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Archive pour le mot-clef ‘don’

« Moi, je suis le pain de la vie. »

mercredi 21 avril 2021

Vous avez demandé à passer trois mois seul avec Jésus [en retraite] ; cela vous ressemble bien. Mais si pendant ce temps la faim de Jésus dans le cœur de quelques membres de son peuple est plus grande que la vôtre, vous ne devriez pas rester seul avec Jésus tout le temps. Vous devez permettre à Jésus de vous transformer en pain pour être mangé par ceux avec qui vous êtes en contact. Laissez les gens vous dévorer ; par la parole et la présence vous proclamez Jésus. (…) Même Dieu ne pouvait pas offrir de plus grand amour qu’en se donnant lui-même comme Pain de vie — pour être rompu, pour être mangé afin que vous et moi puissions manger et vivre, que nous puissions manger et satisfaire ainsi notre faim d’amour.

Et pourtant il ne semblait pas satisfait, car lui aussi avait faim d’amour. Il s’est donc fait l’affamé, l’assoiffé, le nu, le sans-logis et n’a cessé d’appeler : « J’avais faim, j’étais nu, j’étais sans logis. C’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Le Pain de vie et l’affamé, mais un seul amour : seulement Jésus.

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

 

 

« Elle a tout donné. »

samedi 6 juin 2020

Je vis mais sans vivre en moi ;
Et mon espérance est telle
Que je meurs de ne pas mourir.

Je vis déjà hors de moi
Depuis que je meurs d’amour ;
Car je vis dans le Seigneur
Qui m’a voulue pour lui.
Quand je lui donnai mon cœur,
Il y inscrivit ces mots :
Je meurs de ne pas mourir. (…)

Ah ! qu’elle est triste la vie,
Où l’on ne jouit pas du Seigneur !
Et si l’amour lui-même est doux
La longue attente ne l’est pas ;
Ôte-moi, mon Dieu, cette charge
Plus lourde que l’acier,
Car je meurs de ne pas mourir.

Je vis dans la seule confiance
Que je dois un jour mourir,
Parce que, par la mort, c’est la vie
Que me promet mon espérance.
Mort où l’on gagne la vie,
Ne tarde pas, puisque je t’attends,
Car je meurs de ne pas mourir.

Vois comme l’amour est fort (Ct 8,6) ;
Ô vie, ne me sois pas à charge !
Regarde ce qui seul demeure :
Pour te gagner, te perdre ! (Lc 9,24)
Qu’elle vienne la douce mort !
Ma mort, qu’elle vienne bien vite,
Car je meurs de ne pas mourir.

Cette vie de là-haut,
Vie qui est la véritable,
– Jusqu’à ce que meure cette vie d’ici-bas –
Tant que l’on vit on n’en jouit pas.
Ô mort ! ne te dérobe pas.
Que je vive puisque déjà je meurs,
Car je meurs de ne pas mourir.

Ô vie, que puis-je donner
À mon Dieu qui vit en moi
Si ce n’est de te perdre, toi,
Pour mériter de le goûter !
Je désire en mourant l’obtenir,
Puisque j’ai si grand désir de mon Aimé
Que je meurs de ne pas mourir.

 

 

 

Les dons de Dieu et la liberté de l’homme

mercredi 20 novembre 2019

L’homme a-t-il quelque chose à offrir à Dieu ? Oui, sa foi et son amour. C’est là ce que Dieu demande à l’homme, ainsi est-il écrit : « Et maintenant, Israël, sais-tu ce que le Seigneur ton Dieu te demande ? Craindre le Seigneur ton Dieu, marcher dans ses chemins, l’aimer, garder tous ses commandements et servir le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme » (Dt 10,12). Voilà les offrandes, voilà les dons qu’il faut présenter au Seigneur. Et pour lui offrir ces dons de notre cœur, il nous faut d’abord le connaître ; il nous faut avoir bu la connaissance de sa bonté aux eaux profondes de son puits…

En entendant ces mots, ils doivent rougir, ceux qui nient que le salut de l’homme est au pouvoir de sa liberté ! Dieu demanderait-il quelque chose à l’homme si celui-ci n’était pas capable de répondre à la demande de Dieu et de lui offrir ce qu’il lui doit ? Car il y a le don de Dieu mais il y a aussi la contribution de l’homme. Par exemple, il était bien au pouvoir de l’homme qu’une pièce d’or en rapporte dix ou qu’elle en rapporte cinq ; mais il appartenait à Dieu que l’homme possède cette pièce d’or avec laquelle il a pu en produire dix autres. Lorsqu’il a présenté à Dieu ces dix pièces d’or gagnées par lui, l’homme a reçu un nouveau don, non plus de l’argent cette fois, mais le pouvoir et la royauté sur dix villes.

