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Dieu se donne à voir en Jésus, son Fils bien-aimé

24 septembre 2020

Que l’Artisan de l’univers
conserve intact sur la terre
le nombre compté de ses élus,
par son enfant bien-aimé, Jésus Christ.

Par lui il nous a appelés des ténèbres à la lumière,
de l’ignorance à la connaissance de la gloire de son nom.
Nous mettons notre espérance en toi,
Principe de toute la création.

Tu as ouvert les yeux de nos cœurs afin qu’ils te connaissent,
Toi le seul Très-Haut, au plus haut des cieux,
le Saint qui repose au milieu des saints.

Tu abaisses l’insolence des orgueilleux,
tu déjoues les calculs des nations,
tu exaltes les humbles et abaisses les grands ;
tu enrichis et appauvris,
tu prends et tu donnes la vie.

Unique bienfaiteur des esprits,
et Dieu de toute chair ;
tu scrutes les profondeurs,
tu surveilles les œuvres des hommes,
Secours dans les dangers
et Sauveur dans le désespoir,
Créateur et Gardien de tout esprit vivant ! (…)

Nous t’en prions, ô Maître !
Sois notre secours et notre soutien.
Sois le salut des opprimés,
prends pitié des humbles,
relève ceux qui sont tombés.

Montre-toi à ceux qui sont dans le besoin,
guéris les malades,
ramène les égarés de ton peuple,
rassasie ceux qui ont faim,
délivre nos prisonniers,
redresse les faibles,
console les pusillanimes,
que tous les peuples reconnaissent,
que tu es le seul Dieu,
que Jésus Christ est ton fils,
que nous sommes ton peuple et les brebis de tes pâturages

Saint Clément de Rome

 

 

 

« Ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle. »

23 septembre 2020

Quelle est « la parole de louange » (Ps 65,8) qu’il faut faire entendre ? Celle-ci assurément : « Il a donné la vie à l’âme » des croyants (v.9) ; car Dieu a accordé la constance et la persévérance dans la profession de la foi à la prédication des apôtres et à la confession des martyrs, et la prédication du Royaume des cieux a parcouru la terre en tous sens comme par des pas. En effet « leur message s’est répandu sur toute la terre » (Ps 18,5). Et ailleurs, le Saint-Esprit proclame la gloire de cette course spirituelle : « Comme ils sont beaux, les pas de ceux qui annoncent la bonne nouvelle, de ceux qui annoncent la paix » (Is 52,7). C’est donc cette parole de louange de Dieu qu’il faut faire entendre par la proclamation, selon le témoignage du psalmiste : « Il a donné la vie à mon âme et n’a pas laissé chanceler mes pas » (LXX). En effet, les apôtres ne se sont pas laissés détourner de la course de leur prédication par les terreurs des menaces humaines, et la fermeté de leurs pas solidement posés ne s’est pas laissée écarter du chemin de la foi (…).

Car, après avoir dit : « Il n’a pas laissé chanceler mes pas », le psalmiste ajoute : « Ô Dieu, tu nous as éprouvés, tu nous as épurés par le feu comme on épure l’argent » (v.10). Cette parole, commencée au singulier, se rapporte donc à plusieurs. Car unique est l’Esprit et une la foi des croyants, selon ce qui est dit dans les Actes des Apôtres : « Les croyants n’avaient qu’une seule âme et un seul cœur » (Ac 4,32). (…)

Mais que signifie cette comparaison : « Ils ont été épurés au feu, comme on épure l’argent » ? À mon sens, si on épure l’argent, c’est uniquement pour en séparer les scories qui adhèrent à la matière encore brute (…). C’est pourquoi, quand Dieu met à l’épreuve ceux qui croient en lui, ce n’est pas qu’il ignore leur foi, mais parce que « la persévérance produit la valeur » comme le dit l’apôtre Paul (Rm 5,4). Dieu les soumet à l’épreuve, non pour les connaître, mais pour les amener à la consommation de la vertu. Ainsi, purifiés par le feu et dégagés de tout alliage avec les vices de la chair, ils pourront resplendir de l’éclat d’une innocence qui a fourni ses preuves

Saint Hilaire (v. 315-367)

 

 

 

Le Livre de Vie

22 septembre 2020

L’Évangile est le livre de la vie du Seigneur. Il est fait pour devenir le livre de notre vie.
Il n’est pas fait pour être compris, mais pour être abordé comme un seuil de mystère.
Il n’est pas fait pour être lu, mais pour être reçu en nous.
Chacune de ses paroles est esprit et vie. Agiles et libres, elles n’attendent que l’avidité de notre âme pour fuser en elle. Vivantes, elles sont elles-mêmes comme le levain initial qui attaquera notre pâte et la fera fermenter d’un mode de vie nouveau. (…)

