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Archive pour le mot-clef ‘Marthe et Marie’

« Marie, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. »

mardi 9 octobre 2018

Pour que rien ne me sorte du beau silence du dedans, [je garderai] toujours la même condition, le même isolement, la même séparation, le même dépouillement. Si mes désirs, mes craintes, mes joies ou mes douleurs… ne sont pas parfaitement ordonnés à Dieu, je ne serai pas solitaire, il y aura du bruit en moi ; il faut donc l’apaisement, le « sommeil des puissances », l’unité de l’être. « Écoute, ma fille, prête l’oreille, oublie ton peuple et la maison de ton père, et le Roi sera épris de ta beauté » (Ps 44,11-12)… « Oublier son peuple » c’est difficile, il me semble ; car ce peuple c’est tout ce monde qui fait pour ainsi dire partie de nous-mêmes : c’est la sensibilité, les souvenirs, les impressions, etc. … Quand l’âme a fait cette rupture, quand elle est libre de tout cela, le Roi est épris de sa beauté… Le Créateur, en voyant le beau silence qui règne en sa créature, en la considérant toute recueillie…, la fait passer en cette solitude immense, infinie, en ce « lieu spacieux » chanté par le prophète (Ps 17,20) et qui n’est autre que lui-même… « Je la conduirai dans la solitude et je lui parlerai au cœur. » (Os 2,16) La voici, cette âme entrée en cette vaste solitude où Dieu va se faire entendre ! « Sa parole, dit saint Paul, est vivante et efficace, et plus pénétrante qu’aucun glaive à deux tranchants : elle atteint jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, jusque dans les jointures et dans les mœlles. » (He 4,12) C’est donc elle directement qui achèvera le travail du dépouillement dans l’âme… Mais ce n’est pas tout de l’entendre, cette parole, il faut la garder ! (Jn 14,23) Et c’est en la gardant que l’âme sera « sanctifiée dans la vérité » (Jn 17,17) ; c’est là le désir du Maître… À celui qui garde sa parole, n’a-t-il pas fait cette promesse : « Mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure » ? (Jn 14,23) C’est toute la Trinité qui habite dans l’âme qui l’aime en vérité, c’est-à-dire en gardant sa parole.

Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906), carmélite

 

 

 

 

Deux femmes, deux images de notre vie

mardi 10 octobre 2017

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Vous comprenez, je crois, que ces deux femmes, toutes deux chères au Seigneur, toutes deux dignes de son amour, et toutes deux ses disciples…, ces deux femmes donc, sont l’image de deux formes de vie : la vie de ce monde et la vie du monde à venir, la vie de travail et la vie de repos, la vie dans les soucis et la vie dans la béatitude, la vie dans le temps et la vie éternelle.

Deux vies : méditons sur elles plus longuement. Considérez de quoi est faite cette vie-ci : je ne dis pas une vie répréhensible…, une vie de débauches, d’impiétés ; non, je parle d’une vie de travail, chargée d’épreuves, d’angoisses, de tentations, de cette vie qui n’a rien de coupable, de cette vie qui était bien celle de Marthe… Le mal était absent de cette maison, avec Marthe comme avec Marie ; s’il y avait été, l’arrivée du Seigneur l’aurait dissipé. Deux femmes, donc, y ont vécu, les deux ont reçu le Seigneur, deux vies estimables, toutes deux droites, l’une faite de travail, l’autre de repos… L’une de travail, mais exempte de compromissions, écueil d’une vie donnée à l’action ; l’autre exempte d’oisiveté, écueil d’une vie de loisir. Il y avait là deux vies, et la source même de la vie…

La vie de Marthe, c’est notre monde ; la vie de Marie, le monde que nous attendons. Vivons celle-ci avec rectitude, pour obtenir l’autre en plénitude. Que possédons-nous déjà de cette vie-là ? … En ce moment, justement, nous menons un peu cette vie-là : loin des affaires, à l’écart des soucis familiaux, vous vous êtes rassemblés, vous êtes là à écouter. Vous comportant ainsi, vous ressemblez à Marie. Et cela vous est plus facile qu’à moi, qui dois prendre la parole. Ce que je dis, cependant, c’est du Christ que je le tiens, et cette nourriture est celle du Christ. Car il est le pain commun à tous, et c’est pour cela que je vis en communion avec vous.

