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Archive pour la catégorie ‘Année liturgique’

Pourquoi juin est le mois du Sacré-Coeur ?

mercredi 5 juin 2013

Tout d’abord, un petit rappel : la fête du Sacré-Coeur est une solennité célébrée le 3e vendredi après la solennité de la Pentecôte (19 jours après la fête). Elle se situe donc la plupart du temps au mois de juin. Cette année, elle est célébrée le vendredi 7 juin.

C’est le pape Clément XIII qui institue officiellement la fête du Sacré-Coeur le 6 février 1765. Elle est devenue une solennité dans le calendrier liturgique fixé par le concile Vatican II. Mais alors pourquoi le mois de juin est-il tout entier consacré à l’adoration du Coeur du Christ ? C’est étonnant mais nous devons cette dévotion à l’audace et la foi d’une jeune élève de Notre-Dame-des-Oiseaux, rue de Sèvres, vers 1860. Il s’agit d’Angèle de Sainte Croix.
Le couvent de la rue de Sèvres (Chanoinesses de Saint-Augustin) avait une grande dévotion au Sacré-Coeur et Angèle, grande élève, eut l’intuition ou la grâce de demander à l’archevêque de Paris de consacrer le mois de juin au Sacré-Coeur, comme le mois de mai l’était pour Marie depuis longtemps déjà. Cela a été accepté par l’archevêque et institué quelques années plus tard pour l’Eglise universelle par le pape – probablement Pie IX, selon une soeur de ladite congrégation.
Jean-Paul II venant d’être béatifié, je termine par l’extrait d’une de ses audiences données le mercredi 20 juin 1979, dans laquelle il exprime son amour du Coeur du Christ. « Après-demain, vendredi prochain, la liturgie de l’Église célébrera, en esprit d’adoration et avec un amour particulier, le mystère du « Coeur du Christ ».
Anticipant cette fête, je désire donc, dès aujourd’hui, tourner avec vous le regard vers le mystère de ce coeur […] On sait que le mois de juin est particulièrement consacré au divin Coeur, au Coeur sacré de Jésus. Nous lui exprimons notre amour et notre adoration par la litanie dont chacune des invocations a une richesse théologique particulièrement profonde. Je désire donc m’arrêter avec vous, ne serait-ce que brièvement devant ce Coeur vers lequel se tourne l’Église en tant que communauté de coeurs humains ».

Sr Marie-Noëlle Pellier,
Petite Soeur du Sacré-Coeur, L’Île-Saint-Denis

 

 

 

 

« Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il le leur envoya en dernier. »

lundi 3 juin 2013

Dieu avait créé l’homme à son image et à sa ressemblance (Gn 1,26), il l’avait jugé digne de le connaître lui-même, mis par le don d’intelligence au-dessus de tous les animaux, établi dans la jouissance des délices incomparables du Paradis, et enfin constitué maître de tout ce qui se trouvait sur la terre. Cependant, lorsqu’il l’a vu, dévoyé par le serpent, tomber dans le péché et, par le péché, dans la mort et les souffrances qui y conduisent, il ne l’a pas rejeté. Au contraire, il lui a donné d’abord le secours de sa Loi ; il a désigné des anges pour le garder et prendre soin de lui ; il a envoyé des prophètes pour lui reprocher sa méchanceté et lui enseigner la vertu…

Lorsque, malgré ces grâces et bien d’autres encore, les hommes ont persisté dans la désobéissance, il ne s’est pas détourné d’eux. Après avoir offensé notre bienfaiteur par notre indifférence devant les marques de sa bienveillance, nous n’avons pas été abandonnés par la bonté du Seigneur ni retranchés de son amour, mais nous avons été tirés de la mort et rendus à la vie par notre Seigneur Jésus Christ, et la manière dont nous avons été sauvés est digne d’une admiration plus grande encore. « Bien qu’il ait été Dieu, il n’a pas jugé bon de garder jalousement son égalité avec Dieu, mais il s’est abaissé jusqu’à prendre la condition d’esclave » (Ph 2,6-7). « Il a pris nos faiblesses, il a porté nos souffrances, il a été meurtri pour nous » afin de nous sauver par ses blessures (Is 53,4-5). Il « nous a rachetés de la malédiction en se faisant malédiction pour nous » (Ga 3,13) ; il a souffert la mort la plus infâmante pour nous conduire à la vie de la gloire.