De même, Dieu a demandé à Abraham de lui offrir son fils Isaac, sur la montagne qu’il lui montrerait. Et Abraham, sans hésiter, a offert son fils unique : il l’a placé sur l’autel et a sorti le couteau pour l’égorger ; mais aussitôt, une voix l’a retenu et un bélier lui a été donné à immoler à la place de son fils (Gn 22). Tu le vois : ce que nous offrons à Dieu reste à nous ; mais cette offrande nous est demandée afin qu’en la présentant nous témoignions de notre amour pour Dieu et de notre foi en lui.

Origène (v. 185-253)

 

 

 

« Cette pauvre veuve a mis plus que tout le monde. »

lundi 26 novembre 2018

Dans l’évangile de Luc, le Seigneur enseigne comme il convient d’être miséricordieux et généreux envers les pauvres, sans s’arrêter à la pensée de sa pauvreté ; car la générosité ne se calcule pas d’après l’abondance du patrimoine, mais d’après la disposition à donner. C’est pourquoi la parole du Seigneur fait préférer à tous cette veuve dont il est dit : « Cette veuve a donné plus que tous ». Au sens moral, le Seigneur apprend à tout le monde qu’il ne faut pas se laisser détourner de faire le bien par la honte de la pauvreté, et que les riches n’ont pas à se glorifier parce qu’ils semblent donner plus que les pauvres. Une petite pièce prise sur peu de bien l’emporte sur un trésor tiré de l’abondance ; on ne calcule pas ce qui est donné mais ce qui reste. Personne n’a donné davantage que celle qui n’a rien gardé pour elle…

Cependant au sens mystique il ne faut pas oublier cette femme qui met deux pièces dans le tronc. Grande assurément cette femme, qui a mérité d’être préférée à tous par le jugement de Dieu ! Ne serait-ce pas elle qui a puisé dans sa foi les deux Testaments pour l’assistance des hommes ? Personne donc n’a fait davantage et aucun homme n’a pu égaler la grandeur de son don, puisqu’elle a uni la foi à la miséricorde. Toi aussi, qui que tu sois…, n’hésite pas à apporter au tronc deux pièces pleines de foi et de grâce.

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église

 

 

 

« Elle a tout donné. »

dimanche 11 novembre 2018

Au Royaume des cieux, tous ensemble, et comme un seul homme, seront un seul roi avec Dieu, car tous voudront une seule chose et leur volonté s’accomplira. Voilà le bien que, du haut du ciel, Dieu déclare mettre en vente.

Si quelqu’un se demande à quel prix, voici la réponse : il n’a pas besoin d’une monnaie terrestre, celui qui offre un Royaume dans le ciel. Personne ne peut donner à Dieu que ce qui lui appartient déjà, puisque tout ce qui existe est à lui. Et cependant, Dieu ne donne pas une si grande chose sans qu’on n’y mette aucun prix : il ne la donne pas à celui qui ne l’apprécie pas. En effet, personne ne donne ce qui lui est cher à celui qui n’y attache pas de prix. Dès lors, si Dieu n’a pas besoin de tes biens, il ne doit pas non plus te donner une si grande chose si tu dédaignes de l’aimer : il ne réclame que l’amour, sans quoi rien ne l’oblige à donner. Aime donc, et tu recevras le Royaume. Aime, et tu le posséderas… Aime donc Dieu plus que toi-même, et déjà tu commences à tenir ce que tu veux posséder parfaitement dans le ciel.

Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l’Église

 

 

 

 

« Faites-vous des amis. »

samedi 10 novembre 2018

« Celui qui donnera à boire à l’un de mes disciples, même un simple verre d’eau fraîche, ne perdra pas sa récompense » (Mt 10,42)… C’est le seul salaire qui ne perdra pas sa valeur un jour : « Faites-vous des amis avec le malhonnête argent, afin qu’au jour où vous disparaîtrez, ils vous reçoivent dans les demeures éternelles ». Les richesses dont nous disposons ne doivent pas ne servir qu’à nous ; avec des biens injustes on peut faire une œuvre juste et salutaire, et soulager l’un de ceux que le Père a destinés à ses demeures éternelles… Qu’elle est admirable, cette parole de l’apôtre Paul : « Dieu aime celui qui donne avec joie » (2Co 9,7), celui qui fait l’aumône de bon cœur, qui sème sans compter afin de moissonner aussi abondamment, et qui partage sans murmure, hésitation ou réticence… Et il est encore plus grand, ce mot que le Seigneur dit ailleurs : « Donne à quiconque te demande » (Lc 6,30)…

