ACCUEIL

Archive pour le mot-clef ‘Ludolphe de Saxe’

« Il a jeté les yeux sur l’humilité de sa servante » (Lc 1,48)

lundi 22 décembre 2025

La conception de notre Seigneur a été figurée par le buisson ardent qui brûlait sans perdre sa verdeur (Ex 3,2), comme Marie a conçu son divin fils sans perdre sa virginité. Le Seigneur, qui demeurait dans ce buisson ardent, a habité aussi dans le sein de Marie. De même qu’il était descendu dans ce buisson pour délivrer son peuple en le tirant de l’Égypte, de même il est descendu en Marie pour racheter les hommes, en les arrachant à l’enfer.

Le choix que Dieu a fait de Marie parmi toutes les femmes pour se revêtir de notre chair, a été figuré par la toison de Gédéon (Jg 6,36s). En effet, de même que cette toison a reçu seule la rosée céleste pendant que toutes les terres voisines restaient sèches, de même aussi Marie seule a été remplie de cette rosée divine dont aucune autre créature n’a été trouvée digne dans le monde entier… La Vierge Marie est cette toison dont Jésus Christ s’est formé une tunique. La toison de Gédéon a reçu la rosée du ciel sans qu’elle soit endommagée, et Marie a conçu l’Homme-Dieu sans que sa virginité soit altérée…

Ô Jésus, Fils du Dieu vivant, toi qui, par la volonté du Père céleste et avec la coopération de l’Esprit Saint, es sorti du sein de ton Père comme le fleuve sourd hors du Paradis de délices, toi qui, visitant les profondeurs de nos vallées et regardant l’humilité de ta servante, es descendu dans le sein d’une vierge où, par une conception ineffable, tu as revêtu ta chair mortelle. Je te supplie, Jésus miséricordieux, par les mérites de cette Vierge ta mère, de répandre ta grâce sur moi, serviteur très indigne, afin que je te désire ardemment, que par cet amour, je te conçoive en mon cœur, et qu’avec le secours de cette même grâce, je produis les fruits salutaires des bonnes œuvres. Amen.

Ludolphe de Saxe (v. 1300-1378)

« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

jeudi 4 septembre 2025

Pierre se jette avec humilité aux genoux de Jésus. Il reconnaît en lui son Seigneur et lui dit : « Retire-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur et je ne suis pas digne de demeurer en ta compagnie. Retire-toi de moi, car je suis seulement un homme et tu es l’Homme-Dieu, je suis pécheur et tu es saint, je suis serviteur et tu es Seigneur. Qu’une distance te sépare donc de moi, moi qui suis séparé de toi par la fragilité de ma nature, la laideur de mes fautes et la faiblesse de mon pouvoir (…) »

Mais le Seigneur console Pierre en lui montrant que la capture des poissons signifie qu’il sera pêcheur d’hommes. « Ne crains pas, lui dit-il, ne t’effraie pas ; crois plutôt et réjouis-toi, car tu es destiné à une pêche bien plus grande ; une autre barque et d’autres filets te seront donnés. Jusqu’à présent tu as pris des poissons avec des filets, désormais c’est par la parole que tu prendras des hommes. Par la saine doctrine tu les attireras sur le chemin du salut, car tu es appelé au service de la prédication. La parole de Dieu est semblable à l’hameçon du pêcheur. De même que l’hameçon ne prend le poisson qu’après avoir d’abord été pris par lui, ainsi la parole de Dieu ne prend l’homme pour la vie éternelle que si cette parole a d’abord pénétré son esprit. Désormais ce sont des hommes que tu prendras. Désormais, c’est-à-dire après ce qui s’est passé, après le témoignage de ton humilité, tu auras la charge de prendre des hommes ; car l’humilité a une force d’attraction, et pour commander aux autres il est bon de savoir ne pas se glorifier de son pouvoir. »

Ludolphe de Saxe (v. 1300-1378)

