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Archive pour le mot-clef ‘St Cyprien’

L’accomplissement de la Loi : l’amour en acte

mercredi 23 mars 2022

Revêtir le nom du Christ sans suivre la voie du Christ, n’est-ce pas trahir le nom divin et abandonner le chemin du salut ? Car le Seigneur lui-même enseigne et déclare que l’homme qui garde ses commandements entrera dans la vie (Mt 19,17), que celui qui écoute ses paroles et les met en pratique est un sage (Mt 7,24) et que celui qui les enseigne et y conforme ses actes sera appelé grand dans le Royaume des cieux. Toute prédication bonne et salutaire, affirme-t-il, ne profitera au prédicateur que si la parole qui sort de sa bouche se traduit ensuite en actes.

Or, y a-t-il un commandement que le Seigneur ait enseigné plus souvent à ses disciples que celui de nous aimer les uns les autres du même amour dont il a lui-même aimé ses disciples ? (Jn 13,34; 15,12) Trouvera-t-on, parmi ses conseils qui conduisent au salut et parmi ses préceptes divins, un commandement plus important à garder et à observer ? Mais comment celui que la jalousie a rendu incapable d’agir comme un homme de paix et de cœur pourra-t-il garder la paix ou l’amour du Seigneur ?

Voilà pourquoi l’apôtre Paul aussi a proclamé les mérites de la paix et de la charité. Il a affirmé avec force que ni la foi ni les aumônes, ni même les souffrances du confesseur de la foi et du martyr ne lui serviraient de rien, s’il ne respectait pas les liens de la charité (1Co 13,1-3).

Saint Cyprien (v. 200-258)

 

 

 

« Maintenant…tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix. »

mardi 29 décembre 2020

« Le Royaume de Dieu est proche » (Lc 21,31). Le Royaume de Dieu, très chers frères, approche désormais. Avec la fin du monde s’annoncent déjà la récompense de la vie, le bonheur du salut éternel, la sécurité perpétuelle et la joie du paradis que nous avons jadis perdue. Et déjà les réalités du ciel succèdent aux réalités humaines, les grandes aux petites, les éternelles aux temporelles. Y a-t-il lieu de s’inquiéter, d’appréhender l’avenir ?…

En effet, il est écrit que « le juste vit de sa foi » (Rm 1,17). Si vous êtes justes, si vous vivez de la foi, si vous croyez vraiment en Jésus Christ, pourquoi ne vous réjouissez-vous pas d’être appelés vers le Christ…, puisque vous êtes forts de la promesse de Dieu et destinés à être avec le Christ ? Prenez l’exemple de Syméon, le juste : il a été vraiment juste et a observé fidèlement les commandements de Dieu. Une inspiration divine lui avait appris qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ, si bien que lorsque le Christ enfant est venu au Temple avec sa mère, il a réalisé, éclairé par l’Esprit Saint, que le Sauveur était né, comme il lui avait été prédit ; et à sa vue, il a compris que sa mort était imminente.

Tout joyeux de cette perspective et sûr désormais d’être prochainement rappelé auprès de Dieu, il a pris l’enfant dans ses bras et s’est exclamé en bénissant le Seigneur : « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix, car mes yeux ont vu ton salut ». Il prouvait ainsi et il témoignait que la paix de Dieu appartient bien à ses serviteurs, qu’ils jouissent des douceurs de la quiétude et de la liberté lorsque, soustraits aux tourments du monde, ils gagnent le refuge et la sécurité éternels… C’est alors seulement que l’âme trouve la paix véritable, le repos total, la sécurité durable et perpétuelle.

Saint Cyprien (v. 200-258)

 

 

Fête des saints Innocents, martyrs

lundi 28 décembre 2020

L’apôtre Jean écrit : « Celui qui dit qu’il demeure dans le Christ doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché » (1Jn 2,6) ; et saint Paul : « Nous sommes enfants de Dieu ; puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire » (Rm 8,16s)… Frères très chers, imitons Abel le juste qui a inauguré le martyre en subissant le premier la mort pour la justice (Gn 4,8)…; imitons les trois jeunes gens, Ananias, Azarias, Misaël, qui…ont vaincu un roi par la vaillance de leur foi (Dn 3)… Les prophètes à qui l’Esprit Saint avait donné la connaissance de l’avenir et les apôtres que le Seigneur avait choisis, est-ce que ces justes ne nous apprennent pas, en se laissant mettre à mort, à mourir à notre tour pour la justice ?