Les paroles de l’Évangile sont miraculeuses. Elles ne nous transforment pas parce que nous ne leur demandons pas de nous transformer. Mais, dans chaque phrase de Jésus, dans chacun de ses exemples demeure la vertu foudroyante qui guérissait, purifiait, ressuscitait. À la condition d’être, vis-à-vis de lui, comme le paralytique ou le centurion ; d’agir immédiatement en pleine obéissance. (…)
Ce qui nous aidera, ce sera de porter, de « garder » en nous, au chaud de notre foi et de notre espérance, la parole à laquelle nous voulons obéir. Il s’établira entre elle et notre volonté comme un pacte de vie.

Quand nous tenons notre évangile dans nos mains, nous devrions penser qu’en lui habite le Verbe qui veut se faire chair en nous, s’emparer de nous, pour que son cœur, greffé sur le nôtre, son esprit branché sur notre esprit, nous recommencions sa vie dans un autre lieu, un autre temps, une autre société humaine.
Approfondir l’Évangile de cette façon-là, c’est renoncer notre vie pour recevoir une destinée qui n’a pour forme que le Christ

Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

 

 

 

Fête de saint Matthieu, apôtre et évangéliste

21 septembre 2020

Matthieu le publicain est nourri (…) « du pain de vie et d’intelligence » (Si 15,3) ; et de cette intelligence, il fait au Seigneur Jésus un grand festin dans sa maison, car il a reçu en partage une grâce abondante, en conformité avec son nom [qui veut dire « don du Seigneur »]. Un présage de ce festin de grâce fut préparé par Dieu : appelé lorsqu’il était assis à son bureau, (…) « il suivit le Seigneur et lui fit un grand festin dans sa maison » (Lc 5,29). Il lui fit donc un festin, et un grand  ; un festin royal, dirions-nous.

Matthieu est en effet l’évangéliste qui nous montre le Christ roi par sa famille et par ses actes. Dès le début de son ouvrage, il déclare : « Livre de la généalogie de Jésus Christ, Fils de David » (Mt 1,1). Ensuite il décrit comment le nouveau-né est adoré par les mages au titre de roi des Juifs ; puis, tissant tout le reste de sa narration de gestes royaux et de paraboles du règne, il termine enfin sur ces mots dits par ce roi déjà couronné de la gloire de la résurrection : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (28,18). Si tu examines bien l’ensemble de sa rédaction, tu reconnaîtras donc que tout entière elle respire les mystères du Royaume de Dieu. Rien d’étonnant à cela ; Matthieu avait été publicain, il se rappelait avoir été appelé du service public du royaume de péché à la liberté du Royaume de Dieu, du Royaume de justice. En homme qui n’était pas ingrat envers le grand Roi qui l’avait libéré, il servit donc fidèlement les lois de son Royaume

Rupert de Deutz (v. 1075-1130)

 

 

 

« Allez, vous aussi, à ma vigne ! »

20 septembre 2020

Il est bien évident que cette parabole vise la conversion des hommes à Dieu, les uns dès leur jeune âge, d’autres un peu plus tard, et enfin quelques-uns seulement dans leur vieillesse. Le Christ réprime l’orgueil des premiers appelés pour les empêcher de faire des reproches à ceux de la onzième heure, en leur montrant que la récompense est la même pour tous. En même temps il stimule le zèle de ces derniers en leur montrant qu’ils peuvent mériter le même salaire que les premiers. Le Sauveur venait de parler du renoncement aux richesses, du mépris de tous les biens, de vertus qui demandent un grand cœur et du courage. Il fallait pour cela stimuler l’ardeur d’une âme pleine de jeunesse ; le Seigneur rallume donc en eux la flamme de la charité et fortifie leur courage en leur montrant que même ceux qui sont arrivés les derniers reçoivent le salaire de toute la journée…

Pour parler plus clairement, certains pouvaient en abuser et tomber dans l’indifférence et le relâchement. Les disciples verront clairement que cette largesse est un effet de la miséricorde de Dieu, qui seule les soutiendra pour mériter une récompense si magnifique… Toutes les paraboles de Jésus, celles des vierges, du filet, des épines, de l’arbre stérile, nous invitent à montrer notre vertu dans nos actes… Il nous exhorte à une vie pure et sainte. Une vie sainte coûte plus à notre cœur que la simple pureté de la foi, car c’est une lutte continuelle, un labeur infatigable