« Le Seigneur voit l’humble ; il reconnaît l’orgueilleux. » (Ps 137,6)

samedi 29 mars 2025

Le pharisien de l’Évangile se vantait et se justifiait avec orgueil. Il accusait les autres et s’estimait meilleur qu’eux (…). Voilà bien les signes de l’orgueil que Dieu reconnaît de loin (cf. Ps 137,6) mais ne pardonne pas. Loin de s’accuser, cet homme se loue lui-même. Au lieu de prier Dieu, il se moque de celui qui le glorifie. Et lorsqu’il rend grâce, il ne pense pas aux dons de Dieu mais à ses propres mérites.

« Le publicain, lui, reste à distance », avec l’humble sentiment qu’il n’est pas digne de s’approcher, « et il n’ose même pas lever les yeux au ciel » par modestie, car il a conscience de son indignité de pécheur, et son péché l’empêche de regarder le ciel. La douleur de son repentir fait qu’ « il se frappe la poitrine » où il trouve l’origine de tout mal, et il dit en s’accusant humblement : Toi qui peux tout, « mon Dieu, aie pitié de moi qui suis un pécheur » (Lc 18,13). Cette accusation de soi, cet aveu sans artifice, apporte au pécheur le pardon de ses fautes. Voilà les signes de l’humilité sur laquelle Dieu penche son regard et qu’il reconnaît. (…)

Quel fut le fruit de cette attitude ? Dieu pardonna au publicain ce dont il s’accusait, et celui-ci s’en alla justifié. (…) Il est devenu juste à bon droit, car le pharisien présumait de sa justice, tandis que le publicain la possédait réellement. Celui-là était justifié à ses propres yeux par ses œuvres ; celui-ci l’était auprès de Dieu par sa foi. Celui-là se glorifiait orgueilleusement de ses biens ; celui-ci reconnaissait humblement son mal. Mieux vaut l’humble pécheur que le juste orgueilleux, car dès que le pécheur s’humilie, il n’est déjà plus pécheur ; et dès que le juste s’enorgueillit, il cesse d’être juste. Il ne faut donc pas se glorifier de ses œuvres, mais se confier humblement à la grâce.

Ludolphe de Saxe (v. 1300-1378)

 

 

 

 

Viens chercher ta brebis perdue

jeudi 3 novembre 2022

Seigneur Jésus Christ, pour nous enseigner le sommet des vertus, tu as gravi la montagne avec tes disciples, tu leur as enseigné les Béatitudes et les vertus sublimes, leur promettant des récompenses propres à chacune. Accorde à ma fragilité d’entendre ta voix, de m’appliquer par leur pratique à acquérir le mérite des vertus, afin que par ta miséricorde j’obtienne la récompense promise. Fais qu’en considérant le salaire, je ne refuse pas la peine du travail. Fais que l’espérance du salut éternel adoucisse pour moi l’amertume du remède, en enflammant mon âme par la splendeur de ton œuvre. Du misérable que je suis, Seigneur, fais un bienheureux ; de la béatitude d’ici-bas, par ta grâce, conduis-moi à la béatitude de la patrie.

Viens, Seigneur Jésus, à la recherche de ton serviteur, à la recherche de ta brebis errante et harassée. Viens, Époux de l’Église, à la recherche de la pièce d’argent perdue. Viens, Père de miséricorde, recevoir le fils prodigue qui revient à toi. Viens donc, Seigneur, car tu es le seul à pouvoir rappeler la brebis qui s’égare, à retrouver la pièce d’argent perdue, à réconcilier le fils fugitif. Viens, afin qu’il y ait salut sur la terre et joie au ciel ! Convertis-moi à toi et donne-moi d’accomplir une vraie et parfaite pénitence, pour que je sois occasion de joie pour les anges. Très doux Jésus, je t’en prie, par l’immensité de ton amour pour moi pécheur, que je t’aime toi seul, par dessus tout, que je ne sois consolé que par toi, mon Dieu très doux !

Ludolphe de Saxe