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Archive pour la catégorie ‘Enseignement’

« Le Puissant fit pour moi des merveilles. »

dimanche 23 décembre 2018

C’est le propre de l’Esprit Saint, lorsqu’il touche un cœur, d’en chasser toute tiédeur. Il aime la promptitude, il est ennemi des délais, des retards dans l’exécution de la volonté de Dieu… « Marie partit en hâte »…

Quelles grâces tombèrent sur la maison de Zacharie lorsque Marie y entra ! Si Abraham reçut tant de grâces pour avoir hébergé trois anges en sa maison, quelles bénédictions tombèrent sur la maison de Zacharie où entra l’ange du grand conseil (Is 9,6), la vraie arche d’alliance, le divin prophète, notre Seigneur enclos dans le sein de Marie ! Toute la maison en fut comblée de joie : l’enfant tressaillit, le père recouvra la vue, la mère fut remplie du Saint Esprit et reçut le don de prophétie. Voyant Notre Dame entrer dans sa maison, elle s’écria : « D’où me vient ceci que la Mère de mon Dieu vienne me visiter ? »… Et Marie, entendant ce que sa cousine disait à sa louange, s’humilia et rendit gloire à Dieu de tout. Confessant que tout son bonheur procédait de ce que Dieu « avait regardé l’humilité de sa servante », elle entonna ce beau et admirable cantique de son Magnificat.

Combien devons-nous être comblés de joie, nous aussi, lorsque nous visite ce divin Sauveur dans le Saint Sacrement et par les grâces intérieures, les paroles qu’il dit journellement dans notre cœur !

Saint François de Sales (1567-1622)

 

 

 

« Marie rendit grâce au Seigneur. »

samedi 22 décembre 2018

Le Magnificat de Marie –- portrait, pour ainsi dire, de son âme –- est entièrement brodé de fils de l’Écriture Sainte, de fils tirés de la Parole de Dieu. On voit ainsi apparaître que, dans la Parole de Dieu, Marie est vraiment chez elle, elle en sort et elle y rentre avec un grand naturel. Elle parle et pense au moyen de la Parole de Dieu ; la Parole de Dieu devient sa parole, et sa parole naît de la Parole de Dieu. De plus, se manifeste ainsi que ses pensées sont au diapason des pensées de Dieu, que sa volonté consiste à vouloir avec Dieu. Étant profondément pénétrée par la Parole de Dieu, elle peut devenir la mère de la Parole incarnée.

Enfin, Marie est une femme qui aime. Comment pourrait-il en être autrement ? Comme croyante qui, dans la foi, pense avec les pensées de Dieu et veut avec la volonté de Dieu, elle ne peut qu’être une femme qui aime. Nous le percevons à travers ses gestes silencieux, auxquels se réfèrent les récits des évangiles de l’enfance. Nous le voyons à travers la délicatesse avec laquelle, à Cana, elle perçoit les besoins dans lesquels sont pris les époux et elle les présente à Jésus. Nous le voyons dans l’humilité avec laquelle elle accepte d’être délaissée durant la période de la vie publique de Jésus, sachant que son fils doit fonder une nouvelle famille et que l’heure de sa mère arrivera seulement au moment de la croix. À l’heure de la Pentecôte, ce seront les disciples qui se rassembleront autour d’elle dans l’attente de l’Esprit Saint (Ac 1,14).

Benoît XVI

 

 

 

« Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. »

vendredi 21 décembre 2018

« Le voici qui vient, bondissant sur les montagnes » (Ct 2,8). Le Christ ne s’est fait d’abord connaître à l’Église que par sa voix. Il a commencé par lancer sa voix devant lui par l’intermédiaire des prophètes ; sans se laisser voir, il se faisait entendre. Sa voix portait dans les messages que l’on annonçait de lui, et pendant tout ce temps l’Église-Épouse rassemblée depuis l’origine du monde, l’entendait seulement. Mais un jour elle l’a vu de ses yeux et a dit : « Le voici qui vient, bondissant sur les montagnes ! »…

