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« C’est à moi que vous l’avez fait. »

7 mars 2022

Réfléchissez, frères, et voyez l’exemple de notre Seigneur, qui a fait de nous des voyageurs et nous a ordonné de venir jusqu’à la cité céleste (He 11,13s) en courant par la route de la charité. (…) Bien qu’il siège dans le ciel, par compassion pour ses membres qui peinent, car il est la tête des membres et du corps dans le monde entier (Col 2,19), il a dit : « Quand vous n’avez pas fait cela à l’un des plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait » (…) Quand il a changé Paul le persécuteur en prédicateur, il lui a dit du haut du ciel : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Ac 9,4) (…) Saul persécutait les chrétiens : est-ce qu’il persécutait le Christ, qui siégeait dans le ciel ? Mais le Christ lui-même était dans les chrétiens, souffrant avec tous ses membres, pour qu’en lui cette parole soit vraie : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1Co 12,26). (…)

Portons donc les fardeaux les uns des autres (Ga 6,2) ; là où est allée la tête, les autres membres sont destinés à aller. (…) Si notre Seigneur et Sauveur, qui a été sans péché, daigne nous aimer, nous pécheurs, d’une si grande affection qu’il affirme souffrir ce que nous souffrons, pourquoi est-ce que nous, qui ne sommes pas sans péché et qui pouvons racheter nos péchés par la charité, pourquoi est-ce que nous ne nous aimons pas d’un amour si parfait que nous compatissions par un sentiment de charité à tout le mal enduré par l’un d’entre nous ? (…) Une main ou un autre membre retranché du corps ne sent plus rien ; tel est le chrétien qui ne souffre pas du malheur, de la détresse ou même de la mort d’autrui.

Saint Césaire d’Arles (470-543)

 

 

« Bienheureux l’homme qui supporte la tentation. » (Jc 1,12)

6 mars 2022

La tentation n’est-elle pas un danger pour l’âme ? Ne serait-il pas hautement préférable de ne jamais être tenté ? Nous sommes spontanément portés à envier celui qui n’éprouverait jamais de tentation : « Heureux l’homme, dirions-nous volontiers, qui n’a pas à en subir les assauts ! »

C’est peut-être là, en effet, l’avis de notre sagesse humaine. Mais Dieu, qui est la vérité infaillible, la source de notre sainteté et de notre béatitude, nous dit tout le contraire : « Bienheureux l’homme qui supporte la tentation » (Jc 1,12)… Pourquoi l’Esprit Saint proclame-t-il cet homme « heureux », alors que nous, nous inclinerions à penser bien autrement ? (…) Est-ce à cause de la tentation elle-même ? Non, évidemment, mais c’est parce que Dieu se sert d’elle pour obtenir une preuve de notre fidélité ; notre fidélité ‒ soutenue naturellement par la grâce ‒ se fortifie et se manifeste dans la lutte, et la couronne de vie est enfin accordée à sa victoire (cf. Jc 1,12).

La tentation que l’âme supporte patiemment est pour elle une source de mérites, et est glorieuse pour Dieu. Par sa constance dans l’épreuve, l’âme est un vivant témoignage de la force de la grâce : « ma grâce te suffit, car c’est dans la faiblesse que ma puissance se manifeste tout entière » (2 Cor 12,9). Dieu attend de nous que nous lui rendions cet hommage et cette gloire. (…) Le Christ Jésus est avec nous, en nous : qui est plus fort que lui ?

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

 

 

Appelés à devenir saints

5 mars 2022

Voici la volonté parfaite de Dieu pour nous : tu dois devenir saint. La sainteté est le plus grand don que Dieu puisse nous faire car il nous a créés pour cela. Se soumettre, pour celui ou celle qui aime, est plus qu’un devoir ; c’est le secret même de la sainteté.