Et il ne lui a pas suffi de rendre la vie à ceux qui étaient dans la mort, il les a revêtus de la dignité divine et leur a préparé dans le repos éternel un bonheur qui dépasse toute imagination humaine. « Que rendrons-nous donc au Seigneur » pour tout ce qu’il nous a donné ? (Ps 115,12) Il est si bon qu’il ne demande rien en compensation de ses bienfaits : il se contente d’être aimé.

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Grandes Règles monastiques, § 2 (trad.  Lèbe, Maredsous 1969, p. 53-54 rev.)

 

 

Solennité du Corps et du Sang du Christ

dimanche 2 juin 2013
Messe et Procession Eucharistique
Extraits de l’Homélie du Pape Benoît XVI
Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran
Jeudi 15 juin 2006

 

Chers frères et sœurs,

La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains, et, ayant prononcé la Bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous. Et il dit: « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24). Toute l’histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles. Ce n’est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais l’avenir également qui est anticipé : la venue du Royaume de Dieu dans le monde. Ce que dit Jésus, ce ne sont pas simplement des paroles.

Ce qu’Il dit est un événement, l’événement central de l’histoire du monde et de notre vie personnelle.

Ces paroles sont inépuisables. Je voudrais méditer avec vous uniquement un seul aspect. Jésus, comme signe de sa présence, a choisi le pain et le vin. A travers chacun de ces deux signes, il se donne entièrement, et non pas uniquement une partie de lui. Le Ressuscité n’est pas divisé. Il est une personne qui, à travers les signes, s’approche de nous et s’unit à nous. Mais les signes représentent, à leur façon, chacun un aspect particulier de Son mystère, et, à travers leur manifestation particulière, ils veulent nous parler, afin que nous apprenions à comprendre un peu plus le mystère de Jésus Christ. Au cours de la procession et dans l’adoration, nous regardons l’Hostie consacrée, – le type le plus simple de pain et de nourriture, composé uniquement d’un peu de farine et d’eau. Il apparaît ainsi comme la nourriture des pauvres, auxquels le Seigneur a accordé en premier lieu sa préférence. La prière à travers laquelle l’Église, au cours de la liturgie de la Messe, remet ce pain au Seigneur, le définit comme le fruit de la terre et du travail de l’homme. Celui-ci contient les peines de l’homme, le travail quotidien de ceux qui cultivent la terre, sèment et récoltent, et enfin, préparent le pain. Toutefois, le pain n’est pas seulement notre produit, quelque chose que nous fabriquons; c’est le fruit de la terre et donc également un don. Car le fait que la terre porte des fruits n’est pas seulement l’un de nos mérites; seul le Créateur pouvait lui conférer la fertilité. Et à présent, nous pouvons également étendre encore un peu cette prière de l’Église, en disant: le pain est fruit à la fois de la terre et du ciel. Il suppose la synergie des forces de la terre et des dons d’en haut, c’est-à-dire du soleil et de la pluie. Et l’eau aussi, dont nous avons besoin pour préparer le pain, nous ne pouvons pas la produire seuls. A une période où l’on parle de désertification et où nous entendons toujours plus de mises en garde contre le danger qu’hommes et bêtes meurent de soif dans les régions privées d’eau – en cette période, nous nous rendons à nouveau compte de la grandeur du don de l’eau également, et combien nous sommes incapables de nous la procurer seuls. Alors, en y regardant de plus près, ce petit morceau d’Hostie blanche, ce pain des pauvres, nous apparaît comme une synthèse de la création. Ciel et terre, mais également activité et esprit de l’homme coopèrent. La synergie des forces qui rend possible, sur notre pauvre planète, le mystère de la vie et l’existence de l’homme, nous est présentée dans toute sa merveilleuse grandeur. Ainsi, nous commençons à comprendre pourquoi le Seigneur choisit ce morceau de pain comme son signe. […]

Le signe du vin nous parle également de façon très semblable. Mais tandis que le pain renvoie à l’aspect quotidien, à la simplicité et au pèlerinage, le vin exprime le caractère exquis de la création: la fête de joie que Dieu veut nous offrir à la fin des temps et que, déjà à présent, il anticipe toujours à nouveau en l’évoquant à travers ce signe. Mais le vin parle également de la Passion: la vigne doit être taillée continuellement pour être ainsi purifiée; le raisin doit mûrir sous le soleil et la pluie et doit être pressé: ce n’est qu’à travers cette passion que mûrit un vin précieux.