Réfléchis alors à la récompense magnifique promise à ta générosité : les demeures éternelles. Quel beau commerce ! Quelle affaire extraordinaire ! On achète l’immortalité pour de l’argent ; on échange les biens caducs de ce monde contre une demeure éternelle dans les cieux ! Si donc, vous les riches, vous avez de la sagesse, appliquez-vous à ce commerce… Pourquoi vous laissez fasciner par des diamants et des émeraudes, par des maisons que le feu dévore, que le temps écroule, qu’un tremblement de terre renverse ? N’aspirez qu’à vivre dans les cieux et à régner avec Dieu. Un homme, un pauvre, vous donnera ce royaume… D’ailleurs, le Seigneur n’a pas dit : « Donnez, soyez généreux et larges, secourez vos frères », mais « Faites-vous des amis ». L’amitié ne naît pas d’un seul don, mais d’une longue familiarité. Ni la foi, ni la charité, ni la patience ne sont l’œuvre d’un jour : « mais celui qui aura persévéré jusqu’au bout sera sauvé » (Mt 10,22).

Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215), théologien

 

 

 

Tout quitter pour tout recevoir

mercredi 11 juillet 2018

Nous avons reçu plus que nous n’avons donné ; nous quittons de petites choses et nous trouvons des biens immenses. Le Christ rend au centuple ce qu’on fait pour lui : « Si tu veux être parfait, va, vends tout et donnes-en le prix aux pauvres. Puis, viens et suis-moi ». « Si tu veux être parfait » — les grandes choses sont toujours laissées à notre libre choix. De même l’apôtre Paul ne fait pas un commandement de la virginité (1Co 7), car Jésus a dit : « L’observe qui pourra ! Ce don vient de la miséricorde de Dieu » (cf Mt 19,12). « Si tu veux être parfait » ; on ne vous l’impose pas, afin que le sacrifice étant volontaire, le mérite en devienne plus grand. Et cependant, pour arriver à la perfection, il ne suffit pas simplement de mépriser les richesses et de donner ses biens, de se libérer de ce qu’on peut perdre et acquérir en un moment. Cela, les philosophes l’ont fait ; un chrétien doit faire plus qu’eux.

Il ne suffit pas de quitter les biens terrestres, il faut suivre le Christ. Mais suivre le Christ, qu’est-ce que c’est ? C’est renoncer à tout péché, et adhérer à toute vertu. Le Christ, c’est la Sagesse éternelle, ce trésor qu’on trouve en un champ (Mt 13,44), dans le champ des Saintes Écritures. C’est la perle précieuse pour laquelle il en faut sacrifier beaucoup d’autres (Mt 13,46). Le Christ, c’est encore la sainteté, la sainteté sans laquelle personne ne verra la face de Dieu. Le Christ est notre rédemption, notre rédempteur ; il est notre rançon (1 Tm 2,6). Le Christ est tout : celui donc qui acceptera de tout quitter pour lui retrouvera tout en lui. Celui-là pourra dire : « Ma part d’héritage, c’est le Seigneur » (Ps 15,5)… Ne donnez pas seulement votre argent, si vous voulez suivre Jésus Christ. Donnez-vous vous-même à lui ; imitez le Fils de l’Homme qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir (Mc 10,45).

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église
Lettre (trad. rev. Tournay)

 

« Elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

samedi 10 juin 2017

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Combien significatif est l’épisode évangélique de la veuve qui, dans sa misère, jette dans le trésor du Temple « tout ce qu’elle avait pour vivre ». Sa petite monnaie, insignifiante, est devenue un symbole éloquent : cette veuve a donné à Dieu non de son superflu, et non pas ce qu’elle avait, mais ce qu’elle est ; elle-même, tout entière.