Saint François disait que chacun de nous est ce qu’il est aux yeux de Dieu — rien de plus, rien de moins. Nous sommes tous appelés à devenir des saints. Il n’y a rien d’extraordinaire à cet appel. Nous avons tous été créés à l’image de Dieu afin d’aimer et d’être aimés. Jésus désire notre perfection avec une ardeur inexprimable. « Voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification » (1Th 4,3). Son Sacré Cœur est rempli d’un désir insatiable de nous voir progresser vers la sainteté.

Chaque jour nous devrions renouveler notre détermination et nous encourager à plus de ferveur, comme s’il s’agissait du premier jour de notre conversion, disant : « Aide-moi, Seigneur mon Dieu, dans ma ferme résolution et à ton saint service, et donne-moi la grâce aujourd’hui même de commencer vraiment, car ce que j’ai fait jusque-ici n’est rien. » Nous ne pouvons pas être renouvelés si nous n’avons pas l’humilité de reconnaître ce qui en nous a besoin de l’être.

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

 

 

 

« Alors ils jeûneront. »

4 mars 2022

Livre-toi, mon âme, au repentir ; unis-toi au Christ par la pensée ; crie en gémissant : « Accorde-moi le pardon de mes actions mauvaises, afin que je reçoive de toi, qui seul es bon (Mc 10,18), l’absolution et la vie éternelle ». (…)

Moïse et Élie, ces tours de feu, étaient grands dans leurs œuvres. (…) Ils sont les premiers parmi les prophètes, ils parlaient librement à Dieu, ils se plaisaient à s’approcher de lui pour le prier et s’entretenir avec lui face à face (Ex 34,5; 1R 19,13) — chose étonnante et incroyable. Néanmoins, ils avaient soin de recourir au jeûne, qui les menait à Dieu (Ex 34,28; 1R 19,8). Le jeûne, avec les œuvres, procure donc la vie éternelle.

Par le jeûne, les démons sont repoussés comme par une épée, car ils n’en supportent pas les joies ; ce qu’ils aiment, c’est le jouisseur et l’ivrogne. Mais s’ils regardent le visage du jeûne, ils ne peuvent pas tenir ; ils s’enfuient bien loin, comme nous l’enseigne le Christ notre Dieu en disant : « C’est par le jeûne et la prière qu’on vient à bout de la race des démons » (cf Mc 9,29). Voilà pourquoi on nous enseigne que le jeûne donne aux hommes la vie éternelle. (…)

Le jeûne rend à ceux qui le pratiquent la maison paternelle d’où Adam fut expulsé. (…) C’est Dieu lui-même, l’ami des hommes (Sg 1,6), qui avait d’abord confié au jeûne l’homme qu’il avait créé, comme à une mère aimante, comme à un maître. À un seul arbre il lui a interdit de goûter (Gn 2,17). Et si l’homme avait observé ce jeûne, il aurait habité avec les anges. Mais il l’a rejeté et a trouvé les peines et la mort, l’âpreté des épines et des ronces, et l’angoisse d’une vie douloureuse (Gn 3,17s). Or, si dans le Paradis le jeûne se révèle profitable, combien plus l’est-il ici-bas, pour nous procurer la vie éternelle !

Saint Romanos le Mélode (?-v. 560)

 

 

 

Le chemin qui conduit le Christ à sa gloire

3 mars 2022

« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux païens, aux grands prêtres et aux scribes pour être flagellé, tourné en dérision et crucifié » (cf Mt 20,18). En disant cela à ses disciples, le Christ annonçait ce qui s’accordait avec les prédictions des prophètes, car ils avaient prédit sa mort qui devait avoir lieu à Jérusalem. (…) Nous comprenons pourquoi le Verbe de Dieu qui, autrement, ne pouvait pas souffrir, a dû subir la Passion ; car l’homme n’aurait pas pu être sauvé par un autre moyen. Lui seul l’a su, ainsi que ceux à qui il l’a révélé. En effet, il a su tout ce qui vient du Père ; c’est ainsi que « l’Esprit voit même les profondeurs des mystères divins. » (1Co 2,10). (…)

