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Saint Matthias, apôtre, une des douze pierres de fondation de l’Église (Ap 21,14)

14 mai 2021

Le Christ Jésus notre Seigneur, pendant son séjour sur terre, déclarait lui-même ce qu’il était, ce qu’il avait été, de quelle volonté du Père il était le serviteur, quel devoir il prescrivait à l’homme. Il disait tout cela soit ouvertement à la foule, soit à part en s’adressant à ses disciples dont il avait choisi douze principaux pour vivre à ses côtés, et qu’il destinait à enseigner aux nations. Après la chute de l’un d’entre eux, il a ordonné aux onze autres, au moment de partir chez son Père après la résurrection, d’aller enseigner aux nations et de les baptiser dans le Père, le Fils et l’Esprit Saint (Mt 28,19).

Aussitôt donc, les apôtres — ce mot signifie « envoyés » — se sont adjoints par le sort un douzième, Matthias, pour remplacer Judas, en s’appuyant sur la prophétie d’un psaume de David. Ils ont reçu la force de l’Esprit Saint qui leur avait été promise pour accomplir des miracles et parler en langues. Ils attestèrent la foi en Jésus Christ d’abord à travers la Judée et y instituèrent des Églises. Puis ils partirent à travers le monde et promulguèrent pour les nations le même enseignement de la foi.

Puis ils fondèrent des Églises dans chaque cité, auxquelles, par la suite, d’autres Églises empruntèrent la bouture de la foi et les semences de la doctrine. (…) Ce qui prouve leur unité, c’est qu’elles communient dans la paix, que leurs membres s’appellent frères, et qu’elles pratiquent réciproquement l’hospitalité. Cette construction n’a pas d’autre fondement que la tradition unique d’un même mystère. Ce que les apôtres ont prêché, c’est ce que le Christ leur avait révélé, et cela ne doit pas être garanti autrement que par ces mêmes Églises, que les apôtres ont fondées eux-mêmes, en leur prêchant de vive voix, comme on dit, et ensuite par lettres.

Tertullien (v. 155-v. 220)

 

 

Ascension du Seigneur, solennité

13 mai 2021

[Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] Lorsque mon Fils unique retourna vers moi, quarante jours après la résurrection, ce pont s’éleva de terre, c’est-à-dire de la société des hommes, et monta au ciel par la vertu de ma nature divine pour s’asseoir à ma droite, à moi, son Père éternel. C’est ce que l’ange, le jour de l’Ascension, dit aux disciples, qui étaient comme morts parce que leurs cœurs avaient quitté la terre pour suivre au ciel la Sagesse de mon Fils : « Ne demeurez plus là, leur dit-il, puisqu’il est assis désormais à la droite du Père » (Ac 1,11). (…)

Tout d’abord, je vous ai fait un pont visible qui est mon Fils, quand je l’envoyai vivre parmi les hommes. Puis, quand ce pont visible s’est levé vers le ciel, il est resté parmi vous le pont et le chemin de la doctrine unie pour toujours, (…) avec ma Puissance, avec la Sagesse de mon Fils et avec la Clémence de l’Esprit Saint. Cette Puissance communique la vertu d’agir à qui suit cette voie, la Sagesse lui donne la lumière pour lui faire connaître la vérité, et l’Esprit Saint lui octroie l’amour qui consume et détruit tout amour sensuel, pour ne laisser dans l’âme que l’amour des vertus.

Ainsi, de toute manière, par sa présence visible ou par sa doctrine, il est la Voie, la Vérité et la Vie, et cette voie est le pont qui conduit dans les hauteurs du ciel. C’est ce qu’il a voulu faire entendre quand il a dit : « Je suis venu de mon Père et je retourne à mon Père et je reviendrai vers vous » (cf. Jn 16,28 ; Jn 14,28), c’est-à-dire mon Père m’a envoyé vers vous et m’a fait votre pont pour que vous puissiez franchir le fleuve et atteindre la vie.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

 

 

« Lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. »

12 mai 2021

« Nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l’Esprit de Dieu » (1 Co 2,11). Or, son Esprit qui le révèle nous fait connaître le Christ, son Verbe, sa Parole vivante, mais ne se dit pas lui-même. Celui qui « a parlé par les prophètes » (Credo) nous fait entendre la Parole du Père. Mais lui, nous ne l’entendons pas. Nous ne le connaissons que dans le mouvement où il nous révèle le Verbe et nous dispose à l’accueillir dans la foi. L’Esprit de Vérité qui nous « dévoile » le Christ « ne parle pas de lui-même » (Jn 16,13). Un tel effacement, proprement divin, explique pourquoi « le monde ne peut pas le recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le connaît », tandis que ceux qui croient au Christ le connaissent parce qu’il demeure avec eux (Jn 14,17).

L’Église, communion vivante dans la foi des apôtres qu’elle transmet, est le lieu de notre connaissance de l’Esprit Saint :
-dans les Écritures qu’il a inspirées ;
-dans la Tradition, dont les Pères de l’Église sont les témoins toujours actuels ;
-dans le Magistère de l’Église qu’il assiste ;
-dans la liturgie sacramentelle, à travers ses paroles et ses symboles, où l’Esprit Saint nous met en communion avec le Christ ;
-dans la prière dans laquelle il intercède pour nous ;
-dans les charismes et les ministères par lesquels l’Église est édifiée ;
-dans les signes de vie apostolique et missionnaire ;
-dans le témoignage des saints où il manifeste sa sainteté et continue l’œuvre du salut.