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 104 ; PL 38, 616 (trad. Luc commenté, DDB 1987, p. 92 rev.)

 

 

 

Marthe et Marie

mardi 4 octobre 2016

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« Une femme nommée Marthe le reçut chez elle ; elle avait une sœur du nom de Marie ». Si notre cœur est le lieu d’habitation de Dieu, il faut que ces deux femmes y habitent : l’une qui s’assied aux pieds de Jésus pour l’écouter, l’autre qui s’occupe de le nourrir. Tant que le Christ sera sur la terre, pauvre, en proie à la faim, à la soif, à la tentation, il faudra que ces deux femmes habitent la même maison, que dans le même cœur se vivent ces deux activités…

Ainsi, durant cette vie de labeur et de misères, il faut que Marthe habite votre maison… Tant que nous aurons besoin de manger et de boire, nous aurons aussi à dompter notre chair ou notre corps par les œuvres de la veille, du jeûne et du travail. Telle est la part de Marthe. Mais il faut aussi qu’en nous soit présente Marie, l’action spirituelle. Car nous n’avons pas à nous appliquer sans arrêt aux exercices corporels, il nous faut aussi parfois nous reposer, et goûter combien le Seigneur est doux, nous asseoir pour cela aux pieds de Jésus, et écouter sa Parole.

Amis, ne négligez pas Marie pour Marthe, ni Marthe pour Marie ! Si vous négligez Marthe, qui servira Jésus ? Si vous négligez Marie, de quoi vous servira la visite de Jésus, puisque vous n’en goûterez pas la douceur ?

Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167), moine cistercien
Sermon pour l’Assomption

Marthe et Marie

dimanche 17 juillet 2016

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Qui mieux que ceux qui ont la charge d’une communauté méritent qu’on leur applique ces paroles : « Marthe, Marthe, tu te soucies de bien des choses » ? Qui s’inquiète de beaucoup de choses sinon celui à qui il incombe de s’occuper aussi bien de Marie la contemplative que de son frère Lazare et d’autres encore ? Vous reconnaissez Marthe inquiète et accablée de mille soucis : c’est l’apôtre qui a « le souci de toutes les Eglises » (2Co 11,28), qui veille à ce que les pasteurs prennent soin de leurs ouailles. « Nul n’est faible que je ne le sois avec lui, dit-il, et nul n’est scandalisé sans que je sois brûlé aussi » (v. 29). Que Marthe reçoive donc le Seigneur dans sa maison, puisque c’est à elle qu’est confié la direction du ménage… Que ceux qui partagent ses tâches reçoivent aussi le Seigneur, chacun selon son ministère particulier ; qu’ils accueillent le Christ et qu’ils le servent, qu’ils l’assistent dans ses membres, les malades, les pauvres, les voyageurs et les pèlerins.

Tandis qu’ils assument ces activités, que Marie demeure en repos, qu’elle connaisse « combien le Seigneur est doux » (Ps 33,9). Qu’elle ait bien soin de se tenir aux pieds de Jésus, le cœur plein d’amour et l’âme en paix, sans le quitter des yeux, attentive à toutes ses paroles, admirant son beau visage et son langage. « La grâce est répandue sur ses lèvres ; il est plus beau que tous les fils des hommes » (Ps 44,3), plus beau même que les anges dans leur gloire. Connais ta joie et rends grâce, Marie, toi qui as choisi la meilleure part. Heureux les yeux qui voient ce que tu vois, les oreilles qui méritent d’entendre ce que tu entends ! (Mt 13,16) Que tu es heureuse surtout d’entendre battre le cœur de Dieu dans ce silence où il est bon pour l’homme d’attendre son Seigneur !

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
3ème Sermon pour l’Assomption (trad. Béguin, Seuil 1953, p. 1002 rev.)