« Il fallait que le Christ souffrît » (Lc 24,26) : il était absolument impossible que la Passion n’eût pas lieu, comme lui-même l’a affirmé lorsqu’il a appelé « lents à croire » et « inintelligents » ceux qui ne savaient pas que le Christ devait souffrir ainsi pour entrer dans sa gloire (Lc 24,25). En effet, il est venu pour sauver son peuple, en renonçant à « la gloire qu’il avait auprès du Père avant le commencement du monde » (Jn 17,5). Ce salut était la perfection qui devait s’accomplir par la Passion, et qui serait accordée à l’auteur de notre vie, selon l’enseignement de saint Paul : « Il a été l’auteur de notre vie, en atteignant la perfection par ses souffrances » (He 2,10).

On voit comment la gloire du Fils unique, dont il avait été écarté pendant peu de temps en notre faveur, lui a été rendue par la croix dans la chair qu’il avait adoptée. Saint Jean le dit en effet dans son évangile, lorsqu’il explique ce qu’était cette eau dont le Sauveur a dit qu’elle « jaillirait, comme des fleuves, du cœur du croyant. Or, en disant cela, il parlait de l’Esprit Saint que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. En effet, l’Esprit Saint n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’était pas encore entré dans sa gloire » (Jn 7,38-39). Ce qu’il appelle sa gloire, c’est sa mort sur la croix. C’est pourquoi le Seigneur, lorsqu’il priait, avant de subir la croix, demandait au Père de lui donner cette « gloire qu’il avait auprès de lui avant le commencement du monde ».

Saint Anastase d’Antioche (?-599)

 

 

 

Le mercredi des Cendres

2 mars 2022

[« Convertissez-vous, et que chacun reçoive le baptême au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés. »] Vous qui allez être baptisés, vous êtes déjà disciples de la Nouvelle Alliance et participants aux mystères du Christ ; déjà (…) vous vous êtes fait à vous-mêmes « un cœur nouveau et un esprit nouveau », pour la joie des habitants des cieux. (…) Vous avez entrepris un bon et très beau voyage (…). Le Fils unique de Dieu est là tout prêt à vous racheter : « Venez, dit-il, vous qui peinez sous le poids du fardeau, et je vous donnerai le repos. » Vous qui êtes accablés et affligés par vos péchés, pris dans les liens de vos fautes, écoutez le prophète : « Lavez-vous, purifiez-vous ; ôtez de ma vue vos actions mauvaises », afin que le chœur des anges vous crie : « Heureux ceux dont les fautes ont été enlevées, le péché remis ! » (…)

C’est maintenant l’époque de la confession. Confesse les péchés que tu as commis, en parole ou en action, la nuit ou le jour. Confesse-toi en « ce temps favorable » et, « au jour du salut », reçois le trésor céleste. (…) Débarrasse-toi de toute préoccupation humaine ; occupe-toi de ton âme. (…) Quitte le présent et crois en l’avenir. (…) « Arrêtez, sachez que moi je suis Dieu ». (…) Purifie ton cœur, pour recevoir la grâce avec plus d’abondance : le pardon des péchés est donné également à tous, mais la participation à l’Esprit Saint est accordée à chacun selon la mesure de sa foi. Si tu te donnes peu de mal, tu recevras peu. Si tu travailles beaucoup, ton salaire sera grand. (…)

Si tu as un grief contre quelqu’un, renonces-y. Tu viens recevoir le pardon de tes fautes : il s’impose que toi aussi, tu pardonnes au pécheur.

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

(Références bibliques : Ac 2,38; Ez 18,31; Lc 15,7; Mt 11,28; Pr 5,22; Is 1,16; Ps 31,1; Is 49,8; 2Co 6,2; Ps 45,11)

 

 

Cent pour un !