En la fête du Corpus Domini, nous regardons surtout le signe du pain. Celui-ci nous rappelle également le pèlerinage d’Israël au cours des quarante années passées dans le désert. L’Hostie est notre manne à travers laquelle le Seigneur nous nourrit – c’est véritablement le pain du ciel à travers lequel Il se donne lui-même.

Au cours de la procession, nous suivons ce signe, et ainsi, nous le suivons Lui-même. Et nous le prions : Guide-nous sur les routes de notre histoire! Montre toujours à nouveau le droit chemin à l’Église et à ses Pasteurs! Regarde l’humanité qui souffre, qui erre dans l’incertitude parmi tant d’interrogations; vois la faim physique et psychologique qui la tourmente! Donne aux hommes du pain pour le corps et pour l’âme! Donne-leur du travail! Donne-leur la lumière! Donne-toi à eux! Purifie-nous et sanctifie-nous tous! Fais-nous comprendre que ce n’est qu’à travers la participation à ta Passion, à travers le « oui » à la croix, au renoncement, aux purifications que tu nous imposes, que notre vie peut mûrir et atteindre sa pleine réalisation. Rassemble-nous de toutes les extrémités de la terre. Unis ton Église, unis l’humanité déchirée! Donne-nous ton salut! Amen!

Pour lire l’Homélie complète :

>>>Solennité du Corps et du Sang du Christ
[AllemandAnglaisEspagnolFrançaisItalienPortugais]

 

Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

 

 

 

dimanche 2 juin 2013

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Pardon

samedi 1 juin 2013
Si l’Esprit Saint reste souvent discret, s’effaçant lui- même, c’est qu’il ne veut pas prendre notre place, mais plutôt fortifier notre personne. Au fond de notre être, il dit inlassablement le oui de Dieu à notre existence. Alors il est une prière accessible à chacun. « Que ton souffle de bonté me conduise! » Portés par ce souffle, nous pouvons avancer.
Commençons par approfondir le mystère de la communion qui nous unit. Quand nous nous tournons ensemble vers le Christ, dans une prière commune, l’Esprit Saint nous rassemble dans cette unique communion qu’est l’Eglise et nous donne de naître à une vie nouvelle.
Le premier don de l’Esprit Saint est le pardon. Le Christ ressuscité a dit aux siens : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » ( Jn 20,22-23 ). L’Eglise est d’abord une communion de pardon. Quand nous comprenons que Dieu nous donne son pardon, nous devons capables de le donner aussi à d’autres. Bien sûr, nos communautés , nos paroisses sont toujours pauvres et loin de ce dont nous rêvons. Mais l’Esprit Saint est continuellement présent dans l’Eglise et nous fait avancer sur le chemin du pardon.

Frère Aloïs, prieur de Taizé- La Croix 
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Fête de la Visitation de la Vierge Marie

vendredi 31 mai 2013

CÉLÉBRATION MARIALE POUR LA CONCLUSION
DU MOIS DE MAI AU VATICAN
PAROLES DU PAPE JEAN PAUL II

« Marie partit […] vers la région montagneuse… » (Lc 1, 39)

Nous concluons avec le mystère de la Visitation de la Très Sainte Vierge Marie le chemin marial accompli au cours du mois de mai. (…)

Les paroles de l’évangéliste Luc retentissent dans nos cœurs : « Dès qu’Elisabeth eut entendu le salut de Marie… [elle] fut remplie d’Esprit Saint » (1, 41).

La rencontre entre la Madone et sa cousine Elisabeth est comme une sorte de « petite Pentecôte ».

Dans le récit évangélique, la Visitation suit immédiatement l’Annonciation : la Sainte Vierge, qui porte en son sein le Fils conçu par l’œuvre de l’Esprit Saint, rayonne autour d’elle de grâce et de joie spirituelle. C’est la présence de l’Esprit en Elle qui fait tressaillir de joie le Fils d’Elisabeth, Jean, destiné à préparer la voie au Fils de Dieu fait homme.