 

 

 

« C’est vraiment une bonne œuvre qu’elle vient d’accomplir envers moi. » (Mt 26,10)

lundi 21 mars 2016

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L’Evangile nous rapporte aujourd’hui que, le Seigneur étant à table avec Lazare qu’il avait ressuscité des morts, « Marie, la sœur de Lazare et de Marthe, prit une livre d’un parfum de nard et en oignit les pieds de Jésus »… Sainte Marie, on le lit souvent dans l’évangile, plut beaucoup au Christ par la grandeur extraordinaire de sa foi. Dans le passage qui précède, en pleurant la mort de son frère, elle fit pleurer aussi le Seigneur ; car elle provoqua à la tendresse l’auteur de la tendresse. Et, bien qu’il ait été sur le point de ressusciter Lazare de la mort, le Seigneur pleura, alors que Marie pleurait, pour bien montrer à la fois sa propre tendresse et le mérite de Marie… Les larmes du Seigneur nous montrent le mystère de la chair assumée ; la résurrection de Lazare met en lumière la puissance de sa divinité…

Dans ce passage-ci, voyez le dévouement et la foi de cette sainte femme. Les autres étaient à table avec le Seigneur ; elle, elle oignait ses pieds. Les autres échangeaient avec le Seigneur paroles et propos ; elle, dans le silence de sa foi, elle essuyait ses pieds avec ses cheveux. Les autres paraissaient à l’honneur, elle au service ; mais le service rendu par Marie avait plus de prix aux yeux du Christ que la place honorable des convives. D’ailleurs,… le Seigneur dit à son sujet : « En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi à sa mémoire ce qu’elle vient de faire » (Mt 26,13).

Quel a été donc le service rendu par cette sainte femme, pour qu’il ait été proclamé dans le monde entier, et qu’on le proclame chaque jour ? Voyez son humilité. Elle n’a pas commencé par oindre la tête du Seigneur, mais ses pieds… Elle a commencé par les pieds pour mériter d’en arriver à la tête, parce que « qui s’abaisse », comme il est écrit, « sera élevé, et qui s’élève sera abaissé » (Mt 23,12). Elle s’est abaissée pour être élevée.

Saint Chromace d’Aquilée (?-407), évêque
Sermon 11 (trad. SC 154, p 213s)

 

 

Marthe et Marie dans l’unique corps du Christ

mardi 6 octobre 2015

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Dans la parabole du bon Samaritain, il a été question de la miséricorde ; mais il n’y a pas qu’une seule manière d’être vertueux. Vient ensuite l’exemple de Marthe et de Marie ; on y voit l’une dévouée par son action, l’autre religieusement attentive à la parole de Dieu. Si cette attention s’accorde avec la foi, elle est préférable même aux œuvres, selon ce qui est écrit : « C’est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée ». Efforçons-nous donc, nous aussi, de posséder ce que personne ne peut nous enlever ; prêtons une oreille non pas distraite, mais attentive… Soyons comme Marie, animée du désir de la sagesse : c’est là une œuvre plus grande, plus parfaite que les autres… Ne critique donc pas, ne juge pas oisifs ceux que tu vois désirer cette sagesse…

Marthe, pourtant, n’est pas critiquée pour ses bons offices, même si Marie a choisi la meilleure part. Jésus, en effet, a de multiples richesses et fait de multiples largesses… Les apôtres aussi n’ont pas jugé que le mieux était de laisser la parole de Dieu pour servir aux tables (Ac 6,2). Mais les deux choses sont œuvres de sagesse ; Etienne pour sa part, qui était plein de sagesse, a été choisi comme serviteur. Donc, que celui qui sert obéisse à celui qui enseigne, et que celui qui enseigne encourage celui qui sert. Un est le corps de l’Église, même si les membres sont divers ; l’un a besoin de l’autre. « L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi, ni de même la tête aux pieds » (1Co 12,14s). L’oreille ne peut pas dire qu’elle ne fait pas partie du corps. Il y a des organes qui sont plus importants ; les autres sont cependant nécessaires.

