans supplication l’aveugle a été libéré de son infirmité de naissance.

Une homélie écrite en Afrique du Nord au 5e ou 6e siècle, attribuée à tort à saint Fulgence (467-532)
PL 65, 880 (trad. Jean expliqué, DDB 1985, p. 87 rev.)

 

 

 

EVA changée en AVE

jeudi 20 décembre 2012

Aujourd’hui, le Père souverain nous a envoyé le véritable Joseph « pour revoir ses frères et les troupeaux » (Gn 37,14). Assurément, il est bien ce Joseph aimé par son père « plus que tous ses frères » (v. 3)… C’est lui, plus aimé que tous, plus sage que tous, plus magnifique que tous ; c’est bien lui que Dieu le Père a envoyé aujourd’hui… « Qui donc enverrai-je, dit Dieu le Père, et qui ira pour nous ? » (Is 6,8) Le Fils répond : « Voici que j’irai moi-même à la recherche de mes brebis » (Ez 34,11). Quittant le plus haut des cieux, il descend « dans la vallée d’Hébron » (Gn 37,14).

Adam avait escaladé la montagne de l’orgueil ; le Fils de Dieu descend dans la vallée de l’humilité. Il trouve aujourd’hui une vallée où descendre. Où se trouve-t-elle ? Non pas en toi, Ève, mère de notre malheur, non pas en toi…, mais en la bienheureuse Marie. Elle est bien cette vallée d’Hébron en raison de son humilité et à cause de sa force… Elle est forte parce qu’elle participe à la force de celui dont il est écrit : « Le Seigneur est fort et puissant » (Ps 23,8). Elle est cette femme vaillante ardemment désirée par Salomon qui disait : « Une femme vaillante, qui la trouvera ? » (Pr 31,10)…

Ève, bien que créée dans le paradis, sans corruption, sans infirmité ni douleur, s’est révélée si faible, si infirme. « Qui trouvera donc la femme vaillante ? » Pourra-t-on trouver dans le malheur d’ici-bas ce qu’on n’a pas pu trouver dans le bonheur de là-bas ? Pourra-t-on la trouver en cette vallée de larmes, alors qu’on n’a pas pu la trouver en la béatitude du Paradis ?… Aujourd’hui, oui aujourd’hui, elle a été trouvée. Dieu le Père a trouvé cette femme pour la sanctifier ; le Fils l’a trouvée pour l’habiter ; l’Esprit Saint l’a trouvée pour l’illuminer… L’ange l’a trouvée pour la saluer ainsi : « Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ». La voici, la femme vaillante. En elle, le sérieux, l’humilité et la virginité s’opposent à la curiosité, la vanité, la volupté. « L’ange entra chez elle », est-il écrit. Elle n’a donc pas été trouvée tournée vers l’extérieur, au-dehors ; elle était à l’intérieur, dans sa chambre secrète où elle priait son Père dans le secret (Mt 6,6).

Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167), moine cistercien
Sermon 59, 3ème pour l’Annonciation dans la collection de Durham (trad. cf coll. Pain de Cîteaux, n°23, p. 172)

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« Fils d’Adam »

vendredi 6 janvier 2012

Luc présente une généalogie allant de la naissance de notre Seigneur à Adam et comportant soixante-douze générations ; il rattache de la sorte la fin au commencement et donne à entendre que le Seigneur est celui qui a récapitulé en lui-même toutes les nations dispersées à partir d’Adam, toutes les langues et les générations des hommes, y compris Adam lui-même. C’est aussi pour cela que Paul appelle Adam « la préfiguration de celui qui devait venir » (Rm 5,14), car le Verbe, Artisan de l’univers, avait ébauché d’avance en Adam l’histoire future de l’humanité dont se revêtirait le Fils de Dieu…

Le Seigneur, en devenant le Premier-né des morts (Col 1,18) et en recevant dans son sein les anciens pères, les a fait renaître à la vie de Dieu ; il est devenu le premier, le principe des vivants, parce qu’Adam était devenu le principe des morts… En commençant sa généalogie par le Seigneur, pour la faire remonter jusqu’à Adam, Luc indique que ce ne sont pas les pères qui ont donné la vie au Seigneur, mais lui au contraire qui les a fait renaître dans l’Évangile de vie. Ainsi également le nœud de la désobéissance d’Ève a été dénoué par l’obéissance de Marie, car ce que la vierge Ève avait lié par son incrédulité, la Vierge Marie l’a délié par sa foi.

Il était donc indispensable que, venant vers la brebis perdue (Mt 18,12), récapitulant une si grande histoire, recherchant son ouvrage modelé par lui-même (Lc 19,10; Gn 2,7), le Seigneur sauve l’homme qui avait été fait à son image et à sa ressemblance (Gn 1,26), c’est-à-dire Adam.