La naissance du Christ a été marquée aussitôt par le martyre des enfants de moins de deux ans, à cause de son nom ; incapables de combattre, ils ont réussi à conquérir la couronne. Pour que ce soit bien clair que ceux que l’on tue pour le Christ sont innocents, des enfants innocents ont été mis à mort pour son nom… Combien il serait grave pour un serviteur portant le nom de chrétien de ne pas vouloir souffrir quand son maître, le Christ, a souffert le premier…! Le Fils de Dieu a souffert pour faire de nous des enfants de Dieu, et les enfants des hommes ne veulent pas souffrir pour continuer d’être enfants de Dieu…? Le maître du monde nous le rappelle : « Si le monde a de la haine contre vous, souvenez-vous qu’il en a eu contre moi d’abord. Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait, car vous seriez à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis et tirés du monde… Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas au-dessus de son maître » (Jn 15,18-20)…

Lorsque nous soutenons le combat de la foi, Dieu nous regarde, ses anges nous regardent, le Christ nous regarde. Quelle gloire, quelle chance d’avoir Dieu comme président de l’épreuve et le Christ pour juge lorsque nous sommes couronnés ! Armons-nous donc, frères très chers, de toutes nos forces, préparons-nous à la lutte avec une âme sans tache, une foi entière, un courage généreux.

Saint Cyprien (v. 200-258)

 

 

« Vous n’appartenez pas au monde puisque je vous ai choisis… Voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. »

samedi 16 mai 2020

 

« Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable à cause de Fils de l’homme. Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car votre récompense est grande dans le ciel » (Lc 6,22-23). Le Seigneur a voulu que nous nous réjouissions, que nous tressaillions d’allégresse quand nous sommes persécutés, parce que quand les persécutions viennent, c’est alors que les couronnes de la foi sont distribuées (Jc 1,12), c’est alors que les soldats du Christ font leurs preuves, c’est alors que les cieux s’ouvrent à ses témoins. Nous ne sommes pas engagés dans la milice de Dieu pour ne penser qu’à la tranquillité, refuser le service et nous y dérober, alors que le Seigneur lui-même, le Maître de l’humilité, de la patience et de la souffrance, a accompli le même service avant nous. Ce qu’il a enseigné, il a commencé par le faire, et s’il nous exhorte à tenir bon, c’est qu’il a souffert lui-même avant nous et pour nous. (…)

Pour participer aux compétitions du stade, les athlètes s’exercent, s’entraînent, et s’estiment très honorés si, sous les yeux de la foule et de l’empereur, ils ont le bonheur de recevoir le prix. Mais voici une épreuve autrement noble et magnifique, où Dieu nous regarde combattre, nous ses enfants, et où lui-même nous donne une couronne céleste (1Co 9,25). (…) Pendant que nous soutenons le combat de la foi, Dieu nous regarde, ses anges aussi nous regardent et le Christ nous regarde : quelle gloire pour nous ! (…) Armons-nous donc, frères très chers, de toutes nos forces ; préparons-nous avec une âme inaltérable, une foi entière et un courage prêt au sacrifice.

Saint Cyprien (v. 200-258)

 

 

 

« Tu lui pardonneras. »

lundi 11 novembre 2019

« La charité aime tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout » (1Co 13,7). Par là l’apôtre Paul montre que, si cet amour peut se maintenir avec une telle fermeté, c’est qu’elle a été trempée dans une patience à toute épreuve. Il dit encore : « Supportez-vous les uns les autres dans l’amour, faisant tout ce qui est en votre pouvoir pour garder l’unité de l’esprit dans le lien de la paix » (Ep 4,2-3).

Il n’est pas possible de maintenir l’unité ni la paix, si les frères ne s’appliquent pas à se soutenir les uns les autres et à garder le lien de la concorde grâce à la patience. Que dire encore, sinon de ne pas jurer, ni maudire, de ne pas réclamer ce qu’on t’enlève, de présenter l’autre joue à celui qui te frappe, de pardonner au frère qui a commis des fautes contre toi, non seulement soixante-dix fois sept fois, mais de lui remettre absolument tous ses torts, d’aimer tes ennemis, de prier pour tes adversaires et ceux qui te persécutent ? (Mt 5)

Comment parvenir à accomplir tout cela si l’on n’est pas fermement patient et constant dans la paix au milieu des épreuves ? C’est ce que nous voyons faire Étienne quand, mis à mort avec violence par des coups de pierres, loin de crier vengeance, il a demandé le pardon pour ses meurtriers en disant : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché » (Ac 7,60).

Saint Cyprien (v. 200-258)

 

 

 

« Je suis là au milieu d’eux. »

mercredi 14 août 2019

Le Seigneur a dit : « Si deux d’entre vous sur la terre unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Il montre ainsi que ce n’est pas le grand nombre de ceux qui prient, mais leur unanimité, qui obtient le plus de grâces. « Si deux d’entre vous sur la terre unissent leurs voix » : le Christ met en premier l’unité des âmes, il met en avant la concorde et la paix. Qu’il y ait plein accord entre nous, voilà ce qu’il a constamment et fermement enseigné. Or, comment peut-il s’accorder avec un autre, celui qui n’est pas en accord avec le corps de l’Église et avec l’ensemble des frères ? (…) Le Seigneur parle de son Église, il parle à ceux qui sont dans l’Église : s’ils sont d’accord entre eux, s’ils font leur prière conformément à ses recommandations et à ses conseils, c’est-à-dire même si à deux ou trois seulement ils prient d’une seule âme, alors même à deux ou trois seulement, ils peuvent obtenir ce qu’ils demandent à la majesté de Dieu.