Là où se trouve Marie il y a le Christ ; et là où se trouve le Christ il y a son Esprit Saint, qui procède du Père et de Lui-même dans le saint mystère de la vie trinitaire. Les Actes des Apôtres soulignent à juste titre la présence de Marie en prière, dans le Cénacle, avec les Apôtres réunis dans l’attente de recevoir la « puissance d’En-haut ». Le « oui » de la Vierge, « fiat », attire le Don de Dieu sur l’humanité : c’est ce qui se produit à la Pentecôte, comme lors de l’Annonciation. C’est ainsi que cela continue à se produire sur le chemin de l’Église.

Réunis en prière avec Marie, nous invoquons une abondante effusion de l’Esprit Saint sur l’Église tout entière, afin qu’elle prenne le large toutes voiles dehors (…). Nous l’invoquons en particulier sur ceux qui œuvrent quotidiennement au service du Siège apostolique, afin que le travail de chacun soit toujours animé par un esprit de foi et de zèle apostolique.

Il est significatif que le dernier jour de mai soit celui de la fête de la Visitation. Avec cette conclusion, c’est comme si nous voulions dire que chaque jour de ce mois a été pour nous une sorte de visitation. Nous avons vécu au cours du mois de mai une visitation permanente, comme l’ont vécue Marie et Elisabeth. Nous sommes reconnaissants à Dieu que cet événement biblique nous soit aujourd’hui reproposé par la Liturgie.

À vous tous, je souhaite que la grâce de la visitation mariale, vécue au cours du mois de mai, se prolonge dans les jours qui viendront.

Site officiel du Vatican – Copyright © Libreria Editrice Vaticana

 

 

 

Intentions de prière du Pape pour juin 2013

mercredi 29 mai 2013

Universelle : Le respect des peuples

Pour que prévale entre les peuples une culture de dialogue, d’écoute et de respect réciproque.

Pour l’évangélisation : La nouvelle évangélisation

Pour que là où l’influence de la sécularisation est la plus forte, les communautés chrétiennes sachent promouvoir efficacement une nouvelle évangélisation.

 

 

Adoration avec le Saint Père

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Première mondiale pour l’Eglise catholique, dimanche 2 juin 2013. Un événement aux conséquences immenses, visibles et invisibles pour le Salut des âmes. Pour la Paix dans le monde.
D’une extrémité à l’autre de la terre, l’Adoration Eucharistique, au même moment !
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Dimanche 2 juin à de 17 h à 18 heures, l’Eglise catholique vivra un moment de profonde communion dans l’Adoration de Jésus présent dans l’Eucharistie, notre seul Sauveur.
A 17 heures, le Saint-Père présidera l’Adoration Eucharistique dans la Basilique Saint Pierre (sauf changement).
Seront aussi présents tous les Évêques auxiliaires du diocèse de Rome.
Chaque diocèse du monde est appelé à vivre, à la même heure, l’Adoration Eucharistique, principalement dans les cathédrales, mais aussi dans chaque paroisse, comme l’a demandé le Cardinal Vallini, pour le diocèse de Rome.

 

 

Livre de l’Ecclésiastique 35,1-12.

mardi 28 mai 2013

‘est présenter de multiples offrandes que d’observer la Loi ; c’est offrir un sacrifice de communion que de s’attacher aux commandements.
C’est apporter une offrande de fleur de farine que de se montrer reconnaissant ; c’est présenter un sacrifice de louange que de faire l’aumône.
On obtient la bienveillance du Seigneur en se détournant du mal ; on offre un sacrifice d’expiation en se détournant de l’injustice.
Ne te montre pas les mains vides en présence du Seigneur. Accomplis tout cela parce que tel est son commandement.
L’offrande de l’homme juste est comme la graisse des sacrifices sur l’autel, son agréable odeur s’élève devant le Très-Haut.
Le sacrifice de l’homme juste est agréé par Dieu ; la partie de l’offrande brûlée en mémorial ne sera pas oubliée.
Rends gloire au Seigneur sans être regardant : ne réduis pas les prémices du travail de tes mains.
Chaque fois que tu fais un don, montre un visage joyeux ; consacre de bon cœur à Dieu le dixième de ce que tu gagnes.
Donne au Très-Haut selon ce qu’il te donne, sans être regardant, selon tes ressources.
Car le Seigneur est celui qui paye de retour ; il te payera de retour sept fois plus que tu n’auras donné.
N’essaye pas de l’influencer par des présents, il ne les acceptera pas ; ne mets pas ta confiance dans un sacrifice injuste.
Car le Seigneur est un juge qui ne fait pas de différence entre les hommes.