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

 

 

 

 

« Il a porté du fruit au centuple. »

19 septembre 2020

Tu es le serviteur du Dieu saint, un gérant en faveur de tes compagnons de service. Ne crois pas tous tes avantages destinés à ton ventre. (…) Imite la terre, homme, porte comme elle des fruits, ne te montre pas plus dur qu’une matière inanimée. La terre ne mûrit pas ses fruits pour en jouir elle-même, mais t’être utile. Et toi, les fruits que répand ta générosité, c’est toi qui les ramasses puisque la récompense des bienfaits retombe sur leurs auteurs. Tu as donné à manger à l’affamé ; ton aumône te revient, augmentée avec les intérêts.

Comme le grain jeté dans le sillon profite au semeur, de même le pain tendu à l’affamé te rapporte un gain immense, plus tard. Quand donc le temps des moissons arrive sur la terre, c’est le moment pour toi de semer là-haut dans le ciel : « Faites-vous des semailles selon la justice » (Os 10,12). Pourquoi tant d’inquiétude ? Pourquoi ces soucis et cet empressement à enfermer ton trésor derrière le mortier et les briques ? « Le bon renom est plus désirable que de grandes richesses » (Pr 22,1)

Saint Basile (v. 330-379)

 

 

 

« Les Douze l’accompagnaient ainsi que des femmes. »

18 septembre 2020

Dans le milieu de l’Église primitive, la présence des femmes est bien loin d’être secondaire. (…) Nous devons à saint Paul une ample documentation sur la dignité et sur le rôle ecclésial de la femme. Son point de départ est le principe fondamental selon lequel parmi les baptisés, non seulement « il n’y a ni juif ni païen, il n’y a ni esclave ni homme libre », mais également « il n’y a ni homme ni femme ». La raison est que « tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3,28), c’est-à-dire que tous sont unis par la même dignité fondamentale, même si c’est chacun avec des fonctions spécifiques (1Co 12,27s). L’apôtre admet comme quelque chose de normal que dans la communauté chrétienne, la femme puisse « prophétiser » (1Co 11,5), c’est-à-dire s’exprimer ouvertement sous l’inspiration de l’Esprit, pourvu que ce soit pour l’édification de la communauté et accompli avec dignité. (…)

Nous avons déjà rencontré la figure de Prisca ou Priscille, épouse d’Aquilas, qui dans deux cas, de manière surprenante, est mentionnée avant son mari (Ac 18,18; Rm 16,3) ; l’une et l’autre sont explicitement qualifiés par Paul comme ses « collaborateurs » (Rm 16,3)… Il faut aussi prendre en compte que la brève Lettre à Philémon est en réalité également adressée par Paul à une femme appelée Apphia (Phm 2). (…) Dans la communauté de Colosse, elle devait occuper une place importante ; en tout cas, elle est l’unique femme mentionnée par Paul parmi les destinataires de ses lettres. Ailleurs, il mentionne une certaine Phébée, qualifiée de ‘diákonos’ de l’Église de Cencrées (Rm 16,1-2). (…) Bien que ce titre, à cette époque, n’ait pas encore de valeur ministérielle spécifique de type hiérarchique, il désigne un exercice authentique de responsabilité de la part de cette femme en faveur de cette communauté chrétienne. (…) Dans la même lettre, Paul rappelle d’autres noms de femmes : une certaine Marie, puis Tryphène, Tryphose et la « très chère » Persis, et encore Julie (Rm 16,6.12a.12b.15). (…) Dans l’Église de Philippes se distinguèrent deux femmes appelées Évodie et Syntyché (Ph 4,2) : l’appel que Paul leur adresse laisse entendre que ces deux femmes assuraient une fonction importante au sein de cette communauté. En somme, l’histoire du christianisme aurait connu un développement bien différent s’il n’y avait pas eu l’apport généreux de nombreuses femmes

Benoît XVI

 

 

 

 

« Ses péchés, ses nombreux péchés sont pardonnés. »

17 septembre 2020

L’amour de Dieu, sorti à la recherche des pécheurs, nous est proclamé par une femme pécheresse. Car en appelant celle-ci, c’est notre race tout entière que le Christ invitait à l’amour ; et en sa personne, ce sont tous les pécheurs qu’il attirait à son pardon. Il parlait à elle seule ; mais il conviait à sa grâce la création tout entière. (…)