Et chaque âme, si du moins l’amour du Verbe de Dieu l’étreint…, est heureuse et consolée quand elle sent la présence de l’Époux, alors qu’elle se trouvait devant des paroles difficiles de la Loi et des prophètes. À mesure qu’il s’approche de ses pensées pour l’éclairer en sa foi, elle le voit bondir sur montagnes et collines…, et elle peut bien dire : « Le voici qui vient ! »… Certes l’Époux a promis à son Épouse, c’est-à-dire à ses disciples : « Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). Mais cela ne l’empêche pas de dire aussi qu’il part prendre possession de son Royaume (Lc 19,12) ; alors, de nouveau en pleine nuit, s’élève le cri : « Voici l’Époux qui vient » (Mt 25,6). Tantôt donc l’Époux est présent et il enseigne ; tantôt il est dit absent et on le désire… Ainsi, quand l’âme cherche à comprendre et n’arrive pas, pour elle le Verbe de Dieu est absent. Mais quand elle trouve ce qu’elle cherche, il est présent sans aucun doute et l’illumine de sa lumière… Si donc nous aussi nous voulons voir le Verbe de Dieu, l’Époux de l’âme, « bondissant sur les collines », écoutons d’abord sa voix, et nous aussi nous pourrons le voir.

Origène (v. 185-253)

 

 

 

« Mère de tous les vivants » (Gn 3,20)

jeudi 20 décembre 2018

« J’ai vu descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, toute prête, comme une fiancée parée pour son époux » (Ap 21, 2). Comme le Christ lui-même est descendu du ciel sur la terre, son épouse, la sainte Église, a aussi son origine dans le ciel ; elle est née de la grâce de Dieu, elle est descendue avec le Fils de Dieu lui-même et lui est indissolublement unie. Elle est construite de pierres vivantes (1P 2,5) ; et sa pierre de fondation (Ep 2,20) a été posée quand le Verbe de Dieu a assumé la nature humaine dans le sein de la Vierge. En cet instant-là s’est noué entre l’âme de l’enfant divin et l’âme de sa mère virginale le lien de l’union la plus intime, que nous appelons nuptiale.

Cachée du monde entier, la Jérusalem céleste était descendue sur la terre. De cette première union nuptiale devaient naître toutes les pierres qui s’ajouteraient à la puissante construction, toutes les âmes que la grâce éveillerait à la vie. La mère épouse devait ainsi devenir la mère de tous les rachetés.

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)

 

 

 

 

« Tu devras garder le silence… jusqu’au jour où cela se réalisera, parce que tu n’as pas cru à mes paroles. »

mercredi 19 décembre 2018

En nous, la voix et la parole ne sont pas la même chose, car la voix peut se faire entendre sans porter de sens, sans parole, et la parole peut également être transmise à l’esprit sans voix, comme dans le cheminement de notre pensée. De même, puisque le Sauveur est Parole…, Jean diffère de lui en étant la voix, par analogie avec le Christ qui est la Parole. C’est ce que Jean lui-même répond à ceux qui lui demandent qui il est : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : ‘Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers’ » (Jn 1,23).

C’est peut-être pour cette raison, parce qu’il a douté de la naissance de cette voix qui devait révéler la Parole de Dieu, que Zacharie a perdu la voix et qu’il la recouvre lorsqu’est née cette voix qui est le précurseur de la Parole (Lc 1,64). Car pour que l’esprit puisse saisir la parole que désigne la voix, il faut écouter la voix. C’est aussi pourquoi, par la date de sa naissance, Jean est un peu plus âgé que le Christ ; en effet, nous percevons la voix avant la parole. Jean désigne ainsi le Christ, car c’est par une voix que la Parole est manifestée. Le Christ est également baptisé par Jean, qui avoue avoir besoin d’être baptisé par lui (Mt 3,14)… En un mot, lorsque Jean montre le Christ, c’est un homme qui montre Dieu, le Sauveur incorporel ; c’est une voix humaine qui désigne la Parole de Dieu.

Origène (v. 185-253)

 

 

 

« Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit. »

mardi 18 décembre 2018

Le climat de silence qui accompagne tout ce qui se réfère à la figure de Joseph s’étend aussi à son travail de charpentier dans la maison de Nazareth. Toutefois, c’est un silence qui révèle d’une manière spéciale le profil intérieur de cette figure. Les évangiles parlent exclusivement de ce que « fit » Joseph ; mais ils permettent de découvrir dans ses actions, enveloppées de silence, un climat de profonde contemplation. Joseph était quotidiennement en contact avec le mystère « caché depuis les siècles », qui « établit sa demeure » sous son toit (Col 1,26 ; Jn 1,14)…