 

 

 

« Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

lundi 27 mai 2013

Ignorer Dieu, c’est mourir ; le connaître, vivre en lui, l’aimer, essayer de lui ressembler, voilà la seule vie. Si vous désirez la vie éternelle…, cherchez d’abord à le connaître même si « personne ne le connaît, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11,27). Après Dieu, connaissez la grandeur du Rédempteur et sa grâce inestimable ; « la Loi, dit l’apôtre Jean, a été donnée par Moïse, mais la grâce et la vérité nous ont été données par Jésus Christ » (1,17)… Si la Loi de Moïse pouvait nous donner la vie éternelle, pourquoi notre Sauveur serait-il venu au monde et aurait-il souffert pour nous depuis sa naissance jusqu’à la mort, parcourant toute une vie humaine ? Pourquoi le jeune homme qui accomplissait si fidèlement depuis sa jeunesse les commandements de la Loi, se serait-il jeté aux pieds d’un autre pour demander l’immortalité ?

Ce jeune homme observait toute la Loi, et s’y était attaché dès sa jeunesse… Mais il sent bien que s’il ne manque rien à sa vertu, la vie lui fait encore bien défaut. C’est pourquoi il vient la demander à celui qui seul peut l’accorder ; il est sûr d’être en règle avec la Loi, cependant il implore le Fils de Dieu… Les amarres de la Loi le défendaient mal du roulis ; inquiet, il quitte ce mouillage dangereux et vient jeter l’ancre au port du Sauveur.

Jésus ne lui reproche pas d’avoir manqué à la Loi, mais il se met à l’aimer, ému par cette application de bon élève. Toutefois il le déclare encore imparfait… : il est bon ouvrier de la Loi, mais paresseux pour la vie éternelle. La sainte Loi est comme un pédagogue qui achemine vers les commandements parfaits de Jésus (Ga 3,24) et vers sa grâce. Jésus est « l’aboutissement de la Loi pour que soit donné la justice à tous ceux qui croient en lui » (Rm 10,4).

Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215), théologien
Homélie « Quel riche peut être sauvé ? » (trad. coll. Icthus, t. 6, p. 28 rev.)

 

 

 

Solennité de la Très Sainte Trinité

dimanche 26 mai 2013
Place Saint-Pierre (Dimanche 3 juin 2007)

Extraits de l’homélie du Pape Benoît XVI

 

Chers frères et sœurs,

Nous célébrons aujourd’hui la solennité de la Très Sainte Trinité. Après le temps pascal, après avoir revécu l’événement de la Pentecôte, qui renouvelle le Baptême de l’Église dans l’Esprit Saint, nous tournons pour ainsi dire le regard vers « les cieux ouverts », pour entrer avec les yeux de la foi dans les profondeurs du mystère de Dieu, Un dans la substance et Trine dans les personnes: le Père, le Fils et l’Esprit Saint. […]

Dans la première Lecture, tirée du Livre des Proverbes, entre en scène la Sagesse, qui se trouve aux côtés de Dieu comme assistante, comme « maître d’œuvre » (8,30). La « vision panoramique » sur l’univers observé à travers ses yeux est merveilleuse. La Sagesse elle-même confesse: « M’ébattant sur la surface de sa terre / et trouvant mes délices parmi les enfants des hommes » (8, 31). C’est au milieu des êtres humains que celle-ci aime demeurer, car elle reconnaît en eux l’image et la ressemblance du Créateur. Cette relation préférentielle de la Sagesse avec les hommes fait penser à un célèbre passage d’un autre livre sapientiel, le Livre de la Sagesse: « La sagesse – peut-on lire – est en effet un effluve de la puissance de Dieu / … Bien qu’étant seule, elle peut tout, demeurant en elle-même, elle renouvelle l’univers / et, d’âge en âge passant en des âmes saintes, / elle en fait des amis de Dieu et des prophètes » (Sg 7, 25-27). Cette dernière expression suggestive invite à considérer la manifestation de la sainteté, multiforme et intarissable, au sein du peuple de Dieu au cours des siècles. La Sagesse de Dieu se manifeste dans l’univers, dans la variété et la beauté de ses éléments, mais ses chefs-d’œuvre, dans lesquels apparaissent beaucoup plus sa beauté et sa grandeur, ce sont les saints.