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr
Contre les hérésies, livre III, 22,3 ; 23,1 (trad. SC 211, p. 439s rev.)


Le Pommier et le Citronnier

jeudi 21 juillet 2011

Les vignes sont sans fruit, et les figuiers ont manqué, les grenadiers, et même les palmiers ; les Pommiers et tous les arbres des champs sont devenus secs ; c’est pourquoi la joie a cessé parmi les hommes. (Joël I, 12)

Un voyageur auquel les productions naturelles de la Palestine sont familières, serait surpris de trouver ici le Pommier cité avec le grenadier et le palmier, arbres tout à fait méridionaux.
En effet, le Pommier est rare en Syrie, et ses petits fruits y ont peu de goût et de parfum. Cependant on le cultive à Sidon et dans plusieurs endroits de la Palestine ; les meilleurs se trouvent dans les régions tempérées du Liban. Damas est aussi célèbre dans toute la Syrie pour ses Pommes.

C’est dans le Cantique des Cantiques qu’il est fait mention le plus fréquemment du Pommier ; il y est représenté comme le roi des arbres, au doux fruit, aux ombrages délicieux. Salomon compare une parole dite à propos à des Pommes d’or émaillées d’argent.

Ces descriptions, et la rareté du Pommier en Palestine, font généralement penser que le Pommier de l’Écriture était le Citronnier. Cet arbre (Citrus medica) appartient à la famille des Orangers ; il est remarquable par la beauté et le parfum de ses fleurs et de ses fruits, et il était fort estimé dans toute l’Antiquité. Quant à l’Oranger, il est originaire de l’Inde ou de la Chine, et ce n’est que beaucoup plus lard qu’il a été introduit en Orient et en Europe.

Les Citronniers sont toujours verts et chargés à la fois de fleurs et de fruits. Les plus beaux Citrons atteignent deux décimètres (8 pouces) de longueur. Ils ont une écorce spongieuse et une pulpe acide ; le tissu des feuilles est rempli de petites glandes contenant une huile très odoriférante. En Chine, on met des Citrons sur les tables, dans des plats de porcelaine, pour parfumer les appartements.
Une tradition populaire fait du fruit défendu qu’Ève cueillit au jardin d’Éden, soit une espèce de Citron, soit une Pomme ; inutile de dire qu’elle ne repose sur aucun fondement.

Quelques écrivains pensent que le bel arbre (Lév.XXIII, 40) dont les Israélites devaient prendre des fruits à la fête des Tabernacles, était le Citronnier. Rien ne prouve que celui-ci fût connu des Israélites dans le désert ; toutefois il est remarquable qu’on se servit de Citrons pour la même solennité du temps de Josèphe.

Aujourd’hui encore les Juifs continuent à manger des Citrons ou des confitures de Citrons dans leurs jours de fête.
Mc Cheyne et Bonar ont retrouvé cet usage chez les Juifs de Moldavie : « Nous logions, disent-ils, près de la rivière, dans une auberge tenue par un Juif ; il avait élevé devant sa porte une cabane avec des saules pris au bord de l’eau ; la fête des Tabernacles devait commencer dans la soirée suivante. Il nous montra sa branche de palmier, appelé Mab, et son beau fruit, appelé ezroch, qu’on suppose être celui du bel arbre dont il est parlé dans la Loi. C’était une espèce de Limon, qui ne vient à maturité qu’une fois tous les trois ans. On l’apporte d’Italie et de Palestine ; un seul, pour la fête, coûte quelquefois plus de cent écus. Notre hôte avait payé le sien vingt-cinq francs. »

Fête de l’Annonciation

vendredi 25 mars 2011

SENS DE LA FETE

L’Annonciation, célébrée le 25 mars (9 mois avant Noël) par la tradition chrétienne, est un des mystères centraux du culte chrétien. C’est en effet le moment où le divin s’incarne en homme. L’archange Gabriel annonce à Marie son nouveau statut de mère du Fils de Dieu, et lui explique qu’elle portera un enfant en son sein tout en restant vierge. C’est l’origine de la croyance en une conception virginale qu’il ne faut pas confondre avec le dogme de l’Immaculée conception qui est propre au catholicisme moderne (pour les orthodoxes et les protestants le seul être humain conçu hors du péché originel est Jésus-Christ) Autrement dit, comme l’ont expliqué les théologiens, une femme juive vivant sous la loi de Moïse accepte d’introduire dans le monde celui qui mourra pour les péchés des hommes, c’est-à-dire que la loi, tout en restant valide, cesse d’être le principe théologique essentiel, et laisse la place au salut. Pour cette raison, l’Annonciation est le moment où est lavé le péché originel d’Adam et Ève. L’Annonciation est un message de joie et de libération. Mais cette libération est potentielle, elle ne s’accomplit effectivement que par la Croix et la Résurrection.

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