Puisque l’amour paternel de Joseph ne pouvait pas ne pas influer sur l’amour filial de Jésus et que, réciproquement, l’amour filial de Jésus ne pouvait pas ne pas influer sur l’amour paternel de Joseph, comment arriver à connaître en profondeur cette relation tout à fait singulière ? Les âmes les plus sensibles aux impulsions de l’amour divin voient à juste titre en Joseph un exemple lumineux de vie intérieure. En outre l’apparente tension entre la vie active et la vie contemplative est dépassée en lui de manière idéale, comme cela peut se faire en celui qui possède la perfection de la charité. Selon la distinction bien connue entre l’amour de la vérité et l’exigence de l’amour nous pouvons dire que Joseph a expérimenté aussi bien l’amour de la vérité, c’est-à-dire le pur amour de contemplation de la Vérité divine qui rayonnait de l’humanité du Christ, que l’exigence de l’amour, c’est-à-dire l’amour, pur lui aussi, du service, requis par la protection et le développement de cette même humanité.

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

 

Généalogie de Jésus

lundi 17 décembre 2018

Dieu, qui par son Verbe crée et conserve toutes choses, présente aux hommes par le monde créé un témoignage incessant de lui-même (Rm 1,20) ; voulant ouvrir le chemin du salut éternel, dès l’origine il s’est manifesté à nos premiers parents… Sans relâche, il a montré sa sollicitude pour tout le genre humain, afin de donner la vie éternelle à tous ceux qui cherchent le salut en persévérant dans le bien. Au moment marqué, il a appelé Abraham pour faire de lui le père d’un grand peuple ; après les patriarches, c’est par Moïse et les prophètes qu’il a formé ce peuple, pour qu’on le reconnaisse comme le seul Dieu vivant et vrai, comme le Père prévoyant et le juste juge, et pour qu’on attende le Sauveur promis. C’est ainsi qu’au long des siècles il a préparé la route à l’Évangile.

« Après avoir à bien des reprises, et de bien des manières, parlé par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils » (He 1,1-2). Il a en effet envoyé son Fils, c’est-à-dire le Verbe éternel qui « éclaire tous les hommes » (Jn 1,9), pour habiter parmi les hommes et leur faire connaître les secrets de Dieu. Jésus Christ, le Verbe fait chair, envoyé « comme homme aux hommes », « prononce donc les paroles de Dieu » (Jn 3,34) et achève l’œuvre du salut que le Père lui a donnée d’accomplir. Celui qui voit le Christ voit aussi le Père (Jn 14,9), c’est pourquoi Jésus Christ, par toute sa présence, par tout ce qu’il montre de lui-même, par ses paroles, par ses œuvres, par ses signes, par ses miracles, mais surtout par sa mort et sa glorieuse résurrection d’entre les morts, enfin par l’envoi de l’Esprit de vérité, achève la révélation en la rendant accomplie.

Concile Vatican II

 

 

 

« Par ces exhortations et bien d’autres encore, Jean annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. »

dimanche 16 décembre 2018

Jean n’a pas seulement parlé en son temps, annonçant le Seigneur aux pharisiens en disant : « Préparez le chemin au Seigneur, rendez droits ses sentiers » (Mt 3,3). Aujourd’hui il crie en nous, et le tonnerre de sa voix ébranle le désert de nos péchés… Sa voix retentit encore aujourd’hui, disant : « Préparez la voie du Seigneur, rendez droits ses chemins »… Il nous demande de préparer la voie du Seigneur non pas en construisant une route, mais par la pureté de notre foi. Le Seigneur ne prend pas les chemins de la terre mais pénètre dans le secret du cœur. Si cette route présente quelque chose de rugueux dans les mœurs, de dur dans notre brutalité, de souillé dans notre conduite, il nous est demandé de le nettoyer, de l’aplanir, de le niveler. Ainsi, à sa venue, le Seigneur, au lieu de trébucher, trouvera un chemin balisé par la chasteté, aplani par la foi, paré de nos aumônes. Le Seigneur a coutume de marcher sur pareille route, puisque le prophète dit : « Frayez la route au Chevaucheur des nuées, son nom est le Seigneur » (Ps 67,5)…

Jean lui-même a parfaitement tracé et ordonné sa voie pour l’arrivée du Christ, car il a été en tout point sobre, humble, pauvre et vierge. « Ce Jean avait son vêtement fait de poils de chameau et un pagne de peau autour des reins ; sa nourriture était de sauterelles et de miel sauvage » (Mt 3,4). Quelle plus grande marque d’humilité que le mépris des vêtements mœlleux pour se vêtir de poils rugueux ? Quelle plus profonde marque de foi que d’être toujours prêt, les reins ceints, à tous les devoirs du service ? Quelle marque de renoncement plus éclatante que de se nourrir de sauterelles et de miel sauvage ?