« Partout où deux ou trois sont réunis en mon nom je suis avec eux » : c’est-à-dire il est avec les pacifiques et les simples, avec ceux qui craignent Dieu et observent ses commandements. Il dit qu’il est avec deux ou trois seulement comme il était avec les trois jeunes gens dans la fournaise ; parce qu’ils demeuraient simples envers Dieu et unis entre eux, il les a réconfortés d’un souffle de rosée au milieu des flammes (Dn 3,50). Il en a été de même pour les deux apôtres enfermés en prison ; parce qu’ils étaient simples, parce qu’ils étaient unis de cœur, il les a assistés, il a brisé les portes de leur cachot (Ac 5,19)… Quand donc le Christ inscrit parmi ces préceptes cette parole : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je serai au milieu d’eux », il ne sépare pas des gens de l’Église qu’il a lui-même instituée. Mais il reproche aux égarés leur discorde et recommande la paix à ses fidèles.

Saint Cyprien (v. 200-258)

 

 

 

 

« Si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera. »

samedi 1 juin 2019

« Ne permets pas que nous entrions en tentation » (Mt 6,13)… Quand nous prions pour ne pas entrer en tentation, nous nous souvenons de notre faiblesse, afin que personne ne se regarde avec complaisance, que personne ne s’élève avec insolence, que personne ne s’attribue la gloire de sa fidélité ou de son épreuve, alors que le Seigneur lui-même nous enseigne l’humilité quand il dit : « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation. L’esprit est ardent mais la chair est faible » (Mc 14,38). Si nous faisons profession d’humilité d’abord, nous rendons à Dieu tout ce que nous demandons avec crainte et révérence, et nous pouvons être assurés que sa bonté nous l’accordera.

Cette prière s’achève avec une conclusion qui ramasse brièvement toutes les demandes. À la fin nous disons : « Mais délivre-nous du mal ». Nous comprenons par là ce que l’ennemi peut machiner contre nous en ce monde, mais nous sommes assurés d’avoir un appui puissant si Dieu nous délivre, s’il accorde son secours à ceux qui l’implorent. Quand donc nous disons : « Délivre-nous du mal », il ne nous reste plus rien à demander… Nous sommes affermis contre toutes les machinations du démon et du monde. Qui peut redouter le monde, si Dieu est son protecteur en ce monde ?

Pourquoi s’étonner que Dieu nous ait appris ainsi à prier, en nous enseignant en une formule brève tout ce que nous devons demander pour notre salut ?… Quand la Parole de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ, est venu à tous les hommes, il a rassemblé les savants et les ignorants, il a fourni les préceptes de salut pour tout sexe et tout âge. Il a fait un condensé concis de ses préceptes… Ainsi quand il a voulu enseigner en quoi consiste la vie éternelle, il a ramassé tout le mystère de la vie en une formule d’une merveilleuse concision : « La vie éternelle est qu’ils te connaissent, toi le seul et vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jn 17,3).

Saint Cyprien (v. 200-258)

 

 

 

« Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir… » : imiter la patience de Dieu

dimanche 24 mars 2019

Frères bien-aimés, Jésus Christ, notre Seigneur et Dieu, ne s’est pas contenté d’enseigner la patience par des paroles ; il l’a aussi montrée par ses actes… À l’heure de la Passion et de la croix, que de sarcasmes outrageants entendus avec patience, que de moqueries injurieuses endurées, au point de recevoir des crachats, lui qui de sa propre salive avait ouvert les yeux d’un aveugle (Jn 9,6)…; de se voir couronné d’épines, lui qui couronne les martyrs de fleurs éternelles ; frappé au visage avec la paume des mains, lui qui décerne les palmes véritables aux vainqueurs ; dépouillé de son vêtement, lui qui revêt les autres de l’immortalité ; nourri de fiel, lui qui donne une nourriture céleste ; abreuvé de vinaigre, lui qui fait boire à la coupe du salut. Lui l’innocent, lui le juste, ou plutôt lui l’innocence et la justice mêmes, est mis au rang des criminels ; de faux témoignages écrasent la Vérité ; on juge celui qui doit juger ; la Parole de Dieu est conduite au sacrifice en se taisant. Puis, alors que les astres s’éclipsent, que les éléments se troublent, que la terre tremble…, il ne parle pas, ne bouge pas, ne révèle pas sa majesté. Jusqu’à la fin il supporte tout avec une constance inépuisable pour que la patience pleine et parfaite trouve son achèvement dans le Christ.