1 mars 2022

[Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] À Pierre qui lui demandait : « Maître, nous avons tout quitté pour l’amour de vous, et nous vous avons suivi ! Que nous donnerez-vous en retour ? », ma Vérité fit cette réponse : « Je vous donnerai cent pour un et vous posséderez la vie éternelle » (cf. Mc 10, 28-30). – Comme s’il eût dit : Pierre, tu as bien fait de tout quitter ; c’était l’unique moyen de me suivre. En retour, moi, je te donnerai, en cette vie, cent pour un !

Quel est donc, très chère fille, ce centuple, que doit suivre encore la vie éternelle ? Qu’entendait et que voulait dire ma Vérité ? Parlait-elle des biens temporels ? Pas spécialement, bien que je les multiplie parfois au bénéfice de ceux qui se montrent généreux dans leurs aumônes. Et qu’est-ce donc ? ‒ Entends-le bien, celui qui donne sa volonté, me donne « une » chose : sa volonté. Et moi, pour cette unique chose, je lui donne « cent ».

Pourquoi ce nombre de « cent » ? Parce que cent est le nombre parfait, auquel on ne peut rien ajouter, à moins de recommencer à compter par un premier. La charité, elle aussi, est la plus parfaite de toutes les vertus ; l’on ne saurait s’élever à une vertu plus parfaite, et l’on ne peut ajouter à sa perfection qu’en revenant à la connaissance de soi-même pour recommencer une nouvelle centaine de mérites, mais c’est toujours au nombre « cent » que l’on arrive et que l’on s’arrête. Voilà le centuple que j’ai donné à ceux qui m’ont apporté l’un de leur volonté propre, soit par l’obéissance commune soit par l’obéissance particulière.

C’est avec ce centuple, que vous obtenez la vie éternelle (…). Ce centuple c’est le feu de la divine charité. Et parce qu’ils ont reçu de moi ce centuple, ils sont dans une merveilleuse allégresse qui prend tout leur cœur.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

 

 

 

Les débuts de la conversion de saint François

28 février 2022

Un soir, après son retour à Assise, les compagnons du jeune François l’élurent comme chef de leur groupe. Comme il l’avait déjà souvent fait, il fit donc préparer un somptueux banquet. Une fois rassasiés, tous sortirent de la maison et parcoururent la ville en chantant. Ses compagnons, en groupe, précédaient François ; lui, tenant en main le bâton du chef, fermait le cortège, un peu en arrière, sans chanter mais plongé dans ses pensées. Et voici que, subitement, le Seigneur le visite et lui remplit le cœur d’une telle douceur qu’il ne peut plus ni parler, ni bouger…

Quand ses compagnons se retournèrent et le virent aussi loin d’eux, ils revinrent vers lui, effrayés, et le trouvèrent comme déjà changé en un autre homme. Ils l’interrogèrent : « A quoi pensais-tu pour oublier de nous suivre ? Aurais-tu, par hasard, projeté de prendre femme ? — Vous avez raison ! J’ai projeté de prendre une épouse, plus noble, plus riche et plus belle que toutes celles que vous avez jamais vues. » Ils se moquèrent de lui…

Dès ce moment, il travaillait à replacer au centre de son âme Jésus Christ et la perle qu’il désirait acheter après avoir tout vendu (Mt 13,46). Se dérobant aux yeux des moqueurs, souvent — presque tous les jours — il allait prier en secret. Il y était en quelque sorte poussé par l’avant-goût de cette douceur qui le visitait assez souvent et l’attirait, de la place ou des autres lieux publics, vers la prière.

Depuis quelque temps déjà il était devenu le bienfaiteur des pauvres, mais il se promit encore plus fermement de ne jamais plus refuser à un pauvre demandant l’aumône, mais de lui donner plus généreusement et plus abondamment. Toujours donc, quel que soit le pauvre qui lui demandait l’aumône hors de la maison, il lui donnait de la monnaie s’il le pouvait. S’il manquait de monnaie, il lui donnait son bonnet ou sa ceinture pour ne pas le renvoyer les mains vides. Mais s’il manquait même de cela, il se retirait dans un endroit caché, ôtait sa chemise et l’envoyait en secret au pauvre en lui demandant de la prendre à cause de Dieu.