Saint Maxime de Turin (?-v. 420)

 

 

 

Élie sur le Mont Horeb

samedi 15 décembre 2018

« Voici que le Seigneur passa. Il y eut un vent très violent, qui renversait les montagnes et brisait les rochers devant le Seigneur, mais le Seigneur n’était pas dans le vent. » (1R 19,11) Puis il y eut des tremblements de terre et des éclairs après l’ouragan ; Élie entendit que Dieu n’était pas là non plus. Ces phénomènes avaient pour but de contenir le zèle d’ailleurs louable du prophète dans les limites de sa charge et de lui enseigner, à l’exemple donné par les signes de l’autorité divine, que la sévérité devait se tempérer de miséricorde. Selon le sens caché, les tourbillons de vent qui précédaient la venue de Dieu, les tremblements de terre, les incendies attisés par les vents étaient les signes avant-coureurs du jugement universel…

« Après le feu, il y eut un murmure léger. » Par ce symbole, Dieu retient le zèle immodéré d’Élie. Il veut ainsi lui dire : « Tu vois que les vents déchaînés ne me plaisent pas, ni les tremblements de terre horribles et que je n’aime ni les éclairs ni la foudre : pourquoi n’imites-tu pas la douceur de ton Dieu ? Pourquoi ne relâches-tu pas un peu ce zèle dont tu brûles, pour être plutôt le protecteur que l’accusateur des hommes de ton peuple ? » Le doux murmure représente la joie de la vie bienheureuse qui sera donnée aux justes, quand, à la fin des temps, sera rendu le jugement général redoutable…

« Après avoir entendu ce murmure, Élie se couvrit le visage de son manteau. Il sortit, se tint debout à l’entrée de la grotte, et voici qu’une voix lui disait : ‘Élie, que fais-tu ici ?’ Il répondit : ‘J’éprouve un zèle ardent pour mon Seigneur le Dieu des armées, parce que les fils d’Israël ont abandonné ton alliance’ ». Le prophète se tint à l’entrée de la grotte, sans oser s’approcher de Dieu qui venait, et il se couvrit le visage, dans la pensée qu’il était indigne de voir Dieu… Il avait pourtant devant les yeux un signe de la clémence divine et, ce qui aurait dû le toucher plus encore, il faisait en personne l’expérience de la bonté merveilleuse de Dieu, dans les paroles qu’il lui adressait. Qui ne serait séduit par la bienveillance d’une si grande majesté, par une question si douce : « Élie, que fais-tu ici ? »

Saint Ephrem (v. 306-373)

 

 

 

La vraie violence qui s’empare du Royaume des cieux

jeudi 13 décembre 2018

Josué a traversé le Jourdain pour attaquer la ville de Jéricho. Mais Saint Paul enseigne : « Nous ne luttons pas contre des hommes, mais contre les forces invisibles, les puissances des ténèbres qui dominent le monde, les esprits du mal qui sont au-dessus de nous » (Ep 6,12). Les choses qui ont été écrites sont des images et des symboles. Car Paul dit ailleurs : « Ces évènements servaient d’exemple ; ils ont été écrits pour notre instruction, à nous qui voyons arriver la fin des temps » (1Co 10,11). Si donc ces choses ont été écrites pour notre instruction, eh bien ! pourquoi tardes-tu ? Comme Josué, partons pour la guerre, prenons d’assaut la plus vaste cité de ce monde, c’est-à-dire la méchanceté, et détruisons les murailles orgueilleuses du péché.

Regarderais-tu alentour quel chemin il faut prendre, quel champ de bataille il faut choisir ? Tu vas trouver, sans doute, mes paroles étonnantes, elles sont pourtant vraies : limite tes recherches à toi seul. En toi est le combat que tu vas livrer, à l’intérieur de toi l’édifice du mal et du péché qu’il faut abattre ; ton ennemi sort du fond de ton cœur. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le Christ ; écoute-le : « C’est du cœur que viennent les pensées mauvaises, meurtres, adultères, inconduites, vols, faux témoignages, diffamations » (Mt 15,19). Réalises-tu la puissance de cette armée ennemie qui s’avance contre toi du fond de ton cœur ? Voilà nos vrais ennemis.

 

Origène (v. 185-253)