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
Traité sur l’Evangile de saint Luc, 7, 85-86 (trad. Véricel, L’Evangile commenté, p. 242 ; cf SC 52, p. 36)

 

 

 

« Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. » (Jn 11,5)

mardi 29 juillet 2014

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Aimez tout le monde d’un grand amour de charité, mais réservez votre amitié profonde pour ceux qui peuvent échanger avec vous des choses bonnes… Si vous échangez dans le domaine des connaissances, votre amitié est certes louable ; plus encore si vous communiez dans le domaine de la prudence, de la discrétion, de la force et de la justice. Mais si votre relation est fondée sur la charité, la dévotion et la perfection chrétienne, ô Dieu, que votre amitié sera précieuse ! Elle sera excellente parce qu’elle vient de Dieu, excellente parce qu’elle tend à Dieu, excellente parce que son lien, c’est Dieu, parce qu’elle durera éternellement en Dieu. Qu’il fait bon aimer sur la terre comme on aime au ciel, apprendre à s’aimer en ce monde comme nous le ferons éternellement en l’autre !

Je ne parle pas ici de l’amour simple de charité, car il doit être porté à tous les hommes ; mais je parle de l’amitié spirituelle, par laquelle deux ou trois ou plusieurs communient dans la vie spirituelle et deviennent un seul esprit entre eux (cf Ac 4,32). C’est vraiment à bon droit que peuvent chanter de telles âmes heureuses : « Combien il est bon et agréable que les frères habitent ensemble ! » (Ps 132,1)… Il me semble que toutes les autres amitiés ne sont que l’ombre de celle-ci… Pour des chrétiens vivant dans le monde, il leur est nécessaire de s’aider les uns les autres par de saintes amitiés ; par ce moyen ils s’encouragent, se soutiennent, se portent mutuellement vers le bien… Personne ne saurait nier que notre Seigneur ait aimé d’une amitié plus douce et plus spéciale saint Jean, Lazare, Marthe et Madeleine, car l’Écriture le témoigne.

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l’Église
Introduction à la vie dévote, III, 19 (français modernisé)

 

Lundi saint

lundi 14 avril 2014

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« Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà… Alors Jésus pleura » (Jn 11,17.35). Pourquoi est-ce que notre Seigneur a pleuré devant la tombe de Lazare ?… Il a pleuré par compassion pour le deuil des autres…; il a vu la détresse du monde…

Hélas, d’autres pensées aussi ont provoqué ses larmes. Comment ce bienfait prodigieux en faveur des sœurs endeuillées allait-il être gagné ? À ses propres dépens… Le Christ allait apporter la vie aux morts par sa propre mort. Ses disciples avaient essayé de le dissuader de revenir en Judée, de peur qu’il n’y soit tué (Jn 11,8) ; leur crainte s’est réalisée. Il y est allé pour ressusciter Lazare, et la renommée de ce miracle a été la cause immédiate de son arrestation et de sa crucifixion (Jn 11,53). Il savait tout cela à l’avance… : il a vu la résurrection de Lazare, le repas chez Marthe, Lazare à table, la joie de tous côtés, Marie qui l’honorait pendant ce repas de fête en versant un parfum de grand prix sur ses pieds, les juifs qui venaient nombreux non seulement pour le voir mais pour voir Lazare aussi, son entrée triomphale à Jérusalem, la foule qui criait « Hosanna », les gens qui témoignaient de la résurrection de Lazare, les Grecs venus adorer Dieu pendant la Pâque qui voulaient absolument le voir, les enfants qui participaient à la joie générale — et puis les pharisiens qui complotaient contre lui, Judas qui le trahissait, ses amis qui l’abandonnaient, et la croix qui le recevait…

Il pressentait que Lazare revenait à la vie à cause de son propre sacrifice, qu’il descendait dans la tombe que Lazare quittait, que Lazare allait vivre et lui-même mourir. Les apparences allaient être renversées : on célébrerait la fête chez Marthe mais la dernière pâque de l’amertume serait uniquement la sienne. Et il savait qu’il acceptait ce renversement de son plein gré ; il était descendu du sein de son Père pour expier dans son sang les péchés de tous les hommes et ressusciter ainsi du tombeau tous les croyants.

Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
Sermon « The Tears of Christ at the Grave of Lazarus », PPS, t. 3, n° 10

 

 

 

 

« Moi, je suis la résurrection et la vie. »

dimanche 6 avril 2014

Giotto_di_Bondone_-_Résurrection_de_Lazare_(détail)Quand il a demandé : « Où l’avez-vous déposé ? », les larmes venaient aux yeux de notre Seigneur. Ses larmes ont été comme la pluie, Lazare comme le grain, et le sépulcre comme la terre. Il a crié d’une voix de tonnerre, la mort a tremblé à sa voix, Lazare a jailli comme le grain, est sorti et a adoré le Seigneur qui l’avait ressuscité.

Jésus…a rendu la vie à Lazare et est mort à sa place, car, lorsqu’il l’eut tiré du sépulcre et pris place à sa table, lui-même a été enseveli symboliquement par l’huile que Marie a versée sur sa tête (Mt 26,7). La force de la mort qui avait triomphé depuis quatre jours est écrasée…pour que la mort sache qu’il était facile au Seigneur de la vaincre le troisième jour…; sa promesse est véridique : il avait promis qu’il ressusciterait lui-même le troisième jour (Mt 16,21)… Le Seigneur a donc rendu leur joie à Marie et à Marthe en terrassant l’enfer pour montrer que lui-même ne serait pas retenu par la mort pour toujours… Maintenant, chaque fois qu’on dira que ressusciter le troisième jour est impossible, qu’on regarde celui qui a été ressuscité le quatrième jour…

« Approchez-vous et enlevez la pierre. » Quoi donc, celui qui a ressuscité un mort et lui a rendu la vie n’aurait-il pas pu ouvrir le sépulcre et renverser la pierre ? Lui qui disait à ses disciples : « Si vous avez la foi gros comme un grain de moutarde, vous direz à cette montagne : Déplace-toi, et elle se déplacera » (Mt 17,20), n’aurait-il pas pu par un mot déplacer la pierre qui fermait l’entrée du sépulcre ? Certes, il aurait pu aussi enlever la pierre par sa parole, lui dont la voix, alors qu’il était suspendu à la croix, a fendu les pierres et les sépulcres (Mt 27,51-52). Mais, parce qu’il était l’ami de Lazare, il dit : « Ouvrez, pour que l’odeur de la pourriture vous frappe, et déliez-le, vous qui l’avez enveloppé dans son suaire, pour que vous reconnaissiez bien celui que vous aviez enseveli. »

Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
Commentaire de l’Évangile concordant, 17, 7-10 ; SC 121 (trad. cf  SC p. 307)

 

 

 

 

Gemme du paradis

vendredi 2 août 2013

Marie

Ma Mère est la femme à l’âme d’enfant. Plus encore. Elle est la Femme à l’âme angélique. Telle Eve sortie des mains du Père. Imagines-tu, Marie, ce qu’aura été le premier lys fleuri dans le jardin terrestre? Ils sont si beaux aussi ceux qui conduisent à cette eau. Mais le premier sorti des mains du Créateur! Était-ce une fleur ou un diamant? Était-ce des pétales ou des feuilles d’argent très pur? Eh bien, ma Mère est plus pure que ce premier lys qui a parfumé les vents. Et son parfum de Vierge inviolée emplit le Ciel et la Terre, et c’est derrière elle que marcheront ceux qui seront bons dans les siècles des siècles. Le Paradis est lumière, parfum et harmonie. Mais si en lui le Père ne se délectait pas dans la contemplation de la Toute Belle qui fait de la Terre un paradis, mais si le Paradis devait dans l’avenir ne pas posséder le Lys vivant dans lequel se trouvent les trois pistils de feu de la Divine Trinité, lumière, parfum et harmonie, la joie du Paradis seraient amoindris de moitié. La pureté de la Mère sera la gemme du Paradis.

Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/