Catéchisme de l’Église catholique

 

 

 

La voix divine de la conscience

11 mai 2021

La conscience, aux gens de bien, est un ami qui rend les plaisirs plus sensibles et les biens plus doux. Surtout elle est d’un grand secours dans les adversités. C’est pour cela que l’on dit : « Qui donc aurais-je dans le ciel ? Avec toi, je suis sans désir sur la terre » (Ps 72(73),25). (…) La conscience est un juge. Les uns refusent d’obéir à ce juge, les autres corrompent ce juge, les autres le font mourir.

Comme la voix a été donnée à l’homme pour être l’interprète de ses sentiments et de ses désirs, c’est aussi par la conscience que Dieu nous apprend ce qu’il juge de chaque chose et ce qu’il attend de chacun de nous. Cette voix divine forme diverses paroles intérieures, pour exprimer les diverses leçons et les divers ordres qu’il plaît à Dieu de donner à sa créature. Elle est le lien du commerce que le Seigneur veut bien avoir avec nous et l’organe le plus ordinaire dont il se sert pour toucher nos cœurs et nous ouvrir le sien. (…)

Rien ne fait mieux voir le désir ardent que Dieu a eu de conduire les hommes à la félicité souveraine que la conscience qu’il leur a donnée pour leur servir de guide. Rien de si éclairé pour discerner le bien et le mal, rien de si fidèle à nous le montrer, rien de si pressant pour nous porter à embrasser l’un et fuir l’autre. Mais si elle est un effet de son amour, cette conscience, c’en est encore un de son zèle pour la justice ; car cette même conscience qui est si soigneuse de nous détourner du mal, est encore extrêmement sévère à nous en punir.

Saint Claude la Colombière (1641-1682)

 

 

« L’Esprit de Vérité rendra témoignage … Et vous aussi vous rendrez témoignage. »

10 mai 2021

Mes très chers jeunes, le Christ ne vous appelle pas seulement à cheminer avec lui dans ce pèlerinage de la vie. Il vous envoie à sa place, pour être les messagers de la vérité et pour être ses témoins dans le monde, concrètement, devant les autres jeunes comme vous, parce que beaucoup d’entre eux aujourd’hui, dans le monde entier, sont à la recherche du Chemin, de la Vérité, de la Vie (Jn 14,6), mais ne savent pas où aller. « L’heure est venue d’entreprendre une nouvelle évangélisation » (Christifideles laici, 34), et vous ne pouvez pas manquer à cet appel urgent. En ce lieu dédié à saint Jacques, le premier des apôtres qui a donné le témoignage de sa foi par le martyre, engageons-nous à accueillir le commandement du Christ : « Vous serez mes témoins (…) jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8).

Que signifie être témoin du Christ ? Cela signifie simplement vivre en accord avec l’Évangile : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit (…). Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22,37-39). Le chrétien est appelé à servir ses frères et la société, à promouvoir et à soutenir la dignité de chaque être humain, à respecter, à défendre et à favoriser les droits de la personne, à être l’artisan d’une paix durable et authentique basée sur la fraternité, la liberté, la justice et la vérité. En dépit des merveilleuses possibilités offertes à l’humanité par la technologie moderne, il existe encore beaucoup de pauvreté et de misère dans le monde. Dans de nombreuses régions du monde, les personnes vivent sous la menace de la violence, du terrorisme et même de la guerre (…).

C’est une nécessité urgente de pouvoir compter sur les envoyés du Christ, sur les messagers chrétiens. Et vous, jeunes, vous tous, garçons et filles, vous serez à l’avenir ces envoyés et ces messagers.

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

La charité du chrétien

9 mai 2021

Tu es chrétien par et pour la charité ;
par rien d’autre et pour rien d’autre. (…)

La charité est plus que le nécessaire pour exister,
plus que le nécessaire pour vivre,
plus que le nécessaire pour agir ;
La charité est notre vie devenant vie éternelle.
Quand nous laissons la charité, nous laissons notre vie.
Un acte sans charité est une mort subite,
un acte de la charité est une résurrection immédiate.

Tu ne peux fabriquer la charité : tu la reçois.
La charité imparfaite est un don incomplètement reçu ;
la charité parfaite est un don complètement reçu.
La charité est gratuite tout autant qu’elle est nécessaire.
Tu ne la gagnes pas comme un concours.
Tu la gagnes en la désirant, en la demandant, en la recevant
et en la transmettant.

On n’apprend pas la charité, on fait peu à peu sa connaissance,
en faisant la connaissance du Christ.
C’est la foi du Christ qui nous rend capables de charité ;
c’est la vie du Christ qui nous révèle la charité ;
c’est la vie du Christ qui nous montre comment désirer,
demander, recevoir la charité.
C’est l’esprit du Christ qui nous rend vivants de charité,
agissants par la charité,
féconds de charité.