Récit de trois compagnons de saint François d’Assise (v. 1244)

 

 

« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? »

27 février 2022

Celui qui sera fondé sur la connaissance de la Vérité, le Christ, le doux Jésus, celui-là recevra et goûtera la paix et le repos de son âme dans l’amour de la charité. Cette charité, l’âme la reçoit par cette connaissance. Il y a deux moyens principaux de connaître cette vérité.

Il faut d’abord reconnaître que tout ce qui a l’existence doit être aimé en Dieu et pour Dieu, qui est la Vérité même, et sans lequel rien n’existe. Celui qui se séparerait de la vérité marcherait dans la voie du mensonge en suivant le démon qui en est le père. Je dis qu’il y a surtout deux moyens de connaître la vérité. Le premier est de connaître la vérité de Dieu, qui nous aime d’un amour ineffable. Il nous a aimés avant que nous fussions ; il nous a créés par amour, pour que nous ayons la vie éternelle et que nous goûtions à jamais la félicité parfaite. Telle a été, telle est la vérité. Qu’est-ce qui prouve qu’il on est ainsi ? Le sang répandu pour nous avec un si ardent amour. (…)

Nous devons enfin connaître et voir la vérité dans notre prochain, grand ou petit, serviteur ou maître. Quand nous le voyons faire une chose, et nous inviter à la faire aussi, nous devons examiner si cette chose est fondée ou non sur la vérité, et quel est le motif qui la fait entreprendre. Celui qui ne le fait pas agit comme un insensé, comme un aveugle qui suit un autre aveugle guidé par le mensonge, et il montre qu’il n’a pas en lui la vérité et qu’il ne la cherche pas. Il en est quelquefois de tellement insensés, que pour cette chose, ils vont perdre la vie de l’âme et du corps avec leurs biens temporels et ils ne s’en inquiètent pas, parce qu’ils sont aveugles et ne connaissent pas ce qu’ils devraient connaître : ils marchent dans les ténèbres.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

 

 

 

« Laissez les enfants venir à moi ! »

26 février 2022

Le Christ aime l’enfance qu’il a d’abord assumée dans son âme comme dans son corps. Le Christ aime l’enfance, qui enseigne l’humilité, qui est la norme de l’innocence, le modèle de la douceur. Le Christ aime l’enfance : vers elle il oriente la conduite des adultes, vers elle il ramène les vieillards, il attire à son propre exemple ceux qu’il élève au royaume éternel.

Mais pour comprendre comment il est possible de parvenir à une conversion si admirable, et par quelle transformation il nous faut revenir à une attitude d’enfants, laissons saint Paul nous instruire et nous dire : « Pour ce qui est du bons sens, ne soyez pas des enfants, mais soyez de petits enfants pour ce qui est de la malice » (1Co 14,20). Il ne s’agit donc pas pour nous de revenir aux jeux de l’enfance, ni aux maladresses des débuts, mais de lui prendre quelque chose qui convient aux années de la maturité, c’est-à-dire apaiser rapidement les agitations intérieures, retrouver vite le calme, oublier totalement les offenses, être complètement indifférent aux honneurs, aimer se retrouver ensemble, garder l’égalité d’humeur comme étant naturelle. En effet, c’est un grand bien que de ne pas savoir nuire et ne pas avoir de goût pour le mal…; ne rendre à personne le mal pour le mal (Rm 12,17), c’est la paix intérieure des enfants qui convient aux chrétiens… C’est cette forme d’humilité que nous enseigne le Sauveur enfant quand il a été adoré par les mages.

Saint Léon le Grand (?-v. 461)