Après quoi, il accueille encore ses meurtriers, s’ils se convertissent et reviennent à lui (cf Ac 3,19); grâce à sa patience…, il ne ferme son Église à personne. Ces adversaires, les blasphémateurs, les ennemis éternels de son nom, il ne les admet pas seulement au pardon s’ils se repentent de leur faute, mais aussi à la récompense du Royaume des cieux. Que pourrait-on citer de plus patient, de plus bienveillant ? Celui-là même qui a versé le sang du Christ est vivifié par le sang du Christ. Telle est la patience du Christ, et si elle n’était pas aussi grande, l’Église ne posséderait pas l’apôtre Paul.

Saint Cyprien (v. 200-258)

 

 

 

Commémoration de tous les fidèles défunts

jeudi 2 novembre 2017

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Nous ne devons pas pleurer nos frères que l’appel du Seigneur a retirés de ce monde, puisque nous savons qu’ils ne sont pas perdus mais partis avant nous : ils nous ont quittés comme des voyageurs, des navigateurs, pour nous précéder. Nous devons donc les envier au lieu de les pleurer, et ne pas nous vêtir ici-bas de sombres vêtements alors qu’ils ont revêtu là-haut des robes blanches. Ne donnons pas aux païens l’occasion de nous reprocher avec raison de nous lamenter sur ceux que nous déclarons vivants auprès de Dieu, comme s’ils étaient anéantis et perdus. Nous trahissons notre espérance et notre foi si ce que nous disons paraît feinte et mensonge. Il ne sert à rien d’affirmer son courage en parole et d’en détruire la vérité par les faits…

Lorsque nous mourons, nous passons par la mort à l’immortalité ; et la vie éternelle ne peut être donnée que si nous sortons de ce monde. Ce n’est pas là un point final mais un passage. Au terme de notre voyage dans le temps, c’est notre passage dans l’éternité. Qui ne se hâterait vers un plus grand bien ? Qui ne désirerait être changé et transformé à l’image du Christ ?…

Notre patrie, c’est le ciel… Là un grand nombre d’êtres chers nous attend, une immense foule de parents, de frères et de fils nous désire ; assurés désormais de leur salut, ils pensent au nôtre… Hâtons-nous d’arriver à eux, souhaitons ardemment d’être vite auprès d’eux et d’être vite auprès du Christ.

Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
Sur la mort § 20 ; PL 4, 596s (trad. Orval)

 

 

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« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. »

jeudi 17 août 2017

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Le Seigneur nous oblige à remettre nous-mêmes les dettes de nos débiteurs, comme nous, nous demandons qu’on nous remette les nôtres (Mt 6,12). Nous devons savoir que nous ne pouvons pas obtenir ce que nous demandons à propos de nos péchés, si nous n’en faisons pas autant pour ceux qui ont péché envers nous. C’est pourquoi le Christ dit ailleurs : « C’est la mesure dont vous vous servirez qui servira de mesure pour vous » (Mt 7,2). Et le serviteur qui, après avoir été libéré de toute sa dette, n’a pas voulu à son tour remettre celle de son compagnon de service est jeté en prison. Parce qu’il n’avait pas voulu faire grâce à son compagnon, il a perdu ce dont son maître lui avait fait grâce. Cela, le Christ l’établit avec plus de force encore dans ses préceptes, lorsqu’il décrète… : « Quand vous êtes debout en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, pour que votre Père qui est aux cieux vous pardonne vos fautes. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est aux cieux ne vous pardonnera pas non plus vos fautes » (Mc 11,25-26)…

Lorsque Abel et Caïn, les premiers, ont offert des sacrifices, ce n’est pas leurs offrandes que Dieu regardait mais leur cœur (Gn 4,3s). Celui dont l’offrande lui plaisait, c’est celui dont le cœur lui plaisait. Abel, pacifique et juste, en offrant le sacrifice à Dieu dans l’innocence, enseignait aux autres à venir avec la crainte de Dieu pour offrir leur présent à l’autel, avec un cœur simple, le sens de la justice, la concorde et la paix. En offrant avec de telles dispositions le sacrifice à Dieu, il a mérité de devenir lui-même une offrande précieuse et de donner le premier témoignage du martyre. Il a préfiguré, par la gloire de son sang, la Passion du Seigneur, parce qu’il possédait la justice et la paix du Seigneur. Ce sont des hommes semblables qui sont couronnés par le Seigneur, et qui, au jour du jugement, obtiendront justice avec lui.

Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
La Prière du Seigneur, 23-24 (trad. bréviaire et DDB 1982, p.56)