Tout peut servir à la charité,
Sans elle tout est stérile et d’abord nous-mêmes.

Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

 

 

« Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. » (Jn 15,20)

8 mai 2021

Quand nous serons abandonnés de tous les hommes, tentés par le diable, que Dieu se voilera de nous, se cachera à nous, que nous souffrirons toutes les douleurs du corps et de l’âme, alors remercions Dieu, alors « réjouissons-nous et tressaillons de joie » (Lc 6,23), car c’est alors que nous marchons la main dans la main de Jésus (…).

Quand nous prierons jour et nuit, que nous serons dans l’obscurité, la douleur, la souffrance amère, que nous prierons pour des motifs pour lesquels il faut prier et que nous ne sommes pas exaucés, que le mal, le mal moral, le péché continue à inonder hors de nous et en nous, alors remercions Dieu, « réjouissons-nous et tressaillons de joie » car nous marchons la main dans la main de Jésus…

Quand nous sommes méprisés de tous, le dernier des hommes, quand on nous jette la pierre au propre et au figuré, quand les inconnus nous raillent et que ceux qui nous connaissent nous jouent et nous dédaignent, quand on nous calomnie, nous méprise, alors remercions Dieu de tout notre cœur, « réjouissons-nous et tressaillons de joie » car nous marchons la main dans la main de Jésus (…).

Quand on se moquera de nous, qu’on nous dira des injures dans les rues, qu’en passant près de nous on nous tournera en ridicule et qu’on dira des paroles railleuses ou grossières, alors remercions Dieu avec une reconnaissance et une joie profondes, « réjouissons-nous et tressaillons de joie » car nous marchons la main dans la main de Jésus.

Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916)

 

 

Union de prière

7 mai 2021

 

En union de prière, tous les soirs à 18h35 pour les Stes âmes du Purgatoire, tous les jours pour les neuvaines d’Ardouane, le chapelet et tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h00, à la demande de Marie Mère des hommes, aux intentions de ce monde, du Pape, à l’ouverture de la Maison de Marie, aux victimes du fanatisme et pour tous ceux partis trop tôt du covid-19 ou malades.

 

 

 

Tu goûteras la douceur cachée

7 mai 2021

Place ton esprit devant le miroir de l’éternité, laisse ton âme baigner dans la splendeur de la Gloire, unis-toi de cœur à Celui qui est l’incarnation de l’essence divine, et, grâce à cette contemplation, transforme-toi tout entière à l’image de sa divinité. Tu arriveras ainsi à ressentir ce que seuls perçoivent ses amis ; tu goûteras la douceur cachée que Dieu lui-même a, dès le commencement, réservée à ceux qui l’aiment.

Sans accorder même un seul regard à toutes les séductions trompeuses par lesquelles le monde enchaîne les pauvres aveugles qui s’attachent à lui, aime donc plutôt de tout ton être Celui qui, par amour pour toi, s’est aussi donné tout entier, lui dont le soleil et la lune admirent la beauté, lui qui prodigue des récompenses dont l’ampleur et la valeur sont sans bornes. Je veux parler du Fils du Très-Haut, que la Vierge enfante sans cesser d’être vierge.

Sainte Claire d’Assise (1193-1252)

 

 

« Demeurez dans mon amour. » (Jn 15,9)

6 mai 2021

Croyez bien qu’il n’est au monde ni ami, ni frère, ni père, ni mère, ni époux, ni fiancé qui aime plus que ne vous aime votre Dieu. La grâce divine est ce trésor de grand prix, ce trésor infini dont parle le Sage, qui dès que nous en usons, nous rend participants de l’amitié avec Dieu (cf. Sg 7,14). Devant ce Dieu, nous n’étions que de biens chétives créatures, de pauvres serviteurs ; et voilà que nous devenons les amis, les amis très chers de notre Créateur lui-même.

En vue précisément de nous rendre plus confiants avec lui, il s’est anéanti (cf. Ph 2,7), pour ainsi dire, s’abaissant jusqu’à se faire homme, pour converser familièrement avec les hommes (cf. Ba 3,38). Ce n’était pas assez : il s’est fait enfant ; il s’est fait pauvre ; il s’est même laissé mettre à mort, par arrêt de justice, devant tout un peuple, sur une croix. Plus encore, il va jusqu’à se placer sous les espèces du pain pour se faire notre compagnon de tous les jours et s’unir, d’intime union, à chacun de nous : « Celui, dit-il, qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui » (Jn 6,56). Bref, on dirait qu’il n’a d’amour que pour vous, tant il vous aime.

Aussi, est-ce lui que vous devez aimer, et nul autre. De lui, vous pouvez et vous devez dire « Mon Bien-Aimé est à moi et je suis à Lui » (Ct 2,16) ; mon Dieu s’est donné sans réserve, et sans réserve à lui je me donne ; j’ai été choisi par lui comme objet de sa tendresse ; et lui, entre mille, entre tous, lui, blanc et vermeil (cf. Ct 5,10), si aimable et si aimant, il est élu de mon cœur, le seul que je veux aimer.

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787)