Cet épisode émouvant s’insère dans la description des jours qui précèdent immédiatement la Passion et la mort de Jésus, « lui qui, comme le note saint Paul, s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté » (2Co 8,9). Il s’est donné tout entier pour nous… À son école, nous pouvons apprendre à faire de notre vie un don total. En l’imitant, nous réussissons à devenir disposés, non pas tant à donner quelque chose de ce que nous possédons, qu’à nous donner nous-mêmes. L’Évangile tout entier ne se résume-t-il pas dans l’unique commandement de la charité ? La pratique … de l’aumône devient donc un moyen pour approfondir notre vocation chrétienne. Quand il s’offre gratuitement lui-même, le chrétien témoigne que c’est l’amour et non la richesse matérielle qui dicte les lois de l’existence. C’est donc l’amour qui donne sa valeur à l’aumône, lui qui inspire les diverses formes de don, selon les possibilités et les conditions de chacun.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013
Message pour le Carême 2008 (trad. Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

« Il vit aussi une veuve indigente. »

lundi 23 novembre 2015

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La miséricorde ne mérite pas d’être louée seulement à cause de l’abondance des bienfaits, mais quand elle procède d’une pensée droite et miséricordieuse. Il y a des gens qui donnent et distribuent beaucoup mais qui ne sont pas tenus pour miséricordieux devant Dieu, et il y a des gens qui n’ont rien, qui ne possèdent rien, et qui ont pitié de tous dans leur cœur. Ceux-ci sont considérés devant Dieu comme de parfaits miséricordieux, et ils le sont en effet. Ne dis donc pas : « Je n’ai rien à donner aux pauvres » ; ne t’afflige pas en croyant qu’à cause de cela tu ne peux pas être miséricordieux. Si tu as quelque chose, donne ce que tu as ; si tu n’as rien, donne, ne serait-ce qu’un morceau de pain sec, avec une intention vraiment miséricordieuse et cela sera considéré devant Dieu comme la miséricorde parfaite.

Notre Seigneur n’a pas loué ceux qui jetaient beaucoup dans le tronc des offrandes ; il a loué la veuve pour y avoir mis deux piécettes qu’elle avait prises de son indigence, avec une pensée droite, pour les jeter dans le trésor de Dieu. C’est l’homme qui a pitié de ses semblables dans son cœur qui est réputé miséricordieux devant Dieu ; une intention droite sans effet visible vaut mieux que beaucoup d’œuvres éclatantes sans intention droite.

Youssef Bousnaya (v. 869-979), moine syrien
Vie et doctrine de Rabban Youssef Bousnaya par Jean Bar Kaldoum (trad. Chabot in Deseille, Evangile au désert, Cerf 1999, p. 325 rev.)

 

 

 

 

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

jeudi 11 juin 2015

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Le Seigneur Jésus, avant de donner librement sa vie pour le monde, a organisé le ministère apostolique et promis d’envoyer le Saint Esprit afin que ce ministère et cette mission soient associés toujours et partout pour réaliser l’œuvre du salut. À toutes les époques, c’est le Saint Esprit qui unifie l’Église tout entière dans la communion et le ministère…

Dès le début de son ministère, le Seigneur Jésus « appelle à lui ceux qu’il voulait…, et en institua douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher » (Mc 3,13). Les apôtres ont été ainsi les germes de l’Israël nouveau et en même temps l’origine de la hiérarchie. Puis, lorsqu’il eut en une seule fois, par sa mort et sa résurrection, accompli en sa personne les mystères de notre salut et de la restauration du monde, le Seigneur, qui avait reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre (Mt 28,18), a fondé son Église comme le sacrement du salut, avant d’être enlevé au ciel. De même qu’il avait été envoyé lui-même par le Père (Jn 20,21), il a envoyé ses apôtres dans le monde entier en leur donnant cet ordre : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés » (Mt 28,19s).

C’est de là que découle pour l’Église le devoir de propager la foi et le salut apportés par le Christ : en vertu du mandat exprès que les apôtres ont laissé en héritage à l’ordre des évêques, assisté par les prêtres et uni au successeur de Pierre, pasteur suprême de l’Église ; et aussi en vertu de l’influx vital que le Christ communique à ses membres… Voici par quelle activité l’Église accomplit sa mission ; elle obéit à l’ordre du Christ en étant mue par la grâce de l’Esprit Saint et par la charité. Effectivement présente à tous les hommes et à tous les peuples, elle les conduit à la foi, à la liberté et à la paix du Christ par l’exemple de sa vie, par la prédication, par les sacrements et les autres moyens de grâce. C’est ainsi qu’elle se manifeste à eux comme une route libre et sûre pour les faire participer en plénitude au mystère du Christ.

Concile Vatican II
Décret sur l’activité missionnaire de l’Église « Ad Gentes », § 4-5