Dans le passage de la Lettre de l’Apôtre Paul aux Romains, nous trouvons une image semblable: celle de l’amour de Dieu « répandu dans les cœurs des saints », c’est-à-dire des baptisés, « par le Saint Esprit » qui leur a été donné (cf. Rm 5, 5). C’est à travers le Christ que passe le don de l’Esprit, « Personne-amour, Personne-don », comme l’a défini le Bx Jean-Paul II (Encyc. Dominum et vivificantem, n. 10). A travers le Christ, l’Esprit de Dieu nous parvient comme principe de vie nouvelle, « sainte ». L’Esprit place l’amour de Dieu dans le cœur des croyants sous la forme concrète qui était la sienne dans l’homme Jésus de Nazareth. C’est ainsi que se réalise ce que saint Paul dit dans la Lettre aux Colossiens: « Christ parmi vous! L’espérance de la gloire! » (1, 27). Les «tribulations » ne sont pas en opposition avec cette espérance, elles concourent même à la réaliser, à travers la « constance » et la « vertu éprouvée » (Rm 5, 3-4): c’est le chemin de Jésus, le chemin de la Croix.

Dans la même perspective, de la sagesse de Dieu incarnée dans le Christ et communiquée par l’Esprit Saint, l’Évangile nous a suggéré que Dieu le Père continue à manifester son dessein d’amour à travers les saints. Ici aussi, se produit ce que nous avons déjà souligné à propos de la Sagesse: l’Esprit de vérité révèle le dessein de Dieu dans la multiplicité des éléments de l’univers – nous sommes reconnaissants pour cette manifestation visuelle de la beauté et de la bonté de Dieu dans les éléments de l’univers -, et il le fait en particulier à travers les hommes et les femmes, de manière particulière à travers les saints et les saintes, où transparaissent avec une grande force sa lumière, sa vérité, son amour. En effet, « l’Image du Dieu invisible » (Col 1, 15) est Jésus Christ et lui seul, « le Saint et le Juste » (Ac 3, 14). Il est la Sagesse incarnée, le Logos créateur qui trouve sa joie en demeurant parmi les fils de l’homme, chez qui il a planté sa tente (cf. Jn 1, 14). En Lui, il a plu à Dieu de faire habiter « toute la Plénitude » (cf. Col 1, 19); ou, comme Il le dit lui-même dans le passage évangélique d’aujourd’hui: « Tout ce qui est au Père est à moi » (Jn 16, 15). Chaque saint participe de la richesse du Christ, reprise par le Père et communiquée au moment opportun. C’est toujours la même sainteté que celle de Jésus, c’est toujours Lui, le « Saint », que l’Esprit façonne dans les « âmes saintes », en formant des amis de Jésus et des témoins de sa sainteté. Et Jésus veut également faire de nous ses amis. Précisément en ce jour, ouvrons notre cœur afin que, dans notre vie également, croisse l’amitié pour Jésus, afin que nous puissions témoigner de sa sainteté, de sa bonté et de sa vérité. […]

Chers frères et sœurs, nous rendons grâce à Dieu pour les merveilles qu’il a accomplies chez les saints, dans lesquels resplendit sa gloire. Laissons-nous attirer par leurs exemples, laissons-nous guider par leurs enseignements, pour que toute notre existence devienne, comme la leur, un cantique de louange à la gloire de la Très Sainte Trinité. Que Marie, la Reine des saints, nous obtienne cette grâce. Amen.

 

Pour un approfondissement :

« De La Trinité » Livre Premier :

>>>Chapitre IV

>>>Chapitre V

>>>Chapitre VI