Qui ne serait touché par la miséricorde du Christ, lui qui, pour sauver une pécheresse, accepta l’invitation d’un pharisien ? À cause de celle qui est affamée de pardon, il veut lui-même avoir faim de la table de Simon le pharisien, alors que, sous l’apparence d’une table de pain, il avait préparé à la pécheresse une table de repentance. (…)

Afin qu’il en soit ainsi pour toi, prends conscience que ton péché est grand, mais que désespérer de ton pardon, parce que ton péché te semble trop grand, c’est blasphémer contre Dieu et te faire du tort à toi-même. Car s’il a promis de pardonner tes péchés quel que soit leur nombre, vas-tu lui dire que tu ne peux pas le croire et lui déclarer : « Mon péché est trop grand pour que tu le pardonnes. Tu ne peux pas me guérir de mes maladies » ? Là, arrête-toi et crie avec le prophète : « J’ai péché contre toi, Seigneur » (Ps 50,6). Aussitôt il te répondra : « Moi, j’ai passé par-dessus ta faute ; tu ne mourras pas ». À lui, la gloire par nous tous, dans les siècles. Amen

Un auteur syriaque anonyme du 6e siècle

 

 

 

L’ignorance de ceux qui ne se convertissent pas

16 septembre 2020

L’apôtre Paul dit : « Certains sont dans l’ignorance de Dieu » (1Co 15,34). Je dis, moi, que tous ceux qui ne veulent pas se convertir à Dieu sont dans cette ignorance. Car ils refusent cette conversion pour l’unique raison qu’ils imaginent solennel et sévère ce Dieu qui est toute douceur ; ils imaginent dur et implacable celui qui n’est que miséricorde ; ils pensent violent et terrible celui qui ne désire que notre adoration. Ainsi ceux qui manquent de foi se mentent à eux-mêmes en se fabriquant une idole au lieu de connaître Dieu tel qu’il est.

Que craignent ces gens de peu de foi ? Que Dieu ne veuille pas pardonner leurs péchés ? Mais de ses propres mains, il les a cloués à la croix (Col 2,14). Que craignent-ils donc encore ? D’être eux-mêmes faibles et vulnérables ? Mais il connaît bien l’argile dont il nous a faits (Gn 2,7). De quoi ont-ils donc peur ? D’être trop accoutumés au mal pour délier les chaînes de l’habitude ? Mais le Seigneur a libéré ceux qui étaient dans les fers (Ps 145,7). Craignent-ils donc que Dieu, irrité par l’immensité de leurs fautes, hésite à leur tendre une main et venir à leur secours ? Mais là où abonde le péché, la grâce surabonde (Rm 5,20). Ou encore, est-ce que l’inquiétude pour leurs vêtements, la nourriture ou les autres besoins de leur vie les empêche de quitter leurs biens ? Mais Dieu sait que nous avons besoin de tout cela (Mt 6,32). Que veulent-ils de plus ? Qu’est-ce qui fait obstacle à leur salut ? C’est qu’ils ignorent Dieu, qu’ils ne croient pas à nos paroles. Qu’ils se fient donc à l’expérience d’autrui

Saint Bernard (1091-1153)

 

 

 

Marie, soutien pour porter notre croix

15 septembre 2020

La dévotion mariale est un chemin aisé pour arriver à l’union avec Notre-Seigneur, où consiste la perfection du chrétien ; c’est un chemin que Jésus-Christ a frayé en venant à nous, et où il n’y a aucun obstacle pour arriver à lui.

On peut, à la vérité, arriver à l’union divine par d’autres chemins ; mais ce sera par beaucoup plus de croix, de morts étranges et avec beaucoup plus de difficultés, que nous ne vaincrons que difficilement. Il faudra passer par des nuits obscures, par des combats et des agonies étranges, par des montagnes escarpées, par des épines très piquantes et des déserts affreux. Mais par le chemin de Marie, on passe plus doucement et plus tranquillement.

On y trouve, à la vérité, de grands combats à donner et de grandes difficultés à vaincre ; mais cette bonne Mère et Maîtresse se rend si proche et si présente à ses fidèles serviteurs, pour les éclairer dans leurs ténèbres, pour les éclaircir dans leurs doutes, pour les affermir dans leurs craintes, pour les soutenir dans leurs combats et leurs difficultés, qu’en vérité ce chemin virginal pour trouver Jésus-Christ est un chemin de roses et de miel, au vu des autres chemins.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)